Tout d'abord, toutes mes excuses pour ce nouveau retard. La raison en est toute simple : mon mois de mai a été très occupé par la rédaction de mon rapport de stage et la préparation de ma soutenance. J'avais prévenu en ràr ceux qui m'avaient laissé des reviews, mais ce n'est pas une raison. A priori, les autres chapitres devraient reprendre le rythme habituel.

Merci, donc, aux reviewers, Wizzette, Crookshanks, Marjane, Shimy, Fenice, Pastylle, Océ, Silva, et bienvenue à Vanille qui a rattrapé les presque 30 chapitres en laissant de nombreuses reviews !

Le titre est celui d'une chanson des Beatles (Lennon et McCartney), de l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, et signifie « avec un peu d'aide de mes amis ». J'espère qu'il s'expliquera logiquement – à plusieurs niveaux.


Petit rappel chronologique : Nous sommes désormais entre septembre etoctobre 1974, la quatrième année de no héros débute tout juste...

Au niveau des personnages :

Driana (la Kenyanne), Lizzie (qui parle beaucoup) et Margaret (qui a plein d'idées loufoques) sont les camarades de dortoir de Lily. Y logent aussi Sarah et Mary, dont les autres sont moins proches.

Dans l'équipe de Quidditch de James, il y a Franck Londubat (capitaine et batteur), Bell (batteur), Ana Berkley (attrapeuse), McFurton (gardien), Sato et Pratwell (poursuiveurs). L'année dernière, McFurton était en 7° année.

Marilind Curring est une troisième année de Poufsoufle - et une ancienne connaissance de Remus.


With a little help from my friends

Severus avait vu les quatre Gryffondor monter dans le train, et s'était dirigé à l'autre bout. Inutile de s'attirer des ennuis dès le premier jour. Il les entendait d'ici plaisanter et rire, et il du retenir un mouvement de frustration. Comment de tels types pouvaient-ils être aussi idiots ?

Tous les compartiments devant lesquels il passa étaient plein, et au fur et à mesure de son avancée, il craignit de croiser ceux qu'il cherchait justement à éviter. Il les vit dans un compartiment et s'empressa de le dépasser. Deux pas plus loin, la chevelure auburn de Lily attira son regard, mais elle s'installait avec Langton et d'autres filles de son année, aussi poursuivit-il son chemin avec un léger serrement de cœur.

Il allait dépasser le compartiment qui abritait Regulus et Narcissa Black lorsque cette dernière, l'apercevant, demanda à la jeune fille qui l'accompagnait de le faire entrer. Elle lui ouvrit la porte sans un mot et il entra dans le même silence, s'asseyant sur le seul fauteuil qui restait disponible.

- Rogue, le salua Narcissa d'un signe de tête qu'il lui rendit. J'imagine que tu connais Dalila Moon ? Sa sœur est dans ta classe.

Severus hocha la tête. Dalila Moon était assise en face de Regulus, entre Narcissa et sa sœur Salomé. Les deux sœurs Moon avaient le même teint mat, les mêmes cheveux sombres et raides, la même bouche fine. Seuls les yeux de l'aînée la distinguaient de sa cadette, d'un noir profond tandis que Salomé les avait d'un vert saisissant. (1) Les sœurs Moon passaient pour certaines des plus jolies filles de Serpentard – et donc des gens qui comptaient. Qu'elles fréquentent les Black était finalement peu étonnant.

Regulus reprit le récit que Severus devait avoir interrompu à son arrivée, racontant son séjour en France à Rabastan Lestrange. Narcissa participait à la conversation en ajoutant un détail ou une anecdote à l'occasion, et les autres écoutaient.

Severus hésitait à sortir son livre de potions. L'atmosphère feutrée et tranquille du compartiment le mettait à l'aise, mais pas au point d'oublier qui il était : un simple demi-sang admis parmi les puissants à qui il ne fallait pas déplaire, et se plonger dans un livre, fut-ce un manuel scolaire, pouvait être mal perçu par l'élégante et froide Narcissa Black, future épouse Malefoy. Il allait donc se résoudre à s'ennuyer pendant un long moment lorsque, profitant d'un blanc dans la conversation, Salomé se tourna vers lui :

- Rogue, si cela ne t'ennuie pas, je voulais te demander une précision sur l'utilisation de l'ellébore dans la potion de sommeil que le Professeur Slughorn nous a demandé d'étudier pendant l'été ?

Severus lui sourit et hocha la tête pour l'inviter à continuer, peu dupe du détournement de la conversation de la jeune fille mais reconnaissant.

Le reste de l'après-midi fut longuement consacré aux potions, avant que la question des options ne soit abordée, Narcissa et Dalila donnant des conseils à Rabastan et Regulus.

- Lesquelles as-tu pris, toi ? demanda Narcissa en se tournant vers Severus.

- Arithmancie et Etudes des Runes, répondit le jeune homme d'un ton neutre.

Elle hocha la tête en serrant les lèvres.

- Excellent choix. C'est ce que tu devrais choisir aussi, Regulus, ajouta-t-elle vers son cousin. J'avais bien dit à Sirius que c'étaient les options nécessaires, mais…

- Il y a une vieille tradition de Divination chez les Moon, indiqua Salomé comme si de rien n'était.

- Depuis qu'une de nos ancêtres s'est montrée pourvue du don de double-vue, sourit sa sœur en guise d'explication. Toutes les femmes de notre famille choisissent cette matière. Qui sait, le don se manifestera peut-être à nouveau.

- Et c'est intéressant, la Divination ? demanda Severus par acquis de conscience.

Il n'avait jamais éprouvé qu'un mépris certain pour une matière aussi sujette à interprétations, mais c'était une opinion à ne pas exposer devant la famille Moon. Et après tout, c'était l'occasion de vérifier son idée.

- Oh, tu sais… sourit Salomé. Personnellement, je ne vois que des feuilles au fond de mon thé, et de la fumée blanche dans ma boule de cristal. Je ne dois pas être très douée.

Il hocha la tête sans rien dire de plus, observant Salomé sans en avoir l'air tandis qu'elle continuait la discussion sur la Divination avec Dalila et Narcissa. Il fouillait dans sa mémoire, cherchant s'il avait déjà adressé la parole à la jeune Moon – ou inversement. Mais il lui semblait bien que non. Salomé formait, avec Andromède Parkinson et Alecto Carrow, un trio qu'il n'approchait que contraint et forcé, en particulier à cause de l'aversion que lui portait la plus âgée des trois depuis son duel avec son frère, deux ans auparavant. Pour autant, depuis cet incident, ni Moon ni Parkinson ne s'étaient montrées particulièrement désagréables avec lui, tandis que Carrow se contentait de l'ignorer la plupart du temps.

Résultat, il ne se serait pas douté un instant que Salomé pourrait plaisanter avec lui comme elle venait de le faire. Qu'elle connaisse sa passion – et, soyons lucides, son talent – pour les potions, cela n'était pas étonnant : c'était de notoriété publique depuis qu'il donnait des « cours » à Regulus Black. Cela lui valait régulièrement des questions, y compris d'élèves plus âgés. Mais au-delà de ça…

Une fois de plus, Severus contempla ce qu'il devait à Regulus et Narcissa Black – et, à travers elle, à Lucius Malefoy. La gratitude l'envahit en même temps que l'amertume. Pour eux, décidément, tout était si facile, tout leur était dû. Pas besoin de faire leurs preuves.

Mais au moins, eux utilisaient ces avantages avec précaution, pudeur, à bon escient, songea Severus tandis que le beau visage rieur de Sirius Black s'imposait devant ses yeux. Il étouffa un grognement pour ne pas attirer l'attention de ses camarades toujours en pleine conversation. L'Héritier avait tout pour lui. Tout. Famille, nom, argent – et même talent ! Black était loin d'être un idiot. Mais il préférait faire des blagues, prendre des punitions, et traîner avec des parasites comme Potter, Lupin et Pettigrow.

Et comme toujours lorsque ses pensées l'entraînaient sur le sujet de Sirius Black, Severus se força à inspirer et expirer très lentement, pour chasser la boule d'envie et de fureur qui venait de se loger dans sa gorge. Black finirait bien par payer son insolence et sa désinvolture, se persuadait-il. Tout se paie. Il l'avait bien assez appris.

En revanche, il savoura les regards de Yaxley, Avery et Mulciber lorsque, de retour dans leur dortoir, il laissa tomber au détour de la conversation les noms de ceux avec qui il avait fait le voyage en train.

Le lendemain, après le petit-déjeuner, il retrouva comme d'habitude Lily en cours de Potions. Elle l'accueillit avec son sourire et sa bise habituels, et il ne rougit presque pas. Le professeur Slughorn leur souhaita la bienvenue en leur racontant ses vacances, comme il le faisait souvent. Cette attitude ne semblait pas tellement déplaire aux Gryffondor, Lily exceptée, et cela agaçait prodigieusement Severus. Ils étaient à Poudlard pour s'instruire, par Merlin, qu'importaient donc le soleil d'Espagne !

Enfin, leur professeur leur indiqua de préparer la potion de sommeil à l'ellébore qu'ils devaient étudier pendant leurs vacances, et il vit du coin de l'œil Salomé Moon se tourner vers lui avec un sourire. Sans détourner la tête de son chaudron où il commençait à verser de l'eau pure, base de la potion, il le lui rendit.

Leur potion avait atteint la consistance de la purée et une belle couleur orangée lorsque le professeur Slughorn s'approcha de leur table, contemplant leur potion d'un air plus ravi encore qu'à son habitude.

- Ah, monsieur Rogue, mademoiselle Evans ! Décidément, vos progrès en Potions sont fulgurants. Fabuleux !

Lily rougit et Severus le remercia d'un signe de tête, concentré dans son comptage de tours.

- Dites-moi, ajouta le professeur. Je donne une petite soirée dans mes appartements vendredi soir, pour quelques étudiants. J'apprécierais que vous y veniez.

Severus releva la tête, stupéfait. Il avait entendu parler, évidemment, du « Club de Slug », comme on l'appelait. Mais jamais il n'aurait cru être invité à en faire partie.

- Volontiers, monsieur, accepta-t-il en devançant Lily qui avait ouvert la bouche.

- Parfait, parfait, répondit Slughorn en se frottant les mains, avant de passer à la table derrière eux.

Severus se tourna vers Lily et lui fit un grand sourire, enchanté d'être invité – et qu'elle le soit aussi. Lily, elle, fronçait les sourcils :

- Avec les filles, on avait prévu un truc, vendredi soir…

- C'est plus important, lui chuchota Severus. Tu n'imagines pas qui vient aux soirées de Slughorn, ce sont des contacts qui peuvent tout changer !

Lily haussa les épaules, visiblement peu convaincue. Severus se mordit la lèvre inférieure et retournait à sa potion lorsqu'il entendit, derrière lui, Slughorn formuler la même invitation à Potter et Black. Il serra les dents, furieux. Le seul mérite de ces deux crétins était de s'appeler Potter et Black !

Il était encore plongé dans ces réflexions aigres lorsque Lily le quitta pour se rendre en cours d'Histoire de la Magie. Elle avait appris à reconnaitre les moments où il était fermé au monde extérieur, comme celui-ci, et à simplement attendre que ça passe. L'en sortir de force lui demandait trop d'énergie pour qu'elle s'en donne la peine la plupart du temps.

Dans la salle, elle s'abattit avec un soupir à côté de Margaret, fixant d'un regard morne le tableau en attendant l'arrivée du soporifique professeur fantôme.

- Je parie sur les révoltes gobelines, déclara Driana depuis l'autre côté de la rangée.

- Moi aussi, répondirent Lily et Black en même temps, tandis que le professeur entrait à travers le mur.

Leur intuition se révéla exacte, et bien vite, Lily lâcha le fil des noms plus semblables les uns que les autres. Le pire, songea-t-elle avant de sombrer définitivement, c'est que ça pourrait être intéressant.

Elle passa le cours à discuter avec Margaret, spéculant sur l'identité du nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal, absent du festin la veille. Son amie proposait avec délectation théorie farfelue sur théorie farfelue, tandis que Lily penchait davantage pour un énième Auror à la retraite.

A côté d'elles, Driana et Black semblaient avoir repris leurs petits jeux habituels – en trois ans, Black ne s'était pas lassé du pendu, et s'était même amusé à animer la figurine, quitte à faire parfois exprès de perdre.

Le soir, au moment où elles allaient se coucher, Lily demanda d'une petite voix :

- Les filles ? Ca vous embêterait beaucoup qu'on reporte la soirée de vendredi ?

- Pourquoi ? demanda Lizzie.

- Je suis invitée à un truc de Slughorn, soupira la jeune fille. Et apparemment, je peux pas refuser.

- Pff, t'es pénible, on avait dit vendredi ! gémit Sarah.

- On peut bien essayer les maquillages et coiffures de Sorcière Hebdo samedi, répliqua Driana en haussant les épaules. C'est pas urgent à ce point.

- Nan mais on s'était mises d'accord ! insista Sarah en fronçant les sourcils. Et maintenant faut tout changer pour Lily…

- Je fais pas exprès, hein, s'agaça la rousse. Sev a dit…

- Oh, bien sûr, si Rogue le dit, la coupa à nouveau sa camarade.

Lily allait répliquer mais Driana fut plus rapide.

- Ouais mais c'était pour qu'on soit toutes les six. On a qu'à voter, qui est d'accord pour repousser à samedi ?

Et sans attendre, elle leva la main, aussitôt suivie de Lizzie, Margaret et Lily. Le regard de Mary passait de Driana à Sarah, l'air hésitant, avant qu'elle lève timidement la main à son tour.

- C'est toujours pareil, souffla Sarah avant de fermer brusquement les rideaux de son lit.

- Merci, les filles, souffla Lily.

Et comme elle s'y attendait, elle s'amusa bien davantage avec ses amies qu'avec les invités de Slughorn. A vrai dire, elle passa son vendredi soir à soupirer discrètement. Severus semblait enchanté d'être présent – si tant est que Severus puisse être enchanté par quelque chose, lui qui montrait si peu ses émotions – et avait entamé la conversation avec le professeur Slughorn et un Serdaigle de septième année. Ils parlaient de potions. Encore. Evidemment. Lily s'éclipsa et observa d'un air morne les gens qui peuplaient le cachot.

Toutes les maisons étaient représentées, en tout cas. Elle reconnu Narcissa Black, dans son uniforme impeccable, accompagné d'un garçon qui devait être en deuxième année – il lui semblait l'avoir aperçut avec Regulus. Un peu plus loin, une Poufsouffle discutait avec un Serdaigle… Et au fond, près de la porte, Black et Potter paraissaient s'amuser comme des petits fous. Lily hésita quelques minutes avant de rejoindre ses camarades – ils ne s'entendaient pas toujours, mais au moins, avec eux, aucune chance de s'ennuyer !

- Evans, l'accueillit Potter avec un sourire jusqu'aux oreilles.

Qui la mit immédiatement sur ses gardes. Rien à faire, au bout de trois ans, elle ne savait toujours pas comment réagir face à lui, ignorant s'il allait l'accueillir d'une politesse ou d'une moquerie – les deux étant parfois étrangement semblables.

- Toi aussi tu as été piégée ? lui demanda Black avec un presque sourire.

Elle hocha la tête en grimaçant, repensant aux mots de Sarah.

- Il a insisté, soupira-t-elle.

- Ouais, Narcissa aussi, répliqua Black. Elle a dit qu'elle écrirait à ma mère si je venais pas, et j'aime autant éviter les beuglantes.

Lily haussa un sourcil interrogateur. De la part de quelqu'un qui en recevait une par mois en moyenne depuis un an et les accueillait d'un jet d'eau blasé… Potter éclata de rire à son air, tapotant l'épaule de son ami :

- Sirius, va falloir être plus crédible que ça…

Lily lui sourit. Finalement, cette soirée pouvait être amusante, s'ils continuaient comme ça…

Ils discutaient depuis un bon moment et Lily avait presque oublié où elle se trouvait lorsque, relevant la tête, elle croisa le regard de Severus. Il paraissait furieux, triste aussi, et peut-être un peu jaloux. La jeune fille étouffa un soupir, envahie par un soudain sentiment de culpabilité. Severus avait tendance à être exclusif, elle le savait, et il n'aimait guère ses autres amis. Qu'elle soit, en plus, avec les deux énergumènes qui l'embêtaient régulièrement était sans doute encore pire. Mais elle n'en pouvait plus d'entendre parler de potions !

- Oh, mais c'est Servilus, remarqua alors Black d'une voix mauvaise, interrompant ses réflexions.

- Ne l'appelle pas comme ça, s'agaça Lily.

- Pourquoi ? C'est ce qu'il est, non ? Toujours fourré dans les jupes de Slughorn ou Narcissa, à hocher la tête avec componction…

- C'est pas de sa faute s'il est meilleur que toi, répondit Lily avec aplomb, plantant ses poings serrés sur ses hanches. Et Narcissa le respecte, elle, au moins !

Sirius secoua la tête avec un rire forcé.

- Elle l'utilise, c'est tout. Il n'est rien, crois-moi.

Ne trouvant rien à répliquer et furieuse, Lily tourna les talons pour rejoindre son ami, laissant les deux Gryffondor derrière elle. Deux idiots, voilà tout !

- Je vais rentrer, dit-elle brusquement à Severus. Je m'ennuie, et j'ai rien à dire à personne. A demain.

Elle lui fit une bise sur la joue et s'éclipsa sans demander son reste. Au moins, le lendemain soir, elle n'aurait pas à ménager les susceptibilités des uns et des autres et à subir des conversations assommantes ! Tout ce qu'elle aurait à faire, c'était s'amuser, essayer de se maquiller, et échanger des potins avec les filles. Tant que Sarah et Driana ne se disputaient pas…

Mais les craintes de Lily se révélèrent vaines. S'il y avait un sujet qui réunissait les deux fortes têtes du dortoir des filles de quatrième année, c'était la mode et les potins. Driana et Sarah avaient également la même passion pour le groupe des Fab Three (2) qui s'était formé deux ans auparavant et était composé de trois jeunes sorciers musiciens qui attiraient et électrisaient les foules. Fils de moldus, ils avaient fait entrer la musique rock dans le monde sorcier, s'attirant le mépris outré des plus âgés et l'enthousiasme des plus jeunes. Après avoir écouté leurs chansons, Lily avait promis de faire découvrir les Beatles à ses amies, tant leur influence semblait forte sur le groupe sorcier.

Le leader du groupe, un certain Jim Jagger (Lily était persuadée que c'était un pseudonyme. Le fait que les deux autres membres du groupe s'appellent respectivement Mick Morrison et Keith Hendrix ne faisait d'ailleurs que confirmer sa certitude. Mais aucune de ses amies ne voulait en entendre parler). Jim Jagger, donc, venait de se fiancer, déclenchant une véritable hystérie chez ses fans. Le sujet de conversation de la soirée était donc tout trouvé. Seule Margaret semblait trouver les fiançailles peu intéressantes, préférant chanter à tue-tête – et extrêmement faux – les plus grands succès des Fab Three.

La soirée se termina enfin après que Lizzie les ait toutes prises en photo et que Mary et Lily, intronisées jury, aient élu la meilleure chanteuse de Tomorrow, la chanson qui avait lancé le groupe et qui passait encore régulièrement sur la RITM.

oOoOoOoOoOoOoOo

James laissa échapper un chapelet d'injures qui auraient fait se dresser les cheveux sur la tête du Professeur McGonagall, l'eut-elle entendu, lorsqu'il vit atterrir devant lui le désormais habituel hibou de la Gazette. Il prit son exemplaire en ronchonnant sous les rires de ses amis et le déplia d'un air désintéressé – avant de pousser une exclamation.

- Il a encore attaqué !

- Qui ça ? s'inquiéta immédiatement Remus.

- Vous savez… Voldemort, souffla-t-il.

- Lit ! exigea Sirius.

- C'est hier, en plein journée, que le désormais célèbre mage noir qui se fait appeler Lord Voldemort a perpétré son forfait, commença James. Suivi d'une dizaine d'adeptes masqués et vêtus de noir, il est entré dans un café moldu et a attaqué sauvagement la clientèle avec des sortilèges inconnus. « Il hurlait, sanglote un témoin miraculeusement échappé de la tuerie. Mon frère, il hurlait, il se tordait dans tous les sens. Et les autres, ils… ils riaient. » C'est donc un homme sanguinaire que ce Voldemort, qui tue et torture pour le plaisir.

Les Aurors moldus, appelés "policiers", ont été les premiers à arriver sur les lieux, découvrant une scène de carnage. Dix morts sont à déplorer, dont deux sorciers – le frère de notre témoin et sa fiancée, fille de moldus, présents dans ce café pour présenter son fiancé à sa famille. Prévenus, les Aurors ont immédiatement reconnu le symbole de tête de mort de Vous-Savez-Qui, et la brigade des Oubliators s'est occupée de faire passer cet affreux fait-divers pour un attentat perpétré par un groupuscule terroriste moldu, l'IRA (Armée Républicaine Irlandaise), qui réclame l'indépendance de l'Irlande à travers des attaques de ce genre.

Tandis qu'il lisait ces derniers mots, Lily Evans, assise un peu plus loin, releva brusquement la tête, interpellée.

- Potter, tu peux relire ça s'il te plait ?

- C'est hier, en plein journée

- Non, juste la fin, à propos des terroristes moldus…

- L'IRA ?

- Oui, fit Evans en hochant doucement la tête. C'est bien ça. Mes parents en ont parlé…

- Apparemment, ils posent des bombes chez les Moldus, intervint Remus.

- Oui, confirma Lily. Mais jusqu'à présent, il n'y avait pas eu de morts, je crois… Pourquoi les Oubliators mettent les tueries de ce… cet affreux Voldemort sur le dos de l'IRA ?

Sirius et James haussèrent les épaules en même temps.

- Il faut bien trouver une excuse, expliqua James.

Elle siffla et lui tourna le dos en secouant la tête, visiblement agacée. James leva les yeux au ciel. Il avait déjà du mal à comprendre les filles en général, mais alors Evans, c'était bien la pire de toutes ! Il allait se replonger dans l'article lorsqu'une main se posa sur son épaule. Il se retourna et reconnut Franck Londubat.

- Mon capitaine ! sourit-il.

Londubat lui ébouriffa un peu davantage les cheveux et se pencha vers lui :

- Bon, Potter, tu sais qu'on a les sélections pour le poste de Gardien, ce soir, hein ? Tu seras là ?

- Oui mon Capitaine !

Il leva les yeux au ciel, et repartit sous les rires conjugués de Sirius, Remus et Peter. Malgré son ton bouffon, ils savaient bien que James portaient une admiration sans borne à Franck Londubat.

- Tu sais qui va se présenter, pour les sélections ? intervint Driana en se tournant vers eux.

- Pas du tout, fit James. Pourquoi, tu en es ?

- Evidemment ! lança-t-elle avec un regard de défi. Et cette fois, je peux te jurer que je rentre dans l'équipe.

- Ce serait chouette, lui sourit James.

Et de fait, les sélections le soir même firent à Sirius l'effet d'être jouées d'avance. Il n'y avait, outre Driana, que deux candidats, un garçon de cinquième année à l'air revêche, et un petit de deuxième année qui paraissait loin d'être assez costaud et entraîné. Et de fait, il n'arrêta qu'un lancer de Berkley. L'autre était plus acharné, arrêtant les deux tirs de Sato et les deux de James, mais Berkley passa au travers les deux fois, quand elle n'en fit passer qu'un – le premier – avec Driana. Londubat l'accueillit dans l'équipe avec un grand sourire et une poignée de main, tandis que ses amies applaudissaient dans les tribunes.

- On fait la fête, ce soir ? leur proposa Sirius avec un sourire.

- Et comment ! s'exclama Margaret. Quel dommage qu'on ne puisse pas avoir de la bièraubeurre !

Sirius lui fit un clin d'œil, une idée germant tranquillement dans son esprit. Dès que James les eut rejoint, il expliqua son plan à ses amis qui approuvèrent chaudement.

.

- Mais voilà mes maraudeurs ! s'exclama Cassandra quand ils la trouvèrent enfin, dans une cour intérieure du château, en train de discuter avec Remus.

- Maraudeurs ? releva James en haussant les sourcils.

- Vous aimez pas ? Vous êtes pourtant toujours en train de traîner et de marauder dans les couloirs, y compris bien après le couvre-feu, d'après ce que j'ai compris… ajouta-t-elle avec un clin d'œil vers un Remus rougissant.

- C'est vrai que c'est plutôt sympa, comme nom, sourit Sirius. Si jamais on crée un groupe de rock un jour…

Peter et James explosèrent de rire, et la jeune fille leva les yeux au ciel.

- Morgane, Sirius, s'il te plait, préviens-moi ce jour-là. J'irai faire un tour en Inde chez Persephon.

Les rires redoublèrent, et Sirius attendit qu'ils se calment avant de demander à Cassandra où se trouvaient les cuisines. Elle leur indiqua la marche à suivre sans sourciller avant d'ajouter :

- Mais Remus le sais, en plus. Et je sais que je suis la mine de renseignements la plus cool de tout Poudlard, les jeunes, mais vous pouvez aussi essayer de vous débrouiller tout seuls, hein. Je serai pas toujours là.

Remus frissonna à ses mots, et elle se mordit la lèvre inférieure, comprenant qu'elle l'avait blessé.

- Je quitterai bientôt Poudlard, ajouta-t-elle d'une voix plus douce, regardant uniquement son frère. Mais je serai toujours là, dans le coin, pas très loin. Hors de question que je parte en Inde.

Remus hocha la tête, se sentant déjà idiot de sa réaction précédente. Il n'était plus un bébé, enfin ! Il résista à l'envie de serrer Cassy dans ses bras, sachant parfaitement que Sirius le moquerait sans merci.

- Allez, venez, disait-il d'ailleurs. Faut qu'on y aille pas trop tard si on veut pas risquer de se faire coincer ! Merci Cassy !

Ils trouvèrent le tableau sans difficulté, guidés par Remus, et le passage s'ouvrit juste après que Sirius se soit senti complètement idiot de chatouiller une poire peinte, sous le regard moqueur du loup-garou. Ils découvrirent les cuisines avec un certain ravissement, sauf le jeune Lupin qui trouvait, lui, malgré l'accueil toujours cordial des elfes, qu'il venait dans cette pièce un peu trop souvent.

Ils se ravitaillèrent copieusement et durent même refuser quelques victuailles, trop chargés pour les porter. Ils se glissèrent aussi rapidement et discrètement qu'ils purent dans leur Salle Commune puis dans leur dortoir, avant d'envoyer Peter à la recherche des filles – puisque, de toute façon, ils ne pouvaient pas monter leurs escaliers, eux.

Elles arrivèrent quelques minutes plus tard et s'exclamèrent devant les quantités amassées. Sirius, très fier de lui, leur expliqua comment se rendre aux cuisines - pour apprendre, déconfit, que Remus leur avait révélé l'information dès la première année. Le "traître !" qu'il lança à cette occasion fit rire tout le monde.

Remus, adossé contre son lit, regardait leur petit groupe en souriant, songeur, quand Lily s'approcha de lui.

- Remus, ça va ?

- Oui oui, lui sourit-il. Je me disais juste que c'est la première fois, je pense, que toute notre classe est réunie hors des cours – et que ça se passe bien. Pas de dispute.

- C'est vrai, grimaça sa camarade. Certains jours, je me demande comment tu supportes Potter et Black, mais d'autres, comme aujourd'hui, je crois que je comprends ce que tu leur trouves. Ils sont drôles.

- Ils sont aussi intelligents, et fidèles, dit Remus.

Elle lui lança un regard clairement dubitatif, mais il n'insista pas. Il aimait bien Lily, mais il n'était pas question de lui révéler quoi que ce soit. Les garçons avaient leurs secrets. Et les filles le savaient bien.

- Oh, mais c'est ton lapin, Remus ! s'exclama Sarah au même moment, interrompant fort à propos leur aparté.

Remus releva la tête vers la jeune rousse qui s'approchait de lui, l'animal dans les bras, et poussa un soupir. Comme d'habitude, il essayait à toutes forces de s'enfuir, pour rester le plus loin possible du loup-garou.

- Comment il s'appelle, déjà ? demandait Sarah.

- Alibi, dit Sirius.

- Psychopathe, fit James.

- Alibi.

- Psychopathe.

Remus leva les yeux au ciel tandis que ses amis continuaient leur petite bataille et se tourna vers Sarah, souriant :

- Moi, je l'appelle Boule de Poils. Mais comme tu peux le constater, je ne fais pas l'unanimité… Et comme c'est eux qui me l'ont offert…

Elle hocha la tête en souriant, avant de demander, curieuse :

- Pourquoi il essaie de s'enfuir comme ça tout le temps ?

- Je ne sais pas, déclara Remus en haussant les épaules, prenant garde à ce que sa voix ne le trahisse pas. Mais du coup, Peter l'appelle…

- Fuite, disait Peter en direction des deux autres, qui ne l'écoutaient pas. Il s'appelle Fuite, je vous dis !

Lizzie et Margaret explosèrent de rire, et les autres filles les suivirent rapidement. D'abord décontenancés, les garçons attendirent patiemment qu'elles se calment et changèrent de conversation.

oOoOoOoOoOoOo

La pluie continuelle qui noya les jours suivants fit dire à Sirius, d'une voix lugubre, que l'hiver arrivait.

- En même temps, on est en octobre, remarqua Peter en haussant les épaules. L'hiver revient tous les ans à cette période, de toute façon.

- Au Kenya, il fait jamais aussi froid, insista Sirius. Driana dit qu'il n'y a de la neige que sur les plus hautes montagnes.

Peter le regarda en fronçant les sourcils pendant un instant, tandis que James étouffait un rire.

- Peut-être, mais on est pas au Kenya.

- Ca, c'est clair.

Sur cette réflexion toute en profondeur, Sirius se replongea avec un profond soupir dans son livre d'anatomie canine. Avant de relever la tête presque aussi vite :

- Remus est pas là, vous voulez pas qu'on essaie la transformation ?

- Non, dit James d'un ton sans réplique. C'est trop dangereux. Puis, il nous tuerait.

Sirius soupira profondément et referma son livre d'un mouvement sec avant de se lever.

- Tu vas où ?

- Je sais pas, grogna-t-il. Faire un tour, j'en ai marre de rester assis.

Il fit quelques pas vers la porte avant de faire demi-tour, revenant vers ses amis.

- Brocéliande, ça vous dit ? proposa-t-il d'un ton un peu plus aimable.

James commença à ranger ses affaires avec un sourire, mais Peter demanda :

- Et Remus ? On a dit qu'on le rejoindrait ici ?

- Oh, il est avec Marilind, répliqua Sirius en haussant les épaules. Ca m'étonnerait qu'il pense beaucoup à nous. Mais on peut dire à Driana de le prévenir, si tu veux.

- Elle connait la réplique de la forêt ?

- Non, répondit Sirius avec un fin sourire. Mais on est pas obligé de lui expliquer clairement…

Et de fait, elle avait l'air très curieuse lorsqu'elle expliqua à un Remus tout étonné que ses amis l'attendait chez Morgane et Arthur. Remus étouffa un rire qui l'intrigua davantage :

- Tu sais de quoi il voulait parler ?

- Oui oui, assura Remus, se dirigeant vers la porte qu'il venait de passer dans l'autre sens.

- C'est quoi, alors ? Remus, c'est quoi cette histoire ?

- Heu… Tu demanderas à Sirius ? proposa-t-il en haussant les épaules.

Et il sortit sans demander son reste, se dirigeant d'un pas tranquille vers la salle… Quand il réalisa que ses amis devaient avoir pris le gant, et qu'il en serait réduit à envelopper sa main dans sa cape. Ce qu'il fit en grimaçant. Il erra quelques minutes entre les arbres avant d'entendre les cris de Sirius vers lesquels il se dirigea. Ses amis étaient installés autour la pierre dans laquelle l'épée était plantée. Peter, adossé contre un arbre, tenait à la main son livre sur les rats, mais avait l'air de l'avoir oublié pour mieux regarder les deux autres. Debout devant la pierre, James encourageait Sirius qui, bras et jambes tendus de toutes ses forces, visage congestionné, essayait visiblement d'arracher Excalibur (ou sa réplique) à la pierre qui la tenait prisonnière.

- Oh, salut Remus, le salua James. Allez, Sirius, allez, allez ! Tu peux y arriver !

Mais Sirius relâcha soudain tous ses efforts et se laissa tomber sur le sol, s'allongeant en soufflant.

- T'as qu'à essayer, toi !

- Chiche !

A son tour, James grimpa sur la pierre, cala ses pieds de chaque côté de la garde de l'épée, la saisit à pleines mains et s'arc-bouta de toutes ses forces. Pendant qu'il s'escrimait sans le moindre succès, Peter demandait, railleur :

- Alors, Remus, comment va Marilind ?

- Ca va, rougit légèrement son ami.

- Elle fait des progrès, au moins ? renchérit Sirius avec un jeu de sourcils.

Remus hocha la tête, rougissant davantage, mais fut heureusement sauvé par James qui s'effondra bruyamment à côté de Sirius, haletant lui aussi.

- Essaie, toi, souffla-t-il à Remus. Vu que Sirius et moi on a dû la desserrer un peu, t'y arriveras peut-être. Avec ta force de loup-garou, tout ça…

Avec une grimace et un peu d'excitation quand même, Remus grimpa à son tour sur la pierre. Mais ses efforts se révélèrent tout aussi vains que ceux de ses amis et il les rejoignit bientôt sur le sol.

- Peter, tu veux tenter le coup ? demanda encore James.

- J'ai aucune chance, fit Peter en secouant la tête.

Mais il se leva néanmoins, un air de défi sur le visage. Après tout, personne n'aurait cru Arthur capable de sortir l'épée de la pierre, pas vrai ? Quand il l'avait fait, Arthur aussi était un inconnu, un moins que rien…

Peter n'était pas Arthur Pendragon, cependant, et il échoua comme les trois autres.

- On fait quoi, demain, à Pré-au-lard ? demanda-t-il une fois qu'il eut récupéré son souffle.

- Oh, heu... Remus rougit à nouveau. J'ai proposé à Marilind de venir avec moi.

- Ok, c'est sympa, sourit James. Tu crois qu'elle sera d'accord pour allez chez Zonko ?

Remus ne répondit pas. Des trois, James était celui qui se moquait le moins de sa relation avec la petite Poufsouffle. Malgré tout, il ne trouvait pas comment dire à James qu'il préférait généralement être seul avec elle…


(1) Pour un petit point sur les sœurs Moon, je vous invite à passer sur mon LJ.

(2) Les Beatles étaient parfois surnommés les Fab(ulous) four… Le clin d'œil était tout trouvé. A partir de là, j'imagine que je n'ai pas besoin d'expliquer d'où vient le titre Tomorrow

Et j'ai largement plus d'un mois de retard, mais j'ai soudain envie de vous faire un petit post sur Daniel Powelt, le (désormais) mari de Persephon. Donc si ça vous intéresse, rendez-vous sur LJ ! Comme je suis trop bonne, je vous remets l'adresse : lapaumee . livejournal . com (sans les espaces évidemment).

Le post est déjà en ligne, donc... Allez-y voir !

Et avant de partir, n'oubliez pas de laisser une review en cliquant sur le nouveau bouton bleu et moche...