Bon, ben j'ai du boulot !
CONTRECOMS DU CHAP 27:
Tonksinette : c'est dur de vieillir, pauvre Gaïus ! Mais non, je ne m'acharne pas sur lui. Ne t'inquiète pas, il ne va pas mourir maintenant. Uther peut être drôle quand il veut ;). Lancelot, l'idole des ménagères... c'est clair ! Tu m'as fait mourir de rire avec cette réflexion ! Non, sérieusement, personne ne touche à Lancelot. Ce gars a la classe, j'ai vraiment aimé tous les épisodes où il était présent...
Julie : mais oui, il fallait retrouver les souverains d'Albion... ne demande pas pourquoi. Freya ? Non, pas encore. Et le choc est rude pour Gwen !
Violette : les réponses au prochain chap. Et pour ce qui est de Gwen... elle a beau être une super nana, il faut bien qu'elle craque aussi de temps en temps...
Lena : et en plus, tu es une communiste... non mais, tu sais que je t'aime, toi ? Allez, tu ramèneras Mordred du bon côté de la Force dans le 513 bis. Sinon tu peux aussi être le petit personnage qui apparaît brusquement à l'hôpital en criant : "Morgane ! Fée ! Soeur de Thuthur !" 2 secondes avant que tout le monde se pose des questions sur la drogue qu'il y avait à l'intérieur de la fontaine dans le couloir. Padmé à la classe :) mais moi mon champion c'est Luke Skywalker, "je préfère mourir que d'aller du côté obscur de la Force", il a changé ma vie d'ado quand il a bazardé son sabre laser par-terre avec son regard j'ai-gagné-prends-toi-ça-dans-ta-tronche-l'Empereur (ouais, je sais, mais déjà à l'époque j'le savais que j'étais la réincarnation cosmique d'un chevalier, jedi ou pas). Allez, au boulot pour ta fiche personnage XD
Ruby : XDDDDD ce com était géniaaaaal ! Moi si Merthur apparaissait j'dirais à Merlin : j'peux être magicien aussi s'teplé s'teplé s'teplé si tu veux je passerai le balai à ta place mais en échange fais-moi faire un tour sur ton dragooooon ! Lancelot en femme ? Alors là, tu vas loin ! Et pour le trio, si Lancelot s'en mêle déjà qu'on a Merlin ça fera un quatuor o_o c'est bordélique 4 comme chiffre ! Loth est directeur, pas docteur ;). Oui, Alfred pour la référence à Batman (j'avoue, hein... mes références.. XD). Et pour le chap suivant tu es devin (ou je suis trop prévisible !). Les pieds de hobbit feront de toi une Geek finie. Mais on en est tous là, hein... réécris un com comme celui-là quand tu veux ;) (et attention avec le chocolat, ça peut tuer ! cf ma réponse à LolOW, je te dis ça d'expérience personnelle)
Theod : je ne veux pas tuer Gaïus (pas tout de suite, il y a plein de choses qu'il mérite de voir d'abord). Mais j'avais prévenu que seuls certains personnages devraient rester à un stade de l'histoire (pas encore atteint). Je prépare le terrain. Tout a une raison d'être. Je n'ai jamais écrit Uther jusqu'ici, il était déjà mort quand j'ai commencé ma fic. Pourquoi l'introduire ? Tu verras. Un indice ? Ok... D'abord : Thuthur n'a jamais fait son coming out à son père dans la vo (une erreur que selon moi il convient de rectifier). Ensuite : Papa Pendragon est riche (et la nouvelle génération est pleine de projets). Je me tais, je me spoile encore ! Le projet de 513 bis : euh faut revenir en arrière et regarder un des contrecoms que j'ai faits à Lena où m'est venue cette idée débile (dans quoi j'me suis pas encore embarqué moi !). Tes coms sont un plaisir à lire même si LolOW est farouche quand on la challenge (loool).
Lily-Ana : remets plein de couches ! J'adore les questions :). Tu seras comblée (pour Morgane, pour le Merthur) et tu es très perspicace pour Mordred ! Normal, tu es une Stawarsienne... aaaaah la scène ou Anakin étrangle Padmé ! une vraie tragédie ! la confrontation entre Anakin et Obiwan juste après ! c'est la tuerie du siècle. Et quand Dark Vador se réveille... où est Padmé... il semblerait bien que vous l'ayiez tuée... NOOOON ! StarWars c'est trop puissant :).
Shmi : merci de m'avoir signalé ce pathétique plantage qui a tué tout mon suspense ! Corrigé :).
Legend : merci aussi ! c'est bon les bétas XD. Gwen qui calme beau papa, ça fait du bien, hein ! Depuis le temps que je rêvais de la voir faire ça ;). Oui, Gaïus aura bien le temps ! Les lunettes, c'était parce que tu avais du arrêter de lire à cause des yeux cassés. Sinon, non, tu ne transparais pas comme ça dans tes coms ;). J'avais déjà constaté que tu aimais bien les batailles! C'était pour donner des idées de persos mais je trouve ça plus fun si vous créez chacun les vôtres (si vraiment on se lance dans ce scénario idiot XD). Legend et Ma, le duo des lycéennes violentes XD. J'aimerais bien lire c'que t'écris !
Lele35 : il a appelé Morgane, oui ;). Il l'aime quand même sa fille... la pauvre Gwen va ramer encore un peu mais elle sera heureuse avant la fin ;)
Dame Angélique : tu m'étonnes qu'Uther mérite de voir le retour de la magie... avec ses deux enfants à fond dedans s'exclamant : Papa tu avais tort. Une fille de médecin ? J'ai intérêt à faire gaffe à ce que j'écris, moi ! Si je veux rester crédible XD. Je serai plus méchant, la méchanceté c'est fini, j'écris une suite pour les bisounours (avec un big happy end XD). Mais bon avec zéro galères y'aurait pas de suspense quoi !
Avalon : bienvenue à toi et ne t'inquiète pas pour la longueur ;). Comment Gwen retrouvera-t-elle Arthur ? Ce sera une belle scène, c'est tout ce que je peux dire.
CONTRECOMS DU CHAP 28:
Tonksinette : c'est sûr que Merthur est plus agréable au réveil ! Moi aussi j'aime bien Uther, même si comme tu dis c'est un handicapé émotionnel. Je l'aime pas comme Roi, il est complètement parano (mais majestueux quand même) mais il m'émeut en tant que père, malgré tous ses ratés. J'écris un chapitre par jour ! A flux tendu ! C'est un sacré challenge ! Et ça fait un moment que ça dure...!
Sabrinabella : Uther n'a pas changé ! En même temps, dans le 503... oui, Gwen est au bord de la crise de nerf à la recherche de son mari perdu !
Violette : pas tout à fait d'accord avec toi sur les gentils restent gentils, les méchants restent méchants. La preuve... Morgane... ! Morgause a aidé sa soeur dans cette vie, elles se sont retrouvées malgré tout... Après je ne pouvais pas me perdre avec les personnages secondaires, c'est déjà trop touffu comme ça ! Mais Agravain m'a toujours fait l'effet d'un tonton pédophile, lui, c'est vrai, je l'aime pas, lui ! Bien vu pour la référence biblique, après tout, Merlin est le messie de la magie et Morgane est bien son JB dans cette fic ;).
Allie 1207 : non, Arthur n'a jamais rencontré son père, il n'a connu que sa mère et ses soeurs.
Dame Angélique : le repentir d'Uther ? Ca ne va pas être facile... mais la Team Pendragon (frère et soeur) forme une équipe de choc XD
Lily Ana : oui, Uther s'est planté fois deux... mais il lui reste encore un peu de temps à vivre ! Mordred ne peut être sauvé que par une seule personne en effet... qui sinon celle qu'il a tuée dans sa première vie ? Le geste de tuer Galaad a été celui qui l'a propulsé sur le chemin obscur...
Legend : t'es excusée... avec le titre de Plus Ancienne et Plus Fidèle Revieweuse de tous les temps.
Lena : heureux d'avoir servi à te faire renoncer à épouser un homme riche ! (être la maîtresse, c'est mieux, tu peux faire ta capricieuse comme ça, et tant qu'à faire, prends-en un qui soit sexy, hein, je te fais confiance XD). Mais bien sûr que le pire cauchemar d'Uther va se réaliser quand il va voir non seulement une servante noire mais en plus un magicien (même pas gay) au bas de Thuthur (au secours mais qu'a fait mon fiiiiiiiiiiils!). Comment je l'attends celle-là. Aaah, Emmett a vu la lumière ! T'inquiète, il va vite revenir dans les ténèbres, Alleluia (Emmett hétéro, fallait le faire quand même).
Theod : viens prendre ta dose de Merthur ;). et de câlins... bon, pour les VRAIS câlins, ce sera dans le prochain chapitre, pour l'anniversaire XD. La ça va être costaud !
LOLOW : repasse en tête de lice pour le titre de Plus Grande Revieweuse de tous les temps avec ses trois pavés spectaculaires ! Chapitre 14 : faut que je fume plus souvent moi vu comment vous adhérez à ce qui sort de mon cerveau quand ça arrive XD. Aaah, ce bon vieux Bouton d'Or ! Mithian-Gauvain : ils ont bien mérité de la vivre, leur histoire ;). Et comment ça, Gwen ne devrait pas partir en Afrique ? Chapitre 16 : oui, l'inversion Merlin-Arthur fonctionne plutôt bien ;). Un ami comme Thuthur ? J'suis un peu comme ça moi XD (le seul problème c'est que je l'suis aussi dans la version qui bouscule et qui envahit de manière désordonnée, et pour le côté pacha qui aime se prélasser en donnant des ordres... la honte ! En fait, il paraîtrait selon certaines personnes de ma connaissance que Thuthur et moi on partage un certain nombre de points communs du point de vue de nos caractères !). Pour les tests sonores, la réponse est : non, mais une fois j'me suis étouffé avec du chocolat à vouloir m'en bourrer trop dans le gosier tout d'un coup, et je peux te dire que ça forme une espèce de pâte gluante et que tu peux plus respirer (version Merlin en crise de panique). Bon j'arrête de m'auto-détruire LOL. Sinon vous allez bientôt me demander si je porterais pas des fois des slips spiderman (et la réponse est NON mdr). L'amitié Merthur nous avait manqué à tous ;). Le câlin de Valiant comment Thuthur l'a tué. Et je sais pas où je cherche mes expressions, ça vient tout seul quand je vois la scène ! Chapitre 17: bien sûr que c'est Morgane qui paie tous les bonbons ! (Arthur est grand prince avec l'argent de sa soeur !). L'association Camelot est bien un petit remix d'Albion (les vieilles idées ont la vie dure). L'inversion n'est pas à 100%, mais elle est bien voulue quand même. Paul est très perspicace, il a tout compris :). Le faux slash illustre parfaitement la relation Merthur au summum de sa forme, mais je n'en ai pas encore fini avec ces deux-là !Merthurmor ne sera pas déprimant, juste un peu inattendu ! Quelques passages tristes mais surtout des moments touchants et après ça ils auront des moments drôles aussi ensemble. Je suis vraiment content d'arriver à vous faire rire et à vous mettre de bonne humeur, sachez que moi aussi c'est mon moment d'évasion et je suis ravi de le partager ! (pas mal, mon contrecom, hein ?)
Z"avez vu ça comme j'vous ai répondu ?
Le chapitre qui vient, l'idée m'est venue aujourd'hui. Parce que... parce que ! Merthur chez Sigmund Freud, c'était juste trop énorme...je ne pouvais pas résister ;).
CHAPITRE 28
Arthur avait fort à faire pour préparer l'anniversaire de Merlin, mais ce n'était pas facile pour lui de trouver du temps libre pour s'atteler à la tâche.
Merlin était sur ses talons en permanence, et Arthur n'avait pas le cœur de le renvoyer contre son gré, au risque de le voir ses grands yeux bleus prendre une expression heurtée (ce qui lui aurait été insupportable). Alors il était obligé de trouver des petits stratagèmes ingénieux pour l'occuper ailleurs sans lui donner l'impression d'être écarté, le temps de régler certains dé chance, Merlin était toujours enthousiaste quand il lui donnait du travail, même s'il n'aimait pas s'éloigner de lui pour trop longtemps. Arthur profitait donc des petites courses qu'il lui confiait de ci de là dans la journée pour préparer son plan de bataille à son insu.
L'opération anniversaire avait des objectifs très clairs.
Merlin n'était pas trop dans son assiette ces derniers temps.
Arthur avait décidé de lui remonter le moral en faisant de cette fête d'anniversaire un évènement mémorable. Il s'était laissé un peu emporter par son inspiration en prévoyant ses cadeaux; mais il était certain que Merlin ne s'attendait pas du tout à être inondé par les bonnes surprises tout au long de la journée, et il ne perdrait pas une seule occasion de le faire sourire de toutes les manières possibles au cours de SA journée.
Il allait le bluffer, l'impressionner, l'émerveiller, le faire pleurer (de joie) le rendre tout chose, et lui prouver, tout ce qu'Arthur Dubois était capable de faire pour fêter dignement quelqu'un qu'il aimait..
Il n'était pas seul pour préparer son coup, il avait rameuté ses troupes. Morgane était sa première complice, évidemment, à peu près aussi déterminée que lui à ce que l'évènement fasse date dans l'histoire des Arthur avait décidé d'organiser une fête surprise à l'appartement, en invitant tous leurs amis de l'association LGBT du Queen Mary, et il bénéficiait aussi de leur aide. Ils avaient réagi à son idée avec le plus grand enthousiasme, en multipliant les propositions pour parfaire l'organisation. Après leur première réussite dans l'évènementiel, suite à leur spectacle de slam et d'ombres chinoises, ils étaient tout bonnement survoltés à l'idée de préparer une nouvelle manifestation, d'autant qu'ils aimaient tous énormément Merlin, qui les avait accueillis un par un avec son sourire et ses cakes aux Tables Rondes.
Ils voulaient donc vraiment lui faire plaisir, ce qui faisait chaud au cœur d'Arthur, parce que, quand Merlin s'en rendrait compte, il réaliserait peut-être, qu'il devait absolument cesser de croire qu'il ne méritait pas qu'on l'apprécie.
Paul et Mona s'occupaient maintenant de régler les détails pratiques de la fête, en lien téléphonique avec Morgane qui était censée s'occuper du ravitaillement. Mathias et Geoffrey s'occupaient des pancartes et des ballons, et Yin et Amy étaient chargés de l'animation musicale pendant que Gérard et Eléa préparaient la projection du film membres de l'association étaient plus d'un à avoir remarqué que Merlin était un peu déphasé ces derniers temps, même si aucun n'avait eu le manque de tact de le lui dire de vive voix. C'était vers Arthur qu'ils se tournaient pour avoir des explications, chacun à sa manière.
Mona, par exemple, lui avait demandé:
-Mais enfin, qu'est-ce que tu as fait à ce pauvre Merlin pour qu'il ait l'air si zombifié ?
Arthur n'avait rien fait mais il savait que Merlin était stressé par ses crises de panique. Rien n'y faisait : elles avaient tendance à se produire de plus en plus souvent, ce qui l'angoissait, le rendait malheureux, et (pour une raison incompréhensible) semblait aussi le faire culpabiliser. Rien que cette semaine, il en avait fait trois, plus un début enrayé de justesse, qui avait failli se produire en plein cours de philo.
Arthur n'aimait pas cette expression de perpétuelle inquiétude qu'il voyait ombrer les yeux bleus de Merlin, ni la manière dont il sursautait comme un lapin effrayé au moindre bruit étrange, et encore moins le fait qu'il se mette à trembler dès qu'il perdait de vue son ami un tant soit peu. En vérité, il ne comprenait pas ce qui troublait Merlin. Avec toute l'énergie qu'il avait mise à le requinquer, avec toutes les attentions qu'il lui prêtait, son idiot préféré aurait dû rayonner de bien-être et de bonheur, mais au lieu de ça.. il lui paraissait de plus en plus fragile, et de plus en plus sensible, ce qui l'inquiétait franchement.
-Je ne comprends pas. A moins que vous ne fassiez trop la fête depuis qu'il a emménagé chez toi, continua Mona, d'un ton pensif, avec une drôle de lueur dans l'oeil. Je suis sûre que vous êtes du genre à avoir un sling accroché aux montants du lit, et à vous envoyer en l'air toutes les nuits jusqu'à cinq heures du mat.
-Mona !
Le regard abasourdi de Paul parlait pour lui. Arthur lui jeta un regard plein de compassion. Etre en couple avec Mona ne devait pas être facile tous les jours, et Paul l'était depuis deux ans. Il méritait son admiration inconditionnelle pour avoir persévéré si longtemps dans son exploit.
-Quoi ! C'est toujours ceux qui ont l'air les plus sages qui sont les plus pervers, rétorqua la gothique avec un petit sourire en coin. Je sais de quoi je parle, quand même, Paul... je suis avec toi.
-Mona, ça suffit maintenant...
Un peu après que Miss Horror Show ait livré à Arthur son interprétation du problème, Paul lui demanda avec inquiétude :
-Non, mais sérieusement... qu'est-ce qui se passe avec Merlin ? Il donne l'impression d'être terrorisé... je ne l'ai jamais vu comme ça. Même à l'époque pré-Camelot, avant que tu n'arrives au Queen Mary, il n'était pas dans cet état...J'espère que tu ne le maltraites pas, ou quelque chose comme ça... parce que ce serait vraiment moche.
-Moi ? Maltraiter Merlin ! dit Arthur, meurtri. Tu sais très bien que je l'aime beaucoup trop ! Je ne pourrais jamais lui faire du mal, j'en serais incapable !
Paul soupira.
-Pardon, mais il fallait que je pose la question. Si ça n'a aucun rapport avec toi, alors...qu'est-ce qui le met dans un tel état ?
-Il est angoissé, c'est tout, répondit Arthur. Le problème, c'est qu'il ne sait pas lui-même pourquoi.
Et Arthur ne voulait pas l'accabler en lui parlant de ses crises après qu'elles soient passées. Il préférait s'appliquer à le faire sourire, et à lui changer les idées. Ce qu'il réussissait à faire plutôt bien, dès lors qu'il s'y consacrait entièrement. Mais le problème était que, même avec la meilleure volonté du monde, il était incapable de s'y consacrer entièrement vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et que les difficultés resurgissaient dès qu'il relâchait un peu ses efforts.
(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooo)
Merlin ne s'était jamais senti aussi aimé que depuis qu'il vivait avec Arthur et Morgane.
Il avait l'impression de flotter sur un nuage rose, entouré de tendresse, gavé de carambars et recouvert d'un édredon de douceur.
Mais il y avait quand même des choses, dans sa vie, qui le perturbaient beaucoup ces derniers temps.
Alors qu'il était heureux comme jamais, il était aussi dans un état de stress plus intense qu'il n'en avait jamais connu, absolument terrifié en permanence alors qu'il n'avait aucune raison de l'être.
Dès qu'Arthur était hors de portée, il commençait à perdre tous ses moyens, au point d'en avoir la gorge sèche et les mains moites, comme s'il était devenu Arthuro-dépendant, et qu'il ne pouvait plus que paniquer irrépressiblement si les circonstances menaçaient de le priver de sa perfusion permanente d'héroïrthur.
C'était un phénomène physique qu'il était incapable de désamorcer malgré toutes ses tentatives pour garder l'esprit rationnel.
Quand Arthur passait hors de son champ de vision, il sentait son pouls s'accélérer, sa vue se brouiller et ses oreilles bourdonner.
Heureusement, étant donné qu'ils passaient leurs journées ensemble, il n'avait pas à expérimenter ce phénomène trop souvent.
Mais les rares fois où cela lui arrivait, il lui semblait bien que ses troubles s'aggravaient au fur et à mesure. Plus Arthur et lui passaient de temps côte à côte, plus les séparations, même provisoires, devenaient difficiles. La plupart du temps, la proximité physique n'était même plus suffisante à le rassurer complètement, il fallait qu'il y ait contact pour provoquer l'apaisement (n'importe quelle forme de contact une main sur l'épaule ou un savon sur la tête pouvait très bien convenir).
La nuit, c'était encore pire, parce que Merlin ne dormait correctement que quand il était collé à Arthur.
Arthur était absolument formidable de ce côté-là, parce que si doué qu'il soit pour le chambrer en permanence, il jouait son rôle de « doudou » sans jamais lui faire la moindre réflexion désobligeante à ce sujet, lui ouvrant les bras sans rechigner (d'ailleurs, Arthur faisait un oreiller confortable, ce qui était plutôt mauvais signe, parce que ça voulait dire qu'il était encore en train de prendre des kilos).
Tout ça était bien beau, mais Merlin ne pouvait s'empêcher de rougir quand il pensait à ce que pouvait suggérer aux yeux de son ami un tel comportement, qu'il trouvait personnellement mortellement embarrassant, tout en étant incapable de le réprimer.
Pour Arthur, il devait forcément avoir l'air, soit d'un bébé, soit d'un jeune homme en manque d'affection et plus si affinités, et cette pensée le rendait malheureux, parce que vraiment, ce n'était ni l'un, ni l'autre.
Il essayait de s'endormir de son côté du lit, mais il finissait toujours par arriver au milieu, comme si son corps traître exigeait l'inverse de ce que lui dictaient ses pensées et profitait de son sommeil pour opérer un rapprochement.
C'était comme s'il était pris au milieu de deux mouvements contraires, et qu'il se retrouvait toujours à faire l'inverse de ce qu'il avait décidé, entraîné par une force qui le dépassait.
Il ne pouvait pas lutter contre le phénomène qui se reproduisait, encore et encore.
Il y avait enfin ses crises de panique, qu'il ne comprenait pas et qu'il maîtrisait encore moins.
Il aurait déjà eu honte de se mettre dans des états pareils s'il avait été seul au moment où elles se produisaient, mais comme par hasard, elles arrivaient toujours quand Morgane et Arthur étaient là (heureusement, il n'en avait encore jamais fait au lycée, même s'il avait failli, une fois; c'était le cours sur le temps selon les cultures qu'il ne devait pas avoir digéré, parce qu'il avait commencé à étouffer quand le professeur avait commencé à parler de l'acception linéaire du temps chez les occidentaux en opposition avec les asiatiques, et leur vision cyclique). Quand il pensait qu'Arthur et Morgane l'avaient déjà vu plusieurs fois bouleversé au point d'en vomir (sans parler de celle où il s'était retrouvé en slip dans la baignoire devant Morgane, à laquelle il ne pouvait pas repenser sans cacher son visage dans ses mains), il avait envie de disparaître sous terre.
Il avait, honnêtement,, l'impression d'être un boulet, et la gentillesse de Morgane et d'Arthur face à son inaptitude le laissait perplexe, parce qu'il ne comprenait pas toujours pourquoi ils le traitaient avec tant d'égards.
Il avait essayé de se mettre à leur place et il en arrivait toujours à la même conclusion :s'il avait eu dans les pattes quelqu'un comme lui, il se serait demandé s'il n'avait pas affaire à un handicapé, et il n'aurait envisagé qu'avec horreur d'avoir pour perspective de s'en occuper ad vitam ad eternam. Alors il se serait demandé comment s'en débarrasser au plus vite. Il supposait qu'Arthur et Morgane, qui étaient de bonnes personnes, devaient avoir pitié. Et que c'était pourquoi ils n'étaient pas en train de se concerter, en ce moment même, pour trouver le moyen de le reconduire gentiment à la porte. Il en était à la fois désespéré et reconnaissant, mais le fait même de se sentir reconnaissant le désespérait encore plus, parce que cela prouvait, très sincèrement, qu'il était perdu pour la dignité humaine dans l'état de délabrement où il se trouvait.
Parfois, il avait les larmes aux yeux quand Arthur le prenait dans ses bras avec tendresse,ou quand Morgane le regardait avec amour au lieu de lui dire qu'il était pathétique, parce qu'il ne voyait pas comment ils pouvaient l'aimer quand il était incapable de se supporter lui-même avec ses nerfs à fleur de peau.
Il avait l'impression d'être devenu un vrai marshmallow, sans ressort, sans squelette, et il n'arrivait pas à se sortir de cet état, où il avait plutôt l'impression de s'enfoncer peu à peu.
La gratitude qu'il éprouvait envers Arthur quand il lui donnait plein de choses à faire ne connaissait pas de bornes, parce que de cette manière, au moins, il pouvait se montrer utile à quelque chose d'autre, qu'à se laisser réconforter en permanence, comme s'il souffrait d'un grave handicap émotionnel et qu'il était incapable de faire deux pas tout seul (ce qui était probablement le cas).
Son angoisse (que ça dure toujours) était proportionnelle à sa peur de se retrouver privé de l'amour qui lui permettait de survivre dans cet état (sans lequel il n'aurait probablement plus rien pu faire du tout, à part finir en institution spécialisée) et il se sentait complètement coincé.
Il aimait Arthur et Morgane.
Il les aimait tellement que c'en était parfois douloureux.
Ils étaient parfaits, chacun à leur manière ils s'équilibraient tellement bien dans leurs qualités : lui, ouvert et généreux toujours chaleureux, tendre et drôle, légèrement autoritaire et vaguement crétin, mais tellement gentil, et le cœur si pur. Elle, intelligente, caustique et passionnée, toujours travailleuse, attentive et tellement maternelle, d'une manière qu'il soupçonnait de pouvoir être féroce, tout comme il lui arrivait d'être un peu cinglée.
Merlin était perpétuellement impressionné par le frère et la sœur. Ils avaient à eux deux un tel charisme qu'il était impossible de ne pas être fasciné par leur prestance, et étaient beaux comme des demi-dieux pour ne rien gâcher. Parfois, il avait mal aux yeux de les regarder. Et il sentait sa gorge se serrer de cet amour, qui le laissait fragile et impuissant, aussi malléable que de la pâte de fruits.
Heureusement, il oubliait.
Il oubliait quand il riait ou se disputait avec Arthur, ou quand son ami le submergeait de ses grands élans d'affection, ou quand il recevait un cadeau. Il oubliait quand il parlait avec Morgane, ou qu'ils étaient occupés à travailler ensemble. Il oubliait quand il était occupé à faire la cuisine, ou le ménage, ou la vaisselle, ou une dissertation. Il oubliait dans les chamailleries, les plaisanteries, le jeu du « qui-aime-bien-châtie-bien ». Oublier était une chose merveilleuse, et une activité à laquelle Merlin excellait. Il était même capable d'oublier qu'il portait très souvent un tablier rose mentionnant :je suis la parfaite femme d'intérieur (Ah, Arthur et son sens de l'humour... !).
Il savait qu'Arthur ne jouait les pachas que parce qu'il le laissait faire. Et il savait que ce n'était pas bien de sa part de trop le laisser faire. Mais c'était plus fort que lui : quelque chose, en lui, aimait Arthur en pacha toujours prêt à le bousculer, à le malmener, et même, ridiculiser gentiment. Parce qu'Arthur faisait toutes ces choses avec tant d'affection qu'elles le rassuraient comme des attentions. Il aurait détesté qu'Arthur arrête de le chercher tout le temps, et qu'il le laisse dans un coin, à dépérir. Ca aurait été comme d'être complètement abandonné.
Comment avait-il fait sans lui pendant seize ans ?
Merlin avait aussi oublié ça.
Il avait toujours eu l'impression d'être fragile à l'intérieur, mais avant, il arrivait au moins à maintenir une façade. Maintenant, il n'arrivait plus à façader quoi que ce soit. Et il s'inquiétait sérieusement pour son avenir, parce qu'il voyait mal ce qu'il allait pouvoir faire de sa vie s'il continuait à être aussi vulnérable, à part serviteur pour Arthur, ce qui, assurément, ne lui fournirait pas le moindre salaire. Il s'imaginait dans quelques années à l'ANPE. « Je suis auxiliaire de vie multifonctions pour mon meilleur ami. C'est un peu comme femme au foyer, mais disons que je l'assiste aussi au travail, parce que je souffre d'une phobie sociale qui fait que je ne peux pas affronter les gens s'il n'est pas avec moi. Comment ça, si nous sommes gay, mais non,pas du tout. Ah, d'accord. Vous pensez que je devrais consulter un psychiatre. ».
Bien sûr, l'idée du psychiatre fit son chemin dans sa tête.
Parce qu'il savait qu'il devait faire quelque chose pour lui-même.
Il ne pouvait quand même pas rester dans cet état.
Un soir, alors qu'il était en train de passer l'aspirateur, il lança l'idée l'air de rien, pour voir de quelle manière elle serait reçue.
-Arthur... est-ce que tu penses que je devrais aller voir un psy ?
-Un psy ? Mais pour quoi faire ? dit Arthur, perplexe.
-Tu sais... à cause de mes problèmes, répondit Merlin, qui préférait éviter de s'étaler sur la question.
-Arrête, Merlin, tu n'es pas fou. Tout au moins, pas plus que moi ou Morgane, même si Morgane n'est pas vraiment une référence, répondit Arthur, d'un ton amusé.
-Non, mais, je ne sais pas, peut-être... que ça m'aiderait à aller mieux ? dit Merlin, d'un ton un peu désemparé. Si ça pouvait m'éviter une autre crise d'angoisse...
Rien que dans la semaine, il en avait fait trois. Ca commençait vraiment à faire beaucoup trop...
Arthur le regarda avec sa douceur habituelle.
-Si tu veux y aller, allons-y, dit-il, avec entrain en hochant la tête. Quoi que tu décides, tu peux être certain que je te soutiens à cent pour cent.
-Oui... mais... est-ce que tu viendras avec moi ? insista Merlin avec inquiétude. Parce que ça me fait un peu peur de prendre rendez-vous tout seul. Ils pourraient décider de m'enfermer, et après, je ne te verrais plus.
-Mais oui, bien sûr, je viendrai avec toi. Et arrête de penser qu'on va t'enfermer, c'est n'importe quoi. Je te l'ai dit, tu n'es pas fou. Mais si tu penses que c'est ce qu'il te faut, nous irons chez le psychiatre, affirma Arthur d'un ton déterminé, parce que, s'il était prêt à affronter un coming out en fanfare devant quatre cents personnes pour son ami,.il n'allait certainement pas reculer devant un seul disciple de Sigmund Freud.
(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooo)
Ils eurent la chance d'avoir un rendez-vous la dernière semaine avant les vacances scolaires, un peu après les cours, dans un cabinet privé du centre ville, avec un certain docteur Sylvestre. Merlin était assez stressé quand ils arrivèrent dans la salle d'attente, mais Arthur était stoïque. « Respiration abdominale ? » fit-il, en adressant à Merlin un regard entendu. Et Merlin se concentra pour inspirer, parce que, non, il ne ferait pas de crise d'angoisse à deux pas du bureau du praticien, au risque de se couvrir encore de ridicule.
Après dix minutes que Merlin passa à s'agiter nerveusement sur la chaise, la main accrochée à celle d'Arthur, un homme d'âge moyen, au nez chaussé de lunettes, arriva dans la salle d'attente.
-Monsieur Emrys ? demanda-t-il en hésitant entre les deux jeunes gens.
-Oui, c'est nous, s'exclama Arthur en se levant d'un air martial.
Avant de se corriger.
-Enfin, c'est lui. Mais je l'accompagne.
-Je suis le docteur Sylvestre. C'est par ici, veuillez me suivre, dit le psychiatre, en les invitant à dans son bureau.
Une fois entré, il s'assit, alors qu'Arthur et Merlin hésitaient, sur le seuil de la porte.
Merlin demanda aussitôt :
-Est-ce qu'Arthur peut rester pendant la consultation ?
-Eh bien, l'entretien est censé être privé, et confidentiel, dit le docteur Sylvestre, d'un air peu perplexe.
-Oui, mais c'est Arthur, donc ce n'est pas pareil, s'empressa d'expliquer Merlin. De toutes façons, il est déjà au courant pour tout, et j'aurai moins de mal à vous parler s'il est là. Ce n'est pas comme si nous avions des secrets l'un pour l'autre. Ce n'est pas possible, d'avoir des secrets pour quelqu'un sur qui on a déjà vomi... vous ne croyez pas ?
-Asseyez-vous, tous les deux, dit le psychiatre.
Et ils obéirent de manière synchronisée.
Le praticien prit quelques notes.
-Qu'est-ce que vous écrivez ? demanda Merlin d'un ton nerveux, en louchant sur le papier.
-Votre nom. Si c'est un entretien couple, je prendrai aussi celui de votre ami.
-Un entretien... couple ? dit Merlin, en fronçant légèrement les sourcils, perdu.
Puis il réalisa :
-Oh, vous voulez dire... Arthur et moi ? Non, vous n'y êtes pas du tout. Nous sommes...
-...amis, compléta Arthur en hochant la tête. De très bons amis. Même si beaucoup de gens pensent le contraire, parce qu'officiellement, nous sommes en couple...
-...mais c'était juste parce que ça rendait les choses beaucoup plus simples, conclut Merlin.
Le psychiatre retira ses lunettes et les regarda un moment tous les deux, puis soupira.
-Très bien, Monsieur Emrys, dit-il. Je vous écoute. Qu'est-ce qui vous amène ici avec votre ami ?
-Eh bien, ces derniers temps, j'ai... des petits soucis, expliqua Merlin, en regardant vers Arthur pour chercher du soutien moral tandis qu'il exposait sa situation. J'ai fait... plusieurs crises d'angoisse...
-Il panique, il n'arrive plus à respirer, il vomit, et ensuite, il fond en larmes, expliqua Arthur, obligeamment. C'est assez impressionnant quand ça se produit...
-... et Arthur est le seul qui arrive à me calmer, enchaîna Merlin, mais le problème, c'est qu'au fur et à mesure du temps, j'ai l'impression que la situation s'aggrave, et, j'ai... toujours besoin qu'il soit là.
-Surtout la nuit, précisa Arthur. Je veux dire : ce n'est pas seulement que nous dormons ensemble... c'est... que nous devons être en contact permanent, vous voyez ? Sinon, il a des cauchemars... et il se réveille en sursaut.
-Je vois, dit le psychiatre d'un ton pensif.
Puis il demanda comme si c'était une question de routine:
-Et sur le plan sexuel ? Comment les choses se passent-elles ?
Merlin s'empourpra violemment, alors qu'Arthur s'étranglait. Ce n'était pas du tout le genre de questions auxquelles ils s'étaient préparés à répondre.
-Euh... fit Merlin, d'un ton embarrassé. Mais... il n'y a pas... de plan sexuel.
-Il y en a toujours un, répondit le psychiatre avec certitude. Selon le Dr Freud tout au moins... Voyons voir. Avez-vous noté une diminution de votre fréquence masturbatoire ?
-Ma... fré... fré...quoi, bégaya Merlin, les joues enflammées, en commençant à voir trouble.
Arthur intervint d'un ton choqué.
-Ce n'est pas... un peu indiscret, ça, docteur ?
-C'est un indicateur de santé très important, répondit le psychiatre d'un ton neutre.
-Nous sommes en excellente santé, coupa Arthur. Notre fréquence se porte très bien, merci.
-Ce n'est pas à vous que je posais la question, nota le docteur Sylvestre.
-Merlin n'a pas à répondre à ce genre de questions, ce sont des questions intrusives. Je trouve vos méthodes inadmissibles. De quel droit vous immiscez-vous comme ça dans sa vie privée ? dit Arthur, indigné.
-Mais c'est un entretien privé, Monsieur...
-Dubois.
-C'est vous qui avez insisté pour être là, lui rappela le praticien.
-Moi ? Je vous rappelle que c'est Merlin qui m'a demandé de rester... et à voir comme vous le mettez mal à l'aise je pense qu'il avait bien raison ! Vous lui auriez déjà déclenché une crise de panique avec vos questions, si je n'avais pas été là.
Merlin s'exclama soudain, empourpré jusqu'aux oreilles :
-De toutes façons, il n'y en a pas. De fréquence. Parce que... je ne fais pas... ce genre de choses.
-Jamais ? dit le praticien, d'un ton dubitatif.
-Non, dit-il, rouge comme une tomate. Jamais. Est-ce qu'on peut passer à autre chose maintenant, s'il vous plaît ?
-Hem.
-Je ne vois pas où est le problème, s'exclama Arthur, de nouveau prêt à monter en lice face à l'expression dubitative du docteur Sylvestre. Moi non plus, je ne... fréquence pas, et ce n'est pas un crime que je sache. Et puis, qu'est-ce que c'est que ces questions, sur la fréquence des gens. Je veux dire : ça ne vous regarde pas.
Le psychiatre le dévisagea d'un air intrigué, puis, attendit q'il retombe comme un soufflé, avant de reprendre posément la parole.
-Laissez-moi donc récapituler... vous êtes officiellement ensemble... vous vivez ensemble... vous êtes en contact physique en permanence... et vous couchez dans le même lit, reprit-il. Mais... vous n'êtes pas en couple... et votre fréquence masturbatoire est... nulle.
Les deux jeunes gens le dévisagèrent d'un air blanc, comme s'ils ne voyaient pas du tout où il voulait en venir.
-Je vois, dit le psychiatre, pensif. Intéressant.
Et sa plume fit « scratch, scratch » sur le papier.
-Mais tout ça n'a rien à voir avec mes crises d'angoisses, reprit Merlin, d'un ton un peu agacé. Et c'est pour elles que je suis venu vous voir. J'aimerais vraiment m'en débarrasser. Je veux dire : c'est un gros handicap dans la vie de tous les jours ! Vous n'imaginez pas du tout à quoi ça peut ressembler. Les gens qui me voient dans cet état sont persuadés que je suis sur le point de mourir ! Et ça ne passe pas vite du tout. Il me faut trois heures en moyenne pour récupérer. Si je commence à en avoir à tout moment dans la journée, vous voyez un peu a catastrophe ? Je serai obligé d'arrêter le lycée et de rester cloîtré à la maison, à me venger sur l'aspirateur ! Je ne veux pas finir comme ça !
-Monsieur Emrys, d'après les symptômes que vous me décrivez, il me semble évident que vous refoulez un grave traumatisme, dit le docteur Sylvestre. Nous allons maintenant essayer d'en déterminer l'origine. Je vais donc vous poser une série de questions personnelles, auxquelles je vous demanderai de répondre par oui ou par non.
-D'accord, dit Merlin, un peu soulagé par ce nouvel exercice, qui semblait plus facile que le précédent.
-Avez-vous été victime d'abus ou de sévices votre enfance ?
-Quoi ? dit Merlin, horrifié. Non !
-Souffert de maltraitances ou de négligences graves ?
-Non,pas du tout ! Qu'est-ce que vous allez imaginer ? s'exclama-t-il, sous le choc.
-Si vous ne vous sentez pas à l'aise pour en parler en présence de votre ami, je peux lui demander de sortir, nota le psychiatre, d'un ton neutre.
-Merlin, si tu préfères que je sorte, je comprendrai, confirma Arthur, d'un ton hésitant.
-Non, Arthur, reste ici, ordonna Merlin, furieux, en l'attrapant par le bras pour le caler sur sa chaise.
Puis il se retourna vers le psychiatre, les sourcils froncés.
-Ecoutez, je vous ai dit que je n'avais rien à cacher. Si je vous réponds que je n'ai rien vécu de traumatisant dans mon enfance, c'est que je n'ai rien vécu de traumatisant dans mon enfance. Je n'ai aucune raison de vous mentir, je suis venu ici pour que vous m'aidiez.
-Vous avez peut-être subi une agression physique récente dans ce cas ? demanda le docteur Sylvestre.
-J'ai eu quelques démêlés avec le club de rugby, mais on ne peut pas vraiment appeler ça une agression physique, c'était plus...une plaisanterie de mauvais goût, et je ne me suis pas senti particulièrement traumatisé, répondit Merlin, sur la défensive.
-Ils avaient l'habitude de lui plonger la tête dans la cuvette des toilettes pendant la pause, et une fois, ils l'ont mis en slip devant tout le monde après lui avoir volé son pantalon, et ils ont fait des photos qu'ils ont mises en ligne sur facebook.
Merlin jeta un coup d'oeil offensé à Arthur et articula : "traître"
-C'est toi qui as dit qu'il n'y avait aucune raison de mentir, nota Arthur. Le coup du slip était quand même assez traumatisant... souviens-toi, tu n'allait pas très bien juste après.
-Evidemment, je n'allais pas très bien, mais je n'étais pas traumatisé. Ce n'était qu'une bande de crétins, ils ne me faisaient pas peur ! Ils étaient juste... plus costauds, et plus nombreux, et...
Merlin referma la bouche et jeta un coup d'oeil au psychiatre.
-De toutes façons, ça n'est plus arrivé depuis que le capitaine de l'équipe a fait son coming out. Personne ne m'ennuie plus au lycée, je n'ai... vraiment aucun problème là-bas, affirma-t-il.
-Et en ce qui concerne les chocs émotionnels violents que vous auriez pu avoir ? Dans un passé proche ou lointain ? demanda le docteur Sylvestre.
-Mes parents sont morts dans un accident de voiture quand j'avais six ans, répondit Merlin.
Il hésita, puis ajouta :
-Et mon ami d'enfance, Will, a été tué à bout portant par un drogué, juste devant moi.
-Tu ne m'avais jamais raconté ça, dit Arthur, commotionné.
-Parce que je n'aime pas en parler, répondit Merlin en baissant les yeux. Mais j'ai été envoyé chez un psychologue par le foyer pour être suivi après ça. Et ce n'est pas arrivé récemment, c'était il y a trois ans. Ca n'a rien à voir avec ce qui se passe maintenant. Mes crises d'angoisse n'ont commencé qu'il y a quelques semaines. Alors que je ne me suis jamais senti aussi bien de toute ma vie...
-Mmm, fit le psychiatre, en levant un sourcil intéressé.
-Qu'est-ce que ça veut dire, ça, « Mmmm » ? demanda Merlin d'un ton inquisiteur.
-Peut-être devriez-vous vous demander de quoi vous avez si peur, dans le fait de vous sentir vraiment bien pour la première fois de votre vie ? proposa docteur Sylvestre
Merlin cligna des yeux.
-Je ne vois pas pourquoi j'aurais peur de me sentir bien. C'est complètement... antinomique, ça n'a pas de sens, fit-il remarquer.
-Peut-être avez-vous... quelques difficultés... à lâcher prise, reprit le psychiatre, du ton de la proposition.
-Vous ne comprenez pas. Ce que j'aimerais, moi, c'est retrouver ma prise, pas la lâcher ! s'exclama Merlin, au désespoir. Si je suis dans un état pareil alors que j'essaie de me prendre en main, comment croyez-vous que je finirai si je décide de me laisser aller ?
-Vous ne le saurez jamais si vous n'essayez pas, rétorqua le psychiatre.
-Ca ne m'intéresse pas d'essayer, dit Merlin d'un ton buté.
Le praticien soupira.
-Le problème, jeune homme, c'est que je doute que votre état puisse s'améliorer tant que vous n'aurez pas débridé l'évènement traumatique, quel qu'il soit. Et pour ça... il faut forcément que vous lâchiez prise... et que vous acceptiez d'aller au bout de vos ressentis, même s'ils vous font peur.
-Vous savez quoi ? dit Merlin, d'un ton tendu. Je ne crois pas que cette histoire de thérapie fonctionnera avec moi finalement, quoi qu'en dise le docteur Freud. Peut-être que si vous me prescriviez juste quelques médicaments, que je puisse prendre en cas d'attaque de panique... ce serait largement suffisant ? Sinon, je pense que nous vous avons fait perdre bien assez de votre temps comme ça.
Il attrapa Arthur et s'exclama à vois basse :
-Viens vite, on s'en va.
-Au revoir, docteur, dit Arthur, alors que Merlin l'entraînait en direction la sortie.
Et tout en se demandant ce que débrider l'évènement traumatique pouvait bien vouloir dire, Arthur se fit la réflexion qu'ils avaient payé une consultation très cher pour s'entendre dire dans d'autres mots les mêmes choses que lui avait expliquées Morgane. Il n'y avait pas que des sottises au milieu de toutes ces questions indiscrètes, mais une chose était sûre, Merlin ne semblait pas avoir l'intention d'aller plus loin dans la conquête de son inconscient.
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-Aller chez ce psychiatre une idée ridicule, dit Merlin alors qu'ils quittaient le cabinet. Ca ne nous a pas aidés à avancer du tout.
-Ce bonhomme était drôlement intrusif, en tout cas, murmura Arthur. Je n'en reviens toujours pas qu'il ait osé nous tirer les vers du nez sur des questions de fréquence.
Merlin poussa un profond soupir.
-Eh bien, dit-il, d'un ton malheureux, je ne suis pas près d'aller mieux.
-Ne t'inquiète pas, Merlin, dit Arthur en lui posant une main sur l'épaule. Nous finirons bien par trouver la solution.
Débrider l'évènement traumatique, nota-t-il en lui-même. Il faudrait qu'il aille faire un tour sur internet pour en apprendre plus sur la question.
En attendant, il avait sa petite idée sur la meilleure manière d'aider Merlin à aller mieux. Demain, c'était vendredi trois mars... le dernier jour de classe, et celui de son anniversaire.
