Titre : Can I take a photo ?
Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jûshirô Ukitake
Rating : M
Warnings : langage vulgaire, violence et yaoi
Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama
Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jûshirô Ukitake…
G x J
Le petit carton blanc sous ses yeux semblait crier victoire de toutes ses belles lettres dorées et, pour une fois, il ne se fit pas la réflexion que cette mise en forme était horriblement kitch.
« L'ADP vous invite à l'ouverture de sa première EXPOSITION SURPRISE ! Venez découvrir un autre regard sur la photographie le 3 février dans la galerie Man Ray, 4e arrondissement, adresse au dos. »
Il savait que l'ADP louait très peu de salles, faute de moyens, et s'arrangeait toujours avec les galeries pour accueillir ses expositions. Celles-ci acceptaient généralement lorsqu'il s'agissait de photographes célèbres (et généreux, puisqu'ils n'étaient rémunérés que par les ventes), mais dans le cas de Grimmjow, il s'était vu refuser toutes les propositions que Kensei avait faites.
Cette exposition avec Jûshirô, de deux artistes presque anonymes, de deux amateurs cachés dans l'ombre des grands, c'était sa revanche. Son heure de gloire. Enfin, les galeries parisiennes ouvraient leurs portes à la rue, la laissaient couvrir leurs murs de ses enfants, de ses joies et de ses peines. Enfin, sa voix s'élevait au-dessus de celle de l'argent, du profit.
Ce n'était pas seulement sa victoire. C'était celle de la masse silencieuse. Celle de ses frères et de ses sœurs. Il ne s'était jamais senti un martyr ou un porte-parole. Mais il s'était toujours battu.
Et il avait gagné le combat.
G x J
« Comment penses-tu qu'il va réagir ?
- Ah ça, je ne peux pas te le dire ! Tu as fait un choix, tu l'assumes jusqu'au bout !
- J'ai essayé de lui dire…
- Mais tu ne l'as pas fait. Donc maintenant, tu enfiles cette veste, tu y vas et, excuse-moi de parler vulgairement, tu portes tes c…
- Ça va, Shunsui, j'ai compris l'idée.
- Reprends un peu des couleurs. Ça va bien se passer.
- Je ne sais pas… Il peut être tellement… impulsif.
- Sauf avec toi.
- Même avec moi.
- Mh, je n'en suis pas si sûr. Tu as un truc, Jû. Un truc qui l'apaise. C'est ce que je vois dans ce que tu me racontes.
- Tu oublies cette fois où il a mis le feu à son appartement.
- Tu crois franchement que cette exposition va le mettre dans un état pareil ?
- Non… mais…
- Allez, tu ne peux plus reculer. Pour une fois dans ta vie, jette-toi dans la gueule du loup. Tu vas voir, c'est comme une seconde jeunesse.
- Si seulement… »
G x J
Nel serra la main de son petit ami dans la sienne. Il y avait vraiment beaucoup de monde devant la galerie.
« J'y crois pas. Mon Grimminou qui expose, et toute cette foule…
- Tu es fière de lui, hein, dit Ichigo en souriant.
- Oh oui, tellement. Mais lui dit pas, il va prendre la grosse tête.
- Qui va prendre la grosse tête ? »
Son frère les rejoignit en écartant les passants. Comme d'habitude, il ne semblait pas apprécier la proximité de cette masse grouillante.
« Toi, imbécile ! Tu te pavanes déjà comme un coq, t'as même sorti la chemise ! le taquina-t-elle.
- Tss, laisse-moi savourer ma victoire, tu crèves juste de jalousie… »
Mais il ébouriffa ses cheveux d'un geste affectueux.
« Crâneur ! » lança-t-elle en tirant la langue.
Ichigo haussa les épaules devant leur petite joute verbale. Il les avait rarement vu aussi heureux, aussi complices. Ce Jûshirô ne semblait décidément apporter que des bonnes choses… Il avait hâte de voir ce que ça pouvait donner en matière de photos !
« Bon allez, ces affiches EXPOSITION SURPRISE me font de l'œil ! On y va ? »
G x J
« Dis-moi qu'on a une entrée spéciale… »
Le porte-parole sourit en entendant son meilleur ami soupirer. Mais il fallait avouer que la foule à l'entrée de l'exposition avait de quoi décourager n'importe qui… Kensei Muguruma avait fait jouer ses contacts pour que l'évènement soit un succès, mais il n'avait pas pensé réussir à ce point.
« On peut passer par l'entrée des artistes, mon cher ! Mais j'avoue que j'aimerais bien trouver Grimmjow et rentrer avec lui. Il m'a envoyé un message pour me prévenir qu'il serait du côté des visiteurs avec sa sœur.
- Ce sera sans moi… Ils me laisseront rentrer seul du côté « officieux » ?
- Mh, Kensei te connaît, il te fera rentrer.
- Très bien, merci ! Bonne chance de ton côté !
- Les rats quittent le navire…
- Tatata, je te laisse un peu d'intimité, c'est tout.
- Mais oui, bien sûr. Allez, va retrouver la chaleur confortable qui te manque tant, espèce de pacha.
- Quelle ingratitude ! »
L'air faussement outré, Shunsui s'éloigna avec un signe de la main. Jûshirô secoua la tête, en sortant son portable. Quel clown…
G x J
Le trio tentait de passer la porte de l'exposition sans être transformé en crêpes lorsque le téléphone de Grimmjow vibra dans sa poche de jean. S'extrayant de la foule, il attendit d'être plus tranquille dans le hall pour regarder qui lui envoyait un message. Nel et Ichigo le rejoignirent.
« Wouah, mais c'est la guerre pour rentrer ! s'écria la jeune femme. Et Kensei qui refuse de faire des entrées payantes… Il a décidé que l'ADP n'aurait jamais d'argent ou quoi ?! »
Mais l'expression de son frère détourna son attention des gens qui les bousculaient en passant.
« Qu'est ce qu'il y a, Grimm ?
- Merde… C'est Jû qui me demande où je suis. J'ai zappé qu'on devait se retrouver devant…
- T'es sérieux ?! Tu viens de poser un lapin à ton mec ?
- Tout de suite le drama… Ça va, j'ai juste oublié !
- Grimm…
- J'vais le rappeler, me regarde pas comme ça ! »
Ouais, il avait merdé. Un peu. Mais bon, c'était pas si grave, il suffisait de rappeler Jûshirô et de se rejoindre à l'intérieur…
G x J
« Allô ?
- Jû… C'est moi…
- Ça ne va pas ?
- Bah je suis désolé… J'ai oublié notre rencard… Du coup on est dans le hall avec Nel et Ichi.
- Oh.
- J'suis vraiment désolé… Tu dois m'en vouloir à mort.
- Ça ne te ressemble pas de t'excuser comme ça, d'habitude tu refuses d'accepter tes torts. Tu es sûr qu'il n'y a pas autre chose qui te tracasse ?
- C'est un jour spécial, j'ai pas envie de tout gâcher. Tu m'connais, j'suis plutôt doué pour ça. Tu m'en veux ?
- Mais non, je ne t'en veux pas. Je vais juste vous rejoindre. Ou alors je passe par derrière comme ça on se rejoint dans l'exposition.
- Ouais, ça me paraît pas mal. Et j't'avoue que j'voudrais bien passer par derrière avec toi, une prochaine fois.
- Ce sous-entendu est complètement déplacé, Monsieur Jaggerjack. Un peu de tenue, vous êtes un honorable photographe maintenant !
- J'avoue, c'était pourri. Mais jamais j'arrête !
- Allez, à tout de suite.
- A toute ! »
Il était vraiment incorrigible… Jûshirô se retourna contre le flot des visiteurs dans lequel il s'était glissé pour chercher son compagnon. Il fallait maintenant qu'il en sorte pour rejoindre le trio. Et c'était toute une aventure…
Il n'en voulait vraiment pas à Grimmjow. Lui-même était assez chamboulé, et il avait failli oublier la moitié de ses affaires dans le taxi qui les avait amenés, Shunsui et lui. Il redoutait la réaction du jeune photographe. Parce qu'il avait signé les clichés. Il avait apposé sa marque, cette petite fleur en bas à droite, sur toutes les images étalées sur les murs de la galerie. Il mettait en jeu sa relation avec Grimmjow, il jouait avec sa confiance, et ça lui faisait peur.
Il sortit soudain de ses pensées quand il sentit quelque chose de dur dans son dos. Quelque chose de dur, de cylindrique, pile sur sa colonne vertébrale. Il frissonna lorsqu'un souffle se glissa dans son oreille.
« Bonjour, Monsieur Ukitake. Ne bougez pas, ne paniquez pas, ne dites rien, ou je tire. »
La voix, froide, indifférente, presque ennuyée, semblait rechigner à cette éventualité. L'homme derrière lui confirma cette hypothèse en continuant :
« Ça ne me ferait pas vraiment plaisir, et ça ne ferait pas plaisir à Monsieur Aizen non plus. Au milieu de cette foule, ça serait salissant, fatiguant, et ça causerait tout un tas de problèmes. Donc je vous propose d'avancer bien sagement, tant que personne ne remarque rien de bizarre. Quand nous serons sortis de la foule, mes hommes cachés aux alentours vous auront dans leur viseurs, donc même si je range mon arme, essayez de résister me paraît être une mauvaise idée. »
Aizen. Ce nom résonna dans sa tête. Il pensait que ça ne pouvait pas arriver. Il pensait qu'il était en sécurité. Mais rien n'était impossible pour cet homme. Peut-être qu'il pouvait prévenir Grimmjow, ou Shunsui, envoyer discrètement un sms…
« Ah, et évidemment, je vais prendre votre téléphone portable… »
Il sentit comme un étau se refermer sur sa poitrine. Un piège très simple et très efficace qui broyait ses espoirs d'un seul coup de dents d'acier.
G x J
Grimmjow tapait du pied dans le hall. Il n'en pouvait plus, d'attendre comme ça sans rien faire ! Jû avait déjà vu toutes les photos, alors qu'il avait caché les siennes à son compagnon, et il mourrait d'envie de les voir. Nel semblait elle aussi ronger son frein. Ichigo, lui, tentait de les calmer :
« Il va arriver, soufflez un peu… Vous êtes vraiment des gamins !
- Le gamin t'emmerde, Ichi. C'est une torture, j'ai pas vu une seule de ses putains de photos ! Pourtant j'ai essayé, hein, j'ai fouillé toute sa chambre d'hôtel, mais il les planquait chez Kensei. J'veux savoir à quoi ça ressemble !
- A quoi TU ressembles, avoue, Grimm.
- J'veux voir le bout du projet… Notre œuvre !
- Je t'avais dit, qu'il allait prendre la grosse tête…
- Oh et puis merde ! Il avait qu'à être en avance ! »
Sur ces mots, le jeune homme s'engouffra dans le couloir qui menait à la salle d'exposition, suivi de près par sa sœur et le petit ami de celle-ci, trop enthousiaste à l'idée de voir les photos pour protester et attendre Jûshirô.
