Bonjour tout le monde,

Une fois n'est pas coutume, je vous met le chapitre avec un jour d'avance puisque dès cet après midi je pars pour quelques jours ... Encore merci pour toutes vos reviews, j'espère vraiment pouvoir finir cette fic un jour, mais pour le moment je n'ai encore écrit aucun nouveau chapitre et ça depuis au moins un mois et demi :s ... Enfin qui vivra verra :)

Bisous !

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Elle était assise sur l'un des bancs du parc, le vent faisait voler ses cheveux autour de son visage alors qu'un cahier était posé sagement sur ses genoux. Malgré la température plus que clémente en ce mois de Septembre elle portait une écharpe de couleur noire autour de son cou. C'était un cadeau de Rémus, quelque chose qu'il lui avait acheté le jour où ils étaient allés se promener à Londres le jour qui avait suivi la fin des cours. Elle n'aurait peut être pas du la mettre, elle aurait peut être du simplement la jeter mais par moments elle arrivait presque à sentir son odeur et d'un côté ça la rassurait. Bien entendu tout ça se passait dans sa tête, il était impossible que le tissu recueille encore l'odeur de son petit ami, défunt petit ami, en faite elle ne savait même plus. C'est au moment où elle allait reprendre sa plume et son devoir de potion qu'elle sentit que quelqu'un venait de s'asseoir à côté d'elle. Il ne pouvait donc pas la laisser tranquille. Elle voulait rester seule alors pourquoi à chaque fois il venait la rejoindre, soit disant pour discuter et renouer une amitié. De toute façon ils n'avaient jamais été véritablement amis alors ils ne servaient à rien de faire semblant maintenant.

- Va-t-en Edward

- Tu ordonnes et j'obéis si je comprends bien

- J'ai besoin de solitude tu peux comprendre ?

- Ca ne te va pas vraiment le rôle de la veuve éplorée

- Sache que je me fiche pas mal de ton jugement

- Je pourrais te faire aller mieux dit il en passant sa main sur son genou

Ce geste fut tout de suite accompagné d'un sursaut de la jeune fille. Qu'Est-ce qui lui prenait au juste ? Elle ne lui avait jamais donné la permission de la toucher et c'était quoi cette proposition à peine voilée ? Au moment où il se pencha vers elle pour l'embrasser elle se recula mais trop tard. Au moment même où ses lèvres trouvèrent les siennes elle se releva. Elle venait officiellement de tromper Rémus et à cette pensée son cœur se resserra. Quel genre de fille était elle, elle se détestait, tellement que si elle avait pu elle aurait disparu.

- Tu n'avais pas le droit de faire ça ! Dit elle en sanglotant

- Ce n'était qu'un petit baiser Cassie, tu ne vas pas en faire toute une histoire

- Tu ne comprends rien de toute façon

- Ne me dis pas que tu pleures à cause d'un misérable baiser

- Tu ne te rends même pas compte de ce que tu as fait

Elle se sentait mal, vraiment mal. Elle ne pouvait même plus se raccrocher au souvenir que Rémus avait été le dernier à l'embrasser puisque maintenant c'était de l'histoire ancienne. Sans lui laisser le temps de répondre elle rentra au château, montant dans sa chambre et s'enfermant dans la salle de bain sans que Victoria ait vraiment le temps de comprendre ce qui était en train de se passer. Sa meilleure amie était censée partir faire un devoir de potion alors pourquoi revenait elle dans la chambre dans cet état de furie ? Elle reposa le magasine qu'elle était en train de lire se levant pour se planter derrière la porte de la salle de bain. C'était étrange, il n'y avait pas un bruit à l'intérieur et au bout d'un moment elle commença à s'inquiéter sérieusement.

- Cassie ? Ouvre la porte s'il te plait

- S'il te plait va-t-en Vicky

- Dis moi ce que tu fais là dedans d'abord

- Quelque chose qui ne va pas te plaire

Au même moment elle entendit le bruit d'un objet métallique qui tombait au sol et instantanément elle se demanda de quoi il pouvait s'agir. Elle n'aurait pas fait ça quand même, non elle n'aurait pas osé.

- Maintenant je ne rigole plus, tu m'ouvres cette porte

- Edward m'a embrassé, j'ai trompé Rémus, j'ai …

- Cassie dépêche toi d'ouvrir sinon j'enfonce la porte et je ne plaisante pas

- Je veux mourir

- Et bien laisse moi te dire que ce ne sera pas pour aujourd'hui

Elle attrapa sa baguette ouvrant la porte avec un sort très simple avant de se rendre compte de la situation. Non seulement elle avait osé mais c'était encore pire que ce qu'elle croyait. La lame traînait au sol maculé de sang alors que sur son poignet se dessinait deux entailles profondes. Avait elle vraiment essayé de se suicider ? Ou voulait-elle juste se faire encore plus du mal ?

- Par merlin mais qu'Est-ce qui t'as pris

- Je ne veux plus vivre ni ressentir tout ce que je ressens

- Pour ça il suffit de te saouler, c'est beaucoup moins radical. Qu'Est-ce que je dirais à ton frère et Rémus quand ils rentreront ? Désolé Cassiopée n'est plus là elle a décidé que c'était trop dur

Ce n'était peut être pas la phrase à dire et elle se rendit compte au moment où ses pleurs doublèrent d'intensité. Au moins ça l'empêchait de s'endormir. Elle prononça une formule de soin qu'elle connaissait empêchant le sang de continuer à se déverser alors qu'elle désinfectait la blessure à l'aide d'un coton imbibé d'alcool.

- Tu ne recommenceras plus jamais ça tu m'entends ?

- Ce n'était pas aussi terrible qu'on le dit, ça faisait mal mais ce n'était pas …

- Mais ma parole t'es devenu complètement folle ! A partir de maintenant crois moi jeune fille la solitude c'est terminé. Une tentative de suicide et puis quoi encore s'emporta-t-elle alors qu'elle passait un bandage autour de son bras

- Ca pique

- Ca pique ?! C'est ta joue qui va te piquer si tu recommences

- J'ai mal au ventre

- Mieux vaut que tu es mal quelque part plutôt que tu ne ressentes plus rien

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Elle regarda son avant bras pour la dixième fois depuis à peine cinq minutes sentant le regard noir de Victoria sur elle. Depuis cet incident comme elle se plaisait à le qualifier ces deux meilleurs amis ne la lâchait plus d'une semelle. A peine si elle pouvait encore entrer dans sa douche toute seule. D'ailleurs à ce sujet il y avait fort à parier qu'ils ne la laisseraient pas prendre de bain sans surveillance. Elle ne savait même pas vraiment si elle avait fait ça plus pour se punir que pour réellement vouloir mourir. Le bandage était serré et personne ne semblait s'inquiéter de savoir comment ça avait pu arriver. Au moment de le changer elle avait vu les deux petites marques qui la narguaient silencieusement, mais elle ne se sentait même pas coupable. Elle avait eu une bonne raison de le faire et cela même si la dite raison échappait totalement à la compréhension de ses deux amis.

- Miss Black pourriez nous vous dire comment on forme un patronus ?

Ce fut la voix de son professeur qui la tira de sa rêverie, elle lui répondit poliment avant d'y retourner aussi rapidement qu'elle y en était sorti. Comme si elle avait le temps de penser à des choses aussi futile qu'un patronus, de toute façon il n'y avait plus rien dans sa vie de vraiment heureux maintenant. Et puis si elle croisait un détraqueur elle le laisserait faire sans sourciller, donc pourquoi s'embêter à écouter quelque chose qui ne lui serait d'aucune utilité. Ce fut au moment de passer à la pratique qu'il se rendit compte à quel point son élève était distraite aujourd'hui. Elle n'essayait même pas. Les autres faisaient des efforts insoupçonnés pour y parvenir et elle, elle ne faisait absolument rien. Elle avait tout de même prit la peine de se lever et lorsqu'elle essaya la première fois absolument rien ne se produisit. En même temps comment aurait il pu en être autrement devant le manque de conviction qu'elle y mettait ?

Elle sentait que son professeur ne la lâcherait pas du regard tant qu'elle n'aurait pas au moins fait un petit effort. Mais elle ne voulait pas se souvenir, les meilleurs moments qu'elle avait passé était en compagnie de Rémus et à chaque fois ça la faisait souffrir un peu plus. La première fois qu'ils s'étaient embrassés, la première fois qu'il l'avait prise dans ses bras, la première fois qu'il l'avait emmené au cinéma, la première fois qu'ils avaient fait l'amour et puis toutes les suivantes. En prononçant la formule elle était persuadée que ça ne marcherait pas mais contre toute attente un long filet argentée sortit de sa baguette pour prendre forme animale. Devant elle se tenait une sorte de bête entre le loup et le chien et à ce moment là une larme coula le long de sa joue. C'était tellement injuste, pourquoi arrivait elle aussi facilement à produire quelque chose qu'elle ne désirait même pas ? Pourquoi ne pouvait elle pas simplement réussir à avoir ce qu'elle voulait vraiment.

En montant dans sa chambre ce soir là elle s'asseya sur le lit prenant pour la première fois l'album photo que lui avait légué son frère. C'était ses souvenirs à lui du temps de Poudlard mais en regardant les clichés elle eut la surprise de se sentir sourire. Sur toutes ces photos Sirius faisait tellement le pitre en compagnie de James qu'il était impossible de ne pas rire. Victoria ne tarda pas à la rejoindre et plusieurs clichés les interpellèrent. D'abord pourquoi Rémus paraissait il aussi fatigué sur beaucoup d'entre elle ? C'est vrai que c'était toujours le cas mais jamais elle ne se souvenait avoir vu le visage de son petit ami avec un contraste aussi marquant. L'une des photos représentaient un gros chien noir, un cerf ainsi qu'un rat réunis. Qu'Est-ce que ça signifiait ? Depuis quand son frère et ses amis avaient ils la folie animale ? Sur la photo juste à côté on voyait Sirius, James et Peter. Exactement au même endroit, dans la même position, avec le même soleil qui brillait derrière eux. Ils arboraient tous trois un sourire insolent et pendant un instant un doute la submergea. Elle avait déjà vu ce chien, deux fois en faite. La première alors qu'elle discutait avec Regulus, la seconde alors qu'elle s'était fait attaqué par Edward. Serait il possible que … ? Mais alors dans ce cas pourquoi Rémus n'apparaissait pas sur les photos en compagnie des trois autres ?

- Des animagus, ton frère et tes amis ont réussi à devenir des animagus. Décidément ya pas à dire ils étaient réellement très doués ria Victoria

- Il y a quelque chose d'étrange là dedans

- Oui le fait qu'on ne soit pas les meilleurs et qu'on ne le sera jamais

- Pourquoi Rémus n'est pas avec eux ? Je veux dire devenir animagus c'est une décision importante, tu peux aller en prison si tu ne te déclares pas alors pourquoi auraient ils pris ce risque et sans Rémus de surcroît ?

- Je pense que la seule personne à pouvoir te répondre c'est James

- Il ne me répondra jamais, il refusera. Mais peut être que Peter …

Elle ne l'avait rencontré qu'une seule fois mais il ne semblait pas aussi borné que les autres. Peut être qu'il allait accepter de lui parler de Rémus, peut être qu'elle allait en apprendre plus sur lui. Entièrement omnubilé par cette pensée elle s'installa directement à son bureau commençant à rédiger une lettre. Au bout de trois brouillons elle parut satisfaite et avec une excitation non dissimulée elle se rendit à la volière. Victoria ne chercha pas à la retenir, ça paraissait être une bonne chose cette agitation. Elle avait envoyé une lettre, elle attendrait la réponse impatiemment, par conséquent elle n'aurait pas à s'inquiéter pour elle pendant la semaine à venir.

«Monsieur Pettigrow, Peter,

Nous ne nous sommes rencontrés qu'une seule et unique fois. Je ne vous ai sans doute laissé aucun souvenir marquant si ce n'est celui d'une peste arrogante et superficielle mais j'espère que vous pourrez me fournir des réponses qui me tiennent à cœur.

Sirius et Rémus ont … disparus comme vous le savez sans doute déjà. Etant actuellement en possession de l'album photo de mon frère j'ai appris plusieurs choses dont une fondamentale. Vous aviez décidé de devenir des animagus et vous y êtes parvenus avec brio je dois le reconnaître. Cependant une question me taraude : Pourquoi Rémus n'apparaît jamais avec vous ?

Je sais que ce courrier doit vous paraître étrange mais actuellement j'essaye de penser à tout autre chose qu'à leur probable mort. Peut être ne prendrez vous pas la peine de me répondre mais je sollicite vraiment votre aide.

Amicalement.

Cassiopée Black.»

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Chaque matin elle guettait l'arrivée du courrier. A chaque petit déjeuner elle attendait avec fébrilité que les hiboux arrivent mais à chaque fois elle se trouvait déçue. Du moins jusqu'à ce matin là. Octobre venait d'arriver, les feuilles commençaient à disparaître totalement du parc et alors qu'elle était absorbée par l'étude méticuleuse de sa tasse de café une lettre atterrit directement sur la tête d'Alexandre qui n'était pas vraiment enchanté.

- Maudites chouettes, elles finiront par avoir notre mort un jour

- Donne c'est pour moi

«Chère Cassiopée,

Comment aurais je pu vous oublier ? J'ai retenu bien plus de vous que cette apparente superficialité. Vous étiez une jeune fille charmante et j'espère par cette missive pouvoir vous aider. De toute manière je pense que ça n'a plus vraiment d'importance maintenant qu'ils ne sont plus de ce monde et que notre groupe s'en voit considérablement réduit. Oui nous étions des animagus, James était un cerf majestueux, votre frère un grand chien noir, quant à moi j'étais un rat. Nous n'avions pas décidé de faire ça sans aucune raison. Nous le faisions pour Rémus. Pour qu'il ne soit pas seul lors de ses transformations.

Rémus était un loup garou. Son statut l'a toujours empêché de vivre la vie qu'il aurait mérité et probablement désiré mais je pense qu'il est désormais inutile d'épiloguer sur le sujet.

J'ignore pourquoi vous teniez tant à obtenir ces informations mais j'espère avoir pu vous aider.

Votre dévoué serviteur.

Peter Pettigrow»

Elle ne put retenir l'exclamation qui s'échappa de ses lèvres en lisant ces quelques mots. Bien sûr elle aurait du s'en douter, ça expliquait pas mal de choses mais pourquoi n'avait il jamais cru bon de lui en parler ? Elle rangea soigneusement la lettre dans sa poche alors que ses amis guettaient sa réaction. De toute façon il n'y avait plus rien à dire maintenant. Ca ne la surprenait même pas tant que ça. Au contraire elle avait même l'impression d'avoir jamais mieux compris Rémus que maintenant. Ses absences, ses fatigues, sa culpabilité, ses remords. Tout lui paraissait tellement clair maintenant. Pourquoi devait elle l'apprendre alors qu'il n'était plus là ? Peut être avait il eu peur qu'elle ne le rejette à cause de ça. Pourquoi ne pouvait elle pas lui dire maintenant que ça n'aurait pas été le cas. Elle l'aimait, l'aimait comme une folle, et maintenant ça ne servait plus à rien. Elle avait attendu cette lettre comme si ça allait la sauver, la délivrer de l'emprise de son amour, mais à la place ça ne faisait que renforcer celui-ci.

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Ce matin là elle s'était réveillé en retard, très en retard même. Ca expliquait beaucoup de choses comme par exemple la tenue débraillée qu'elle présentait ou encore la coiffure plus que suspecte qu'elle s'était faite en à peine trois secondes. Le professeur McGonagall débitait son cours de manière insipide alors qu'elle devait lutter pour ne pas retomber endormi. Son rêve avait été l'un des meilleurs de sa vie mais en même temps l'un des pires. Elle avait rêvé que Rémus était revenu, qu'il était vivant. Que son frère l'accompagnait et qu'il était le témoin de Rémus durant leur mariage. C'était stupide, en se réveillant elle avait cru qu'un poignard lui transperçait le cœur en se rendant compte que rien de tout ça n'était vrai. Durant la pause de dix minutes entre les deux heures que leur professeur leur accordait, Victoria coiffa convenablement Cassiopée qui de toute façon était trop lasse pour protester. Elle ne voyait pas vraiment l'intérêt d'une telle manœuvre, de toute façon son apparence était vraiment loin d'être la première de sa préoccupation à l'heure actuelle. Au moment où leur professeur allait reprendre son cœur la porte s'ouvrit à la volée sur un petit rouquin qui paraissait excité comme une puce.

- Ils sont revenus !

- Monsieur Weasley je ne vous ai pas permis d'entrer

- Mais vous ne comprenez pas professeur, ils sont là dans le hall. On disait qu'ils étaient morts et là ils sont dans le hall

- Cessez de parler aussi vite et exprimez vous plus clairement voulez vous

- Le professeur Black et le professeur Lupin sont actuellement dans le hall articula-t-il lentement

Si c'était une blague elle n'était vraiment pas drôle. Est-ce qu'elle était toujours en train de rêver ? C'était probable. Pourtant quand Alexandre la pinça ça semblait drôlement réel. Elle n'entendit que la fin du cri horrifié de son professeur quand elle sortit de la salle en courant. Tant pis si elle avait à passer le reste de l'année en colle, elle devait en avoir le cœur net et hors de question d'attendre une minute de plus dans cette salle. De toute façon son cœur ne l'aurait pas supporté. Elle descendit les marches à toute vitesse manquant de tomber trois ou quatre fois provoquant la curiosité des quelques premières années qui se trouvaient sur son passage. En arrivant dans le hall la déception fut aussi brutale que cruelle. Il n'y avait absolument personne, pas l'ombre d'un être vivant. Alors qu'elle allait se mettre à pleurer devant cette déception qu'elle aurait sans doute du soupçonner depuis sa salle de classe une voix se fit entendre.

- Cassiopée

Et là elle éclata en sanglots.