Le Pacte du Sang – Chapitre 28 – La brûlure du sang
La jeune sorcière s'était jetée sur le lit, en sanglotant toujours. Elle ferma les yeux et pleura pendant de longues minutes, libérant toute la tension qu'elle avait ressentie ces quelques dernières minutes. Cela avait été horrible. Cet homme était différent de Queudver – il était même le contraire, car Lucius Malefoy était un bel homme, grand et mince, comparé à un Peter Pettigrow, laid, petit et râblé. Mais il y avait dans ses yeux ce qui s'apparentait au regard lubrique qui la poursuivrait pour le restant de ses jours. Lui aussi s'était montré brutal. Les joues de la jeune femme brûlaient toujours des gifles qu'il lui avait données. Elle n'osait pas penser à ce que aurait pu se passer ensuite, si Severus n'était pas arrivé à temps.
Tout ceci la renvoya à l'époque où Severus se comportait de manière similaire avec elle. Même si elle avait fini par comprendre que cela faisait partie intégrale d'une comédie jouée devant Queudver et destinée à le duper, sur le moment, cela avait été carrément pénible et effrayant.
Severus... A son sujet, était-il vraiment sincère dans ses menaces proférées quelques minutes auparavant ? Amelia avait l'impression qu'il l'avait été. Ou alors il était de plein droit un acteur formidable. Au moins, l'enchantement du pacte du sang avait fonctionné. Il s'était pointé avec un timing parfait. Pourtant, elle avait désormais peur de ses réactions. Elle savait combien possessif il était. Il avait eu l'air authentiquement outragé par la vue de Lucius Malefoy sur le point d'avoir une relation sexuelle avec elle.
Comme si j'avais voulu tout ça... Amelia songea à son amant perdu. Oh Terence ! Le souvenir du bien-aimé défunt la fit sangloter encore plus. Pourquoi ne m'ont-ils pas tuée avec toi, pour commencer ? Pourquoi n'ai-je pas été tuée avec les Coeurdaigle ? Pourquoi est-ce que le Seigneur des Ténèbres ne m'a pas tuée au lieu de me donner à... Elle sanglota et se lamenta encore plus bruyamment. Pourquoi ne suis-je pas morte en accouchant ?
Elle connaissait la réponse. Le charme de protection que Terence avait placé sur elle avait bien marché et apparemment, malgré qu'elle ait donné le pendentif serpent à sa petite Eileen, il était toujours efficace d'une manière ou d'une autre. Un Serpentard veillerait toujours sur elle, la protégerait, ne lui ferait jamais de mal. Même quelqu'un d'aussi impitoyable que Voldemort. Ou que Lucius Malefoy.
Il avait fallu un Gryffondor pour lui nuire véritablement. Peter Pettigrow.
Ses sanglots se dissipèrent peu à peu. Lorsque Severus entra dans la chambre, il la trouva couchée sur le lit, le visage toujours ruisselant de larmes, même si elle ne pleurait plus.
"Amelia..." fit-il doucement en posant une main sur l'épaule de la jeune femme. "Comment allez-vous ?"
Comme elle ne répondait pas, il insista. "Amelia, dites-moi, est-ce qu'il... vous a fait mal ?" Il remarqua que tout le corps de la sorcière était tendu, comme sur le point de se briser.
Elle leva le regard vers lui, les yeux rougis par les larmes, et elle commença à trembler. Il était là et la frayeur revint en elle immédiatement. Que lui ferait-il maintenant ?
Severus le perçut d'une certaine façon. Il devait la rassurer. Il n'était pas très doué pour gérer les émotions d'autrui. Mais cette fois, il n'avait pas le choix. Il soupira imperceptiblement. "Je ne vous ferai pas de mal, Amelia. Tout ceci... n'était qu'une comédie, vous comprenez ? Je devais le faire. Me montrer injuste envers vous. Tout autre comportement aurait paru suspect. Lucius Malefoy est loin d'être un crétin."
Ses paroles semblèrent avoir pénétré l'esprit de la jeune femme, enfin. Elle ferma les yeux, le temps pour elle d'en saisir le sens et de les laisser la réconforter. Elle ne répondit rien mais bougea une seule partie de son corps. Elle ouvrit le poing. Severus le vit et comprit immédiatement.
Quelques cheveux blonds se trouvaient au creux de la paume de sa main.
"Oh, Amelia..." dit-il dans un souffre. Elle avait réussi.
Severus fit apparaître du néant une petite fiole, dans laquelle il mit les cheveux qu'elle avait obtenus. Une vague d'admiration s'éleva des profondeurs de l'âme du Maître des Potions. Une fois qu'il en eut terminé avec les cheveux, il posa la fiole sur la table à côté et la prit entre ses bras. "C'est fini, Amelia... c'est fini... vous avez été admirable..." Il la berça tout contre lui pendant de longues secondes.
Il n'avait pratiquement pas conscience de ce qu'il était en train de faire. Il agissait seulement par instinct. Sa main caressait même le visage de la jeune femme. Elle avait dû être giflée là, car ses joues étaient rouges. Il jeta un charme de guérison à cet endroit. Amelia ouvrit des yeux mi-clos et eut un regard de gratitude pour lui. "Maître... merci... beaucoup..." fut tout ce qu'elle put dire.
Sa propre main vint toucher le visage de l'homme, pour le caresser. "Maître..."
C'en fut trop pour Severus. Il abolit la distance entre eux et posa ses lèvres sur les siennes avec délicatesse. Ils restèrent ainsi pendant de longues secondes. Puis il sentit les lèvres de la sorcière remuer contre les siennes. Il rompit le contact, au grand étonnement d'Amélia.
"Maître... pourquoi vous êtes-vous arrêté ?"
Amelia lut dans le regard du sorcier qu'il ne comprenait pas sa question. Les paroles suivantes de Severus le lui confirmèrent. "Je croyais que... vous n'aimiez pas ça."
Elle lui sourit avec gentillesse et une fois de plus, ses doigts caressèrent la joue de l'homme. "Non, au contraire... j'ai aimé. Beaucoup."
Cette fois, ce fut Amelia qui se redressa pour prendre ses lèvres. Il fut surpris par ce contact et le rompit à nouveau, comme s'il était réticent à continuer. "Je suis désolée, Maître. Je..." Elle ne trouvait plus ses mots face à son comportement, elle baissa les yeux. "Veuillez m'excuser, Maître." Elle voulait s'éloigner de ses bras mais elle ne le pouvait pas. Elle s'y sentait bien, protégée et abritée.
"Amelia..." dit Severus après de longues secondes. "Je n'ai pas l'habitude de ça..."
Elle leva les yeux pour rencontrer les siens. "Ca fait longtemps que vous n'avez pas été embrassé ?" Elle sourit avec douceur. "Pas de problème, Maître. C'est pareil pour moi. Je crois que ça nous met à égalité." Elle caressa la ligne de sa mâchoire, puis le bout de ses doigts touchèrent les lèvres du sorcier, comme fascinés par leur forme et leur texture. A le regarder de si près, elle remarqua qu'il avait une jolie bouche, avec un beau dessin. Une lèvre supérieure fine, tandis que sa lèvre inférieure était plus pleine.
Amelia posa une main sur le cou de l'homme pour l'attirer vers elle. Leurs lèvres se trouvèrent à nouveau. Ils continuèrent à s'embrasser avec douceur pendant de longues secondes. Severus resserra son étreinte autour d'elle. Elle ne protesta pas et il la garda ainsi, tout contre lui.
A un moment, Amelia voulut approfondir le baiser. Sa langue s'inséra entre les dents de l'homme, pour lui attraper la sienne. Mais là encore, Severus rompit le baiser. Elle le fixa du regard. Elle ne savait pas utiliser la Légilimencie, pourtant elle lisait dans ses yeux combien il était gêné.
"Vous n'avez jamais été beaucoup embrassé avant, Maître." C'était plus une constatation qu'une question.
"Non. Pas trop, en effet," confessa-t-il dans un souffle. Il ne parvenait pas à se rappeler s'il avait jamais été embrassé ainsi. Si cela avait été le cas, ce se serait passé il y avait fort longtemps. Lily ne l'avait jamais embrassé. Oh, il y avait bien les accolades amicales occasionnelles qu'elle pouvait lui donner. Mais cela avait été tout.
Amelia lui sourit. "Ne vous inquiétez pas, Maître. Laissez-moi faire. C'est très... agréable," murmura-t-elle. Elle lui caressa la joue encore, dans un geste réconfortant. Une fois de plus, leurs bouches se rencontrèrent l'une l'autre. Bientôt, la langue de la jeune femme se fraya un chemin vers celle de l'homme et la captura. Ce ne fut qu'une touche légère, extrémité contre extrémité, mais après quelques secondes passées ainsi, Amelia approfondit le contact encore plus et ils furent rapidement pris dans une étreinte qui les mit hors d'haleine après de longues, longues secondes passées à s'embrasser comme le feraient deux amants.
Leurs lèvres se séparèrent enfin. Leurs yeux se rencontrèrent à nouveau. Amelia lui sourit. "Vous avez aimé, Maître ?"
Les lèvres de Severus se courbèrent légèrement. Il n'avait pas l'habitude de sourire non plus. "Oui, bien sûr, Amelia," répondit-il doucement. Il lui caressa le visage, déplaçant de côté une boucle des cheveux de la jeune sorcière. "Puis-je... ?"
"M'embrasser encore ?" acheva-t-elle pour lui. "Mais oui !" Elle lui décocha un large sourire, pour lui montrer que non seulement elle y consentait, mais aussi qu'elle appréciait beaucoup ce contact si proche avec lui.
Severus posa ses lèvres sur les siennes. Sa langue trouva la sienne, timidement, et une fois de plus, ils s'embrassèrent avec une tendre passion. Amelia était surprise de voir combien il pouvait se montrer doux dans une situation aussi intime. Elle ne l'avait pas imaginé ainsi, lui le Mage Noir, le revêche Maître des Potions et le froid Professeur qu'il était.
Soudain, ce fut comme si un barrage avait cédé. Le flot de la passion et du désir de Severus le submergea. Ils étaient toujours sur le lit et il roula sur elle. Mais elle ne se rebella pas, elle se contenta de continuer à l'embrasser avec délice, ses mains nouées autour du cou et des épaules de l'homme. De temps à autre, un petit gémissement d'appréciation se faisait entendre d'elle – ce qui plut énormément à Severus. De la sorte, il savait qu'il agissait bien, ce qui le rassura dans son aptitude toute nouvelle à embrasser.
Mais il sentit rapidement qu'il en voulait plus. Dans un éclair, tout ce qu'il avait vu d'elle lui revint à l'esprit. Tout ce qui s'était passé entre eux auparavant. De la nuit où le Seigneur des Ténèbres la lui avait donnée, aux moments où il l'avait aidée à tirer son lait. Quand ils partageaient tous les deux le même lit, quand il l'avait serrée tout contre lui pour la protéger au Ministère de la Magie. De sa violence physique envers elle, aux soins qu'elle lui avait prodigués et ses doigts de femme sur sa peau. De sa chair d'homme qui se durcissait à cause d'un contact prolongé entre eux, à la soumission dont faisait preuve la jeune femme – tout ceci contribua à alimenter son désir d'elle. Il bandait et il avait besoin de se soulager. Son corps était en feu, ainsi que son âme, tout à fait comme auparavant, lorsqu'il avait senti son sang brûler dans ses veines, par le pacte du sang.
"Je vous veux, Amelia..." murmura-t-il dans le cou de la sorcière, en l'embrassant là où il l'avait mordue.
Ils s'assirent sur le lit et se regardèrent. Cette fois, Severus pouvoir lire l'appréhension dans les yeux de la jeune femme. Mais de la confiance aussi. "Maître... je suis... terrifiée..."
Sa vulnérabilité le toucha profondément. "Ca fait deux avec moi, Amelia. Je..." Je serai maladroit.
Elle perçut que s'il n'avait pas été beaucoup embrassé, il se pouvait qu'il n'avait pas beaucoup fait l'amour non plus. Elle posa un doigt sur la bouche de l'homme. "Ne vous inquiétez pas, Maître. Nous prendrons notre temps." Elle baissa les yeux. Elle l'avait déjà fait avant. Mais elle avait été violée aussi. "J'ai confiance en vous, Maître." Serez-vous doux avec moi ?
C'était tout ce que Severus avait besoin d'entendre. Il lui caressa le visage. Ses doigts descendirent le long du cou, et s'arrêtèrent sur le collier – son collier. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle était belle et désirable. Une vague de possessivité le submergea. Puis ses mains descendirent vers la poitrine de la jeune femme. Là, il l'aida à enlever sa chemise. Elle était nue dessous. Tout comme Lucius s'était posé la question, il se demanda si elle était nue aussi sous sa jupe.
De son côté, Amelia commença à déboutonner sa redingote. Lorsqu'elle eut fini, il l'enleva, ainsi que le gilet qu'il portait dessous. Toutes ces épaisseurs de vêtements... songea-t-elle. Mais elle l'avait déjà vu à moitié dénudé, quand elle l'avait soigné après sa dernière visite au Seigneur des Ténèbres. Pourtant, cette fois, après qu'elle a ouvert sa chemise, il lui fit signe qu'il la garderait sur le dos. Amelia était bien consciente qu'il était pudique et elle n'insista pas.
Elle ne pouvait pas imaginer combien Severus avait honte de la Marque des Ténèbres qu'il portait sur sa chair, au point qu'il voulait la cacher sous plusieurs épaisseurs de vêtements. Même lui évitait de regarder ce douloureux rappel de sa folie de jeunesse. L'une des plus terribles erreurs qu'il avait jamais commises dans sa vie.
Contrairement à Lucius, Severus n'avait pas osé aventurer ses mains sous la jupe de la jeune sorcière. Elle avait perçu combien il était soudainement devenu timide. Ou bien était-ce seulement du soin et de l'attention, de la part d'un homme suffisamment prévenant pour prendre en considération le fait qu'elle avait été violée et qu'elle ne devait pas être bousculée ? Un homme qui manifestement préférait la laisser faire, la laisser suivre son rythme.
Ils étaient tous les deux assis sur le lit. Severus tourna son attention vers ses propres chaussures qu'il enleva. Amelia profita de ce moment pour enlever sa jupe, pendant qu'il avait ses yeux ailleurs. Elle le voulait aussi mais elle avait peur. Queudver lui avait enlevé ses habits avec brutalité et l'aide de la magie. Cette fois, ce serait elle qui les enlèverait.
Lorsque Severus se tourna de nouveau vers elle, il fut surpris par la nudité intégrale de la jeune femme. Ses lèvres s'entrouvrirent. Elle était une vraie beauté, bien plus qu'il aurait imaginé. Même s'il l'avait aidée à accoucher, il n'avait rien vue d'elle en dessous de la taille. Une émotion puissante submergea son âme.
Des seins généreux, une taille fine, ça, il l'avait déjà vu. Mais des hanches larges, des cuisses rondes, un ventre qui paraissait confortable... Severus prit le temps de la regarder et il la désira encore plus, tandis qu'en même temps, il l'imagina être violée. Elle était semblable à une fleur délicate, une poupée de porcelaine, qui devait être maniée avec soin et attention. Serai-je capable de faire ça ?
Le meilleur moyen de le savoir, c'était encore de le faire. Maintenant.
"Maître..." murmura Amelia tout en tendant la main vers lui dans un geste d'invite.
Severus la prit dans la sienne et en quelques secondes, il fut couché sur elle. Il se rappela leur tout premier contact, dans cette même chambre, sur ce même lit, la nuit où il avait fait semblant de la violer pour ne pas susciter les soupçons de Queudver. Il ne l'avait pas du tout touchée. Il s'était contenté de la gifler et de la mordre dans le cou. Le pacte du sang. Tu m'appartiens.
Mais à présent, ce n'était pas la conduite qu'il allait tenir. Il se comporterait comme un amant. Son amant. Il l'embrassa encore, toujours un peu maladroitement mais cela ne la gênait pas. Il était tendre dans sa maladresse et elle appréciait énormément.
"Vous êtes mienne, Amelia," dit Severus d'un ton rauque après s'être arrêté de l'embrasser.
Elle lui sourit tendrement et lui prit la main dans la sienne. Elle la posa sur sa poitrine. Le contact fut électrisant – pour tous les deux. "Maître..." On eut dit une supplique. "Oui... je suis à vous... Maître..." Elle était étonnée de ses propres paroles. Elle n'avait jamais pensé qu'elle pourrait être capable de les prononcer à nouveau, à un autre homme. Il y avait eu la mort de Terence, puis le viol. Elle avait été encore plus étonnée de dire ces paroles à cet homme. Severus Rogue était un Mangemort. Il était l'ennemi. Il était supposé mépriser les gens de sa naissance. Il était supposé la traiter comme un elfe de maison et même pire encore. Il était supposé user d'elle comme d'une esclave, pour satisfaire ses propres fins.
Mais il ne l'avait pas fait. Ou bien cela n'avait été qu'une comédie.
"Oh, Amelia..." murmura-t-il avant de se séparer d'elle. Il était assis sur ses talons, entre les jambes de la jeune femme, à ouvrir son pantalon, son regard toujours fixé sur le sien. Il sortit son sexe. Il était dur à présent, c'en était douloureux. Il avait besoin de la prendre. Il sentit la ruée du désir le submerger, mais il ne voulait pas aller trop vite et la blesser. Lentement, il se pencha vers elle, s'appuyant sur ses propres mains, lui embrassant la mâchoire, puis dans le cou et sur le collier. "Amelia..."
Severus sentit son membre toucher la peau de la jeune femme, son ventre, avant de reposer sur son sexe. C'était délicieux – insupportablement délicieux. La sensation lui envoya un coup dans tout le corps. Il ne put se contenir plus longtemps. "Aaaah... Amelia... Aaaah..." grogna-t-il avant de laisser sa semence s'échapper sur le ventre de la sorcière, dans un orgasme que sa main ne lui avait jamais procuré auparavant.
Il avait l'air d'avoir commis un faux-pas majeur. Il se sentit mortifié par son échec et il détourna les yeux d'elle. En voilà un amant ! Pas même capable de la satisfaire de manière correcte.
Amelia comprit tout de suite ce qu'il s'était passé. Elle s'assit dans le lit et d'un élégant mouvement de la main, elle invoqua Récurvite pour faire disparaître le résultat de son désir. Puis elle tourna son attention vers lui. Elle lui prit le menton entre les doigts pour l'obliger à la regarder. Il donnait l'impression de se sentir honteux.
"Maître... ce n'est pas un problème. Ca arrive parfois... lorsque le désir est très, très puissant. Rien que de très normal. Pas de quoi s'inquiéter."
Il la fixa du regard, une question muette dans ses yeux sombres, à laquelle elle répondit par un doux sourire. "Vous en êtes... sûre ?" demanda-t-il d'un ton hésitant.
Elle hocha la tête. "Oui, bien sûr. Maintenant, allongez-vous ici et détendez-vous. Il n'y a rien de grave et il n'y a pas de mal à éprouver un désir intense. Au contraire."
Severus fit ce qu'elle lui dit. C'était l'expérience qui parlait. Après tout, c'était elle qui savait, de son point de vue à lui. Il s'allongea à côté d'elle. Elle avait raison, cette sensation avait été particulièrement violente et inattendue. Et pourtant, profondément agréable. "Je suis... eh bien... Amelia... je ne suis pas arrivé à... vous satisfaire... correctement," parvint-il à dire après quelques minutes passées en silence. La jeune sorcière avait posé sa tête sur la poitrine de Severus.
Elle se hissa sur ses bras pour mieux le regarder. Leurs yeux se rencontrèrent. "Maître... ça ne veut pas dire que vous ne serez pas capable de me satisfaire plus tard."
Il l'observa, la surprise se lisant sur son visage. "Parce que... vous serez d'accord pour le refaire ? Avec moi ?"
Elle lui sourit. Il était si loin de l'homme habituellement si sûr de lui-même. "Mais bien sûr que oui." Il y avait une vulnérabilité en lui qui l'interrogea. Mais son train de pensées avait dû rater une étape ou deux car elle ne comprenait pas comment un homme tel que lui, si confiant en ses pouvoirs, à la magie si puissante, pouvait manquer tant de confiance en soi au lit quand il s'agissait d'y faire l'amour. Il n'était certainement pas homosexuel car il appréciait avoir une activité sexuelle avec elle. Le problème n'était donc pas là. Amelia décida de laisser la question de côté pour le moment. S'il voulait parler, il le ferait quand il serait prêt.
Elle se pencha vers lui et commença à lui caresser le visage. Elle finit par l'embrasser à nouveau. Il la laissa faire, appréciant son initiative, rassuré qu'elle ne tenait pas compte de ses précédentes défaillances. A un moment, elle jeta un coup d'oeil au corps de l'homme. "Maître... vous êtes prêt ?"
"Prêt ?"
"Je veux dire... Vous voulez continuer ? Avec moi ?" Amelia était étonnée de sa propre audace. Elle se sentait à présent excitée sexuellement. Tout ce désir contenu qu'elle avait éprouvé progressivement avec lui, à cause de lui, ce désir voulait maintenant trouver un exutoire. Elle accueillit cette sensation avec joie. La peur de l'homme induite par le viol s'éloignait.
Severus se hissa sur les coudes. "Vous le voulez vraiment ? Avec moi ?"
"Oui, Maître." Ses hésitations ne correspondaient pas au désir manifeste qu'il éprouvait pour elle. Mais elle se retint de demander ce qu'il se passait, de crainte que cela puisse briser la magie à l'oeuvre entre eux. Elle avait peur qu'il se replie sur lui-même, Amelia prit une autre initiative : elle le chevaucha et commença à l'embrasser à pleine bouche. Severus fut surpris mais il devait admettre que l'initiative de la jeune femme était la bienvenue. Il sentit qu'elle lui prenait les deux mains pour les poser sur ses hanches. Il pouvait aussi sentir le sexe féminin entrer en contact avec son membre. La sensation fut différente cette fois : cette partie du corps de la femme qui à présent se frottait sur son propre sexe, était chaude et même humide. Il gémit dans leur baiser. C'était définitivement délicieux. Une sensation débordante.
Amelia bougea un peu pour qu'il la pénètre. Mais le côté dominant de Severus prit le pas dans son esprit. Il la saisit par la taille et roula sur elle. Cette fois, il irait jusqu'au bout, comme il le faudrait, comme un véritable amant le ferait. Elle avait été surprise mais le laissa faire. S'il se sentait plus sûr de lui ainsi, pourquoi pas.
Une des mains de Severus se perdit entre les cuisses de sa partenaire, où il tâtonna maladroitement pour se positionner. Amelia ferma les yeux, à la fois savourant d'avance la sensation à venir, et appréhendant l'instant où il la prendrait. Elle espéra seulement qu'il ne lui ferait pas mal. Elle lutta contre sa peur, en utilisant les souvenirs merveilleux lorsqu'elle faisait l'amour avec Terence. Si elle avait déjà eu du plaisir avec un homme, cela pourrait recommencer pour elle.
Severus parvint à trouver l'entrée et il poussa en elle d'une seule poussée, un grognement sur les lèvres. Amelia avait été surprise et elle s'accrocha à lui, en gémissant doucement.
La sensation fut merveilleuse pour Severus. C'était si bon pour lui. Elle était si bonne pour lui. Il resta immobile pendant quelques secondes, émerveillé par la sensation de la cavité humide et chaude de la jeune femme qui l'entourait, le prenant entièrement, l'enserrant parfaitement. Il n'avait jamais imaginé ressentir une telle sensation. "Amelia... Amelia..." gémit-il. "C'est... si... bon..."
Bientôt, il ne put plus se contenir et il commença à se mouvoir en elle. La sensation devint de plus en plus extraordinaire. Plus il se trouvait en elle, à bouger en elle, plus il voulait le faire, plus il la désirait. Puis il se passa quelque chose. Les seules images qui lui revinrent à l'esprit à cet instant, furent celles où il avait été témoin des viols commis pendant les orgies données par le Seigneur des Ténèbres, la façon dont les autres hommes prenaient les femmes – avec ou sans leur consentement. Il perdit le contrôle sur lui-même et commença à pomper en elle avec brutalité.
Ils avaient été brutaux. Ils avaient joui de cette brutalité. Les femmes qui avaient été consentantes, avaient semblé apprécier le comportement des hommes. Quant aux autres... qui s'en souciait ?
Severus continua, s'accrochant à Amelia, la saisissant par les épaules, son sexe martelant en elle pas si doucement, tant la sensation était violemment délicieuse pour lui. Il n'avait en effet jamais éprouvé une telle sensation auparavant. A présent, il exprimait bruyamment son plaisir, affirmant qu'elle était son bien, sa soumise, sa maîtresse, sa sorcière. Sienne. Elle lui appartenait corps et âme et rien ne pourrait y changer.
"Maître... S'il vous plaît... plus lentement... je vous en prie..."
Mais Severus ne l'entendait pas. Il était complètement capturé par son propre plaisir. Il ne pouvait ralentir. Il ne le voulait pas. "Tu es mienne... Amelia... Mienne !" Il ne voyait même pas les larmes qui avaient commencé à embuer les yeux de sa partenaire. Pour qu'elles ne coulent pas, la jeune sorcière avait fermé les yeux, en espérant que le rapport sexuel serait bientôt fini, ainsi que sa brutalité.
"Tu m'appartiens... A moi... A moi seul... Tu es mienne !"
"Maître... je vous en supplie..." Est-ce que tous les hommes sont comme ça maintenant ? "Maître..." Peut-être qu'elle était seulement devenue plus que sensible après le viol dont elle avait été victime l'année précédente.
Severus gémit une dernière fois, plus fort et plus longuement, submergé enfin par la puissance de son orgasme. Il laissa échapper un long grognement, alors que pour la première fois de sa vie, il expulsait sa semence dans un corps féminin, dans une incroyable libération de son âme.
Severus resta couché sur Amelia pendant de longues secondes après que la vague de plaisir qui l'avait aveuglé, se fut dissipée. A présent, il était revenu à sa personnalité tendre, l'embrassant doucement, même si son sang était toujours en feu. Il l'embrassait dans le cou lorsqu'il sentit quelque chose de mouillé et salé sur ses lèvres.
Il la regarda. Elle pleurait, en silence, si silencieusement qu'il n'avait rien remarqué de prime abord. "Amelia !"
Le regard de la jeune femme croisa le sien. Elle ne pouvait sortir aucun mot. Elle tenta bien de lui sourire faiblement mais non. Ses lèvres tremblaient, révélant son trouble.
"Que se passe-t-il, Amelia ?"
Ses lèvres continuaient de trembler mais elle ne pouvait rien dire. Elle était déchirée entre différents sentiments. Des sentiments contradictoires. Elle avait désiré cet homme. Elle avait voulu faire l'amour avec lui. Mais il s'était avéré qu'il ne lui avait pas du tout fait l'amour. Il avait usé d'elle pour son propre plaisir – tout comme on avait usé d'elle l'année précédente. Il n'était pas si différent de Queudver. Peut-être que cela avait à voir avec le fait d'être un Mangemort après tout.
"Amelia, dites-moi... Je vous ai fait mal ?" demanda-t-il gentiment. On pouvait entendre une inquiétude sincère dans sa voix.
Elle fit oui de la tête et trouva la force de s'exprimer. "Je vous ai supplié de... d'aller plus lentement... Maître... mais vous n'écoutiez pas... vous avez juste continué... brutalement..." Elle ne pouvait en dire plus. Sinon, elle devrait lui dire des paroles désagréables – comme le comparer à Queudver.
Mais Severus était plus intelligent, plus perspicace que cela. Il comprit immédiatement que sa maladresse, son inexpérience totale en matière sexuelle, son égoïsme, étaient derrière la détresse de la jeune femme. Alors il prononça des mots qu'il n'avait pas l'habitude de dire. Enfin, toute cette situation était inhabituelle pour lui.
"Amelia... Je ne voulais pas vous faire mal." Il ne savait pas quoi faire – ou plutôt, il le savait. Il devait s'excuser. Dire qu'il était désolé. Sauf que la dernière fois qu'il avait dit « Je suis désolé », il était encore à Poudlard. Il avait dit ces mots à Lily. Elle lui avait tourné le dos et il avait réalisé plus tard que s'il s'était montré plus courageux, il l'aurait prise dans ses bras alors, il l'aurait même embrassé, il lui aurait même dit combien il l'aimait. Il aurait pris action au lieu de se comporter comme un lâche. Le lâche qu'il était en ce temps-là.
Cette fois, la situation n'était guère différente. Il avait blessé Amelia – tout comme il avait blessé Lily. De manières différentes, certes, mais le résultat était identique. Une jeune femme avait été blessée. Quelque chose avait été brisé aussi. Severus connaissait bien ce sentier. Il y avait déjà perdu beaucoup. Il ne voulait pas que cela se reproduise à nouveau. Il ne dirait pas à Amelia qu'il l'aimait car ce n'était pas du tout le cas à l'instant présent. Mais il pouvait toujours faire quelque chose d'autre.
Severus ne se comporterait pas comme un lâche. Pas cette fois.
Il la prit dans ses bras et l'embrassa doucement. Il se retira d'elle aussi, tout en lui murmurant des paroles de réconfort sur un ton tendre. "Amelia, je n'ai pas voulu vous faire mal. Et encore moins comme ça."
Amelia n'était pas Lily. Elle n'avait pas les mêmes dispositions non plus. Elle n'entretenait pas du tout avec lui la même relation. Elle ne voulait pas renoncer à cet homme. "Oh, Maître !"
"Dites-moi, vous ai-je fais mal ?"
"J'avais... peur... comme... l'année dernière... avec..." Elle ne put aller plus loin. Mais Severus avait compris ce qu'elle voulait dire. Avec Queudver.
"Je me suis laissé emporté par mes propres émotions," lui dit-il tout en lui caressant le visage. "Je ne voulais pas vous faire du mal." Comme si c'était là une excuse. La culpabilité menaçait de le submerger – une fois de plus.
"Je ne dis pas que les émotions sont mauvaises... Maître... c'est seulement... peut-être que je suis devenue beaucoup trop... sensible. Peut-être... que je ne suis plus..." Elle prit une inspiration. "Peut-être que je ne suis plus faite pour ça. Peut-être que le viol... Je ne peux plus le faire. Je suis désolée, Maître." Elle renifla. Elle ne voulait pas renoncer à cet homme mais il se pouvait qu'elle y soit obligée, finalement.
"Non, Amelia. Vous n'êtes pas responsable du tout. C'est entièrement de ma faute. Je..." Severus s'arrêta. Il ne pouvait lui dire la vérité. Il ne pouvait s'excuser non plus – s'excuser le renvoyait inévitablement à un souvenir des plus douloureux.
Elle se dégagea de ses bras et se leva du lit. "Je vais prendre une douche," dit-elle d'une petite voix fragile. Avant de sortir de la chambre, elle se tourna vers lui, un air à la fois de tristesse et de compréhension sur le visage. Elle voulait dire quelque chose mais se ravisa à la toute dernière seconde. Cependant, les perles qui luisaient dans ses yeux en disaient long.
Alors, le moment que vous attendiez tous et toutes, hein ? Ne le niez pas, un épisode quelque peu "smutty" entre Severus et Amelia, ça vous faisait envie, eh ? LOL
Plus sérieusement, ce chapitre sème des indices sur la vie intime de Severus - ou son absence de vie intime... Je n'en dirai pas plus, je vous laisse tirer vos conclusions. J'avais envie de travailler sur ce thème, qui fait partie pour moi de la vulnérabilité et de la fragilité de Severus - lesquelles sont bien cachées au plus profond de lui-même. Je ne suis même pas certaine que Dumbledore le sache, c'est tout dire.
Donc, qu'en avez-vous pensé ? Comme d'habitude, j'espère avoir respecté le personnage de Severus, y compris et surtout dans ses contradictions et ses diverses facettes.
Et pour la suite ? Que va-t-il se passer entre eux à votre avis ? Le début de quelque chose ? Ou bien la fin de leur histoire ?
Pour répondre, pour donner son avis, on laisse un petit commentaire... Le thème que ce chapitre soulève entre les lignes risque d'en choquer plus d'un et plus d'une mais c'est l'un des postulats de cette histoire. Alors on n'hésite pas !
