Chapitre 28 : Les renforts arrivent.

L'aube venait de se lever, dix kilomètre en dessous du plancher des vaches, l'obscurité était encore présente, mais les requins avaient disparus. Ils ne reviendraient que quelques heures plus tard. C'est le moment que choisit Emiliae pour attaquer. Elle réunit tous ses cadres pour lancer l'assaut : Cassandre, Il Doctore, Brighella et Matamore. Cette fois ci, il fut décidé que Franz reste garder le fort. Il acquiesça froidement, car après tout, il fallait bien quelqu'un pour surveiller Choii et surtout, les autres. En prenant compte de tout ça, la guerre allait enfin pouvoir débuter.

Cependant, ce qu'ils ignoraient, c'est qu'au plus profond de la nuit, Shark Bay reçut la visite importune de Lélio et qu'il combattit férocement les requins qui tentèrent de le capturer. Il se défendit comme il put, mais il y avait trop de requins et face aux plus puissants d'entre eux, il ne put rien faire. Honteux et Enragé, il finit par se faire trainer jusqu'au plus profond de la baie des requins, dans l'antre de celui qui contrôlait les lieux.

- Prince Masayoshi, fit une voix enfantine dans la pièce. Nous ne nous attendions pas à votre visite. Cet endroit risque bientôt de devenir une zone de guerre, veuillez repartir.

- Non ! Je veux bien que vous ayez une dent contre la Sopranno, vu que c'est une humaine méprisable. Mais de là à lancer une bombe sur mon frère et ma fiancée ! Vous êtes allés trop loin !

Le requin soupira puis fit le tour de son bureau en regardant le prince froidement.

- Cette action était justifiée. La famille royale s'affaiblit de génération en génération, elle a perdu notre confiance. Mais vous, vous pourriez inverser la tendance. Notre Royaume peut regagner sa splendeur passée si vous devenez roi. Un Roi puissant capable d'instaurer une stabilité à notre état et d'assurer la sécurité de nos citoyens sans que nous ne soyons dépendants de ces pirates !

- Mais…

- Je sais que votre lien avec la commedia Del Arte est fort. Que vous vous faites même appeler Lélio. Mais ils ont dépassés les bornes ! Ils ont en leur possession les plans de l'arme antique pluton et refusent de nous les rendre !

Le cœur de Lélio rata un battement, ça, il l'ignorait. Comment Isabella aurait-elle pu le lui cacher ?

- Ces plans sont protégés par les requins de Shark Bay depuis des siècles, et puis un des nôtres s'est enfui avec. Qui sait comment ces derniers d'une importance cruciale ont-ils pu se retrouver en les mains de cette démone ?! Ce n'est pas comme si ne lui avions pas laissé le choix. Elle a catégoriquement refusé de nous les confier. Nous nous devons de les reprendre par la force s'il le faut !

De leur coté, Emiliae et les autres descendirent plus bas encore à dos de monture, aux confins de Shark Bay. La Zone était particulièrement escarpée, en plus de regrouper un nombre presque infini de grottes dans lesquelles des embuscades pouvaient les noyer. Au final, le groupe décida de se séparer et chacun partit de son coté, Emiliae y compris. Seul leurs escargotphone leur permettaient encore de coordonner l'attaque.

Légèrement en retrait, Emiliae dirigeait les opérations. Si elle se concentrait bien, elle pouvait localiser leurs ennemis sur une distance raisonnable. Mais voilà, même en se concentrant, rien n'arriva. C'était bizarre. Et puis une horde de requins mako surgit de nulle part et tenta de la déchiqueter. Prise en chasse dans les profondeurs de cet abysse effroyable, elle et sa monture plongèrent de toute urgence dans une des cavités où l'on pouvait marcher et surtout, respirer.

Emiliae sauta de la monture et atterrit gracieusement au sol. Entourée par une dizaine de requins qui n'avaient pour seul objectif que de la tuer, elle fit particulièrement attention à leurs faits et gestes. Elle attendait avec impatience le moment où ils attaqueraient pour en finir. Ils ne perdirent pas de temps et se jetèrent sur elle comme s'il s'agissait d'un morceau de viande.

- Vocalise.

Une onde de choc puissance vint les projeter violemment en arrière. Avant même qu'ils n'aient atteint le sol, Emiliae se saisit de son poignard et les transperça d'un geste mortel. Elle rangea sa lame dans son fourreau alors que les derniers soupirs de ses ennemis franchirent ses oreilles. Elle poursuivit son chemin d'un air déterminé, froide et distante, résolue.

Elle sortit son escargotphone et prévint les autres que quelque chose clochait : quelque chose ou quelqu'un empêchait de repérer les pièges tendus par les requins de Shark Bay. Elle ignorait qui ou quoi, mais détestait lorsqu'un mystère restait insoluble.

- Restez sur vos gardes, quelqu'un est en train de s'amuser à nos dépends. Ne les laissez surtout pas prendre le dessus !

- Compte la dessus… Répondit alors Cassandre au milieu d'une cinquantaine de cadavres. Mais, Emiliae… Tu ne trouves pas qu'ils mettent beaucoup d'efforts et d'énergie pour nous tuer ?

- En tout cas, ils veulent nous compliquer la tâche. Quelque chose brouille mon haki de perception, c'est comme si j'étais aveugle.

- Je vais tenter d'utiliser ma poussière pour voir.

- Comme tu voudras…

C'est ainsi que Cassandre se mit à user de son fruit du démon pour localiser les requins. Elle libéra une très forte quantité de particules fines qu'elle dissémina un peu partout dans les différentes cavités qui et se faisaient transporter par les courants d'airs ou se déposaient sur les cibles… Invisibles, ces dernières n'attireraient pas l'attention.

Au bout de dix minutes, elle sentit quelque chose. Les poussières accumulées donnèrent des résultats inattendus. Toutes les cavités et grottes menaient à différentes grosses grottes à moitié inondées pour certaines gardées férocement. Chacune de ces grottes mènent à une grosse poche souteraine qui semble contenir le plus gros des troupes de Shark Bay.

- Alors ?

- C'est…assez vaste.

- ? Mais encore ? A combien d'ennemis avons-nous à faire ?

- Quelques milliers, voir plus. Je ne sais pas. Mes poussières me révèlent qu'un tiers d'entre eux sont suffisamment puissant pour nous causer des problèmes. Mais le gros soucis reste Shark Bay lui-même. On croyait que c'était une base. Mais en fait, c'est une ville !

- Une ville ?! Explique toi ! Cassandre ? Cass… Bip, bip… Connection interrompue.

Cassandre secoua son escargotphone dans tous les sens, lui disant que ce n'était pas le temps de dormir, mais rien n'y faisait. Les connections avaient été coupées.

- Fais chier.

Et par-dessus le marché, elle se retrouvait une fois encore entourés de requins. Des requins tigres cette fois.

- Vous voulez me manger c'est ça ? Essayez donc ! S'exclama Cassandre en s'entourant de poussière.

Son existence pitoyable n'allait surtout pas s'arrêter dans un lieu aussi sordide. Quitte à mourir, autant le faire sous un soleil brulant !

- NOURITUUUUUUUUUUUUUURE ! Sushis translation ! Catisfaction infinie !

Elle ignorait comment ou pourquoi, mais c'est ce moment-là que choisit Matamore pour apparaitre d'on ne savait où. Il était couvert de sang et était en train de mâchouiller un aileron de requin avec envie.

- Saloperie ! hurla alors l'un des requins. Tu vas payer pour nos frères morts !

Le requin accourra vers lui avec une faux empoisonnée dans la main et tenta de le faucher. Mais c'était sans compter sur l'agilité de Matamore qui sauta au-dessus de la faux et en profita pour décapiter le requin. Il atterrit sur ses coussinets et en profita pour se faire un brin de toilette bien mérité.

- Je ne suis pas une saloperie, minauda t'il en continuant de se lécher. Mais l'ogre de San Catio ! Acheva t'il d'une voix sanguinaire.

Trois secondes plus tard, tous les requins couraient dans tous les sens, affolés. Par un chat.

- Miaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah. Fit ce dernier en s'étirant sous les caresses de Cassandre.

- Sérieusement, fit cette dernière, que fais-tu là ? Et ta zone ?

- Hum ? Ne sous-estime pas un fervent amateur de poisson.

Cassandre se mit à rire. Très bien, elle ne poserait pas plus de questions.

De son coté, Il Doctore avait recroisé le chemin de Brighella et tous deux s'armaient de patience face aux requins qui les scrutaient. Ce qui était curieux, c'est qu'ils ne bougeaient pas, comme s'il attendait quelque chose. Mais quoi ? Ou plutôt qui ?

Et puis, il y eut de fortes acclamations qui firent trembler la terre. Quelqu'un arrivait. Non, quelque chose. Oh et puis zut !

Un immense rugissement bestial se fit entendre au loin toujours suivit des encouragements des requins spectateurs. Ils se mirent tous à crier :

- Zama ! Zama ! Zama !

Un rugissement plus puissant encore leur répondit, comme s'il s'agissait de mettre le feu à une foule en délire. Il Doctore plissa les yeux, puis lorsqu'il se rendit compte de ce qui les attendait, tira Brighella très fort et le poussa vers la droite. Il bloqua une nuée ardente avec son épée qui lui brula les mains et qu'il dut lâcher très vite. La lame était aussi rouge qu'au-dessus du feu du forgeron.

- Il Doctore-sama ! se mit à hurler Brighella.

Ce dernier se tenait encore la main en retenant comme il pouvait les soubresauts de douleur qui le prenaient. Mais ce fut peine perdue, il hurla quand même.

Une requin ange assez belle mais foutrement puissante, sur dos d'un gigantesque lézard qui crachait du feu, sortit de la foule et fit face aux deux cadres de la Commedia.

Une véritable déflagration leur tomba dessus. Qui a dit que se débarrasser de Shark Bay était aussi facile déjà ? Qu'ils l'étripent !

Pendant ce temps, à Pearl Street…

Franz passait tout son temps à surveiller Boregard Lensk. Il ignorait son objectif, mais s'il croyait que Franz Paganini était une personne facile à manipuler, il se trompait.

Cela faisait trois à quatre heure qu'Emiliae était partie pour Shark Bay et lui il était là à ne rien faire. Il craignait que la situation soit plus complexe que prévue pour le coup.

C'est alors qu'il entendit le foutu majordome rire.

- Quoi ?!

- Oh, ne me dis pas que tu es inquiet pour elle ?

- Et alors ? Qui m'en empêche, toi peut être ? Fit ce dernier avec une lueur de défi.

- Hum… Dit comme ça, pourquoi pas ? J'avais justement besoin de faire un peu d'exercice.

Franz se mit méchamment à sourire. Se mesurer à lui, était loin d'être une promenade de santé. Cet homme cachait quelque chose, même s'il devait lui casser les bras et les jambes, il devait savoir ce qu'il trafiquait réellement, car si ça touchait Emiliae de près ou de loin, il ne pardonnera pas !

Alors qu'ils commençaient à s'échanger une série de coups dévastateurs, une voix s'éleva dans le silence, suivit d'applaudissements.

- Mazette… Qui l'eut cru ? Voir Franz Paganini se battre en direct… Mon dieu. C'est mon jour de chance je crois !

- La sorcière ?

Cette dernière fit un bref salut de chapeau, avant de laisser la place aux autres cadres du conseil des Zannis : Coelio et Pierro. D'ailleurs, ce dernier ne put s'empêcher de lui faire une remarque bien sentie sur le fait qu'un hôte ne devait pas tabasser un invité sans raisons… Franz lui aurait bien refait le portrait s'il n'y avait pas plus urgent…

- Où est le Boss ? Fit une voix qu'il ne connaissait pas.

- Qui êtes-vous ? Fit alors Franz au nouvel arrivant tout en jaugeant du regard.

Un jeune homme d'une vingtaine d'année, habillé tout en noir, cheveux noir corbeau et au regard tranchant. Le genre à pouvoir déstabiliser qui il voulait, quand il le voulait, et avec de la répartie en plus ….

- Vous devez être Franz Paganini ? Fit il en tendant sa main. Je suis Scapin, le Roi les Zanni.

Il ne lui sera pas la main.

Le sourire de Scapin ne disparut pas pour autant, Franz n'était pour la Commedia qu'un invité. La personne qu'il se devait d'impressionner pour faire bonne impression, ce n'était pas lui, mais le Boss.

- Et donc, où se trouve elle ? On nous a donné l'ordre de l'assister et elle aurait disparu entre temps ?

Franz soupira.

- Comme vous êtes nouveau, je vais vous dire une chose : Emiliae n'est pas le genre de personne qui suit toujours les plans à la lettre. Elle ne vous a pas attendu pour donner l'assaut.

Ce fut suffisant pour déstabiliser le nouveau roi des Zanni et il s'en réjouit intérieurement.

- Vous tous, suivez-moi ! Il faut les retrouver.

La sorcière, Coelio et Pierro suivirent leur nouveau chef vers les confins de Shark Bay. Franz les regarda partir en croisant les bras. Il préférait Arlesquino tout compte fait… Il était plus discret.

Mais bon, fallait pas être trop exigeant dans la vie…

A suivre…