Troisième année
Louis pouvait se vanter d'être un bon élève, et un bon camarade de classe. Il franchissait rarement les limites et restait toujours poli avec les professeurs, et respectait les règles. Enfin pas toujours. En fait, quasiment jamais, mais il avait le mérite d'être plus discret que James et Fred.
Retourner tous les tableaux de Poudlard sans se faire prendre, ça relevait déjà d'un certain exploit. Surtout qu'ils ne s'étaient pas fait prendre, contrairement à ses deux cousins, qui s'étaient faits pincés par le vieux Rusard dans l'aile Ouest du château.
- A quoi tu penses ? lui demanda Janet, assise en tailleur dans l'herbe à ses côtés.
- C'est triste de passer sa vie en cage.
Tommy haussa un sourcil. D'habitude, Louis était toujours imperturbable quand ils étaient en cours de soins aux créatures magiques : on ne pouvait même pas lui adresser un mot sans qu'il ne bronche et fasse signe aux perturbateurs de se taire. Il était assez insupportable dans ces moments-ci.
- Quelqu'un veut-il me parler des niffleurs ? demanda le professeur Gobeplanche.
- Ce sont des créatures magiques très intelligentes, assez fouineuses et connues pour leur attachement et fascinantion pour tout ce qui brille, répondit Tommy.
- Parfait Monsieur Hartley. Dix points pour Gryffondor !
Louis regarda les niffleurs, enfermés dans des cages. Elles étaient spacieuses, certes… Mais les pauvres créatures étaient tout de même enfermées !
- Vous allez participer à l'une des traditions de Poudlard ! J'ai caché ce matin dans la forêt, de l'or de farfadet. Celui qui en trouvera le plus, grâce à son niffleur, aura droit à une petite récompense ! leur apprit Madame Gobeplanche.
Tous les élèves se précipitèrent pour choisir leur Niffleur, et essayer de l'apprivoiser. Janet jouait avec le sien, qui frottait affectueusement sa petite tête dans son cou.
- Il est adorable !
Celui de Tommy était plus dissipé, et s'amusait déjà à fureter partout, en escaladant le corps de l'adolescent, à la recherche d'or. Finalement, il s'arrêta sur sa montre, et lui mordilla le poignet. Les Niffleurs étaient des créatures douces et même affectueuses par nature. Même s'ils pouvaient se révéler destructeurs, ce n'était pas une bonne chose de les garder à l'intérieur d'une maison. Donc encore moins de les enfermer dans une cage !
- Monsieur Weasley vous n'avez pas pris de Niffleur ?
- Il n'y en a plus Madame, fit remarquer Louis.
- Un élève a dû en prendre deux pour avoir plus de chance ! pesta l'enseignante. C'est tous les ans la même rengaine !
En fait, il en restait bien un, tapi au fond de sa cage. Mais madame Gobeplanche était déjà partie à la poursuite de ses élèves, prête à les sermonner les uns après les autres jusqu'à retrouver le voleur de niffleur. Louis ouvrit la cage, et la petite créature s'avança prudemment, sans oser sortir.
- Viens. Je ne t'utiliserai pas, tu peux en être certain. Même pour une récompense !
L'animal pencha la tête, plongeant ses yeux dans ceux de Louis qui tendit sa main. Le niffleur la renifla, avant de sortir totalement, libre de s'en aller. Pourtant, il galopa jusqu'à l'adolescent et se nicha dans le creux de ses bras, ses petites pattes l'encerclant.
- Tu ne veux pas t'enfuir ?
La créature secoua la tête.
- C'est vrai, on vous exploite. Vous travaillez soi dans des terriers, pour des gobelins qui vous forcent à creuser la terre à la recherche de trésors, ou dans les mines… Vous faîtes le sale boulot pour nous ! Ce n'est pas juste.
Les paroles du Gryffondor faisaient doucement leurs chemins jusqu'au Niffleur qui commença à s'agiter, l'air vindicatif.
- J'imagine que vous n'êtes pas rémunérés en plus ! ajouta Louis. C'est tellement injuste.
Ce petit homme avait raison ! Le niffleur tapa du poing sur sa jambe et l'écouta plus attentivement :
- Vous avez des syndicats pour défendre vos droits ? Il faudrait quand j'en parle à tante Hermione.
Le niffleur écarquilla ses yeux :
- Elle travaille au sein du département de la justice magique. Je suis certain qu'elle appuiera tes revendications !
Il pencha de nouveau la tête, en pleine concentration, avant de regarder le blond l'air perdu :
- Tu sais… Avoir des congés payés, un salaire convenable, de meilleurs conditions de travail ! Ça ne doit pas être facile de creuser la terre ! Vos petites pattes doivent être fatiguées à force !
Le niffleur observa ses pattes : effectivement, elles étaient abimées, marquées par la terre, le travail, à trop fouiner pour trouver de l'or.
- Et des congés parentaux aussi ! s'exclama Louis. Avoir huit petits d'un coup ça demande beaucoup de temps !
Le niffleur était convaincu et s'approcha de Louis, qui lui murmura son plan à l'oreille. A la fin du cours, tous les élèves ramenèrent leur niffleur, Madame Gobe-Planche était en pétard, n'ayant pas trouvé le prétendu « tricheur ». Le soir même, Louis quitta la table très tôt et se faufila jusqu'à la réserve, ou se trouvaient les niffleurs. Il ouvrit les cages, faisant glisser les verrous et regarder son niffleur, prendre la tête du cortège.
- MONSIEUR WEASLEY ! MAIS QU'EST-CE QUE VOUS ETES EN TRAIN DE FAIRE ? hurla la voix de son enseignante.
- Je libère ces pauvres Niffleurs !
- Mais ils ne sont pas prisonniers ! fit la vieille dame. Je comptais les relâcher dans la forêt interdite comme tous les ans !
- Ah oui, c'est vrai.
Effectivement, tous les ans, les niffleurs qui servaient aux cours étaient relâchés après avoir été chouchoutés pendant une semaine par la magizoologiste. Louis s'en souvenait maintenant… Il s'était peut-être emballé un peu vite.
- Mais je l'ai fait pour tous les autres !
- Les autres ? souleva l'enseignante.
- Ceux qui sont exploités pour notre bon plaisir !
Madame Gobe-Planche ne pût s'empêcher de sourire, un peu attendrie. Louis Weasley aimait les créatures magiques, sans nul doute. Mais elle ne pût non plus s'empêcher de le punir et de l'envoyer en retenue, quand la horde de niffleurs qu'il avait relâché, vola tous les objets de valeurs du château… Louis fût coller tout un mois, condamner à chercher les trophées, les coupes, les assiettes, les bijoux, bien cachés par ces petites bêtes. Mais pour rien au monde il ne regretta son geste…
Une review = une brioche au chocolat !
