Bonjour à tous et à toutes !

J'espère que tout le monde va bien !

Bon voici mon nouveau chapitre tout beau tout propre tout neuf !
Je vous annonce que dorénavant, je ne publierai probablement plus toutes les semaines, comme à mon habitude, mais toutes les deux semaines. En effet, je reprends les cours demain et je rentre à la fac pour ma première année. Je ne sais pas encore tout gérer alors... Il faut faire des concessions ! Mais promis je serais toujours au rendez-vous ! :D

Mais pour me faire pardonner, voici un très, très, très long chapitre (enfin pour moi...) :D

Brefouille ! Mon blablatage fini, je peux vous faire lire mon nouveau chapitre !

Mais avant...

Disclaimer : Tout à JKR, sauf l'intrigue et les personnages originaux...

Bonne lecture à toutes et à tous !

Enjoy it !


Chapitre 29

Assise sur un transat en bois de couleur claire, une femme à la longue chevelure se prélassait sur la terrasse de sa grande villa. Elle sirotait doucement un verre dans lequel trempait une olive. Confortablement installée sur un matelas vert pâle, elle observait le paysage qui s'étendait devant ses yeux, sans qu'aucun vis-à-vis ne la gêne. Rien ne lui semblait plus beau que cette vision : la mer embrasée par le soleil couchant avait l'éclat d'un diamant bleu à la lueur d'une flamme de bougie. La femme, qui semblait avoir une trentaine d'années, mais qui en avait sûrement un peu plus, soupira d'aise dans son confort. Elle paraissait avoir rajeuni. En effet, des restes de ridules aux coins de ses yeux et sur son front avaient presque disparu, comme si toute l'anxiété du monde l'avait un jour habitée.

Il était vrai que, depuis qu'elle avait quitté son mari ainsi que son pays natal, elle se sentait plus sereine, plus apaisée, plus forte. Heureuse en soit. La peur, l'angoisse, l'horreur et le dégoût qu'elle avait pu ressentir avaient totalement été oubliés. Enfin, ou presque. Il y avait tout de même une ombre à ce tableau qui aurait pu sembler idyllique au premier abord. C'était la bruyante et insoutenable absence de son fils unique. Lui était resté à cet endroit qu'elle avait absolument voulu quitter, cet endroit où elle avait vécu tant d'abominations sans pouvoir les combattre. Trop de souvenirs la taraudaient quand elle y pensait par inadvertance. Les seules choses qui pouvaient la faire sourire dans ces moments empli de pleurs et de cris de douleurs sourds au reste du monde était la vision des quelques instants volés à ces temps sombres qu'elle avait passés avec son fils et son amie.

- Drago, souffla-t-elle, avant de reprendre une gorgée du breuvage moldu qu'elle avait demandé à son serviteur.

Elle réprima un ricanement en pensant à la réaction de son ex (youpi) mari en la voyant boire ce genre de boissons créées par cette population qu'il détestait tant. Bah oui, même si elle avait pris le parti de tourner le dos à ce monde de dictats d'où elle venait, elle en gardait encore la trace dans son comportement. Il était donc malvenu de ricaner : ce n'était pas digne de la lady qu'elle était malgré tout.

Avalant une nouvelle lampée de son cocktail, Narcissa réorienta son esprit sur celui qu'elle aimait plus que sa propre vie, celui pour qui elle avait trahi Voldemort : son fils. Quelques jours auparavant, elle avait reçu une lettre de lui. Dedans, il lui proposait de venir faire un tour à Londres. Cela sous-entendait bien évidemment d'aller dormir dans ce Manoir à l'intérieur duquel elle avait vu tant de vies changer, être brisées... Ce geste lui demandait bien plus de force de caractère qu'elle n'en aurait jamais à son humble avis. Ce n'était pas pour rien que le Choixpeau l'avait placée à Serpentard lors de sa première année à Poudlard. Se fustigeant à cause de sa propre lâcheté, la blonde et brune repensa à la réponse des plus évasives qu'elle avait pu faire à son fils à ce propos. Dès son plus jeune âge, on lui avait appris les rudiments et les règles les plus pointues du jeu de la rhétorique. Pour rédiger sa lettre à Drago, elle avait usé de tous ces subterfuges pour tourner autour du pot le plus savamment possible. La femme espérait que son fils n'y ait vu que du feu. Mais elle savait pertinemment en son for intérieur qu'il était bien plus intelligent qu'il ne voulait bien le montrer au monde. La blonde ne doutait donc pas qu'il sache déjouer les pièges épistolaires qu'elle avait glissés et tracés sur son parchemin. Sans s'en rendre compte, complètement plongée dans ses pensées, elle grimaça en repensant à ce geste et ses mots. La mère finit rapidement sa boisson alcoolisée qu'elle avait déjà bien entamée au moment où l'Elfe de Maison qu'elle avait emmené avec elle, Barvi, l'appelait pour le dîner. En effet, il s'échappait de la fenêtre ouverte de la cuisine une délicieuse odeur de viande cuite et de vinaigrette.

Délaissant son verre désormais vide, Narcissa rentra dans l'agréable fraicheur de l'intérieur de la villa américaine et se dirigea vers la salle à manger. Elle prit place sur une chaise que le petit être venait de lui tirer et posa sa serviette sur ses genoux. Son repas se fit dans la musique douce qu'était celle des symphonies pour piano. Son assiette de dessert terminée, la blonde fut enfin rassasiée. Elle allait se lever pour se diriger vers la bibliothèque où elle s'enfermait tous les soirs pour lire quelque ouvrage qui l'inspirait à ce moment précis, quand un hibou grand-duc apparut sur son balcon. Il se posa sur la balustrade et, bien élevé, attendit patiemment qu'on lui ouvre la fenêtre pour qu'il puisse entrer. La nouvelle Américaine alla le chercher en se levant avec grâce et reconnut aisément l'appartenance de ce rapace à la famille de son ex-mari. En effet, il portait à la patte droite une bague avec gravé dessus l'écusson de la noble famille des Malefoy. Elle sourit en pensant que son fils chéri lui avait de nouveau envoyé une missive. Bien que cela ne lui ressemblait pas vraiment, elle n'en était pas vraiment étonnée. Car, si la guerre lui avait forgé un certain caractère, elle ne lui avait pas permis d'être lui-même. Alors, son garçon changeait souvent d'avis quant à la régularité de leur prise de nouvelles. Cependant, quand elle décrocha la lettre du bec du hibou, Narcissa prit peur et pensa instantanément qu'il lui était arrivé quelque chose. Posant sa main sur la même rambarde que celle sur laquelle était accroché l'oiseau, la femme examina cette écriture qu'elle ne connaissait pas. Il n'y avait pas beaucoup de raisons pour lesquelles quelqu'un dont elle ne connaissait pas la calligraphie se permette d'emprunter un des rapaces de son fils pour lui envoyer un message ; et l'une de ces causes était que ce dernier ait des problèmes qui requièrent sa présence. Ce fut donc avec un grand empressement que la mère décacheta l'enveloppe et en sortit la lettre. Elle la déplia et la parcourut rapidement du regard. Elle la lut tout d'abord en diagonale et soupira de soulagement en comprenant que ce n'était pas Drago qui était mis en cause. Mais un autre prénom revenait de manière récurrente : celui d'Enora. Cela eut le don de la faire se crisper à nouveau. En effet, elle aimait l'enfant de Severus comme si elle avait été sa propre fille. Elle se replongea alors plus profondément dans la lecture de la missive pour essayer de comprendre ce qui se passait en Angleterre et pourquoi ce n'était pas Drago qui écrivait. Inconsciemment, ses doigts s'agrippèrent fortement au parchemin en se rendant compte de ce que lui demandait le fils de Molly. Aller au Manoir Malefoy. Après lui avoir expliqué qu'Enora avait disparu pendant deux jours, que son fils unique avait failli en devenir fou (oui, elle avait bien compris dans sa dernière lettre qu'il l'appréciait bien plus qu'il semblait vouloir le lui avouer), qu'ils l'avaient retrouvée dans le jardin de l'immense bâtisse et que maintenant Drago ne voulait plus la quitter, George lui avait exprimé son inquiétude quant au réveil de la jeune fille. Narcissa avait bien saisi ce qu'il avait voulu lui dire. Il ne voulait pas qu'elle ait peur et qu'elle fuit définitivement son ami parce qu'elle était effrayée par un endroit qui lui était cher. La rousse avait donc besoin d'elle, selon le jeune homme, pour pouvoir affronter la situation avec quelqu'un qui la ressentait à peu près de la même manière. Totalement surprise par cette demande qu'elle venait de recevoir, la femme se mit à trembler de tout son corps sans retenue. Elle en lâcha sans s'en rendre compte la lettre qu'elle tenait entre ses doigts graciles. Tandis qu'elle s'agrippait plus fortement à la rambarde, Barvi, qui passait par là pour continuer à débarrasser la table de sa maîtresse, la remarqua en position de détresse. Ni une, ni deux, il se précipita vers elle. Il évalua en quelques secondes la situation et claqua des doigts. Un siège confortable apparut, pour se placer juste sous les fesses de celle qu'il servait. Cette dernière s'assit en perdant toute la grâce que lui avait inculquée ses parents et sa vie auprès de Lucius. L'Elfe de Maison vit bien qu'elle n'était plus tout à fait en état de réfléchir et prit le parti de lui apporter un verre d'eau et une Potion Revigorante. Elle but les deux liquides (l'un plus nauséabond que l'autre) d'une traite. Se sentant immédiatement mieux, elle remercia Barvi et se mit à reprendre ses esprits. Elle put, grâce à cela, remettre son cerveau en marche. Narcissa se fustigea alors. Son ex-mari était à Azkaban, la prison la mieux protégée de toute l'Angleterre (n'était-ce pas aussi la seule ?). Il ne pouvait donc pas l'atteindre si elle retournait au Manoir. Elle soupira, la logique reprenant enfin le dessus dans le contrôle de son esprit. La mère de Drago riva finalement ses yeux au loin. Ils brillaient d'une lueur particulière : la détermination. Se détachant du paysage qui s'étendait sous son regard flou, la femme se leva du fauteuil que lui avait apporté son serviteur.

Elle avait pris sa décision.

oOo

Une heure.

Deux heures.

Trois heures.

Quatre heures.

Cinq heures.

Six heures.

Six heures et Enora ne s'était toujours pas réveillée. Elle n'avait toujours pas donné le moindre petit indice montrant qu'elle était sur le point de le faire. Mais tous savaient qu'elle avait besoin de se reposer et de reprendre des forces après la dure nuit qu'elle venait de passer. Seul Bitsy avait eu le surprenant courage (en effet, ce n'était pas une caractéristique très présente chez les Elfes de Maison, mais celui de Drago avait un héro : Dobby. Lui savait ce qu'était le vrai courage) de venir déranger son maître, qui n'avait pas bougé d'un poil, ou uniquement pour humecter les lèvres de celle qu'il aimait. Au bout de deux heures, il était venu pour apporter au blond un plateau repas empli de toutes sortes de mets différents en espérant que l'un d'entre eux lui plairait et qu'il le mange. Mais, pour le malheur du petit être, le jeune homme n'avait touché à rien de tout ce qu'il avait préparé avec soin et qu'il avait laissé en suspension à ses côtés pour que ce lui soit accessible. Seul George avait su, en bon Weasley qu'il était, faire honneur au repas que lui avait concocté Bitsy. Ainsi, ce dernier ne se sentait pas totalement désespéré et ne remettait pas en doute ses talents de cuisinier, surtout depuis que le rouquin lui en avait demandé une nouvelle portion. Au contraire de Ronald qui mangeait tout le temps en grande quantité sauf quand il était nerveux, le jeune homme ne mangeait comme un troll que lorsqu'il était angoissé. En effet, il attendait autant avec impatience une réponse de la mère de son ami autant avec beaucoup de réserve le réveil complet et total d'Enora. Alors pour s'occuper un tant soit peu l'esprit après avoir mangé toutes (ou presque) les réserves de nourriture du Manoir, George s'était trouvé un échiquier magique, avait ensorcelé une partie des pions et s'était entrainé à perfectionner ses stratégies (bah oui, il avait un frère à battre malgré tout ce qui avait pu se passer).

Cela faisait quelques heures (il aurait bien été incapable de dire combien exactement tant il était plongé dans son jeu) qu'il était confortablement installé dans un fauteuil vert émeraude (Serpentard un jour, Serpentard toujours) quand il entendit un bruit de carillon. Cela le fit sursauter et il se précipita sur l'origine du bruit : la porte d'entrée de l'immense bâtisse. Lorsqu'il arriva, il remarqua qu'il était le second, Bitsy étant déjà présent. Ce dernier en bon majordome qu'il pouvait être ouvrit à l'invité qu'ils n'attendaient pas, à moins que...

George retint son souffle tandis que le battant tournait à une lenteur affolante (enfin selon ses propres sensations) sur ses gonds. Il relâcha tout (euuuh... Pas tout, mais son souffle, hein ! Seulement son souffle) quand il aperçut le visage de la personne qui avait sonné.

Narcissa Black.

Tout le corps du jeune homme se détendit. Elle avait finalement répondu à son appel. Il en était plus que soulagé. Cette femme saurait faire face à ce que vivait son amie, sa meilleure amie.

Rapidement, Bitsy s'écarta pour laisser passer la mère de son maître. Sans un mot, il la débarrassa de son vêtement et de son luxueux sac de voyage. Il disparut en laissant la lady en compagnie du rouquin. Ils se regardèrent l'un l'autre un peu gênés. Puis, se reprenant, George se décida à revêtir le rôle d'hôte à la place de son ami. Toujours sans qu'aucune parole ne soit proférée, le jeune homme dirigea la femme vers le grand salon où il était quelques instants plus tôt. Sur le chemin, il jeta un coup d'œil en coin à son invitée et remarqua qu'elle avait laissé tomber le masque d'indifférence qu'elle portait habituellement pour se laisser aller à ses émotions. En effet, elle traversait, en suivant son cadet, les différentes pièces que Drago avaient rénovées. Arrivés à destination, Narcissa s'assit avec grâce en continuant son inspection des lieux. Au même moment, Bitsy réapparut en apportant un plateau avec des tasses, contenant de quoi boire. Il donna un thé vert de Chine à la femme aux yeux bleus, parce qu'il savait que c'était sa boisson préférée. Dans l'autre bol, il y avait un chocolat chaud pour le jeune homme. Avant de prononcer une quelconque phrase, chacun but une gorgée des liquides que leur avait donnés l'Elfe de Maison. Ils se brûlèrent tous les deux la gorge dans leur empressement, mais cela les empêcha de parler trop vite.

- Alors, comme ça vous avez besoin de mon aide..., commença la blonde, évitant le sujet du changement de tête de la maison où elle avait mis au monde son fils et où les pires atrocités avaient été perpétrées.

- Oui... Vous avez toutes les deux vécu dans ce Manoir et y avez passé des années peu sympathiques dans l'ensemble...

- Et vous pensez que je pourrais aider Enora dans son profond traumatisme bien mieux que vous, parce que nous étions dans le même bateau ou presque ?, l'interrompit-elle.

Le rouquin hocha la tête.

- De plus, vous avez été proches d'après ce que nous en a dit Enora. C'est vous qui lui a donné des cours pour qu'elle puisse s'en sortir en sortant de son cachot. Vous êtes donc liées par de nombreux souvenirs communs. C'est ce qui, je pense, pourrait vous permettre de la toucher bien plus que Drago ou n'import qui d'autre.

- C'est vrai, acquiesça Narcissa. Nous passions beaucoup de temps ensemble quand mon mari n'était pas là, tout comme Drago qui était à Poudlard la majorité du temps.

- Vous serez donc la plus à même de la convaincre qu'elle n'a strictement plus rien à craindre dans cette maison, conclut George.

Ce fut à cette phrase que tout fut plus clair dans l'esprit de la mère.

- C'est pour cela que Dray a refait tout le Manoir..., chuchota-t-elle.

Ayant entendu ce qu'elle venait de dire, George opina du bonnet, la confortant dans son idée.

- C'était autant pour vous que pour Enora. Vous êtes les deux personnes qui comptent le plus pour lui, alors il voulait que vous puissiez lui rendre visite sans que vous ne soyez mal à l'aise.

- Je reconnais bien là mon fils, sourit la femme, en avalant une nouvelle gorgée de sa boisson chaude. Se souciant toujours de celles qu'il aime.

Ils continuèrent à parler de tout ce qu'elle avait manqué en Angleterre à cause de son exil, dont l'enterrement de Severus et de tous les morts de la guerre à Poudlard, quand soudain un « pop » se fit entendre. Ils sursautèrent tous les deux et se jetèrent un coup d'œil gêné de s'être montré si peu attentif à ce qui les entourait. Ils se retournèrent finalement vers un Bitsy qui était totalement survolté. Ils ne surent pas tout de suite si c'était une bonne chose ou pas, parce qu'il n'arrivait pas à aligner trois mot tant il était excité.

- Monsieur George ! Maîtresse Narcissa ! Il... Il faut que... Elle... Maître Drago... Il...

Agacée, Narcissa (qui s'était levée, à l'instar de son compagnon, en voyant l'Elfe de Maison) posa ses poings sur ses hanches et eut un regard noir vers le pauvre petit être qui cessa tout à fait de parler, espérant se trouver partout dans le monde sauf là.

- Bitsy ! Respire et raconte-nous avec calme ce qui se passe !, ordonna-t-elle avec un ton qui n'accordait aucune réplique.

Le serviteur baissa la tête et acquiesça. Il prit une grande inspiration et releva la tête avec un timide regard désolé vers la mère de son maître.

- Mademoiselle Enora s'est réveillée, dit-il finalement et tout simplement.

George grogna. Il n'aurait pas pu le dire plus vite ? Satané Elfe de Maison ! D'un geste ample, il guida Narcissa vers la chambre où avait été installée la jeune rousse. Elle reconnut rapidement le chemin qui menait vers l'aile des chambres d'amis. La femme remarqua sans aucun problème tous les petits et grands changements qu'avait faits son fils dans les couloirs et les pièces qu'elle pouvait entrapercevoir à travers des portes presque fermées. Elle était heureuse de voir ce qu'il avait fait de tout cela et à quel point il était vraiment chez lui maintenant.

Quelques instants plus tard, ils furent tous les deux introduits dans la chambre où se reposait Enora. George se rendit aussitôt compte que les paroles du Médicomage avaient été respectées à la lettre, quand il vit la fiole de Potion Revigorante vide sur la table de nuit en compagnie de nombreux verres qui devaient être remplis d'eau à l'origine. La rousse était parfaitement réveillée et souriait à son meilleur ami. Mais elle avait bien vite compris qu'il était gêné par quelque chose, étant donné la manière dont il évitait soigneusement tous ses coups d'œil quand elle essayait de croiser son regard. Qu'avait-elle donc fait ?

Cependant son attention fut vite détournée par les nouveaux arrivants. On vit alors son sourire s'agrandir en remarquant Narcissa aux côtés de son ami du Terrier. La mère se dirigea vers elle et la serra dans ses bras. Oubliée l'arrogance des Sangs-Purs ! Ici, elle pouvait être elle-même avec les gens qu'elle aimait. La rouquine adressa seulement un regard joyeux à George qui annonça rapidement qu'il devait sortir pour envoyer des messages prévenant de son réveil. Étant donné qu'il était presque l'heure du dîner, le jeune homme était persuadé que son message trouverait un maximum de monde chez lui, enfin, chez ses parents. Il leur fit parvenir son Patronus en leur donnant la bonne nouvelle, et en leur demandant de prévenir McGonagall, qu'Enora était vraiment sortie d'affaire et qu'il n'y avait plus aucune raison de s'inquiéter. Cela fait, il retourna dans la chambre où Narcissa racontait à ces jeunes adultes qu'elle aimait plus que tout comment c'était l'Amérique. George se racla la gorge pour avoir leur attention.

- Je suis désolé de vous interrompre, mais je n'ai pas oublié que c'est demain que je fais ma rentrée et que je rouvre mon magasin... Je dois encore aller fignoler quelques petites choses pour que tout soit une réussite. Je vais donc vous laisser ! J'espère que vous passerez y faire un tour !

Il allait partir et se diriger vers la cuisine pour demander à Bitsy un en-cas (il n'était pas sûr de pouvoir se faire à manger le soir), quand on l'interpella.

- Mais, comment tu vas faire tout seul ? Il va y avoir un monde fou et ce sera super difficile s'il n'y a personne pour t'aider !, se désola Enora, à qui ce rôle aurait dû incomber.

Mais Drago avait dit qu'elle devait au moins rester au lit jusqu'à demain midi pour être sûr qu'elle n'ait pas de problème. Le rouquin sourit face à la sollicitude de son amie.

- Pas de problème ! Je vais embaucher Ginny et Anabeth qui ne travaillent pas demain ! Et puis, je t'attends de pied ferme pour la suite de la semaine et les jours à venir !

La rousse aux yeux bleus sourit, soulagée de savoir qu'elle ne laissait pas George faire face à tout tout seul. Ce dernier les laissa finalement quelques secondes plus tard. De son côté, Enora regarda ses compagnons du moment et fronça les sourcils.

- Mais en fait, on est où là ?

Drago et Narcissa se jetèrent un coup d'œil, incertains de la conduite à suivre. Mais la jeune fille n'était pas l'enfant de Severus Rogue, le plus grand Maître de Potions qui ait jamais existé, pour rien. Elle avait hérité de lui son intelligence. Elle comprit rapidement de quoi il en retournait.

- Nous... Nous sommes au... Manoir, n'est-ce pas ?, bégaya-t-elle, la voix tremblotante.

La mère et le fils virent immédiatement les larmes lui monter aux yeux. Sans qu'ils puissent l'empêcher, son regard se voila et s'ancra dans le vague. Ils lui parlèrent tout le temps pendant plusieurs minutes, lui disant qu'elle n'avait plus rien à craindre que tous ceux qui lui avaient fait du mal, parce qu'ils étaient soit morts, soit en prison... Mais rien n'y faisait. Drago sortit alors quelques instants ne supportant plus cette sorte de rejet de ce qui faisait, selon lui, partie intégrante de son univers à cause de quelque chose de ce même univers. Narcissa attrapa alors fermement la main de sa pupille et, de l'autre, elle obligea son visage à se tourner vers elle.

- Ma belle..., commença-t-elle simplement. Je sais que tu m'entends, même coincée dans un coin de ton cerveau, comme tu dois l'être en ce moment, pour te protéger de tes angoisses. Tu dois probablement te passer en boucle encore et encore ce qui s'est passé ces douze dernières années. Tu as le droit de le faire. Tu te trouves dans un endroit hostile à tes yeux. Mais je sais aussi que tu es plus forte que ça. La preuve, j'ai compris ce que tu venais faire ici : tu étais là pour combattre ta peur de cette maison pour l'amitié de mon fils. Je sais que tu y tiens beaucoup, tout comme lui. Vous vous êtes aidés l'un l'autre à passer cette épreuve, cette période de trouble dans laquelle vous êtes nés. Ce que tu as essayé de faire démontre que tu as un courage hors du commun. Un courage digne des plus grands... Digne de ton père... Tu t'es battu et tu te bats encore contre toi-même pour ce et ceux que tu aimes. Je suis fière de toi...

À ces mots, Enora sortit de sa torpeur et fixa la femme qu'elle avait souvent considérée comme sa mère d'adoption. Les larmes coulaient sur ses joues, mais ses yeux exprimaient toute la colère du monde.

- Comment ça, fière de moi ? Comment quelqu'un peut-il être fier de moi ? J'ai abandonné Drago alors qu'il avait besoin de moi ! Je n'ai vu que ma peur quand on m'a annoncé que je devais venir ici ! La peur ! Est-ce bien cela ce que l'on attend de quelqu'un dont on est fier ? Qu'il ressente de la peur ? Je ne suis digne de personne ici. Et surtout pas de lui, finit-elle en laissant sa voix et son emportement diminuer d'un, voire même, de plusieurs tons.

- Tu sais, reprit Narcissa, j'ai fait preuve de la même lâcheté que toi.

En entendant ses paroles, la rousse voulut se rebeller et la contredire, mais la mère de famille leva la main d'un geste autoritaire, lui ordonnant de ne pas prononcer un mot de plus.

- Vraiment ? Tu ne me crois pas ? Que crois-tu que j'ai fait en quittant le pays pour aller me terrer aux États-Unis ? Seulement une balade de santé ? Non... Je suis partie, comme une voleuse, sans presque dire au revoir, pour fuir tous les souvenirs que j'ai ici de ma vie. Elle ne convenait pas du tout à ce que je pensais, à mes idéaux, mais je ne peux pas renier ce que j'ai accompli durant toutes ses années. C'est ce que j'ai compris en allant prendre le Portoloin pour revenir à Londres. Parce que, si je faisais cela, je reniais aussi cette partie de ma vie où Drago est apparu. Et ça, ce n'est pas possible. Alors, autant je suis revenue pour toi et t'aider à surmonter ce traumatisme que nous avons toutes les deux, parce qu'à deux on est plus fort, mais je suis aussi là pour accepter mon passé et mes actes. Tout comme toi tu dois le faire, avec tes peurs et tes secrets. C'est comme cela que tu pourras vivre heureuse.

Enora resta sans voix face au discours éloquent et sincère que venait de lui faire la mère de son meilleur ami. Cette dernière reprit son souffle en ancrant son regard dans le sien.

- Et maintenant, nous allons toutes les deux nous entraider et faire face à nos peurs. D'autant plus que nous ne serons pas seules. Drago, George et tous les autres seront présents pour toi, j'en suis persuadée, termina-t-elle dans un sourire que la rouquine lui rendit timidement.

Narcissa regarda alors par la fenêtre de la chambre. Elle donnait sur une partie du parc que peu de personnes connaissait parce qu'elle n'était visible que de cette aile du Manoir.

- Mais pour l'instant, nous allons dîner et nous reposer !

- Oh oui !, grogna Drago qui venait de refaire son entrée dans la pièce, son visage s'étant illuminé en voyant les deux femmes qu'il aimait si proche l'une de l'autre, sans avoir conscience de ce qui venait juste de se passer entre elles. Parce que moi, j'ai faim !

- Hum... Si maître Drago avait mangé ce midi, ce ne serait pas le cas..., déclara Bitsy qui avait suivi la conversation du couloir et qui s'était permis d'entrer pour dire que le repas était prêt.

Sauf qu'il remarqua tout de suite après l'insolence de sa réplique. Rapidement, il se mit à la recherche de quelque chose pour se punir d'avoir fait un reproche à son maître. Alors qu'il aurait pu le laisser faire comme il le devait quand son père gouvernait dans cette maison, Drago empêcha l'Elfe de Maison de faire un seul geste, tandis que Narcissa se levait en mettant les poings sur les hanches et en fronçant les sourcils.

- Ne t'ai-je donc rien appris, jeune homme ?, grinça la femme.

Comiquement pour quelqu'un comme Enora qui voyait la scène de l'extérieur, le blond, laissant son arrogance habituelle de côté, baissa la tête, reconnaissant sa mère comme la dominante du foyer.

- Qu'il ne faut pas sauter de repas, quand bien même on n'a pas envie de manger ?

- Exactement !

Elle s'approcha de lui, le regarda fixement pendant quelques instants qui ressemblèrent à une éternité (voire plusieurs) aux yeux du jeune Serpentard et se pencha. Soudain, sans crier gare (bah, ça n'aurait pas été drôle sinon), elle claqua sa main sur le haut du dos de la tête de son fils unique. Celui-ci réprima un gémissement de mécontentement et fit le gros dos en attendant que l'orage passe. De son côté, la rousse pouffait de rire assise sur son lit, comme au spectacle. Puis, les deux parents (personnes de la même famille, hein ?) se mirent à rire à l'instar de la fille de Severus. Le fou-rire continua quelques minutes, puis Narcissa décida que, ce soir, ils ne mangeraient pas dans la salle à manger habituelle, mais dans la chambre avec Enora. Cela leur permettait de passer du temps tous les trois sans laisser la jeune fille dans son grand lit cage toute seule*. Ainsi, ils passèrent ensemble une soirée plus qu'agréable à plaisanter, rendant cet endroit sordide un lieu où la bonne humeur était reine.

oOo

Le lendemain matin, la rouquine s'éveilla dans la chambre de la veille, sans que la peur ne la prenne au ventre. Elle sourit. C'était un grand pas pour elle. En effet, savoir qu'elle était dans le Manoir de ses cauchemars, sans pour autant en être effrayée, la rendait heureuse. Cela la rapprochait de son meilleur ami et rien n'était plus beau que cela. Et puis, elle avait compris qu'elle comptait vraiment beaucoup pour Drago quand Narcissa lui avait expliqué que le jeune homme était en train de tout refaire dans la bâtisse. Cela lui avait vraiment chaud au cœur et elle avait senti une sensation bizarre au creux de son ventre. Pourtant, loin de s'y intéresser, elle se concentra sur le fait que le blond évitait de moins en moins son regard tout en restant un peu gêné. Mais elle ne se souvenait vraiment pas ce qui avait pu le mettre dans cet état à son égard. Elle se promit d'essayer de lui en parler dès qu'elle aurait un moment seule à seul avec lui dans la journée.

Contrairement à ce que lui avait ordonné le maître de la maison, Enora se leva et alla regarder par la fenêtre. Cette partie du jardin, elle la connaissait bien. En effet, c'était là que les Mangemorts lui faisaient exécuter ses balades quand elle avait été sage, parce que c'était le seul endroit du parc que l'on ne voyait pas des fenêtres du corps de bâtiment principal. Cela évitait ainsi à Lucius de voir celle qu'il tenait prisonnière en ses murs, parce qu'elle le dégoûtait. Lorgnant le rebord à balustrade et prise d'un besoin de s'asseoir, la rousse ouvrit la fenêtre en grand et s'assit sur le bas de l'encadrement en posant sa tête contre le fer froid du garde-corps. Elle respirait doucement l'air tiède de cette fin de matinée, les yeux dans le vague, lorsque Bitsy apparut dans la pièce. Il parut horrifié de la voir ainsi.

- Mademoiselle Enora ! Vous ne devriez pas sortir de ce lit ! Vous deviez attendre cet après-midi !

La jeune fille se tourna vers la petite créature et lui sourit d'un air désolé.

- Navrée Bitsy... Mais j'avais besoin d'air frais, tu comprends... Je supporte peu de rester enfermée... Surtout ici...

Le pauvre être la regarda avec un sourire. Il lui proposa un petit-déjeuner qu'elle accepta tout de suite. Cependant, malin, il posa une condition à ce repas : qu'elle retourne dans son lit. Elle sourit à son tour et demanda juste à laisser la fenêtre ouverte. N'y voyant pas d'inconvénients, l'Elfe de Maison disparut pour revenir quelques instants plus tard avec un plateau disposant de tout ce qu'il fallait pour qu'un petit déjeuner soit réussi. Il avait même ajouté à cela la Gazette du Sorcier. En buvant son jus d'orange sans pulpe (c'était meilleur, parait-il...), elle eut un regard heureux. En effet, en première page, trônait un George tout content qui tirait avec un pistolet qui crachait des petits feus d'artifice pour annoncer la réouverture de sa boutique. Derrière lui, on pouvait voir une Ginny et une Anabeth, autant d'attaque qu'effrayées par le monde qui était en train d'attendre devant la porte sur le Chemin de Traverse. Elle ricana en voyant leur tête, mais s'arrêta tout de suite en pensant que le lendemain, ce serait son tour. Tandis qu'elle survolait les autres articles, dans le reste du Manoir, Drago et Narcissa terminaient de prendre leur premier repas de la journée.

Soudain, ils entendirent des paroles dans une pièce juste à côté : celle de la cheminée. Le blond reconnut immédiatement la voix de Molly Weasley et de Minerva McGonagall. Tout de suite, le jeune homme se leva pour aller les accueillir, se doutant qu'elles ne venaient pas pour lui mais pour Enora. Ce qui l'étonnait, cependant, était la présence de la Directrice de Poudlard. Elle n'était pas si proche que cela de la rouquine... Haussant les épaules, il les retrouva en train de donner leurs affaires à Bitsy. Il les salua, non sans avoir jeta un regard empli de questions à son ancienne professeure. Cette dernière décida de l'ignorer pour discuter avec Narcissa qui venait de les rejoindre. Le Serpentard les conduisit à travers la maison, les laissant papoter et s'extasier devant la décoration du Manoir. Il bombait le torse en entendant ces compliments et sa mère lui attribuait tout le mérite. Le petit groupe arriva rapidement à la chambre et la blonde et brune prit l'initiative d'aller vérifier qu'Enora était visible. Elle ressortit quelques secondes plus tard en laissant la porte grande ouverte. Ils découvrirent alors une rousse assise dans un fauteuil, habillée et en train de lire sagement la page sport (c'est-à-dire Quidditch) du journal. Elle sourit aux nouveaux venus, et particulièrement lorsque son regard se posa sur son meilleur ami. Ils prirent tous et toutes un siège et demandèrent des nouvelles à la jeune fille sur son état de santé. Elle leur précisa que tout allait bien. Jusque là Minerva était restée très silencieuse.

- Mademoiselle Rogue, dit-elle finalement. Je suis venue aujourd'hui autant pour m'assurer que vous n'aviez eu aucun problème après ce qui c'était passé que pour pouvoir vous demander quelque chose. Avant-hier, vous êtes entrée sur le terrain de Poudlard sans que j'en sois informée, ce qui peut être punissable par la loi sorcière. En effet, cette école est faite pour être un endroit sûr pour que les élèves puissent apprendre en toute quiétude. Mais vous avez su passer outre les différentes défenses du château, ce qui prouve que nous avons un véritable trou dans notre sécurité. Mais nous ne savons pas comment y pallier. J'aimerais donc vous demander deux choses simples. Premièrement, j'apprécierais que la prochaine fois que vous venez rendre visite à votre père, ce soit en me prévenant et en passant par la chemine de mon bureau. Secondement, j'aimerais que vous passiez le week-end prochain à l'école pour que nous puissions travailler avec vous sur le trou dans notre système de défense.

Personne ne trouva rien à redire à ce discours et à ces demandes. Enora accepta donc. Alors, rapidement, ayant accompli ce qu'elle avait à faire, Minerva dut partir pour terminer de préparer la rentrée qui aurait lieu dans une courte semaine. Rentrée que Ginny ferait. Bitsy fut appelé pour la raccompagner. Les quatre autres continuèrent à discuter jusqu'à ce que Molly n'en vienne aux recherches que Percy et Hermione n'avaient pas cessées de mener pendant son absence. En entendant cela, Drago et celle qu'il aimait se redressèrent dans leurs fauteuils, stupéfaits.

- Comment ?, demanda Enora d'une toute petite voix.

Molly sourit.

- Hermione a découvert l'emplacement exact de la bibliothèque d'Alexandrie, répéta-t-elle, obligeante.

La jeune fille regarda son meilleur ami et lui sourit. Ils avaient trouvé ! Bientôt elle saurait qui était sa mère. Bientôt elle saurait qui elle était.


* Reconnaîtront la référence qui pourront...

Bon bon bon...

C'est la fin !

J'espère que vous avez aimé ! Laissez donc un petit commentaire, ce serait sympa. Ca ne prends pas de temps, juste quelques secondes...

Brefons !

Je vous laisse, vous souhaite une bonne semaine et vous dis :

A LA REVOYURE ! :D