Bonjour bonjour ! Je vous souhaite tout d'abord une bonne année et plein de bonnes choses pour cette année 2016 ! Je suis désolée de mon retard de publication, mais avec les examens je n'avais plus vraiment d'inspiration. Mais voici en ce beau mois de janvier le chapitre 28 de ma fiction !

Alors je vous rappelle que je triche un peu sur la chronologie car dans mon histoire, j'estime que ce n'est pas la bataille de la dernière alliance qui a tué Oropher mais ce qui est arrivé quand il a mit fin à sa promesse envers les sorcières (quand j'ai commencé la fiction, je ne connaissais que peu les livres donc j'adapte !).

Toujours la même chose :

Normal : Commun.

Italique : Elfique.

Italique gras : Langue sorcière.

Bonne lecture !


*Chapitre 28 - Un jeu de marionnettiste*

Naessë attendait patiemment l'heure du jugement. Une semaine était passée et Legolas n'était toujours pas prêt à y faire face malgré le fait qu'il soit redevenu un véritable Prince. Ayant retrouvé ses fonctions de prince suite à sa guérison, qui avait pris plus de temps que la normale étant donné la gravité de ses blessures, il avait de moins en moins de temps libre mais cela lui convenait et l'empêchait de penser à tous les problèmes qui s'accumulaient chaque jour. La nourriture, l'eau, les matériels de soin, les armes, tout se faisait rare et l'on avait du mal à faire tourner la cité à plein régime.

L'hiver était définitivement arrivé et avec lui, ses premières neiges. La nourriture avait été récoltée mais il n'y en avait pas assez pour tous, alors beaucoup partaient à la chasse et fort heureusement, grâce à la tombée des feuilles, le gibier était facile à piéger. Mais il se faisait lui aussi de plus en plus rare. Sauron avait bouleversé la vie de la Terre du Milieu par sa magie noire et sombre. Venait ensuite le problème des herbes médicinales, qui se mourraient à l'arrivée de la neige et des basses températures. Elrond avait donné des ordres de rationnement à ce sujet. Ceux qui avaient des douleurs supportables ne pouvaient plus en bénéficier et le comprenaient parfaitement. Beaucoup de jeunes hommes, elfes et surtout des Hobbits avaient été initiés aux arts des forgerons pour façonner des armes avec le peu de ressources qu'il restait. La vie devenait difficile.

Gandalf était revenu de Lorien, davantage accompagné de nains que d'elfes, qui pour la plupart avaient réussi à fuir à l'Ouest avant que Sauron ne piège les elfes restant sur la Terre du Milieu. Et ceux de Tebryn, pour les quelques-uns qui étaient présents, étaient très intrigués car ils connaissaient probablement les nains rencontrés par Gandalf par des liens très éloignés. Aragorn supposait qu'il avait dû les rencontrer sur la route, ce qui lui paraissait étrange car ils devaient venir de loin. La Moria était occupée par Sauron après avoir subi les assauts d'un Balrog. Naessë en découvrait chaque jour un peu plus et s'étonnait toujours de la quantité de chose que Tebryn ignorait du fait de son isolement provoqué. Néanmoins, elle se souviendrait toujours de la joie qui avait emplit les yeux d'Aragorn tandis qu'il retrouvait son ami Gimli.

« Hahaha ! Sacrebleu, Aragorn ne vous avais-je pas dit que vous n'étiez qu'un bon à rien d'imprudent, de chanceux ?! », demanda Gimli de sa voie drue et pourtant tellement chargée d'émotion aux retrouvailles de son ami. Ils se serrèrent l'un l'autre.

« Vous êtes difficile à trouver mon ami ! », fut tout ce qu'Aragorn trouva à lui répondre, ce qui fit encore plus rire le nain. « Legolas sera ravi de savoir qu'il pourra à nouveau vous défier lors de la prochaine bataille. »

« Ce satané elfe est ici ! Haha ça ne m'étonne pas ! Il n'aurait pas perdu une seule occasion de perdre contre moi pas vrai ?! Allons où est-il ? Se cacherait-il de moi ? »

Aragorn rit et lui répondit qu'il était en chemin. Naessë observait la scène de loin, ravie de voir enfin Aragorn joyeux. Non pas qu'il ne l'était pas lorsqu'il était avec Arwen mais l'état de celle-ci l'affectait rudement et la rouquine le savait, à force de le retrouver dehors toutes les nuits à cause de leurs cauchemars et craintes respectifs. Legolas parvint enfin jusqu'à Gimli et jamais il ne fut aussi content de voir un nain.

« Mon ami à oreilles pointues ! J'ai craint un instant que vous ne soyez perdu, vous et votre arc ! Cela m'aurait mis dans un sacré embarras de ne plus vous avoir à mes côtés ! », grommela le nain avec un sourire qui aurait pu dépasser sa barbe rousse qui était plus imposante que d'ordinaire.

« Un jour je vous battrais Gimli, ce ne sont pas les Orques qui vont m'empêcher de le faire ! », souris Legolas qui semblait au moins aussi heureux que Gimli. Les elfes autour étaient quelque peu choqués par l'attitude de son Altesse Legolas. Naessë pouffait de rire et était toute rouge à force de se contenir face aux mines traumatisées des elfes et des nains d'ailleurs !

Gimli fut ensuite présenté à Naessë, après avoir rencontré le seigneur Elrond. Il rougit presque lorsque celle-ci le salua. Elle ne ressemblait pas à une femme avec des cheveux si courts et pourtant elle conservait sa grâce naturelle née de ses années d'éducation elfique par Isor. Ce dernier fut d'ailleurs enchanté de rencontrer un nain extérieur à Tebryn qui se soit autant lié d'amitié avec un elfe.

Gandalf demanda à ce qu'on convoque un Conseil avec tous les chefs, ce qui fut fait l'après-midi même qui suivit l'arrivée des nains à Rivendell. Le seigneur Elrond savait que la prochaine bataille approchait. Il ignorait s'il s'agissait de l'ultime bataille ou si d'autres combats étaient annoncés. Il était sûr que cela se passerait en Comté. Naessë fut à nouveau conviée et Legolas aussi en tant que Prince.

*PDV Legolas*

Gimli s'était bien amusé à me narguer pendant le déjeuner mais puisque mon père m'avait enfin redonné ma compétence de prince, j'étais obligé d'aller à ce conciliabule. Naessë en faisait parti, alors qu'habituellement, c'était Isor qui représentait Tebryn dans les discussions, m'avait-elle expliqué un jour. Elle avait le visage plutôt fermé, c'était décidément une habitude de voir les leaders de chaque peuple arborer une telle expression. Isor semblait plus calme et serein, habitué aux discussions musclées qui pouvaient se dérouler ici. Je n'avais pas vraiment assisté aux précédents Conseils, n'étant pas en fonction mais vu ce qu'il en ressortait, ce n'était guère encourageant. Mon père était toujours égal à lui même et des plus impassibles. Il m'adressa néanmoins un regard plus chaleureux qu'habituellement. Je crois que de me voir gravement blessé lui avait rappelé certains souvenirs du passé. Depuis ma grave erreur de faiblesse qui avait conduit à l'évasion de Gollum, il avait encore du mal à admettre mes capacités de leader et je le savais. Plus encore aujourd'hui, à présent que j'ai appris à mieux connaître les nains et les sorcières, deux peuples que les elfes abhorraient la plupart du temps. Parfois je me demandais vraiment si j'étais un elfe à juger de mon goût pour les peuples détestés des nôtres.

Le seigneur Elrond ouvrit comme à l'accoutumée son Conseil par des paroles chaleureuses et bienveillantes. Il accueilla ainsi les nains qui avaient rejoint notre cité. Ces derniers avaient eu du mal à se remettre de la mort de leur roi, Dáin II, suite au siège de Dale. Gimli, qui avait retrouvé les survivants au siège avait eu du temps pour apprendre ce qui s'était passé lors de ce siège et bien sûr m'en avait fait part. Il s'avéra également que le roi de Dale fut tué. Sauron avait ainsi également gagné du terrain vers Erebor, ce qui me peinait beaucoup. Ceci expliquait la présence du fils de Dáin, Thorin III, qui peinait encore semblait-il à prendre ses fonctions de souverain. Autant de nouvelles qui firent vite retomber l'atmosphère.

Gandalf ne parla pas de la dame Galadriel et personne ne lui posa de questions. Etant en possession d'un anneau dont la puissance devait certainement décliner, il préférait sans doute garder le silence à ce sujet. Il jetait de temps à autre des coups d'oeil à Naessë, qui ne semblait pas s'en soucier. Savait-il quelque chose que nous ignorions ? La dame Galadriel avait de grands pouvoirs de voyance et de télépathie et il n'était pas impossible qu'elle sache quelque chose. Néanmoins, il nous informa que la Lorien était presque déserte et que les quelques elfes qui l'avaient suivi étaient les seuls à être demeurés dans les Bois d'Argent. Tous les autres étaient partis à l'Ouest à temps.

Isor vint néanmoins redonner du baume au coeur à la tablée. « Nous avons de bonnes nouvelles à vous annoncer. », commença-t-il, générant ainsi de nombreux espoirs sur les visages, qui guettaient enfin une bonne nouvelle. « L'armée de Tebryn est en marche, en ce moment même, pour la bataille imminente qui s'annonce. Cinq mille guerriers, toutes races confondues viendront ainsi s'ajouter à vos garnisons. »

L'armée de Tebryn était en marche et n'allait pas tarder à arriver. Ce fut la première fois depuis le début du Conseil que je voyais Naessë arborer un sourire. Car le peuple de Tebryn n'était présent que de façon marginale dans la cité, je supposais qu'elle avait hâte de nous montrer le peuple de Tebryn dans sa grandeur d'arme. Je sentais que peu de leaders prenaient au sérieux ce peuple alors qu'ils devraient, et qu'est-ce qu'ils devraient ! J'avais été tellement surpris lorsque j'y étais qu'ils le seraient sans doute encore plus que moi. Naessë arborait une moue très satisfaite. Elle avait tellement perdu en si peu de temps que j'étais certain que l'arrivée de son armée transcenderaient la mauvaise image dont elle pouvait jouir. Ses cheveux courts comme un jeune garçon ainsi que ses pouvoirs avaient tendance à déstabiliser tout le monde. A l'exception des Hobbits, ces derniers lui devaient beaucoup.

D'autre part, il y avait de quoi être impressionné eu égard au nombre de guerriers que comptait Tebryn. Je me rappelais de Naessë et de sa leçon aux jeunes de sa cité. Tous les enfants de Tebryn, garçons et filles, recevaient une éducation militaire pour les amener à défendre leur famille si cela s'avérait nécessaire quand ils atteindraient l'âge. Tous n'étaient pas de grands experts, seule l'armée l'était, mais si tous les citoyens savaient se battre, le nombre ne m'étonnait guère plus. Sans compter qu'il y avait également des femmes, je ne demandais qu'à voir la réaction des autres quand ils les verraient. C'était après tout si rare. Mais pas inexistant, si je songeais à dame Eowyn. J'ignorais ce qu'il était advenu d'elle, si peu d'humains étaient arrivés à Imladris.

« Ils ne pourront entrer dans la cité, ils devront s'installer aussi près que possible du gué de la Bruinen. Je ferais le nécessaire pour qu'il vous protège. », indiqua le seigneur Elrond. Il faisait allusion aux sortilèges qui protégeaient le gué de façon atrocement efficace. Même les Nazguls ne faisaient pas le poids contre lui. Enfin, du moins la dernière fois.

« Nous pensions le faire ainsi, effectivement. Nous pourrons libérer ainsi une partie de vos bâtiments pour d'éventuels réfugiés supplémentaires. », approuva Isor qui se rassit et adressa un regard à Naessë qui lui chuchota quelque chose.

« Parfait. », dit Elrond. « Il nous faut songer à une stratégie qui nous permettrait un avantage pour la bataille à venir. Maître Gamegie ainsi que plusieurs Hobbits nous ont livré une carte assez précise des pièges qui se trouvent autour de la Comté ainsi que sa configuration interne. Nous devrons y pénétrer pendant la bataille pour libérer les Hobbits restants. Si nous sommes défaits à la bataille, notre action ne sera ainsi pas totalement vaine. Il nous faudra des volontaires. »

« Mon peuple est volontaire, m'sieur. », fit le Hobbit en se dressant maladroitement sur sa chaise. Il était assisté de Bilbon Saquet, qui avait décidé de se joindre à la partie de manière plus spirituel que physique. Il avait rédigé de nombreux écrits très précieux pour le seigneur Elrond, et je savais qu'il avait participé à l'établissement de la carte qui se trouvait sur la grande table de pierre. Il me rappelait le Conseil d'Elrond, qui avait eu lieu voilà deux années.

« Très bien Maître Berudoc. », répondit Elrond, me révélant enfin le nom de ce Hobbit si timide qu'Elrond invitait toujours à sa table. Il ne se manifestait quasiment jamais et préférait demeurer avec ceux de sa race. On voyait qu'il avait été marqué par les épreuves subies en Comté. Naessë lui adressa un regard amical et Elrond parvint à le faire sourire. « J'enverrais moi-même une petite escouade pour vous soutenir. », dit-il.

« Et nous aussi ! Les nains n'oublieront jamais les actions de Maître Saquet pour notre royaume. », fit Thorin en se levant de sa chaise, qui faillit basculer. Il était vrai que ce cher Bilbon avait aidé la compagnie des nains à retourner à Erebor.

« Je pense qu'il y aura là un nombre suffisant sans être trop voyant pour mener à bien cette mission. », acquiesça Elrond. « Nous planifierons les détails en temps voulu. »

Le reste se déroula sans grande nouveauté, il n'y avait que trop peu de nouvelles en provenance du Rohan et du Gondor. Naessë resta silencieuse. Elle semblait soucieuse. Je vis Isor poser une main sur son épaule comme pour attirer son attention. Elle sursauta presque et chuchota quelque chose, visiblement navrée de son moment d'égarement. J'essayais de lire sur ses lèvres mais elle ne semblait pas s'exprimer en elfique. Personne ne semblait avoir remarqué. Avait-elle eu une vision ? J'en doutais, ses réactions étaient d'ordinaire bien plus expressives que cela. Je redoutais qu'elle ne s'y soit habituée. Personne ne devrait s'habituer à des visions de cauchemar.

Mais heureusement - ou peut-être pas - il ne semblait pas s'agir de cela. Isor semblait être en désaccord avec ce qu'elle disait à voir comment il secouait la tête. Elle poussa un soupir bruyant, me rappelant à nouveau son très jeune âge. La dernière fois que j'avais soupiré de la sorte, c'était il y a bien longtemps et j'avais certainement dû me faire reprendre.

« La séance est levée. Ce soir, le peuple des nains sera à l'honneur et je serais ravi de vous accueillir à ma table, Thorin. Et priez Gimli de se joindre à nous. », déclara le seigneur Elrond avec une profonde sympathie, d'ordinaire très rare chez les elfes. Thorin hésita quelques secondes. En tout cas je ne doutais pas que Gimli serait très heureux de revoir le seigneur Elrond.

« Nous en serions honorés. Gimli ne sera pas difficile à convaincre ! », accepta-t-il avec un faible sourire, dissimulé derrière sa barbe noire.

La séance fut définitivement levée et nous pûmes partir. Mon père jeta un regard à Naessë. Il songeait à quelque chose, mais j'ignorais quoi. Celle-ci croisa son regard et resta figée, je pus lire sur ses lèvres cette fois.

« Je crois qu'il veut me parler. », dit-elle.

« Alors allez-y ! », fit-il en s'apprêtant à tourner les talons. Voyant Naessë prête à protester, il la prit de cours. « C'est vous qu'il regardait après tout. »

Elle le regarda s'éloigner et même de dos, je pouvais dire qu'elle avait soit soupiré, soit roulé des yeux, soit les deux à la fois. Je l'entendis grommeler quelque chose comme « Je ne devrais même pas y aller... Ce ne sont pas des façons pour demander audience "après tout" ! ». Elle s'apprêtait à partir puis finalement changea d'avis. Elle me croisa et me jeta un regard furibond, semblant ne pas apprécier les manières de mon père. Mais qu'y pouvais-je après tout ?

*PDV Naessë*

Par Eru, quel détestable personnage ! Demander audience de cette façon, et puis quoi encore ? En tout cas il avait un petit sourire narquois qui me donnait envie de lui refaire le portrait. La provocation n'était plus une bonne idée désormais, je ne pouvais plus perpétuellement me contrôler. Patience. Naessë, soit patiente. Je me répétais cette phrase au moins cinq fois avant de parler. Il m'attendait, toujours assis à sa place, les jambes croisées. Je défaisais ma cape que j'avais remise pour sortir d'un geste sec et m'arrêtait de l'autre côté de la table, en face de lui.

« Vous feriez bien de changer vos sales manières si vous souhaitez discuter avec moi. », fis-je d'un ton sec. J'insistais sur le "moi", puisque à l'accoutumée, c'était avec Isor qu'il parlementait. Et je devais admettre que leurs petites conversations n'ont mené à rien pour l'instant.

Thranduil parut étonné de mon Sindarin et eut un léger mouvement de tête qui montrait son intérêt pour ce qu'il voulait me dire. « J'apprécie nos petites conversations avec sa majesté Isor. Mais il est bien moins efficace que vous dans ses propos. », expliqua-t-il d'un ton dédaigneux. « De plus, vous êtes bien plus concernée que lui dans cette histoire. »

« Et quelle est donc cette histoire ? Venez-en au fait, je vous prie. », lui intimais-je. Le voyant me fusiller du regard, je sus que cette "histoire" allait durer longtemps alors je m'asseyais dans un des sièges avec impatience.

« Aussi impatiente qu'un enfant. J'avais presque oublié que les mots traités et paix doivent vous paraître bien peu familiers. », commenta-t-il d'une voix cynique. Traité et paix ? Et lui sait-il au moins ce que ça signifie ?

« J'ignorais que vous en ayez signé un si grand nombre. », ironisais-je avec un léger sourire. « Et pourquoi voudriez-vous faire la paix maintenant ? Ne sommes-nous pas dans le même camp ? »

« Être au même endroit à un instant précis ne signifie pas la paix. », fit-il avec patience. « Une alliance si vous préférez, nous serait profitables. J'ai un peuple à reconstruire et vous une cité vivant en autarcie, coupée du monde pendant des siècles. »

« Cela ne nous a posé aucun problème jusqu'à présent. », lui répondis-je. A part le manque cruel de nouvelles de l'extérieur, nous n'avions jamais vraiment manqué de rien. Nous avons nos propres fruits, nos poissons et nos animaux. Mais je savais où il voulait en venir. « Si c'est une aide que vous voulez pour reconstruire votre royaume, vous l'aurez. Mais un traité de paix me semble à la fois prématuré et à la fois compliqué à obtenir. Nous n'avons jamais oublié. Tous les Tebryniens qui étaient là à la création de Tebryn n'ont jamais oublié les méfaits dont vous, ou votre père, avez été les coupables. Et vous avez instillé la peur au sujet des sorcières, vos elfes ne sont pas si enclins que vous à traiter avec nous. »

« Nous pouvons changer cela. Vous et vos monarques avez été élus n'est-ce pas ? Ils vous suivront. », me dit-il. Il n'avait pas tellement tort. Mais comment arriverais-je à convaincre Moradin ? Isor ne devrait pas être un problème mais Moradin... « Quant aux miens, je pense qu'ils seront prêts si vous nous aidez à reconstruire Mirkwood. Certains doutent déjà des rumeurs qui se sont répandues sur vos pouvoirs. »

Numaën me vint instantanément à l'esprit. Lui doutait depuis longtemps de notre nature soi-disant maléfique, comme d'autres. Je réfléchis un instant. Ma mort était proche et j'avais là une opportunité de sauver la paix qui avait été détruite entre les sorcières et les elfes. Mais je n'arrivais pas à comprendre comment Oropher en était arrivé à nous massacrer. Il devait y avoir une explication. Et une vraie explication.

« Je verrais ce que je peux faire. Mais j'ai une question pour vous à présent. », dis-je. Il m'observa un instant, signe qu'il était prêt à m'écouter. « Vous souvenez-vous de votre père lors de son crime ? Je refuse de croire que les elfes soient devenus aussi soudainement méfiants envers nous alors que cela faisait des siècles que nous cohabitions et échangions. Peut-être avez-vous la réponse à mes questions. »

Il réfléchit. Les elfes étaient capables d'avoir une mémoire défiant toute concurrence, ce qui m'étonnait toujours. J'avais une très bonne mémoire me concernant. La magie était d'une grande aide, retenant tous les bouleversements de ma vie. Mais les elfes étaient étonnants. Calen était mon capitaine et il n'y avait pas une seule question à laquelle il ne pouvait apporter de réponse concernant ses soldats. Il les connaissait tous sur le bout des doigts. Celui qui m'attendait dehors était un humain qui avait deux enfants, un garçon et une fille. Calen aurait su me dire leurs prénoms et leurs passions.

« Il est vrai qu'il était... étrange à cette époque. Très paranoïaque. Je suppose que c'est ce qui a fini par le tuer... », se remémorait Thranduil en frottant sa bague qu'il portait à sa main gauche. Elle était sertie d'une pierre blanche. Ce qui a fini par le tuer ?

« Ce qui a fini par le tuer ? », demandais-je. C'était étrange, les elfes ne mourraient que par chagrin, par fatigue ou par l'épée. Or nous n'avions pu nous défendre en ce temps-là, ils savaient depuis longtemps nos faiblesses. Et nous nous sommes bêtement laissées avoir. Alors qu'était-il arrivé ? Thranduil semblait agacé.

« Il était devenu une ombre. Nous avons supposé qu'il était mort de chagrin. Il est parti volontairement pour Mandos. », fit-il avec une voix froide. Comme pour éviter de se remémorer certaines choses que tout être aurait préféré oublier. « Mais ce qui a provoqué cette ombre et cette paranoïa ? Je l'ignore. », fit-il sèchement. Il détestait autant que moi l'idée de ne pas avoir la connaissance des choses. Mais soudainement, j'eus une idée.

« Moi je crois en avoir une petite idée. », lâchais-je. Evidemment ! C'était logique après tout ! Je devais paraître choquée au vu de la réaction de Thranduil. Ce dernier me regardait comme si j'étais folle. Je l'étais peut-être. Et si je m'observais un instant, je devais être en train de froncer les sourcils sur du vide. Un vide comblé par une idée si affreuse qui me tourmentait toutes les nuits. « Sauron. »

Il parlait de paranoïa ? Quand vous aviez perpétuellement des visions de mort, ce n'était pas étonnant. Pire encore lorsque vous ignoriez d'où elles pouvaient venir. Moi je le savais, heureusement, ça m'aidait à ne pas perdre totalement la tête. Mais Oropher ? J'en doutais cruellement. Et je ne le réalisais que maintenant, que tous les rêves que je pouvais faire, tous les souvenirs que je pouvais avoir de cette nuit qui resurgissaient très souvent, tout ce que Sauron me montrait ou me laissait voir, plus ou moins volontairement, c'était pour me dire que tout ce que nous avons cru était faux. La haine que nous avons pu entretenir était basée sur un mensonge.

« Pourquoi aurait-il fait cela ? Il ne fait jamais rien sans raison. », protesta Thranduil quoique j'étais persuadée qu'il s'était mis à douter. Mais il refusait sans doute de croire que son cher père se soit fait duper par le mal en personne.

« Allons ! Il l'a fait pour fragiliser votre royaume, pour fragiliser la paix qui se trouvaient entre nos deux peuples, pour nous faire déguerpir et pour protéger son pouvoir. Si vous saviez ce dont une sorcière accomplie était capable, vous trembleriez de peur. Et bien il a solutionné le problème en les tuant toutes. Et il en a laissé quelques-unes échapper à Oropher pour pouvoir s'accaparer nos pouvoirs. C'est bien ce qu'il a tenté de faire il y a peu, mais il a échoué. », lui expliquais-je avec colère froide.

Colère car je détestais être prise pour un pion. Pire encore, par Sauron. Et j'avais été en colère à cause de lui et contre lui pendant si longtemps pour tellement de raisons que je ne ressentais plus le flot de sentiments bouillonner en moi. « Nous avons été ses marionnettes depuis le début. Et il me nargue souvent avec tout ceci, mais j'ignorais pourquoi. Jusqu'à maintenant. »

Thranduil se terrait dans son silence. Je sentais une colère sourde poindre en lui. Comme un chêne balayé par les éléments qui demeurait debout et solide. Il commençait à réaliser l'ampleur de l'ouvrage de Sauron. Son regard s'était durci. Et il ne contestait rien, preuve qu'il n'était pas nécessaire de rechercher de véritables faits pour prouver la culpabilité de Sauron. Je n'osais imaginer comment devait être son père en ce temps-là. Thranduil le savait mais il ne dirait rien à ce sujet. Sa mâchoire resta serrée pendant ce qui me parut être une éternité. Puis il finit par dire quelque chose. « Son arrogance le perdra. Il paiera. Et ainsi, mon père sera vengé. »

C'était clair, précis et sans bavure. Aussi cinglant qu'un coup de fouet. Sauron n'avait qu'à bien se tenir. Thranduil venait de mettre le doigt sur une idée intéressante. Sauron se laissait aisément corrompre par son arrogance et sa prétention. A présent qu'il avait récupéré son plein pouvoir, il se croyait certainement invincible. Mais rien n'est invincible.

« Vous aurez votre traité de paix. Je m'engage à plaider votre cause auprès de mon peuple. Nous avons à présent un véritable but commun il me semble. Nous devons réparer les dommages qu'il a causé. », dis-je en me levant. Je n'osais ajouter le mot vengeance car il y avait bien longtemps que je n'avais plus songé à venger mon ancien clan. Mais si nous le vainquions, j'aurais tout de même le plaisir de savoir que Sauron n'ôtera plus la vie d'innocents et ne se servira plus d'aucun peuple. Et à présent que nous avions réalisé le jeu mené par Sauron, nous étions en mesure de réparer les dégâts qu'il avait causé. Et ça, cela n'avait pas de prix. Isor n'aura bientôt plus besoin de jouer l'arbitre.

*PDV Legolas*

Je n'avais pas revu Naessë depuis une heure à présent. Ni mon père. J'espérais qu'ils ne se soient pas entre-tués mais cette pensée me faisait plus sourire qu'elle m'inquiétait. Nous entraînions avec Aragorn ceux qui souhaitaient apprendre. Quelques femmes de mon peuple avaient décidé de se joindre aux nombreux Hobbits et humains. Elles paraissaient atrocement gênées. Pourtant, il existait quelques femmes faisant parti de l'armée, mais il était vrai que c'était si marginal et souvent mal vu que je comprenais leur embarras. C'était comme si moi prince je ne savais pas comment me battre. Les nains avaient souhaité participer mais étaient visiblement fatigués de leur voyage. Gimli était là et s'amusait avec les Hobbits plus qu'il ne les entraînait.

« Plus haut mon ami ! », dis-je à l'un des Hobbits pour qu'il lève sa garde. C'était un des compères de Merry, qui d'ailleurs participait avec entrain. Il s'était déjà battu mais sans entraînement et qu'il en soit sorti vivant relevait du miracle.

Pippin était là lui aussi et se débattait avec son bouclier. Je supposais que nos flèches avaient dû le traumatiser lors de la dernière bataille. Je m'en voulais toujours à ce sujet. Et je me souvenais que Naessë avait été rudement touchée à l'épaule. Pippin n'avait rien eu mais je savais que nos flèches avaient fait de nombreuses victimes. Désormais, armé de son bouclier pour se protéger, rien ne pouvait l'atteindre. Enfin du moins était-ce ce qu'il souhaitait mais il était encore loin d'y arriver.

« Je crois que vos craintes n'étaient pas fondées, Legolas. Ils m'ont l'air d'en être sorti indemne. », me lança Aragorn en me pointant la direction du palais d'Elrond. Naessë et mon père venaient d'en sortir. Aragorn ne pouvait sans doute pas le voir mais ils ne s'en étaient pas sortis si indemnes à voir leurs visages défaits. Ils s'adressèrent quelques mots avant de se séparer sur un hochement de tête.

« Je n'en suis pas aussi sûr que vous. », répondis-je. « Il y a quelque chose de différent. Je peux le voir sur leurs visages. »

Aragorn haussa les épaules. « Je ne me risquerais pas à demander tout de suite ce qu'il est ressorti de cette entrevue. »

Il avait probablement raison. Naessë arriva et semblait chercher quelqu'un puis son visage se détendit. Elle cherchait Calen, qui lui surveillait les environs et notamment Iniel. Même s'il n'était plus chargé expressément de sa sûreté, il continuait à veiller sur elle avec cette étincelle dans le fond des yeux. Mes oreilles entendirent la voix de Naessë, qui semblait tout sauf amicale et sereine. Je ne compris pas ce qu'elle disait dans sa langue, excepté le nom d'Isor. Calen hocha la tête et partit se mettre en quête de l'elfe, qui n'était heureusement pas très loin. Il revint avec Isor qui s'isola, sur la volonté de Naessë, avec elle, non loin du lieu où s'entraînait Iniel. Elle se trouvait avec les deux sorcières qui avaient accompagné Isor et qui s'adonnaient à une sorte de danse assez acrobatique en apparence. Tant et si bien que la plus jeune des trois trébuchait assez souvent.

Une flèche passa devant mes yeux. Je me tournais brusquement face à un Pippin plus que confus. « Je suis désolé vraiment ! Je crois que je vais me remettre au couteau, ça me semble plus sûr pour vous ! »

Je ris. « Allons Pippin tout va bien, vos flèches n'ont pas de pointes. Mais je crois qu'il serait plus sage que vous vous exerciez davantage au couteau. Avec votre petite taille, vous partez avec un avantage immense. »

Il hocha la tête tout penaud et partit en quête de son couteau, qu'il avait dû égarer. J'entendis soupirer dans mon dos. Aragorn venait de s'asseoir, il semblait épuisé. Aussi décidais-je de moi aussi prendre une pause. Nous travaillions depuis l'aube même si nous avions eu un interlude avec notre déjeuner et le petit conciliabule. Gimli, nous voyant assis, vint nous rejoindre et dégaina sa pipe.

« Et bien ! C'est que vous êtes moins solides maintenant que dans le temps où je vous courrais après ! Mais je crois que j'ai encore un peu d'herbe à pipe à fumer alors je ne vais pas me priver », fit-il de sa voix drue qui semblait bien joyeuse. Aragorn rit à l'évocation de ces souvenirs, où Gimli se plaignait souvent du rythme atroce auquel nous courrions. Et il y avait de quoi !

« Mais ne vous privez pas ! », l'enjoignis Aragorn. « Ah Legolas vous avez attisé ma curiosité. Je serais bien curieux de savoir ce qui justifie tant de conversations. Naessë n'est pas quelqu'un qui converse énormément de ce que j'ai pu voir. »

C'était vrai. Elle continuait à être très secrète sur ses pensées, même si elle se trahissait souvent lors de ses réactions toujours plus excessives au fur et à mesure des jours qui passaient. Elle me rappelait quelque peu Frodon alors qu'il était porteur de l'anneau. De plus en plus renfermée, très observatrice, très méfiante. Je me disais qu'il était bon qu'elle soit dirigeante de sa cité, cela l'obligeait à ne pas s'isoler de trop. Je m'efforçais toutefois de garder un oeil sur elle, quoique je savais qu'Aragorn s'en occupait fort bien déjà. Cette pensée sembla réveiller des sentiments étranges comme... de la jalousie ?


Et voilà, ce chapitre se finit un peu en queue de poisson à mon goût, mais au moins vous en savez un petit peu plus sur l'histoire des sorcières et notre Gimli a rejoint la course ;) Dites-moi ce que vous en avez pensé, en espérant vous revoir au chapitre suivant !