Bonjour, bonsoir & bienvenue !

Vous allez me détester aujourd'hui ! (oh oui, vraiment très beaucoup... et la semaine prochaine, vous allez pleurer... Je fais dans la divination à présent)

Shanks vous a vraiment beaucoup plu, vendredi dernier. En même temps, c'est normal, c'est Shanks. On est encore un peu avec eux aujourd'hui, mais plus pour longtemps. On repart à l'aventure ! Yahou ! (moi, en plus, je sais ce qu'il se passe à la fin)

Pause réponse aux reviews

Zorobin-pm : Merci pour ta review :) Euh oui mais non, pas de bébé. Ça risque sérieusement de compliquer cette fic. Du Robin badass ?! Oh oui, c'est bien aussi.

Umi : Merci :D Il fallait cette interaction avec Smoker et Tashigi. Ça fait du bien à tout le monde ! Haha ^^ Je savais que la partie avec Shanks te plairait x) Oui sans doute que Shanks aurait pu parler un peu de Luffy. Je n'ai pas jugé ça nécessaire dans le sens où je voulais que Shanks fasse comprendre à nos deux loustics l'intérêt d'être encore en vie. Alors, Benn, c'est un truc de second. Yasopp… non décidément non, j'ai essayé de l'imaginer faisant du crochet mais non, ça ne passe pas. De la couture, peut-être ?! Haha, oui, les choses bougent ma Umi, les choses bougent sacrément. D'ailleurs, toi comme tout les autres, vous allez me détester à partir de maintenant x) A la prochaiiiiine~ :)

Comme toujours, Robin, Zoro, Shanks et sa clique ne m'appartiennent pas. Sinon, ça ferait la bringue toutes les nuits, merci bien.

Enjoy ;)


~ L'Auberge du temps qui passe ~

~ chapitre vingt-neuvième ~

étrangeté

...

Il est très tard. Ou très tôt, c'est selon. Benn Beckman bâille outrageusement.

- Va te coucher, idiot ! soupire Yasopp en le voyant.

- Naaan, le capitaine est toujours debout !

- Le capitaine dort debout, rectifie le sniper. Alors, va te coucher avant de finir comme lui !

Mais le colosse reste assis par terre à vider une énième choppe de son cocktail spécial. Yasopp soupire en levant les yeux au ciel. Il étale une couverture sur ses copains endormis à même le sol et pousse ceux qui sont encore éveillés à se diriger vers le dortoir. Lucky passe auprès de lui et déclare qu'il va se coucher lui aussi.

- Traine avec toi ce bon à rien de Shanks, il va finir par attraper froid !

- D'accord, bonne nuit.

Plus loin, Benn ricane.

- Yasopp, tu es comme une mère.

- La ferme, toi, et suis Lucky, ce sera aussi bien.

- Non. Moi, je reste dehors, j'ai pas sommeil.

- Menteur, grogne Yasopp en gagnant le dortoir.

Lucky ne réussit pas à trainer Shanks jusqu'à son lit. Le capitaine se réveille, déclarant que la fête continue et que ceux qui ne le suivent pas sont des gros blaireaux. Benn éclate de rire en entendant ses camarades tenter de le faire taire. Il y a une série de coups et le silence revient. Auprès du feu, Zoro remue les braises, Robin assoupie à ses côtés, la tête posée sur ses genoux. Benn se lève, chancèle, reprend son équilibre et s'approche de lui.

- Vous n'allez pas vous coucher ?!

- Elle n'est pas dans son sommeil profond. J'aurai peur de la réveiller en la transportant.

- Vous pouvez dormir ici !

- Oh oui ! s'écrie Shanks sorti de nulle part. Dormez avec nous !

- Désolé, soupire Zoro. Mais il en est hors de question.

Le roux s'assied juste à côté du bretteur et demande :

- Pourquoi ça ?

- Il y a trop de testostérone, ici.

- Tu t'inquiètes pour la petite dame ? Oh ne t'en fais pas. Mes hommes sont tellement ivres qu'ils ne lui feront rien du tout.

- Ce n'est pas une raison, Shanks. Nous retournerons sur notre navire, un point c'est tout.

- Ah bon, d'accord.

Le silence siffle dans les branches des arbres. Quelques animaux nocturnes se mettent à crier et les grillons chantent sous la lune. Soudain, Zoro se lève, sans un froissement de tissu. Il porte Robin dans ses bras. La jeune femme dort à poing fermés et ne se réveille pas. Sa respiration est régulière. Le bretteur la regarde, attendri. Shanks lève la tête et demande :

- Vous êtes amoureux ?

Lentement, Zoro pose son regard de cyclope sur le capitaine pirate. À ses côtés, Benn Beckman semble vouloir se fondre dans le sol.

- C'est plus compliqué que ça, Shanks…

- Tu es sûr ? Tu sais, j'ai connu une femme, Zoro, que je regardais avec ce même regard de "je porte le plus grand trésor du monde"…

Shanks sourit à se souvenir.

- Fait attention à ne pas t'éloigner d'elle. Un accident est si vite arrivé.

- Tu peux me faire confiance, le roux. Cela fait longtemps que je n'ai plus que ça en tête…

Il sourit et salue de la tête les deux hommes avant de disparaître dans la nuit. Il se perdra une fois ou deux avant de retrouver son navire mais il couchera l'archéologue dans son lit sans même la réveiller.

...

Le lendemain, Robin s'éveille à l'aube. Les souvenirs de la veille lui reviennent difficilement et elle a très mal à la tête. Sans un bruit, elle sort du lit, évitant de réveiller le bretteur endormi de toute sa largeur à ses côtés et file à la cuisine se préparer une infusion. Par le hublot, elle voit le ciel rose se refléter sur l'océan. Elle sourit, elle se sent bien. Elle entend le lointain murmure du vent, le clapotis des vagues qui résonne contre le navire et, tout proche d'elle, la respiration lente et régulière de Zoro. Elle s'approche de lui. Il dort comme un bébé, les deux poings serrés et le visage figé dans une étrange expression de bien-être. Robin caresse doucement les cheveux courts de l'homme qui baragouine des mots qu'elle ne comprend pas bien. Ça la fait sourire. Lorsqu'il n'est attentif à rien, Zoro ressemble à un enfant.

Robin entend des pas. Elle se lève du lit où elle était assise et s'approche de la fenêtre. Elle tire doucement le rideau. Sur le ponton de bois auquel ils sont amarrés, un homme vient de s'asseoir et lance une ligne dans les eaux claires de cette matinée. Robin sourit. Elle retire l'eau frémissante du feu, posant la casserole dans l'évier. Puis, elle prépare deux cafés et sort dans l'aube fraîche.

- Un café, Benn ?

Le second de Shanks sursaute à cette voix claire et mielleuse. Il se retourne et regarde Robin comme si elle était une créature sortie de nulle part. L'archéologue se met à rire.

- Désolé de t'avoir fait peur !

- Oh, ce n'est rien. Volontiers pour le café, merci.

- Tu es bien matinal ! s'exclame la jeune femme en s'asseyant à côté de l'homme sur le bord du ponton de bois.

- Je suis puni, en fait…

- Puni ?! Dès le matin ?!

- Oui… Euh… Disons que, dans mon sommeil, j'ai poussé le capitaine hors de son lit… Je suis somnambule, sujet à des crises quand j'ai un peu trop bu. Shanks n'a pas apprécié d'être réveillé de cette manière. Il m'a demandé d'aller pêcher pour me rafraichir les idées.

Robin se met à rire. Erreur stupide, punition stupide. Benn désigne du regard le navire.

- Il ne va pas s'inquiéter ?

- Non. Je suis à côté. S'il était réveillé, il sentirait ma présence et il entendrait ma voix. Je ne suis pas inquiète pour ça.

- Tu l'aurais vu hier soir…

- Qu'a-t-il fait ? demande l'historienne en fronçant les sourcils.

- Oh rien. Il est juste très attaché à toi.

- C'est réciproque…

Elle regarde le gaillard et se met à sourire. Elle a le visage lumineux et serein. Benn se laisse presque attendrir… Une voix le ramène à la réalité.

- Hey ! Y'a pas de café pour moi ?!

Benn tourne la tête. Accoudé au bastingage, Zoro baille, les yeux humides du dormeur qui vient tout juste de se réveiller. Robin remet une mèche de cheveux derrière son oreille.

- Il doit en rester un peu dans la verseuse, fait le réchauffer !

Et il disparaît. Robin sourit. Benn soupire.

...

Plus tard dans la journée, après le déjeuner durant lequel les pirates ont partagé les poissons pêchés par Benn et Zoro venu l'aider, Shanks déclare ouverte la chasse pour le festin de ce soir.

- Ne t'occupe pas de nous, Shanks. On va repartir.

- Quoi ?! Mais moi je fais tout ça pour vous !

Zoro éclate de rire.

- Je m'en doute. Mais, nous devons y aller. Rester trop longtemps au même endroit nous ennuie plus que tout au monde. C'était vraiment sympa de croiser ta route. Tu es un symbole pour notre équipage. Mais, à présent, nous devons retracer une nouvelle voie.

- Au plaisir de recroiser la tienne, assure Robin en souriant.

- Oh non, vous êtes pas cool. Vous pensez un peu à Luffy ?! Lui, il serait resté !

Pendant un instant, Robin et Zoro restent silencieux. Ils se regardent, se demandant ce qu'ils doivent répondre, et soupirent. Le bretteur se lève, regarde Shanks et déclare :

- Bien sûr qu'il serait resté ! Plutôt deux fois qu'une. Mais il savait aussi quand repartir. Là, c'est le moment. Vous étiez un élément important de notre errance. À présent…

Il se tourne vers Robin qui se lève à son tour. Elle sourit doucement et déclare :

- À présent, il est temps pour nous de reprendre notre but. Quel est le votre, capitaine Shanks ?

- Vivre, réplique le roux sans hésiter. Et garder mes compagnons sous mon aile.

- Et le votre ? demande Benn en regardant Zoro.

- Se souvenir, réplique le bretteur. Nous ne sommes pas du genre sentimental mais, nous pensons que nous avons besoin de revenir sur nos traces, de reprendre notre périple là où il s'était arrêté.

- Vous retournez à Raftel ?! demande Yasopp en lustrant son fusil.

- Exactement.

Shanks a très envie de répliquer que ce n'est sans doute pas une bonne idée mais, il se tait. Et se met à sourire. Il hausse les épaules et tend son bras sur le côté en signe d'impuissance.

- Bien, si tel est votre souhait ! Je ne peux que vous souhaiter bonne chance, fidèles compagnons du Roi des Pirates. Tous mes vœux vous accompagnent.

- Capitaine ? interroge Lucky d'une toute petite voix, cassant l'aspect très cérémonieux de la situation. On peut quand même les raccompagner jusqu'à leur navire ?!

Les pirates éclatent de rire et le glouton se met à rougir. Robin et Zoro acceptent la proposition et c'est un grand cortège qui salue le départ du Fantôme de Paille. En voyant tous ces hommes les regarder le sourire immense, Robin et Zoro se disent que, tout de même, ils en ont de la chance.

Étrangement, ils ont la vague sensation que ça ne durera pas.

...

Ils naviguent pendant des jours. Sous la pluie battante et des vents violents. Sous un soleil de plomb et des nuages bas. Ils naviguent longuement, seuls au beau milieu de cet océan, à chercher Raftel, comme la première fois. Une nuit, ils croisent un galion de la Marine qu'ils attaquent sans se poser de question. Ils trouvent des trésors, de la nourriture et partent sans se faire voir. Qui pourrait soupçonner leur existence ?

Et puis, un petit point noir se place entre le Fantôme de Paille et son but ultime. C'est une petite île de rien du tout, à l'horizon. Robin et Zoro la considèrent comme une halte, un garde manger sans doute, et dirigent leur navire dans sa direction.

Lorsqu'ils atteignent l'île, ils ne le savent pas mais cela fait huit mois que leurs compagnons ont disparu. Ils se sentent différents. Plus fort, sans doute. Après tout ce temps à lutter à deux contre le monde entier, ils ont le droit de se sentir un cran au-dessus. L'île n'a rien d'extraordinaire. Robin arrime leur navire à un gros tronc d'arbre, attachant la corde grâce à un nœud solidement serré. Zoro observe les alentours. De la végétation dense à perte de vue, des arbres immenses et un silence religieux. Il se tourne vers Robin en soupirant. Ils ont encore atterris sur une île déserte. En même temps, ce n'est pas plus mal. Ils en ont marre des larmes et de la compassion. Ils ont besoin de recommencer leur vie.

Leur vie à deux.

Sans se le dire, ils s'en sont rendu compte. Désormais, ils ne vivent plus pour un chapeau de paille ou pour un drapeau. Désormais, ils vivent pour eux-mêmes… et pour l'autre qui dort dans le même lit.

Zoro le savait depuis longtemps, Robin n'en prenait pas conscience. Mais un soir, après une longue tempête contre laquelle le bretteur avait lutté, Robin avait vu son camarade lessivé s'affaler sur le lit. Elle avait alors délaissé toute activité et elle s'était couchée contre lui. Ils n'avaient rien dit, rien fait. Ils avaient passé la nuit à s'observer à la lumière de la lune. Ce n'est qu'au petit matin, lorsque l'archéologue s'était levée pour reprendre la barre, qu'elle s'en était rendu compte. Elle s'était penchée sur le bretteur et elle l'avait embrassé. Un seul baiser. Qui en disait bien plus long sur leur situation…

À présent, ils sont là, sur cette petite île déserte. Ils sont là, Roronoa Zoro et Nico Robin. Et ils avancent. Tous les deux.

Pour combien de temps encore ?

Ils ne mettent pas longtemps à tomber sur un village. Une petite cité récente et coquette, aux couleurs chatoyantes et aux rues pavées. Mais, malgré son charmant aspect, cette ville est vide. Les portes ne sont pas barrées et l'intérieur des bâtiments est dénué de tout mobilier. Il n'y a pas âme qui vive. En d'autres termes, c'est une ville fantôme.

- C'est vraiment étonnant. Viens voir Zoro !

- Qu'est-ce que tu as trouvé ?!

- La pierre ! Elle n'a pas de trace de mousse ou quelconque aspérité. On dirait que le temps ne s'écoule pas ici !

- Bizarre. Pourquoi avoir créé une ville alors ?

- C'est peut-être une illusion Zoro !

- Ah non. On n'a rien bu et je la touche parfaitement, cette baraque !

Robin soupire face à l'idiotie de son compagnon. Elle lui frappe affectueusement le crâne et continue son exploration. Les deux anciens pirates visitent quelques maisons, espérant secrètement dénicher des pièces d'or ou des objets de valeur. Mais il n'y a rien, nulle part.

Ils tournent ainsi, des heures durant, à travers les rues de cette minuscule citée abandonnée, tentant de remonter l'histoire, de dérouler le cours du temps. En soirée, alors que le soleil rougeoie l'horizon, Robin et Zoro dénichent une ruelle minuscule qui débouche sur une grande place. Autour de cette place, les bâtiments sont plus hauts, deux ou trois étages avec de larges fenêtres vitrées. Autour de cette place, toutes les constructions semblent se toucher. Sauf à un endroit.

Comme une perle de nacre dans une huître, il y a une toute petite bicoque, bien à l'abri des regards extérieurs, protégée par ces murs de pierres. Cette maison ne ressemble à aucune autre dans la ville. Elle est poussiéreuse, usée par la pluie et rongée par le temps. Le lierre pousse, la mousse s'incruste. Elle possède deux minuscules fenêtres au rez-de-chaussée, une autre à l'étage et une simple ouverture de bois servant d'entrée, protégée par un rideau en tissu mité. Cette bicoque ne ressemble à rien. Pourtant, Robin et Zoro ne peuvent pas passer à côté.

Car cette maison est le centre même de l'île, son cœur, son monde.

Sur le pan de mur qui fait face à la place, dans l'air rougeoyant de cette fin de journée, Zoro et Robin ne voient que ça.

Une immense plaque de bois sur laquelle il est inscrit quatre mots à la peinture noire.

"Auberge du temps qui passe"


NdZ La voilà enfin la fameuse auberge ! Et vous allez pleurer la semaine prochaine en voyant pourquoi cette fic porte ce nom. Des idées sur la question ?! Je vous laisse mariner sept petits jours et on se retrouve la semaine prochaine ! (Vous me détestez, pas vrai ?!)

Et pour les reviews (réclamations et autres) c'est juste dessous :)