Chapitre 29

Isabelle était loin de se sentir rassurée, sous le regard aigu de Lucius. Celui-ci l'avait accueillie avec sa courtoisie habituelle, lorsqu'elle s'était présentée devant lui avec le médaillon, mais il avait cette façon de la regarder qui la mettait mal à l'aise, comme s'il pouvait voir au travers de son déguisement.

« Vous avez eu du mal à mettre la main dessus… avança-t-il.
- Kreattur ne voulait pas me le confier. Il a toujours été très attaché à Regulus.
- Oui, c'est le problème, avec les Elfes de maison… »

Lucius lui jeta un regard en biais avant de reporter son attention sur le bijou.

Pouvait-il éventer la supercherie ? Regulus avait assuré que non, que Malefoy n'avait jamais vu le médaillon original. Et elle avait été prête à le croire sur parole. C'était moins évident, maintenant qu'elle avait Malefoy en face d'elle, en train de tourner et retourner le bijou entre ses doigts.

« C'est un beau bijou… murmura Malefoy. Cependant… »

Isabelle se crispa malgré elle. Elle inspira doucement pour se détendre. Lucius, pourtant, ne poursuivit pas. Il semblait troublé.

« Merci, Mrs Black », dit-il finalement, avant de quitter le salon.

Lorsqu'il fut parti, Isabelle se laissa tomber dans un fauteuil. Elle avait passé le premier test… Mais si Malefoy découvrait que ce n'était pas le bon médaillon, elle devrait certainement lui rendre des comptes. Et elle souhaitait sincèrement ne plus être là quand cela arriverait. Il lui fallait donc trouver Drago au plus vite, voir ce qu'elle pouvait faire pour lui, et demander à Kreattur de la ramener en sécurité, auprès de Regulus.

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Sirius croisa le regard inquiet de Kreattur, alors qu'ils apparaissaient dans la cuisine du manoir des Malefoy. Jouer un tel double jeu était loin d'être facile, pour l'Elfe de maison, Sirius en était conscient. Après tout, on lui demandait de duper Narcissa, qui appartenait à la famille, au bénéfice d'Isabelle, une étrangère à qui il devait obéir comme à sa maîtresse. Sirius espérait sincèrement que la loyauté de Kreattur envers son frère était suffisamment forte pour le maintenir dans son rôle.

« Merci, Kreattur, murmura Sirius.
- Kreattur doit rejoindre Dobby, maintenant.
- Dobby ?
- L'Elfe des Malefoy.
- Très bien. Mais je compte sur toi pour ramener Isabelle auprès de Regulus dès qu'elle en aura fini avec le fils de Narcissa ! Et n'oublie pas : elle est ta maîtresse Walburga. »

Kreattur hocha la tête, un air anxieux sur le visage. Il ne tiendrait pas longtemps, Sirius en était persuadé. Raison de plus pour faire au plus vite. Il devait retrouver Harry.

Il rajusta les pans de la cape d'invisibilité autour de lui et entrouvrit la porte de la cuisine. Le couloir était désert. Après un dernier coup d'œil en direction de Kreattur, il s'y engagea, déterminé.

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L'arrestation de Pepplewood et de Brown avait accentué le climat paranoïaque qui régnait déjà au Ministère, après l'évasion de Sirius du quartier des Aurors. Il était évident, maintenant, que celui-ci avait été infiltré par les Mangemorts. Kingsley perçut cette tension dès qu'il entra dans le hall. De nombreux regards convergèrent vers lui et le jaugèrent, comme si chacun s'attendait à le voir brandir sa baguette pour lancer des sorts dans toutes les directions. Son uniforme d'Auror le rendait bizarrement suspect.

« Tenez-moi au courant, Shacklebolt », murmura McPherson, avant de marcher droit vers les ascenseurs. Kingsley acquiesça d'un hochement de tête. Il était tout prêt à aider l'Inspecteur à faire éclater la vérité, certes. Mais il n'avait pas la moindre idée de la façon de procéder !

Où devait-il commencer à chercher ?

La prison. Les Détraqueurs qui avaient attaqué le parc venaient nécessairement de la prison d'Azkaban. La première personne à questionner était donc très naturellement le directeur Jorkins. Celui-ci n'avait pas réintégré son poste, toujours mis à pied après l'évasion des frères Black. Qui dirigeait donc la prison, d'ailleurs ? Autant de questions auxquelles Kingsley devait trouver au plus vite des réponses.

Il allait interroger Jorkins immédiatement. Il alla droit aux cheminées, espérant trouver le directeur chez lui.

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Lucius hésitait. Le médaillon était un beau bijou, certes, mais il lui semblait tout ce qu'il y avait de plus banal… Il ne comprenait pas l'intérêt que Regulus lui portait. Cette chose-là, capable de détruire le Maître ?

D'un autre côté, pourquoi le Maître aurait-il exigé la mort de Regulus, si ce que celui-ci croyait avoir découvert n'avait aucune réelle importance ?

Lucius devait se montrer circonspect. Evidemment, la raison lui disait de courir immédiatement porter le bijou au Maître, puisque c'était ce que celui-ci désirait. Mais il pensait aussi à Drago.

Si ses hommes ne mettaient pas la main sur Harry Potter, son fils était condamné. A moins qu'il n'élimine lui-même la menace. Qu'il se débarrasse du Maître. Lucius n'était pas stupide, il savait parfaitement que cette chose qui hantait sa maison n'était pas véritablement le Seigneur des Ténèbres, même s'il ne parvenait pas à déterminer exactement à quoi il avait affaire.

Il avait besoin de plus de précisions. Alors, au lieu d'aller trouver le Maître, il tourna les talons vers la pièce où il tenait toujours Rogue soigneusement enfermé.

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Narcissa s'était assoupie, dans le fauteuil qu'elle avait tiré près du chevet de son fils. Isabelle lui jeta un coup d'œil circonspect. Elle paraissait profondément endormie, mais même ainsi, son visage était crispé par l'angoisse. Isabelle la contourna et s'approcha doucement du lit de l'enfant.

Son visage était bien trop pâle, et ses lèvres tiraient presque sur le bleu. Ses cheveux, déjà très blonds naturellement, paraissaient franchement blancs. C'était comme si tout l'enfant s'était décoloré, comme s'il… s'effaçait progressivement.

Isabelle tira une petite baguette de sa poche et la pointa sur l'enfant, après avoir jeté un regard à sa mère pour s'assurer qu'elle n'était pas sur le point de se réveiller. Ce qu'elle découvrit confirma ce qu'elle pensait déjà. L'origine de son état était magique, indubitablement. Il n'y avait effectivement pas grand chose à faire, à part éliminer le parasite qui drainait sa force vitale. Ce qui ne voulait pas dire qu'Isabelle ne lui serait d'aucun secours. Elle leva sa baguette et murmura un sort.

Elle ne pouvait pas empêcher la chose qui se faisait passer pour le Seigneur des Ténèbres de pomper l'énergie vitale de l'enfant, mais elle pouvait lui donner un surplus d'énergie. En espérant que Regulus et Sirius trouveraient vite un moyen d'en finir avec tout ceci…

Elle se pencha sur Drago et effleura son front de sa main. L'enfant soupira et elle sourit. Elle ne pouvait pas faire plus… Mais ce serait peut-être suffisant.

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Severus Rogue n'avait pas bougé. Il était toujours appuyé conter le mur, sa main mutilée serrée contre sa poitrine. Malefoy ne put s'empêcher de se demander comment cela avait pu arriver. Mais poser la question serait certainement peine perdue, et il avait mieux à faire.

« Nous avons le médaillon ! » lança-t-il en guise de préambule.

S'il attendait une réaction de la part de son prisonnier, il en fut pour ses frais. Il avança dans la pièce et se planta devant Rogue, les bras croisés. « Tu n'es même pas un peu curieux ? demanda Lucius.
- Comment l'avez-vous obtenu ? Vous avez attrapé Regulus ?
- Non. Malheureusement non. C'est sa mère, qui nous en a fait cadeau. Tu veux le voir ? »

Rogue acquiesça d'un hochement de tête. Lucius sortit le bijou de sa robe et le brandit devant lui. Le jeune homme plissa les paupières, les yeux fixés sur le médaillon, l'air intéressé malgré lui.

« Tu dis que c'est Mrs Black, qui t'a donné ce médaillon ? demanda-t-il finalement.
- Son Elfe a fini par le lui confier.
- Et tu me le montres à moi au lieu de le montrer au Maître ? Pourquoi ? »

On pouvait compter sur Severus Rogue pour poser les bonnes questions. Lucius hésita un bref instant. Mais c'était déjà se trahir, réalisa-t-il. Rogue était bien trop malin pour son propre bien.

« Je ne souhaite pas montrer cet objet au Maître tant que je ne suis pas sûr de ce que c'est.
- A moins que tu ne souhaites garder cet objet-là pour toi-même… n'est-ce pas ? murmura Rogue.
- Tais-toi. Tu es mal placé pour lancer des accusations pareilles !
- Cette… chose… n'est pas le Maître, tu le sais. Et tu te demandes si ce médaillon est à même de le renvoyer au néant d'où il est apparemment sorti. »

Lucius sentit son cœur s'accélérer. Non, il ne voulait pas doubler le Maître. Pas vraiment. Ce qu'il voulait, c'était protéger son fils. Et si cela impliquait de mettre entre parenthèses son rêve de voir le monde dominé par les Sangs-Purs, alors…

« Je vais te décevoir, Lucius, mais ça ne marchera pas, poursuivit Rogue. Ce médaillon n'est pas le bon. »

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McPherson expédia ses rapports aussi vite qu'il le put. Croupton lui demanda un compte-rendu détaillé de l'attaque, avant de déclarer qu'il allait lui-même prendre la tête des Aurors pour se lancer à la recherche de Harry. McPherson se contenta d'acquiescer, persuadé que son chef ne faisait que brasser du vent. L'attaque des Détraqueurs avait balayé les derniers doutes de l'inspecteur. Celui-ci était maintenant fermement convaincu que Croupton jouait bel et bien pour le camp adverse. Il ne pouvait donc pas compter sur les Aurors pour retrouver Harry. Ce qui ne voulait pas dire que McPherson renonçait. Il lui fallait simplement trouver d'autres alliés.

Il quitta le Ministère, fit une brève halte chez lui pour se changer et renouveler sa provision de pilules, avant de se rendre chez Scrimgeour. S'il y avait un homme capable de reprendre les rênes du Ministère, c'était bien son ancien chef.

Celui-ci l'accueillit avec une surprise mêlée d'inquiétude. Si McPherson venait le débusquer chez lui, c'était que les choses allaient mal. L'inspecteur s'empressa de lui raconter les derniers événements, sans omettre qu'il avait demandé au jeune Kingsley Shacklebolt d'enquêter sur les membres les plus influents du Ministère.

« C'est un jeu dangereux que vous lui faites jouer, McPherson, murmura Scrimgeour.
- Il en est conscient. Mais c'est un homme courageux. Et malin. Je l'ai toujours soupçonné d'avoir permis l'évasion de Sirius du Ministère, sans jamais avoir pu le prouver.
- Vous êtes persuadé de l'innocence de Black.
- Il voulait protéger Harry. Si vous l'aviez vu… »

McPherson se souvenait encore de son hurlement de bête blessée, lorsque les Mangemorts avaient transplané avec l'enfant.

« Je pense également qu'il est innocent, reprit Scrimgeour. J'ai reçu un message qui allait dans ce sens… Il semble qu'on tienne enfin une preuve capable de le réhabiliter totalement.
- Une preuve ?
- Pettigrow n'est pas mort. »

McPherson se passa une main dans les cheveux. Ainsi, la situation pouvait s'améliorer pour Sirius. Mais pas tant que les Aurors étaient sous le commandement d'un partisan des Mangemorts…

« Qu'allons-nous faire ? demanda McPherson.
- Rassembler ceux des nôtres dont nous sommes sûrs. Tous les Aurors ne sont certainement pas sous imperium !
- Ils obéissent à Croupton…
- … Croupton qui a commis une énorme erreur en lâchant les Détraqueurs sur vous !
- Encore faut-il prouver qu'il est bien derrière l'attaque !
- Vous avez dit que vous aviez confiance en Shacklebolt pour découvrir la vérité à ce sujet.
- Oui. Mais nous sommes pressés par le temps. Ils ont Harry Potter.
- Et Sirius Black aux trousses. Je crois qu'on peut espérer qu'il leur mettra des bâtons dans les roues, au moins assez longtemps pour nous permettre, à nous, d'agir. »

McPherson esquissa un sourire. Il avait toute confiance en Scrimgeour, il aimait l'énergie que cet homme était prêt à déployer pour atteindre ses buts.

« Agir. Comment ? demanda-t-il, curieux.
- D'abord, il nous faut des hommes. Trouvez quelques Aurors prêts à trahir le Ministère. De mon côté, j'ai quelques connaissances qui seraient ravies de nous seconder. Je vais passer voir Minerva McGonagall à Sainte-Mangouste. Je veux savoir si nous pouvons compter sur l'Ordre du Phénix. Toujours pas de nouvelles de Dumbledore ?
- Il est introuvable.
- Tant pis. Ensuite, il nous faudra court-circuiter le Ministère. Nous allons renverser Cornelius Fudge et décréter la loi martiale. »

Et Scrimgeour eut un large sourire à cette pensée.

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« Comment donc, une copie ?! s'exclama Malefoy.
- Ce n'est pas le médaillon original, insista Rogue. Je l'ai eu en main, et je t'assure que ce n'est pas le même. »

Severus savait que la nouvelle ne ravirait pas Lucius. Il se doutait, aussi, qu'elle risquait fort de porter préjudice à la personne à l'origine de l'échange – Mrs Black ? Il n'y croyait pas une seconde… – et que cette personne se trouverait certainement en danger par sa faute. Mais Severus voulait rester pragmatique. Le faux médaillon pouvait duper Lucius, certes, mais certainement pas le simulacre de Seigneur des Ténèbres qui l'aurait bientôt entre les mains. Et Severus songeait avant tout à sauver sa propre peau. S'il dénonçait la supercherie tout de suite, on ne pourrait pas l'accuser de complicité avec la personne qui avait fabriqué le faux médaillon.

« On m'a donc leurré… murmura Lucius, refermant le poing sur le bijou.
- Pas forcément, s'empressa de dire Severus. L'Elfe ne sait peut-être même pas que son maître a remplacé le bijou d'origine par celui-ci. Mais je suis sûr de ce que j'affirme. Ce médaillon est une copie. Une excellente copie, mais une copie tout de même. Regarde-le. Si c'était vraiment un horcruxe, tu devrais le sentir… »

Lucius ne répondit pas, mais Severus le sentait indécis. Le fait qu'il n'ait pas porté le médaillon immédiatement au Lord Noir était même plutôt bon signe.

« Ecoute, Lucius, dit-il encore, si tu es vraiment inquiet pour Drago… Je crois que je peux t'aider. »

S'il arrivait à infléchir Lucius dans la bonne direction, peut-être alors n'aurait-il même pas besoin de l'aide de Rita.

« Je pense que ton fils a touché à un horcruxe. »

Les yeux de Lucius s'agrandirent de surprise.

« Qu'est-ce que tu racontes ?!
- Le Maître t'a confié un journal… Un journal intime… N'est-ce pas ? »

Le regard de Lucius se fit perçant, et Severus lui trouvait l'air franchement menaçant, maintenant. « Comment sais-tu cela ?!
- Peu importe. Ce journal… Je pense que c'est un horcruxe. Ton fils y a-t-il touché ?
- Drago n'aurait jamais fait cela ! contra Lucius.
- Tu as eu ce journal entre les mains, il ne t'a pas paru… particulier ?
- Evidemment qu'il est particulier ! C'est un objet magique. Et il renferme les souvenirs de notre Maître. Mais… un horcruxe ?!
- N'est-ce pas dans la chambre de ton fils, que le Maître s'est manifesté pour la première fois ? Ne t'a-t-il pas laissé entendre qu'il l'utilisait pour revenir à la vie ? Fouille la chambre de Drago, Lucius, et retrouve ce journal ! C'est lui, la cause de la maladie de ton fils ! Si tu veux le sauver… Si tu veux vraiment le sauver… Trouve-le et détruits-le. »

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« Ainsi nous avions raison… murmura Kingsley, tandis que Jorkins le regardait avec inquiétude. Les Détraqueurs n'ont pu être lancés sur ce parc que par Croupton ou Fudge…
- Mais vous rendez-vous compte de ce que cela signifie ? murmura Jorkins, le front barré d'une ride inquiète.
- Que le Ministère a bel et bien été infiltré par les Mangemorts.
- Mais Croupton… Il a toujours détesté les Mangemorts ! Au point d'arrêter son propre fils !
- Je sais…
- Et Fudge ? C'est un imbécile, certes, mais de là à l'accuser d'être un partisan de Vous-Savez-Qui… !
- Mais derrière Fudge, il y a Malefoy… » remarqua Kingsley.

Il n'aimait pas plus que Jorkins l'idée d'une corruption de la tête du Ministère. Mais il devait bien se rendre à l'évidence. Seuls Croupton ou Fudge avaient pu obliger les Détraqueurs à attaquer, Jorkins venaient de lui en donner la confirmation.

« McPherson a fait son possible pour garder secret le lieu de rendez-vous. Mais Pepplewood était soumis à l'imperium, il a fort bien pu alerter Croupton… qui s'est empressé d'envoyer trois Détraqueurs nous attaquer.
- Cela, il faudrait le prouver… murmura Jorkins.
- Justement. Comment faire ?
- Pour le moment, la prison d'Azkaban est sous l'autorité du Ministre de la Magie.
- Donc, ce serait Fudge ?
- Sauf que ce sont les Aurors qui en assurent la surveillance. Presque tous mes gardiens ont été mis à pied, tant que l'enquête concernant l'évasion des frères Black n'est pas close. Le chef des Aurors a ses allées et venues là-bas.
- Donc, Croupton a très bien pu se rendre auprès des Détraqueurs. A l'insu de Fudge ?
- C'est possible.
- D'accord. »

Kingsley se donna un instant pour réfléchir. S'il voulait trouver la preuve que Croupton avait bien ordonné aux Détraqueurs d'attaquer, il devait se rendre à Azkaban, et commencer son enquête de là-bas. Ensuite… Ensuite, il devrait déterminer si oui ou non Fudge était complice. Ce qui était loin de le réjouir.

« Les Détraqueurs ne peuvent pas quitter l'île, reprit Jorkins. Sauf si quelqu'un lève les protections qui les y retiennent.
- Et comment fait-on cela ?
- C'est une procédure compliquée, et qui change régulièrement. Pour des raisons de sécurité. On ne peut pas prendre le risque que n'importe qui lève les protections d'Azkaban !
- Et cette procédure, on l'obtient comment ?
- Tout le protocole à suivre est gardé dans le bureau du chef des Aurors.
- On en revient encore à Croupton. »

Il était de plus en plus clair que le chef des Aurors était bel et bien derrière l'attaque. Il ne restait plus qu'à le prouver.

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Lucius entra en trombe dans la chambre de Drago, alors que Narcissa examinait l'enfant avec attention.

« Oh, Lucius ! s'exclama-t-elle. Regarde, j'ai l'impression qu'il va mieux ! Il est moins pâle ! »

Lucius ne se donna même pas la peine de regarder son fils. Narcissa était tellement rongée par l'angoisse qu'il était très peu disposé à l'écouter, persuadé qu'elle était prête à tout imaginer, plutôt que d'envisager la mort prochaine de Drago.

Il commença à chercher dans la petite bibliothèque dans le coin de la pièce, puis dans le tas de livres abandonnés près du lit, alors que sa femme le regardait avec un étonnement croissant.

« Lucius ? murmura-t-elle.
- Je cherche un journal, lui dit-il. Un petit journal avec lequel Drago aurait joué… »

Sa première réaction avait été de repousser en bloc ce que lui avait dit Rogue. Il était évidemment impossible que Drago ait pu toucher à ce journal… Puis, il s'était dit que cela ne coûtait rien de vérifier. Et lorsqu'il s'était rendu compte que l'objet n'était plus à sa place, dans son bureau… Il s'était aussitôt rendu dans la chambre de son fils.

« Cela ne me dit rien… murmura Narcissa, déconcertée. Est-ce important ? »

Lucius ne se donna pas la peine de répondre. Il se mit à genoux et regarda sous le lit. Rien. « Il doit pourtant être là… murmura-t-il. Dobby ?! »

L'Elfe apparut aussitôt.

« Dobby, aide-moi à chercher ! Drago a dû jouer avec un petit cahier relié qui se trouvait dans mon bureau ! Il me le faut absolument ! » Il se redressa pour s'assurer que l'elfe avait bien compris l'ordre. Celui-ci lui parut curieusement terrifié.

« Dobby ?
- Le petit journal qui était dans le bureau ? murmura l'Elfe.
- Tu sais quelque chose ?!
- C'est moi qui l'ai donné au Petit Maître… s'exclama Dobby avec un cri déchirant. Il voulait faire des dessins, et…
- Et tu lui as donné cet objet ?! s'exclama Lucius, incrédule.
- Monsieur Barty a dit que je pouvais ! gémit l'Elfe, se tordant les mains avec un désespoir manifeste. Dobby cherchait du parchemin pour le Petit Maître, et Monsieur Barty a dit qu'il pouvait écrire dans le journal ! »

Un instant, Lucius fut incapable de la moindre réaction, de la plus petite réflexion. Puis, d'un seul coup, la pensée s'imposa à lui, révoltante. Croupton savait de quoi le journal était capable. Il savait qu'il était capable de ressusciter le Maître… Et il l'avait donné volontairement à Drago !

Il poussa un hurlement de rage qui plongea Dobby au comble de l'effroi. « Lucius… murmura Narcissa, très pâle.
- Il me le paiera ! s'exclama Lucius. Oh, oui, il le paiera ! Dobby, trouve-moi ce journal ! »

Et il quitta la chambre, bien déterminé à obliger Croupton à lui rendre des comptes.