Chapitre 28
- Salut Rose, je vérifiais juste quels étaient les plans pour la séance photo de samedi. Est-ce qu'Esmée est toujours d'accord pour que nous utilisions sa maison de vacances ? Bella savait que, logiquement, cela ne devait pas être un problème. Ils avaient prévu cela depuis le début des séances photos du calendrier. Mais Esmée étant la tante d'Edward, une partie irrationnelle d'elle-même craignait que son échec avec lui n'ait mis l'emplacement en péril. Alors qu'elle avait abandonner le fait d'essayer d'appeler Edward, elle avait pensé qu'elle pouvait appeler Rosalie pour vérifier à la place.
- Yep, nous y allons toujours, confirma Rosalie. Et voilà la meilleure partie - Esmée nous a dit d'en profiter. Elle dit que nous pouvons rester à la maison le samedi soir après la séance photo. Elle a, genre, un million de chambres. Je lui ai montré quelques photos que tu as prise jusqu'ici et elle trouve qu'elles sont incroyables, elle va donc remplir la maison de champagne pour que nous célébrions cela. Emmett et moi sommes tellement excités !
- C'est vraiment bien pour vous, dit Bella, essayant de cacher la déception qu'elle ressentait. Pourquoi Rosalie recevait-elle tout le mérite du travail qu'elle, Edward et Alice avaient fait ?
- Oh Bella, ce n'est pas que pour Emmett et moi ! Tu es invitée aussi. Ainsi qu'Edward et Alice, et nous pouvons aussi amener quelques amis. En faire une petite fête. La maison est énorme - il y aura beaucoup de pièces.
- Wow, cool, dit Bella, à la fois heureuse et inquiète à la perspective d'une fête dans une maison en bord de mer avec Edward. Elle n'était même pas sûre qu'il serait là. Mais elle devait espérer.
- Ca va vraiment être génial. Ca semble faire une éternité que nous ne sommes pas sortie correctement, Bella. Tu me manques vraiment, tu sais ?
- Vraiment, Rosalie ? Je pensais que tu avais été trop occupée avec l'ancien magazine d'Eclipse sur "Les Positions du Mois" avec Emmett pour que je te manque. Bella ne put résister à l'envie de taquiner sa vieille amie, mais en même temps elle était touchée que Rose ait pensé à elle. Elle avait été tellement en colère contre elle pendant un moment, mais elle était prête à passer à autre chose et redevenir amies.
- Eh bien, tu sais Bella, il y a toujours quelque chose à propos du "Cheval Renversé" qui me fait toujours penser à toi, plaisanta Rose.
- Euh, merci, j'imagine, dit Bella, sacastiquement. Ca sera sympa, cependant. De sortir. Tu me manques en quelque sorte aussi, pétasse. Cela semble vraiment généreux de la part d'Esmée de nous laisser rester à sa maison de vacances.
- Ouais, elle est dans une ridiculeuse bonne humeur en ce moment. Elle a commencé à sortir avec un nouveau gars et elle est toute amourauchée. Elle a été assez secrète sur tout le truc mais la rumeur dit qu'il est beaucoup plus jeune qu'elle. J'ai toujours pensé à elle comme étant une cougar. Rosalie rit et Bella détecta plus qu'un soupçon d'admiration dans la voix de son amie. Elle savait parfaitement que Rose sortirait avec des jeunes de vingt ans quand elle atteindrait la cinquantaine.
- C'est bien pour elle, dit Bella, souriant. Elle n'avait jamais rencontré Esmée mais Edward parlait toujours très tendreusement de sa tante préférée. Il avait fait un tableau complètement différent de ce que Rose avait fait de sa boss "terrifiante". Bella était contente qu'elle ait trouvé l'amour dans sa vie. Ecoute Rose, puis-je te demander de faire quelque chose pour moi ? Je pense qu'Edward a mentionné qu'il n'était pas sûr de pouvoir faire la séance photo ce week-end. Ca te dérangerait de lui passer un coup de fil pour voir s'il vient ? Bella se sentit mal de mentir à son amie mais elle ne voulait pas mêler Rosalie à cela. Elle devait régler les choses avec Edward par elle-même et elle savait que Rose la bombarderait juste de, biens intentionnés, mais mauvais conseils. Elle aurait probablement suggéré que Bella menotte Edward nu à un lit jusqu'à ce qu'il lui pardonne ou quelque chose de dingue comme ça. Pas que l'idée ne soit pas tentante... Bella se gifla interieurement pour se reconcentrer.
- Je peux faire mieux que cela, Bella - Je peux te passer son numéro et tu peux l'appeler par toi-même.
- Hum, je ne préfère pas. Tu sais à quel point il est ennuyant - s'il m'a au téléphone, je ne serais pas capable de m'en débarasser. Il a tellement de questions tout le temps. Rosalie rit, avalant directement le mensonge de Bella. Elle n'avait aucune idée qu'elle et Edward étaient devenus amis, et même avec quelque chose en plus. De tout ce qu'elle savait, il n'était toujours rien d'autre que l'emmerdeur l'empêchant de réussir le défi.
- Bien sûr, aucun problème, pouffa Rose. Je l'appelerai plus tard et te tiendrai au courant.
- Merci Rose, je t'en dois une. La ligne resta silencieuse pendant un moment et Bella pensa avoir entendu une femme crier dans le fond. Rose, bordel mais qu'est-ce qu'il se passe là-bas ?
- Oh, je regarde juste un DVD, répondit-elle innocemment. Bella fronça les sourcils - rien de ce que Rosalie faisait n'était jamais innocent.
- Qu'est-ce que c'est, Massacre à la tronçonneuse ou un truc comme ça ? Ca à l'air horrible !
Rose laissa échapper un rire grossier.
- En fait, c'est un film amateur qu'Emmett et moi avons fait l'autre jour.
- Oh mon dieu, Rosalie ! Tu regardes ta propre sex tape pendant que tu me parles au téléphone ? C'est vraiment dégeulasse !
- D'accord, d'accord ! rit Rosalie. Du calme ! Je l'ai mis en pause. Oh, Emmett est vraiment sexy là... dit-elle appréciative.
- Rose, je ne veux même pas savoir. Je vais te laisser. Fais-moi juste savoir si Edward vient ou pas, d'accord ?
- Je le ferai, Bella. On se voit à la maison de vacances.
- A plus.
Bella laissa échapper un soupir et effondra sa tête contre le sofa en raccrochant le téléphone. Une nuit entière dans une maison de vacances avec Edward Cullen. Maintenant, il y avait de belles pensées. Elle ne laissa même pas son esprit se demander ce qu'il aurait pu en être. La perte aurait été trop douloureuse. Mais elle sentit une lueur d'espoir.
Alors qu'elle regardait la pièce distraitement, son regard fut pris par quelque chose de petit, blanc et carré dépassant de sous le sofa. Elle se pencha pour le prendre. Une pièce de Scrabble perdue. Elle ferma sa paume autour de celle-ci, laissant les bords durs creuser dans la peau de sa paume. Elle ne put s'empêcher de laisser son esprit vagabonder sur le nuit du Dirty Scrabble, à Edward assit à côté d'elle sur ce même canapé, si près mais aussi si loin d'elle à ce moment. Elle se rappelait le rire, l'enjouement, l'amusement qu'ils avaient eu. Son esprit dérapa encore plus loin du frisson à la tension entre eux, le ''moment" qui avait été plus réel qu'elle n'aurait jamais pensé. Que se serait-il passé si elle s'était juste penchée en avant et avait embrassé Edward à ce moment-là ? Elle ne serait pas dans le bordel dans lequel elle est maintenant, ça c'était sûr.
Malgré qu'elle se batte contre cela, Bella n'arrivait pas à arrêter le film qui se jouait dans sa tête. L'expression de surprise sur le visage d'Edward quand elle l'aurait embrassé, se transformant rapidement en regard de faim et d'adoration. Des lèvres douces, des mains fraîches, un soupçon de lumière contre son visage. Les membres enlacés sur le canapé. Une chute de vêtements, une première tentative, puis un déchirement, un enlevement, un besoin déséspéré d'être peau contre peau. Elle secoua la tête pour effacer la vision. Il est temps de se concentrer sur le présent, pas le passé. A l'heure qu'il est, Carlisle devrait être en train de donner à Edward son livre de photos. Elle put à peine contenir les papillons dans son ventre à la pensée qu'il l'ouvre.
Elle l'avait laissé à Carlisle au club de tennis plus tôt dans la matinée. Ca avait été un peu étrange de le voir en vrai une nouvelle fois - et encore plus étrange de le voir habillé. Ce ne fut pas avant qu'il n'apparaisse avec sa tenue de tennis blanche que Bella avait réalisé qu'elle l'avait toujours imaginé nu quand elle pensait à lui. Quelque chose qu'elle aurait besoin de régler assez vite si elle voulait un jour fricotter avec son ami Edward. Même, ça avait été bon de revoir Carlisle, sa personnalité chaleureuse et facile à vivre envolait toute trace de gêne qu'ils auraient pu avoir. Il avait été si compréhensif quand Bella lui avait dit l'entière histoire d'elle et Edward, la compassion dans ses yeux la faisant dire plus de détails qu'elle n'avait prévu. Il lui avait sincèrement souhaité tout le meilleur et promis de s'assurer qu'Edward recevrait et ouvrirait son cadeau. Donc maintenant, elle attendait juste avec impatience qu'Edward appelle. Si son message avait marché, il devrait lui téléphoner maintenant... genre... maintenant.
Dring dring.
Bella bondit du canapé en entendant son téléphone sonner, lui fichant la peur de sa vie. Elle pensa qu'elle allait vomir, elle était tellement nerveuse. Avec une main tremblante, elle posa la pièce de Scrabble et alla prendre le téléphone. Elle regarda l'écran, priant pour voir son nom clignoter.
Ce n'était pas Edward.
- Salut Rose, dit-elle sombrement.
- Bella, je viens de parler à l'emmerdeur. Il dit qu'il sera à la maison de vacances. J'ai l'impression qu'Esmée veut qu'il soit là pour qu'il garde un oeil sur l'endroit, tu sais, s'assurer qu'on ne soit pas complètement ivres de champagne et qu'on la démolisse.
Le coeur de Bella fit un tour sur lui-même.
- D'accord, cool. Il a dit autre chose ?
- Quoi, genre ce qu'il prévoit de faire pour saboter ta prochaine approche avec un putain de mannequin ? caqueta Rose. Etonnament, non.
- Oh. Bien. Elle ne s'attendait pas à ce que, de toutes les personnes, Edward ouvre son coeur à Rosalie, mais il devait avoir su que Rose lui aurait passé le message. Il aurait pu dire quelque chose, n'importe quoi, pour lui faire savoir qu'il était prêt à lui pardonner - ou au moins l'écouter. Elle soupira, tristement. D'accord, eh bien, je ferais mieux d'y aller. Merci Rose. Bella avait hâte de raccrocher aussi vite que possible, pour libérer la ligne au cas où Edward essayerait d'appeler.
Son téléphone sonna une nouvelle fois, presque au moment où elle avait raccroché. Mais une fois encore, ce n'était pas Edward.
- Salut Carlisle, dit-elle, son coeur tombant dans le creux de son estomac. Elle savait que ce serait de mauvaises nouvelles.
- Salut Bella. Ce n'est pas de bonnes nouvelles, j'en ai peur, dit Carlisle, la voix pleine de compassion. Bella ne pouvait rêver une meilleure personne pour lui dire quelque chose de mauvais. Carlisle avait d'excellents moyens de réconforter - ses futurs patients seraient chanceux. Il leur dirait probablement qu'il ne leur reste que six mois à vivre et ils voudraient juste lui faire une étreinte.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Elle n'était pas sûre de vouloir connaître la réponse.
- Edward m'a envoyé un message pour dire qu'il ne pourrait pas venir. Il a dit qu'il ne se sentait pas bien et aimerait décaler à la semaine prochaine. Je suis désolé, Bella. Elle laissa échapper un soupir de soulagement. Ce n'était pas si mal. Au moins, il n'avait pas jeter le livre de photos en pleine tête à Carlisle.
- C'est bon, Carlisle. Merci quand même. J'espère voir Edward dans quelques jours pour la prochaine séance photo. J'imagine que je devrai juste attendre et lui parler en face à face alors. Elle plaça une mèche lâche derrière son oreille et se laissa tomber sur le canapé.
- D'accord. Je vais garder les photos au cas où je le vois entre-temps. Si tu le vois en premier, je te les rendrai. Je pense que tu devrais lui donner le livre dans tous les cas. Il est vraiment magnifique, Bella. Je sais que ça comptera beaucoup pour Edward.
- Merci Carlisle.
- Hey, quand tu veux, Bella. Et bonne chance.
Bella mit fin à l'appel et essuya une larme de sa joue. Elle était très déçue. Mais au moins elle savait qu'elle allait voir Edward à la maison de vacances. Peut-être que c'était mieux de cette manière. Ca la forcerait à être une femme et à s'excuser en face à face. En même temps, ça ne faisait pas de mal d'essayer d'ouvrir un peu la voie.
EDWARD, JE SUIS TRES CONTENTE D'APPRENDRE QUE TU SERAS A LA SEANCE PHOTO SAMEDI. JE TE PARLERAI A CE MOMENT-LA. BELLA X
Elle signa le sms avec un baiser et pressa "envoyer". Maintenant, tout ce qu'elle avait à faire était d'attendre les cinq prochains jours entre maintenant et Edward.
