Chapitre 28 – Des explications pour Faramir

Quelques jours après le réveil de Syrianna, Gandalf quitta la cité pour un petit voyage en Rohan. Il avait recommandé à la jeune femme de se reposer le plus possible puisqu'elle ne semblait pas reprendre la forme rapidement. Même Syrianna était surprise de se sentir aussi fatigué, elle ne se sentait pas assez forte pour reprendre la route de toute façon. Elle avait discuté avec le magicien et lui avait parlé de la possibilité d'une visite à la ferme d'Ioreth pour un certain temps. Gandalf était d'accord, mais pas avant qu'elle ne soit en parfaite santé.

Eowyn avait été heureuse de pouvoir bénéficier de la présence de la jeune femme encore un peu. Les fréquentes absences de Faramir la laissaient souvent seule et malgré les enfants qui l'occupaient une bonne partie de la journée, elle passait souvent ses soirées seules. Syrianna se faisait un plaisir de lui tenir compagnie. Elle aimait bien l'épouse de l'Intendant et accepta l'hospitalité de cette dernière jusqu'à guérison complète. Mais ce jour-là, elle fut surprise de voir Faramir se joindre à elle dans la bibliothèque où elle lisait un livre sur les contes et légendes de la terre du milieu.

- Vous aimez la lecture?

- J'ai toujours aimé la lecture, mais avec mes nombreux voyages, il était difficile pour moi de prendre le temps de lire. J'ai cette chance et je profite de mes moments libres pour le faire. Dit Syrianna qui voyait bien que sa présence dans la bibliothèque avait un autre but que de discuter de lecture.

- Et vous avez raison de le faire. C'est un bon moyen de détente. Je le fais moins souvent, mais j'ai toujours un livre à porter de la main au cas où…

- Vous êtes venus en chercher un autre, je suppose?

Faramir sourit en coin et baissa les yeux. Il avait sous-estimé l'intelligence de Syrianna et pourtant Gandalf l'avait prévenu qu'elle avait beaucoup de flair. Il prit une profonde respiration et sans lui demander, il prit place en face d'elle. Il lui dit alors avec gêne :

- En fait, je vous cherchais… J'ai besoin de vous parler et j'hésite encore à le faire. Dit-il timidement

- Mais je vous en pris, ne vous gênez pas pour moi. De quoi voulez-vous me parler?

Faramir ferma les yeux et respira encore une fois. Il lui dit alors :

- J'ai vu… j'ai vu ma mère dans la crypte après que Gandalf vous ait amené à la maison des guérisons et je me demandais…

Syrianna fronça les sourcils intrigués par ce qu'il venait de dire. Elle lui demanda doucement :

- Vous dites que vous avez vu votre mère? Demanda Syrianna.

- Oui, et j'ai besoin de savoir si j'ai été victime de mon état émotif ou si… j'ai eu des illusions.

- Faramir, douteriez-vous de votre état d'esprit? Vous ne devriez pas pourtant. Vous êtes celui qui fut le seul à me croire au sujet de Boromir. Dites-moi ce que vous avez vu et je vous dirai si vous avez des raisons de vous en faire. Dit-elle amusé par son attitude timide.

Faramir leva les yeux vers elle et comprit qu'il pouvait lui en parler sans être jugé. Il prit une profonde respiration et lui dit:

- Après que vous vous soyez évanouie, Gandalf m'a demandé de faire un peu de ménage et de m'assurer que le caveau soit bien fermé. Je venais de terminer de tout ranger et j'ai fait une dernière prière à Boromir. J'ai ensuite entendu la voix d'une femme et cette femme était ma mère. Je ne comprenais pas pourquoi elle était là, mais elle me dit qu'elle voulait me rassurer sur le sort de mon frère.

- Que vous a-t-elle dit?

- Que je n'avais aucune raison de m'inquiéter pour Boromir, qu'il était entre bonne mains. Que si elle était là, devant moi c'est que quelqu'un avait demandé son aide pour s'assurer que Boromir traverse le passage pour l'autre monde. Dit-il encore avec gêne.

- Mais je n'ai pas eu recours à l'esprit de votre mère. Dit Syrianna confuse.

- Elle m'a dit qu'elle voulait me voir une dernière fois avant de retourner auprès de Boromir. Elle voulait me dire que j'avais une belle famille et que leur avenir était rempli de promesse.

Syrianna secoua la tête négativement. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi l'esprit de Finduilas de Dol Amroth s'était matérialisé devant son fils. Elle lui demanda ensuite :

- Vous a-t-elle demandé de faire quelque chose de particulier?

- De prendre soin de moi et de ma famille, et surtout de veiller sur celle qui à permis à mon frère de revenir parmi les siens.

Syrianna sursauta surprise de ce qu'il venait de dire. Faramir ajouta immédiatement :

- Elle craint que vous ayez de la difficulté à accepter le départ définitif de Boromir.

- Mais c'est ridicule, voyons… il n'est pas le premier esprit que je mène à son dernier repos. J'avoue que je me suis attaché à lui, mais…

- J'avais remarqué qu'il semblait attaché à vous aussi. Peut-être plus qu'il ne lui était permis, je pense. Mais vous n'avez pas refusé son baiser. Dit Faramir moqueusement, mais pas méchamment.

Syrianna rougit, mais ne put nier qu'il disait vrai. Pour ne pas prolonger la discussion sur un terrain trop dangereux, elle lui demanda :

- Je suppose que vous voulez savoir si c'est possible que votre mère vous soit apparue?

- Oui, j'aimerais savoir si c'est possible. Dit-il à Syrianna comprenant qu'elle ne voulait pas discuter du fameux baiser.

Elle lui sourit et lui dit avec douceur :

- Vous n'avez pas rêvé, Seigneur Faramir, vous avez bien vu votre mère dans le caveau. Dit Syrianna.

- Pourquoi est-elle venue me voir?

- Lors du passage d'une âme vers son lieu de repos, il est nécessaire qu'un esprit connu soit présent en cas de nécessité. Je devais invoquer l'esprit de votre mère si jamais Boromir refusait de traverser le passage.

- Alors, vous l'avez invoqué? Mais il n'a pas résisté à sa voie!

- Non en effet, seulement, la présence des gardiens de la mort tout près m'a sans doute forcé à demander à ce qu'elle soit là. Je n'ai pas eu connaissance que je l'ai fait, mais… vous avez pu là voir un bref moment… Seulement, pourquoi vous à t-elle demandé de veuillez sur moi? Demanda Syrianna intrigué.

- Je n'en sais rien… Peut-être veut-elle que vous soyez en santé avant de reprendre vos tâches. Dit-il confus.

Syrianna secoua la tête positivement, mais sans conviction. La présence de Finduilas devant Faramir était inhabituelle. Jamais un esprit ne se manifestait devant un être vivant sans raison. Quelque chose allait se produire dans l'entourage de l'Intendant. Peut-être que ses services seront requis plus vite que prévu. L'absence de Gandalf n'arrangeait pas les choses. Elle aurait eu besoin de ses conseils, mais devait se fier à son instinct. Elle dit alors à Faramir pour le rassurer :

- Vous avez sans doute raison, oui, vous avez surement raison. Dit-elle incertaine.

Faramir surveillait son expression et comme elle ne semblait pas convaincue il garda pour lui ce que sa mère lui avait dit sur elle. Il savait que bientôt la vie de Syrianna allait changer à jamais.

Fin du chapitre