Bonjour à tou(te) s ! Ça me fait un peu bizarre de voir que nous sommes déjà au chapitre 29 ! Je n'aurais jamais cru en arriver jusque là ni pour cette fic, ni pour une autre !

Je voulais vous parler un peu des Patronus du chapitre précédent, je ne les ai pas choisis au hasard et je voulais vous faire part de mon résonnement ! (Et ça va être long !)

Dans ce que j'appelle «l'autre vie», Severus a pour Patronus une biche. Donc, un animal clairement féminin qui représente son amour à sens unique pour Lily. Pour moi, c'est c1e qui fait que Severus ait un animal féminin plutôt que masculin comme un cerf, puisqu'il sait que Lily ne l'aime pas alors son Patronus ne se place pas en tant que partenaire de celui de Lily. Sauf que dans cette vie, Lily aime également Severus et mieux, l'affirme aux yeux de tous. Severus peut donc se placer dans cette relation comme le compagnon de Lily, son Patronus est donc un mâle. Et cette fois, au lieu que ce soit le Patronus de Severus qui change pour représenter Lily, c'est celui de Lily qui s'accorde avec celui de Severus. Et encore une fois, puisque cet amour est partagé, le Patronus de Lily se place dans ce couple et est donc une femelle. J'imagine que si l'amour de Lily avait été à sens unique, son Patronus aurait tout de même été une chouette mais mâle, tout comme Severus. Animal qui aurait donc été la représentation de Severus lui-même et non de sa place à elle dans ce couple. Donc, Lily n'a pas cette chouette pour représenter Harry, quand bien même il a été son fils dans une autre vie. Son Patronus est vraiment représentatif de ce couple. Harry a seulement influencé le Patronus de Severus en étant devenu son guide, son confident.

Harry a provoqué un bouleversement tellement important dans la vie de Severus que s'il avait déjà un Patronus avant, il aurait changé pour devenir cette chouette. De plus, cette idée de chouette ne vient pas de nulle part parce que j'ai fait quelques recherches sur la symbolique des animaux, aucun ne me convenait vraiment jusqu'à ce que je lise quelque chose sur l'animal totem qu'est la Chouette. Après, j'ai voulu en prendre une très belle et j'en imaginais une blanche pour symboliser la pureté, la sagesse et le guide qu'est Harry. Prendre la chouette d'Harry a été un choix fait plus au moins au hasard car c'était la seule qui correspondait à mes critères et qui en plus est très belle. Mais je pense que même en ayant plus de choix, j'aurais tout de même choisi la Harfang pour accentuer le symbolisme de la chouette qui représente Harry en tant que guide.

Réponse aux reviews Guest et je vous laisse à votre lecture (Promis ! Le chapitre est long en plus, pour me faire doublement pardonner !)

Petite Grenouille : Je ne demande pas spécialement de longue review, un simple merci est amplement suffisant à mes yeux ! ;) Apprécier ou non une oeuvre est déjà un esprit critique, mais je comprends ce que tu veux dire, je suis un peu pareil ou plutôt j'aime tout même si ce n'est pas parfait parce que ce n'est pas ce que je recherche dans une histoire. Enfin bref ! Merci à toi ;)

Lassa : Le monde magique peut offrir tout de même un esprit "campagne" en pleine ville, avec silence, petit oiseau, hippogriffe, etc... ^^ Pour les Préfets, effectivement ce sont bien les Professeurs qui choisissent, en fait j'ai mis "élu" mais c'était pour désigner le fait qu'ils l'avaient été par les Professeurs et non par les élèves. Un Préfet est quelqu'un qui doit aider et faire régner l'ordre (ou du moins essayer), cela ne pourrait sûrement pas être le cas avec un élève choisit par les élèves. Et cela ne compterait sûrement pas autant pour une carrière en politique pour l'avenir des élèves ! ;) Mais que ce soit élèves ou professeurs, Harry aurait tout de même dû être Préfet, Dumbledore n'a simplement pas voulu lui rajouter cette charge en plus. Pour Blaise, il n'est pas dit que sa famille n'est pas Mangemorte, peut-être que son père n'est pas assez connu ou même nommé. Ou peut-être que c'est sa mère qui est devenue Mangemort avant son père et donc, Harry la connait sous son nom de jeune fille.

Merci également aux autres à qui je ne peux que répondre qu'ils verront dans les prochains chapitres ! ;)

Sur ce, bonne lecture ! (Enfin !)


Chapitre 29 : Le journal

La majorité est quelque chose d'important dans le monde sorcier. Habituellement, le sorcier tout juste majeur reçoit une montre. Cela vient d'une vieille tradition sorcière remontant à plusieurs siècles.

La montre est le symbole du temps qui est passé jusqu'à ce 17éme anniversaire, apogée de la puissance magique. Le temps est très important dans le monde de la magie, parce qu'une potion peut se rater à une seconde près, et cela démontre également que c'est l'une des rares choses sur laquelle un sorcier n'a pas d'emprise. Les retourneurs de temps en sont la preuve, très délicats à manier, pouvant causer des conséquences dramatiques. Le temps n'est vraiment pas une chose avec laquelle on joue.

Cela avait également donné une autre coutume pour les jeunes sorciers, aucun n'avait de montre dans leur vie de tous les jours. Ainsi, si un sorcier en portait une, on pouvait presque être certain que celui-ci était majeur. Cette tradition très importante pour les familles Sang-Pur était suivie par le reste de la communauté sorcière se prêtant volontiers au jeu.

Ainsi, quand Severus reçut deux colis le jour de son anniversaire, il était certain d'y trouver au moins une montre, sûrement neuve malgré la tradition qui veut que l'on transmette les montres de génération en génération. Mais Severus n'avait que sa mère qui n'avait plus de montre depuis bien longtemps puisque Tobias lui avait prise pour la vendre. En ouvrant son colis, il ne s'attendait donc pas à voir une montre avec douze aiguilles et des petites planètes tournant autour du cadran, sans aucun chiffre. Il en fut si ému qu'il ne put même pas répondre à ses amis quand ils lui demandèrent ce qu'il avait reçu.

Les montres de ce genre étaient tellement rares que l'on ne pouvait même plus en acheter, à moins de débourser une somme tellement conséquente que Severus pourrait aisément l'échanger contre une maison de taille plus que respectable. On disait qu'avec les bons livres et un savoir qui se transmet de génération en génération, on pouvait apprendre à lire ce genre de montres très spéciales. Il fallait également avoir un assez bon niveau en astronomie, cette montre ne faisait pas que donner l'heure, elle lisait réellement dans l'avenir. Ainsi, si vous regardiez la montre pour une chose précise, comme pour savoir si quelqu'un allait bientôt arriver, la montre vous indiquerait à la seconde précise quand cette personne viendrait, quand bien même elle serait en retard.

Le savoir de leur fabrication s'était perdu au fil des siècles, il y avait très peu d'exemplaires puisque le prix de base était déjà énorme, vu les matériaux utilisés et les nombreux sorts puissants employés. Parfois, quelqu'un essayait d'en fabriquer une, mais elle n'était jamais aussi exacte que les anciennes et elle finissait toujours par s'arrêter ou se casser. Les montres astronomiques étaient un véritable mystère pour tout sorcier et cela n'était pas près de changer, puisqu'à cause d'une guerre divisant irrémédiablement les sorciers et les centaures, plus aucun d'entre eux ne voudrait travailler à nouveau avec un sorcier pour fabriquer ne serait-ce qu'une seule montre.

C'était une montre à gousset, comme toutes les montres astronomiques. Elle était faite en or et quatre petits diamants avec une forme ressemblant étrangement à des flèches se trouvaient sur la monture de la montre aux quatre points cardinaux. Dans la petite boite en carton qui avait recueilli la montre, il y avait deux lettres, l'une avec l'écriture d'Eliz, l'autre avec celle de Thomas.

Severus ouvrit la lettre d'Eliz, sachant que ce n'était sûrement pas elle qui lui avait envoyé la montre. Elle lui souhaitait un bon anniversaire et l'informait qu'il aurait son cadeau en revenant pour les prochaines vacances, ne pouvant l'envoyer par hibou. Puis, il ouvrit la lettre de Thomas. Jamais il n'aurait pensé recevoir une telle montre ni de la part de Thomas ni de celle de sa propre mère ou même de n'importe qui d'autre. Cela était beaucoup trop onéreux et Severus ne savait même pas s'il en était véritablement digne, puisqu'une légende disait que les montres astronomiques ne se laissaient lire que par ceux qui l'étaient. Il lut avec surprise et émotion la lettre de Thomas. Ses amis le laissant tranquille puisque de toute façon Severus s'était enfermé dans sa bulle et ne semblait même pas les entendre.

« Cher Severus,

Je te souhaite un très bon anniversaire ! Que ta journée soit merveilleuse et t'apporte le bonheur et la joie que tu mérites.

J'imagine que tu ne t'attendais pas à recevoir une montre astronomique. J'avoue que je ne m'attendais plus à avoir l'honneur de l'offrir un jour. Cette montre est dans ma famille depuis tellement longtemps que même mon grand-père ne savait plus exactement depuis quand elle se trouve dans notre famille. Mon grand-père était l'un de ces hommes que l'on dit excentriques et fous, un peu à la manière de Dumbledore. Il traînait toujours avec des créatures magiques de toutes sortes, du centaure au vampire en passant par les êtres des eaux. Il est mort quand j'avais douze ans, mais il a marqué toute mon enfance. Il est dommage que tu ne l'aies pas connu, mais le pauvre homme avait fait plus que son temps sur cette terre !

Il était un homme qui voit au-delà du temps, je me suis d'ailleurs toujours demandé si c'est cette montre qui lui donnait ce don ou s'il l'avait déjà avant. Quelques jours avant sa mort, il m'a fait regarder attentivement cette montre à gousset que j'ai toujours admiré. Il m'a dit qu'un jour, je devrais la donner à mon premier fils. Quand la mère d'Eliz est partie, je n'aurais jamais pensé avoir un autre enfant, mais c'était avant que tu entres dans ma vie, dans mon cœur et dans ma famille.

Tu n'es peut-être pas de mon sang, Severus, mais je t'aime comme un fils. Alors, j'imagine que mon grand-père avait raison, et il avait toujours raison. Cette montre te revient. Après la mort de mon grand-père, ni mon père ni aucun membre de ma famille n'a jamais réussi à décrypter cette montre. Soit la légende est vraie, soit cette montre est tout aussi incompréhensible et excentrique que l'était mon grand-père. Pourtant, quelque chose me dit qu'il avait raison.

Alors peut-être que tout comme lui, j'arriverai un jour chez toi avec un peu de retard et que tu seras tout juste en train de déposer une tasse de thé fumante sur la table en regardant malicieusement ta montre et en me disant que je suis pile à l'heure alors que ce n'est pas le cas. Mon père s'amusait même à venir en avance ou très en retard pour essayer de faire en sorte de piéger son père, il n'a jamais réussi.

J'espère que cette montre te sera profitable, je suis certain que tu es celui à qui elle est destinée.

Ton père adoptif, Thomas. »

Ce que Thomas n'avait pu dire, parce qu'il ne le savait pas, c'est que quelques minutes avant sa mort, son grand-père avait regardé une dernière fois sa montre en murmurant « Pile à l'heure…».

Dans un second colis, sa mère lui avait envoyé une montre tout ce qu'il y a de plus classique, et neuve, comme Severus s'en doutait. Elle avait une forme assez atypique, ni véritablement ronde, ni vraiment carrée. Elle était en peau de dragon noir, la rendant robuste mais surtout insensible aux vapeurs de potions qui abîment habituellement les cuirs plus classiques. La montre indiquait l'heure, mais également la date exacte et chose plus qu'utile pour un potioniste comme Severus, il y avait également un cadran indiquant avec précision les secondes.

Severus montra sa montre à ses amis et la mit à son poignet tout de suite après avoir lu la lettre de sa mère lui souhaitant un joyeux anniversaire. Malgré l'aide que Thomas voulait lui apporter, Eileen avait tenu à acheter cette montre seule, avec ses propres économies. Le couple avait également tenu à ce que Severus ait une montre classique, parce qu'ils ne savaient absolument pas comment fonctionnait une montre astronomique ni si elle fonctionnait encore ou si Severus allait tout simplement réussir à l'utiliser. Cette montre qui était assez simple par son aspect mais dont les 43 Gallions étaient largement amortis grâce à ses matériaux premiers choix et son utilité plus que parfaite pour un futur Maître en Potion, Eileen n'était pas peu fière de son choix.

Et on peut dire que Severus était ravi de ses cadeaux. La montre de sa mère allait grandement l'aider pour les potions, surtout qu'elle avait indiqué dans sa lettre que la montre résistait à tout. Les deux runes gravées sur le bracelet renforçaient cette protection et en faisaient un atout précieux pour Severus dans son futur métier.

Quant à la montre astronomique que ses amis ne purent voir qu'une heure plus tard loin des regards indiscrets, elle avait une valeur toute particulière aux yeux de Severus. La montre, en plus d'être un joyau qu'il avait si peur de perdre ou d'abîmer, avait une valeur inestimable pour lui. Thomas lui avait offert un objet familial qui renforçait encore plus la symbolique faisant de Severus le fils de Thomas. Il en était bien plus ému qu'il ne le montrait, mais aux yeux de Lily, le long silence de Severus après l'ouverture de la lettre voulait tout dire.

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La montre astronomique était un véritable mystère pour Severus. Il la sortait tout le temps, Harry lui disant qu'il ne fallait pas abandonner un tel objet parce que l'on ne comprenait souvent qu'à la dernière minute son fonctionnement.

Aux yeux de Severus, la montre lui semblait cassée, il se demandait même s'il devait aller voir quelqu'un pour ça, mais il était convaincu que personne ne pourrait l'aider. Les planètes bougeaient continuellement mais pas les aiguilles. Pourtant, Severus continuait à regarder la montre chaque fois qu'il était seul. Il ne pouvait s'empêcher de croire Harry, la montre devait fonctionner parfaitement bien, c'est lui qui ne savait pas s'en servir.

Un soir, alors qu'il attendait Lily pour faire leur ronde de Préfet, Severus avait sorti la montre pour la regarder. C'est à ce moment-là que James Potter déboula comme un éclair de feu au bout du couloir et manqua de le percuter.

- Il est presque l'heure du couvre-feu, Potter. Fit Severus, sur la défensive.

- Oui, excuse-moi. Je sors d'une heure de colle avec Slug, je courrais pour rentrer avant, justement.

Pour Severus, c'était presque étrange de parler normalement avec James Potter. Avant, Potter lui aurait jeté des insultes au visage sans aucune forme de procès, n'ouvrant la bouche que pour l'humilier. Mais depuis qu'il était revenu en septembre, ou même pour les BUSE d'ailleurs, Sirius Black et lui semblaient se fondre dans la masse et essayer de devenir invisibles. Les deux Gryffondors n'ouvraient la bouche que si c'était nécessaire et ne cherchaient plus les ennuis. Cette heure de colle était d'ailleurs un mensonge, James Potter était couvert par des soi-disant colles mais en réalité, il allait rejoindre son psychomage comme chaque semaine. Ce soir, la séance avait duré un peu plus longtemps que prévu.

James Potter allait repartir sans dire un mot de plus quand il vit la montre astronomique de Severus. Il ne put s'empêcher d'ouvrir la bouche, et à la grande surprise de Severus, ce n'était pas pour lui cracher son venin.

- Elle est magnifique ! Tu as réussi à t'en servir ? Demanda-t-il avec curiosité avant de se rabrouer mentalement. Oh, je… Je suis désolé. Cela ne me regarde pas…

Il faisait demi-tour quand Severus lui répondit, sans trop savoir pourquoi il le faisait. James Potter avait l'air étrangement sympathique ce soir, mais il fallait tout de même qu'il reste sur ses gardes.

- Non. Fit-il soudainement pour éviter que le Gryffondor parte, ce qui fonctionna puisqu'il se tourna de nouveau vers lui. Non, je n'y arrive pas. J'ai même l'impression qu'elle est cassée…

- Impossible ! Affirma James avant d'ajouter avec un sourire nerveux. On a un vieux grimoire à la maison sur les montres astronomiques. Je n'y ai rien compris mais mon père dit que seuls ceux pouvant lire une montre astronomique comprennent vraiment ce qui est écrit. En tout cas, il est bien dit que ce genre de montre est quasiment indestructible, elles résistent à tout.

James Potter était vraiment captivé par la montre de Severus Snape. Mais il ne voulait pas trop le montrer, après tout, il n'avait même pas mérité de voir cette montre après tout ce qu'il avait pu faire au jeune Serdaigle. Il recula doucement pour partir.

- Oh, je dois vraiment y aller…

- Tu peux ne pas dire que j'ai cette montre ? Demanda Severus avec espoir.

- Je ne dirais rien. Promit Potter en hochant la tête. Juste… Si ça peut t'aider… J'ai croisé un jour un homme qui avait une telle montre. Quand je lui ai demandé comment elle fonctionnait, il m'a juste répondu « Il suffit de demander et de savoir regarder ». Mais bon, il était peut-être fou !

James Potter reprit sa course jusqu'à sa tour, repensant à ce qu'il venait de dire à Snape. Il avait soudainement peur que celui-ci pense qu'il se moquait encore de lui. Après tout, l'homme avec la montre astronomique qu'il avait croisé il y a quelques années dans une soirée mondaine était certainement un peu fou. Le vieil homme avait regardé sa montre et avait décrété qu'il était l'heure pour lui de partir alors que cela faisait à peine une demi-heure que la soirée avait commencée.

Severus avait regardé pendant plusieurs minutes l'endroit où James Potter avait disparu. Il n'arrivait toujours pas à croire qu'il avait eu pour la première fois en six ans, une discussion civilisée avec lui. Il regarda de nouveau la montre et repensa à ce qu'il venait de lui dire. Demander ? Mais demander quoi ? Il n'allait pas parler à une montre quand même.

- C'est pas comme si t'allais me dire quand Lily allait arriver ! Affirma Severus dans un murmure tout en regardant sa montre.

À sa plus grande surprise, les aiguilles bougèrent. C'était une première. Il n'eut pas le temps de bien observer les aiguilles bouger que Lily arrivait. Il lui fit part de sa découverte et ils firent leur ronde tout en regardant attentivement la montre de Severus alors qu'il posait diverses questions pouvant faire bouger les aiguilles.

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Fin janvier, quand Lily obtenue sa majorité magique et avec cela une montre de la part de ses parents. Severus commençait enfin à comprendre le fonctionnement de sa montre astronomique. Il avait remarqué que l'aiguille ayant un crochet se plaçait systématiquement sur la planète Mars quand Lily avait cinq minutes de retard. L'aiguille avec une lune semblait indiquer les secondes vu la vitesse avec laquelle elle tournait parfois.

Severus avait étudié tous les livres d'astronomies possibles concernant les planètes et il avait même emprunté les notes de Mark et Pandora qui avaient pris Divination en option. Il était vraiment compliqué de tout rassembler pour comprendre le fonctionnement de la montre qui avait non seulement des aiguilles mobiles, mais également des planètes qui tournaient sans cesse. Malgré la complexité, Severus persévérait, il était certain qu'une fois qu'il comprendrait son fonctionnement, elle serait d'une grande aide. Et c'était en plus un mystère que Severus voulait absolument percer.

Et Severus ne pouvait pas savoir à quel point cette montre allait lui être utile…

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Ce n'est que mi-février que le plan pour récupérer le premier Horcruxe se mit enfin en place. Arthur avait reçu une lettre tout ce qu'il y a de plus officiel. En tant que jeune homme majeur et membre d'une famille Sang-Pur, il avait été invité au bal qu'organisait Lucius Malfoy. Arthur n'avait visiblement aucune envie d'y aller, mais une telle invitation ne se refusait pas, c'est ce qu'il avait dit à ses amis avec toute l'amertume possible. Se retrouver dans le manoir Malfoy n'était pas vraiment ce que souhaitait le jeune Serdaigle, en revanche, Severus avait vu là une façon d'y entrer discrètement…

- Arthur ? Je peux te parler seul à seul ? Demanda Severus alors qu'ils sortaient de la grande salle pour aller à la bibliothèque.

Cela faisait une petite semaine qu'Arthur avait répondu positivement à la lettre de Malfoy, malgré le fait qu'il n'ait aucune envie de se jeter dans la fausse aux serpents ! Il était d'une humeur assez maussade depuis. Le jeune Sang-Pur appréhendait vraiment cette soirée, quelque chose clochait. Arthur suivit son ami dans un coin un peu plus tranquille et le laissa lancer un sort de discrétion, à son plus grand étonnement.

- Je sais que tu n'as aucune envie d'aller chez Malfoy. Mais moi, si.

Severus laissa à Arthur le temps de digérer l'information. Il avait longuement hésité avant de venir le voir, et encore maintenant, il avait le cœur qui battait à cent à l'heure. Severus savait qu'il allait devoir faire face à des questions auxquelles il ne voulait pas répondre, mais il savait également qu'il devait tenter le coup.

- D'accord.

- D'accord ?

Severus ne sut quoi dire d'autre, il s'attendait à tout sauf à ça. Des questions, un refus net, mais certainement pas à un accord sans rien de plus. Même Harry avait hoqueté de surprise.

- Il va te demander quelque chose en contrepartie. Affirma Harry dans un souffle.

Cela ne manqua pas, quelques secondes plus tard, Arthur formula sa demande avec un sérieux que Severus ne lui connaissait pas.

- À une condition ! Que tu ne prennes pas de risques inconsidérés, quoi que tu doives faire là-bas.

- Je vais essayer ! Fit Severus après quelques secondes de réflexions.

Arthur sourit avant de lui expliquer comment il irait à la soirée de Malfoy à sa place…

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- Quand je pense qu'ils se doutent tous de quelque chose depuis des années ! Murmura Severus, désespéré tout en regardant sa montre astronomique.

- Comment veux-tu qu'il en soit autrement ? Tu pars pendant plusieurs heures, parfois avec Lily et ce bien avant que vous vous soyez mis ensemble officiellement. Personne ne sait où vous êtes. Quand tu as combattu les Mangemorts l'année dernière, tout le monde a bien vu que tu avais l'air plus puissant que ce que tu montres en cours de duel, en plus, ils voient bien que tu es à peine essoufflé quand tu combats. Ce sont tes amis, Severus. Ils ont appris à te connaître.

Severus était sidéré. À vrai dire, il n'avait jamais pensé à tout cela. Quand Arthur lui avait avoué que toute la bande savait qu'il mijotait quelque chose depuis des années, il en était tombé dans son chaudron ! Cela ne devrait pourtant pas l'étonner, Harry avait raison. Comment ne pas se poser de questions alors qu'il disparaît parfois pendant des heures ? Severus ne s'était jamais vraiment posé la question car aucun de ses amis n'avait fait de remarques à ce sujet.

- Pourquoi n'ont-ils jamais posé de questions ?

- Justement parce que ce sont tes amis.

Après toutes ses années, Severus avait toujours du mal à s'accepter qu'il avait des amis, des vrais. Pourtant, les photos au mur de sa chambre devraient l'alerter, les lettres qu'il reçoit d'eux chaque semaine de chaque vacance auraient dû le réveiller, les cadeaux qu'ils lui envoient en sachant exactement ce qui lui ferait plaisir devraient le mettre sur la voie. Mais malgré tout cela, ce fut leur silence qui fit comprendre à Severus à quel point ses amis étaient formidables. Les stigmates de l'ancienne vie de Severus étaient toujours là, beaucoup de cicatrices physiques avaient disparu, et pourtant, les leçons que Tobias Snape avait voulu lui enseigner à coup de poings, de pieds, d'humiliation et de terreur avaient fait leur effet. Il fallait du temps pour guérir toutes ses blessures, et après sept années, Severus venait de refermer une cicatrice de plus.

Non, il n'était pas un monstre. Oui, il méritait d'avoir des amis, des vrais…

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La première semaine des vacances de Pâque venait tout juste de commencer. Severus était dans un état de nervosité jamais atteint jusqu'à ce jour, même la période de BUSE avait été plus calme. Eileen, Thomas et Eliz lui avaient montré sa chambre officielle dans la maison de Thomas qui était également la sienne à présent.

Le cadeau d'Eliz pour son anniversaire avait été un chaton. À son anniversaire, le chaton avait tout juste un mois et il était bien évidemment hors de question de le séparer de sa mère. Mais à présent, il était assez grand pour l'être. De plus, il n'avait même pas été question de lui envoyer par hibou ! Severus avait ouvert la porte de sa chambre et n'eut le temps que de voir un animal noir bondir pour aller se cacher sous son armoire. Eliz avait été tout excitée mais son père l'avait convaincue de laisser Thomas seul avec la bête pour faire connaissance. Severus n'était même pas certain de savoir de quel animal il s'agissait, et il n'allait certainement pas se coucher au sol devant l'armoire pour regarder, il risquait bien de se prendre un coup de patte en pleine figure !

Finalement, la bête sauvage sortit de sous l'armoire alors que Severus sortait ses affaires de sa malle. L'énorme tigre pas plus haut que trois pommes passa la tête entre les jambes de Severus pour se frotter contre lui et sentit avec prudence la malle ouverte devant son maître. Severus put donc observer son cadeau vivant. Un chat tout petit et maigrichon, noir jusqu'au bout des moustaches. Severus ne bougeait plus, n'osant pas effrayer la petite bête qui osait enfin s'approcher de lui. Se sentant observé, le chat leva les yeux pour regarder son maître et Severus tomba dans des yeux verts clairs, un peu comme ceux de Lily.

C'était la première fois qu'il avait un animal à lui, et bien qu'il ne le montre pas, il en était heureux de son petit chaton. Il l'avait appelé Ombre, et on peut dire qu'il portait assez bien son nom puisque depuis ce jour le petit chaton le suivait partout où il allait.

Mais aujourd'hui, Severus avait laissé Ombre à la maison alors qu'ils allaient à Londres. Eileen lui avait fait une surprise en l'inscrivant à un cours de transplanage avec le passage du permis juste après. Bien sûr, Eileen en avait parlé au couple Evans avec qui elle était restée en contact malgré la distance, ils avaient également souhaité faire cette surprise à leur fille. Eileen les accompagnait donc au Ministère de la Magie. Quatre heures plus tard, Eileen vint rechercher les deux jeunes adultes. Quand elle arriva, ils parlaient joyeusement devant la fontaine de l'atrium avec quelques amis dont les parents avaient eu la même idée.

Puis, ils rentrèrent à la maison annoncer la bonne nouvelle à Thomas et Eliz. Severus et Lily avaient bien entendu reçu leur permis de transplanage sans aucun problème. Pendant cette journée, Severus oublia complètement ce qui l'attendait à la fin de la semaine. Mais tout revint rapidement le soir venu. Pour la première fois, Severus savait qu'il allait se mettre en danger. Ils avaient tout prévu pour son retour du Manoir Malfoy si cela se passait mal, mais il restait le plus inquiétant, la partie où justement il était seul au Manoir Malfoy. Certes, Harry serait là mais ce n'était pas pareil que d'avoir vraiment quelqu'un avec soi.

Il avait fallu à Harry de longs mois avant de trouver un journal ressemblant presque avec exactitude à celui de Tom Jedusor. Et justement, Severus partit l'acheter trois jours avant le bal. Harry l'avait repéré dans une boutique moldue au nord de l'Angleterre. Severus avait donc profité de cette distance pour transplaner, la sensation était toujours aussi atroce, mais plus il s'entraînait, plus son corps allait s'y faire. Du moins, c'est ce qu'on lui avait dit et il l'espérait sincèrement.

Le journal avait été facile à acheter et à falsifier, Harry se souvenait parfaitement de l'écriture qu'il avait vue sur la dernière de couverture. Heureusement qu'il ne fallait rien d'autre, ils n'avaient même pas besoin d'écrire dedans puisque tout était invisible. Ils avaient juste besoin que le journal ressemble à celui de Voldemort, dans l'espoir qu'il ne veuille jamais le récupérer.

Harry était sur tous les fronts, surveillant Voldemort pour être au courant des dernières informations pouvant être capitales, observant encore et encore les différents obstacles que Severus aurait à traverser pour récupérer le journal et laisser le faux. Son plan ne devait pas faillir, ils ne pouvaient pas échouer, Harry se l'était promis.

Le grand jour arriva et c'est un Severus cachant sa nervosité qui souhaita une bonne soirée à sa famille. Il partit avec Lily rejoindre Arthur. Arthur dont les parents étaient partis en voyage, comme à chaque vacance sauf celles de Noël. Officiellement, lui et Lily allaient passer la soirée chez Arthur avec quelques amis. Officieusement, Severus allait rejoindre le bal costumé pendant qu'Arthur et Lily se rongeraient les sangs. Lily avait bien sûr était mise au courant, déjà parce qu'il était presque impossible que Severus lui cache quelque chose, mais aussi parce que si elle l'avait appris après, elle l'aurait tué. Et Severus ne voulait certainement pas prendre le risque !

Arthur prépara donc Severus, il lui donna un costume qu'il avait et qui cacherait parfaitement son identité. Severus avait préparé du Polynectar dans lequel Arthur avait glissé un de ses cheveux. Ainsi, le parchemin ensorcelé enverrait Severus à sa place et si on le soupçonnait de quelque chose, Lily pourrait dire avoir passé la soirée avec lui, le couvrant en cas de problème. Bien sûr, ils espéraient tous qu'il n'y en ait pas. Même Arthur qui ne savait pas réellement de quoi il en était savait que Severus risquait sa vie ce soir, mais si Severus se lançait dans une aventure aussi folle et dangereuse, ce n'était certainement pas pour rien.

Un quart d'heure avant le départ, Severus prit la potion pour se transformer en Arthur, pour être certain que personne ne reconnaîtrait Severus. Celui-ci lui avait d'ailleurs fait un rapide topo sur comment il agissait dans ce genre de soirée, ce qui convenait de dire ou non. L'avantage avec les bals costumés, c'est qu'on ne reconnaissait que peu souvent les gens avec qui l'on parlait, et avec un tel monde, il serait encore plus facile à Severus de se fondre dans la masse.

L'invitation qui était un Portoloin s'activa à l'heure dite et Severus atterrit dans le hall d'accueil du Manoir Malfoy. Lucius Malfoy s'approchait déjà de lui. Ils se saluèrent brièvement puisque puisqu'Arthur et Lucius ne se connaissaient pas, ils n'avaient pas d'utilité à se parler plus que prévu. Les invités arrivant toujours étaient la bonne excuse pour couper court à plus ample conversation. Heureusement que même dans ses soirées Arthur ne se conduisait pas en véritable Sang-Pur avec un balai dans le cul et des protocoles bien ancrés, Severus ne l'aurait sûrement pas supporté.

Il flâna dans les différentes pièces, observant tous ses gens faire des ronds de jambe à des personnes qu'ils ne connaissaient pas mais qu'ils savaient Sang-Pur et encore mieux, riches. D'ailleurs, ce ne fut qu'à cet instant que Severus comprit qu'il y avait sûrement des membres de la famille Prince dans cette pièce. Mais il chassa rapidement cette idée et continua à avancer entre les différentes pièces toujours bondées de sorciers costumés.

Pendant ce temps, Harry avait fait une nouvelle fois le tour du propriétaire. Il avait directement transplané à l'endroit de la cachette du journal et avait fait le chemin inverse jusqu'à trouver du monde.

Severus devait aller jusqu'à un salon bleu et entrer dans la bibliothèque qui normalement n'était pas libre d'accès. Ensuite, il devrait ouvrir le pan de mur en touchant avec sa baguette six différents livres dont les premières lettres du titre formaient successivement le nom de Malfoy. Harry s'était d'ailleurs bien moqué quand il avait découvert cela, ce n'était pas très original un Malfoy étant si fier de son nom qu'il l'utilise comme passe pour sa pièce secrète. Après cela, Severus allait devoir descendre dans un sous-sol qu'Harry appréhendait puisque ce n'était qu'une cave rappelant un peu trop celle dans laquelle Severus avait été enfermé de trop nombreuses fois. Là, le jeune Serdaigle allait devoir lancer un très puissant sort de confusion sur la porte du coffre pour que celui-ci se laisse ouvrir avec une autre magie que celle de son créateur. Et normalement, si tout se passait bien, Severus aurait juste le temps d'ouvrir le coffre, d'attraper l'horcruxe et de déposer le faux journal à la place. Et tout cela avec le risque que Lucius Malfoy puisse débarquer d'un moment à l'autre s'il avait eu l'idée folle de poser un sortilège le prévenant d'une entrée inconnue dans ses pièces cachées. Autant dire que ce n'était pas gagné.

Severus avançait d'un pas qui se voulait sûr de lui, du moins, l'espérait-il. Il écoutait Harry le guider sur le chemin le menant jusqu'au premier horcruxe. Le salon se trouvant juste à côté de la bibliothèque était bondé, cela tombait bien, Severus se faufila jusqu'à la porte et se posa contre elle, faisant semblant d'écouter une conversation dont il n'enregistrait pas un traitre mot.

Harry était en dessus de toute cette assistance, il observait méticuleusement les sorciers dans la pièce, essayant de repérer le moindre signe de danger. Lucius Malfoy était encore dans le hall d'entrée à parler avec des nouveaux arrivants. Heureusement qu'il avait invité presque la moitié du monde sorcier, cela avait au moins le mérite de l'occuper. Severus se colla un peu plus à la porte jusqu'à sentir la poignée dans la main qu'il avait mise derrière son dos. Il tourna son poigné dans un angle impossible pour essayer d'ouvrir la porte le plus discrètement du monde. Il souffla presque de soulagement quand il sentit la porte s'ouvrir de quelques centimètres.

Harry n'eut aucun mal à faire tomber un objet non loin d'un sorcier qui le rattrapa d'un geste habile de la main. Cela eut le mérite de détourner l'attention car nul ne s'imaginait s'en sortir si l'on brisait un objet du Manoir Malfoy, qu'il soit rare ou non. Severus ouvrit donc la porte une fois que tout le monde avait la tête tournée vers l'homme ayant rattrapé de justesse le vase en cristal et la referma aussitôt qu'il fut dans la grande bibliothèque.

Il regardait de tous les côtés sa baguette fermement ancrée dans sa main, essayant de guetter un geste, un sort, n'importe quoi. Mais il n'y eut rien. Il se fit vaguement la réflexion qu'il aurait bien aimé avoir le temps de regarder les quelques livres ornant cette immense bibliothèque privée, il y avait très certainement des livres rares, voire uniques. Mais il n'avait pas que ça à faire. Harry le lui rappela d'ailleurs.

- Mets-toi devant le portrait du vieux croulant. Fit Harry en guettant le moindre bruit.

Il fallut au moins cinq minutes pour que Severus touche les six livres dictés par Harry, c'est qu'il y en avait un sacré paquet ! Le mur se décala aussitôt laissant voir un escalier descendant vers une sorte de cave. Severus savait que le temps pressait, à partir de maintenant, il n'aurait plus aucune excuse de se trouver là. Ils avaient déjà de la chance que Malfoy n'ait aucune confiance en ses Elfes de maison et qu'il ne leur ait jamais demandé de surveiller quoi que ce soit et encore moins de le prévenir en cas d'intrusion dans une pièce, ayant bien trop confiance en ses propres protections. Mais après tout, il n'aurait jamais pu imaginer qu'un spectre aurait passé de très nombreuses heures à l'observer, connaissant à présent son Manoir aussi bien que lui, peut-être même mieux.

Severus descendit rapidement, essayant tout de même de ne pas tomber. L'air se faisait presque glacial, mais Severus n'osait même pas lancer un sort de chauffage de peur que Malfoy s'en aperçoive en revenant. Il s'arrêta une fois arrivée en bas des escaliers, il osa tout de même un Lumos pour voir au moins où il se trouvait. Il n'aimait pas cette pièce, lui rappelant un peu trop la cave de son ancienne maison, avant que Tobias ne meure, avant que sa mère ne la transforme pour faire pousser des plantes magiques, avant qu'une plante ne morde son doigt et qu'il ne reste bloqué une heure à la cave et qu'une crise de fou rire le prit quand sa mère vint l'aider en se moquant allégrement de lui.

- Tout droit, troisième pavé dans le mur, tape dessus, le mur va faire apparaître un coffre. Lance un puissant sort de confusion dessus, tu n'auras pas beaucoup de temps. Je vais voir deux secondes Malfoy.

Harry transplana aussitôt, il fut rassuré en voyant toujours le blond dans le hall d'entrée. Les invités n'arrivaient plus mais il semblait en grande conversation. Cependant, quelques secondes plus tard, il se raidit très légèrement et fit signe à son invité d'entrer dans le salon puis le laissa en lui disant qu'il reviendrait. Harry transplana aussi sec au côté de Severus qui avait bel et bien réussi à ouvrir le coffre après plusieurs essais. Harry le laissa prendre l'horcruxe et le remplacer par le faux journal. Il eut à peine le temps de retirer sa main que le coffre se ferma. Coffre qui lui aurait sans aucun doute coupé le bras si Severus n'avait pas été aussi rapide.

- Malfoy nous a repérés, remonte les escaliers et sors d'ici, je le ralentis comme je peux. Je reviens pour te faire sortir de la bibliothèque.

Harry vit avec plaisir Malfoy essayer d'avance en se faisant constamment arrêter. Cependant, il arriva bien trop vite à son gout au niveau du salon précédant la bibliothèque. Mais un Harry Potter ne s'avoue jamais vaincu, il transplana jusqu'à une seconde zone protégée par le blond. Harry le savait parce qu'une grande partie de ses objets de magie noire s'y trouvait. Il arriva après plusieurs essais à faire exploser une boule argentée, ce qui provoqua bien plus que ce qu'il avait imaginé. Il voulait simplement attirer le blond ici et non dans la bibliothèque en activant un sortilège trahissant une présence, mais la boule argentée avait provoqué une réaction en chaine parmi les autres objets maléfiques. Un autre explosa à son tour, un livre tomba et s'ouvrit dans un cri de terreur absolue comme certains de la Réserve de Poudlard. Harry avait utilisé beaucoup d'énergie pour exploser cet objet, mais cela en valait la peine. Il fallait absolument que Severus sorte de cette fosse à serpents.

Quand Harry transplana auprès du blond, celui-ci s'était arrêté net au milieu de la bibliothèque, il s'apprêtait à lancer un sortilège qui aurait certainement révélé d'une manière ou d'une autre la présence de Severus qui était à cet instant derrière l'une des bibliothèques du fond de la pièce. Le blond releva la tête et courut de l'autre côté de la pièce pour emprunter la seconde porte menant à l'Est du Manoir, ses appartements privés ou personnes ne m'étaient les pieds.

Le manoir sembla trembler quelques minutes sur ses fondations et après une vérification d'Harry qui avait passé juste la tête à travers la porte menant au salon, il vit la foule se relever rapidement et se presser vers les portes pour aller dans le hall. Nul doute que bientôt, plus personnes ne se trouverait dans ce Manoir outre Lucius Malfoy et ses Elfes de maison.

- Tu peux sortir, j'ai créé une diversion. Tout le monde s'affole et part, tu peux passer les portes, on ne te remarquera même pas.

Severus s'inquiétait d'entendre la voix de son ami venir d'aussi loin, comme si Harry était à des kilomètres de lui. Mais il ne pouvait pas poser de questions ici, pas alors qu'il pouvait se faire attraper n'importe quand. Il avança donc d'un pas rapide vers les portes et arriva dans le salon où effectivement, personne ne fit attention à lui. Personne ne pouvait le voir puisque sa cape le recouvrait, mais il avait la main fermement agrippée sur son ventre, là où il avait caché ce qui était à présent le vrai journal de Tom Jedusor. Il était un peu dégouté d'avoir un tel objet si près de lui, le toucher était déjà trop à ses yeux. Le jeune Serdaigle avança d'un pas rapide vers le hall et activa son Portoloin de retour avec le mot de passe qu'avait précédemment donné Malfoy. Quand le Portoloin s'activa, il entendait encore des bruits étranges venant du fin fond du Manoir Malfoy. Il se demandait ce qu'avait bien pu faire Harry pour provoquer un tel vacarme.

Quand ses pieds touchèrent le sol du Manoir d'Arthur, un soulagement indescriptible le prit. Il n'avait même pas eu conscience d'être aussi stressé avant de se sentir aussi rassurer de revoir Lily et Arthur. Il s'écroula presque au sol tant son cœur battait fort dans sa cage thoracique.

- Ça va, Severus ? Demanda immédiatement Lily en courant vers lui.

- Oui, oui. Je l'ai, je l'ai ! Fit Severus en sortant le livre maudit de sous sa cape.

Arthur et Lily aidèrent Severus à se relever et l'allongèrent sur le canapé. C'était beaucoup d'émotion pour le jeune Serdaigle. Il était loin de l'espion qu'il avait été, il n'était encore qu'un jeune homme tout juste majeur affrontant bien plus que ce qu'il n'aurait voulu. Il se calma peu à peu tout en racontant à Arthur la triste vérité. Du moins, ce qu'il pouvait dire sans que son ami ne le prenne pour un fou.

De son côté, Harry était allé voir les Aurors pour les prévenir de l'évasion des Mangemorts. Il n'avait pas voulu le faire d'avance de peur de faire capoter leur seule chance de récupérer ce horcruxe, peut-être n'était-il pas trop tard…

Il n'avait pas le temps de vérifier si l'évasion avait déjà eu lieu ou non. Il n'avait la force que de transplaner pour donner le message qu'il avait déjà écrit. Puis, il s'effondra sans aucune force, pour la première fois depuis qu'il était un spectre, Harry se sentait faible.

- Le Seigneur des Ténèbres a créé des Horcruxes qui sont des objets où il a déposé des parties de son âme pour être immortel, et vous, vous les récupérez ? Fit Arthur à la fois admiratif et inquiet.

- On en a récupéré un. Pas tous. Il en manque quatre. Précisa Severus avec amertume.

- Et vous pensiez sérieusement faire tout ça seuls ? Vous ne pouvez pas en parler à Dumbledore ? Vous êtes inconscient ! S'énerva Arthur.

Severus se leva si subitement qu'Arthur fit un pas en arrière.

- Parce que tu crois que j'ai le choix ? Tu crois que je n'aimerais pas confier ça à un autre ? Répliqua Severus d'une voix acide, ton qu'il n'utilisait jamais dans cette vie-là. Tu sais que je te cache des choses Arthur, tu le sais mais tu l'acceptes, parce que tu es mon ami. Mais Dumbledore, lui, il voudra toute l'histoire, il voudra tout savoir. Je ne peux pas lui dire ! Parce que tout ça, c'est de la folie !

- Plus fou qu'un taré ayant créé cinq Horcruxes pour devenir immortel ? Demanda Arthur d'une voix plus calme.

- Oui, bien plus. Alors, c'est à moi de le faire et je veux que tu n'en parles à personne Arthur, je t'en supplie, personne ne doit savoir…

- Pourquoi… Pourquoi personne ne doit savoir, Severus ? On pourrait t'aider…

- Je… Ce n'est pas aussi simple Arthur.

Severus avait l'impression d'avoir cette conversation pour la centième fois. Lily lui avait posé la question plus d'une fois. Lui-même se l'était posé. Mais Harry était là pour l'aider lui à détruire les Horcruxes, et malheureusement, beaucoup de choses pouvaient changer et faire en sorte que la guerre ne se termine jamais.

- Ce monstre ne doit pas savoir que l'on est au courant pour ses Horcruxes, il pourrait les changer de place ou même en créer d'autres. On pourrait ne jamais pouvoir récupérer les autres. Je ne sais déjà pas comment je vais réussir à détruire ceux que je vais récupérer, ce n'est pas pour en rajouter. Voldemort se méfie de Dumbledore et si il a le moindre doute concernant ses cachettes… Non, je ne peux pas prendre le risque…

Arthur pensa à en parler à d'autres, mais il savait déjà ce que le brun allait lui répondre, les traîtres. Il est vrai que dans une guerre, il est difficile de ne pas se méfier de ses amis. Même si Dumbledore confiait cela à des personnes de confiance, rien ne disait qu'ils ne seraient pas trahis. Et sur ce sujet, ils n'avaient pas le droit à l'erreur.

- Ok. Je ne dirai rien. Mais promets-moi de venir me voir si tu es blessé, ou de m'appeler.

Severus promit avec un soulagement non feint. Il avait confiance en Arthur, le jeune homme ne dirait rien à personne. Il se détendit un peu, remarquant tout de même qu'il ne sentait toujours pas la magie d'Harry. Il ne pouvait pas déjà avoir disparu…