Bonsoir, bonsoir. Vous allez bien ? Moi parfaitement, je suis arrivé hier en Savoie. Je ne vous dis pas toute la neige qu'il y a ! J'ai l'impression d'avoir 3 ans à ouvrir la bouche pour attraper les flocons ahah ! J'ai même été skier ce midi (je suis maladroite sur deux skis !) et on ne voyait même pas à cinq mètres, car il y avait un immense nuage sur la montagne ! C'était à la fois angoissant et drôle, je riais de ma propre situation en fait.
Enfin voilà, j'ai le code wifi du chalet et je peux poster ce nouveau chapitre ! Il est un peu plus long qu'à l'habitude, et j'espère que ce n'est pas grave et qu'il vous plaira ! Adepte de la relation Alyssa/Malicia vous serrez servi ! Bonne lecture.
RAR : Jadounete : C'est ta faute Jade, mdr, c'est toi qui est en retard ahah. Ouais normal, dramione c'est au-dessus de toi, mais merci, j'aime quand tu dis que c'est ton otp fav ! Je me sens fière eheh, moi aussi je les ship -bon en même temps normal quoi-. Scott est mort, ouais, ouais, ouais, fallait s'en douter un. C'est le premier mort de ma liste ! Suspense eheh. Tu sais très bien que je ne peux la voir notre chère Kitty. Toujours la ou il ne faut pas ce CongelateurMan. J'essaie de faire une relation mère/fille avec Alyssa et Jean ou comme une grande soeur je ne sais pas. PTDR ALYTHAN ? ETHASSA ? Sérieusement ? Tu l'aimes bien Ethan ? J'adore le Magnéto des films, mais celui des comics est beaucoup moins mauvais, j'ai l'impression. Donc j'essaie de faire un mélange des deux. Oui, oui Aiden, eheh ssuspence. J'espère que tu lire celui-ci rapidement ahah !
Chapitre 28 : Fire
La porte de la cuisine grinça doucement puis se referma d'elle-même lorsqu'à Alyssa pénétra dans la pièce. Ses jambes la dirigèrent automatiquement vers la coupelle de fruit et elle s'empara d'une pomme, toujours aussi rouge que ses cheveux.
Elle pensa à la façon dont Magnéto l'avait regardé, la manière dont il lui avait dit qu'il "souhaitait qu'elle se sente à sa place auprès d'eux presque autant que les X-MEN étaient sa famille". Il n'avait pas eu ce sourire supérieur de chef, il n'avait pas eu ce regard rempli de savoir qui disait "J'ai tout vu, tout connu". Non, il l'avait tout simplement regardé d'une manière dont elle ne l'avait jamais vu regarder personne pour le moment.
Alyssa secoua la tête, se débarrassant de ses pensées. À quoi bon se torturer l'esprit à ce propos ? Elle allait faire ce qu'elle avait à faire et voilà. Mais peut-être pouvait-elle faire un effort et faire comme si elle n'était pas cette pauvre sardine coincée dans une boîte d'anchois ?
Puis soudain sa pomme glissa de sa main, tomba sur le comptoir de marbre et roula, roula jusqu'à s'écrouler sur le sol et rebondir deux fois avant de rester sur le sol, abandonné. Alyssa laissa tomber sa tête sur le marbre et soupira violemment.
— Merde.. jura t-elle dans ses bras.
Alors elle releva doucement la tête et manqua de tomber de son tabouret. Comme un réflexe, elle fit venir à elle ses deux poignards cachés dans ses bottines.
Elle ne l'avait même pas entendu venir, elle ne l'avait même pas pressentit.
La porte de la cuisine était entrouverte. La première chose qu'elle vu fut les longs cheveux blonds puis le visage fin et pale d'Emma. Cette dernière sursauta à la vue des deux armes blanches, effrayant Alyssa qui tressaillit à son tour ne retenant pas son pauvre petit cri.
— EMMA !
— Désolé, désolé !
— Tu m'as fait peur !
— Désolé !
La tension entre les deux mutantes retomba peu à peu, malgré le fait qu'elles restaient toutes les deux en chiens de faïence.
— Tu peux poser cela, maintenant. fit-Emma, les mains toujours levées vers la jeune fille.
Alyssa baissa les yeux vers les deux poignards qu'elle tenait toujours dans ses mains, visant Emma. Aussitôt, elle les rangea dans leur cachette.
— Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Alyssa, sur un ton plus froid qu'elle ne l'aurait voulu.
Emma se redressa et malgré le ton qu'avait employé la jeune fille, elle ne fit rien. Elle ne lui lança même pas un regard froid, elle se contenta de s'approcher un peu plus d'elle.
— Mystique ne pouvait pas être ici. J'étais la seule capable de faire croire à ta présence en projetant une image de toi à tes amis. Tu étais malade toute la journée, garde ça à l'esprit.
La jeune fille acquiesça et tourna autour du comptoir, ramassant son trognon de pomme et l'envoya voltiger jusqu'à la poubelle de la pièce. Elle ne prit pas la peine de prévenir Emma que Mystique était maintenant saine et sauve auprès de la Confrérie, elle ne prit pas non plus la peine de lui expliquer tout ce qui avait pu se passer. Emma devait surement le savoir rien qu'en lisant dans son regard.
En présence d'Emma, Alyssa était plus négligente vis-à-vis de ses barrières psychiques. Comme si elle n'en avait rien à faire de ce que pouvais trouver Emma dans son esprit, car contrairement au Professeur ou à Jean, Emma ne l'embêterait pas en lui posant des dizaines de questions ou en lui prouvait à quel point elle avait besoin d'aide pour contrôler se mutation.
Elle avait le contrôle.
Mais il y avait un point, un point particulier auquel Alyssa avait toujours du mal à faire face. Elle ne pouvait pas en parler à Jean, Bobby ou Malicia car, elle devrait automatiquement dévoiler sa couverture d'agent double. Emma était la seule.
— Avant que je vienne à l'Institut, avant de découvrir que j'étais une mutante.. fit-elle doucement. Mon ancienne vie.
— Ce n'est pas ton ancienne vie, humaine ou mutante, tu es et resteras Alyssa Fray.
— Je n'en suis pas si certaine.
Emma posa sa main sur celle d'Alyssa et cette dernière n'eut pas à retenir le flux de vision ou d'émotion se déverser dans ses veines. Il ne vint pas, elle le retint sans avoir à ne faire aucun effort. C'était étrange comment elle pouvait à la fois le contrôler, et laisser tout déraper d'un coup. Du jour au lendemain, sa mutation prenait le contrôle sur son esprit, puis tout juste quelque seconde, quelques minutes, quelque heures après, Alyssa reprenait le dessus.
— Aiden est un mutant. chuchota-elle pour elle-même.
La façon dont les mots s'échappèrent de sa bouche, la manière dont elle grimaça prouvait qu'elle n'arrivait toujours pas à se faire à cette idée. Emma ne dit rien, son regard insinuait qu'elle voulait qu'Alyssa se confît, qu'elle voulait qu'Alyssa ait confiance en elle, qu'elle trouve en Emma une épaule réconfortante.
— Nom de Dieu. soupira Alyssa en laissant de nouveau sa tête tomber dans ses bras. Comment a-t-il pu me le cacher ? Tout ce temps ? Il était mutant et il ne m'a rien dit. Il n'a même pas essayé de me retrouver, et je suis certaine qu'il en a la capacité.
Alyssa frappa son crâne contre le marbre, soupirant de nouveau, jurant contre elle-même, jurant contre Aiden, jurant contre Magnéto qui l'avait entrainé dans son anarchie, jurant aussi contre Ethan, car chaque seconde de la journée était un bon moment pour insulter ce légume vert, puis pour terminer sa course d'insultes, elle jura même contre la pomme qu'elle n'avait pas eu la chance de savourer entièrement.
— Son visage était si différent, les trais tirés et froid, il ressemblait à un animal.
La jeune mutante sentit les doigts d'Emma passer dans ses cheveux et caresser doucement le haut de sa tête, la rassurant quelque peu.
— Ses yeux.. Ses yeux reflétaient les ténèbres.
Alyssa releva la tête, grimaçant, les yeux brillants et changeant soudainement de couleur pour passer à ce rouge sang effrayant. Elle contrôlait cette petite partie de sa mutation désormais, comme un bouton on/off.
— Pire que les miens.
Un sanglot se forma dans sa gorge et Alyssa soupira en levant les yeux au ciel.
Puis soudain les trois petites bougies au milieu de l'îlot de la cuisine crépitèrent et s'enflammèrent soudainement. Les flammes qui dansaient au-dessus de la cire étaient d'une couleur noire corbeau.
— Emma. siffla la jeune rousse.
— Je ne suis pas capable de cela.
— Moi non plus.
— Il semblerait que si.
Alyssa garda ses yeux fixés sur les flammes noires scintillantes. Elle n'avait jamais vu autre chose d'aussi sombre, et pourtant, Dieu sait à quel point Alyssa connaissait toute les teintes de noires possibles au monde. Mais celle-ci était hors classement. Impénétrable et dur.
Comment pouvait-elle être dans la capacité de créer l'un des quatre éléments de la planète ? C'était impossible. Encore moins de couleur noire. Mais après tout, sa mutation évoluait de jour en jour, jusqu'ou irait-elle ?
— Pyrokinésie.
Alyssa ne s'étonna pas qu'Emma connût cette capacité. Elle avait beau ne pas l'avoir, Emma était au courant de tout ce qui se déroulait sur cette planète. Surtout côté mutation. Face au froncement de sourcils de la jeune fille Emma répondit :
— Capacité de créer, contrôler, manipuler le feu sous n'importe quelle forme.
— Et comment tu expliques la couleur noire ?
— Je ne peux pas l'expliquer.
La jeune rousse avait toujours ses yeux rouges rivés sur les flammes noires, un étrange mélange de couleurs. Les flammes brillaient toujours, ce qui prouvait qu'elle avait toujours le contrôle dessus. Alors elle tenta quelque chose et pointa ses doigts vers les flammes noires, aussitôt l'une d'entre elle s'éleva, grossissant jusqu'à prendre la forme d'une boule de flamme noire qui paraissait pourtant bien plus lisse et régulière que celles de John.
— Fais attention, Alyssa.
— Je le tiens. fit-elle en faisant doucement venir jusqu'à elle cette petite sphère noire.
Des pas se firent entendre au-dessus d'elles et aussitôt, la boule de flammes disparut et les bougies s'éteignirent. Alyssa jeta un regard à Emma et d'un geste mental, elle ferma la porte et ouvrit l'immense fenêtre de la cuisine. Du bout de ses lèvres, elle chuchota :
— Vas-y.
.
.
Le jeune fille poussa la porte de sa chambre et pria pour qu'elle ne grince pas comme à son habitude. Malheureusement, la porte grinça bruyamment et Alyssa grimaça, entrant silencieusement dans la chambre. Dans son lit, endormis profondément, Malicia tressaillit à peine au son du grincement de la porte et Alyssa en remercie le ciel.
Puis d'un coup, elle ne savait pas pourquoi, mais son lit ne l'attirait pas du tout. Au contraire. Pourtant, elle aurait dû se jeter sous sa couette et s'endormir aussitôt, elle était si fatiguée, son dos lui faisait affreusement mal et ses jambes ne semblaient plus vouloir la soutenir bien longtemps. Mais elle pressentait que, même allongé dans son lit confortable, elle n'arriverait jamais à fermer l'œil.
Alors, sur la pointe des pieds, elle s'avança et pénétra doucement dans la salle de bains. Rapidement, elle jeta sa veste dans un coin de la pièce, elle retira son t-shirt noir qui collait, tout transpirant, contre sa peau. Puis elle retira ses bottines et posa délicatement ses poignards sur le rebord de l'évier. Son jean noir lui donna du fil à retordre, mais elle réussit finalement à l'enlever, non sans glisser et se rattraper de justesse au rideau de la cabine de douche.
Dieu merci le drap ne lâcha pas.
Alyssa se redressa rapidement et comme elle l'avait prévu, Malicia ne se réveilla pas. Du moins, elle l'espérait. Elle se jeta sous la douche et alluma aussitôt l'eau chaude. L'eau brûlante fit automatiquement rougir sa peau et ses cheveux rouges trempé prenaient une étrange couleur d'autant plus foncé.
Prendre une douche à cette heure tardive la faisait réfléchir d'autant plus qu'une douche matinale. Comment la "pyrokinésie", comme le nommait Emma, avait pu se manifester ainsi chez elle ? Était-il possible que Jean aussi en ai la capacité ? Non, car sinon elle serait obligatoirement au courant.
Alyssa tendit sa main devant elle, paume vers le ciel. L'eau semblait de moins en moins chaude et elle baissa la pression du pommeau de douche. Elle fixa sa main et se concentra longuement, visualisant une petite boule de feu noir, imaginant sa chaleur au creux de sa main.
Mais rien ne se produisit.
Elle se souvenu alors de la manière dont elle s'était sentie avant que les flammes n'appairassent pour la première fois. Émotionnellement, elle était triste, elle avait peur, elle était en colère. Depuis peu, elle contenait tant d'émotions aussi négatives les unes que les autres dans son corps frêle qu'on pourrait s'imaginer qu'elle exploserait. Mais Alyssa tenait le coup, elle tiendrait toujours le coup.
Elle se concentra alors sur quelque chose qui l'effrayait, fermant doucement les yeux.
Le visage de John s'imposa dans son esprit, son visage souriant.
Elle se souvenait de ce sourire, elle l'avait vu si rarement, mais il l'avait tellement marqué. Ce sourire qu'il avait eu avant de l'embrasser, ce sourire qu'il avait eu lorsqu'il s'était imaginé qu'elle avait choisi de le suivre lui et d'abandonner les X-MEN. Ce sourire amoureux.
Ce sourire amoureux qui semblait désormais lui faire peur.
Alyssa ouvrit ses yeux, un nuage rouge explosa à l'intérieur, et dans un tourbillon, il avala la couleur océan. Elle baissa le regard vers la paume de sa main, et un léguer sourire se dessina sur ses lèvres roses.
Une boule de feu noir virevoltait au-dessus de sa main et ne semblait nullement gênée par l'eau de la douche qui tombait abondamment sur elle. La sphère noire ne semblait pas être sensible à l'eau. Pourtant, l'eau était l'ennemi du feu.
Alyssa prit alors l'initiative d'explorer ses capacités et elle se concentra afin d'obtenir une boule de feu plus imposante. Puis, dans la cabine de douche, elle tourna sur elle-même, faisant virevolter la flamme, la transformant en un long serpentin. C'était tellement beau qu'elle aurait pu continuer ainsi toute la nuit, si quelque chose d'étrange n'avait pas attirer soudainement son attention. Elle approcha alors la sphère de feu noire de son visage.
Elle ne ressentit aucune chaleur, ni l'odeur caractéristique du feu.
En regardant d'un peu plus près, elle avait même l'impression qu'à l'intérieur de la boule, deux yeux ténébreux lui rendaient son regard.
Aussitôt, Alyssa fit disparaître la boule en refermant la paume de sa main et après avoir éteint l'eau, elle s'empara d'une serviette blanche qu'elle entoura autour de son corps mouillé. Elle en attrapa une deuxième et essora ses cheveux avec avant de la jeter sur le sol, vite suivit pas la deuxième. Peu importe si son corps était encore mouillé, elle voulait enfin se jeter dans son lit.
Jusqu'à ce qu'Alyssa prenne place sous sa couverture, elle garda sa main en poing serré contre sa poitrine.
.
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— Tout vas bien ?
"Tu as été malade toute la journée, garde ça à l'esprit." Toussant d'une manière théâtrale, Alyssa releva la tête vers ses amis qui la regardaient comme à leurs habitudes, de ce regard inquiet et protecteur. Pourtant, tout le monde savait, elle-même le savait, Bobby et Malicia ne pouvait pas protéger quelqu'un de plus puissant qu'eux deux réuni. De plus puissant que l'intégralité des élèves de l'Institut.
Plus Alyssa y réfléchissait, plus elle comprenait, plus elle voyait sa réelle puissance. À quel point, elle était capable de tout et n'importe quoi sur cette planète. Qui sait ? Serait-elle même capable de modifier les cellules, les molécules ? De manipuler le temps, l'espace, la matière et l'énergie ?
Elle a réussi à créer une boule de feu, à créer une certaine forme de vie. Plus rien ne lui semblait être un obstacle pour elle, plus rien paraissait impossible.
— Je réfléchit encore et encore, j'essaie de comprendre. soupira Alyssa.
— Comprendre quoi ?
Alyssa dévisagea Bobby, il avait un air bien plus différent qu'à l'habitude. Son visage donnait l'impression qu'il n'avait pas dormi depuis trois jours, il avait des cernes dignes d'une compétition et sa peau était plus pale qu'à l'ordinaire.
Déjà qu'à l'ordinaire, il a la couleur de la neige.
Malicia, quant à elle, était moins souriante. Ses cheveux étaient plus ternes et bien moins maitrisé qu'à son habitude. Alyssa avait cette impression de n'être présente pour ses amis uniquement lorsque cela l'arrangeait, elle n'était presque jamais présente à l'Institut et s'en voulait de plus en plus.
Les choses changeaient ici et elle ne voyait rien. Sa présence à l'Institut se résumait à prendre du repos et à suivre difficilement les cours qu'elle pouvait sans s'endormir sur son bureau. La Alyssa qu'ils voyaient le jour n'était pas elle, c'était Mystique, et elle se demandait comment était le comportement de cette dernière à sa place.
— Alyssa, est-ce que tout est normal ?
— Il y a toujours quelque chose d'anormal chez moi. Strangie, c'est mon nom, tu te souviens ? fit sarcastiquement la jeune rousse.
Malicia posa sa main gantée sur celle d'Alyssa. Quelque chose semblait tout de même changer, Malicia était bien moins distante au niveau du contact physique et Alyssa ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi. Elle devait vraiment poser quelque questions à Mystique lorsqu'ils auraient de nouveau besoin d'elle, et elle avait le pressentiment que ce moment ne tarderait pas à arriver.
— Je ne te trouve plus à la bibliothèque.
— J'ai déjà lu tout les livres de la bibliothèque. fit-elle, fronçant les sourcils.
Félicitation Mystique.
— Je te connais Alyssa, les relire ne te dérangerait pas.
— Vous êtes vraiment en train de me faire la morale parce que je change mes habitudes ?
Alyssa esquissa un petit rire ironique. Pourquoi elle réagissait comme cela ? Aucune idée. Elle n'avait jamais parlé comme cela à Malicia et Bobby lorsqu'elle avait le droit à une petite morale comme cela, elle se contentait toujours de baisser la tête et de laisser la vague passer. Mais cette fois-ci, elle en avait peut-être marre d'être considérée comme une enfant.
D'être celle qu'il faut protéger pour Logan et Bobby. D'être celle qu'il faut rassurer pour Malicia. D'être celle dont il faut enfermer l'esprit pour le Professeur. D'être celle considérée comme un punching-ball pour Ethan. D'être le pion de toute une organisation pour Magnéto.
— Tu vois ? repris froidement Bobby. Ton comportement change.
— Peut-être que cela ne vous plaise pas que je réplique, peut-être que cela ne vous plaise pas que je me défende ou que j'ai plus de caractère qu'avant, mais c'est comme ça. Vous ne pouvez pas choisir à ma place qui je dois être et ce que je dois faire.
— Alyssa, arrête.. soupira Malicia.
La jeune rousse retira sa main de celle de son amie. Elle ressentait le besoin de dire tout ce qu'elle ressentait, tout ce qu'elle gardait pour elle. C'est comme si elle voulait relâcher la pression qu'elle avait sur ses amis. Elle savait qu'elle allait le regretter, elle aurait dû choisir une autre personne pour se défouler, mais maintenant qu'elle était partie, elle ne pouvait plus s'arrêter.
— Oh et toi ! Toi ne me dis pas de contrôler ma colère ou je ne sais quoi. Ne me dis pas de faire du yoga pour canaliser mon énergie. Parce-que, toi, tu devrais contrôler ta peur bien plus que je ne devrais le faire pour la mienne.
— Je n'ai pas peur. fit faiblement Malicia.
— Ne me mens pas. J'ai fait assez de mensonges dans ma vie pour en reconnaître un quand je le vois.
— Alyssa ! Qu'est-ce qui te prends ? Et de quoi tu parles ? Tu nous mens ?
Alyssa baissa les yeux vers son petit-déjeuner à peine entamé. Elle était allée trop loin, elle avait dit des choses qu'elle ne pensait pas. Ce n'était pas elle qui avait parlé. Elle sentit alors que ses yeux n'avaient plus leur couleur habituelle et elle les ferma, respirant doucement, cherchant son calme. Lorsqu'elle les rouvrit, ils étaient bleu océan.
— Cette conversation est fini.
Elle se leva et d'un geste de la main, elle envoya léviter son plateau jusqu'à l'endroit ou l'on débarrassait et d'un pas rapide, elle se dirigea vers la grande porte qui séparait la cafétéria et le reste de l'Institut.
Mais c'était bien étrange qu'elle y arrive sans encombre, après tout, elle était dans sa journée de malheur désormais alors pourquoi ne pas y ajouter une petite fouine en plus. Kitty Pryde s'empressa de lui barrer son chemin et la dévisagea de haut en bas. Alyssa sentit de nouveau la colère qu'elle avait refoulé monter, et elle la laissa faire. Avant même que Kitty ne puisse dire quoi que se soit, elle fit froidement :
— Tu ferais mieux de dégager de mon chemin la fouine.
Cette dernière sourit et Alyssa ne se garda pas de lui rendre son sourire d'une manière bien plus effrayante.
— Malicia m'a prévenu de ce petit détail. Mais tu ne me fais pas peur, contrairement aux autres, je n'ai pas peur d'une psychopathe.
— Écoute-moi bien Kitty.
Tout le monde autour d'elles avait baissé le son de leur discutions et suivait discrètement la petite accroche qu'avaient les deux mutantes. Alyssa s'avança un peu plus vers Kitty jusqu'à arriver à tout juste deux centimètres de son visage, ce qui la fit tressaillir. Alyssa esquissa un sourire sarcastique, Kitty ne semblait pas si impassible qu'elle le faisait désormais croire.
— Tu peux faire croire à qui tu veux que tu n'aies pas peur de moi, que tu es meilleure que moi ou encore que je suis une psychopathe incapable de contrôler son esprit. Mais le fait est que nous savons tous les deux qui de nous a tort et qui de nous a raison.
— Oui, on le sait tous. Tu n'es rien qu'une pauvre traîtresse. Je fais peut-être croire au monde entier que tu es une psychopathe, mais j'ai raison, tu n'es pas innocente. Pourquoi ne pas le demander au professeur Grey ? Ou encore le professeur Summers ?
Alyssa fronça les sourcils et son sourire supérieur s'effaça peu à peu, Kitty s'en empara et sourit victorieusement. Mais Alyssa ne lui en laissa pas la chance bien longtemps, car elle laissa la couleur rouge de ses yeux réapparaître. Personne ici n'avait encore vu cette couleur effrayante et Kitty en subissait les frais. Elle perdu son masque d'impassibilité et sursauta en recula, se cognant contre la porte.
— Je ne vais pas te le demander une deuxième fois. Dégage de mon chemin.
— J'ai raison. murmura Kitty, plus pour elle-même.
La jeune rousse avança d'un pas brutal vers Kitty et cette dernière sursauta, fermant les yeux et poussant un pauvre petit cri.
Digne d'un miaulement de chat.
— Tu n'as pas la moindre idée de ce que je te réserve.
— Et toi alors ? fit Kitty, tentant vainement de garder la tête haute.
.
.
— La plupart des réactions chimiques ne sont pas totales et présentent un état final où les réactifs côtoient les produits. De façon générale, une réaction qui présente un état d'équilibre à l'état final s'écrit :
Le Docteur Grey se tourna vers le tableau noir et d'un geste de la main, elle fit léviter la craie blanche et nota : aA + bB = cC + dD.
— Que représente A et B ainsi que C et D ?
Au fond de la classe, Alyssa soupira et laissa tomber sa tête contre son bureau. Elle ressentait cette impression de ne pas avoir participé à un cours depuis des semaines. Est-ce que Mystique était aussi intelligente qu'elle ? Est-ce qu'elle avait raté quelque test et fait baisser ses notes ? Alyssa priait pour que se ce soit pas le cas.
Sa vie tournait à 200 kilomètres à l'heure et elle n'en pouvait plus. Elle devait cacher ce gros secret qu'elle gardait, et empêcher un esprit comme celui du professeur de pénétrer le sien lui valait de fournir quelque précieux effort qu'elle n'avait plus. Elle avait besoin de dormir une longue nuit, elle ne pouvait pas que se contenter de quelques siestes dans la voiture d'Ethan, sur la table en classe, ou tout juste quelque heure dans son lit avant le réveil.
- Alyssa, arrête de t'endormir en classe. Charles se pose de plus en plus de questions, n'en rajoute pas une couche.
La jeune fille se redressa et jeta un regard à Jean, cette dernière la fixait de son regard intense. Elle ne pouvait pas parler à Jean de ses problèmes d'agents double contrairement à Emma, elle pouvait tout dire à Emma. Mais elle avait peut-être bien besoin de parler à son identique mutant.
— Alyssa. Tu peux peut-être partager la réponse avec la classe. Je suis certaine que tu le sais.
A vrai dire, elle ne connaît rien en sciences, cela tout le monde le savait et c'est pour cela qu'elle entendit un petit rire derrière elle qu'elle reconnu automatiquement comme celui de Kitty. Alors Alyssa se reprit et avec un immense sourire aux lèvres, elle répondit :
— A et B sont les espèces réactives. Quant à C et D se sont les espèces produites. Les petites lettres sont les coefficients stœchiométriques.
— C'est exactement cela, bien Alyssa.
La jeune fille se tourna alors vers Kitty et lui sourit victorieusement. Ce simple petit geste enfantin lui rappelait les petites guerres qu'elle avait eues avec John, et cette pensée la fit froncer ses sourcils et de nouveau sombrer dans une dépravation totale.
Devant elle, Jean continuait son cours. Elle semblait maladroite et gênée de se tenir là. Elle semblait lire au-dessus des têtes des élèves tout ce qu'ils pensaient sur elle, et Alyssa pues facilement se mettre à sa place, car elle-même était la cible de certains jugements.
- Jean, j'ai besoin de te parler.
La professeure s'arrêta dans son explication d'une énième formule et baissa les yeux vers le sol.
-Reste après le cours.
Puis elle reprit.
.
.
— Tu sais que je ne peux plus lire dans tes pensées, l'élève à dépasser le maître.
La salle de classe était vide et Alyssa se tenait toujours assise au fond de la grande pièce. Chaque élève l'avait dévisagé avant de sortir, se demandant pourquoi la télé-kinésiste de l'Institut ne déniait pas ranger ses affaires. Bobby, ainsi que Malicia ne s'étaient même pas arrêtés à son chevet. Elle les avait suivis du regard et désormais, elle regrettait amèrement ses paroles de ce matin.
Les talons de Jean claquaient et résonnaient dans la pièce lorsqu'elle s'avança jusqu'à son élève.
— Comment tu te sens ? demanda Alyssa.
— Plutôt bien, j'ai l'impression que mon esprit est beaucoup plus ouvert. Je veux dire, ma mutation est bien plus développée. Je me sens comme une petite fille qui découvre de nouvelles choses.
Alyssa ouvrit la bouche pour lui dire qu'elle aussi, découvrait de nouvelles choses de jour en jour, pour elle aussi sa mutation évoluait. Mais tout en repoussant quelques mèches derrière son oreille, Jean reprit rapidement :
— Je ne comprend pas comment, mais je suis capable de plus de chose.
La jeune rousse se retint de toutes ses forces de confier à Jean les secrets du professeur, les secrets qu'il lui avait confiés, mais qu'il n'avait jamais osé dire à Jean. Jean qui était pourtant sa plus fidèle élève.
Dans son propre esprit, il avait levé les mêmes entraves psychiques que dans l'esprit de Jean, la seule différence était qu'Alyssa était au courant contrairement à Jean. Jean ne se doutait pas qu'elle avait eu elle aussi ces entraves psychiques. Si Alyssa découvrait de plus en plus, ses capacités, c'était à cause de la perte de ses entraves psychiques, elle avait la réponse. Jean, ne l'avait pas et se posait surement beaucoup de questions.
— Avant l'événement d'Alkali Lake, je pressentais que quelque chose ne se déroulerait pas comme il le fallait. Je suis morte, en quelque sorte et par je ne sais quel moyen je suis ici maintenant. J'ai tellement de questions, mais j'ai peur des réponses.
Alyssa avait l'impression de se voir elle-même, d'une certaine manière.
— Ahum, Jean ?
— Oui ?
Jean fronça les sourcils, elle ne pouvait peut-être pas briser les barrières psychiques de son élèves, mais elle pouvait toujours lire sur son visage. Si elle connaissait bien quelqu'un plus qu'elle n'avait connu Scott, c'était la jeune Alyssa.
— Tu sais que je ressens la même chose que toi ?
Jean hocha la tête, se souvenant de leur petite discutions lors de l'enterrement de Scott.
— Chaque jours, je découvre une facette de moi que je ne connaissais pas. C'est effrayant et pourtant excitant à la fois. Je me sens puissante, et j'ai le contrôle.
Le Docteur Grey lui sourit et hocha doucement la tête. Alyssa sentit qu'elle voulait dire quelque chose, mais qu'elle ne trouvait pas les mots, ou même qu'elle ne savait pas quoi dire.
Puis Alyssa baissa les yeux vers les paumes de ses mains, voyant soudainement une immense boule de feu noire virevoltante. Devait-elle lui en parler ? Devait-elle lui montrer ? Alyssa ne le voulait pas, elle avait peur de devoir répondre aux questions de Jean. Mais ce dont elle avait peur par-dessus tout, c'était du professeur X, elle pressentait qu'il n'avait qu'une idée en tête : brider son esprit à nouveau, et c'était pour cela qu'elle l'évitait de plus en plus.
— En as-tu parlé au professeur ?
— Non, je ne sais pas si c'est une bonne idée.
Alyssa soupira de soulagement, tout en essayant de rester discrète.
— Il veut notre bien, notre sécurité, à toi comme à moi. Nos esprits peuvent être très dangereux, tu sais, tu dois faire attention. Mais tu as le contrôle, je le vois, et moi aussi, j'ai le contrôle. Je pense que nous devrions garder cela pour nous deux, nous pourrions s'exercer ensemble. Nos esprits peuvent être très dangereux, tu sais, tu dois faire attention.
La jeune fille répondit au sourire de Jean. Mais qu'est-ce qu'elle apprendrait d'Alyssa Fray ? Comment changer la couleur de ses yeux en une effrayante couleur rouge sang ? Comment créer d'horrible boule de feu noire qui semblait habiter une âme démoniaque ? Jean lui avait appris comment infliger une douleur psychologique, mais savait-elle qu'Alyssa avait déjà fait cette expérience plus d'une fois ?
— Tu devrais y aller, c'est l'heure de manger.
.
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Lorsque Alyssa pris place à leur table attitrée, celle du fond contre l'immense baie vitrée, Malicia et Bobby mirent fin à leurs discussions et le silence tomba. Un silence lourd et tout ce qu'il y avait de plus gênant.
La jeune fille esquissa un sourire timide et se renfrogna quelque peu sur elle-même. On avait l'impression de voir à nouveau la petite Aly, timide et effrayée du nouveau monde qui l'entourait, toujours sur ses gardes et qui sursautait lorsqu'une mouche l'approchait d'un peu trop près.
N'oublions pas ses pauvres petits miaulements de chaton. N'est-ce pas ?
— Je suis désolé.
Aucun de ses deux amis ne lui adressa un seul mot ou même un seul regard. Bien que Malicia tentait de lui répondre ou même de -comme à son habitude- poser sa main ganté sur la sienne, Bobby l'en empêcha d'un regard et ce dernier restait concentré sur son repas. Escalope de dinde et quelque pomme de terre sautées, recouvert d'une sauce qui paraissait délicieuse.
En temps normal, Alyssa se serait jetée sur son plat et l'aurait dévoré en tout juste quelque minutes. Mais son estomac semblait refuser d'avaler un trop gros repas, et de toute manière, elle n'arriverait pas à avaler quoi que se soit en cet instant critique.
— Je n'aurais jamais dû dire ça. Je m'énerve facilement ces temps-ci, et spécialement contre vous, c'est vrai. Mais je ne suis pas faite de papier, je n'ai pas besoin de votre attention jour et nuit..
— Que tu sois énervé ou non n'est pas une raison pour que tu prennes tes distances plus que d'habitude. Ce qu'on apprend sur toi, on l'apprend des autres, qui nous dit que ce qu'il dise est la vérité ? Depuis Alkali Lake..
— Tu sais très bien ce qu'il s'est passé à Alkali Lake. le coupa t-elle.
Le silence retomba peu à peu. Oui, tout le monde se souvenait de la manière dont Alyssa s'était transformée en une tornade d'énergie, un pantin surpuissant contrôlé par Jean. Même si Bobby comme Malicia l'avait surpris plusieurs fois en train de faire des cauchemars, ou se trouvant à un endroit dont elle ne se souvenait même pas du comment de sa présence.
Mais ils n'étaient pas télépathes ou télé-kinésistes, ils ne savaient pas ce que c'était d'avoir un esprit comme le sien. Ni du pourquoi du comment sa mutation avait pus changer du tout au tout-en-un instant, Alkali Lake.
— Tu dis toujours que tu as le contrôle, et on te croit. soupira Malicia. Mais..
Ils ne comprenaient pas, ils ne pouvaient pas comprendre. Logan avait compris, Logan était inquiet pour elle. Bobby et Malicia ne voyaient pas ce qu'un adulte comme Logan pouvait voir.
— Vous ne comprenez pas..
— Alors explique nous, moi, je le vois. fit Malicia en jetant un regard accusateur à Bobby. Je vous bien que quelque chose ne va pas, pour le peu de fois où tu dors, tu fais des cauchemars.
Alyssa hésita quelque seconde, elle était prête à leur parler de l'esprit du Phénix. Mais encore une fois, ils ne comprendraient pas, elle devrait expliquer plus en profondeur et elle risquerait d'aborder le sujet de la Confrérie. Elle était si maladroite, elle se demandait encore comment elle avait pu garder sa couverture si longtemps. Surtout en présence de deux esprits comme celui du Professeur X et de Jean.
— Avant je devais me concentrer pour faire voler un livre ou une chaise, maintenant, je pourrais mettre sans dessus dessous une pièce en moins d'une minute. Je peux même modifier l'énergie, les matières ! Pourquoi pas ravager un pays tout entier ? Qui sait ? Je pourrais vous faire mal sans le vouloir.
Le silence retomba. Il était évident pour Alyssa qu'elle ne disait que la moitié de la vérité, elle ne pourrait pas faire du mal à ses amis, car même si un jour, elle manquait de contrôle, il lui en restait tout de même assez pour réaliser qui serait en face d'elle. Il lui semblait qu'elle exagérait sa mutation, mais lorsqu'elle se souvenu de cette petite boule de feu noire, rien était impossible en ce qui concernait sa mutation.
Bobby la regardait désormais, sa fourchette pendue dans le vide.
— Tu devrais le dire au professeur.
— Tu n'as rien d'autre à me conseiller CongelateurMan ? Tu me l'as déjà dit des dizaines de fois.
— Mais c'est parce qu'il a raison, Alyssa.
— Je n'ai pas besoin du professeur, j'ai le contrôle.
Bobby baissa les yeux et avala un nouveau morceau de viande. D'habitude, il lui aurait donné plusieurs conseils, il aurait insisté pour qu'elle voie le professeur, ou du moins, il l'aurait regardé d'une manière inquiète et protectrice. Mais aujourd'hui, c'était à peine s'il l'avait regardé plus de quelque seconde. Cela ne lui avait peut-être pas plus, qu'elle lui parle de cette manière. Mais non, Bobby cachait quelque chose et elle ne pouvait pas lui en vouloir, car elle-même cachait un gros secret.
Mais malgré cela, elle lui en voulait qu'il lui reproche d'avoir un comportement différent quand lui-même était différent.
— Je suis contente que tu nous en aies parlé, même si nous ne pouvons rien pour toi. Mais tu devrais..
— Je n'ai pas besoin de l'aide du professeur.
Le silence retomba pour l'énième fois, comme si c'était la quatrième personne de leur groupe. Alyssa fit balader son regard sur la chaise à côté de Bobby, vide. Il y avait toujours eu ce mélange de la présence froide de Bobby et de la présence chaude de John. Pourtant, Bobby était le plus chaleureux et John le plus arrogant.
Désormais, il n'y avait plus que la présence froide de Bobby, qui n'était plus si chaleureux qu'avant.
— On pourrait parler d'autre chose ?
.
.
Silencieusement, Alyssa monta quatre à quatre les escaliers et tourna à l'angle d'un couloir, se dirigeant vers sa chambre. Les ampoules ne grésillèrent pas sur son passage et elle en fut contente. Même si elle s'attendait du tout au tout à une perte de contrôle totale, il lui semblait que cette période se soit arrêtée depuis qu'elle n'avait plus aucune nouvelle du Phénix.
Même si elle s'attendait du tout au tout à une perte de contrôle totale. Même si elle reprenait toujours son esprit en main avant que cela n'empire, elle avait peur qu'un jour, elle ne puisse pas en être capable.
Lorsque Alyssa posa sa main sur la poignée de la porte de sa chambre, elle fut étonné de ne pas ressentir l'aura chaleureux de Malicia. Ils avaient parlé non-stop à l'heure du déjeuner, l'une comme l'autre étaient redevenu de vraies adolescentes, redevenu de vraies amies qui n'avaient plus rien à se cacher. Toute la journée, elles étaient restées collées comme lorsque Alyssa ne la quittait plus d'une seconde lorsqu'elle avait peur de croiser John.
Elles avaient même insulté Kitty de tous les noms possible et Alyssa lui avait expliqué leur petite entrevue et la menace de la pauvre fouine.
— Qu'est-ce qu'elle va te faire ? Te passer au travers ? avait-elle dit.
Elles avaient parlé de tout et de rien, sous le regard de Bobby qui quant à lui s'étais tut lors du repas du midi comme celui du soir. Malicia ne lui avait accordé aucun regard autre qu'un regard accusateur et Alyssa se posait quelque questions. Elle ne faisait pas attention à la relation de Bobby et Malicia, et pourtant, il semblait qu'elle avait bien changé. Et pas en quelque chose de positif.
Elle ne sentit pas son aura, et pourtant son amie se trouvait bien dans leur chambre. Peut-être que sa mutation la trompait ? Pourquoi cette question ? Sa télépathie ne la trompait jamais et encore moins désormais qu'elle en avait le contrôle.
Alyssa ouvrit la porte, se préparant mentalement à une Malicia lunatique ne ressemblant en rien à la gentille Malicia. Son amie se tenait debout face à la grande fenêtre et ne semblait même pas avoir remarqué la présence d'Alyssa.
Cette dernière s'avança doucement vers elle, manquant de trébucher sur un tas de vêtements. Le petit cri qu'elle lâcha attira l'attention de la jeune brune, mais Malicia la regarda à peine, se contentant d'une simple sourire inexpressif.
— Ok. Tu vas me dire ce qu'il se passe ?
— Regarde les. répondit Malicia sur un ton froid qui ne lui ressemblait pas.
Alyssa dévisagea son amie, son expression était dure et froide et on pouvait lire la haine au fond de ses yeux. Elle ne réservait cette grimace qu'à une personne : l'horrible Kitty Pryde.
Alors elle baissa les yeux vers l'extérieur. ll faisait nuit noir et le parc de l'Institut était uniquement éclairé par les lampadaires installés ainsi que la lumière de la pleine lune. Le vent semblait calme, malgré les quelque nuages menaçant présent dans le ciel.
Alyssa remarqua alors que la Fontaine du parc avait été gelée et ressemblait à une petite patinoire personnalisée. Il n'y avait qu'une personne capable d'une chose pareille : Bobby. Ce dernier se tenait debout sur la glace, il était quelque peu maladroit et avait un sourire amusé collé aux lèvres, il était poussé et aidé par une Kitty toute joyeuse. IceBerg trébucha et Kitty le rattrapa de justesse, tout deux rigolèrent serré l'un contre l'autre.
— Je les déteste.
— Non, tu détestes Kitty. Pas Bobby.
— En cet instant, cela revint quelque peu au même. Tu ne crois pas ?
— Bobby ne sait pas ce qu'il fait. Il est fou de toi, pas de la fouine.
Malgré ce qu'elle disait, Alyssa doutait de ces propres paroles. Maintenant qu'elle le voyait de ses deux yeux, elle pouvait rassembler les pièces du puzzle. Kitty se rapprochait de plus en plus de Bobby et ce dernier ne l'empêchait pas et s'attirait donc les foudres de Malicia. Ainsi, lorsque Malicia s'énerve contre lui, il se renfrogne sur lui-même et n'adressait la parole à personne, boudant dans son coin comme un enfant.
Elle avait enfin la réponse devant ses yeux : Bobby remplaçait Malicia.
Elle était déçue de son ami plus qu'elle ne l'était déjà ce midi. Comment pouvait-il infliger cela à Malicia ? Toucher une autre fille alors qu'elle souffrait de ne pouvoir émettre aucun contact physique probablement toute sa vie ? Pourtant de son côté, il était évident que Malicia faisait des efforts, elle ne repoussait plus les gens qui lui tendaient la main, car après tout, elle portait ses gants jours et nuits.
— Je savais que je ne pourrais pas l'empêcher bien longtemps.
— L'empêcher ?
— C'est un mec. Toi-même, tu peux le comprendre, on ne contrôle pas ces choses-là.
Alyssa esquissa un petit sourire narquois sans que Malicia ne le remarque. Elle marmonna quelque chose comme "Il n'y a pas que les mecs".
— Moi même je peux le comprendre ?
— Oh, s'il te plaît, Alyssa. Ne fais pas comme si tu ne comprenais pas. Il suffisait de te regarder croiser le regard de John pour comprendre.
Malicia se tourna vers son amie. Alyssa se doutait qu'elle soit au courant de sa relation avec John, mais elle ne lui en avait jamais parlé comme Malicia ne lui avait jamais posé de questions contrairement à Bobby.
— D'ailleurs, tu as été assez discrète au début, jusqu'à ce que ça devienne un peu trop tendu entre vous. Je pouvais presque ressentir la tension sexuelle dés le petit-déjeuner. fit-elle en rigolant. Je ne t'en veux pas de ne m'avoir rien dit, dans un sens, je te comprends. Ce n'est pas si facile de dire qu'on se tape le mec le plus insupportable, lunatique et bizarre de l'école.
Alyssa baissa les yeux en rougissant. Il était évident que depuis Alkali Lake, la plupart des élèves pour ne pas dire tous haïssaient John et l'associait désormais au camp des méchant, celui de Magnéto. Ils devaient le considérer comme un traître, comme elle-même l'avait pensé.
Mais pour avoir côtoyé le camp de Magnéto plus d'une journée, elle ne les considérait pas comme des traîtres ni comme le camp adverse. Magnéto combattait pour son point de vue, la reconnaissance des mutants. Bien qu'il ne le fasse pas d'une manière très aimable.
— On arrête de parler de moi, s'il te plaît.
Malicia sourit, avant de reprendre son expression sérieuse et de fixer intensément les deux jeunes mutants à l'extérieur. Alyssa suivit son regard et poussa un soupir d'agacement. Elle pouvait lire sur son visage, la brune abandonnait peu à peu. Elle allait laisser la fouine gagner et il était hors de question qu'Alyssa laisse faire cela.
Après tout depuis quand Malicia les regardait ? Elle avait surement eu son temps de réflexion. Pourquoi était-elle descendu à la salle d'entraînement après le repas ? Elle aurait dû suivre ses amis, empêchant ainsi que Bobby ne croise le chemin de Kitty.
— Elle peut lui donner ce que moi, je ne peux pas.
— Ne dit pas ça. Bobby ne voit pas que ça en toi et puis Kitty n'a rien à voir avec toi. Tu as tellement plus qu'elle.
— Qu'est-ce que j'ai de plus qu'elle ? Appart des cheveux extraordinaire.
— Kitty est égoïste et manipulatrice, elle joue à un jeu depuis le début.
— Mais elle peut le toucher sans le blesser.
Malicia avait toujours le regard rivé dehors, et son expression de haine ne désemplissait pas.
— Tu te souviens lorsque tu l'as embrassé ? Tu avais le contrôle.
— Tout juste quelque seconde, depuis on a rien tenté de plus. Je ne veux pas risquer sa vie à nouveau pour mon propre plaisir.
Alyssa ouvrit la bouche, mais ne trouva rien à redire. Alors elle soupira d'énervement pour la deuxième fois et s'approcha un peu plus de la fenêtre, montant sur le sofa.
— Tu te souviens que je t'en dois une ?
— De quoi tu parles ?
— Tu m'as aidé à récupérer quelque chose, je te rends la pareille.
— Mais qu'est-ce que..
Mais avant même que Malicia ne puisse dire quoi que se soit de plus, elle se tut et compris ou Alyssa voulait en venir. Elle ne l'en empêcha pas et esquissa même un petit sourire vainqueur.
Alyssa réfléchit quelque seconde, pouvait-elle prendre le contrôle du corps de Bobby ou celui de Kitty ? Surement. Mais devait-elle tenter quelque chose de si fort ? Quelque chose qu'elle n'avait même jamais tenté. Elle pouvait peut-être.. Alyssa se concentra sur l'esprit de Bobby, même à cette distance, elle pouvait l'atteindre sans aucune difficulté. Elle explora son esprit et trouva le point qui permettait la vision.
Elle s'empara alors du regard de Bobby, aussitôt, elle vit le visage radieux de Kitty et en eu la nausée. Rapidement, elle balaya du regard la fontaine et trouva un point un peu faible de la glace. Bien qu'elle n'en eût pas besoin, elle savait désormais qu'elle pouvait voir à la place d'une autre personne.
Un inquiétant craquement se fit entendre lorsqu'elle quitta l'esprit de Bobby. La glace se brisa dans un coin de la fontaine, et alors que Bobby tentait de la geler à nouveau l'immense fissure qui se créa fut plus rapide que lui et atteint rapidement l'opposé de la fontaine. Alyssa s'arrangea pour que la glace se brise partout ou Kitty semblait mettre le pied. Puis elle fit en sorte que Kitty trébuche, ce qui marcha parfaitement.
Alyssa sourit et lorsque Bobby s'approcha de Kitty pour l'aider, elle fit exploser la glace. Kitty tomba dans l'eau froide et un cri strident sortit de ses poumons. Alyssa prit le contrôle des molécules de l'eau et une petite vague fit sombrer Kitty sous l'eau.
Enfin, elle dirigea son regard sur Bobby qui attrapa la main de Kitty pour la sortir de là. La glace se brisa sous ses pieds et il tomba à l'eau à son tour. Les yeux de la rousse tournèrent vers le rouge, sa mutation devenait moins contrôlable. Ce petit moment qu'elle redoutait. Dans un dernier espoir, temps qu'elle contrôlait encore son pouvoir, Alyssa leva la main et créa de nouveau une vague plus imposante que la précédente.
— Alyssa stop !
Elle remercie mentalement Malicia de la stopper dans son élan. Aurait-elle réussi à s'arrêter elle-même ? Personne ne le saura, pas même Alyssa.
Puis elle sentit enfin la main froide de Malicia s'emparer de son poignet. Ses yeux reprirent leur couleur et tout se calma. Lorsqu'elle baissa les yeux vers la main de Malicia, elle se rendit compte que cette dernière ne portait pas ses gants.
Et il ne se passa rien.
Malicia avait la main serrée autour du poignet d'Alyssa, leurs peaux étaient en contact et rien ne se déroula. Elle ne sentit pas ses forces la quitter, elle sentait juste la peau froide de son amie sur la sienne.
— Qu'est-ce que..
Mais à peine Alyssa sortit trois mots que sa bouche fut prise d'assaut par Malicia. Cette dernière s'était jetée sur elle et l'embrassait avec toute la puissance qu'elle pouvait, glissant ses doigts sous le tee-shirt de la rousse ou encore dans ses cours cheveux rouges. Elle avait la peau si froide.
Alyssa parut étonnée par ce geste, mais elle ne repoussa pas son amie, elle n'émit aucune gestes se contentant de lui rendre son baiser. Elle se mettait à la place de Malicia qui n'avait plus eu une seule chance ni même l'espoir de pouvoir toucher une personne. Elle lui devait bien de lui accorder ce plaisir.
Puis elle est sexy elle aussi.
Alors que leurs lèvres s'entrechoquaient, alors que Malicia posait ses mains froides sur le visage d'Alyssa, alors que cette dernière commençait même à glisser sa main sous le tee-shirt de la brune. Rien ne se déroulait. Malicia n'absorbait ni les pouvoirs d'Alyssa, ni son énergie.
Et contrairement à ce qu'on pouvait imaginer, la fourbe rousse n'avait rien à voir la dedans.
Puis Malicia mit fin très rapidement à leurs ébats qui devenaient de plus en plus tentants, se rendant compte de ce qu'elle venait de faire. La bouche entrouverte, Malicia soupira de soulagement. De son côté, Alyssa était complètement déboussolée.
— Je le contrôle.
Alyssa se contenta de lui répondre d'un sourire gêné. Malicia paraissait à la fois étonné, heureuse et soulagé.
Alors elle attrapa de nouveau le bras d'Alyssa, elle semblait se concentrer pour garder son pouvoir en elle. Rien ne se passa puis soudain Alyssa sentit ses veines ressortir d'une couleur noire, elle sentit ses forces passer en elle jusqu'à Malicia
Aussitôt, cette dernière relâcha le bras de son amie, de nouveau effrayé.
— Oh mon dieu, Alyssa je ne..
— Non, tu as eu raison d'essayer à nouveau.
— Je sais ce que je dois faire.
Malicia se précipita sous son lit et s'empara d'un gros sac de sport, elle engouffra quelque vêtement à l'intérieur et quelque objet qui pourraient lui être utile. Alyssa fronça les sourcils, encore déboussolé du baiser de Malicia, elle sentait même encore ses lèvres froides sur les siennes et elle ne pouvait s'empêcher de les comparer aux lèvres chaudes de John.
— Qu'est-ce que tu fais ?
— Je connais quelqu'un qui pourrait m'aider.
— Je peux t'aider moi ? fit Alyssa sur un ton autoritaire. Attend.. Tu connais quelqu'un à l'extérieur ?
— Je peux le trouver.
— Hé !
Alyssa tenta de rattraper la brune, mais cette dernière était déjà à l'extérieur de la chambre, marchant droit vers la grande porte d'entrée de l'Institut. Alyssa courait derrière elle, la brune marchait si vite sur ses hauts talons. Alyssa criait discrètement contre Malicia, faisant en sorte que personne ne l'entende.
Mais elle avait beau répéter sans cesse qu'elle était en position pour aider Malicia, qu'elle n'avait pas besoin de s'enfuir de l'Institut, elle lui hurla même de proposer à Malicia de demander l'aide du professeur X. Aide qu'elle refusait sans cesse.
Mais elle ferait tout pour que Malicia ne quitte pas l'Institut.
Enfin devant la porte d'entrée, Malicia se tourna vers son amie qui était essoufflé.
— Tu n'es pas ma mère. Je veux faire quelque chose par moi-même.
— Quitter l'Institut n'est pas une bonne idée.
— Alyssa, moi aussi, je peux me protéger moi-même.
Alyssa soupira, bien sûr que Malicia peut se protéger elle-même. Elle ne l'avait jamais douté. Mais le monde extérieur n'était pas si rose pour une mutante, une mutante bien trop précieuse pour ce nouveau monde haïssant la nouvelle race. Elle ne voulait pas que Malicia subisse la haine des humains. Elle subissait déjà assez de choses.
L'une comme l'autre ne dirent rien. Elles se contentaient de se regarder intensément, ayant encore l'image de ce baiser dans les pensées. Alyssa savait qu'elle ne pourrait pas changer l'avis de Malicia car quand cette dernière avait une idée derrière la tête, c'était impossible de la faire changer d'idée.
Malicia coupa court à ce silence.
— Je suis désolé pour m'être jeté sur toi.
— Ne le sois pas, j'aurais surement fais pareil à ta place.
La jeune brune sourit à son amie et posa sa main sur la poignet.
— Ne pars pas, s'il te plaît. Tu ne peux pas t'en sortir toute seule. Je peux venir avoir toi !
— Hors de question. Je veux le faire moi-même.
— Mais tu ne sais pas ce qui peut t'arriver ?
— Comme je te l'ai déjà dis, je peux me protéger moi-même.
— Mais..
Malicia ouvrit soudainement la porte et le vent s'engouffra dans la pièce.
— Au revoir Alyssa.
— MAIS.. MALICIA !
La porte se referma au nez d'Alyssa et cette dernière sursauta. Elle resta quelque seconde devant la porte, bloquée, dans l'incapacité d'émettre le moindre mouvement. Puis enfin, elle reprit soudainement ses esprits et ouvrit violemment la porte. Mais Malicia avait disparu, elle était à pieds et pourtant, elle était déjà loin.
Alyssa se mit soudainement à paniquer. Pourquoi avait-elle déjà disparu ? Pourquoi ne l'avait-elle pas retenu de force ? Maintenant qu'elle y pensait, peu importe si Malicia l'aurait mal pris, elle aurait dû la garder de force. Elle aurait du... Elle ne savait quoi. Mais elle aurait dû faire quelque chose.
Elle avait besoin de quelqu'un, elle avait besoin de joindre quelqu'un. Même si elle n'en avait pas envie, même si elle s'était jurée de ne jamais le faire. Elle se concentra et chercha un moyen d'atteindre l'esprit qu'elle voulait.
Elle y réussit, malgré la distance, elle y réussit.
-Emma ?
Elle n'obtenu aucune réponse à l'instant. Elle n'était pas étonnée, mais pourtant, paniqué comme elle l'était, elle réitéra à nouveau se concentrant d'autant plus sur l'esprit d'Emma qui se trouvait, elle se savait où.
-Alyssa ? Comment tu..
-J'ai besoin de vous.
Il y eut un long silence dans son esprit, la voix d'Emma ne résonna plus et Alyssa s'inquiéta encore. Avait-elle perdu le fil ? Puis la voix d'Emma résonna de nouveau dans son esprit et la jeune rousse soupira de soulagement.
-Ne bouge pas, on arrive.
