DISCLAIMER: Possède rien si ce n'est Lucas et dans mes rêves, aie, aie, aille, il est super mega sexy...et je me contente de ça... ;D
Author Note: Merci à vous mes reviewers qui m'encouragez et me donnez envie de vous écrire des scénarios toujours plus élaborés, toujours plus vite :). Un merci tout spécial à Porcelain ( Je suis contente de t'avoir toujours dans le rang des lecteurs de cette histoire quelque peu sérieuse...Heureusement qu'il y a Burt hein? Ha, qu'est ce que je l'apprécie ce personnage. Il vient dans mon top 5 tout de suite après notre Klaine! Quant à ta remarque, Blaine aura besoin de l'affection de tous ses supporters lol alors envoie lui mentalement un million de bisous. La suite, tu remarqueras t'es livrée en moins d'un mois et vu le morceau, ça relève de l'exploit pour moi. J'ai fais le plus vite possible bien que ce soit l'un des chapitres les plus délicats et épuisants que j'ai eu à écrire alors haut les cœurs et fonce le dévorer...Merci encore!)
AVERTISSEMENT: oui, c'est le premier que je mets sur cette histoire mais je pense qu'il est nécessaire, parce que cette partie est à prendre avec précaution. Pour information, je ne suis ni psychiatre, ni psychologue, n'ai jamais étudié ( à la fac s'entend) le sujet et je n'ai autour de moi aucune personne dans cette situation. Par conséquent, tout raisonnement derrière ce chapitre est purement fictif. A ne pas reproduire ou conseiller! Le chapitre n'est pas M mais il est T+. Garder en tête que c'est une fiction et que ce ne serait surement pas possible dans la réalité ou du moins je l'espère. Les fautes sont toujours toutes à moi et sur ce:
Bonne lecture...
Précédemment :
-Il va falloir tu le brises, conclut Lucas en le fixant droit dans les yeux.
Seul le silence lui répondit.
Chapitre 29: Face au mur
Carole n'était vraiment pas quelqu'un qui avait l'habitude d'écouter aux portes. Oh, non Madame, elle avait de l'éducation. Elle ne souffrait pas non plus d'une curiosité maladive, ou d'un quelconque besoin de tout maîtriser, loin de là. A vrai dire, quand on était comme elle une infirmière, on devait rarement courir après l'information, celle-ci venait directement à vous, sous une forme ou sous une autre. Par contre, on était attentif au moindre changement, même à l'évolution minime d'une situation.
Ceci étant dit, quand au bout de vingt minutes, elle n'entendit pas de bruit venant du salon, elle ne put s'empêcher de redescendre les escaliers à pas de loup. Burt et Finn étaient sortis ensemble à l'occasion d'un match de football américain et après avoir changé la literie, avoir fait un peu de ménage et éplucher les légumes pour son velouté, Carole s'était retrouvée, allongée dans son lit, à réfléchir à tout et à rien, évitant de focaliser sur ce qui se passait au rez-de-chaussée. Un zeste d'inquiétude pourtant resurgit quand son esprit se remémora les évènements de la veille et l'un dans l'autre, son instinct de mère l'avait emmené à épier sur la conversation de son beau-fils avec son ami psychiatre. Cette attitude était toutefois une chose surprenante quand on savait que Carole avait une confiance aveugle en Lucas : elle le considérait comme un homme loyal, droit, lent à la colère et foisonnant d'idées saines et révolutionnaires quant à son métier.
Cela s'expliquait en grande partie par sa présence lors d'évènement où elle l'avait vu sortir des enfants d'un mutisme persistant ou encore lorsqu'on lui avait attribué la difficile tache de réconcilier une jeune femme brûlée au troisième degré avec elle-même, l'incitant à accepter la demande en mariage de son amant. Carole, elle-même avait profité de ces sages conseils et c'était sans l'ombre d'un doute qu'elle l'avait contactée pour qu'il se penche sur le cas de Blaine. Pourtant, quand il évoqua ce qu'il attendait de Kurt, son sang se glaça dans ses veines et elle réalisa que si cette recommandation était venue de n'importe qui d'autre, elle aurait traité cette personne de charlatan et l'aurait mis manu militari à la porte, sans même lui laisser le temps de récupérer son manteau.
Se forçant à prendre une grande inspiration et à rester immobile, figée à la porte et à l'abri de leurs regards, elle épiait les deux jeunes hommes tout en analysant la réaction de Kurt qui se triturait les doigts, se mâchouillait sa lèvre supérieure, incapable de poser la question qui lui brûlait les lèvres. Après un long moment où sa tête et son cœur se livrèrent une lutte acharnée, elle n'y tint plus, se racla la gorge et avança vers eux. Les yeux de Kurt en la voyant se teintèrent d'une lueur d'espérance. C'était le regard confiant et désespéré que lançait un enfant à ses parents. Celui-ci traduisait son impuissance et en même temps sa confiance en Carole, comme si elle saurait trouver la solution. Un regard si plein d'innocence qu'il la bouleversa. Carole se sentit mal l'aise un instant, comme si elle le dupait en lui rendant son sourire mais bravant ce sentiment, elle adopta l'attitude qui pouvait sembler bravache mais qu'elle s'était appropriée suite à la mort du père de Finn. Fuir dans cette situation ne servait à rien, elle l'avait apprise à ses dépends, alors elle n'hésita pas, elle prit la situation en main.
Lucas lui adressa un sourire de connivence quand elle s'installa dans le fauteuil au côté de son fils. Instinctivement, Kurt se rapprocha physiquement d'elle et après un moment d'hésitation lui engloba la main dans la sienne. Son regard resta un instant fixé sur leurs mains jointes jusqu'à ce qu'elle le sente se détendre. Lucas les regardait, admiratif du lien formé entre eux et attendit patiemment qu'ils tournent leurs regard vers lui avant de recommencer à parler.
-Je comprends que ce que je demande est à la limite du tolérable, reprit-il au bout d'un moment, et il est clair que je ne peux pas vous garantir du succès de cette action.
-C'est bien là qu'est le problème, répondit du tac au tac Carole. C'est risqué Lucas et je t'avoue partager la peur de mon fils sur les possibles répercussions que cela pourrait avoir sur lui, Blaine et leur relation. Pire encore, sur l'avenir et la santé psychique du jeune Anderson. Si…
-Je comprends tes réticences Carole et crois-moi, j'y ai réfléchis pendant des jours entiers. J'ai pesé le pour et le contre et en ai discuté avec les parents du patient et plusieurs de mes confrères. Le fait est que la proportion que prend cette affaire dépasse l'ordre de l'imaginable. Pour ne citer qu'hier soir, j'ai été contacté par le père Anderson pour me mettre en garde contre des écrivains, qui seraient en ce moment en train de les harceler pour les droits d'auteur de l'histoire. Ils ont fait de même avec les Magennis. Le problème est que l'on est confronté à une histoire qu'ils jugent en or, tout y est : argent, drogue, sexe et affrontement entre deux familles influentes. Une requête à leur encontre a été déposée et accordée, du moins jusqu'à la majorité de Blaine mais ce que je veux que vous compreniez c'est que tout ceci n'est que le début.
-Ce n'est pas croyable s'insurgea Kurt. On dirait des charognards derrière un cadavre en décomposition. Comment peuvent-ils être si insensibles ?
Kurt était dépité. Quand une difficulté disparaissait, trois autres surgissaient. Cela lui rappelait l'Hydre dans les douze travaux d'Hercule. Lucas se contenta d'hausser les épaules : l'être humain le laissait toujours sans voix. Quelque fois, c'était d'émerveillement…quelque fois seulement…
-Carl, reprit-il d'une voix calme, pense tout comme moi qu'il est impossible de soustraire complètement son fils à ce qui l'entoure .Si ce n'est pas en sortant du garage, vitre teintée ou pas, Blaine finira par entendre les propos des médias, ou sinon ce sera à la télé ou encore lors des interrogations de la partie adverse. Il est temps pour le jeune Anderson de réaliser ce qui se passe et de se préparer à anticiper les attaques à venir.
-Je partage ces inquiétudes Luke mais cela n'a rien à voir avec ta demande à Kurt. Ce comportement que tu lui demandes d'adopter est extrême et…
-Je n'ai pas le choix Carole. Crois-moi, de toute ma carrière, je n'ai jamais eu à préconiser un traitement si radical. Et si c'était possible, j'aurais grandement aimé ne jamais en avoir l'occasion…
-Qu'est ce que tu nous caches ? Pourquoi cette urgence soudaine ?
-Je n'ai pas toutes les informations et il me semble indispensable que vous ayez une discussion avec les Anderson mais pour faire court, disons que le point de discorde en ce moment entre les deux parties est la reconstitution des faits avec mise en situation, mise en contact entre les deux protagonistes. En bref, cela veut dire mettre Patrick en face de Blaine et attendre de voir qui cédera en premier à la pression et analyser les réactions de l'un par rapport à l'autre.
-Tu plaisantes n'est-ce-pas ? Il n'est pas question que Blaine se retrouve nez à nez avec cette espèce de dégénéré, s'offusqua Kurt.
-Si les deux parties ne se mettent pas d'accord avec le juge de conciliation alors il y a de forte chances pour que ce soit le juge de cette affaire qui soit à l'origine de cette décision, expliqua Lucas.
-C'est peut-être une bonne chose, hasarda Carole. Peut-être sera-t-il plus porté sur le bien être de Blaine plutôt que sur son évolution de carrière. J'ai l'impression que personne ne veut prendre réellement parti, tous veulent garder la face entre ces deux avocats de renom.
-C'était aussi ce que j'espérais…
-Pourquoi est-ce que je pressens un mais ?
-Le juge de cette affaire sera le juge Mac Beth.
-Mc Beth? Le Mc Beth, s'étonna d'abord Carole.
En voyant Lucas acquiescé, elle pâlit puis secoua de la tête.
-C'est impossible Luke ! Non. Je refuse de croire qu'ils ont jugé acceptable de le nommer à ce poste, enragea Carole.
-Pourquoi ? Qu'est-ce qui ne va pas avec lui ? S'inquiéta Kurt.
-Je pense qu'ils lui ont attribué ce cas parce qu'il a été précédemment juge pour enfant, compléta Lucas à l'intention de Carole. Il est connu pour être assez spartiate, plus juste et impliqué que ses confrères.
-Il est aussi connu pour être un ferme partisan du mouvement soutenant leur idéal pour un retour aux familles dites 'normales'.
-Normale, demanda Kurt d'une voix tremblante.
-Basiquement, une famille normale, pour lui, répond à la définition la plus ancienne qu'il soit, à savoir une famille composée d'un père et d'une mère, si possible reliés par le sang à leur enfant. Il prône l'abstinence avant le mariage, la thérapie de couple pour éviter au maximum les familles reconstituées et déplore le nombre croissant de famille qu'il juge 'hors périmètre' avec deux pères ou encore deux mères. Il n'a jamais clairement évoqué sa non-acceptation de l'homosexualité et quand on y regarde de plus près, on se dit qu'il ne cherche que la stabilité émotionnelle et psychologique des enfants des cas qu'il a traités. Il n'empêche que c'est sous son égide que beaucoup de famille à la composition différente ont perdu la garde de leur enfant adoptif. C'est d'ailleurs parce qu'il s'obstinait dans cette voie et a demandé à ce que soit enlevé un enfant à sa mère biologique mais homosexuelle, sans réelle motif d'abus qu'on lui a subtilement demandé de se 'reconvertir'.
-Englobez-moi cette information de marshmallow ou de cheese-cake, comme vous voulez mais en y regardant bien, j'ai l'impression que vous êtes en train de me dire que l'on sait déjà, avant même qu'il n'ait commencé, l'issu de ce procès, ironisa Kurt.
-Non, pas vraiment, mit en avant Carole. Le juge fixe la peine mais c'est le jury tout de même qui décide du verdict.
Kurt ferma un instant les yeux et inspira profondément avant de rouvrir doucement les paupières.
-Aucun coup tordu ne sera épargné à Blaine, comprit-il enfin tandis qu'une expression incertaine se figeait sur ces traits. Ils vont tout faire pour mettre de l'huile sur le feu, et provoquer un brasier si cela est possible, n'est-ce pas ?
-J'en ai bien peur, affirma Lucas et c'est pour cela qu'il faut que Blaine soit le plus stable et le plus sûr de lui possible. On ne lui fera pas de cadeau, il lui faudra donc un soutient sans faille. Le problème, c'est qu'il est incapable en ce moment d'être à même d'accepter cette aide et cela perdurera tant qu'il ne sera pas à même de s'ouvrir à l'autre. Le plus proche de lui étant toi, Kurt, c'est inévitablement sur tes épaules que les choses reposent. Qui plus est, tu es surement le seul à qui il pourra pardonner ce genre de bousculade, si je puis ainsi m'exprimer.
-Je ne sais pas…Comment…Qu'est-ce que je dois faire ? Jusqu'à où je peux aller ? Ne vais-je pas le blesser encore plus ?
-Sur ce point, je vais devoir te faire confiance, avoua le psychiatre. Je pense qu'il sera plus facile pour lui d'accepter qu'il a besoin d'une aide extérieure s'il est déstabilisé de la même façon qu'il a été initialement choqué. Il faut aussi souligner que je ne te demande pas de le détruire mais de le briser. Il y a là une subtilité certaine.
-Ha oui ?
- Oh oui Kurt, il y en a une subtilité primordiale.
Les yeux écarquillés, Kurt se tourna vers Carole qui semblait elle aussi surprise par la dernière remarque de son ami.
- Ton point fort, explicita l'ami de Carole, c'est que tu sais lire à travers lui et tu sauras à coup sûr si tu es en train de le perdre ou pas. Je veux que tu le pousses au-delà de ses limites tout en respectant sa personne. Cela peut paraitre contraire mais cela ne l'es pas.
- Vous voulez que j'utilise ses faiblesses contre lui. En quoi, cela ne constitue-t-il pas un abus de sa confiance ?
- Quand un enfant est jeune, pour lui apprendre à ne plus mouiller son lit, on va utiliser le fait qu'il souhaite ou non aller dormir chez un ami et la honte que cela représenterait s'il n'apprenait pas à se contrôler. Quand on apprend à faire pour la première fois du vélo, on va faire croire à un enfant qu'on le tien encore alors qu'il roule de lui-même. Utiliser la confiance qu'à l'autre pour le faire grandir et se dépasser n'est en rien un abus. Bien sûr, tu vas me demander si la fin justifie les moyens mais dans le cas actuel, c'est la seule façon de ne pas détruire Blaine, Kurt. Et c'est parce que vous êtes tous les deux si proches l'un de l'autre, à la limite du fusionnel que je sais que tu es le seul à pouvoir le faire sortir de sa carapace protectrice avec le moins de répercussion possible. Crois bien que je veux aider cet enfant mais pas à n'importe quel prix! Mais le contexte dans lequel nous nous trouvons ne nous permet pas d'optimiser le traitement de Blaine, tout juste d'éviter un drame.
-Je…vais le faire. Je vais le faire, répéta Kurt en se donnant du courage. Mais avant, j'ai besoin de comprendre pourquoi il est si important de briser la carapace de Blaine dans un contexte global. J'ai besoin d'un but pour me guider et me permettre de ne pas craquer. Si je veux tenir le coup et réussir, il faut...J'ai besoin d'être sûr, de comprendre. Je...bref.. Je ne suis pas sûr d'avoir réellement saisi ce que tout cela va apporter.
-C'est normal Kurt. Ce que je te demande est et serait insupportable pour plus d'un alors...Okay, je vais essayer d'illustrer mon propos différemment. Hum, je vais essayer de faire simple? Voyons voir... Imagine-toi une tasse, mais pas n'importe laquelle, il s'agit de ta tasse favorite. Elle a une valeur affective pour toi, elle t'as surement été offerte par quelqu'un qui compte cher à ton cœur. Seulement voila, tu es à moitié endormi et elle est tombée de ta main et gît sur le sol, ébréchée. Tu la ramasses doucement et tu te rends compte qu'elle n'est pas trop endommagée et que tu peux définitivement la conserver. Soulagé, tu n'y penses plus jusqu'à sa prochaine utilisation où en y mettant un liquide chaud, tu te rends compte qu'une fissure jusque là invisible s'agrandie de plus en plus. Si tu ne fais rien, tu réalises qu'un jour elle se fissura complètement à un moment X que tu ne peux prévoir et qu'il sera alors totalement impossible de la conserver, parce qu'elle se brisera surement en milles morceaux. Certains te conseillent de mettre peu de colle au dessus mais tu sais que celle-ci ne peut pénétrer jusqu'au fond de la crevasse, elle restera sur une partie superficielle. Tu gagnes du temps certes, mais le résultat est le même. En toute conscience, tu sais que tu vas devoir faire une croix sur elle. Par contre, si une fois que tu constates la fissure, tu soumets la tasse à un spécialiste, celui-ci va la soumettre à une légère turbulence, ou à un léger coup, de manière à la briser proprement. Il va alors pouvoir appliquer correctement un liant et toi, tu pourras encore la conserver pour de nombreuses années, peut-être même te survivra-t-elle. C'est un peu ce que je veux faire avec Blaine. On peut le laisser se ragaillardir petit à petit mais il n'est pas sûr qu'il nous laisse voir l'étendue de ses blessures. Il y a alors un risque que si on le traite bien plus tard, cela ne soit superficiellement et la plaie psychologique qu'il en a conservé se soit refermée mais qu'elle soit encore purulente à l'intérieur. Or, c'est déjà ce que fait Blaine et c'est ce qu'il continuera de faire une fois la procédure lancée et avec les attaques blessantes et gratuites à venir… C'est la destruction de ce jeune homme assurée. La brisure que je préconise cependant laisse au moins une chance de le rabibocher.
-Si on garde l'image de la tasse. La colle a besoin de temps pour être effective. Si on ne le lui accorde pas le temps de sécher et de se consolider alors tout ce travail n'aura servi à rien.
-Sauf si on met des précautions, qu'on l'enveloppe dans de la gaze, qu'on l'enserre dans un étau fait à cet effet, qu'on le mette au chaud ou au froid en fonction du mode d'action du liant.
-Et c'est moi, ces précautions ?
-Tu es l'étau Kurt, tu le maintiens dans l'étau de ton amour, en sécurité. Tes parents sont la gaze et les siens l'atmosphère protectrice. Et moi, je viens asséner le coup. Le temps qu' a eu Blaine a été précieux et cela lui a donné le temps de se reprendre un peu, de comprendre que quoi qu'il advienne, tu seras là. Mais la peur est trop encrée en lui. Il va falloir aller la réveiller et l'extraire de lui.
Kurt hocha la tête pour montrer qu'il saisissait bien l'enjeu, des scénarios en tout genre défilants à la vitesse de l'éclair dans son cerveau en surchauffe.
-J'ai besoin d'une minute, conclut-il et Carole et Lucas lui laissèrent cette opportunité d'absorber ces informations en se dirigeant vers la cuisine pour commencer à mettre la petite table pour le déjeuner.
Kurt descendit dans sa chambre, en évitant de poser les yeux sur Blaine qui était bien réveillé. Il enfila un jogging et une paire de basket avant de saisir au vol un sweat-shirt Il savait que s'il regardait le lit, il ne pourrait pas mettre en action le plan de ce soir. Il prit son baladeur et lança un morceau. Il avait besoin d'une distraction pour mieux se concentrer sur son sujet de préoccupation.
Je ne suis pas dans la merde, pensa-t-il en refermant la porte.
Il ne vit pas les yeux de Blaine s'assombrir de douleur en se sentant si invisible et sans valeur à ses yeux, n'entendit pas la plainte semi-étouffée de son petit-ami. Il remonta les escaliers d'un bon pas, s'échauffant pour cette activité physique qu'il voulait le plus épuisante possible. Il n'y avait pas de possibilité pour lui de faire face à la situation dans l'état de nerfs dans lequel il était. Alors il sortit, prit une longue bouffée d'air, sourit à Kate qui l'attendait en tenue décontracté et se mit en route, allongeant sa foulée petit à petit jusqu'à ce que ses poumons lui donnent l'impression d'être en feu. Il pouvait y arriver!
A quelques kilomètres de là, dans le bureau qui allait voir se dérouler la dernière séance de discussion avec le juge de conciliation, un homme d'une cinquantaine d'année finissait son déjeuner avant d'enfiler de nouveau sa toge et de s'installer à son bureau. Sur son horloge digitale était inscrit le chiffre un suivi de deux zéros. Il lui restait tout juste une heure pour pouvoir se préparer psychologiquement à la venue des deux avocats.
Il avait eu l'occasion de travailler avec eux sur d'autres affaires et avait pu admirer leur verve et la facilité avec laquelle ils déstabilisaient leur adversaire avec un plaisir non dissimulé. Ces deux hommes s'allaient bien plus souvent qu'ils ne s'affrontaient et quand ils le faisaient, c'était avec classe et respect pour l'autre. Mais de toute évidence, ce temps là était révolu.
Les voir aujourd'hui se confronter et se déchirer sans merci, sur le moindre détail, la moindre virgule dans le dossier, n'avait cependant rien de vraiment plaisant. Pourtant, à première vue, ils ne semblaient pas s'opposer et ne se regardaient d'ailleurs jamais dans le blanc des yeux, pas plus qu'ils n'élevaient la voix. Ils avaient même la décence d'éviter les piques déplacées. Avec son expérience des rencontres qui tournaient au vinaigre, cette attitude ne faisait que conforter Richard, le fameux juge de conciliation, dans son espoir de trouver un terrain d'entente afin d'éviter le procès à venir.
Appuyant sur la touche de son interphone pour demander un café à sa matrone de secrétaire, il eut la surprise de voir arriver une petite minette en mini-jupe, perchée sur de haut talon, malgré sa belle taille, lui donnant des jambes à se damner un saint. Fasciné par ces attributs, il faillit passer à côté de la chevelure rousse et des saphirs qu'elle avait à la place des yeux. Il resta un moment sans voix.
-Bonjour, dit la jeune fille d'une voix douce. Je suis votre intérim pour l'après midi. Madame Clay s'est sentie mal en partant déjeuner et a fait appel à nos services.
-Oh, bien, d'accord et vous êtes ?
-Mademoiselle Brown.
-Bien, miss Brown, je souhaiterais un café noir, bien serré et tenez vous prête vers 13h40 pour l'arrivée de mon rendez-vous.
-Oui, on m'a prévenu. Monsieur Magennis et Anderson n'est-ce pas ? Je les ai vu à la télé et… commença-t-elle d'une voix ravie et rêveuse.
-Un peu de retenue s'il vous plait, la réprimanda le juge.
L'instant d'une minute un sourire en coin prit place sur son visage et le juge frissonna. Ce sourire et la lueur qui avait un instant brillée dans les yeux de Miss Brown lui avait donné un air de prédateur assoiffé de sang. L'instant d'après cependant, elle avait disparu et Richard se demanda s'il n'avait pas juste rêvé le frisson qui avait traversé sa colonne vertébrale en réaction face à ce qu'il avait considéré comme une menace. Il déglutit et secoua sa tête pour chasser les doutes de son esprit trop actif.
-Vous avez déjà travaillé dans un tribunal ?
-Non, avoua la jeune fille. J'ai déjà fait beaucoup de métiers mais jamais celui-ci. Ca doit être si excitant. Mon précédent travail était au Lima Bean mais j'ai de l'expérience en tant qu'assistante aussi. J'ai...
Elle parle beaucoup, constata le juge n'écoutant pas le monologue de la jeune femme, mais ça ne la rendait que plus mignonne, conclut-il en oubliant sa précédente impression.
-Soyez juste discrète, s'il vous plait. Ne vous montrez pas trop exubérante, ce n'est pas un comportement que nous encourageons dans nos locaux.
-Oh bien, sur, je comprends, concéda-t-elle en baisant les yeux, contrite.
Quand une demi-heure plus tard, son rendez-vous débuta, Richard fut surpris de la voir garder la tête baissée et pensa qu'il l'avait peut-être trop réprimandé. Les trois heures suivantes furent un véritable calvaire et bientôt vint la réalisation qu'aucun des deux hommes ne céderaient. Chacun défendait son bifteck à coup de bec et ongles et refusaient de céder d'un iota.
La lumière rouge du combiné qui indiquait que l'interphone était allumé et que le bureau de la secrétaire disposait d'une oreille sur leur conversation ne fut pas détecté et quand bien même, il le serait, Richard n'y aurait pas prêté attention car ils étaient couvert par le secret professionnel et leur agence intérimaire faisait signer un contrat de confidentialité à toute personne amenée à travailler pour eux. De toute façon, les trois hommes s'étaient déplacés sur l'autre table ronde de la salle, extrêmement concentrés sur les premiers éléments qui seraient présentés dans les jours à venir à la cours d'Ohio.
A dix-neuf heures précisément, le jeune fille toujours intimidée leur apporta une collation avant de leur annoncer qu'elle partait. Richard sortit un instant, le temps qu'elle lui explique ce qu'elle avait fait des dossiers qui étaient à ranger et trier. Un dernier regard fut lancé à ses jambes galbées que Richard allait regretter. Les trente années de plus de sa secrétaire quelque fois semblait pesant mais elle était si efficace qu'on lui pardonnait tout. Prenant congé, il retourna à ses affaires.
A vingt et une heures trente les deux avocats lui souhaitèrent enfin une bonne soirée et prirent congé. Après avoir rangé sa pièce, écrit un brouillon de son compte-rendu qu'il transmettrait à Mac Beth, Richard appela sa femme pour la prévenir de son retard et de son départ imminent du bureau.
Avant de prendre la route pour une heure de transport, il se décida à passer rapidement aux toilettes communes de son bureau pour une pause technique et un rafraîchissement du visage. La session l'avait épuisée. C'est en se dirigeant vers le sèche main que son regard fut attiré par une masse rougeâtre. Dans la poubelle, il tomba nez à nez avec une perruque rousse. De la même couleur et exactement de la même longueur que celle de sa pseudo secrétaire de remplacement. Rapidement, tout lui revient en tête, le regard perçant et menaçant de la jeune fille, son obsession avec Anderson pendant qu'elle préparait leur arrivée, son refus pourtant de le regarder dans les yeux ou de le laisser proprement la voir. La perruque était juste la cerise sur le gâteau. Et alors qu'il essayait de se rappeler ses traits, il se rendit compte qu'il n'avait eu d'intérêt que pour ses jambes dévoilées par sa jupe ridiculement courte et il s'accorda une seconde de doute. Il sortit et appela immédiatement la compagnie d'intérim avec laquelle il travaillait, croisant les doigts pour que tous ses pressentiments ne soient en rien fondés. D'une voix monotone, on lui indiqua qu'il n'y avait dans leur équipe aucune madame Brown répertoriée. Aucune rousse non plus, et cela Richard s'en doutait bien mais surtout aucune jeune femme de moins de 30 ans. La perfection, clama le responsable vient avec l'expérience.
Appelant sa secrétaire, affolé, il s'entendit dire qu'il lui avait laissé un message sur son répondeur de prendre l'après-midi et la semaine suivante pour s'occuper de sa fille enceinte. Tout désir de rentrer chez lui étouffé dans l'œuf, il se précipita chez elle pour en effet constaté que la voix au téléphone sonnait exactement comme la sienne et que la permission de congé portait sa signature. Quelque soit la personne qui avait mené à bien cette petite mise en scène, elle était bonne, très bonne. L'alerte fut donnée au commissariat sur l'imposture ainsi que les deux avocats en relation avec le cas mais difficile d'établir un portrait robot quand on ne pouvait décrire le suspect. C'était un professionnel, aucun doute là-dessus car là encore aucune empreinte n'avait été laissé et pas un brin de cheveux ne s'était accroché à la perruque. Même les enquêteurs ne purent faire éteindre l'admiration dans leur voix.
Kurt était rentré de son jogging impromptu, physiquement éprouvé mais mentalement plus fort. Suant à grosse goutte, il allait prendre des vêtements de rechange quand il avait trouvé Blaine dans leur chambre en train d'empaqueter ses effets personnels. Dire qu'il avait été surpris, aurait été un euphémisme.
La bouche grande ouverte, il avait attendu que celui-ci s'exprime, en vain et s'était donc décidé à mener dès lors la danse.
-Blaine?
-Hum, lui répondit celui-ci sans lever les yeux du pull qu'il pliait.
-Regarde-moi, lui ordonna Kurt.
Obéissant sans s'en rendre compte, le regard surpris de son ami croisa le sien.
-Je vais prendre une douche et quand je reviens, je veux que tu sois là , exactement à cet emplacement à m'attendre. Est-ce que je suis bien clair?
Les yeux démesurément ouverts, Blaine hocha la tête face à cette ordre direct. Fonçant à toute vitesse dans sa salle de bain, Kurt se mit devant le miroir, se répétant une dizaine de fois qu'il pouvait et devait le faire. Il continua de s'auto-convaincre sous la douche alors que l'eau chaude peinait à ôter de ses épaules la tension qui s'y accumulait. Prenant le temps de finir sa routine d'après douche, qui lui permit de garder un control plus aisé de ses nerfs, il revient dans sa chambre. Blaine était assis sagement sur le lit, les mains entrelacées et posées sur les genoux. Kurt alla vers la porte de sa chambre qui menait au reste de la maison et la referma soigneusement en prenant soin de tourner la clef dans la serrure mais de la laisser sur la porte pour ne pas accentuer la crainte de Blaine. Lucas lui avait laissé le choix et bien qu'il voulait que son comportement soit un électrochoc, il fallait jouer finement: l'enserrer dans un étau sans pour autant l'étouffer. Tout était dans la mesure. Les mains moites et le cœur battant à toute allure, Kurt se rapprocha de Blaine.
-Tu pensais aller où, lui demanda-t-il de sa voix calme en lui montrant ses effets rangés sur le sol.
-Chez mes parents. Je veux te redonner ton espace. J'ai assez abusé de votre hospitalité et je sais que tu ne veux plus de moi?
-Et qu'est-ce qui te fais penser ça, si je peux me permettre?
-Tu plaisantes, lui dit d'un ton exaspéré et légèrement moqueur Blaine alors que son regard accusateur le clouait au mur. Tu découches, tu ne supportes même plus que je sois dans la même chambre que toi et tu veux que je crois que tu veux que je reste ici? Avec toi?
-Blaine, répondit le jeune Hummel d'une voix calme alors qu'il sentait la colère et la frustration montées en lui, tu sais pourquoi j'ai du prendre des distances.
-Oh oui, c'est vrai. Ton petit ami, voulait être proche de toi. Oh mon dieu, quel horreur, railla-t-il.
Kurt ferma les yeux et expira lentement, se poussant à ne pas entrer dans le petit jeu de son homme. Il secoua doucement la tête et alla éteindre la lumière. La lueur du jour entrait dans la chambre à travers les interstices des persiennes et plongeait celle-ci dans la pénombre, dessinant des ombres un peu partout, rendant l'atmosphère un peu claustrophobe.
Blaine avala difficilement sa salive et eut un léger mouvement de recul. A quoi donc jouait Kurt?
-Je t'ai demandé un peu d'honnêteté entre nous et tu n'as jamais fait le moindre effort dans ce sens. Tu me pousses toujours à vouloir plus, à prendre plus. Alors si j'ai bien compris, c'est du sexe que tu veux, c'est bien cela?
Trop ahuri pour répondre, Blaine le fixait immobile tout en le regardant se rapprocher.
-Tu as raison, je n'aurais pas du te repousser. Après tout , je t'aime et si tu as besoin d'être plus physique, dit-il en poussant fermement mais sans violence les frêles épaules sur le lit et en s'installant à califourchon sur lui, pourquoi devrais-je résister? Te résister hum?
Sans lui laisser le temps de protester, Kurt avait mis sa bouche au travail, faisant courir ses lèvres sur le visage du jeune homme crispé sous lui, l'enveloppant de sa chaleur et de son odeur. D'un geste qu'il voulait brusque, il enleva le tee-shirt de Blaine, se refusant de le regarder dans les yeux, concentré sur sa tache. Bientôt le torse de Blaine fut découvert.
-T'es vraiment bien foutu, tu sais. C'est du gâchis que de ne pas se taper ça, franchement. Tu es un tel appel à la luxure, ça devrait être interdit de te laisser sortir, continua-t-il en léchant et mordillant la peau révélée.
Il sentit les mains de Blaine s'aventurer, hésitantes vers son polo mais il les arrêta brutalement.
-Voyons mon petit cœur, tu as eu le temps de t'amuser et c'est à mon tour alors laisse-toi faire. Depuis le temps que tu rêves que je te prennes, tu vas pas te laisser détourner de ton plaisir pour aviver le mien, pas vrai? Ferme plutôt les yeux et savoure!
Le cerveau engourdi par la rapidité des actions de Kurt et par la panique qui prenait place dans son ventre, Blaine ne comprenait pas ce qui se passait, ce que Kurt voulait dire. Les choses n'étaient pas sensées se passer comme cela.
Les mains de Kurt ne restaient pas inactives, tout comme ses lèvres, elles menaient une dance effrénée, emmêlant les boucles avec frénésie, dessinant des arabesques folles sur les bras et le torse, jouant avec les tétons. Et puis elles arrivèrent à la boucle de la ceinture. Blaine réagit à ce moment là et d'un mouvement brusque des hanches, il bouscula Kurt et se retrouva au dessus de lui. Il embrassa, dévora les lèvres de Kurt qui resta un moment sous le charme des sensations exquises et du plaisir qui envahissaient ses sens, mais bien vite il reprit les commandes et mordit la lèvre inférieure de Blaine qui émit un léger gémissement.
-Je ne crois pas non, lui indiqua Kurt en renversant une fois de plus leur position. C'est moi qui mène la danse ce soir. Après tout, tes désirs sont des ordres pas vrai?
Rendu aphone par la vitesse avec laquelle Kurt reprenait le dessus, la terreur remplaça la panique et Blaine se sentit balancer de nouveau sur le lit avec force avant qu'un corps ne se presse contre le sien. Et là, la main de son châtain se mit directement sur la partie la plus intime de son corps. Il ne la bougea pas mais il le fixa droit dans les yeux sans un sourire, sans que rien ne lui permette de savoir ce que Kurt pensait. Son corps commença à être secoué de frissons convulsifs mais il prit sur lui et sourit à Kurt.
Celui-ci ne lui rendit son sourire et redescendit sa bouche au niveau de sa pomme d'Adam et il la lécha lentement. Sa main imprima une légère pression et entama un lent mouvement. Le cerveau de Blaine était concentré sur la main qui le touchait si intimement mais ne réveillait aucune réaction. Il sursauta quand Kurt se pressa sur lui et qu'il sentit contre la preuve de son désir contre lui.
Le souffle lui manqua et il ferma les yeux très fort dans une ultime tentative de défense tandis qu'il enfouissait son visage dans le cou de Kurt. Il devait prendre sur lui et subir ce qu'il avait lui-même demandé. Dans un mouvement instinctif, il referma ses jambes en sentant Kurt venir se reposer totalement sur lui mais celui-ci le sentit et introduit une de ces jambes entre les siennes. Des genoux impatients écartèrent les siens les forçant à s'ouvrir encore plus tandis que son cou était mordillé .
-Kurt, attends, ralenti, demanda-t-il à bout de souffle.
Il n'eut pas de réponse à sa demande mais les attouchements continuèrent, se faisaient plus insistants . Son amant choisit ce moment là pour glisser sa main sur sa braguette et l'ouvrir, sa main maintenant en contact quasi direct avec lui et il se rendit compte à quel point son boxer était fin. Son souffle s'hacha et son regard s'obscurcit. Il fallait qu'il arrête ça tout de suite. Il pouvait pas, il voulait pas, pas comme ça...pas du tout.
-Kurt, commença-t-il.
L'instant d'une fraction de seconde, Kurt douta. N'allait-il pas trop vite? N'en faisait-il pas trop? Son regard s'encra à celui de Blaine et il pensa avoir encore de la marge. Croisant les doigts pour ne pas se tromper, il continua.
-Ca suffit maintenant! On ne joue plus, lui répondit d'une voix grave le jeune Hummel. Ca fait trop longtemps que tu me chauffes à blanc et que tu joues au malin alors le petit jeu s'arrête ici, tu m'entends?
Une fraction de seconde, Blaine douta d'avoir bien entendu. Ce n'était pas possible. Kurt ne lui aurait jamais dit ça, c 'était un cauchemar, il ne pouvait pas être en train de vivre encore cette situation.
Affolé, il avait de plus en plus de mal à respirer et tétanisé par l'effroi, il ne savait que faire, spectateur des évènements. Et les mouvements de Kurt s'accéléraient, il haletait, lui murmurait à l'oreille des propos osés et il se sentit suffoquer.
-Non, non, non, non. Arrête. s'il te plait arrête, pleura-t-il.
Son appel resta vain et le décor changea sous ses yeux, il était de retour dans sa chambre, Patrick au dessus de lui, le regard fou, les mains violentes, et en sursaut d'animal affolé, il essaya de se soustraire à ces mains, à se recroqueviller sous son agresseur. Pourquoi? Il pouvait pas vivre ça encore, c'était pas tolérable, il allait mourir si cette fois-ci...
-Patrick, je t'en conjure, pitié, pitié, pleura-t-il.
Le poids au dessus de lui se souleva, les mains sur lui disparurent, les paroles aguichantes furent remplacées par une voix douce et réconfortante qui lui intimait de se calmer, le rassurait que tout irait bien. Mais si son cerveau comprenait, son corps lui était bloqué, paralysé par le choc. Incapable de comprendre où il était ou qui était avec lui, il était en boule, les jambes contre le torse, les larmes silencieuses roulaient sur ses joues soudainement pâles, les yeux fixés sur les montant de bois du plafond et la respiration pénible.
-Blaine, bébé, écoute ma voix et calque ta respiration à la mienne, lui murmurait Kurt sans le toucher mais assez proche pour qu'il sente le souffle provoqué par ses paroles sur sa nuque. Blaine resta comme cela sans réaction mais à intervalles réguliers, Kurt lui murmurait des paroles réconfortantes et l'implorait de lui parler d'une voix très douce.
Enfin au bout d'une dizaine de minutes, Kurt enregistra un signe favorable quand Blaine se retourna et que son regard se posa sur lui, craintif.
-N'aie pas peur mon cœur, c'est fini, le rassura du mieux qu'il put le jeune homme. Je ne te toucherai plus comme cela okay.?
-Pourquoi Kurt? Pourquoi il m'a fait cela?
Etonné, Kurt le regarda comme s'il ne comprenait pas. Blaine n'était-il pas sensé lui en vouloir, lui demander pourquoi il avait agit ainsi?
-Blaine, dit-il en approchant sa main de lui.
Le jeune homme émit un gémissement et ferma les yeux de peur mais Kurt ne lui laissa pas la chance de s'éloigner, se contentant d'essuyer ses joues, les larmes aux yeux.
-Je ne recommencerai jamais mon cœur, je te le promets, promit-il des trémolos dans la voix.
Sous ses paroles apaisantes et aimantes, le cerveau de Blaine se remit en marche, petit à petit et il dévisagea Kurt.
-Je..J'ai pas pu, confia-t-il d'une voix tremblante. Je suis désolé, s'excusa-t-il en se remettant à pleurer doucement.
-Oh Blaine, lui répondit Kurt avec une telle tendresse dans la voix que Blaine en frémit et essaya de dissimuler ses larmes. Regarde-moi mon cœur.
Les yeux dorées s'ouvrirent et laissèrent pour la première fois depuis longtemps voir le vrai Blaine, l'être blessé qui attendait avec un désespoir fou d'être aidé, d'être aimé.
-Est-ce que tu me fais confiance Bee?
-Oui, oui, Kurt.
-Est-ce que je peux te prendre dans mes bras?
-Est- ce que tu veux plus?
-Non, je te le jure.
-O..Okay mais Kurt...
Saisit d'angoisse, il ne dit rien d'autre, rougit et ferma son jean avant d'enfiler de nouveau son tee-shirt.
-Prends moi dans tes bras, s'il te plait, implora-t-il.
Aussitôt enveloppé dans l'étreinte, il s'effondra et pleura longtemps.
-Je voudrais te satisfaire Kurt. Tellement. Mais c'est au dessus de mes forces. Je ne peux pas aller jusqu'au bout mais... je ne peux pas te laisser partir non plus. Je ne survivrais pas sans toi et je ne veux pas essayer.
-Je sais, je sais, le réconforta Kurt.
-Je suis égoïste. Tu mérites mieux que moi mais je te tiens prisonnier avec moi dans mon monde perverti et...
-Arrête. Arrête moi ça tout de suite. Je te l'ai déjà dit, personne n'a le droit de parler ainsi de l'homme que j'aime Blaine. Pas même toi alors arrête s'il te plait.
Un baiser se déposa sur le front de Blaine, un baiser doux, empreint de patience et d'amour. Un baiser pleins de promesses.
-J'ai peur de ne jamais pouvoir Kurt.
-Chut, lui dit Kurt, le déplaçant entre ses jambes, le nichant tout contre lui.
-Je me sens si ...seul.
-C'est une illusion Bébé car tu es entouré de gens qui t'aiment et qui te veulent du bien, tant de bien. Si seulement tu voulais nous laisser te voir vraiment, t'aider.
-Aide-moi Kurt, aide moi à vaincre cette noirceur qui m'entoure, aide moi à lutter contre toutes ses ombres.
-Tu es sincère?
-Je sais pas si j'en aurai la force mais c'est ce que je veux. Du plus profond de mon cœur.
-Alors je serai ta force mon amour, repose-toi sur moi, dis-moi quand tu es faible, dis moi quand tu as besoin de moi et je serai là en un clin d'œil.
-Je veux ça Kurt, je le veux pour moi et pour nous.
-Tu penses vraiment ce que tu viens de dire?
-Oui, fut la réponse donnée.
-Alors fais moi confiance, lui demanda Kurt en approchant son visage du sien.
Blaine ferma les yeux, se crispa mais rien ne se produisit. Kurt n'avait pas bougé non plus. Quand les paupières brunes se rouvrirent, le châtain sourit tendrement et recommença à approcher son visage de celui plus brun de son aimé. Ses yeux restèrent ouverts et une lueur d'hésitation brillait mais il ne recula pas. Ils se regardèrent pendant une interminable minute et au bout de celle ci un sourire illumina les traits de Kurt. Sa main caressa doucement le visage de Blaine, son front, ses cils encore humides, ses joues douces et légèrement piquantes, son nez avant de finir sa course sur ses lèvres.
-Embrasse-moi, lui demanda timidement Blaine et sans attendre, Kurt lui effleura les lèvres d'un doux baiser. Petit à petit le baiser s'approfondit et Blaine toujours ébranlé, essaya d'y mettre fin, le souffle court. Une légère appréhension s'emparait de lui et d'une voix timide, il demanda:
-On devrait peut-être arrêter là non?
-Encore un peu plus, fais moi confiance, lui rappela Kurt.
Reprenant le baiser avec autant de flamme, Kurt attendit patiemment que la timide réponse de Blaine se transforme en un baiser un peu plus enflammé. Les paupières s'alourdirent et il sentit les muscles de Blaine se détendre de plus en plus. Le jeune homme enroula de lui même les bras autour du cou de Kurt. Les mains de ce dernier passèrent sur dos et le caressèrent doucement descendant vers le bas de ses reins.
-Non, arrête, je suis pas prêt Kurt, je suis pas prêt, s'affola Blaine.
-Hé, hé, calme-toi, lui répété Kurt jusqu'à ce que son souffle se calme. Confiance, tu te souviens? Je ne te forcerai jamais à aller plus loin que ce tu veux. Pas de raison de paniquer okay?
Honteux d'avoir une fois de plus déçu Kurt, Blaine sentit les larmes de nouveau perler à ses yeux mais Kurt continua de lui sourire et lui embrassa les deux yeux.
-Aucune raison de pleurer, ni de s'affoler. Il n'y a que toi et moi dans cette chambre Blaine. Et notre amour. Pas de place pour les doutes, la peur, la crainte de déplaire. Je t'aime tout entier okay?
-Je suis fou de toi Kurt.
-Je sais, le taquina celui-ci avant de reprendre sa bouche avec fougue.
Cette fois, Blaine éteignit son cerveau et se laissa entraîner par le baiser, laissa les sensations l'envahir, le corps ramolli et entièrement à la merci du bon vouloir de Kurt. Il était loin, dans une bulle de plaisir et d 'amour et quand une demi-heure plus tard, les mains de Kurt arrivèrent sur son postérieur ferme, légères comme un plume, il ressentit depuis la première fois depuis cette nuit-là, un tressaillement dans ses entrailles, preuve du plaisir qui l'envahissait. Et cette fois, pas de peur, juste un soulagement, celui de savoir qu'un jour, peut-être, il serait capable d'avoir une érection avec son aimé. A cette seule pensée, les émotions le submergèrent et toute la tension fut chassé de son corps et il pleura. En sentant son visage se mouiller, Kurt voulu se détacher de lui mais Blaine resserra leur étreinte, refusant de briser leur lien, de laisser échapper ce sentiment intense d'être enfin arrivé à la maison, d'être en paix avec lui même. Il embrassa, mordilla, lécha, suçota, murmura des remerciements contre cette bouche dont il avait si faim. Et pleura jusqu'à ce que tout soit lavé, balayé de son esprit, de son corps et qu'il s'endorme paisible et heureux pour la première fois dans les bras de Kurt, ses lèvres gonflées par leur baisers tandis que celle de Kurt étaient encore contre les siennes.
Kurt le réveilla une heure plus tard.
-Bonjour mon petit cœur.
-Kurt?
-Je veux que tu viennes dîner avec moi et notre famille et j'aimerai que tu fasses un effort.
-Kurt...
-Prends ton temps mais fais-moi confiance. Fais-toi confiance et fais-leur confiance. Il y a que ça à faire pour que l'on soit heureux mon amour.
-Je peux me rafraîchir avant?
-Tout ce que tu veux, lui dit Kurt en lui souriant.
-Un baiser aussi alors, quémanda-t-il en rougissant délicieusement.
-Avec plaisir, accepta Kurt rapidement, en admiration devant le Blaine timide mais qui n'avait pas peur de demander ce qu'il voulait.
-Je t'aime, dit-il quand le baiser prit fin mais que leur deux fronts restèrent poser l'un contre l'autre.
-Je t'aime si fort que la galaxie entière ne pourrait contenir mon amour.
Blaine rit doucement et Kurt l'enserra dans une étreinte quasi-étouffante les lèvres collées à son front légèrement brûlant.
-Vas te rafraîchir et prend un petit doliprane mon cœur. Tu es un peu chaud et rejoins-moi...
-Non, le coupa Blaine. Attends-moi s'il te plait. J'y arriverai pas sans toi.
- Oh oui, bien sûr, capitula sans lutte Kurt.
Ils montèrent main dans la main dans la cuisine et Kurt fut agréablement surpris de voir que nul ne les fixa et que la conversation continua comme si de rien n'était. Bientôt ils furent à table et ils dégustaient leur repas, tous parlant et échangeant. Seul Blaine resta silencieux, le regard fixé sur son assiette. De temps à autre Kurt lui prenait la main ou lui serrait la cuisse et lui souriait. Mais il ne lui posa pas de question, ne lui mit pas la pression. On l'incluait dans le groupe sans pour autant le mettre en avant et c'est peut-être pour cela qu'il se détendit. A sa surprise tout celle de la tablée, sa voix résonna légèrement en un murmure quand il dit simplement:
-Ce diner est délicieux Madame...Carole.
Il ne releva pas la tête et manqua donc les yeux embués de Carole, la bouche ouverte de Finn qui se bava dessus ou encore le visage rouge de Burt qui avait avalé de travers, ni le sourire victorieux de Lucas. Par contre il sentit l'amour de Kurt quand celui-ci lui prit la main et la porta à ses lèvres sans rien dire de spécifique avant d'enchainer sur son compliment.
-En effet, c'est succulent Carole. Il faut vraiment que tu me donnes ton ingrédient secret.
-Bien...Bien sûr, articula tant bien que mal Carole, avant de s'essuyer la bouche et de partir de la salle à manger, surement pour pleurer, en déduit Kurt. Elle revint en effet avec les yeux rougis mais la soirée se termina sans autre accro Blaine participant d'un "Merci", "S'il vous plait" ou pour finir d'un simple "Bonne nuit", mais pour tous, c'était un miracle digne de cette période de Noël qui venait de se réaliser. Les rêves furent roses ce soir là mais ils ne le restèrent pas bien longtemps car le tic-tac de l'horloge imaginaire qui indiquait l'approche du procès était là, intense aux oreilles de tous.
Il était temps!
Et voila! le chapitre 30 sera le début du procès... A bientôt et j'attends vos commentaires!
