Euuuh… Oui. J'ai encore tardé. Alors mon excuse, c'était les vacances ! Voila ! Sur ce, bonne lecture !

Youyou : Ooooh… c'était trop mignon ta review ToT c'est elle qui m'a fait carburer pour ce chapitre. Elle était vraiment étonnante et touchante à la fois. Je ne m'attendais pas à recevoir une demande aussi forte comme ça ! Je vais mettre fin à ton triturage d'esprit :D. Comment ça quoi j'aime pas quoi ? XP Tu as le droit d'avoir envie de savoir la suite, lol ! En plus t'aimes bien les Dir en grey il me semble (ça n'a aucun rapport, mais c'est pas grave XD).

Sankyû aussi à L (eh mais vraiment, tu es maudite !! XD Il faut que tu t'inscrives sur le site qu'on puisse lire tes reviews intégralement et qu'on puisse y répondre !), Shye Yun (oui c'est vrai, ça a l'air plus simple quand c'est toi qui raconte ! Mais nan ! C'est moi que je décide ! :p), Drusilla la folle (mais si c'est une fin ! Et voila le début de la suite :)) et shuichi (il va réagir… faut lire, huhu).

Et à tous ceux qui me font des reviews dans leur tête mais à qui je peux malheureusement pas répondre parce que je suis pas télépathe XD.


Non mais quel sans gène ! Se dire qu'on connaît les préférences des autres ! Qu'est ce qu'il faut pas entendre je vous jure…

Et puis c'est pas parce que je pense tout le temps à une personne que c'est elle qui m'attire. Ca veut strictement rien dire. C'est comme les enfants qui croient au Père Noël. Jusqu'à preuve du contraire, il n'existe pas !

Bon… pour la nuit de la dernière fois… ben… c'est parce que ça fait depuis longtemps que … voila, et comme je pense à une personne en particulier en ce moment, bah… voila, pas de chance ça tombe sur elle. Point.

Comme je l'ai déjà dis, ça peut être n'importe qui. Mais bon. Y'a qu'elle que je vois pour le moment donc ceci explique cela. Voila.

Donc j'ai pas à m'en vouloir ou quoi que ce soit, c'est pas de ma faute.

Et il faut que j'arrête d'ignorer Duo.

Voila.

Non. Je peux pas. Sinon ça me revient en tête.

Et je ne peux pas vivre avec ça en tête.

Raaah…

Mais pourquoi lui ?? Ca aurait pas pu être quelqu'un que je vois jamais ?? Ou quelqu'un qui se fout de moi ?? Ou mieux : quelqu'un que je connais pas et que j'ai jamais vu et… et encore mieux, qui n'existe pas ??

-

-Monsieur Yuy ?

-

Et voila monsieur duschnock qui vient m'emmerder avec je sais pas quoi…

-

-Êtes-vous occupé ?

-

Je suis en pleine réflexion, tête de nœud !

J'aurai du mettre un panneau.

-

-Non.

-Très bien. A la demande de monsieur Maxwell, nous avons changé les derniers codes d'activations.

-Hn.

-Et je vous les apporte.



-Bien.

-

C'est ça maintenant dégage.

Ca va faire trop longtemps que Duo et moi ne nous sommes pas adressé la parole. Et j'ai remarqué que depuis, il n'est plus aussi enjoué qu'avant. Il a l'air fatigué lui aussi. Ou plutôt lassé.

Et… qu'est ce que je m'en veux.

Maintenant, j'ai envie d'aller le voir et de m'excuser… mais je n'y arrive pas.

Et plus je continue à l'ignorer, plus le temps passe, et plus s'excuser est dur.

Donc j'attends… et ça s'empire.

Je fuis son regard, et sa présence quand je le peux.

Je fais mine d'être trop débordé pour aller le voir, et j'envoie quelqu'un lui faire parvenir mes informations ou mon travail.

Au restaurant de la boîte, je fais un passage éclair pour qu'il n'ait pas le temps de me rejoindre les fois où il peut.

Et le soir, je rentre plus tôt.

Ca me fait penser qu'aujourd'hui, j'ai pas le choix mais je dois faire un truc qui me demande de rester ici.

Bah, je m'arrangerai pour pas trop tarder.

ooo

Le sommeil a eu raison de moi.

Je suis plus en train de faire n'importe quoi sur l'ordi que de faire des choses constructives.

Je pense toujours à la même chose.

Comment est-ce que ça pourrait s'arranger ?

Je ne peux pas faire le premier pas.

J'empêche inconsciemment Duo de le faire.

J'en ai trop marre.

Bercé par le ronronnement de l'ordinateur, je me laisse aller.

Ma tête tombe dans mes mains et mes yeux se ferment dangereusement.

Le temps passe dans le calme de la pièce vide.

Je ne sais pas combien de temps passe alors que je dors à moitié.

-

Soudain je senti quelque chose de glacé glisser sur ma nuque.

Une main.

Tellement glacée, que j'en sursautai, tiré de ma somnolence.

Je me retrouve sur mes pieds, ayant éjecté mon siège dans mon sursaut.

Duo est près de moi. Je ne l'ai pas entendu venir.

Je crois que je ne l'ai jamais vu comme ça. Une ombre plane sur lui.

Droit, les bras le long de son corps, il me regarde d'une façon que je n'arrive pas à déchiffrer.

En colère ? Triste ? Ou sans émotion ?

Moi, je ne sais pas comment m'exprimer, que dire. Si seulement je savais comment bien réagir face à des situations qui ne jouent pas en ma faveur, je n'aurais pas eu à subir ce moment.

La confrontation.

Finalement, j'opte pour laisser les mots venir sans réfléchir, avec un ton d'excuse dans la voix.

-

-Tu as la main glacée.

-Elle est comme toi.

-

Son ton est ferme mais mélancolique. Il me fait de la peine.

C'est moi qui l'ai poussé à bout.

-

-Mais… Il ne fait pas froid pourtant.

-Je l'ai mis dix minutes sous l'eau gelée. Ca m'a fait mal au début, mais après je ne sentais plus la douleur parce que je ne sentais plus ma main non plus.

-

Je regardai la main et constatai qu'elle était bleue et transie.

Et j'eu mal pour lui.

Je poussai un soupir.

Je me sens vraiment gêné. Ce ton me met mal à l'aise.

Il parait désespéré sans vouloir le montrer.

Il parait celui d'un homme qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Qui ne sait pas à qui en vouloir. Qui ne sait pas quoi faire.

-

-Pourquoi ?

-

La réponse était évidente.

-

-Pour qu'on puisse se parler sans que tu t'enfuies. Et c'était un bon plan. La preuve.

-

Je suis vraiment allé trop loin s'il a eu besoin de ça pour qu'on renoue la discussion.

-

-Duo… je suis vraiment…

-Désolé ? Moi aussi.

-…

-

Je m'en veux tellement d'avoir agit si bêtement. C'était ridicule.

Quand je pense qu'on n'a pas pu recommencer à se parler d'une façon normale.

-

-Je suis désolé que tu aies à m'ignorer comme ça.

-…

-J'ai deviné que tu avais besoin d'être seul pour réfléchir à je sais pas quoi, remettre ta vie en question, te remettre en question pourquoi pas. J'en sais rien. Je sais pas ce que tu en as conclus. Mais en tout cas, tu n'as pas vraiment pensé à moi, pour changer de comportement comme ça du jour au lendemain. Tu t'aies pas dis que peut-être je m'inquièterai pour toi. Tu t'aies pas dis que je me dirais que j'aie encore fais quelque chose que t'as pas apprécié.

-Si… j'y ai pensé…

-Alors pourquoi tu as continué ?

-…

-Parce que ça te faisait plaisir de me faire du mal ?

-Non…

-Alors pourquoi ?

-

Au lieu de s'énerver, il s'adresse à moi calmement.

Parfait diplomate.

Il a vraiment tout pour se faire aimer.

Il ne s'emballe pas pour un rien.

Il garde son sang froid, ses moyens.

Moi, je ne suis rien à coté de lui. Mais j'ai découvert une chose…

J'ai envie qu'il m'apprenne à faire toute ses choses pour lesquelles je l'envie.

Et je suis déjà en train d'apprendre.

Je sais qu'il y a encore quelques temps, je me serai énervé et ça aurait terminé je sais pas comment. Mal, à ce point là.

Mais là, je n'ai même plus envie de lutter. Je sais que ce que j'ai fais était vraiment inutile. Vraiment.

-

-Tu vas sûrement trouver ça pitoyable, Duo, mais je n'ai rien à défendre.

-

Ses yeux me questionnent.

Et il se tait pour pouvoir me laisser un temps de réflexion à comment je peux lui expliquer.

Un silence dans lequel je puise le courage d'être franc, à savoir lui dire que j'ai réagis comme ça avec lui… pour rien.

Lui dire que tout ça n'était qu'un gâchis. Et en plus que j'en étais parfaitement conscient.

-

-Je n'ai pas d'excuse. J'aurais pas du t'ignorer, c'était complètement con. Je pourrais te sortir que je me posais des questions, mais je me rends compte que je n'avais pas besoin que ça prenne ces ampleurs là.

-

Je me sens comme un voleur qui a échoué son cambriolage et qui est devant le gendarme, les mains en l'air, conscient qu'il a joué son tour, et qu'il a perdu.



Qui se rend sans discuter, parce qu'il sait qu'il a mal agit.

Duo ne répond pas.

Il ferme les yeux. Puis les rouvrent.

-

-Tu peux m'enfoncer, je ne dirai rien. Je sais que tu as raison. Si c'était à refaire, je ne verrai pas l'utilité de le faire, parce qu'il n'y en a strictement aucune.

-Je n'arrive pas à saisir pourquoi tu as fais ça avec les paroles que tu as là. Si tu as agis comme ça mais que tu es contre, alors tu aimes te torturer l'esprit ? A ce point ??

-C'est simplement que… comme je ne savais pas quoi faire, alors j'ai fais n'importe quoi.

-

Il me laisse m'expliquer, une lueur de tristesse dans les yeux.

De déception.

Au fond, il me comprend parce que c'est ma nature d'être comme ça.

Peut-être qu'il sature, de moi.

Je n'espère pas.

-

-J'étais… complètement perdu, Duo. Et quand je suis complètement perdu, je me referme sur moi. Je rejette tout ce qui est sensible de me perturber plus. Tu le sais. Je ne fais pas la différence entre ce qui peut m'aider et ce qui peut me mettre plus dans la confusion.

-

Et comme un dernier appel, il me dit d'une voix faible.

-

-Mais je te l'ai répété, rerépété, rererépété que tu pouvais me faire confiance… ! Enfin… quand tu as des périodes comme ça où ça va pas… si tu ne peux pas en parler, alors écris-le moi au moins ! Que je ne m'imagine pas je ne sais pas quoi !

-

Il a regardé ailleurs, pour fuir mes yeux.

-

-Je sais pas si tu te rends compte ! J'ai cru que j'avais dis un truc qui t'a pas plu, que tu avais eu un décès dans ta famille, et je suis même allé à m'imaginer que tu avais appris que t'as une maladie grave ! Je ne savais pas quoi faire, je t'ai envoyé des milliers de messages comme quoi si tu avais besoin de parler, on pouvait toujours s'écrire des sms ou des emails, on était pas obligé d'être face à face ! Quand on a un problème, Heero, il ne faut pas rester dans son coin. On pouvait toujours trouver une méthode sans que tu te sentes oppressé…

-Ecoute…

-

Il comprit ma demande silencieuse de vouloir le regarder en face.

Il plongea son regard dans le mien.

Un mètre ou deux nous séparent, et là, maintenant, j'ai envie de les franchir de moi-même.

Mais j'ai du mal. J'ai beaucoup de mal.

Ses yeux… Ses yeux me font fondre sur place. Ils sont tellement magnifiques.

Je sens que j'ai toute son attention, qu'il est près à m'écoute, quoi que je lui dise.



-

-J'aimerai tellement effacer cette semaine de ma vie. Tu me croiras peut-être pas, mais c'était l'enfer. Je ne savais plus où j'en étais.

-Parle pour toi.

-Et je n'avais pas le droit de te faire endurer ça.

-Et tu comptes faire quoi ?

-

C'est sûr, mes belles paroles ne sont que des paroles si je ne fais rien pour les démontrer.

Je lui promettrai bien de ne plus recommencer, comme un gosse qu'on gronde et qui promet des choses dont il se foutra quelques heures plus tard, mais je ne me fais pas confiance et je pense que Duo non plus.

Je lui proposerai bien de faire comme avant, mais ce n'est pas possible. Ou du moins, pas dans l'immédiat.

Je lui proposerai bien de me laisser tomber…

… mais j'en ai franchement pas du tout envie.

-

-J'aimerai… oublier cet épisode.

-

Avant qu'il ne réplique quelque chose, je le coupai alors qu'il s'apprêtait à parler.

-

-Je sais que c'est facile de dire ça, parce que c'est pas réalisable, qu'on ne peut pas revenir en arrière et qu'il faut assumer, mais c'est ce que j'aimerai faire. Je n'ai pas envie qu'on…

-

Finalement, il a décidé de me laisser la parole, car il attend que je termine ce que j'ai commencé de dire.

-

-… qu'on laisse cet incident prendre le dessus sur tout ce qu'on a déjà fait ensemble.

-

Après un petit laps de temps silencieux, qui me paru comme le moment juste avant le verdict à propos d'un accusé à la barre, il hocha la tête.

Mais ça ne me renseigne pas trop sur son état de pensée.

J'attends encore qu'il rajoute quelque chose - vocalement c'est mieux, c'est plus facile à comprendre - mais il ne dit pas un mot, se contentant de fixer un point invisible à coté de moi, chose assez frustrante.

Au bout d'un moment, où je me sentais coupable de ce gros blanc, je décidai que maintenant qu'on avait franchi une étape, il fallait continuer dans cette voie.

-

-Tu veux manger quelque part ce soir ?

-Non, pas ce soir. C'est trop frais, je t'en veux encore un peu.

-

A mon tour je fis « oui » de la tête, approuvant totalement.

Si ça peut faire qu'on réfléchisse tranquillement et dans le bon sens, c'est mieux.

-



-On va déjà digérer ce qui s'est passé, et on verra après. Ok ?

-Hn.

-

Il me fait un faible sourire. Faible, mais sincère.

Je sais qu'il veut aller de l'avant, mais c'est dur pour lui parce qu'il a l'impression que je suis trop incontrôlable. Même s'il peut y arriver.

Je sais que je n'ai pas trop de souci à me faire pour la suite. Mais encore là, je sens que Duo prend sur lui.

Et si ça se fini comme ça ce soir, il y aura quelque chose d'inachevé.

Quelque chose qui nous gênerai peut-être demain, ou après-demain.

Une étape manquée. Nécessaire pour l'évolution de la suite.

On allait y repenser toute la nuit. Moi, je n'allais certainement pas dormir.

J'aurais encore l'impression d'avoir la main glacée de Duo sur la nuque. Criant que ça n'allait pas. Appelant à l'aide.

Rappelant la sensation que je lui avais donnée ces derniers jours, sans aucune explication.

-

Alors que Duo baissait la tête et se retournait, et sans que je m'en rende compte de mes propres mouvements, je tendis le bras pour atteindre le sien et pour poser ma main sur son épaule.

Surpris, il tourna la tête vers moi, s'aperçu que j'étais tout près.

Ma main se referma sur son épaule, décidée, pour éventuellement l'empêcher de partir si l'envie lui avait prit pendent une seconde.

Mais plus étonné par ce geste que j'avais fais que voulant s'en libérer, il se laissa entrainer dans mes bras, un peu intimidé.

Je l'enfermais contre moi pour lui montrer que je m'accroche à lui, mon menton sur son épaule.

Que je n'avais pas envie qu'il me laisse tomber, comme il aurait pu le faire.

Je le remerciais de ne pas l'avoir déjà fait.

Je lui demandais de me croire, et de me comprendre, même si c'était compliqué.

Je le suppliais de ne pas m'abandonner.

Durant un très court temps, j'eu peur qu'il ne réagisse pas.

Ca ne m'aurait pas étonné, mais j'aurai voulu éviter ça.

-

Je n'attendis pas longtemps avant de sentir ses bras s'enrouler autour de moi en réponse.

Je fermai les yeux sous le soulagement. Il m'a évité une gêne qui aurait été la gêne de trop.

Je l'entendis soupirer de résignation.

Même si je ne vois pas son visage, je sais qu'il est soulagé.

Mais il ne peut pas savoir à quel point moi je le suis. Grâce à lui.

Ce sentiment de voir tous mes problèmes s'envoler m'avait manqué.

Cette sensation que pendant un instant présent, rien n'est important, m'avait manquée.

Le fait de savoir Duo préoccupé par moi m'avait manqué.



Sa présence près de moi m'avait manquée.

Son odeur m'avait manquée.

Un contact physique avec lui m'avait manqué.

-

-Peut-être qu'on arrivera à se comprendre un jour…

-

Dans la façon dont il me serrait doucement contre lui, il y avait une acceptation de réconciliation.

Dans sa voix, il y avait un sourire.

-

Le soir, je m'en allais du bureau avec un énorme poids en moins.

Comme si rien ne s'était passé durant les derniers jours. Comme si le « Salut, à demain ! » enjoué de Duo juste avant de partir avait été dis tous les jours de cette semaine.

Je repartais chez moi avec une bonne humeur. Une envie de dire « bonsoir ! » à tout les gens que je croisais. Une envie de leur sourire pour rien.

Une envie de communiquer mon bien-être.

L'esprit léger, je montai deux à deux les escaliers de mon immeuble sans ascenseur. Et quand j'arrivai chez moi, j'allumai toute les lumières, la TV et la radio dans la cuisine. Chose que je ne faisais jamais d'habitude.

Là, aucune idée de pourquoi j'avais besoin d'entendre du bruit.

Peut-être pour donner de la vie à mon appartement.

Je me fis à manger, et un plat pas fait à la va-vite.

Je suis pas un super cuisinier, quoique je me débrouille plutôt bien quand même par rapport à la moyenne des hommes, mais j'ai envie de changement.

J'entendis presque pas mon portable sonner près d'une heure plus tard.

Duo.

A la vue de son nom et son numéro s'afficher sur l'écran de mon portable, je souris.

Incorrigible. On s'est vu y'a pas longtemps et le voila déjà re-entrain de me bombarder d'appels.

Mais bon, je vais pas me plaindre. Et s'il m'y pousse, je renverse la balance.

Je laisse quelques sonneries retentir, histoire de bien le faire mariner, et je décroche (enfin… un portable ça se décroche pas, mais je sais pas quel terme on utilise pour « appuyer sur le petit bouton qui accepte l'appel »).

-

-Encore toi ? A tous les coups, tu vas me dire que tu as oublié quelque chose d'important.

-Heero ?

-Ou alors tu t'es trompé de numéro.

-

Il rit et ça me rassure, parce que me téléphoner et me dire « oh bah non, c'est pas toi que je voulais appeler », ça me frustre un peu beaucoup.

Que ça soit Duo ici maintenant, ça m'aurait un gros peu très beaucoup frustré.

Mais quand il reprit son sérieux avec de l'attention dans le ton, je me sentis bêtement heureux sans savoir pourquoi.

-

-Non, je voulais juste vérifier que tu m'as pas dis tout ce que tu m'as dis tout à l'heure pour te débarrasser de moi et que maintenant tu me répondais à nouveau au téléphone. En gros je te fous la pression pour pas que tu recommences !

-

Je rentrai dans son jeu.

-

-Oh. C'était un canular téléphonique ? Tu veux me harceler, c'est ça ?

-Je n'avais pas entendu ta voix au téléphone depuis longtemps.

-Qu'est ce qu'elle a de spécial ?

-J'ai l'impression que tu es à coté de moi sans que je te vois. Mais c'est le principe du téléphone !

-C'est vrai. Dis-moi, tu es où ?

-Chez moi, pourquoi ?

-Chez toi, je sais. Tu m'as dis que tu rentrais chez toi tout à l'heure. Non, tu es où chez toi ?

-Euh… dans mon salon.

-Et où, dans ton salon ?

-Sur mon canap'. Mais pourquoi ?

-Je suis derrière toi.

-

Je l'entendis rire, un rire chaleureux.

Finalement, j'avais fini par venir chez lui. Et par deux fois. La première fois en vitesse, car on partait et il avait réussi à me faire entrer chez lui, et la deuxième fois il m'avait montré un truc sur son ordinateur.

Mais là, absorbé par sa voix au téléphone, je m'imaginais son sourire quand il me parlait.

Je l'imaginais dans son salon, sur son canapé bordeaux, contre le dossier.

Assis, un coude sur l'accoudoir, l'autre bras qui retenait une jambe repliée contre lui.

Dans une tenue décontractée. Jean bleu/gris. Léger pull noir à col V.

La TV est allumée avec le son mis très bas. On l'entend à peine.

Duo n'y fait pas attention. Il l'a baissé à fond pour m'écouter.

Je m'imaginais derrière le canapé, en train de le regarder, alors que lui regarde devant lui.

M'approcher de lui, me pencher sur le dossier, vers sa tête qui fixe le devant, sans le toucher.

Je m'imaginais lui parler à voix basse à l'oreille, sans pour autant le murmurer.

« Je suis derrière toi ».

-

Je me rendis compte que j'avais presque mal à la mâchoire à force de sourire autant. Ca me tira vers la réalité.

La réalité qui n'était pas pour me déplaire.

-

-T'es con ! Je me suis retourné !

--

Cette nuit, je ne fis pas de rêve érotiques comme je l'avais crains.

D'ailleurs, j'avais complètement oublié ces rêves, ces imaginations plutôt, parce que pour rêver il faut être avant tout inconscient.

Dés l'instant où on avait commencé à s'expliquer, Duo et moi, ces rêves étaient sortis de ma tête.

Je n'y avais plus pensé depuis.

C'est ce matin quand je me suis réveillé qu'ils ont vaguement refais surface…

… pour être comparés à ce que je me suis imaginé la veille et pendant la nuit.

Et puis comme il n'y avait aucune comparaison à faire, je les ais mis dans le tiroir « poubelle » de ma tête.

Et je me suis retourné sur le dos dans mon lit, refusant de le quitter. Ce qui m'a fait me lever, c'était de savoir que j'allais revoir Duo.

Duo, que j'avais vu la veille chez lui, sur son canapé.

Que j'avais revu cette nuit, dans ma chambre.

S'approcher de mon lit, alors que je l'attendais.

Se glisser sous mes draps.

Se blottir contre moi.

Se lover dans mes bras.

Et s'endormir.

ooo

Eh ben cette nuit j'ai bien dormi. Ca faisait depuis longtemps que ça m'était pas arrivé.

Aujourd'hui, Duo devait rencontrer une personne d'une autre boîte ailleurs. Donc on va pas le voir de la journée, il rentre en fin d'après-midi.

Je me sens énergique et j'avance vite dans ce que je fais. Même si des imbéciles font moins vite leur boulot et que j'en ai besoin pour la suite.

J'ai travaillé la matinée avec deux autres personnes sans qu'il n'y ait d'embrouilles (une première ! Ce soir je sors le Champomy) et le rythme que j'imposais a été à peu près suivi.

Et là je suis tranquille.

-

-Hum… monsieur Yui ?

-

Et voila. Juste au moment où je me sentais à peu près bien, il faut qu'une cloche vienne m'emmerder.

Je t'ai sonné, moi ??

C'est encore la pimbêche de la dernière fois avec ses amours pire que Clochette pour Peter Pan alors qu'il en pince pour Wendy. Plus immaginaire, tu meurs. En plus elle fait concurrence aux dindons, à glousser plus fort que son ombre.

-

-Oui.

-

Mon « oui » sonnait comme un « tu me fais très chier, tu le sais ? » et était destiné à faire fuir l'importune (du nom latin Importunis parasitum), mais ça ne suffit pas.

-



-Je voulais savoir si vous n'aviez pas le numéro de téléphone portable de monsieur Mxwell. Il est en déplacement aujourd'hui comme vous le savez et j'ai quelque chose d'urgent à lui faire parvenir.

-

Et comme par hasard, elle va pas demander à un autre directeur qui eux c'est sûr qu'ils ont son numéro, parce que si elle dit ça ils vont demander « et quoi comme urgence ? ».

Une urgence du genre « c'est urgent, je me suis coincé un femidom (mince alors, quelle maladroite !), vous pouvez pas m'aider ? » ?

Non mais elle croit vraiment m'avoir cette grognasse ? C'est écrit « débile profond » sur mon front ?

Si elle croit un seul instant que Duo a du temps à perdre avec elle…

-

-Monsieur Maxwell est un bel homme, n'est ce pas ?

-

Surprise, elle s'empêcha de glousser et les pigments de sa peau rosirent légèrement. Elle se remit une mèche invisible derrière l'oreille (ce qui est très efficace, même si tous ses cheveux sont attachés en chignon à la base).

-

-Euh… je dois dire qu'il est très charismatique et… oui, bel homme, oui.

-

Je la gratifiai d'un sourire on ne peut plus hypocrite qu'elle comprit comme « hahaaa… j'ai vu que t'as des vues ! » et elle me sourit niaisement en retour.

Mais oui t'es conne, ma pauvre…

Tiens, j'ai envie de voir ce que ça fait d'avoir une conversation sérieuse sur les cœurs avec les autres.

Surtout quand le cœur convoité n'en a rien à foutre de la convoiteuse, et qu'elle s'en aperçoit pas.

-

-J'avais remarqué qu'il ne vous laissait pas indifférente…


Je vous remercie d'avoir lu et d'être patient, plus que jamais :).