5 mois, 5 jours.
Tempérance entendit un petit bruit et émergea de son état de somnolence. Elle ouvrit les yeux et regarda autour d'elle. Elle était sur son canapé et avait Beckett sur son ventre. Elle vit son père dans la cuisine et entendit des bruits de vaisselles. Elle s'étira et mit Beckett sur le canapé avant d'aller retrouver son père.
-Bonjour !
-Salut Papa. Pourquoi je me suis réveillée sur le canapé ?
-Tu t'es endormie vers minuit pendant une des histoires du gamin.
-Rien d'étonnant.
Ils se sourirent et Max présenta le café à sa fille.
-Non, mais tu étais vraiment épuisée. Donc comme tu dormais, les invités sont partis.
Elle l'écouta et prit une tranche de pain de mie, pas trop dans son assiette.
-Dis moi ? J'ai beaucoup bu ?
-Euh..non à peine quelques verres pourquoi ?
-Je sais je me sens pas très bien.
-Mince, j'espère que c'est pas le repas...
Tempérance inspira et toucha inconsciemment son collier autour de son cou. Elle se rendit alors compte que c'était plus psychologique que physique.
-Non...C'est comme lorsque j'ai un mauvais pressentiment.
-Ah non, pas le lendemain de ton anniversaire.
-Je...Je vais me prendre une douche.
Elle partit précipitamment dans la salle de bains et n'en ressortit qu'un quart d'heure plus tard, rafraichie mais toujours tendue.
-Tu comptes faire quoi aujourd'hui ?
-Je vais faire des allers retours pour ramener mes affaires dans mon appartement. Et puis cette après midi j'ai mes cours de sciences avec les Juniors.
-Ah oui c'est vrai. Tu mangeras quand même avec moi ce soir ?
-Bien sur...et il faut que je te demande un truc.
-Vas y.
-Voilà ça fait quelque temps que je voulais t'en parler...Mais avant de passer nos vacances au Canada, ton frère et moi, nous sommes retourné à la maison de ta grand-mère.
-Celle à la sortie de Washington ?
-Oui celle là. Et...on a décidé que ce serait toi qui l'aurait.
-Moi ? Mais pourquoi ?
-Cette maison se transmet de mère en fille. Elle en très bon état et j'ai vu qu'elle n'était qu'a une demi heure de route de ton travail.
-Mais..Elle est gigantesque cette maison, elle fait plus de 300 m² et moi je suis seule et...
-Je ne te demande pas d'y emménager dans la seconde. Je dis juste que si tu veux une maison secondaire...ou plus tard quand tu auras des enfants...Elle est à toi et tu peux y aller quand bon te semble.
Il lui mit devant les yeux un trousseau de clés, avec pour porte clés et un dauphin bleu et blanc, qu'elle reconnut comme l'un de sa mère. Elle prit le clés et sourit.
-Merci. Mais j'irais la voir plus tard.
-Prends ton temps.
Elle le remercia une nouvelle fois. Son père sourit et lui fit une bise bruyante sur la joue.
-Je vais partir. Je t'appelle pour savoir à quelle heure pour ce soir.
-Ok Papa, à plus tard.
Son père partit la laissant seule avec son chat. Beckett se manifesta en grogna et se remit en boule en plein milieu du canapé. Tempérance sourit et partit pour ranger un peu les décorations restantes sur le mur. Puis quand elle eut finit elle partit vers l'Institut.
Elle croisa Angela et Hodgins et les salua d'un geste de la main. Elle partit dans son bureau et commença à travailler sur son ordi. Ses mains tapaient en rythme sur les touches du clavier. Concentrée, elle travailla ainsi pendant près d'une heure. Elle fut stoppée dans son élan par la sonnerie de son téléphone. Un texto d'un numéro inconnu. Elle haussa un sourcil et hésita à ouvrir le message. Finalement elle appuya sur afficher.
Le message s'ouvrit et vit à peine quelques lettres. ''H 313 SB''. Elle mit quelques minutes avant d'associer les deux dernière lettres aux initiales de son partenaire.
Elle se leva précipitamment, son portable à la main se heurtant à certains meubles avant de foncer vers la sortie. Elle n'entendit même pas sa meilleure amie l'interpeller.
-Ma chérie qu'est ce que tu as ?
Elle prit sa voiture et fonça vers le FBI. Mais les embouteillages la ralentir. Elle n'avait jamais autant klaxonner. Elle y arriva trois quart d'heure plus tard, et fonça dans les couloirs pour arriver dans le bureau de Cullen dont elle ouvrit la porte avec fracas, le faisant sursauter.
-Monsieur ! J'ai reçut un message et je...Enfin je..
-Vous pensez que ça pourrait être Booth ?
Elle hocha la tête et tendit le portable. Le directeur le regarda et lui lança un regard.
-H 313 SB ?
-SB Seeley Booth.
-Oui Mais H 313
-Il faut qu'on regarde ce que ça veut dire...
-D'accord d'accord, vous allez commencé par vous calmer et vous asseoir. On va réfléchir. H 313...
-Un Hôtel ? ou...un Hôpital ?
-Je vais vérifier.
Il prit son téléphone et passa quelques coups de fils. Tempérance entortillait les doigts d'impatience. La voix de Cullen la sortit de sa torpeur.
-Donnez moi votre portable, je vais voir si on peut retrouver le téléphone..
-D'accord...
Il appela ensuite un de ses ingénieurs et ce dernier partit pour tracer le message.
-Vous voulez un café Dr Brennan ?
-Oui s'il vous plait.
Elle avait les jambes qui tremblaient et regarda dehors. Le temps tournait à l'orage. Comme si elle avait besoin de ça. Cullen revint quelques minutes plus tard avec un gobelet.
-Merci...
-Je suis désolé, mais on a pas put retrouver celui a envoyé ce message, mais on continue à chercher.
-D'accord...Je peux rester ici en attendant ?
-Dr Brennan, il vaut mieux que vous restiez chez vous, ou même au Jefferson.
-Mais...
Elle fut interrompue par le téléphone sur le bureau du patron. Il décrocha et après seulement quelques secondes, le visage de l'homme devint pâle. Il échangea quelques mots avec son interlocuteur et quand il raccrocha et qu'il se tourna vers Brennan, elle sut qu'il y avait un problème.
-Qu'est ce qui se passe ?
-On a retrouvé un corps. Sur le port, dans le Hangar 313. Brûlé.
-Oh seigneur..
Elle se leva précipitamment et courut à toutes vitesse vers sa voiture. Mais Cullen restait un Agent du FBI et il la rattrapa avant qu'elle n'ait put prendre la route.
-Dr Brennan, vous ne prenez pas la route dans votre état c'est bien comprit ? Vous venez avec nous.
Dans son état, Tempérance ne savait plus vraiment ce qu'elle faisait mais elle hocha la tête et suivit le directeur dans la voiture de fonction. Avec la sirène, ils arrivèrent quelque minutes après. L'anthropologue sauta presque de la voiture et se dirigea ver le Hangar 313. Quand elle passa le cordon de sécurité, les bruits autour d'elle ne semblaient qu'échos. Les personnes l'entourant n'étaient plus que masse difformes et ombres. Elle était comme dans un cauchemar, mais celui ci était bien réel. Elle s'avança vers le milieu de la pièce et s'accroupit à côtés du corps calciné. Il ne restait plus aucun trace de chair mais l'incendie avait été stoppé avant que le feu n'endommage les os. Ses jambes ne supportais pas le poids de son corps dans cette position et elle dut donc se mettre à genoux. Elle se pencha au dessus du corps et commença son analyse tel un robot, alors Cullen l'écoutait.
-Homme...Caucasien.
Elle sentit les larmes lui bouchaient la vue mais les essuya pour continuer. Elle regarda la structure du crane et la forme du bassin.
-Entre...35 et 45 ans...
Un sanglot lui échappa de la gorge.
-Carrure très athlétique...Un acromion sculpté...
Elle ne put continuer et sentit des mains la faire se lever.
-Emmenez le corps à l'Institut Jefferson le plus vite possible et là bas, demandez à Mlle Angela Monténégro de faire une reconstitution faciale d'urgence. Venez Dr Brennan on va vous emmener là bas.
/ /
Tempérance tournait en rond dans son bureau, tel un lion en cage. Personne ne la laissait approcher la plateforme, pensant qu'elle ne pourrait pas être totalement impartiale. Angela avait de suite fait nettoyer le crane et tentait maintenant de faire la reconstitution la plus fidèle possible. Tempérance regretta alors de ne pas être croyante pour pouvoir prier tous les saints de la Terre. Et puis des paroles de Booth me revinrent en tête ''Peu importe de quelle religion on est. Même si on a choisit de ne croire en rien. On a tous une bonne étoile. Chacun, et c'est vers cette bonne étoile qu'il faut se tourner''. À cet instant précis, elle se demanda si sa bonne étoile ne l'avait pas quitté en même temps que Booth.
À cet instant précis, elle comprit que sa bonne étoile était Booth.
-Je viens de trouver une blessure dans l'épaule droite...vieille de plusieurs années.
La voix de Wendell et cette phrase lui envoya un éclair foudroyant dans tout le corps. Elle ne pouvait plus entendre ça. Elle prit ses jambes à son cou et courut comme jamais elle n'avait courut pour rentrer chez elle. Tout l'Institut la regarda mais elle ne pouvait pas s'arrêter. Elle finit par ralentir et rentra chez elle à pieds, les yeux vides et perdus dans le vague.
Sans s'en rendre compte elle arriva chez elle. Elle monta les marches une à une et entra lentement la clé dans la serrure. Elle entra et posa son manteau par terre et se laissa glisser le long de la porte.
Soudain elle se rendit compte que Beckett n'était pas venue à sa rencontre...Elle se leva et tendit l'oreille. Elle vit d'un coup son appartement sans dessus dessous, avec la table basse par terre et des livres éventrés. Elle entendit aussitôt des petits miaulements venant du placard. Elle s'y précipita et ouvrit la porte. Beckett en sortit en courant et en miaulant à la mort. Elle semblait effrayée. Quelqu'un s'était introduit dans l'appartement et avait enfermé son chat dans le placard...Mais pourquoi ? Elle eut sa réponse quand elle vit le mot cloué sur la porte du placard. Elle prit le papier entre ses mains et ouvrit de grand yeux en lisant son contenu.
Faites attention Dr Brennan...Quand on grille une allumette, ça fait des étincelles. Un appartement peut brûler comme son propriétaire...
Elle analysa le mot et ouvrit de grands yeux horrifiés. Brûlés comme son propriétaire...Booth...Ce mot voulait dire qu'ils avaient tué Booth. Elle pleura, secouée par de violents sanglots. Elle entendit alors au loin des sirènes de pompier. Si elle suivait la logique du mot, ça voulait dire que l'appartement de Booth allait être brûlé. Elle laissa tomber le mot et courut dehors. Elle ne prit pas la peine de prendre sa voiture, sachant qu'elle perdrait du temps inutilement. Elle commença à courir à toute allure, à grandes enjambées.
-Mais elle est malade celle là !
Tempérance venait de pousser une jeune femme blonde mais ne s'était pas arrêtée pour autant. Elle courait jusqu'à plus de souffle, zigzaguant entre les passants et les voitures. Le vent lui fouettait le visage, elle avait froid sans son manteau et elle entendit le tonnerre gronder dans le ciel maintenant noir. Des éclairs jaillissaient de toutes parts autour de la ville amis aucune goutte n'était encore tombée. Plus que deux rues et elle y était. Elle accéléra, mais sentit un point de côté et ses jambes n'avaient plus fait de sport depuis longtemps et une crampe arriva lentement mais surement. Elle était en bas de la rue et la remonta, voyant les flammes au niveau de l'appartement de Booth. Elle arriva en quelques secondes là bas mais les pompiers la retinrent.
-Madame, vous ne pouvez pas passer.
-Laissez moi, c'est l'appartement de mon partenaire !
-Nous sommes en train d'arrêter le feu mais il semblerait qu'il n'y ait personne à l'intérieur.
-Bien sur qu'il n'y a personne vu qu'il a disparut ! Ce sont ceux qui l'ont enlevé qui ont mit le feu !
On aurait une folle en cet instant, les cheveux en bataille et le yeux rougis. Une goutte lui tomba en plein milieu du front et bientôt ce fut une pluie torrentielle qui s'abattit sur eux. Ses cheveux devinrent trempés en quelques secondes et prirent une couleur foncée. De larmes vinrent souiller son visage et le pompier eut un pincement au cœur.
-Madame restez derrière la limite...Il n'y a plus rien a faire.
Tout son monde s'écroula. Son appartement était la dernière chose qui lui restait de lui. Et maintenant, c'était, comme ses espoirs, partit en fumée. Elle recula et se retourna pour repartir en courant. Elle traversa la rue en courant, les larmes brouillant sa vision, puis la deuxième rue et d'un coup, elle ouvrit de grands yeux, et on entendit un crissement de pneu, et puis, seulement le silence et le bruit de la pluie s'écrasant sur le goudron froid.
/ /
Angela décrocha son portable, et quand elle entendit son interlocuteur, elle perdit son sourire. Tout se passa maintenant au ralenti. Elle raccrocha et dit à Hodgins de la suivre en lui expliquant la situation. Camille les suivit en prenant son manteau.
Sweets reçut un message, il ouvrit de grands yeux, s'excusa auprès de son patient et courut vers la sortie.
Russ embrassa sa fiancée et ses filles et prit son manteau en fermant la porte.
Max laissa les enfants de son cours au jeune surveillant en lui donnant quelques consignes et fonça dehors.
Ils arrivèrent ensemble à l'hôpital, ils ouvrirent la porte vitrée et entrèrent à l'intérieur.
Tempérance venait de se faire renverser par une voiture.
