Chapitre 28 :

Des cailloux gris et blanc parsemaient le chemin et défilaient sous les yeux à peine ouverts du jeune Potter alias McDavies. Traîné par les épaules, la tête basse, Harry laissait échapper un petit filet de sang mélangé à de la salive de ses lèvres enflées et à vif à certains endroits.

- Nous voilà arrivé, annonça triomphalement Lord Voldemort. Je te l'accorde, mon cher Harry, cela ne correspond pas à l'image que l'on pourrait se faire d'un repaire à l'envergure de ma personne. Ne t'inquiète pas, cela n'en est pas un, il s'agit plutôt d'une cachette temporaire. Regarde comme c'est beau ? Aidez le !

Le concerné sentit une main dans ses cheveux et qu'on les lui tira en arrière pour observer ce dont le seigneur des ténèbres lui avait parlé. Face lui, un petit village dans une plaine baignée par un soleil d'hiver peu puissant. A la gauche du serpentard s'étendait une forêt qui arrivait au pied des premières maisons. Sur sa droite, une plaine qui devait servir autrefois de champs agricoles mais qui était maintenant transformée en marécages où les arbustes, les ronces et divers végétaux faisaient maintenant la loi. Le chemin qu'il empruntait avec ses amis mangemorts permettait d'arriver dans ce village délimité par une nature plus que hostile. Ayant fini son observation panoramique, il reporta son attention sur le village. Autour d'une église était disposé une vingtaine de maisons identiques et typiques des années soixante dix. Harry en conclut donc qu'il s'agissait de bâtiments moldus, l'excentricité sorcière ne pouvant habiter des lieux si conformistes. Ayant un œil complètement fermé à cause de son combat, il ne pouvait distinguer plus de détails. Cependant, malgré le peu qu'il avait pu apercevoir, ce village ne lui était pas inconnu. Le style des maisons, leur disposition... Harry avait du intervenir dans cette bourgade quelques années avant son voyage temporel mais impossible de se rappeler quand. Quoiqu'il en soit, il était déjà venu ici. Sa réflexion était plus que difficile avec sa tête complètement meurtrie, ses souvenirs semblant se mélanger dans un brouillard épais. Harry n'arrivait pas à penser à autre chose que sa douleur. Ce sortilège sur-puissant de Voldemort « amorti » par un de ses mangemorts lui avait sauvé la vie mais avait marqué l'arrêt du combat et ravivé la douleur de ses blessures, oubliées par l'adrénaline de sa danse mortelle. Sa tête était en feu, son dos en vrac, lacéré de partout et ses jambes ne lui obéissaient plus. Il était donc traîné, depuis le transplannage, par deux mangemorts. Le mage noir leur avait interdit la magie, avant goût d'une punition pour avoir été aussi médiocre au combat contre un jeune de dix-sept ans. Prisonnier sans aucun échappatoire dans un tel état. Il ne pouvait que subir la marche vers ce village. Cependant, sa contemplation du paysage se brouilla progressivement, ses traumatismes l'emportant face à la réalité. Lentement, ses yeux se fermèrent, l'inconscience l'emportant dans le néant.


Harry n'aurait su dire combien de temps s'était écoulé depuis sa capture. Les jours s'enchaînaient et se ressemblaient. Il devenait le jouet de Voldemort, qui tentait de le briser. L'opposition qu'il avait démontré suscitait vraisemblablement l'admiration du mage noir qui souhaitait enrôler Harry. Voici la seule raison pour laquelle il restait en vie. Mais quelle vie ? Torturé le jour, laissé inconscient dans un lit puis réveillé dans cette même salle où les volets ne laisse filtrer aucun rayon de soleil. Que ce soit physiques, psychiques ou psychologiques, les violences qu'il subissait ne semblaient avoir pour but que de tester son niveau, de situer ses limites et parfois pour que ses geôliers se défoulent. Ce dernier ne lui avaient laissé qu'un caleçon et une vielle couverture trouée qui lui servait de poncho.

Douleurs... Faim... Douleurs... Ces deux sensations le réveillèrent progressivement. Tentant de les repousser pour éviter le réveil synonyme d'une nouvelle journée en enfer, il se rappela qu'il y était déjà. Ouvrir les yeux furent un effort plus difficile qu'il aurait cru. Le voyageur temporel s'accommoda cependant rapidement de la lumière vu l'obscurité dans laquelle elle était plongée. Il n'avait pas le souvenir d'avoir déjà pu promener son regard sur la chambre qu'il occupait depuis... Depuis il ne savait toujours pas. N'ayant aucun repaire temporel, tout ce qu'il pouvait percevoir était cette chambre avec une armoire, un lit et un fauteuil situé en face la porte. Se relevant tout en grimaçant, Harry tenta de marcher pour aller s'asseoir en face cette foutue porte de malheur. Non, il n'était pas brisé. Chaque coup renforçait sa détermination, chaque claque augmentait sa colère. Mettant toute sa rage dans chaque pas qu'il faisait, il atteint lentement mais sûrement son objectif et se laissa tomber de tout son poids sur le fauteuil. Non il n'allait pas rejoindre le camp ennemi. Pas après tout cela, pas après tout ces années et pas après toutes ces pertes. Des collègues, Fred, Tomks, Lupin, Sirius, James et Lily.

- Non

Il n'allait peut être pas revoir les Weasley, Ron, Hermione et Ginny mais il valait peut être mieux pour eux. L'état dans laquelle était le jeune Potter n'aurait abouti que sur des remontrances sur sa négligence nutritive de la part de Molly et de sa faculté à aller chercher les ennuis pour Hermione. Personne n'allait savoir qu'il provenait du futur. Il devait se passer ce qui allait se passer. Regardant la porte, il était prêt à subir de nouvelles pressions, de nouvelles tortures. Rien ne changera. Il gardera le silence comme il le faisait depuis X temps. Soudain, un calme intense s'empara de lui comme si le fait de vivre ce moment, de prendre une décision inflexible le laissait en paix avec lui même. Une impression de déjà vu le prit tout en fixant la moment... Le fauteuil, la porte et ce calme qui s'emparait de lui.

- Bordel.

Observant la salle le plus rapidement, il reconnu progressivement la chambre et la vérité lui éclata au visage. Ce village était l'endroit où son cauchemar avait commencé, là où Parks et lui étaient tombés dans un piège. Ce lit où Harry se roulait en boule après chaque séance était le lit de Parks. Ce fauteuil où Harry avait attendu les assaillants avant de franchir cette porte. Il était revenu au point de départ et c'était peut être la meilleure nouvelle depuis des mois.


Harry n'arrivait pas à croire qu'il était dans ce petit village, là où tout avait commencer. Cela ne pouvait être vrai. Alors qu'il avait passé des semaines à comprendre comment il était arrivé dans cette époque et tout autant à trouver un moyen pour le quitter, il avait peut être la clé pour s'en échapper. S'il arrivait à s'échapper de sa chambre, s'il pouvait rejoindre la pièce avec l'armoire, le serpentard pourrait peut être quitter cette affreuse situation sans échappatoire. Si si si si. Il y avait beaucoup trop d'incertitude. Comment aller t-il faire sans magie pour ouvrir cette foutue porte ? Et quand bien même cette dernière s'ouvrait, le vert et argent aurait encore ses geôliers et trouver le moyen d'activer le portail ce dont il n'avait absolument aucune idée en cet instant précis. Des bruits de pas et la serrure de la porte se déverrouillant le firent émerger de ses pensées dans son fauteuil, tel un vieillard prêt à recevoir de la visite. L'entrant n'était autre que Voldemort. Vêtu d'une robe de sorcier noir, la face de serpent sortit sa baguette tout en fixant son prisonnier puis fit apparaître un fauteuil pour s'asseoir face à lui. Ce dernier ressemblait en tout point aux souvenirs de la pensine mais l'on pouvait deviner ce qu'il allait bientôt devenir. Dévoré par l'art auquel il s'est voué corps et âme, il s'est vu considérablement amaigri, affaibli, gagnant peu à peu l'aspect d'un cadavre. Croisant les jambes, pausant les coudes sur les accoudoirs en collant ses doigts opposés, il ouvrit la discussion d'un ton paternaliste.

- Tu t'es enfin décidé à quitter le lit mon garçon ?

- Où sommes nous ? Se contenta de répondre Harry.

- Oh ! S'exclama le seigneur des ténèbres faussement choqué. Il a une langue. Incroyable.

Harry avait conservé son mutisme, hormis quelques insultes par ci par là, depuis l'épisode de la clairière, jugeant n'avoir rien à gagner à desserrer les dents. Cependant, son silence n'avait pas arrangé ses affaires et la torture durait comme un plaisir quotidien pour ses tortionnaires et la sentence finale tardait à arriver. Bizarre de souhaiter sa mort ardemment mais de copieusement insulter les responsables de ses tourments jour après jours, semaines après semaines.

- Nous nous situons dans un village bien particulier. Il est indétectable, soumis à un puissant sort repousse-moldus et anti-transplannage. Ne me regarde pas comme cela mon garçon, je n'y suis pour rien nous l'avons trouvé comme cela et pris possession en l'état. Aucun sang de bourbe n'a été maltraité tu as ma parole.

- Je m'en fiche, répliqua Harry obstinément fermé.

- Voyons ne fait pas l'enfant, tu es devant le seigneur des ténèbres, le réprimanda-t-il en effectuant un revers de la main.

Aussitôt, une gifle invisible le cueillit au coin de la joue, le punissant de son audace. Harry remit ses idées en place tout comme sa mâchoire et défia à nouveau du regard le mage noir.

- Bien Harry. Je te prie de bien vouloir accepter mon manque de politesse envers ton nom de famille car bien sûr, McDavies n'est pas ton vrai nom. J'ai énormément entendu parler de toi et rêvait de rencontrer en chair et en os le grand Harry McDavies. Tu m'as causé de nombreux soucis à Poudlard. Lucius ne tarit pas d'éloges, funèbres certes, mais d'éloges quand même, sur ton potentiel destructeur. Je dois avouer ne pas être déçu. Ton travail avec Henri Smith ne fut pas si inutile que cela. L'ensemble d'ALPHA est maintenant incorporé au service de la mangemorie grâce à la suppression de son principal chef sans que j'ai à intervenir.

Le silence régna à nouveau quelques instants dans la pièce, où les deux hommes se regardaient dans le blanc des yeux sans sourciller. Puis le Lord reprit.

- Tu sembles bien me connaître, nous sommes nous déjà croisés par le passé ? Poursuivit comme si de rien été le Lord. Aie-je tué quelqu'un de ta famille ?

- Non, mais un de mes oncles a du vous torcher les fesses quand vous étiez encore à l'orphelinat. Un brave homme mais pas très doué pour discerner les personnes intelligentes et les personnes incapables d'assumer qu'ils ne sont que des sangs mêlés ayant une adoration pour la consanguinité et...

Le doloris le cueillit au coin des côtes, réveillant ainsi ses cicatrices à peine refermées. Les douleurs engendrées semblèrent durèrent des heures. S'arque-boutant sur le fauteuil, Harry sentit l'effet du sortilège se poursuivre plus que d'habitude signifiant qu'il avait de nouveau franchit la ligne rouge. Puis cela cessa, le laissant essoufflé et déboussolé dans un corps criant sa souffrance. Le regard noir du seigneur des ténèbres lui transmit tout la rage et la colère que lui inspirait son prisonnier. Mais contre tout attente, c'est d'un ton posé qu'il reprit la parole.

Sans nouvelle raillerie du torturé, le Lord poursuivit sur le même ton.

- Tu vas mourir ici, dans ce village Harry. Dans la cour centrale, devant mes hommes que tu as humilié, devant leur chef que tu as humilié. Je me fiche de qui tu as été, de qui tu es et de qui tu aurais pu devenir. Ta vie s'arrêtera bientôt et tu emporteras ta misérable vie et tes pitoyables souvenirs avec toi. Personne ne te regrettera, personne ne te cherchera. Je m'arrangerai pour qu'aucune trace de toi ne soit retrouvé aussi infime soit elle.

Tout en parlant, Tom Jedusor s'était penché vers un Harry McDavies stoïque, écoutant son interlocuteur le plus paisiblement possible et stupéfait du manque de curiosité pour l'étudiant de serpentard qui connaissait tout du mage. Cela ne pouvait signifier qu'une chose. La face de serpent avait accepté l'idée qu'Harry ne livrerai aucun de ses secrets et pourquoi il connaissait aussi bien le descendant de serpentard. La fin était donc proche, l'utilité du prisonnier s'étant clairement amenuisée. Tout d'un coup, tout lui sembla plus froid, le fauteuil si dur, l'atmosphère irrespirable. Le charisme et la marque indéniable d'une volonté farouche dans les paroles mais aussi dans le langage du corps de ce dernier le remplirent d'effroi. Réflexion faite, rien n'est plus important que la vie. Il ne voulait pas mourir ici, seul et dissout dans de l'acide ou il ne savait quel autre moyen de gangsters de films moldus. Les blessures de son corps lui révélèrent qu'il n'avait fait que s'accrocher à la vie, espérant tenir le plus longtemps la torture. Ses blessures physiques et psychiques s'étaient rouvertes ensembles alors qu'il gesticulait sous les effets du doloris.

Ravi de voir son petit effet sur le jeune homme, le Lord ouvrit de nouveau la bouche afin de murmurer la dernière partie de son intervention.

- Tu vas mourir car rien ni personne ne peut manquer de respect à Lord Voldemort.

Un temps infini sembla s'écouler et lorsque Harry fut sur que le mage noir avait terminé son monologue, il se permit de lui répondre de la plus sincère manière qu'il soit.

- Waouh ! Trop fort, je te jure. Tu m'as fait dresser les poils, je te jure. Regarde ! Regarde Tom ! s'exclama Harry, en montrant son avant bras.