Nom: The butt of every joke

Auteur: Rain

Disclaimer: Shaman King appartient à Hiroyuki Takei, je ne fais pas de sous, mes analyses n'engagent que moi.

Personnages: Celui dont c'est l'anniversaire. Marco.

Pour le titre... The butt of the joke, c'est le dindon de la farce. Puis en même temps, dire de quelqu'un que c'est un 'butt' c'est dire qu'il est désagréable. Et ça, Marco, il sait faire.


1996.

Bang, bang, bang. Les trois cibles s'immobilisèrent, et un signal de fin de programme éclata dans la salle. Marco retira ses protège-oreilles, les lèvres étirées en un fin sourire. il avait été plus vif que jamais encore, il le sentait.

"Hans, quel est le temps?"

"2,4 secondes, Marco. Aujourd'hui 11-17-96, c'est ton record," répondit la voix métallisée par le haut parleur.

Il s'était trompé. Juron. "Pas assez rapide," grogna le commandant pour lui même en rechargeant son arme. Il devait devenir plus rapide, vraiment plus. Sinon, il n'aurait jamais aucune chance contre l'homme qui serait son adversaire sur le terrain.


1990.

C'était l'image d'une vie réussie, et d'un anniversaire magnifique, du moins dans son esprit: il venait de quitter Rackist après avoir mis les dernières touches à leur super modèle, et maintenant il rejoignait une femme enceinte jusqu'aux yeux et heureuse de le voir. Que lui manquait-il, dans cette magnifique existence?

"Viens-là," fit sa douce fiancée, et il obéit, plaquant son oreille contre le ventre chaud et enflé. Il se sentait tout fébrile, et ne réagit même pas quand un coup de pied se fit sentir contre son oreille.

"Bonjour, toi," fit le blond dans un murmure. "Je suis ton papa."


1991.

Pendant des mois, le grand blond était resté dans un délire comateux, victime de fièvres, d'hallucinations, de cauchemars. Les médecins ne savaient pas l'expliquer, multipliaient anxyolitiques et antipsychotiques, mais Marco restait perdu.

Ce jour-là fut différent. Marco appela au milieu de la nuit, réclamant ses lunettes, qu'il ne trouvait pas. Quand Rackist arriva dans la chambre, le blond était assis, coiffé, rasé. Rackist marqua un temps. S'approcha.

Marco prit ses lunettes, les chaussa, et dirigea un regard d'acier vers Rackist. "Je veux retrouver le connard qui a fait ça."

Le prêre inclina la tête. "Je suis avec toi, mon fils."


1992.

Ils rejoignaient Paris et une possble source d'information concernant le meurtrier Asakura quand Marco sentit l'appel.

Il n'était que très, très vaguement conscient de la date lorsqu'il exigea d'aller visiter le Mont Saint-Michel. Ni le vent, ni le froid ne l'arrêtèrent. Son père, évidemment, suivit, et ensemble ils grimpèrent les marches, toutes les marches.

Eux seuls sûrent ce qu'il se passa là-haut.

Quand ils revinrent sur le parking du saint lieu, Marco portait un certain paquet dans ses bras comme s'il s'agissait d'une sculpture de cristal, et il ne la lâcha pas avant qu'ils soient tous trois très, très loin.


1993.

"Marco, quelqu'un veut te voir." Le blond se sentait d'humeur maussade, mais il rejoignit tout de même le prêtre dans le couloir. On était le dix-sept novembre 1993; il n'en faisait cependant plus grand cas. Par contre, ce dont il faisait cas, c'était la petite frimousse debout près de Rackist.

Jeanne souriait timidement, fiévreusement.

"Bon anniversaire, Marco," elle dit, dans un italien presque parfait. Le blond se figea, chercha ses mots, bégaya.

C'était la première fois qu'elle prononçait un mot depuis qu'ils l'avaient recueillie, et avant même d'ouvrir le petit paquet bleu, il décida que ce serait un merveilleux anniversaire.


1994.

Marco et Jeanne discutaient sur le quai, devant un navire en construction. Ils étaient censés rencontrer la nouvelle recrue de Rackist aujourd'hui, quelqu'un de Canadien, un solide selon le prêtre. Mais la réalité le surprit tous deux.

Près de Rackist au bout du quai se tenait une jeune femme. Grande, gracile, lumineuse.

Les poignets de Jeanne étaient recouverts de bandages blancs. La jeune femme sembla le remarquer, hésita visiblement, ne dit rien. Rackist lui indiqua de se rapprocher, de se présenter. Jeanne semblait émerveillée de voir une femme rejoindre leurs rangs.

"Bonjour," fit l'inconnue d'une voix douce. "Je m'appelle Meene."


1995.

"Marco, tu as travaillé toute la journée," avait dit Jeanne, "viens te reposer". Il avait protesté, mais elle avait insisté, et il ne lui refusait rien, alors il s'était retrouvé assis sur le pont du navire, les jambes croisées sous la table. Rackist, Meene et Hans étaient là, discutant avec entrain, et Jeanne souriait, et elle riait.

Leurs pouvoirs augmentaient, leurs recrues se multipliaient: les événements allaient dans leur sens.

Une tasse de bon café dans une main et un carré de chocolat belge dans l'autre, Marco renversa sa tête pour regarder le ciel avec un espoir fou.

Ils réussiraient.


1996.

"Commandant, ça va?"

Le grésillement du haut-parleur déchira le voile de la rêverie, et Marco se secoua, en sueur.

"Encore," lança Marco, quasiment dans un cri.

Pause, hésitation.

"Marco, il est vraiment tard, la petite doit avoir faim. Tu viens dîner? Ca fait six heures que tu t'entraînes, tu es crevé."

"Encore," répéta-t-il, et il entendit distinctement John soupirer dans le micro. "Très bien. Je te l'enclenche et je vais dîner. Tu nous rejoindras avant que la petite s'endorme, hein. Bon anniversaire, commandant."

Puis le signal de départ retentit, Marco leva son arme, visa la première cible, et reprit l'entraînement.