Un peu plus tard dans la matinée, Roger Davies, poursuiveur de l'équipe de Quidditch de Serdaigle, chuta malencontreusement dans les escaliers et se fractura le bras, juste devant Drago et Ron. Ce dernier accompagna le Serdaigle à l'infirmerie tandis que le serpent blond partait à la recherche de Cho Chang, la capitaine de l'équipe.
-Madame Pomfresh, il lui faut du poussos ! On a un match cette après-midi, s'exclama Cho.
- Du poussos ? Ça oui, il lui en faut, mais ne comptez pas sur lui pour le match de tout à l'heure. Il va se remettre vite, mais il faudra le ménager pendant au moins quarante-huit heures.
Cho allait protester quand les portes de l'infirmerie s'ouvrirent, laissant entrer Harry dans la pièce, valise en main.
-Harry ? Qu'est-ce que tu fais là ? lui demanda la jeune asiatique, toujours contrarier d'avoir un joueur en moins.
-Je t'attendais devant la salle commune et j'ai entendu deux élèves dire qu'un joueur de l'équipe était tombé et que tu étais avec lui à l'infirmerie.
-Oui, c'est Malefoy qui est venu me chercher. C'est la galère, Roger ne va pas pouvoir jouer tout à l'heure, on va devoir déclarer forfait.
-Comment ça ?
Eh bien, comme tu l'as si bien fait remarquer ce matin, les Serdaigle ne sont pas très sportif, on a déjà eu beaucoup de mal à monter une équipe qui tienne la route et nous n'avons aucun remplaçant donc à la moindre blessure, c'est le forfait obligatoire.
-Tu sais jouer au poste de Davies ?
-Il est poursuiveur, je me débrouille à ce poste, pourquoi ?
-Tu peux prendre sa place pour un match ?
-Et puis quoi ? Tu prends ma place en tant qu'attrapeur ?
-C'est exactement ça.
-Tu as dit que ne jouerais pas pour nous, lui rappela la jeune fille.
-Je sais, mais ce n'est pas comme si je portais les Gryffondor dans mon cœur et puis ce n'est que pour un match, je ne veux pas intégrer votre équipe.
-Non, c'est hors de question, je préfère qu'on déclare forfait plutôt que de laisser un serpent jouer dans notre équipe, intervint le blessé.
-La décision ne t'appartient pas Roger.
-Mais Cho, c'est un Serpentard, on ne peut p…
-Tais-toi. Je te rappelle qu'Harry n'est pas plus Serpentard que toi et moi. Et puis de toute façon, être dans telle ou telle maison ne justifie rien, être Serpentard ne signifie rien, surtout après ce qu'il s'est passé hier, car ce ne sont pas les Gryffondor ou même les Serdaigle qui ont défait les Mangemorts ni sauvé Dumbledore. Ce ne sont pas eux qui se sont retournés contre leur propre camarade. Alors il serait peut-être temps que les mentalités changent.
-N'importe quoi, les Serpentard sont des Mangemorts, comment crois-tu qu'ils auraient fait pour anticiper l'attaque s'ils n'étaient pas au courant ?
-Dis un mot de plus et je te vire de l'équipe.
-Tu ne peux pas, sans moi, vous ne pouvez pas jouer.
-Bien sûr que si, vois-tu, on a Harry maintenant.
Elle se leva, pris Harry par le bras et quitta l'infirmerie. Harry la suivit sans rien dire jusqu'à un heurtoir en forme d'aigle.
-Qui est apparu en premier, le phénix ou la flamme ?
-Harry, tu as une idée de la réponse ? lui dit la Serdaigle en se retournant vers lui.
*Qui est apparu en premier, le phénix ou la flamme ? Les phénix ont la capacité de se régénérer en s'enflammant, c'est un cycle de recommencement perpétuel, comme entre l'œuf et la poule, il n'y a pas de bonnes réponses.*
-C'est un cycle perpétuel, et un cercle n'a pas de commencement.
La porte s'ouvrit pour les laisser entrer. La salle était une vaste pièce circulaire. D'élégantes fenêtres en arcade agrémentaient les murs tendus de soie de couler bleu et bronze. Le plafond formait un dôme parsemé d'étoiles peintes qui se reflétaient sur la moquette bleue nuit. Des fauteuils confortables et des tables étaient disposés un peu partout. On y trouvait aussi une bibliothèque ainsi qu'une haute statue de marbre blanc représentant Rowena Serdaigle.
-Je ne pensais pas que tu réussirais à répondre à l'énigme, avoua Cho.
-Quoi ? Tu ne me crois pas érudit ?
-Ce n'est pas ce que j'ai dit, je suis juste agréablement surprise.
*Aurais-je marqué des points auprès de notre préfet ?*
-Tu sais, pour tout à l'heure, tu n'avais pas besoin de prendre mon parti, ce genre de remarques ne m'atteignent pas.
-Moi, ce que je vois, c'est que malgré le fait que ça te passe au-dessus quand cela te concerne, lorsqu'il s'agit des autres, et notamment des Serpentard, tu prends tout très à cœur. Vu ce que tu m'as dit ce matin et tes réactions face aux préjugés qui subsistent dans cette école, je pense qu'on va très bien s'entendre, toi et moi.
-J'y compte bien. Mais tu n'as pas besoin de te mettre à dos tes amis pour moi.
-Roger et moi, nous ne sommes pas amis, on a des idées assez différentes sur ce que doit être un Serdaigle. Et puis, j'estime que tu vaux la peine qu'on se batte pour toi.
-C'est beau ce que tu dis, tu sais ? lui dit-il tout sourire.
-Arrête, ne sois pas débile, tu comprends ce que je veux dire. Tu nous as sauvé face aux Mangemorts et tu as protégé Dumbledore, je pense que tu mérites une certaine reconnaissance. Tu as fait plus en quelques semaines pour les Serpentard que n'importe lequel d'entre eux depuis des siècles et tu as fait mieux en une soirée que l'AD depuis sa création.
-Je n'ai rien fait pour les Serpentard, de quoi tu parles ?
-Ah bon ? Personnellement, je n'ai jamais vu cette maison aussi joyeuse que depuis que tu y es. Tu animes les repas, tu les aides quand ils ont des difficultés, tu les écoutes, tu les boost, aussi bien les petits que les grands. Je n'avais jamais vu des élèves d'autres maisons envier les Serpentard comme je n'avais jamais vu les Gryffondor aussi ridicules. Vous avez pris la tête du classement pour la coupe des maisons et d'après ce que j'ai entendu de ceux qui ont assisté à votre séance de recrutement pour le quidditch, votre équipe est de loin la meilleure cette année. Et puis, ne t'emballe pas trop, mais ton style, ta carrure, ton assiduité en cours, tes bonnes notes et ta personnalité font que tu fais beaucoup, beaucoup de bruit chez les filles. Je crois que je n'ai jamais entendu autant de conversation autour du seule personne en si peu de temps, même pas Drago, et pourtant, on en parle !
-On ? Cho Chang aurait des vues sur le Serpent Blond ?
-Qui sait ? Tu es jaloux ?
-Moi ? Oh tu sais, apparemment, j'ai toute une école à mes pieds, alors une de plus une de moins, ça n'est pas important. Et outre le fait que vous en parliez, vous ne faites jamais rien. Drago a eu très peu de conquêtes à l'intérieur de ces murs, malgré le fait qu'il ait été élu secrètement le garçon le plus beau de Poudlard. Et moi et les rumeurs, ça ne fait pas bon ménage, lui non plus d'ailleurs.
-Ah oui ? Et même si c'est moi la fille en question ?
-Comme je te l'ai dit, si ce ne sont que des paroles, ça ne m'intéresse pas.
Ils étaient arrivés devant le dortoir des garçons. Elle le poussa alors contre la porte et se rapprocha vivement de lui.
-Cette scène me donne une impression de déjà-vu. Tu ne vas pas me menacer cette fois ?
-Pas si tu ne m'y pousses pas. Il ne faut pas jouer avec le feu, Harry, lui dit-il en insistant sur son prénom.
Soudain, le champ de vision de la jeune fille parut se troubler une demi-seconde et Harry disparu.
-Mais qui est le feu ? lui chuchota-t-il à l'oreille, se trouvant maintenant derrière elle.
Elle sursauta et se retourna tout en s'écartant de la porte.
-Comment as-tu…
-C'est le dortoir des garçons, c'est ça ?
-Ou… Oui, tu peux aller t'installer, je t'attendrais devant la statue, dit-elle en repartant, le regard hagard.
**Cette sensation, cette rapidité, cette voix, c'était comme cette fois-là, il y a longtemps…**
Après dix minutes dans le dortoir, il rejoignit Cho devant la statue.
-Il faut qu'on reparle du match, lui dit-elle lorsqu'il arriva à sa hauteur.
-Je vous écoute, capitaine.
-Pourquoi veux-tu jouer pour nous ? Tu n'as rien à y gagner en tant que joueur principal chez les Serpentard.
-Comme je te l'ai déjà dit tout à l'heure, je ne porte pas les Gryffondor dans mon cœur, pouvoir les humilier une fois avec les Serdaigle en plus des matchs avec Serpentard serait le bienvenu, je l'avoue.
-Et c'est tout ?
-Que veux-tu que je te dise d'autre ? Que j'ai très envie de jouer au Quidditch ? Que je pense que sans moi, vous ne gagnerez pas ? Qu'une fois de plus, je prouvais ma supériorité sur mon deuxième terrain de prédilection, à savoir les airs ?
-Oui, je n'en attendais pas moins de toi. Le match commencera à quinze heures, on se retrouve ici à quatorze heures avec le reste de l'équipe pour les présentations et pour revoir la stratégie, ça te va ?
-Parfait, j'y serais.
-Tache de bien manger et de ne pas trop stresser, lui dit-elle en quittant la pièce et le laissant seul au milieu des bleu et bronze.
Il commençait à suivre ses pas quand une jeune fille l'interrompit.
-Bonjour Harry Reptia.
-Salut Luna, tu vas bien ?
-Ça va. Comment s'est passée ta rentrée ?
-Ça se passe, comme tu peux le voir, je change de maison, comme convenu.
-Cela ne te fait pas plaisir ? Tu aurais peut-être préféré une autre maison ?
-Non, c'est moi qui choisis… Attends, pourquoi j'aurais préféré une autre maison ?
-Je ne sais pas, au vu de tes connaissances dans les autres maisons, je n'aurais pas pensé que ton premier choix après Serpentard serait Serdaigle.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? Je ne te suis pas.
-Si j'étais toi, j'aurais choisi Gryffondor, il y a des personnes bien plus intéressantes là-bas qu'ici.
-Ah oui ? Comme qui ?
-Je ne sais pas Harry Reptia, par exemple, quelqu'un avec qui tu devrais discuter avant qu'il ne soit trop tard.
-Tu parles de Ginny ?
Elle lui sourit gentiment et parti en direction des dortoirs.
Quatorze heures arriva rapidement et Harry attendait déjà patiemment dans la salle commune. Cho entra dans la pièce, suivit par un petit groupe de Serdaigle.
-Bon les gars, je vous présente Harry, même si vous avez déjà dû en entendre parler, il sera notre attrapeur pour ce match qui nous oppose à Gryffondor.
-On est vraiment obligé de prendre un Serpentard dans notre équipe, demanda Anthony Goldstein, un des deux batteurs de Serdaigle, parce que je suis allé voir Roger et lui non plus il n'est pas d'accord pour…
-Bien sûr qu'on est obligé de le prendre avec nous, il a trop la classe ! le coupa son binôme. Moi, je suis super content que tu joues avec nous, je suis sûr que tu vas faire un malheur. Je m'appelle Terry, Terry Boot, je suis batteur avec Anthony, finit-il en lui tendant la main et en désignant Anthony d'un geste de la tête.
-Enchanté Terry, j'espère ne pas te décevoir.
-Alors ça, ça ne risque pas d'arriver, hein les gars ? demanda un garçon imposant, aux cheveux châtains bouclés, coupés court. Je m'appelle Belby, je suis le gardien. Je t'ai vu voler à la rentrée avec Madame Bibine, je l'aide de temps en temps à gérer les premières années, certains se permettent de se lancer des défis sans jamais avoir volé, si tu vois ce que je veux dire. Et depuis que je t'ai vu voler ce jour-là, je savais que tu serais un des meilleurs joueurs de ces prochaines années, alors c'est une aubaine que tu joues pour nous aujourd'hui. J'ai assisté aux entraînements des Serpentard tu sais, avec Terry, c'est pour cela que nous croyons aussi fort en toi !
-Laisse le tranquille Belby, il va finir par prendre ses jambes à son cou si tu continues. Je suis Chambers et voici Bradley, on est poursuiveur avec Davies.
Harry leur serra la main.
-Maintenant que les présentations sont faites, il faut que je te parle d'une rumeur Harry, même si tu n'aimes pas ça. En apprenant que tu serais notre attrapeur aujourd'hui, il y a eu pas mal de bruit chez les Serpentard, étant donné que tu es aussi à ce poste chez eux.
-Et ? Cela pose un problème ? Je ne peux pas jouer ?
-Techniquement, en temps normal, tu n'aurais effectivement pas pu participer puisque tu es sur liste principale chez les Vert et Argent. Mais McGonagall a exceptionnellement accepté alors il n'y a pas de problème. Il y a juste une chose qui me tracasse : comme je te l'ai dit tout à l'heure, il y a eu beaucoup de réactions de la part des Serpentard, pour eux, les Gryffondor ont déjà perdu parce qu'il paraîtrait que tu serais capable d'attraper un vif d'or en seulement vingt-sept secondes après le début du match.
-C'est vrai Harry ? Hein ? Parce que je t'ai vu pendant les entrainements, ton adresse sur un balai est unique, tu voltige d'une façon qui t'aie propre. Si tu es vraiment capable d'un tel exploit, c'est un record du monde, j'ai vérifié à la bibliothèque.
-Et voilà, c'est reparti. Belby, tu fais vraiment flipper, on dirait que tu connais toute sa vie.
Belby articula un « désolé » suite à la remarque de Chambers et se recula.
-Alors, tu en ait vraiment capable ? Parce que si c'est le cas, on a peut-être des chances de l'emporter.
-Eh bien, oui c'est vrai, mais je ne l'ai fait qu'une fois. Je ferais tout pour être le plus rapide possible, mais je ne peux rien promettre.
La voix de Lee Jordan résonnait dans tout le stade, jusque dans les vestiaires.
« Et maintenant, un tonnerre d'applaudissements pour la meilleure équipe de Quidditch de Poudlard, les Gryffondor ! »
-Les meilleurs de Poudlard, rien que ça, releva Harry.
-Hum, ouais, ça fait des années qu'ils gagnent la coupe, même si les Serpentard les mettent de plus en plus en difficulté, ça ne suffit jamais.
-C'est ce qu'on va voir, on va les pulvériser, ne vous inquiétez pas, affirma Harry.
-Tu as l'air bien sûr de toi Harry.
-Oui capitaine, il n'y a aucun doute sur notre victoire.
« Mesdames et Messieurs, je vous demande d'accueillir comme il se doit les Bleu et Bronze ! »
Tous les joueurs enfourchèrent leurs balais et prirent position sur le terrain.
« Tous les joueurs sont en place ! J'aperçois Madame Bibine s'élevait dans le ciel, le souaffle à la main ! Plus que quelques secondes avant le début du premier match de la saison ! Je me dois de rappeler que le match prendra fin au bout d'une heure, que le vif d'or soit attrapé ou non ! Bon match à tous !»
Le souaffle s'éleva en l'air et les joueurs se mirent à virevolter. Au bout d'une dizaine de minutes, Kirke, l'attrapeur de Gryffondor vint à la rencontre d'Harry.
-Alors Reptia, pas trop la pression pour ce premier match, pas trop triste de savoir qu'on a déjà perdu ?
Mais Harry ne l'écoutait pas, il observait les Gryffondor assaillirent les buts des Serdaigle sans pour autant qu'un seul but ne passe. Cho et Bradley étaient venus en renfort pour aider Belby à défendre ses anneaux, délaissant ainsi l'attaque. Le Serpentard cherchait Dean du regard et c'est à ce moment qu'un cognard fila droit sur lui. Il esquiva sans problème et chercha immédiatement son point de départ. Il vit Seamus, sourire aux lèvres et batte en main, et Dean qui arrivait à sa hauteur.
-T'acharnes pas sur lui Seamus, il a rien fait.
-Lâche moi Dean ! Je ne sais pas ce que t'as depuis hier, mais t'es devenu une vraie flippette, lui répondit son camarade avant de reprendre le cours du jeu.
Sous le regard de Harry, Dean reprit sa place. L'Héritier scrutait l'horizon à la recherche du vif d'or, qu'il ne voyait toujours pas. Arrivé à la moitié du temps, son regard commença à se balader sur les joueurs, à observer les techniques de jeu, l'adresse de chacun. À chaque fois que son regard se posait sur une certaine chevelure rousse, son corps se réchauffait, son esprit s'embrouillait, sa vision se troublait. Plus il la regardait moins il arrivait à détourner le regard. Une voix, sa voix, résonnait aussi de plus ne plus fort dans sa tête. Elle lui parlait. Plus le temps passait et plus Harry redescendait vers le sol. Une deuxième voix sonnait dans sa tête, comme un cri d'alerte, mais il n'y prêtait aucune attention, se concentrant uniquement sur Ginny. Il ne savait pas combien de temps était passé et ce qu'il se passait autour de lui et il s'en moquait. Soudain, un choc le ramena à la réalité. Il fut percuté de plein fouet, perdit le contrôle de son balai et s'écrasa au sol. Il entendit un premier bruit sourd, semble à celui qu'il avait produit, et un second, bien plus aigu. Il était désorienté et se releva lentement, ses oreilles bourdonnaient, sa vision était comme embuée. Il aperçut la cause du premier bruit : au loin, une jeune fille se relevait difficilement. Elle vint à sa rencontre et récupéra son balai, qui avait atterrit au pied du Serpentard.
-Qu'est-ce que tu fous Reptia ? Dégage du terrain si tu ne sais pas jouer. De toute façon, vous avez déjà perdu.
-Comment ça ?
-Regarde les scores, vous n'êtes pas à la hauteur.
Harry leva les yeux vers le tableau des points et comprit que son inaction avait affecté toute l'équipe. Gryffondor menait maintenant cent quatre-vingts à quarante.
-On n'a pas encore perdu.
-À moins que tu trouves le vif d'or maintenant, vous avez …
Harry la bouscula avant qu'elle ne puisse finir sa phrase. Au loin, il avait vu la balle dorée. Il cherchait son balai qu'il aperçut brisé en plusieurs morceaux.
« Harry ! Tu es revenu à toi ? Tu étais sous enchantement, enfin je pense ! Cours jusqu'à moi, je te balance ta canne, éclate les ! »
« Merci Dray, je te revaudrais ça. »
Un bruit retenti au loin, Gryffondor venait de marquer à nouveau. L'Héritier de Lord Voldemort commençait à sentir la colère monter en lui. Les Gryffondor avaient triché, Ginny l'avait ensorcelé, il en était persuadé. Un manteau de fumée noire commençait à se formait doucement autour de lui. Il disparut, pour la deuxième fois de la journée, mais de la vue de tous cette fois-ci. Drago lâcha la canne vers le sol et Harry s'en saisit avant qu'elle ne le touche. Elle se transforma instantanément en balais qu'il enfourcha et parti comme une balle. Il parcouru le terrain, slaloma entre les joueurs et s'empara du souaffle qui filait vers les buts.
-Harry ! Qu'est-ce que tu fais ?! s'écria Chambers.
-Je m'occupe du reste, reposez-vous, on a déjà gagné !
Il vola jusqu'à Terry qui lui tendit sa batte, comprenant les intentions du brun. Il fonça dans tous les sens, évitant les joueurs qui avaient maintenant du mal à le suivre ne serait-ce que des yeux, son balai ayant atteint sa vitesse de croisière. Il passa près d'un cognard qu'il envoya s'écrasait contre le manche du balai de Seamus. Il le gratifia d'un « retour à l'envoyeur » et reprit sa course. Johnson profita de ce léger ralentissement pour se hisser à sa hauteur.
-Désolé, lui dit-il solennellement avant de l'envoyer s'abattre au sol.
-Arrêtes Harry ! Tu vas tous les blesser, s'écria Ginny, qui avait réussi à le talonnait.
*Je n'aurais jamais dû lui offrir ce balai.*
-Toi ! Qu'est-ce que tu m'as fait ?
La jeune Weasley ne répondit pas de suite.
-Reponds moi !
-De quoi tu parles ?
-Ne me prends pas pour un con Ginny, je sais que tu m'as lancé un enchantement, un enchantement que je ne connais pas, alors dis-moi ce que tu m'as fait ! Je n'ai pas pu me détacher de toi pendant presque tout le match !
Son œil gauche avait perdu sa jolie teinte émeraude et virait au rouge, signe de la colère et de l'impatience qui montait en lui.
-Je ne voulais pas, je suis tellement désolé, c'est Dean qui m'a…
Soudainement, Harry monta en piqué à une vitesse affolante, puis, arrivé suffisamment haut, il se laissa retomber, son balai toujours entre les jambes, le souaffle sous le bras gauche et la batte dans la main droite, il était en chute libre. Il repéra Dean qui tentait de lui balançait un cognard. Ses yeux virèrent totalement au rouge et il disparut, encore. Une fraction de seconde plus tard, il se retrouva devant le Gryffondor, frappa son balai du pied et l'envoya se brisait sur le poteau de l'anneau le plus proche. *Ça c'est fait, on passe au gardien.* Il lança le souaffle en l'air et le frappa avec la batte. La balle fila vers McLaggen, le percuta en pleine poitrine, l'assommant. Il s'écrasa au sol.
« Reptia est un véritable bourreau ! Il a envoyé quatre joueurs au tapis et à marquer mais ce ne sera malheureusement pas suffisant, il ne reste que trente seconde ! »
*Trente secondes ? C'est quoi mon record déjà ? Vingt-sept ? Je peux le faire, il faut juste que je trouve cette balle !*
Harry s'immobilisa haut dans le ciel et scruta le terrain. *Vingt-neuf, vingt-huit, vingt-sept ...* Harry cherchait, cherchait et cherchait encore. *Vingt, dix-neuf, dix-huit.* … *Treize, douze, onze … Ca y est ! Je l'ai vu !* Il fila tel un cognard à pleine vitesse pendant que Lee annonçait un sauvetage in extremis de la part de Belby. *Huit, sept, six …* Il fila encore, poussant son balai à la vitesse maximale. Il referma le poing sur la petite balle dorée. *… deux …*
« Je rêve ! Reptia vient d'attraper le vif d'or à quelques secondes de la fin du temps prévu ! Il offre la victoire à Serdaigle, à deux cents points à cent quatre-vingt-dix, c'est un miracle ! »
Harry se posa au sol en premier, acclamé par la foule, brandissant le vif d'or. Le reste des joueurs redescendirent eux aussi au sol. Dès que Ginny posa le pied à terre, le balai de Harry redevint une canne de laquelle il extirpa sa baguette.
-Ginny ! hurla-t-il, baguette en main, sans pour autant la pointer.
-Harry, je …
-Avoue tout de suite ce que tu as fait à toute mon équipe et je ne dirais rien au reste des professeurs, mais il est hors de question qu'ils restent dans l'ignorance.
Quelques secondes passèrent durant lesquelles les Serdaigle s'étaient réunis derrière Harry, les Gryffondor, enfin ce qu'il en restait, rejoignirent la Weasley.
-De quoi parles-tu Harry ? demanda Cho.
Harry ne répondit pas, il attendait que Ginny prenne la parole, les yeux encore rouge de colère.
-Si Harry n'a presque pas bougé pendant la deuxième partie du match, c'est de ma faute, je l'ai ensorcelé pour qu'il soit distrait contre sa volonté…
-Attends, vous avez triché ? Il faut prévenir Madame Bibine immédiatement ! s'exclama Goldstein.
-Non, ce n'est pas la peine. Ils ont perdu alors qu'ils étaient très clairement en position de force, que c'est la meilleure équipe et nous la pire. Sans compter qu'ils ont perdu quatre joueurs qui ont été envoyés à l'infirmerie par un seul des notre et qui de plus, nous a offert la victoire. Donc je pense qu'ils ont eu ce qu'ils méritaient, trancha Cho.
-Ouais, allez, venez ! On va fêter ça ! s'exclama Chambers.
Tous les Serdaigle tournèrent les talons, sauf Harry, dont les yeux avaient repris leur couleur verte.
-Tu ne viens pas Harry ? lui demanda la capitaine.
-Allez-y, je vous rejoindrais plus tard, j'ai des choses à régler, dit-il en regardant vers Ginny.
-D'accord, ne tarde pas trop.
Et elle partit rejoindre les autres. Il resta planté là, à regarder Ginny se faire disputer par le reste de ses camarades. La scène dura quelques minutes et les remarques furent dures. Même s'il lui en voulait, Harry ne put s'empêcher d'intervenir.
-Écoutez, ce n'est pas de sa faute, elle n'a fait que suivre les directives de votre capitaine.
-Dean ?
-Oui, c'est lui qui a orchestré tout ça.
-En même temps, après ce que tu lui as fait hier, je comprends qu'il veuille se venger, dit finalement Kirke.
-Et si tu ne veux pas qu'il t'arrive la même chose, tu ferais mieux de dégager de ce terrain, et ça vaut aussi pour vous. Si j'entends ou vois un seul d'entre vous s'en prendre à Ginny, je vous ferais regretter de ne pas avoir été envoyé à l'infirmerie aujourd'hui.
Sur ces derniers mots, les Gryffondor quittèrent le terrain sans une parole, sans un regard. Le stade se vida, le calme revint peu à peu. Il ne restait plus que nos deux adversaires, dans le rond central. Ginny se retourna pour faire face au brun. Ces yeux étaient rouges, elle avait dissimulé ses pleurs.
-Harry, je…
-Excuse-moi Ginny.
Il se laissa quelques secondes de réflexion et d'inspiration avant de se lancer.
-Excuse-moi pour ce qu'il s'est passé il y a deux semaines. Pardonne-moi si je t'ai fait souffrir et je sais que je l'ai fait. Ambre n'était pas au courant pour nous deux, comme tu n'étais pas au courant pour elle et moi. Je ne suis pas en train de dire que je l'ai trompé avec toi, je ne suis pas ce genre de gars. On est plus ensemble depuis mon départ pour le Terrier. On s'est quitté sans trop savoir si c'était une bonne idée et on va dire qu'il y avait très peu de chance que je rencontre une autre fille en seulement quelques semaines. Ça, c'était avant que je tombe sous le charme de la petite sœur de Ron, car pour tous les autres, tu n'es que la petite sœur de Ron. Mais plus pour moi. Donc, elle ne savait pas pour toi et moi, ce qui explique le fait qu'elle m'est embrassée. Je ne rejette absolument pas la faute sur elle, tout est entièrement la mienne. Je comprends aussi ta réaction, tu m'as évité comme j'ai évité Ambre. D'ailleurs, il faut que je te parle d'elle, même si ce que je m'apprête à te dire ne fait pas plaisir à entendre de la part de la personne que l'on aime. En tout cas moi, je n'aimerais pas l'entendre de ta bouche, mais il faut que ce soit dit. Drago me tuerait s'il entendait ça mais, pour le moment, et ça depuis des années, Ambre est la personne la plus importante à mes yeux. Plus que Drago, plus que ton frère, que Jake, qu'Alexia, que Pansy, que mon père ou même toi. Elle compte bien plus que ma propre vie. Je la connais depuis toujours. C'est grâce à elle que je suis ce que je suis actuellement. Grâce à tous les autres aussi, bien évidemment. Mais le changement qu'à provoquer Ambre en débarquant dans ma vie est sans égal. Tu sais, tu m'as dit toi-même que tu détestais Drago, son arrogance, sa méchanceté. Avant Ambre, le Drago que tu connais aujourd'hui et que tu as toujours connu est un enfant de cœur comparé à ce que j'étais avant. Si l'occasion se présente un jour, demande lui sincèrement ce que j'étais quand il m'a connu, guette son regard, écoute son ton, observe ses traits, et ose venir me dire que tu n'as ressenti ni de la peur, ni de la crainte, ni de l'angoisse chez lui rien qu'à l'annonce de cette époque. Quand ils m'ont connu, je n'avais que sept ans et je n'ose même pas imaginer ce que je serais aujourd'hui si Ambre n'avait pas été là. À l'époque, j'étais cruel, méchant, arrogant, j'avais la rage contre tout le monde, je détestais le monde entier, je ne souhaitais que sa destruction. J'avais l'impression d'être né pour le détruire. Et seul Ambre a réussi à apaiser la noirceur ancrée dans mon cœur et dans mon âme. Elle m'a transformé et a fait de moi l'homme que tu connais. Tu sais, il y aurait des rumeurs, comme quoi je serais un bon parti : beau, séduisant, fort, intelligent, attentionné, toujours prêt à aider les autres. Mais crois-moi sur parole, les deux seules personnes qui savent ce que je suis réellement, ce sont Ambre et Drago. Et je sais que toi tu me vois comme les autres, mais tu ignores presque tout de moi. Tu crois peut-être me connaître, mais tu sais si peu de choses. Je dois beaucoup à Ambre même si elle ne s'en rend pas compte. Lorsque j'ai commencé à la fréquenter, j'ai tout de suite senti que je changeais, qu'il y avait quelque chose entre elle et moi. Cette sensation je l'ai retrouvé cet été, quand je t'ai rencontré. Sauf qu'entre nous, je sens qu'une force nous pousse à aller l'un vers l'autre, mais j'ai l'impression qu'il y a autre chose qui nous éloigne, et je ne saurais dire pourquoi. Je sais, je suis sûr qu'on est fait pour être ensemble Ginny, mais je sens que le destin nous met au défi. Tout à l'heure je t'ai dit que je n'aimerais pas entendre ces mots de la personne que j'aime, et je sais que tu m'aimes et que tu n'aimes pas Dean. Je le sais car tu ne m'aurais jamais trahi. C'est aussi pour ça que je sais que tu ne sors pas avec lui par amour, mais par vengeance, par simple esprit de contradiction. Je l'ai vu dans ton regard quand je t'ai pris ta baguette hier soir, la tristesse dans tes yeux, ta détresse, ta colère mais aussi et surtout ton amour pour moi. Pour la première fois j'ai pu lire en toi et c'est aussi pour ça que je pense qu'avec le temps, toi et moi, ça sera magique. Mais pour le moment, j'aimerais qu'on recommence à zéro, comme si rien de tout ça ne s'était passé.
-Pourquoi tout recommencer alors qu'il s'est passé tant de choses ? finit-elle par dire, après plusieurs secondes de réflexion.
-Justement parce qu'il s'est passé beaucoup de choses en trop peu de temps. Et aussi parce que, dans tout ce que j'adore chez toi, il y a une chose que j'aime plus que tout et que je regrette à la fois, tu es joueuse, mais avec moi, tu ne joues pas. Enfin, tu ne joues pas assez.
-Harry, je pars du même principe que toi, nous deux, dans le futur, ce sera magnifique. Mais pour le moment, j'avoue que j'ai très envie de jouer, je me suis beaucoup trop offerte à toi et ça ne me ressemble vraiment pas. Et puis, comme on part du constat que je t'aime et que tu m'aimes…
-Je t'arrête tout de suite, je n'ai jamais dit que…
-Tais-toi, Harry. Quand je parle, tu écoutes. Donc je disais, comme on part du principe qu'on a des sentiments l'un pour l'autre, je ne te ferais aucun cadeau, est-ce que c'est clair ?
-Qu'on soit bien clair aussi, je suis le chasseur, tu es ma proie, qu'au passage, je viens de libérer de son piège par bonté de cœur, ou alors par simple sadisme, je ne sais pas encore. Mais retiens deux choses : tout d'abord, d'après ce que j'ai compris, tu ne seras pas la seule à vouloir être chassée, et la deuxième, sache que je ne rate jamais ma cible, finit-il avec un clin d'œil.
Le brun lui sourit et tourna les talons.
-Harry ! s'exclama la jolie rousse.
Le serpent se retourna et Ginny l'embrassa tendrement.
-Bonne chance, lui dit-elle avant de partir en trottinant vers les vestiaires.
« Et n'oublies pas, la proie est toujours un prédateur pour une autre proie. » résonna la voix de la rouquine dans sa tête.
