Note : Désolée pour l'attente. Pour me faire pardonner, j'ai vous écrit un chapitre près de deux fois plus long que d'habitude. J'espère qu'il vous plaira =)
**Chapitre corrigé et mis à jour.
Cœur Secret - Chapitre 29
Alors qu'il avait traversé les continents, les océans, les villes, les montagnes, ainsi que des paysages magnifiques ou complètement déserts, pendant ce long trajet qui d'ailleurs, lui avait paru interminable il y a à peine quelques instants, Gohan s'était préparé à tous les scénarios possibles et imaginables quant à ses retrouvailles avec ces personnes qu'il considérait comme sa famille. Les amis de son père, avec qui il avait partagé tant de souvenirs, tant d'aventures, qu'ils étaient tous pour lui comme une famille d'adoption.
Il avait dû hérité sa nature inquiète de Chichi. Après tout, son père n'avait jamais été du genre à se soucier des évènements à venir et n'y pensait presque jamais. Il vivait l'instant présent, et les seules fois où le futur l'inquiétait, c'était quand une menace se présentait, et lorsque cela arrivait, Goku faisait face au danger et se battait de toutes ses forces, suivant son instinct de guerrier mais aussi son désir de protéger tout ce qu'il aimait au monde. Sa mère, par contre, avait toujours été d'une nature extrêmement inquiète, s'imaginant les pires scénarios possibles au moindre retard ou à chaque fois qu'un de ses garçons, fils et mari inclus, était loin d'elle trop longtemps et qu'elle n'avait pas de moyen de savoir ce qu'ils étaient en train de faire. C'était vraiment à la limite de la paranoïa. Aussi loin qu'il s'en souvienne, elle avait toujours été ainsi. Peut-être était-ce parce que depuis sa naissance, elle avait de nouvelles responsabilités en tant que mère de famille en plus d'être l'épouse de l'homme le plus fort du monde, ou bien était-ce simplement sa nature, il ne savait pas vraiment. Quoi qu'il en soit, Gohan avait dû hérité d'elle ce trait de caractère particulier, qui était finalement très humain.
Habituellement, Gohan ne se trompait pas ou peu dans ses pronostiques de scénarios possibles, ou du moins, il avait une idée à peu près correcte de ce à quoi il devait s'attendre en fonction des circonstances. Du coup, il avait toujours une longueur d'avance sur les autres, que ce soit pour les études, pour toutes les sortes de situations problématiques qui se présentaient, ou tout simplement quand il devait se battre, que ce soit pour la justice ou pour s'entrainer.
Oui, Gohan avait toujours fait en sorte de ne jamais être pris au dépourvu, et ce depuis qu'il avait suivi l'entraînement intensif de Piccolo pendant un an alors qu'il n'était pas plus haut que trois pommes. Il ne s'était peut-être pas entrainé très régulièrement ces sept dernières années, mais une chose était certaine : son esprit, son intelligence et sa force mentale n'avaient jamais cessé de croître.
Alors quand tout ce monde qui, il n'y a pas trente secondes, dansait, chantait, riait, s'étreignait encore pour fêter cette victoire inespérée contre le monstre, quand tous ceux qu'il avait tant désiré revoir pendant qu'il était coincé sur une planète lointaine à attendre et se concentrer pendant que l'ancien maître Kaïoshin révélait sa force potentielle, quand tous ses amis et même sa mère se figèrent en même temps que lui se posait gentiment sur les dalles du Palais Céleste, fraichement reconstitué par Porunga, et qu'ils le fixaient maintenant depuis de très, très, très longues secondes, partageant la même expression ahurie sans le quitter des yeux… Il ne s'y attendait vraiment pas.
Le jeune guerrier était véritablement et complètement perdu. Il n'y comprenait rien, mais alors rien de rien. Sa mère, par exemple, aurait dû pousser tout le monde de son passage pour être la première à le serrer contre elle en criant « mon bébé ! » , comme à chaque fois qu'il lui revenait après une trop longue absence. Voilà comment Chichi aurait dû réagir. Pourtant elle restait silencieuse, l'air toute aussi ébahie et abasourdie que les autres personnes présentes.
Ce silence, déjà bien oppressant, durait de plus en plus : personne n'avait l'air prêt à le rompre ni à prendre la parole. Gohan, qui n'y comprenait absolument rien, était très tenté de faire demi-tour pour s'envoler le plus loin possible de cet atmosphère lourde et pesante qui commençait vraiment à le mettre mal à l'aise.
Pourtant, malgré la confusion, le malaise et l'incompréhension qui dominaient ses sentiments en cet instant, la seule chose qui pouvait trahir son état d'esprit actuel était ses sourcils, un peu haussés, et ses yeux, légèrement agrandis - expression qu'on pouvait facilement prendre pour de la surprise très modérée.
« Bah alors, vous en faites une tête. C'est le nouveau look de Gohan qui vous met dans cet état ? »
« Le nouveau look de mon frère ? Mais de quoi tu parles, Trunks ? Gohan n'a pas changé de look, il porte seulement les mêmes habits que mon papa et il est devenu encore plus fort qu'avant ! »
« Ça, c'est clair ! D'ailleurs, si Buu ne nous avait pas absorbé après la fusion, Gohan l'aurait écrabouillé en deux secondes, voire moins ! Il était vraiment trop cool quand il lui a mis sa raclé ! C'est trop bête qu'on s'est laissé prendre dans son piège, on aurait pu se servir de la Terre entière pour nous mesurer à Gohan une fois qu'il aurait fini de le désintégrer ! Comment on va faire maintenant, pour s'entraîner à pleine puissance quand on est fusionné ? C'est vraiment trop nul ! »
Goten haussa les épaules, la solution s'imposant à lui comme une évidence : « On n'aura qu'à retourner dans la salle où on a affronté Buu. »
Les yeux de Trunks s'illuminèrent : « Mais oui, bien sûr ! Goten, tu es un géni ! Il faut absolument qu'on y retourne pour tester les pouvoirs de Gotenks en Super Saiyajin 3 ! Personne n'est à la hauteur de Gohan, on ne pourra pas trouver meilleur adversaire sur qui essayer toutes nos supers techniques ! »
« Ah, mais c'est vrai ça ! On n'a même pas eu le temps de toutes les tester sur Buu et y'a personne d'autre que Gohan d'assez fort pour se mesurer à Gotenks ! En plus, c'est un super entraîneur, il pourra nous apprendre plein de nouvelles techniques ! J'ai appris à voler super vite grâce à lui ! »
« Mais oui ! Et puis il pourra aussi nous aider à nous perfectionner ! Gotenks n'est pas encore tout à fait au point, on a pas eu assez de temps dans la salle… Il faut absolument que Gohan nous entraîne ! »
« C'est clair ! 'Faut au moins qu'on devienne aussi fort que lui ! »
C'est alors que les deux enfants se retournèrent d'un seul mouvement pour s'adresser au sujet de leur conversation. Ils avaient l'air tellement surexcités que Gohan se demanda pendant une seconde si c'était vraiment lui la cause de cette réaction quelque peu excessive, ou s'ils n'avaient pas mangé trop de sucreries pendant ces deux derniers jours. Puis tous ses doutes se dissipèrent quand Goten et Trunks parlèrent d'une même voix, très semblable à celle de leur fusion, pour lui demander s'il voulait bien les entraîner, au moins jusqu'à ce que Gotenks atteigne son niveau et le dépasse.
« On pourra jamais progresser avec quelqu'un d'autre comme entraîneur, Gotenks est trop fort, même pour papa ou Végéta… S'il te plait, grand frère, accepte… »
Le jeune homme regarda son petit frère qui faisait une moue tellement mimi qu'il était incapable de lui refuser quoi que ce soit. Ah lala… il faudrait qu'il apprenne à résister à Goten, surtout quand il faisait exprès d'être tout mignon pour le faire craquer. Il soupçonnait Trunks de lui avoir appris le truc : son petit frère adoré était un ange, et sans l'influence du mini prince des Saiyajins, il n'aurait jamais eu l'idée de manipuler son grand frère de cette façon. Bah, il ne pouvait pas en vouloir à Trunks ; avec Végéta et Bulma comme seuls modèles parentales, il fallait s'y attendre. Finalement, les entraîner sera une bonne chose pour eux, cela lui permettra de remettre ces garçons sur le droit chemin et les préparer à leur adolescence puis à leur vie d'adulte… Ainsi, ils seront prêts à affronter le monde social en tant que demi-Saiyajin en temps et en heure. Pas comme lui qui était, il fallait bien l'admettre, complètement retardé socialement.
« Eh bien, je te souhaite bien du courage Gohan. Ces deux garnements sont impossibles à discipliner, et c'est encore pire une fois fusionnés. »
Gohan tourna la tête pour voir le sourire en coin de Piccolo qui avait l'air ravi de voir les enfants s'offusquer et protester ce qu'il venait de dire. Il comprit tout de suite les véritables intentions de son ancien mentor quand il jeta un coup d'œil rapide aux autres : leur mutisme était enfin terminé et tous affichaient maintenant un air amusé tandis que les enfants enchaînaient les arguments pour prouver qu'ils étaient dignes de porter le titre de guerrier de talent.
Merci, Piccolo.
De rien, petit.
Pendant tout cette agitation, personne ne remarqua que l'une d'entre eux commençait à s'éloigner du groupe. Celle qui, finalement, les connaissait à peine et ne comprenait rien à la moitié de ce qu'ils se disaient entre eux. Alors, elle profita de la diversion que lui offrait les enfants, Piccolo, et… lui. Ils étaient tous les quatre le centre d'attention, et la jeune fille, qui n'était pas du tout habituée à ce genre d'ambiance, à cette grande « famille », préférait s'isoler afin de calmer la tornade émotionnelle que le revoir avait fait ressurgir en moins d'une seconde.
C'est vraiment n'importe quoi…
Elle l'avait cru mort, l'avait pleuré jusqu'à l'épuisement, priant n'importe quelle divinité que ce cauchemar se termine et qu'elle se réveille au plus vite, dans sa chambre au manoir. Elle avait eu si mal, elle souffrait tellement de l'avoir perdu, qu'elle était allée jusqu'à maudire leur rencontre, le moment où elle s'était retrouvée follement amoureuse de lui bien malgré elle, et même tous les souvenirs qu'ils avaient partagé ensemble jusque là. Et elle avait eu tant de regrets le concernant, mais aussi concernant son comportement envers lui depuis leur première rencontre, il y a de cela des mois maintenant. Pourquoi avait-elle perdu tout ce temps à cause de sa curiosité mal placée ? Et le harcèlement qu'elle lui avait fait subir à cause de son obsession ridicule de découvrir ses secrets, à quoi cela lui aura-t-il servi, à part perdre son temps à l'épier de loin au lieu de passer plus de temps avec lui ? Et, plus que tout, pourquoi, pourquoi avait-elle été aussi têtue, bornée, orgueilleuse et tellement, tellement idiote de refuser son amour alors qu'elle était totalement raide dingue de lui, qu'elle l'aimait si fort qu'elle avait terriblement et affreusement mal dès qu'il était loin d'elle ? Elle n'avait aucune excuse, vraiment aucune. Elle savait qu'il était très amoureux d'elle, qu'il l'aimait elle, pour elle, et pas pour sa fortune, sa notoriété ni même pour approcher son père. Il l'avait aimé probablement peu après qu'il avait intégré le lycée, et elle, elle avait été jusqu'à refuser son amitié, soi-disant parce que c'était un menteur. Qui voulait-elle leurrer ? En fait, c'était elle la menteuse. C'était elle la trouillarde, l'idiote qui prétextait cette stupide histoire de secret pour ne pas trop se rapprocher de lui et tomber amoureuse. « J'ai peur de souffrir, je ne veux pas avoir le cœur brisé de nouveau, je ne veux plus perdre une personne qui m'est chère alors je me conduis comme une véritable peste avec la seule personne qui m'aime vraiment telle que je suis, parce que je ne veux pas tomber amoureuse. »
Foutaises. Comme si c'était possible, de ne pas tomber sous le charme de Gohan. Il était tellement craquant que toutes les filles de la classe soupirait rêveusement en le regardant pendant les cours au lieu d'écouter les professeurs. Mais lui, bien évidemment, ne remarquait jamais rien tellement il était naïf. Alors même quand l'une d'elles lui faisait des insinuations pour qu'il l'invite à sortir, il ne comprenait pas l'allusion et la fille repartait déçue et très frustrée. C'était assez comique à regarder, mais à la longue, les filles du lycée - parce qu'il les faisait vraiment toutes craquer, même celles des autres classes - avaient abandonné l'idée d'être un jour la petite amie de Gohan et avait décidé de se contenter de le regarder et de rêver de lui comme étant leur chevalier servant dès qu'elles en avaient l'occasion. D'où les soupirs rêveurs en plein cours de maths, d'histoire, d'anglais etc. Quand à Videl, eh bien… elle avait réussi à se mentir et se voiler la face les premiers mois qui suivirent l'arrivée de Son Gohan au lycée Orange Star.
Jusqu'au jour fatidique où tout son monde, ses résolutions, sa volonté, sa vie entière, tout bascula en quelques instants. Tout simplement à cause d'un baiser volé.
Videl s'arrêta derrière un bâtiment contre lequel elle s'adossa. Puis, elle ferma les yeux et se concentra sur ce souvenir : leur tout premier baiser. Elle avait été tellement surprise, ce jour là, qu'elle avait gardé les yeux grands ouverts pendant plusieurs secondes avant de se laisser aller, savourant cette sensation nouvelle et tellement agréable. Elle se souvenait avoir pensé qu'il avait les lèvres très douces… Et même si ce baiser avait été entrepris à cause d'un moment de panique, parce qu'elle avait refusé de le laisser partir et rentrer chez lui, elle se rendait compte, aujourd'hui, que Gohan l'avait embrassé avec tout l'amour qu'il lui portait. Et c'était cet amour, qu'elle avait inconsciemment ressenti à travers ce baiser improvisé, qui l'avait poussé à y répondre sans réfléchir, le laissant l'embrasser jusqu'à en perdre haleine.
Videl se concentra davantage sur le souvenir de leur premier baiser, les yeux toujours fermés. Elle pouvait presque sentir les bras de Gohan autour de sa taille, l'attirant tout contre lui alors que le baiser s'intensifiait. Et elle qui, par instinct, enroulait ses bras autour de son cou pour être encore plus près de lui, alors qu'ils s'embrassaient vraiment sans aucune retenue.
Son corps chauffait, son cœur s'emballait dans sa poitrine et elle avala sa salive difficilement tandis qu'elle se plongeait entièrement dans son souvenir.
Les mains de Gohan… il les frottait légèrement contre le tissus de son tee-shirt, très doucement, comme une caresse… un peu sur sa taille, son dos, le creux de ses reins, son dos encore… En même temps, le baiser devenait plus lent, plus tendre…
Videl se souvenait avoir maudit intérieurement son manque de souffle à ce moment-là. Elle n'avait vraiment pas eu envie d'arrêter ce baiser si tôt mais, à la place, que Gohan continue de l'embrasser, qu'il continue ses petites caresses le long de son dos, qu'il la serre plus fort encore contre lui… Elle aurait voulu qu'il n'arrête jamais.
Tout doucement, Gohan détachait ses lèvres des siennes, la tenant toujours dans ses bras, tout contre lui. Elle avait gardé les yeux fermés et essayait de retrouver son souffle, tout en savourant les derniers moments de cette étreinte.
Quel bonheur elle avait ressenti pendant ces dernières secondes dans ses bras… Elle avait éprouvé un tel bien-être… Chaque fois qu'il la serrait contre lui, elle se sentait toujours si protégée et heureuse… Il lui suffisait d'un regard pour la déstabiliser, et s'il lui souriait, elle pouvait sentir comme des papillons dans son ventre. Le moindre contact physique avec lui, et ses joues s'enflammaient aussitôt, son cœur s'emballait dans sa poitrine, et sa gorge se serrait tellement qu'elle avait du mal à articuler le moindre son. À chaque fois qu'il la portait dans ses bras avant de s'envoler, elle avait besoin de quelques secondes pour maîtriser ses émotions, et quand il volait avec elle dans ses bras, elle avait toujours eu l'impression de partager avec lui un moment d'intimité… C'était comme s'ils étaient seuls au monde, rien que lui, elle, et le ciel. Gohan volait si vite qu'elle distinguait à peine ce qu'il y avait autour d'eux. Alors elle se blottissait contre lui, et un sourire se formait sur ses lèvres tandis qu'elle s'amuser à écouter les battements rapides et irréguliers de son cœur, sans doute dus à leur proximité.
Videl souffla un bon coup et rouvrit enfin les yeux. Elle pouvait encore entendre Goten et Trunks derrière elle, mais leur ton avait changé. La jeune fille esquissa un sourire : apparemment, Chichi et Bulma faisait de gros câlins à leurs fils respectifs, et les garçons se plaignaient et pleurnichaient, disant qu'ils étaient des guerriers maintenant et que les gros câlins c'était pour les bébés.
« Mais tu es mon bébé, mon adorable petit Goten… » fut la réponse de Chichi.
« Quand tu auras des poiles sur le menton on en reparlera d'accord, mon Trunkinounet adoré ? » fut celle de Bulma.
S'en suivit les rires de l'assemblé, mêlés aux protestations très embarrassées des petits guerriers.
Puis Videl releva la tête et regarda l'immensité bleu qui l'entourait. Elle avait tellement envie de s'envoler, là, tout de suite… Elle risqua un regard vers le groupe derrière elle puis, silencieusement pour attirer le moins d'attention possible, elle s'avança vers la bordure de la plateforme flottante, à l'autre extrémité du palais.
« Majin Buu est enfin vaincu et on vient tous de ressusciter, tu pourrais au moins attendre le retour de ton père avant de repartir, tu ne crois pas ? »
Elle se figea sur place en entendant sa voix, puis elle déglutit. Son cœur s'emballa dans sa poitrine et elle ferma les yeux le temps de calmer son émoi. Ne craque pas, ne craque surtout pas devant lui. Il ne faut pas qu'il te voit comme ça, j'ai suffisamment pleuré pour toute une vie… Je ne veux pas qu'il me voit dans cet état…
« Videl… tu m'écoutes ? »
Mon dieu… sa voix, ses pas se rapprochent… Non, ne viens pas, ne me regarde pas, reste où tu es, derrière moi… s'il te plait… ne t'approche pas plus…
Elle serrait les poings de toutes ses forces, se concentrant sur la douleur quand ses ongles pénétrèrent dans sa chaire. Cela l'aida à reprendre un peu le contrôle sur ses émotions pour s'empêcher de fondre en larmes devant lui.
« Écoute, Videl… Je sais que j'ai été égoïste quand je t'ai dit… » Pause. Profond soupir.
Ne le dis pas. Je t'en supplie, ne le dis pas. Pas maintenant, s'il te plait… sinon je… je vais…
« C'est juste que… » Silence.
Ça va mal là… je suis complètement pétrifiée, je tremble… s'il le remarque… s'il s'approche encore…
Et là, elle eut le souffle coupé et son cœur s'arrêta de battre complètement pendant plusieurs secondes : il l'enlaçait de derrière, la serrant fort contre lui, son visage caché dans ses cheveux… qu'elle n'avait justement pas attaché ce jour là, contrairement à son habitude.
« Go-Gohan… que… qu'est-ce que tu… »
« Pardon. »
Hein ?
Prenant quelques bouffées d'air : « Pourquoi… tu t'excuses ? »
« Je suis un idiot, un égoïste, un lâche, un menteur… je te fais tout le temps pleurer… Alors que… » son étreinte autour d'elle se resserra un peu, et sa voix n'était plus qu'un murmure. « Alors que… tout ce que je veux, c'est te voir heureuse et en train de rire. »
Oh non, j'ai les yeux qui piquent… Et merde, je sens que ça monte. Je ne vais pas pouvoir tenir encore très longtemps…
« J'ai été tellement stupide. »
« Ce… C'est faux… Tout ce que tu viens de dire… c'est n'importe quoi… »
« Alors pourquoi… pourquoi je n'arrive pas à te lâcher ? Tu te retiens de pleurer si fort que tout ton corps tremble, tout ça parce que je te serre contre moi. Tu vas mal et je le sens, pourtant je ne fais qu'empirer les choses. Si j'étais… » Profonde inspiration. Voix tremblante. « Si j'étais vraiment celui qui pourra te rendre heureuse… l'homme avec qui tu pourras faire ta vie… Si j'étais… véritablement… celui qu'il te faut… Tu ne serais pas dans cet état quand je te prends dans mes bras. »
Il ne dit plus rien ensuite. Il ne bougea pas non plus, ne s'écarta pas, la garda simplement dans ses bras. Il voulait tout lui dire, absolument tout. Il voulait lui confier son cœur, son âme, son être tout entier. Il voulait rester avec elle pour toujours, sans jamais avoir à la quitter.
Plus que tout, il voulait passer le reste de sa vie avec elle. Il voulait l'épouser, faire un grand mariage où ils inviteraient tout le monde : la famille, les amis, quelques connaissances, mais aussi tout les élèves du lycée et même les profs, tiens. Devant tout ce beau monde, ils officialiseraient leur union pour commencer leur nouvelle vie à deux. Ensuite, une fois qu'ils se sentiraient prêts, il aurait voulu fonder une famille avec elle. Avoir un, deux enfants, ou plus, si elle était d'accord… Il voulait une grande famille. Des repas toujours très animés. Jamais que du bruit et des rires autour d'eux. Plein de souvenirs qu'ils se créerait et partageraient ensemble. Vieillir ensemble, tout partager… Avec elle. Seulement elle. Aucune autre. Jamais.
« Je t'aime… tellement… »
Perdu dans son monde imaginaire, les mots sortirent dans un souffle sans qu'il ne s'en rende vraiment compte. À vrai dire, il croyait les avoir seulement pensé et ne réalisa sa maladresse que lorsqu'il sentit Videl se raidir complètement dans ses bras, puis trembler de plus belle.
« T'es vraiment… trop bête… »
Furent les derniers mots qu'elle réussit à articuler avant de perdre son combat acharné contre l'émotion. Douleur, peine, souffrance, tristesse, frustration, colère, sentiment d'injustice, et même l'horrible souvenir de sa propre mort… Tout se mêlait et l'envahit si rapidement, si intensément, que Videl se serait écroulée si Gohan ne l'avait pas retenu pour qu'elle ne tombe pas. La serrant contre lui tandis qu'elle pleurait contre son torse, ses petite mains empoignant le haut de son kimono orange, Gohan se sentait tellement accablé et désemparé de la voir pleurer et sangloter ainsi, qu'il était lui-même au bord des larmes.
« Oh, pardon, pardon, Videl… Arrête de pleurer, je t'en supplie… Ne pleure pas… ça me déchire le cœur de te voir comme ça… Je t'en pris, ne pleure pas… Pardon, je ne voulais pas… je ne savais pas ce que je disais… S'il te plait Videl, ne pleure pas… Je ne le te dirai plus, je te le jure, je ne te dirai plus jamais ce genre de choses, juste, s'il te plait… arrête de pleurer. Je t'en supplie, Videl, ne pleure pas… Ça me tue… Te voir comme ça… Ça me tue… »
Sa voix, tout son corps tremblaient… Et Videl se rendit compte qu'il était dans le même état, dans la même lutte acharnée qu'elle-même avait mené, et fut vaincu à plate couture, contre le flot de larmes et de sanglots qu'elle ne contrôlait plus du tout à présent. Gohan luttait, lui aussi, pour ne pas craquer. Pour rester fort. Pour elle.
Videl resserra sa poigne sur le vêtement orange qu'elle tenait entre ses doigts. Puis, ses yeux fermés très fort, elle prit à plusieurs reprises de longues et profondes inspirations. Elle devait reprendre le contrôle sur ses émotions, en commençant par arrêter de pleurer comme un bébé.
Un… deux… trois. Un… deux… trois. Un… deux…trois.
Elle continua cet exercice plusieurs fois, se concentrant sur le rythme de sa respiration, qu'elle régulait en répétant continuellement ces trois numéros dans sa tête.
Et cela fonctionna. Au bout d'une trentaine de fois, elle avait complètement arrêter de pleurer. Quant à ses mains, qui étaient jusque là crispées sur le haut du kimono de Gohan, elles étaient maintenant détendues et posées simplement sur la poitrine du jeune homme. Enfin, sa respiration était régulière ; tellement régulière, en fait, qu'on pouvait facilement se méprendre et la croire endormie.
Et apparemment, c'était le cas de Gohan, car ce dernier, qui la tenait délicatement dans ses bras sans serrer mais en la gardant toujours contre lui, se mit à réfléchir à voix haute.
« Papa, Végéta et le père de Videl ne sont toujours pas revenus du Kaïoshinkaï, et Dendé est toujours sur Namek avec les Kaïoshins. Mm… Ils n'ont pas encore dû récupérer assez d'énergie pour rentrer, je suppose. Et puis Dendé doit aussi les soigner, ils doivent être dans un sale état après avoir affronter Majin Buu… Je ne m'inquiète pas trop pour papa, sa puissance est remonté d'un coup au dernier moment, alors il va bien. Mister Satan avait l'air d'aller bien tout à l'heure, lorsqu'il a annoncé à tout le monde que Buu avait été vaincu, alors je ne m'inquiète pas pour lui non plus. Mais Végéta … il a dû passé un salle quart d'heure quand il devait retenir Buu le temps que papa collecte l'énergie de tout le monde, il n'était même pas transformé… Il s'est sûrement fait massacrer. Lui qui ne supporte pas de perdre un combat… À croire que prendre une raclé par un ennemi surpuissant est un rite de passage entre nous, on a tous ça en commun, surtout Krilin. Question ennemi surpuissant, on y connait un rayon lui et moi, à commencer par Freezer. Lui, c'était un véritable monstre, bien plus cruel que Cell et Majin Buu réunis. Heureusement que papa est arrivé… Il est toujours là quand il y a un danger et il nous sauve à chaque fois. Même aujourd'hui, il est revenu à la vie pour me sauver, pile quand Buu avait décidé d'arrêter de s'amuser avec moi et d'en finir… D'ailleurs, je ne sais toujours pas comment il a fait pour ressusciter, il n'avait plus son auréole… Bah, je lui demanderai tout à l'heure, ils ne devraient plus tarder de toute façon… »
Il était tellement absorbé par sa réflexion qu'il n'avait même pas remarqué que Videl n'était pas du tout endormie et qu'elle avait entendu tout ce qu'il avait dit, sans en perdre une miette. D'ailleurs, elle se demandait comment il pouvait savoir avec autant de précision où se trouvaient Goku, Végéta, Dendé, et son père aussi. Il pouvait même dire s'ils allaient bien ou pas. D'après ce que Gohan venait de dire, il n'y était pas, et n'avait pas participé à l'attaque qui avait enfin vaincu Majin Buu, et puis d'ailleurs, il était venu ici peu de temps après la fin du combat, alors comment pouvait-il savoir tout ça ? Et puis, c'était qui ce type avec un nom de frigidaire ? D'après ce qu'elle avait compris, lui et Krilin l'avaient combattu mais s'étaient fait massacrés, puis Goku était arrivé et les avait sauvé… Et si ce que Gohan avait dit était vrai, si ce Freezer était vraiment plus cruel encore que Cell et Majin Buu réunis… Il valait peut-être mieux qu'elle ne sache pas qui c'était.
C'est alors qu'elle se rendit compte qu'il ne parlait plus depuis un moment, et qu'elle était toujours dans ses bras… Pas que la position soit inconfortable ou désagréable, bien au contraire. Et puis, maintenant qu'elle était détendue et qu'elle s'était comme libérée d'un poids énorme lorsqu'elle avait pleuré tout à l'heure, elle pouvait enfin profiter pleinement de la chaleur et du bien-être que l'étreinte de Gohan lui procurait. Et puis elle était fatiguée par ces deux jours de cauchemar… Elle pouvait aussi bien s'endormir dans ses bras, contre lui… Au moins comme ça, elle n'aurait pas à lui dire qu'elle ne s'était pas endormie et qu'elle avait entendu tout ce qu'il avait dit. Et puis, de cette façon, elle serait en forme pour s'expliquer avec lui et lui dire une bonne fois pour toute qu'elle était complètement folle amoureuse de lui. D'ailleurs, elle savait déjà exactement comment elle allait s'y prendre, elle pouvait même s'imaginer la scène…
Elle commencerait par crier sur lui : « T'es vraiment le plus idiot de tous les idiots ! T'as rien compris du tout, imbécile ! Crétin ! Abruti ! »
Comme réponse, soit Gohan resterait muet sans rien comprendre, soit il tenterait de protester en bafouillant. Dans les deux cas, elle n'y prêterait pas attention et continuerait ainsi :
« Mais comment tu peux être aussi aveugle ? Tout le monde l'a remarqué, tous tes amis et les miens, et même ton petit frère de sept ans ! Comment t'as pu passé à côté, alors que tu es tellement brillant en classe ? »
Là, il afficherait la plus grande des confusions, ne comprenant toujours pas de quoi elle parlait, et juste au moment où il s'apprêterait à dire quelque chose, elle le devancerait avec cette question :
« T'as vraiment rien vu du tout, hein ? »
Il répondrait par la négative, en secouant la tête ou en parlant avec hésitation. Et là, elle se calmerait et dirait, d'une voix plus douce :
« Comment… Comment ça se fait que tu n'aies rien vu…? Chaque fois qu'on s'embrassait, chaque fois que j'étais dans tes bras… Et cette nuit chez Bulma… J'étais prête à me donner entièrement à toi, sans penser aux conséquences… J'en avais terriblement envie, en plus… » Et puis, le regardant droit dans les yeux : « Tu crois vraiment que j'aurais envie de faire l'amour avec toi si je n'étais pas amoureuse ? »
La réaction de Gohan après ça, elle était incapable de la prévoir. Allait-il sauter de joie, la prendre dans ses bras, l'embrasser, ou allait-il être tellement abasourdi que sa réponse serait, « hein ? »… ? C'était impossible à deviner, elle ne pourrait le savoir qu'une fois qu'elle lui ferait sa déclaration. Mais pour l'instant, elle comptait bien s'endormir dans les bras du jeune homme qui, d'ailleurs, était déjà convaincu qu'elle dormait depuis un bon moment. De toute façon, il ne disait plus rien depuis tout à l'heure…
Bah, elle verrait ça à son réveille. Ils avaient toute la vie devant eux, après tout. Maintenant qu'elle le tenait, elle n'avait pas du tout l'intention de le laisser partir loin d'elle. Elle allait reprendre le lycée et ainsi le voir tous les jours en cours, ils combattraient le crime ensemble, passerait l'après midi rien que tous les deux après les cours, ainsi que la soirée, et puis la nuit aussi, pourquoi pas… Pas forcément pour coucher ensemble, hein, ils pouvaient simplement dormir dans les bras l'un de l'autre… Puis après tout, même si au fond, elle mourrait d'envie de partager ce moment d'intimité avec lui, elle était parfaitement capable de se contrôler, et Gohan était le parfait gentleman, alors il ne tenterait jamais rien sans son accord.
D'un autre côté… s'il commençait à l'embrasser et à la toucher comme il l'avait fait cette fameuse nuit, à Capsule Corp.… Il avait bien intérêt à aller jusqu'au bout cette fois, pas question qu'il la laisse planter comme une idiote en plein milieu, comme cette fois-là ! Et si par malheur il avait ne serait-ce que l'idée de s'arrêter avant de terminer ce qu'ils avaient commencé, peu importe la raison, elle ne le laisserait pas s'échapper aussi facilement et, s'il le fallait, elle insisterait pour qu'ils aillent jusqu'au bout ! Eh oui, c'était le prix à payer quand on était le garçon qui avait rendu Videl Satan éperdument amoureuse ! Alors si en plus il la rendait folle de désir pour lui, c'est qu'il l'aura bien cherché !
Tu ne perds rien pour attendre, Son Gohan… Tu seras complètement accro, tu ne pourras plus te passer de moi, tu m'aimeras de plus en plus… Et je ressentirai exactement la même chose pour toi. Tu ne perds rien pour attendre, Gohan, parce qu'on sera tellement heureux ensemble que ce sera comme dans un rêve qui ne se terminerait jamais. Rien ne pourra me séparer de toi, je compte bien passer toute l'éternité avec toi, puisque je sais ce qui m'attend maintenant, de l'autre côté… Mais pour l'instant… j'ai vraiment envie de dormir. Ne te torture pas trop l'esprit en attendant, d'accord ?
Mmm… Tu es tellement confortable…
À suivre…
Note de fin : La suite est pour bientôt, probablement durant le mois de septembre. Si le prochain chapitre n'est toujours pas publié d'ici octobre, vous pourrez me harceler pour que la suite arrive plus vite. Mais je ne pense pas que ce sera nécessaire, j'ai une idée très précise de ce que je dois écrire et de la suite de l'histoire. Alors je vous dis à très bientôt ;-)
