Bonjour à tous ! Une fois n'est pas coutume... Je suis en retard ! Bouh... Honte à moi...

J'espère que cette attente ne vous découragera pas... En tout cas je suis toujours aussi touchée de voir toutes ces lectures, et plus encore je suis énormément touchée par vos petits messages... Coeur sur vous !

Petit récap : Lexa raconte son week-end à Anya, Anya donne rendez-vous à Raven qui lui avoue bien l'aimer. Le soir lorsqu'elle rentre, Lincoln demande à Lexa de lui parler.

Bonne lecture !

PS : Il y a peut-être, éventuellement, à l'évaluation de chacun, un petit passage tiède dans ce chapitre :)


- Mes parents sont décédés, commença Lincoln.

- Je suis désolée.

- Ne le sois pas, les responsables de leur mort ne se sont pas excusés, ce n'est pas pour que tu le fasses. Ils étaient journalistes envoyés en Afghanistan pour accompagner l'armée et rapporter une image teeeellement belle de ce que l'armée faisait pour nous…

Il eut un rire moqueur et secoua lentement la tête de gauche à droite.

- Pendant leur mission, ils se sont retrouvés dans un petit village, plein de civils et d'enfants. Ils souhaitaient montrer que seules les forces armées étaient visées par les bombardements et autres attaques. Le bataillon qu'ils suivaient avait donné leur feu vert. Mais la vérité, c'est que l'armée ne vise pas seulement les forces armées. Parfois, lorsqu'ils ont un doute sur une grosse tête, ils bombardent des villages entiers pour être sûr qu'il n'y ait aucun survivant. Le 7 Octobre à Kunduz, il n'y a eu aucun survivant.

Lexa n'eut pas besoin de détails. Les parents de Lincoln se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment, malgré leurs précautions. Ils ont été victimes d'une bavure… Pas étonnant que Lincoln ne veuille pas en parler. Ceci dit, elle ne comprenait toujours pas pourquoi il souhaitait lui parler. Elle resta silencieuse, ne sachant pas trop quoi dire. Lincoln reprit simplement la parole.

- J'ai gagné… beaucoup d'argent… souffla-t-il, honteux.

- Comment ça ?

- Non ! Ce n'est pas ce que tu crois ! Je n'ai pas accepté l'argent de l'Etat pour étouffer l'affaire, au contraire !

- Je ne pensais pas du tout à ça Linc'… Ne t'inquiète pas… expliqua-t-elle, surprise par la réaction du jeune homme.

- J'ai demandé un procès, tout ça, et j'ai gagné… Seulement je suis exonéré d'impôts dessus pendant 2 ans…

- Et ça fait 2 ans, comprit Lexa. Tu n'as pas un conseiller financier ?

- Non… J'ai mon avocat, un notaire… Mais je ne sais pas comment investir.

- Je devrais pouvoir t'aider sur ce point, sourit Lexa.

- Merci Lexa, vraiment.

Lincoln sembla soulagé, mais Lexa ne lui laissa pas de repos.

- J'ai quand même plusieurs questions, commença-t-elle.

- Je t'écoute.

- Tu ne voulais pas t'engager dans l'armée ? le questionna-t-elle.

- Si si, je souhaiterais être soldat.

- Pourquoi ? Je ne comprends pas. Après ce qui s'est passé…

- Et bien je veux savoir, je veux protéger les civils, je veux faire ce que l'armée n'a pas fait pour mes parents.

- Tu es bien sûr de t'engager pour de bonnes raisons ?

Lexa vit un éclair de tristesse traverser le visage de Lincoln. Il ferma les yeux et se gratta l'arrière de la tête avant de s'avachir plus profondément sur le fauteuil où il était assis.

- Je ne sais pas… avoua-t-il. Je voulais être soldat bien avant cette histoire, et le décès de mes parents a renforcé ma volonté…

- Mais ? l'incita Lexa à continuer.

- Mais j'ai peur de m'engager et de devenir fou. Que la colère m'envahisse et de me retrouver avec l'envie de venger mes parents.

- Si tu y penses avant même d'y être…

- Oui… Je sais. Je pense que si je voulais vraiment être soldat pour de bonnes raisons, je me serai déjà engagé depuis longtemps.

- Il faut que tu réfléchisses à ce qui te plaît vraiment, expliqua Lexa. Tu as beaucoup d'argent. Tu peux acheter un ou deux biens immobiliers et te construire ton propre avenir. Monte quelque chose qui te tient à cœur avec cet argent. Pose-toi les bonnes questions. Quand est-ce que tu te sens le mieux ? Le basket, tu veux en faire ton métier ? Tu peux monter une école de basket, par exemple.

- Non, le basket ça ne m'emballe pas plus que ça, dit-il. Mais monter une école… J'aime bien les enfants.

- Combien as-tu gagné Linc' ?

- 8 millions, annonça-t-il.

- De dollars ?! s'exclama Lexa. Ah oui, c'est une sacrée somme… tu peux donc acheter ou faire construire des locaux, monter une école de quelque chose…

- Il y a des enfants qui sont gérés par l'Etat parce qu'ils n'ont plus de parents. Ceux qui souhaitent entrer dans l'armée…

- Les pupilles de la Nation ?

- Oui c'est ça. Je peux peut-être leur dédier un endroit. Une école, où ils commenceraient une préparation à l'armée et suivraient un cursus scolaire normal en même temps non ?

Lexa semblait réfléchir et haussait la tête régulièrement pour approuver les paroles de Lincoln.

- Je ne connais pas le cadre légal pour tout ça, mais je vais m'y pencher Linc'. C'est une très bonne idée, lui sourit-elle.

Lincoln lui sourit à son tour. Pas un sourire comme il faisait régulièrement pour paraître poli, mais un large sourire, qui lui faisait plisser ses yeux pleins d'émotion.

- Merci Lexa… C'est très gentil de ta part. Je… Je ne sais pas quoi dire. Merci… Je vais y réfléchir un peu plus de mon côté. Tu as ton téléphone ? Prends mon numéro.

Lexa lui tendit son téléphone et le laissa enregistrer son numéro avant de le faire redescendre sur Terre.

- Linc'… Il faut que tu en parles à O'.

Lincoln perdit son sourire et expira profondément.

- Je sais.

- Elle s'inquiète pour toi, justifia Lexa.

- Je sais mais… Je ne veux pas qu'elle me juge…

- Parce que tu as trouvé quoi faire de ta vie ? Ou parce que tes parents sont morts ? Ou pour avoir voulu leur rendre honneur ? Lincoln… Tu ne risques rien, insista-t-elle.

- Elle va penser que j'ai fait ça pour l'argent…

- Non, la coupa Lexa. Je la connais depuis des années. Ses parents se sont séparés parce qu'ils se battaient et frappaient leurs enfants. Ils sont morts depuis des années, et si son frère n'avait pas été là, elle se serait retrouvée seule. A part qu'elle soit fière de toi, tu ne risques pas grand chose à lui avouer tes intentions.

- Je l'aime bien tu sais…

- Ah bon ? railla Lexa. Allez, parce que tu es sympa et qu'au plus profond de moi je sais que tu ne lui briseras pas le cœur…

- Comment tu peux en être sûre ? la coupa Lincoln.

- Parce que sinon je m'occuperai personnellement de t'éclater la tête, précisa Lexa avant de continuer, mine de rien. Je vais moi aussi te dire un secret : je crois qu'elle t'aime plus que bien.

Lincoln sourit de plus belle et rendit son téléphone à Lexa. Elle était la personne de la situation. Etudiante en Droit, ses parents dirigeaient une grande société… Lincoln savait qu'elle pourrait le conseiller et l'aider.

- Merci Lexa. Tu n'étais pas obligée de faire ça pour moi. Je te suis reconnaissant.

- Je t'en prie. J'ai bien compris qu'on allait t'avoir dans les pattes pendant un bon moment avec O' alors… Autant que ça se passe bien, rit-elle.

- Je vais l'amener au restaurant et en discuter avec elle. Vous n'aviez rien prévu entre coloc' ce soir ?

- Non, réfléchit Lexa, je ne crois pas. De toute façon Raven n'est pas là non plus.

- Super. Merci encore…

- Ce n'est rien Lincoln. Et arrête de me remercier, je vais prendre le melon, dit-elle en se dirigeant vers l'intérieur.

Lorsqu'elle ouvrit la porte, Octavia la poussa et se jeta sur Lincoln.

- Quoi qu'elle t'ait raconté c'est faux ! Et je n'ai pas fait rétrécir toutes les fringues de mon frère volontairement ! C'était un accident !

Lexa éclata de rire et Lincoln fit de même. Trop content de pouvoir faire râler sa petite amie, il exagéra au plus haut point la discussion qu'il venait d'avoir avec Lexa.

- Avoir fait rétrécir les fringues de ton frère c'est ridicule à côté de ce qu'elle m'a raconté…

Octavia se décomposa avant de se retourner vers Lexa, hilare. Cette dernière se retrouva au sol, sans s'en rendre compte, recevant des coups aléatoires mais heureusement pas à pleine puissance provenant des petits poings de son amie.

- Lexa Woods tu es une femme morte ! Je vais te pourrir la vie et …

Octavia fut coupée par les bras de Lincoln qui la soulevèrent.

- Je rigole Octavia, elle ne m'a rien dit ! Arrête !

Octavia gesticulait dans tous les sens pour se défaire de l'emprise de son petit ami sans cesser de proférer des menaces toutes plus absurdes les unes que les autres, tandis que Clarke s'était précipitée pour aider Lexa à se relever.

- Ah ouais ? Qu'est-ce que vous vous êtes dit de si intéressant alors ? finit-elle par demander.

- Et bien c'est ce que j'aimerais t'expliquer autour d'un bon repas dans un restaurant… Si tu veux bien, annonça Lincoln.

Octavia se détendit d'un coup et Lincoln la relâcha. Une moue gênée se dessina sur son visage.

- Si les mots que tu cherches sont « Désolée Lexa », ne t'en fais pas je te pardonne, tenta Lexa pour détendre l'atmosphère.

Octavia ouvrit la bouche puis la referma, avant de regarder ses pieds honteusement.

- Allez, Blake, ce n'est pas grave.

La petite brune s'approcha de Lexa et l'encercla de ses bras. Lexa grimaça mais accepta l'étreinte, en l'écourtant au maximum.

- Voilààà tout le monde est content, dit soudain Clarke. Lincoln, tu peux donc embarquer O' avant qu'elle ne déclenche une autre guerre !

Lincoln hocha la tête et attrapa sa petite amie par la main.

- On rentrera tard, signala-t-il en fermant la porte, sourire aux lèvres.

Les filles lui sourirent et attendirent un instant avant de commencer à parler.

- Qu'est-ce qu'il voulait ? demanda Clarke.

- Longue histoire… Je t'expliquerai demain. Ou Octavia le fera. Ça m'embêterait que tu sois au courant avant elle…

- Je comprends, la coupa Clarke. Ne t'inquiète pas. Tout ce que je veux savoir c'est… Octavia ? Elle ne risque rien ? Je ne veux pas qu'il la blesse…

- Ne t'inquiète pas, Lincoln est juste parfait pour elle.

- Tant mieux…

- Des nouvelles de Rae' ? questionna Lexa.

- Absolument pas. A l'heure qu'il est, elle doit être en train de s'envoyer en l'air.

Lexa rit avant de se saisir de son téléphone et appeler Raven. Elle resta debout, appuyée sur l'îlot central de la cuisine.

- Et si tu me dérangeais ? demanda Rae' en décrochant.

- Tu n'aurais pas décroché, enfin j'espère !

- Mouais un point pour toi. Qu'est-ce que tu veux, Woods ?

- Tu manges avec nous ? Lincoln a amené Octavia au resto'.

- Mmmm, non. Je vais essayer de passer un peu de temps avec Anya…

- D'accord… Essaie de ne pas trop l'épuiser, on a une dure journée demain !

- Ouais je vais essayer ! Bye Lex' !

Raven raccrocha avant que Lexa n'ait le temps de répondre, la laissant avec une envie de rire presque irrépressible. Mais Clarke entra dans son champ de vision et elle reprit contact avec la douce réalité : elles avaient une soirée pour elles, à la maison.

Lexa se plaça face à Clarke et fit glisser ses mains de chaque côté de ses hanches pour la rapprocher d'elle. Elle posa son front contre celui de la blonde et savoura ce contact pendant quelques minutes. Clarke fit glisser petit à petit ses mains jusqu'à remonter aux épaules de Lexa, et l'attira à ses lèvres. Son besoin d'en avoir toujours plus était omniprésent. Elle avait l'impression qu'elle avait enfin tout ce qu'elle souhaitait, mais qu'elle n'était pas en droit d'en profiter pleinement. Elle était frustrée, et en même temps, elle était consciente du piment que cela ajoutait à leur relation.

Lexa expira tout l'air qu'elle retenait sans même s'en rendre compte, et termina d'approcher ses lèvres de celles de Clarke. Au moment où elles entrèrent en contact, tout semblait différent. Ni l'une ni l'autre n'avait conscience de l'endroit où elles se trouvaient ou de l'heure qu'il était. Elles auraient tout aussi bien pu être dans une pièce bondée de monde, elles auraient eu l'impression d'être seules au monde. Lexa entendit la respiration de Clarke s'accélérer, et se surprit à tenter de contrôler la sienne. Leurs mouvements se firent plus dur, et Clarke entreprit de caresser la langue de Lexa avec la sienne. La brune resserra son étreinte et sentit ses muscles se tendre. Si elle ne mettait pas fin à ce baiser, elles ne prendraient pas le temps de manger ce soir, et seraient l'une pour l'autre le seul dîner envisageable. Lexa fit reculer Clarke sans rompre le contact, et la fit asseoir sur un des tabourets de bar autour de l'îlot central. Elle sentit le corps de Clarke s'embraser sous ses mains, et la chaleur de son propre corps la traverser de part en part. A contrecœur, elle rompit leur baiser délicatement, non sans se permettre de caresser du bout de son nez le cou de la blonde. Elle déposa une dernière fois ses lèvres sur la carotide de Clarke, témoin du rythme passionné que son cœur a désormais adopté près de Lexa.

- On devrait manger, finit par murmurer Lexa.

Clarke relâcha l'air de ses poumons et secoua lentement la tête de haut en bas. Devoir mettre fin à leur contact était douloureux, mais elle n'aurait jamais tenu le coup sans manger. Lexa sourit de toutes ses dents et entreprit de cuisiner rapidement quelque chose.

Clarke l'observa faire, et lista mentalement les aptitudes de sa petite-amie. Lexa était sportive, investie dans tout ce qu'elle entreprenait et allait au bout des choses, même si cela ne lui plaisait guère comme pour l'entreprise de ses parents. Elle savait cuisiner, et pouvait s'occuper des tâches ménagères de toute la colocation si les trois autres ne s'étaient pas entendues pour qu'elle arrête. Elle était déterminée, et prenait soin de ses amis. Et même si elle n'avait jamais été réellement en couple, Clarke était prête à parier qu'elle était une petite-amie parfaite. Et le peu de temps qu'elles avaient passé ensemble semblait confirmer cela. En plus d'être belle, attentionnée et d'avoir un petit côté mystérieux, Lexa savait qui elle était et avait confiance en elle. Clarke se perdait petit à petit dans sa contemplation, lorsque Lexa déposa une assiette devant elle.

- Mange, et cesse de m'admirer, tu vas finir aveugle, rit-elle.

Clarke ne sut répondre qu'un « Gnagnagna » enfantin en tirant la langue, et attrapa sa fourchette pour goûter l'assiette face à elle. Lexa amusée, se concentra sur sa propre assiette.

- C'est super bon, Lex', commenta Clarke.

- Merci. J'ai fait du riz, avec les restes de ce qu'on avait de légumes… Pas une vraie recette quoi mais… Ce sont des sucres lents, annonça-t-elle avec un sourire en coin.

Clarke répondit à son sourire et se dépêcha de terminer son assiette. Elle se leva, posa toute la vaisselle dans l'évier et avant que Lexa n'ait le temps de s'inquiéter de la vaisselle qui resterait dans l'évier, elle l'entraîna dans sa chambre.

Avec moins de douceur qu'avant leur repas, Clarke et Lexa laissèrent leurs corps diriger la situation. Les vêtements tombèrent rapidement, mais alors qu'elles étaient en sous-vêtements, Lexa sentit Clarke se tendre. Elle se demanda vaguement si elle devait s'arrêter et prendre le temps de parler avec Clarke, lorsque celle-ci bougea de façon à se retrouver à califourchon sur Lexa.

Lexa laissa son regard glisser sur le sublime de Clarke, et une fois de plus, elle fut éblouie par tant de beauté. Ses mains suivirent le tracé de son regard, et se posèrent sur les cuisses de la blonde. Clarke était écarlate et Lexa s'en inquiéta une seconde fois.

- Clarke… commença-t-elle.

- Je suis gênée, avoua la blonde. La dernière fois c'était... différent. On n'y voyait presque rien, je crevais d'envie de toi…

- Parce que là non ? demanda Lexa en souriant.

- Si, si ! s'empressa de répondre Clarke. Bien sûr mais… Tu vois tu es… Toi.

- Non je ne vois pas, admit Lexa.

- Tu es spéciale… souffla Clarke. Et aujourd'hui on est ensemble. Ça prend tout un autre sens.

- J'aime le sens que ça prend Clarke. Tu es bien plus que spéciale pour moi, tu devrais le savoir.

Clarke hocha la tête, visiblement peu convaincue. Alors Lexa échangea leurs positions et fit ce qu'elle savait faire de mieux : se dédier entièrement au corps de sa partenaire en se laissant envahir, pour une fois, par ses sentiments.


Octavia faisait tourner encore et encore son bout de pain dans le fromage fondu, sans vraiment faire attention à ce qu'elle faisait. Lincoln l'avait amenée dans un restaurant français pour lui parler d'à peu près tout ce qui le hantait, et Octavia avait du mal à digérer tant d'informations.

Les parents de Lincoln étaient morts. Ça, elle l'avait compris d'elle-même. Mais ils étaient les deux reporters américains morts à Kunduz 2 ans auparavant. Tout le monde connaissait cette histoire, même si l'Etat avait tenté d'étouffer l'affaire.

- O' ? Chérie ?

- Oui ? Pardon…

- Je pense que ton morceau de pain est tombé au fond, sourit-il

- Oh merde, jura-t-elle.

Elle tenta de le rattraper avec sa pique en vain.

- Il paraît qu'en France, quand on fait tomber son morceau de pain dans la fondue, on a un gage.

- Hmm. Quel est mon gage alors ? demanda Octavia, visiblement peu amusée.

- Dis-moi ce que tu penses, insista Lincoln.

- Ce n'est pas un gage, ça.

- Non c'est une demande.

- Je ne sais pas… Je suis partagée… dit-elle en reposant sa pique vide.

- Tu penses que j'ai fait ça pour l'argent ? questionna-t-il inquiet.

- Pour l'argent ? Non, pas du tout ! Je me demande juste… Pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant ?

- Je préfère essayer de laisser ma douleur au passé.

- Mais ton passé fait partie de qui tu es. C'est ce qui te motive à faire des choix comme… T'engager ou non…

- Tu es déçue ?

- Non déçue n'est pas le mot, réfléchit Octavia. Surprise plutôt. Je sais qu'on ne se connaît pas depuis très longtemps Linc', mais tu comptes pour moi... J'espère pouvoir rester à tes côtés et te soutenir dans tes décisions…

Octavia regarda son assiette et rougit. Elle sentit la main de Lincoln attraper la sienne et elle s'efforça de relever le regard vers lui.

- Je t'aime Octavia Blake et j'espère que tu resteras à mes côtés.

- Nous sommes deux maintenant… Si tu es à terre, relève-toi. Nous nous battons.

Octavia lui sourit, et ajouta gênée :

- Je t'aime aussi, au fait.


Lexa savourait les caresses de Clarke le long de ses bras. Elle lui faisait dos mais était prête à parier que la blonde arborait un grand sourire, comme elle-même le faisait en cet instant. Lexa se retourna et sourit plus encore en remarquant qu'elle avait raison.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Clarke.

- Rien. Tu es belle…

- C'est ce qui te fait sourire ?

- Ce n'est pas une raison suffisante ? s'amusa Lexa.

- Si… Je pensais que mes prouesses sexuelles y étaient pour quelque chose, je suis un peu déçue, sourit Clarke.

Lexa rit et enlaça sa petite amie avant de laisser dériver ses lèvres jusqu'à son cou. Elle remonta lentement jusqu'à l'arrière de son oreille où elle déposa un dernier baiser.

- Tes prouesses sexuelles, c'est la raison pour laquelle je suis assoiffée, murmura-t-elle.

Elle se leva, nue, en lançant un clin d'œil à Clarke et se dirigea vers la cuisine. Elle attrapa une petite bouteille d'eau dans le réfrigérateur et retourna auprès de sa belle. Elle tendit la bouteille que Clarke accepta avec un bonheur non dissimulé.

- Même quand tu bois, tu es belle, commenta Lexa d'un air dépassé.

Clarke éclata de rire non sans laisser un peu d'eau s'échapper d'entre ses lèvres. Lexa reprit immédiatement son sérieux, et sentit son corps s'embraser à cette vision. Elle s'approcha de Clarke, et fit cesser, de sa langue, la course d'une goutte qui s'échappait entre les seins de Clarke. Cette dernière reposa la bouteille, sentant le changement d'ambiance brutal. Elle se laissa faire lorsque sa petite amie l'embrassa presque sauvagement, la forçant à se rallonger. Sous le poids de son corps, Clarke se sentit presque vulnérable, mais la passion dont faisait preuve Lexa la laissait s'enfoncer plus encore dans son désir.

La bouche de Lexa passa le long de sa mâchoire, à sa clavicule jusqu'à la naissance de ses seins. Le seul passage de ses lèvres sur sa peau semblait enflammer Clarke. Elle fit glisser ses bras sur les côtés, et se saisit du drap comme si sa vie en dépendait. Déjà, Lexa était descendue jusqu'à ses hanches, puis ses cuisses, avant d'atteindre le cœur de sa convoitise. Une main sous chaque cuisse, Clarke se laissa une fois de plus envahir par un plaisir jusqu'alors jamais ressenti. Elle laissa échapper un gémissement, qu'elle tenta de retenir. Lexa remonta lentement en prenant bien soin de laisser un contact entre sa peau et le point de plaisir de Clarke, et lui demanda de se laisser aller, en lui rappelant qu'elles étaient seules. Il n'en fallut pas plus à Clarke pour céder. Lexa lui faisait ressentir tant de choses, qu'elle ne pourrait de toute façon pas résister bien longtemps. Lexa avait retrouvé sa place et Clarke se laissa complètement aller. Alors que son souffle se faisait de plus en plus court et ses gémissements de plus en plus forts, elle lâcha un râle infini et sentit tous ses muscles se crisper un à un. Un nouvel orgasme s'emparait de tout son être, plus puissant encore que le dernier, et probablement moins que le prochain.

C'est alors qu'elle prit conscience d'une chose à laquelle elle n'avait pas encore pensée. Lexa avait tous les pouvoirs sur elle. Pas parce qu'elle excellait au lit ou qu'elle pouvait l'amener en week-end aux quatre coins du monde mais bien parce qu'elle était éperdument amoureuse d'elle depuis bien plus longtemps qu'elle ne voudrait jamais l'admettre. Tout prenait sens. Sa jalousie, son envie irrépressible d'être à ses côtés, sa fierté lorsqu'elle réussissait quelque chose... Elle l'avait toujours vue comme bien plus qu'une amie… Et le cri qu'elle avait lâché ce soir n'était pas seulement le témoin de son extase, mais celui du soulagement… Elle n'était plus en mesure de lutter.

- Pourquoi es-tu si soucieuse après l'amour ? s'inquiéta Lexa.

- Je ne suis pas soucieuse, tenta Clarke.

- Ce n'est pas ce que le froncement de tes sourcils et ta mâchoire crispée disent.

- Je me demandais juste… pourquoi on a attendu si longtemps ?

- Je ne sais pas, sourit Lexa. Ça semblait ne pas être une bonne chose. Parce que notre amitié était trop précieuse pour la mettre en danger.

- Et maintenant ?

- Notre attirance est beaucoup trop grande pour essayer de la repousser… souffla Lexa.

Clarke hocha la tête. Elle ne savait pas vraiment si elle était la seule à ressentir tout ça, ou la seule à se rendre compte de ce qui se tramait depuis si longtemps dans sa tête. Peut-être que Lexa ne ressentait rien de tout ça, ou peut-être que ça ne lui avait jamais traversé l'esprit avant… Clarke n'en savait rien, et elle était beaucoup trop bien pour commencer à penser à ça.

Là, dans les bras de Lexa, près de son cœur qu'elle pensait pourtant inaccessible, elle se laissa emporter par le sommeil.


Raven avait passé une très bonne soirée. Elle avait réussi à agir presque normalement avec Anya, qui l'avait raccompagnée vers minuit. Même si cela lui avait demandé beaucoup d'effort, elle ne lui avait même pas proposé d'entrer (ses colocataires l'auraient tuée en sachant qu'elle enfreignait la loi qu'elle avait elle-même imposée). Et Anya… avait été une partenaire de soirée parfaite. Raven avait été traitée en princesse toute la soirée, chose qu'elle appréciait particulièrement.

C'est donc heureuse, de bonne humeur et particulièrement excitée à l'idée de raconter sa soirée à Lexa qu'elle se leva à 6h comme tous les mardis : jour du footing partagé avec sa colocataire. Elle enfila un débardeur, un pull à manches longues et col roulé ainsi qu'un legging sobre et sortit enfiler ses baskets de course. Elle fut d'abord surprise de ne pas entendre de bruit dans la chambre de Lexa. Et plus surprise encore lorsqu'elle ouvrit la porte et trouva ladite chambre vide, le lit fait et les volets ouverts.

Lexa a découché ?

La surprise laissa place à l'incompréhension. Octavia était rentrée juste après elle et lui avait raconté toute l'histoire de Lincoln. Elle lui avait aussi dit que Lexa et Clarke en avait profité pour passer une soirée entre « meilleures copines » comme avait dit Octavia en mimant les guillemets et en levant les yeux au ciel.

Une idée traversa alors l'esprit de Raven. Les efforts pour agir normalement étaient déjà oubliés, et elle se dirigea au pas de course vers la chambre de Clarke. Plusieurs options s'offraient à elle. Elle pouvait entrer sans frapper, et prendre le risque de tomber sur ses deux meilleures amies en train de pratiquer ce qu'elle se plaisait à appeler du sport de chambre. Et si ce n'était pas le cas, elle prenait le risque de réveiller Clarke très tôt, sans douceur… ce qui pouvait amener un résultat bien pire encore. Ou bien, elle pouvait toquer, attendre que Clarke se réveille et entrer doucement. Après tout, ses spéculations pouvaient être complètement infondées.

Elle finit par opter pour la dernière option, sans avouer qu'elle était légèrement effrayée par l'idée qu'elle se faisait de Clarke à cette heure-ci. Elle toqua donc délicatement contre la porte en bois. Comme personne ne répondait, elle toqua un peu plus fort.

Clarke se réveilla au deuxième coup. Elle n'eut pas le temps de savourer son réveil qu'elle prit conscience de la situation à laquelle elle allait être confrontée. Qui qui toque derrière cette porte allait la surprendre au lit avec sa meilleure amie. La panique s'empara d'elle et elle réveilla sans délicatesse Lexa. Elle la secoua vivement et plaqua une main contre sa bouche pour qu'elle ne fasse pas de bruit, et lui fit un signe de tête vers la porte.

- Clarke ? entendit-elle de l'autre côté.

Lexa comprit et ses yeux s'écarquillèrent. Elle mima plusieurs fois le mot « Merde » silencieusement en tentant de trouver une solution. Et dans la panique, la seule solution qui lui vint fut de se cacher derrière le lit. L'espace entre le lit et le mur était extrêmement petit, mais au moins, ça n'éveillerait pas les soupçons. Nue, elle se glissa sur le côté et dit à Clarke de faire semblant de dormir alors que les coups sur sa porte se firent plus insistants.

Et lorsque Raven ne tint plus, elle ouvrit la porte, tombant sur une Clarke visiblement endormie.

- Clarke tu dors ?

Clarke grogna le plus profondément possible et resserra les draps autour d'elle.

Pourvu qu'elle ne s'aperçoive pas que je suis nue…

- Putain Rae', qu'est-ce qu'il y a ?

Clarke n'était généralement pas vulgaire, mais tout le monde savait que la réveiller trop tôt faisait partie des pires erreurs possibles. Il lui fallait donc être crédible, même si le souvenir de la nuit dernière la poussait à sourire.

- Euh, je… hésita Raven. Tu ne sais pas où est Lexa ?

Clarke fronça les sourcils et fit mine de s'énerver. Elle voulut se relever sur ses avant-bras mais se souvint qu'elle était nue et que ce geste risquait de la découvrir. Elle se contenta donc de râler une seconde fois.

- Mais qu'est-ce que j'en saurais Raven ?!

- Je pensais que peut-être elle était avec toi… commença Raven, visiblement mal à l'aise.

Clarke déglutit et se sentit mal. Elle pensa un instant que Raven était rentrée plus tôt que prévu et qu'elle les avait entendues. Et pourtant, Raven n'avait pas l'air sûre d'elle. Clarke paria donc plutôt sur l'imagination débordante (quoiqu'un peu trop juste en ce moment) de son amie.

- Qu'est-ce qu'elle foutrait dans ma chambre ? demanda Clarke.

Décidément, ce n'était pas DU TOUT son vocabulaire habituel, même pour un réveil trop matinal.

- Je ne sais pas, c'est mardi et le mardi on court ensemble mais sa chambre est vide et rangée.

- Sa chambre est TOUOURS rangée, fit remarquer Clarke.

- Oui non mais comme vous avez passé la soirée ensemble…

- Elle a dû aller courir seule Rae', qu'est-ce que tu veux que je te dise ? J'en sais rien…

Clarke feignit l'agacement, en espérant que Raven allait lâcher l'affaire. Mais elle connaissait Raven… Trop bien.

- Tu es sûre qu'elle ne t'a rien dit ? insista la brune.

- Raven !

- Ok, ok, d'accord !

Raven battit en retraite, et Clarke eut le temps de la voir mettre ses écouteurs avant qu'elle ne ferme totalement la porte. Elle attendit que la porte d'entrée ait claqué, et attendit encore 5 minutes, une fois n'est pas coutume, pour être sûre qu'elle était vraiment partie.

- Lex ? chuchota-t-elle, sans réponse. Lexa ? Tu t'es rendormie ?

- Non je suis tombée dans les pommes quand j'ai vu l'état du sol sous ton lit.

- Rooooh maniaque… railla-t-elle

- Mais tu tires le lit pour passer l'aspirateur des fois ? demanda sérieusement Lexa en se relevant.

- Euh ça m'arrive… mentit la blonde. Peu importe, il va falloir que tu trouves une excuse en béton. A mon avis, le seul footing que tu vas pouvoir faire ce matin c'est celui entre ma chambre et la tienne. Vérifie qu'elle soit vraiment partie, j'ai déjà eu des mauvaises surprises… rappela-t-elle.

- C'était mon idée aussi surprenant soit-il, expliqua Lexa.

- Ah la jalousie… se moqua Clarke.

Lexa ne répondit pas et se contenta d'enfiler ses vêtements de la veille avant de déposer un léger baiser sur les lèvres de Clarke.

- C'est tout ?

Pour seule réponse, elle obtint un clin d'œil de sa partenaire.

Lexa ouvrit tout doucement la porte et vérifia tout de même que Raven n'ait pas eu la même idée qu'elle. Une fois sûre que la voie était libre, elle courra en silence jusqu'à la porte d'entrée, la claqua comme si elle venait de rentrer et finit de courir jusqu'à sa chambre. Elle attrapa des affaires en vitesse et se dirigea vers la douche, un grand sourire aux lèvres.


Et voilà ! C'est le plus long chapitre jusqu'à présent (bah ouais faut bien que je me fasse pardonner !)

J'espère qu'il vous a plus, personnellement j'ai rigolé toute seule en imaginant la scène.

Je vous dis à très vite ! Plein de bisous à vous, et bonnes vacances ;)

Skippy1701 : La suite est-elle à la hauteur ? :) Merci de continuer à lire et commenter mes chapitres... Merci vraiment.

LKim : Le brevet ? Alors ? C'est bon ?! Rolala, tu as vraiment cru que j'allais faire de Lincoln un escroc ? Aha ! Ca ne lui irait pas du tout !

Clara333 : Merci de ton soutien c'est adorable ! J'espère que ce chapitre t'a plu. Pour le coup tu avais plutôt raison ;)

Chatow : Merci merci, mille fois merci ! J'espère que celui-ci sera tout aussi au poil !

Edas44 : J'ai essayé de mettre un peu plus de Clexa... J'espère que ça t'a plu ;).

Rosiie09 : Merci pour tous tes petits compliments, ça me fait chaud au coeur. Quand je les lis j'ai un petit sourire et je suis trop contente ! Merci à toi ! J'espère que ce chapitre t'a plu !

loveserieslove : Merci de tes compliments !

allyread78 : Je suis ravie qu'elle t'ait plue ! Waouh tu as vraiment enchaîné... Voilà la suite, j'espère qu'elle sera à la hauteur ! Bienvenue à toi sur ma fic alors ;).