Bonjour tout le monde! J'espère que vous allez bien!
Voici la suite (posté un peu tard)
Bonne Lecture!
Bientôt. Bientôt le moment serait venu de tuer, et là, l'Homme avait dit en riant qu'il l'avertirait.
Mais le mort ne serait pas la victime, non, car les morts n'étaient pas drôles. On ne pouvait plus lire la peur sur leur visage et l'appréhension qui les envahissait. Pourtant, s'était ce qu' l'Homme préférait.
-Je ne comprends pas ! La dernière fois, il nous semait des indices à tout bout de champ ! Là il ne fait qu'apparaître et disparaître sans laisser de traces, ça n'a aucun sens !
John lança une petite souris en mousse à l'autre bout du salon et Arsenic se précipita à sa suite, faillit se cogner à la table basse et dérapa sous le canapé après une longue glissade, apportant la souris avec lui. Le médecin soupira, Arsenic n'était pas un chien, il ne lui rapportait pas le jouet et c'est pour la sixième fois qu'il dut se glisser sous le meuble afin de la récupérer.
-Il a changé les règles du jeu et il s'amuse du fait que nous ne les connaissions pas encore, lui expliqua Sherlock depuis la cuisine.
Une nouvelle semaine était passée depuis l'appel de Molly ; depuis que John avait pleinement pris conscience de ses sentiments pour le détective. Il avait dû faire de gros efforts pour les enfouir au plus profond de lui. Même s'il avait toujours su que, pour Sherlock, il ressentait une chose en plus de l'amitié ; le fait de prendre si brusquement conscience que la chose en question était de l'amour lui avait donné un sacré coup.
Il avait passé la semaine à se poser des questions. Qu'allait-il faire ? Le dire à Sherlock ? Continuer comme si de rien n'était ? La réponse s'était imposée d'elle-même. Il allait se taire. La présence de Sherlock à ses côtés était devenue primordiale pour lui, le savoir près de lui, le sentir en vie, John en avait besoin. Mais il ne se leurrait pas, si Sherlock semblait se satisfaire pleinement de la tournure qu'avait prit leur relation, le médecin restait pleinement conscient du fossé qui existait entre eux et ce fossé, c'était Sherlock. Ou du moins était-ce le côté de Sherlock que John avait au fil des ans s'estomper presque intégralement lorsqu'ils étaient rien que tout les deux. C'était le sociopathe.
John avait connu le détective alors qu'il se considérait comme tel et bien que John fût persuadé que ce n'était qu'une coquille, une carapace pour se protéger, jamais il ne demanderait à Sherlock de changer. Et puis, si le détective en était venu à se défaire complètement de cette carapace en sa présence, c'était bien qu'il lui faisait pleinement confiance. Mais pour rien au monde John ne prendrait le risque de dire ce qu'il ressentait à Sherlock, car s'il faisait ça, s'il poussait Sherlock à se confronter à des sentiments, le détective se sentirait vulnérable et il se cacherait à nouveau derrière sa carapace ; derrière le sociopathe. Ils n'avaient pas traversé tant d'épreuves pour en revenir à ce stade.
John aurait bien voulu s'occuper en enquêtant, sauf qu'après son dernier coup, Moriarty avait à nouveau cessé de donner signe de vie. De plus, Sherlock avait eu la fâcheuse tendance à vouloir faire cavalier seuls ces derniers jours.
Toujours assis sur le sol, John se releva rapidement en entendant Sherlock sortir de la cuisine. De peur, sans doute, que le détective ne lise dans ses pensées, il préféra braqua son regard dans une toute autre direction. Le manteau de la cheminée en fit les frais. Regarder ailleurs n'était peu être pas sa meilleure idée parce que, quand Sherlock se glissa derrière lui et posa ses mains sur ses épaules, John dut se battre pour ne pas lui dire tout ce qu'il avait en tête.
Et s'il se trompait sur toute la ligne. Et si Sherlock partageait ses sentiments. Et s'ils pouvaient finalement avoir une relation normal, aussi normal puisse-t-elle être en impliquant Sherlock Holmes. Pensée utopique. John ne se risquerait pas à y croire ; il ne voulait pas tout perdre.
-Tu sais que tes cogitations le font attendre, souffla Sherlock en lui passant doucement les épaules.
-Qui ? Moriarty ?
Au léger soupire que poussa Sherlock, John devina qu'il sourire avait étiré le coin de ses lèvres.
-Non. Je parle d'Arsenic.
John avait toujours la souris en main et le chat la fixait avec insistance en balayant le sol de sa queue. Le médecin lui adressa un sourire d'excuse et envoya un peu plus loin le petit jouet en mousse. Le chat se lança ça poursuite et, encore une fois, ils finirent sous le canapé.
-Ça n'arriverait pas si tu l'envoyais dans une autre direction, s'amusa Sherlock.
-Au moins là, j'arrive à la récupérer. Il s'arrange toujours pour la coincer dans des endroits inaccessibles de toute façon. A croire qu'il le fait exprès pour me rendre fou.
-C'est certainement son intention.
Les bras de Sherlock lui enserrèrent délicatement la poitrine et il le serra un peu plus contre lui. John bougea d'inconfort. Il commençait à se demander pourquoi Sherlock avait quitté la cuisine et son expérience d'eau de la tamise distillé devant les mener à Moriarty (un échec de toute évidence) pour venir le rejoindre.
-Qu'est-ce qui te prends ?
Il leva les yeux pour voir le haussement de sourcil interrogateur que lui lançait Sherlock. D'un petit mouvement d'épaule, il lui fit comprendre qu'il parlait de ses épanchements affectifs soudains.
-Tu avais l'air d'en avoir besoin, répondit simplement le détective en resserrant un peu plus sa prise.
John déglutit avec difficulté. Il se dégagea de l'étreinte de Sherlock. Le détective fronça les sourcils, l'air contrarier et se détourna, prêt à rejoindre la cuisine.
-Sherlock, attend.
Il se tourna à nouveau vers lui, l'analysant avec attention.
John se pencha en avant et, le temps d'une fraction de seconde, déposa un très doux baiser sur les lèvres de Sherlock. Il n'avait aucune raison de le faire, c'était juste un baiser, rien de plus, mais John savait que Sherlock, même s'il ne comprenait pas toujours ce que les sentiments humains, pouvait comprendre tout ce que John avait sur le cœur. S'il ne le repoussait pas, alors John pourrait peut-être s'autoriser à espérer.
Le détective lui répondit par un autre baiser encore plus furtif, pourtant, il n'en brûla pas moins les lèvres de John. Sherlock l'observait, scrutait ses yeux, essayait de déchiffrer ses pensées. Son pouce vint, tout doucement, caresser la joue de John.
-Tu me caches des choses, Watson.
Et il lui tourna le dos. John réalisa qu'il retenait sa respiration, il s'autorisa à souffler. Mais il ne savait toujours pas quoi faire.
Au-delà de ses tergiversations, John essayait de se concentrer sur les petits instants de bonheur du quotidien. Mais lorsqu'on s'appelle John Watson et qu'on vit avec le célèbre Sherlock Holmes, le quotient n'était pas aussi reposant que pour le commun des mortels.
Si Moriarty était de retour sur scène, cela n'empêchait pas le reste du monde de continuer à tourner. Si les autorités auraient peut-être dû se mobiliser corps et âme contre cet homme, elle ne pouvait pas ; des criminels, il en existait d'autres.
C'est pour ça que, cette après-midi là, tout juste une semaine après le dernier coup de Moriarty, l'inspecteur Lestrade dû appeler Sherlock à la rescousse. Un mystérieux cadavre avait été retrouvé mort en pleine rue.
John avait su à la seconde où il avait vu Sherlock raccrocher au nez de Lestrade que le détective n'avait pas besoin de se rendre sur place pour comprendre ce qui s'était passé et que l'affaire devait lui paraître si absurde qu'il préférait laisser Scotland Yard se débrouiller sans lui.
-Pas intéressé ? demanda-t-il tout de même.
-Un cas d'enfant ! s'offusqua Sherlock.
John cacha rapidement l'ébauche d'un sourire. Les cas enfantins n'étaient pas forcément les plus simples, il se souvenait avec quelle virulence Sherlock avait accusé le livre d'énigme que Lestrade lui avait offert à Noël d'avoir tord.
-S'il t'a contacté, c'est que quelque chose ne va pas. Tu ne crois pas ?
Sherlock renifla de dédain.
-La seule chose qui ne va pas, c'est le manque de réflexion dont il fait preuve !
-Tu ne crois pas que ça pourrait être lié à Moriarty ?
Il pensait bien que ce n'était pas le cas, mais il avait vraiment envie de sortir et de s'aérer la tête. Cela fonctionna, car les yeux de Sherlock se mirent à briller.
- Tous les crimes de Londres ne sont pas de son fait. Mais tu as raison, cela pourrait être lui, ne prenons aucun risques.
John retint une exclamation victorieuse alors que Sherlock lui envoyait sa veste en pleine figure.
Avant même de passer sous les bandelettes jaunes qui délimitaient la scène de crime, Sherlock eu la certitude que Moriarty n'était absolument pas lié à l'affaire. Il ne lui fallu guère plus de temps pour la résoudre, le gros du travail avait déjà été fait grâce au simple coup de téléphone de Lestrade.
Le détective se mit à hurler à tous les agents présents qu'ils étaient plus stupides les uns que les autres, que cet homme qui s'était écroulé en pleine rue était mort d'une crise cardiaque, qu'il s'en était rendu compte avant même d'approcher le cadavre et qu'Anderson était encore plus incompétent qu'il ne l'avait cru s'il avait été incapable de remarquer ça.
Sherlock continua ainsi, même lorsque Lestrade lui appris qu'Anderson n'était pas le légiste qui avait examiné le corps. Apparemment, cela pouvait aussi bien être de sa faute, car sa stupidité était contagieuse.
-Mais regarde ses tatouages Sherlock ; ce sont ceux d'un gang. Il pourrait s'agir d'un règlement de comptes…
-Vous m'épatez Lestrade, comment ai-je pu ne pas y penser ! Bien sûr, ce type s'est fait descendre par un gang sans que cela ne laisse aucune trace sur son corps, puis les types l'on déplacé en pleine rue pleine de monde sans se faire remarquer, alors que vous avez sans doute des témoins qui l'on vu s'effondrer, et ça bien au lieu de le l'abandonner dans la tamise au niveau d'une rive déserte ; non, ils ont préféré un lieu public, parce que c'est ce que font les gangs pour leurs petites vendettas, c'est bien connu. Bon sang, êtes-vous réellement idiot ou le faites vous exprès !
Un silence pesant s'abattit sur eux. Tout le monde les observait ; agents, badauds curieux et John. Sherlock et Lestrade se dévisageaient ; dédain dans le regard de l'un et colère palpable dans celui de l'autre. John en vint même à se demander si Greg n'allait pas, pour une fois, changer ses habitudes et casser le nez de Sherlock.
John n'eu jamais de réponse à cette interrogation.
C'est le sifflement de la balle qui rompit le silence. Elle passa entre Lestrade et Sherlock. Greg l'entendit en premier, juste avant de percevoir l'impact dans la façade du bâtiment juste derrière lui.
D'abord, l'espace d'une seconde, personne ne bougea, personne ne parla, personne ne respira. Ils attendirent tous de voir un corps ensanglanté s'effondre sur le sol ; mais personne ne tomba.
Puis, ce fut l'effervescence. Les policiers sortirent leurs armes, les passants poussèrent des cris terrifiés et Sherlock, le regard emplit d'excitation et mut par une poussée d'adrénaline, fonça sur le mur pour tout analyser en détail. John se jeta presque sur lui, prit de panique.
-Sherlock ! Tu n'as rien ?
Sa voix s'était fondu avec celle de Lestrade, l'inspecteur, désormais arme à la main et yeux grands écarquillés respirait la peur.
Le détective ne prit pas la peine de leur répondre, il étudiait le mur en vitesse avant que la police ne le fasse à sa place. Puis il se tourna, observa l'horizon et repéra l'immeuble qui avait dû abriter le tireur.
-Sherlock !
John haussa le ton. Sa main se referma brusquement sur le poignet du détective pour le forcer à le regarder, ce que Sherlock fit immédiatement. Le regard du médecin était voilé d'inquiétude.
-Est-ce que tu vas bien ? insista-t-il en pressant un peu plus son poignet entre ses doigts.
Sherlock hocha lentement la tête. Il ne fit pas de réflexion à John pour lui dire que, en tant que médecin, il aurait immédiatement remarqué s'il avait été blessé.
-C'étais peut-être toi qui étais visé.
-Dans tous les cas, il a manqué sa cible, remarqua Greg.
Sherlock se tourna vers lui, il était d'une pâleur cadavérique.
-Non, le tir était parfaitement réussi.
-Mais…
-Moriarty. C'est un homme de Moriarty alors il n'a pas raté sa cible ; peu importe qui de nous deux était visé.
-Tu n'as pas été touché.
-Parce que je ne devais pas l'être. La mort, à ce stade de la partie, c'est trop définitif pour Moriarty.
La main du médecin trembla à ses mots et, discrètement, Sherlock ajusta leur position afin de pourvoir appuyer une pression rassurante sur la paume de John.
-S'il s'agit vraiment de lui, releva Lestrade. Un délinquant qui voit une troupe de flics…tu sais, ce genre de choses…on a déjà perdu des hommes comme ça.
-Une simple coïncidence ? Non. Demandez à mon frère ce qu'il pense des coïncidences. Ce n'est jamais une coïncidence.
Sherlock abandonna la main de John pour aller enquêter.
Sauf qu'ils ne trouvèrent pas la moindre trace de Moriarty à l'endroit présumé du tire après des heures de recherche, ni dans les immeubles alentour. En fait, ils ne trouvèrent absolument rien. Pas de poudre, pas d'empreint, rien.
-C'est lui, insista Sherlock, ses hommes savent disparaître dans la nature sans laisser de traces. Celui qui a tiré s'est servit d'un sniper, Moriarty n'engage pas n'importe qui, c'est un tireur d'élite. La position de l'impact à été soigneusement réfléchi.
-Mais pourquoi tirer entre nous deux ? s'énerva Lestrade que la peur rendait irritable.
-Pour mettre le doute, inquiéter encore plus, nous faire poser des questions, nous induire en erreur. Je doute que Moriarty n'ait qu'une seule motivation à chacun de ses coups.
Puis, Sherlock s'attarda un peu plus sur le visage blême de Lestrade.
-Laisser quelqu'un d'autre gérer cette affaire. Vous devriez rentrer et essayer de vous reposer, inspecteur.
Greg s'esclaffa, plein de cynisme.
-Ce n'est pas la première fois que je manque de me prendre une balle. Je suis flic, je te rappelle.
Sherlock lui tourna le dos sans rien ajouter et John fit un léger mouvement de tête pour faire comprendre à Lestrade que, pour une fois, il approuvait le détective. La situation ne se prêtait pas à une autre soirée d'heure supplémentaire.
Manquer de peu de se faire exploser la tête par une balle aurait donné des insomnies à n'importe qui. Mais Sherlock Holmes n'était pas n'importe qui.
John Watson non plus. Cependant, les événements de l'après-midi l'empêchaient bel et bien de dormir. La respiration calme et rythmée de Sherlock lui caressait doucement la nuque. Le détective allait bien. Il était paisiblement endormi contre lui et il allait parfaitement bien. Et pourtant, John ne pouvait rien faire pour calmer l'angoisse qui le prenait au tripes.
Sherlock aurait pu se faire tuer.
L'homme que j'aime aurait pu se faire tuer.
L'homme que j'aime…
Comment avait-il pu se voiler la face aussi longtemps.
Sherlock marmonna quelque chose dans son sommeil et bougea en se pressant un peu plus contre le torse nu de John. Quelques heures plus tôt, ils avaient à peine franchi la porte d'entrée que John s'était jeté sur lui pour lui dévorer la bouche et lui arracher à moitié ses vêtements. Sherlock avait été plus que surprit, jamais John n'aurait pris le risque de l'embrasser juste devant la porte de Mrs Hudson en temps normal. Sauf que Sherlock avait failli se prendre une balle et que ça n'avait rien de normal. Alors, quand John lui avait murmuré qu'il avait besoin de lui, qu'il avait besoin de le sentir vivant, le détective avait obtempérer sans la moindre résistance. Gravir les escaliers avait été des plus fastidieux, parce que leurs yeux étaient clos et leurs lèvres collées ensemble, que leurs jambes ne cessaient de s'emmêler et que leurs érections qui se pressaient l'une contre l'autre leurs faisaient perdre le nord.
Ils avaient fini par s'échouer sur le lit du détective ; leurs vêtements ayant tous été perdu au salon.
Ils avaient couché ensemble plusieurs fois cette nuit-là. Passionnément, brutalement, il n'y avait pas eu la moindre once de délicatesse ; c'était du sexe, c'était sauvages, les nombreux suçons qui avaient fini par recouvrir leurs corps en attestaient.
Mrs Hudson les avait probablement entendus. Aucun d'eux n'avait cherché à retenir ses cris. Ils avaient été bruyants, mais ils s'étaient sentis en vie. Leurs cerveaux avaient cessé de fonctionner, il n'y avait plus eu qu'eux. Eux seuls contre le reste du monde.
Sauf que, maintenant que Sherlock dormais paisiblement, John ne pouvait cesser de se faire du mauvais sang. Combien de temps se sentiraient-ils encore vivant ? Vivant et ensemble. Et surtout ; qu'est-ce qui allait mettre fin à ça ?
Le bonheur n'était pas éternel. Oui, John le savait. Mais il ne pouvait se résoudre à imaginer que celui-là allait sans doute sous peu toucher à sa fin.
Greg poussa un soupir las en claquant la porte de son appartement. Il balança sa veste sur un fauteuil déjà recouvert d'une pile d'autres vêtements. Depuis son divorce, ce genre de choses ne se rangeait plus seules. Il attrapa une bière dans le frigo presque vide, seul subsistait un petit ensemble de plat à réchauffer pas franchement appétissant et un reste de pizza qui avait connu des jours meilleurs. En plus, la bière n'était pas vraiment froide.
Il était flic, ce qui voulait dire horaires contraignants, astreintes à répétitions et journées moralement épuisantes. Quand bien même il aurait eu le temps de cuisiner, il n'en avait pas la force.
Aujourd'hui, c'était une de ces mauvaises journées qui généralement se conclue par une mauvaise soirée.
Greg se laissa tomber dans son canapé en pensant que ce n'était pas que la journée, mais les derniers mois qui avaient été éprouvants, et que l'année qui commençait à peine pouvait bien se terminer de façon toute aussi médiocre ; tant pis, il ferait avec. Il avait vite appris que les coups de blues étaient un des désavantages du métier qu'il exerçait. Ils venaient, puis partaient, toujours sans prévenir. Ça le dérangeait moins avant, quand il n'était pas seul. Mais la solitude aussi, plus d'un an après son divorce, il avait fini par s'y habituer. D'ailleurs, il n'était pas vraiment seul. Il aurait pu chercher de la compagnie ce soir-là, mais il était si épuisé que ses pas l'avaient ramené à son appartement sans qu'il y réfléchisse.
C'était peut-être une erreur. Parce qu'après ce qu'il s'était passé aujourd'hui c'était plus dur à vivre ; la solitude. Il regretta de ne pas avoir accepté la compagnie qui lui avait été proposée plus tôt.
L'inspecteur posa sa bière sur la table basse, il n'avait plus soif finalement. Il s'enroula dans un plaid négligemment posé sur le canapé et attrapa la télécommande avant de se rappeler que les piles étaient vides et qu'il avait encore oublié d'en acheter. Cette journée pouvait difficilement être pire.
Quand ses yeux se posèrent à nouveau sur la table, il se maudit d'avoir pensé une chose pareille, cela pouvait toujours être pire. Car il remarqua quelque chose, quelque chose qui n'était pas sensé se trouver là. Quelque chose que lui n'avait jamais mis là. C'était une photo de lui et son ex-femme en vacance à Dublin dix ans auparavant, quand tout allait encore bien. Les doigts tremblant, il attrapa la photo et en même temps le message qui avait été glissé en dessous. Le petit bout de papier tomba sur ses genoux.
Soudain Greg sentit sa tête tourner, des sueurs froides lui coulèrent dans le dos, son cœur s'emballa, sa gorge se noua et il dut lutter pour ne pas vomir, pour ne pas flancher.
Il commença à comprendre que la balle qui l'avait manqué de peu n'était pas réellement destiné à Sherlock. Elle était pour lui ; c'était un avant goût, une menace sans un mot prononcé.
Le message était bref et précis. Il ne laissait aucun doute sur les intentions de son auteur.
Alors Greg fit la seule chose qui lui sembla cohérente à cet instant. Avec des efforts considérables pour calmer ses tremblements, il composa le numéro de Sherlock en priant pour que celui-ci réponde.
J'espère que ça vous a plu!
La suite vendredi prochain! n'hésitez pas à laisser votre avis ;)
Bye!
