Chapitre 29
De retour à l'appartement, Molly trouva Sherlock assit sur le sofa, en tailleur, l'ordinateur sur les genoux. Il avait fini par le trouver ! La prochaine fois, elle emporterait la batterie et le fil de chargement avec elle.
- Comment se porte Mycroft ? demanda Sherlock sans tourner la tête vers elle.
Il l'avait entendu rentrer, même si elle avait marché sur la pointe des pieds.
- Très bien ! fit-elle faussement enthousiaste. Toujours aussi…..bavard. Pour mon grand bonheur, lâcha-t-elle ensuite avant de rejoindre la cuisine, laissant Sherlock en suspens.
Qu'est-ce que son abominable frère avait pu lâcher sur lui ? s'interrogea-t-il en se frottant le menton.
Elle se fit un sandwich et revint dans le salon.
- J'ai mangé, si c'est ce que tu veux savoir, fit Sherlock en montrant l'assiette sur la table basse alors qu'elle le regardait de travers.
Elle haussa les épaules pour lui signifier son dédain, mais elle était contente qu'il ait repris un peu de force. Elle s'assit à côté de lui et fronça les sourcils, il avait branché une clé USB sur son ordinateur, mais elle ne la reconnaissait pas.
- C'est Lestrade qui me l'a donné il y a dix minutes ! fit-il toujours aussi imperturbable devant le regard curieux de Molly. Tu l'as raté de peu !
- C'est… la clé USB qu'il y avait dans l'estomac de la sœur de Lilo ? lui demanda Molly, sachant bien que dans cette affaire il n'y avait trente-six mille clé.
Malgré tout, elle aurait aimé que cela ne fût pas celle là, précisément.
- Oui, confirma-t-il pour son plus grand malheur. Avec certainement notre ticket d'entré dans les programmes de ce foutu ordinateur ! J'essaie de la restaurer, mais elle est très endommagée.
- En effet, fit Molly qui regardait Sherlock ouvrir des dossiers qui s'affichaient en double, comme s'ils étaient en relief, complètement illisibles.
D'autres étaient complètement détruits et il fût impossible de les ouvrir.
- Comment tu vas faire ? fit Molly qui ouvrit une bouteille de « Yop » à la fraise pour la boire.
- Je vais la restaurer avec un logiciel spécialement prévu pour cela, mais ce n'est pas dit que ça va marcher. Pourtant, il faut que ça marche ! C'est notre seule chance, je ne peux pas inventer ce programme, fit Sherlock qui commençait à s'impatienter.
- Autrement dit, on est dans la merde, déclara Molly qui s'essuya les lèvres sous le regard observateur de Sherlock.
- Quoi ? fit-elle en voyant qu'il la regardait fixement sans bouger.
Il avait envie de l'embrasser, mais tout son corps était paralysé et c'était tant mieux. Il fallait à tout prix penser à autre chose, n'importe quoi.
- Heu… C'est quoi ? fit-il pour changer de sujet en pointant son doigt sur la bouteille.
- Du « Yop », c'est du yaourt à boire. Tu en veux ? fit-elle en lui tendant la bouteille.
- Non, non ! C'est bon, fit-il en retournant à son ordinateur.
- Comme tu veux, fit-elle en buvant le reste de la bouteille, tandis qu'il ne pouvait s'empêcher de la regarder.
La journée passa tranquillement, Sherlock et Molly n'étaient toujours pas officiellement réconciliés. Ils se supportaient chacun, simplement, attendant que l'autre dérape en lançant une phrase qu'il ne fallait pas.
De son côté, Mycroft était rentré chez lui. Il s'était accordé une petite pause en lisant son courrier, confortablement assit dans son fauteuil. Il y avait longtemps qu'il ne s'était pas assis dedans, tellement occupé à être enchaîné à son bureau. Il soupira d'aise : enfin, un peu de calme. Mycroft avait même débranché toute technologie susceptible de nuire à ce moment de pause, à l'exception de la télévision et de ses programmes que Lilo regardait, assise sur le tapis du salon, entourée de ses dessins et crayons de couleurs.
Elle avait regardé beaucoup de programmes animaliers depuis le début de l'après midi. Il put le constater par les dessins de baleines et de fauves, éparpillés partout. Lilo aimait dessiner ce qui l'entourait, comme pour réinventer le monde à sa manière. Certains dessins étaient même improbables, comme le fait qu'un singe put être ami avec un dauphin, mais tout cela, c'était le monde des enfants et il n'en faisait plus partie depuis bien longtemps.
Il laissa Lilo à ses dessins pour se concentrer sur la pile de factures et autres lettres qui l'attendaient. Après avoir fait deux tas qu'il posa sur la petite table, à côté de lui, il reporta son attention sur Lilo qui s'était soudainement figée net, un crayon dans une main et la télécommande de l'autre. Mycroft fronça les sourcils et regarda la télévision. A l'écran, c'était la chaîne des informations de la BBC qui relatait le meurtre qui avait eu lieu chez elle. Des caméras montraient la descente des corps, enfermés dans du plastique et le journaliste rappelait les faits, assurant que Scotland yard mettrait bientôt la main sur le meurtrier.
Il ne fallait pas qu'elle voie ce genre d'images. Mycroft se leva prestement et se dirigea vers l'enfant, toujours le regard rivé sur l'écran.
- Lilo… tu devrais changer de chaîne… Il n'y a pas un joli dessin animé sur une autre chaîne ? dit-il doucement en s'approchant de Lilo, toujours figer sur la télévision.
Il lui prit doucement la télécommande des mains et changea de chaîne, jusqu'à ce qu'il tombe sur des programmes pour enfants. Mais Lilo semblait comme un fantôme, les yeux dans le vide. Si son frère n'était pas doué avec les enfants, lui encore moins. N'ayant pas eu une formation de psychiatre pour enfant, le comportement de Lilo, bien que compréhensif, lui échappait un petit peu. Elle ne semblait plus réagir.
- Est-ce que tu veux manger quelque chose ? J'ai du quatre-quarts, je vais t'en couper une part si tu veux, tenta-t-il pour lui faire tourner le regard désespérément vide.
Elle tourna la tête vers lui et acquiesça.
Mycroft en soupira de soulagement et se dirigea vers la cuisine, trouva le gâteau dans un placard, prit une assiette et coupa une part du dessert. Quand il revint dans le salon, Lilo avait disparu. Fronçant les sourcils, il déposa l'assiette sur la table basse et se mit à chercher dans toutes les pièces. Elle avait laissé ses dessins par terre, mais avait emporté ses crayons et ses pastels.
« Voyons voir... » fit Mycroft pensif avant de se lancer sur la piste de la disparue.
Il finit par la trouver dans la salle de bain et quand il poussa la porte il étouffa une exclamation. Lilo pleurait. Ce reportage lui avait fait du mal, c'était sûr. Mais avec son pastel rouge, elle recouvrait les murs de la salle de bain d'une série de chiffres étranges, elle griffonnait sans pouvoir s'arrêter et allait bientôt manquer de place.
En voyant tout ce blanc, qui, avant, était immaculé, alors que, depuis le passage de Lilo et de ses pastels... « Dieu du ciel », gémit Mycroft.
- Mais Lilo, qu'est-ce que tu fais, dis moi ? fit-il en essayant de l'empêcher d'écrire sur le carrelage de la salle de bain.
Mais elle se débattit en criant et, de peur qu'on ne lui reproche d'avoir fait du mal à en enfant, il la lâcha et elle continua à retranscrire une immense série de chiffres qui continuaient sans cesse.
Mycroft prit son téléphone portable et photographia les séries de chiffres, puis, il appela le Yard. Cette situation devenait inquiétante et le laissait perplexe. « Comment diable faisait cette petite ? » se demanda-t-il en admirant la masse de chiffres qui se trouvaient emmagasinées dans sa petite tête de quatre ans.
De leur côté, Molly dormait carrément dans le canapé tandis que Sherlock continuait de se battre avec cette fichue clé USB. Pour finir, il ferma l'ordinateur violement, de rage, parce qu'il ne pouvait rien en tirer. Sans le contenu de cette clé, il ne pouvait rien faire.
Avaler cette clé n'était pas meilleure des idées qu'avait eu la sœur de Lilo, elle aurait dû savoir qu'elle allait se détériorer. Bon sang, cette fille avait du garder des traces de ce fichu code, non ? Et puis, Anna devait s'en douter que la sœur de Lilo avait fait une copie sur clé USB. On ne peut pas retenir un programme tout entier. Une clé USB est facilement volable. Anna n'irait pas jusqu'à faire tuer sept personnes, risquer un scandale à la télé et dans les journaux pour une simple clé USB.
Ou alors, Martin avait pété les plombs et avait outrepassé les ordres qu'on lui avait donné. La sœur ne pouvait pas penser que cacher la clé dans son estomac pourrait la sauver. Au contraire. Tout le monde savait ça.
Soudain un déclic se fit dans son esprit : elle ne voulait pas cacher la clé. Non, elle voulait la détruire car, se sachant poursuivie, sans aucun moyen d'être sûre de la détruire entièrement, elle a décidé, au péril de sa vie, d'avaler la clé USB, sachant pertinemment que ses sucs gastriques la détruiraient. Anna avait demandé à Martin de retrouver toute personne possédant cette fameuse clé et empêcher sa destruction, pour pouvoir ouvrir l'ordinateur. Mais alors ? Ça voulait dire qu'il existait une autre copie, bien cachée, que Anna ne suspectait même pas... Sherlock étouffa un juron tandis que les pièces s'emboîtaient dans son esprit. Le téléphone se mit à sonner, faisant sursauter Molly et tirant Sherlock de ses pensées.
Le détective se leva pour répondre :
- Sherlock Holmes, annonça-t-il car il savait que sur ce GSM, seuls les gens qui le connaissait avaient accès.
- C'est Lestrade, fit l'inspecteur d'une voix bourrue. On a du nouveau, grâce à votre frère. Il faut que vous veniez tout de suite, tout les deux.
- Vous avez trouvé une copie du contenu de la clé ? fit Sherlock, surexcité à l'idée que sa théorie sois la bonne.
« Non, elle ne pouvait qu'être bonne », pensa-t-il.
- On peut dire ça, oui, fit Lestrade sans en dire plus, énervant le détective exprès. Venez tout de suite !
- On y est dans cinq minutes !
Sherlock raccrocha et Molly s'étira comme un petit chat.
- J'ai raté un épisode ? fit-elle en baillant
- Oui ! fit-il en s'activant immédiatement, contrastant avec l'indolence qu'il avait eue en réfléchissant. La sœur de Lilo n'a pas cherché à cacher la clé USB. Anna le savait et avait chargé Martin de retrouver cette clé. Elle l'a avalée pour la détruire, Molly, juste pour la détruire. Tu comprends ? Cela implique qu'elle possédait donc une copie bien cachée qu'Anna ne soupçonne même pas. On doit aller au Yard. Apparemment, mon frère l'aurait trouvée et je me demande bien comment.
Cela le faisait enrager au plus haut point que se soit son aîné qui ait mis la main dessus. Il allait encore s'en gausser durant des années.
Molly rigola doucement, augmentant la frustration du détective, piqué au vif.
- Ton frère est plein de ressource et cette histoire et digne d'un bon polar. John va être heureux de la raconter sur son blog, fit Molly en se levant pour prendre son manteau et passer les clés à Sherlock qui éteignit son ordinateur.
Sherlock rejoignit Molly et ils partirent pour le Yard. Arrivé là bas, Sally les attendait dans l'entrée.
- Revoilà le taré ! fit Sally d'un air mauvais, des cernes sous les yeux. Tu as intérêt à avoir une réponse à tout ça, parce qu'on en fait des heures supplémentaires, à cause de toi.
- C'est vous qui m'avez engagé, lui répliqua-t-il tout en marchant à grandes enjambées. Vous êtes payée, moi non. Je ne compte pas mes heures, alors, qui devrait se plaindre dans l'histoire ? Vous n'êtes même pas capable de boucler une enquête comme il faut. Je dois laisser John avec vous, et il n'est que médecin, malgré tout, il se débrouille mieux que vous.
- Stop ! cria Molly, arrêtant les deux belligérants dans leur course folle. Allez, Sherlock, on se calme. On est tous sur les nerfs, mais on est une équipe. Si on veut réussir à boucler cette enquête, il ne faut pas se disputer, ok ?
- Parlez pour vous, fit Sally, d'un air mauvais.
- Mais qu'est ce que…? fit Molly sans comprendre.
La seule personne au courant de leur dispute était Mycroft et il ne l'aurait jamais crié sur tous les toits. Elle regarda Sherlock sans comprendre.
- Lestrade, tout à l'heure, lâcha-t-il d'une voix morne en soupirant.
- Je vois ! fit Molly d'un ton froid. Ainsi, tout le Yard est au courant. Bravo, Sherlock.
- Il l'a vu tout de suite, fit le détective en tournant sur lui même, irrité que Lestrade ait cafté dans le bureau. Je ne pouvais pas savoir qu'il allait le raconter.
- Bah, bien sûr, ce sont tous des commères professionnelles ici, se fâcha Molly en devenant rouge de colère. Comment crois-tu que la télévision puisse diffuser autant de reportages sur cette affaire ? Ils ne sont même pas capables de garder leur langue.
- Hey ! Vous ne parlez pas comme ça de nos collègues, éructa Sally, se mêlant à leur dispute. On travaille dur pour résoudre cette enquête.
Les deux femmes se mesurèrent du regard.
- Oh, vous ça va, fit Molly en imitant le bec d'un oiseau qui s'ouvre et qui se ferme, avec sa main. À part renouveler votre abonnement à la machine à café, c'est tout ce que vous êtes capable d'accomplir. Je connais Anderson, votre médecin légiste, j'ai souvent travaillé sur ses cadavres. Il est incapable de remplir correctement un rapport d'autopsie et il a vingt ans d'expérience de plus que moi.
Lestrade arriva dans l'entrée pour mettre fin à la bagarre.
- ça suffit ! Arrêtez de vous disputer tous et suivez moi.
Voyant que pas un ne bougeait, il ajouta d'un ton péremptoire :
- Et c'est un ordre !
Sherlock pris Molly par les épaules pour mettre fin à sa confrontation avec Sally et ils suivirent Lestrade dans les couloirs.
Ils arrivèrent ensuite dans une salle d'interrogatoire. Divisée en deux pièces, l'une était réservée pour les suspects et l'autre, derrière une vitre blindée sans tain, destinée aux inspecteurs de police ou aux témoins. L'espace pour les inspecteurs était plongé dans la pénombre. Mycroft les attendait, les bras croisé, derrière la vitre blindée. Lilo, armée d'un feutre noir, recouvrait la pièce de suite de chiffres numériques. Elle était en train décrire sur la vitre quand Sherlock s'approcha d'elle, de l'autre côté du miroir sans tain. De l'intérieur, Lilo ne pouvait pas le voir. Mais lui ne ratait rien du spectacle étrange qui se jouait dans l'autre pièce.
- Qu'est-ce qui lui arrive ? l'interrogea Sherlock en voyant Lilo écrire comme un robot.
- Elle est comme ça depuis qu'elle a vu le dernier reportage sur les meurtres, fit Mycroft en s'avançant vers le miroir. D'après une psychiatre, et pas celle que vous avez vue la dernière fois, elle se vide l'esprit. Tout ceci lui pesait trop à l'intérieur, alors elle l'écrit.
- C'est ça, la copie ! exulta Sherlock. Sa sœur lui a fait apprendre par cœur le programme. Impressionnant.
- Mais on ne peut pas retenir autant de chiffre, c'est impossible, le contra Lestrade en frottant son menton bleui par une barbe de deux jours.
- Les enfants sont de véritables éponges, fit Mycroft en regardant Lilo s'attaquer au sol maintenant. Elle a appris tout ceci machinalement et elle nous le retransmet. Extraordinaire, n'est-il pas, Sherlock ?
- Certes...
- Mais la clé ? fit Lestrade qui regardait l'enfant, sans rien comprendre, une fois de plus.
- La sœur n'a jamais voulu la conserver, mais la détruire, lui expliqua Sherlock, fiévreux car sa théorie était bien la bonne. Elle devait être poursuivie et n'avait rien de mieux sous la main que cette solution pour être sûre que les données soient perdues à jamais pour eux. Anna n'avait pas envisagé que Lilo puisse avoir les chiffres dans sa mémoire, ajouta-t-il en regardant les chiffres d'un air intéressé.
- Et comment retranscrire tout ceci dans l'ordinateur ? leur demanda fort justement Molly, qui se coula dans une petit place, entre eux. C'est impossible de recopier tout ça en quelques minutes. Si on arrive à accéder à nouveau à cet ordinateur...
- Vous n'avez pas le choix ! fit Mycroft. Il faut détruire le système.
- Les dossiers sont prêts, fit John qui rentra dans la pièce. On a toutes les preuves requises pour les arrêter, mais il nous faut le système HS.
- Et pourquoi on ne le détruirait pas, cet ordinateur ? leur proposa Molly. Vous les arrêtez et après, on se charge de l'ordi, tranquillement dans vos bureaux.
- Non ! fit Lestrade en secouant la tête. Cet ordinateur doit être mis hors d'usage avant l'arrestation. Il faut créer un état de panique au sein de leur mafia. Avec le système hors d'état d'utilisation, ils ne pourront plus pirater des informations et ils devront signaler à leurs clients qu'il y a un petit contretemps. Et c'est ça que nous attendons.
- Vous avez des mouchards chez les clients ? le questionna Sherlock.
- Non, mes collègues se sont alliés au Yard pour se faire passer pour de gros clients, leur appris Mycroft.
- Je vois, tous les contacts que vous aurez avec eux serviront de preuve ! fit Sherlock en faisant les cent pas.
- Exactement ! confirma l'aîné. Et ton ami John a fait du bon boulot. On a des dossiers bien remplis.
John sourit en recevant un compliment de la part de Mycroft. Pour en recevoir un de Sherlock, il pouvait encore attendre un certain temps.
- Bien, c'est tout beau, tout mignon tout ça, fit Lestrade en se frottant les mains. Mais comment fait-on pour accéder à l'ordinateur ? Car je vous signale qu'Anna Vélasquez nous attend au tournant. Elle sait que nous voulons cet ordinateur et va tout faire pour nous en empêcher.
- Sherlock ! fit Mycroft en se tournant vers son frère. À toi l'honneur.
Son frère soupira.
- L'honneur de quoi ? fit Molly qui avait peur de comprendre.
- C'est une longue histoire, Molly, fit Sherlock en sentant ses mains devenir moites.
- Non, non, non, attends une minute, insista-t-elle en fronçant les sourcils. Qu'est ce que tu vas faire ?
- Détourner l'attention, fit Sherlock, les yeux en l'air. Toutes ses informations vont être rentrées dans une clé USB, Molly.
Sherlock lui désigna les chiffres de Lilo, qui continuait à écrire sans s'arrêter. Puis, il continua sa phrase :
- Tu n'auras qu'à les rentrer dans l'ordinateur et…
- Comment vas-tu détourner l'attention, Sherlock ? Elle te hait.
- Je vais lui donner ce qu'elle veut, Molly, fit Sherlock, baissant le regard en découvrant celui de Molly qui était choquée.
- Là, tu me dégoûtes ! commença Molly qui n'y croyait pas. Il n'y a pas un autre moyen ?
- Elle est beaucoup plus dangereuse que vous ne le pensez, fit Mycroft. Nous n'avons pas le choix. Sherlock est le seul qui pourra la manipuler.
- Vous en êtes sûr ? lui demanda Molly, repensant à tout ce que Mycroft lui avait raconter sur son frère. Elle est très manipulatrice aussi.
- Nous sommes sur la même longueur d'onde, à ce petit jeu là, Molly, fit Sherlock en continuant de marcher, les mains en poche. C'est un duel et ça l'occupera pendant un bon moment.
- Et comment ? voulu-t-elle savoir.
Mycroft tourna la tête vers Sherlock qui réfléchissait, la tête rivée sur ses chaussures.
- On pourrait aller dîner ? proposa Sherlock qui n'avait rien d'autre à dire.
Molly quitta la pièce en claquant la porte.
- Vous n'auriez pas dû expliquer votre plan devant Molly, fit John.
- Elle fait partie de cette équipe, fit Mycroft cassant. Chaque membre doit être au courant des plan mit en place.
Sherlock surenchérit sur son frère.
- Elle fait partie du plan, elle doit s'occuper de l'ordinateur pendant que je m'occupe Anna.
John plaqua ses mains sur son front, atterré devant tant d'aveuglement et tant de manque de tact de la part de Sherlock.
- Oui, je suis d'accord, s'emporta-t-il en gesticulant. Mais il ne fallait pas le dire comme ça. On dirait que personne ne voit rien, ici.
- On voit très bien, fit Mycroft d'une voix froide, celle habituée à ce qu'on lui obéisse. Mais il y a une enquête dangereuse et de la plus haute importance à terminer dans les plus brefs délais. Nous n'avons pas le droit à l'erreur. Les problèmes de cœur viendront après.
Mycroft croisa les bras, voyant son frère et John soupirer.
- Bien, si savez ce que vous faites. Mais, Sherlock, tu te rends compte que… ? fit John en le regardant dans les yeux.
- Je sais ce que je risque de perdre, grinça-t-il. Ne me fait pas la morale. Je n'ai pas le choix. Pour éviter Anna, il faudra bien ça.
