Vous êtes gâtés en ce moment ! Après le chapitre avec Asmita d'il y a quelques jours, voici un très long chapitre ! (depuis le temps que vous m'en demandez un).


- Je comprends mieux pourquoi tu ne voulais pas que l'on vienne te chercher sur ton lieu de travail, râle un peu Shion à l'autre bout du fil. Tu t'en fiches d'être suivi par Minos puisque tu…

Albafica le coupe un peu froidement en regardant d'un air absent le rideau de fer s'abaisser pour fermer son magasin. :

- Je t'ai dit que c'était compliqué, je suis moi-même un peu perdu…

- Alba…

- Je m'en sortirai, ne t'inquiète pas.

Le fleuriste récupère sa clé et la range dans son sac. Le téléphone collé à l'oreille, il s'enfonce dans la nuit.

- S'il n'y avait que Minos… mais je te signale qu'à présent tu as deux Juges, autrement dit deux des trois généraux d'Hadès, qui connaissent ton domicile, et que si nous avons vu leurs visages, eux aussi nous ont grillé Dôko et moi. Ce n'est pas bon du tout, ça.

- J'en suis désolé, s'excuse le jeune homme en s'arrêtant devant un passage piéton. Ne t'occupe pas d'eux, je me débrouillerai et ne vous causerai pas plus de soucis.

Une fois le feu de signalisation passé au vert, il traverse la rue et entre dans un petit supermarché encore ouvert.

- J'espère que tu as l'intention de mettre Hakurei, Sisyphe et Athéna au courant. Sans forcément donner les détails, tu peux simplement expliquer que tu as eu affaire à deux Juges… Je suis sûr qu'ils aviseront.

Albafica se mord nerveusement les lèvres. Il a déjà fait un rapport sur Minos il y a de cela une semaine, juste après leur premier combat. Tenir ses Supérieurs au courant de la suite des évènements serait chose logique.

Machinalement, il attrape l'un des paniers en plastique proposés à l'entrée du magasin.

Parler des deux Juges pourrait lui permettre de retrouver un semblant de paix, ainsi qu'un quotidien moins éprouvant. Sisyphe pourrait aisément prendre les choses en main et tourner la situation à leur avantage. Faire passer les ordres nécessaires pour que d'autres Chevaliers leur règlent leur compte… Ainsi, il n'aurait pas à s'en charger en personne, ni à mettre en péril l'issue de cette guerre pour un dilemme personnel indigne d'un Chevalier.

Solution de facilité… Je ne suis pas lâche à ce point…

- Tu sais bien que je ne suis pas doué pour mentir et passer des faits importants sous silence. En admettant que je parvienne à tenir ma langue, mon attitude me trahira d'une façon ou d'une autre.

Le Chevalier du Bélier soupire tandis que de son côté, le fleuriste déambule dans les rayons.

- Dôko et moi ne pourrons pas te couvrir indéfiniment.

Albafica attrape un paquet de riz :

- Je sais, Shion… Mais pour l'instant, je ne sais plus exactement où j'en suis.

- Athéna nous aime beaucoup, tu sais. Si tu lui expliques, je doute qu'elle te pénalise. Elle te comprendra sûrement.

Le Guerrier des Poissons reste silencieux, le temps de prendre une boîte d'œufs et finit par répondre :

- Peut-être oserai-je lui parler si la situation était moins tendue. Dans les circonstances actuelles, je me vois mal débarquer avec mes problèmes, mentionner Minos et mes hésitations le concernant tout en sachant que nous souffrons déjà de la perte de notre Grand Pope et de nombreux hommes. Je pense que nos supérieurs ont déjà énormément à gérer sans avoir à subir mes états d'âme. Si je ne dois citer qu'un exemple, la mort de trois Chevaliers d'or en si peu de temps est bien plus préoccupante.

Tout en parlant, Albafica a bien conscience qu'il n'est pas réellement crédible et qu'il se cherche encore des excuses. Il remplit son panier, conscient des ennuis qu'il risque d'attirer à Dôko et à Shion en préférant taire la relation qui le lie au Spectre du Griffon.

- Pour l'instant nous ne dirons rien, Albafica. Mais si Athéna vient nous trouver et nous pose des questions, je ne mentirai pas et ne passerai aucune information sous silence.

- Bien sûr, murmure le fleuriste en se dirigeant vers la caisse. Je comprends… merci Shion.

Pensif, Albafica règle ses achats et rentre chez lui.

J'ai l'impression de faire un pas en avant et trois en arrière… ça fait la millième fois que je me dis que je dois me bouger. Je dois y arriver, je dois me débarrasser de Minos pour de bon.

Il abandonne ses chaussures dans l'entrée et gagne pieds nus la cuisine où il dépose ses courses.

Ne plus le laisser jouer avec moi…

Le jeune homme range la plupart de ses achats mais garde de quoi préparer son repas du soir.

Je dois réussir… pour ne plus mettre mes amis dans un tel embarras, faire honneur à ma Déesse, à la mémoire de Maître Lugonis… Oh, Maître, que diriez-vous si vous me voyiez ainsi ? Tout ce que vous m'avez enseigné… combien de Chevaliers d'Or des Poissons ont péri au cours des précédentes Guerres Saintes ? Ma Gold Cloth est leur héritage, la preuve vivante de leur existence. Tous ont été tués par des Spectres… Et tel est l'ennemi à abattre. Que me faut-il de plus ?

Le Guerrier ouvre son frigo et sort le beurre. Il en fait fondre dans une casserole et verse ensuite du riz dans le récipient. Avec soin, il enrobe chaque grain avec le beurre fondu, puis verse trois verres d'eau.

Depuis mon enfance, j'ai été formé dans un but précis. C'est moi qui ai accepté ma destinée, en choisissant la voie des Poissons. Maitre Lugonis m'a appris à utiliser mon Cosmos, à le sublimer et à repérer celui d'un Spectre. Le Grand Pope lui-même m'a confié moult importantes missions à travers le monde, et ce depuis des années, pas seulement parce que je suis Chevalier, mais aussi parce qu'il me faisait confiance… Comment puis-je me comporter en traitre alors que l'on m'a tout donné… ?

En soupirant, Albafica remue le riz et sort une poêle où il fait cuire de la viande hachée.

Puis-je réellement me permettre de faire une croix sur tout ça pour le simple caprice de vouloir continuer à voir Minos ?

Le jeune homme se hisse sur la pointe des pieds en ouvrant le placard au-dessus de sa tête. Il attrape une boîte de tomates pelées et l'ouvre.

Des heures, des journées, des années de formation brisées parce que je serais devenu trop lâche ? Non ! Non, je ne peux pas me laisser aller comme ça !

Il rajoute le contenu de la boîte à la viande et mélange le tout avant de laisser mijoter en attendant la fin de la cuisson du riz.

- Ça sent bon, ici.

Le jeune homme tressaille en tendant la main vers le pot contenant ses ustensiles de cuisine.

- Laisse-moi tranquille, Minos…

- Pourquoi ? On s'amuse bien tous les deux, rétorque le Spectre du Griffon.

Tout ça n'est bel et bien qu'un jeu pour toi…

Albafica lâche soudain la cuillère en bois et s'empare brusquement d'un long couteau à viande. D'un geste vif, il le lance droit sur Minos en se retournant. Le Juge lève la main par réflexe et stoppe la lame à un centimètre de son visage en la coinçant entre deux doigts.

- Quel accueil, Poisson… commente le Juge en lui renvoyant simplement l'arme.

La lame siffle, frôle la joue d'Albafica et entaille la chair, coupant au passage une mèche de cheveux qui tombe au sol.

- Je ne veux pas de toi chez moi ! réplique le Chevalier en appelant à lui son Armure.

La Cloth assemblée jusqu'à présent dans sa pièce secrète se disperse en le rejoignant et vient le couvrir. Un grand sourire étire les lèvres de Minos qui semble ravi à l'idée de devoir se battre pour obtenir ce qu'il veut et démontrer une nouvelle fois sa supériorité.

Des roses noires semblant surgir des quatre coins de la cuisine fusent alors vers lui et coupent net les fils de la Manipulation Cosmique qu'il déployait vers sa proie. Albafica observe avec satisfaction sa mine frustrée et lui bondit dessus l'instant d'après pour porter un coup. Pris de court, le Juge recule précipitamment dans le couloir et attrape le poignet du Chevalier qui veut l'atteindre au visage.

- Tu vas foutre le camp de ma maison !

Minos observe avec prudence le filet de sang coulant le long de la joue de son adversaire. Il a toujours le muguet blanc sur lui, mais un doute l'assaille : Albafica a réussi à contourner sa Manipulation Cosmique, il n'est donc pas impossible qu'il soit parvenu à annuler les propriétés de la fleur blanche. Le Juge est obligé de s'écarter vivement afin d'éviter une volée de roses noires.

- A quoi tu joues, Saumon ? Tu sais parfaitement que tu es incapable de me tuer, alors pourquoi ce cirque ?

Un bref instant, le visage du Chevalier se décompose, il se reprend bien vite cependant et libère un flot de roses rouges. Leur poison n'a aucun effet sur le Spectre du Griffon mais les épines parviennent à lui griffer les joues.

Petit enfoiré, comment oses-tu me faire saigner ?! Je vais souffler ta maison et toi avec, tu ne vas rien comprendre et il sera trop tard pour implorer mon pardon !

Mais il n'a pas le temps d'attaquer, le Chevalier d'Athéna est déchainé, mué par une volonté de fer, et se rue encore sur lui. Il parvient cette fois à faire voler son casque en arrière d'un coup de poing. Minos s'empare de ses poignets.

- Doucement, Sushi, tu vas te faire mal…

- Va te faire foutre !

Le Juge d'Hadès affiche un sourire absolument irritant du point de vue d'Albafica qui tente de libérer ses mains de la poigne adverse.

- C'est plutôt toi qui va te faire foutre. Par moi de préférence.

- Seulement dans tes rêves !

Le Juge ne se dépare pas de son sourire et raffermit sa prise. Persuadé que le Poisson va craquer, il se penche pour l'embrasser. Les lèvres cèdent sous les siennes, comme il s'y attendait, et sans perdre un instant, il plaque le Chevalier contre le mur. L'instant d'après, pourtant, Minos recule d'un pas en émettant un grognement de douleur et de contrariété Albafica vient de lui donner un sérieux coup de boule en avançant la tête sans crier gare.

- Bordel ! jure le Griffon. Tu devrais avoir un minimum de respect pour moi, Truite !

- Vraiment ? réplique le concerné avec hargne en s'écartant du mur.

Le Spectre tente de l'attraper, mais le Chevalier échappe à ses mains telle une anguille.

- Parfaitement ! rugit Minos. Mais qu'est-ce qu'un larbin d'Athéna connait au respect ? Pendant que je te faisais l'honneur de partager mon lit, mes semblables se sont fait buter par dizaines par tes petits copains !

- Ton lit ?! s'emporte Albafica. Tu te tapes l'incruste chez moi et non content de me voler ma dignité, tu oses t'approprier mon lit ?!

Le Cosmos du Chevalier semble exploser sous sa fureur. Une nouvelle rose surgit dans sa main, d'un vert profond, et donne soudain naissance à une multitude de lianes qui s'étendent vers le Spectre du Griffon. Ce dernier recule précipitamment, stupéfait. Lui qui pensait connaitre toutes les techniques du Chevalier… Les lianes le rattrapent sans difficulté et le ligotent des pieds à la tête.

Décidé à ne pas se laisser humilier, il déploie brusquement ses ailes métalliques aux plumes plus aiguisées que des couteaux et coupe en morceaux ses liens. Mais Albafica parait infatigable, l'énergie de son Cosmos hissée à son paroxysme fait voleter ses longs cheveux. Les lianes se ramifient en dizaines d'autres. Pire encore pour le Griffon : des épines commencent à pousser petit à petit le long des tiges, formant ainsi une véritable cage de ronces. Minos a beau en trancher des segments entiers, l'étrange végétal repousse à chaque fois en plusieurs exemplaires, à l'image de l'Hydre légendaire. Les épines déchirent ses joues, et très vite, la plante se faufile sous le Surplis Noir.

Le Juge prend conscience du danger lorsqu'il sent l'une des branches souples commencer à s'enrouler autour de son cou. Il l'attrape à deux mains et commence à tirer pour l'arracher. Un hoquet lui échappe soudain et ses yeux se baissent vers son torse. Une ronce épaisse vient de percer le devant de son plastron, l'a traversé de part en part et ressort dans son dos, non loin du système cardiaque loupé de peu. Son regard se tourne vers son adversaire à l'allure princière qui le toise avec un mépris mêlé à un autre sentiment qu'il ne parvient pas à identifier.

- Au revoir, Minos.

Une seconde plus tard, les ronces le jettent par la fenêtre ouverte, loin de la maison.

Le Griffon roule dans la poussière d'un chemin proche, humilié. Haletant, il pose une main sur sa gorge abimée tandis que les liens végétaux se retirent et disparaissent de sa vue. Avec dépit, il regarde son Surplis troué d'où s'écoule un épais sang noir.

Il a loupé le cœur… Erreur de visée ou ne voulait-il pas me tuer… ?

En grimaçant, il se force à se remette debout et s'envole tant bien que mal.

Les Chevaliers des Poissons sont réputés pour ne jamais manquer leur cible…


Le Chevalier des Poissons est assis, haletant, sur une chaise de sa cuisine. Il emploie rarement la technique utilisée à l'instant contre Minos, elle lui demande énormément d'énergie.

La bouilloire, qu'il a mise à chauffer peu de temps après le départ forcé du Griffon, siffle quelques minutes plus tard. Fatigué, le Chevalier retire sa Cloth et verse l'eau bouillante dans un mug contenant un sachet de tisane, puis il gagne son jardin.

La nuit tombée l'apaise. Albafica s'assoit sur la marche de sa terrasse en tournant la cuillère dans sa grande tasse.

La journée a été longue…

Il souffle sur sa boisson chaude et boit une gorgée en regardant ses roses d'un air absent. Il se remémore son passage chez Asmita et leur conversation. Le Chevalier de la Vierge est au courant de beaucoup de choses. Un peu amusé, le Chevalier essaye de deviner en premier lieu qui sont ceux concernés par la « relation cachée » mentionnée par son ami, mais ce petit jeu le lasse finalement rapidement en lui renvoyant sa propre histoire à la figure. Il baisse les yeux sur sa boisson chaude sans savoir ce qu'il ressent. La fierté d'avoir jeté Minos hors de sa maison en le blessant sérieusement, la fierté de ne pas avoir cédé à son baiser… ou le dépit de ne pas être parvenu à le tuer. A moins que ce ne soit le regret de ne pas soupirer de bien être dans son lit, entre ses bras ?

Le fleuriste avale une nouvelle gorgée en s'efforçant de l'oublier et de se concentrer à nouveau sur les propos d'Asmita. Il songe à l'ennemi mystérieux mentionné par ce dernier, aux nombreux Chevaliers décédés si brusquement en une nuit…

Soudain, Albafica tressaille en se remémorant les reproches lancés plus tôt par le Griffon et auxquels il n'avait pas prêté attention sur le moment. Les yeux écarquillés, le jeune homme reste immobile un long moment, craignant ce qu'il est en train d'imaginer.

Ce n'est pas possible, je suis en train de délirer. Je dois tout de même vérifier.

Le Guerrier se remet précipitamment debout, renversant au passage une partie de son infusion qui éclabousse la terrasse, et retourne chez lui. De retour dans la cuisine, il attrape son téléphone abandonné sur la table et fait défiler son répertoire jusqu'au nom de Sisyphe. En attendant que son Capitaine décroche, Albafica regarde la casserole de riz et la poêle délaissée sur la plaque de gaz. Son appétit l'a quitté après la visite de Minos.

- Albafica ?

- Désolé de te déranger à une heure pareille, Sisyphe. J'ai une question à te poser.

Calant le téléphone entre son oreille et son épaule, le Chevalier transfère le riz dans un bol qu'il couvre d'un papier aluminium.

- Je t'écoute.

Le Guerrier réitère l'opération avec le contenu de la poêle et demande :

- Est-ce qu'un détachement de Chevaliers a été envoyé en reconnaissance dans la nuit de lundi à mardi ? Y'a-t-il eu un quelconque affrontement contre des Spectres ?

- Non, répond Sisyphe avec un certain étonnement. Pour le moment j'ai demandé à ce que chacun fasse profil bas en attendant qu'Athéna choisisse un nouveau Grand Pope.

La main du fleuriste se crispe sur son mobile.

- Pourquoi cette question ?

- Oh… j'ai entendu dire que plusieurs Spectres ont trouvé la mort cette nuit-là, mais ma source n'est pas des plus fiables. Il s'agit surement d'une rumeur, mais je voulais en vérifier l'authenticité.

Un silence se prolonge à l'autre bout du fil. Finalement, le Capitaine des Chevaliers reprend la parole :

- Si certains d'entre nous avaient tué des Spectres, je l'aurais su immédiatement. Essaye tout de même d'en apprendre plus, il ne faut rien laisser au hasard.

Albafica range ses restes dans le frigo puis vide sa tisane dans l'évier.

- D'accord, je te tiens au courant.

Il raccroche et finit de rincer sa vaisselle, le visage fermé, craignant les hypothèses qui s'imposent à lui.

D'abord, un massacre de Chevaliers qui ne ressemble pas à la façon de faire habituelle des Spectres. Ensuite, la même chose qui se produit dans le camp ennemi, en sachant que les miens ne sont pas responsables.

Albafica essuie ses mains dans un torchon et se dirige vers la salle de bain où il se prépare un bain. En attendant que l'eau remplisse la baignoire, le fleuriste se déshabille et met ses vêtements dans le panier en osier servant à recueillir le linge sale.

Si ça se trouve… aucun Spectre n'est responsable de la mort des Chevaliers. Asmita a parlé d'un être puissant. Peut-être qu'un autre Dieu se mêle à ce conflit ?

Albafica verse un peu de bain moussant, puis se glisse dans l'eau agréablement chaude. Avec un soupir de bien être, il s'adosse contre la paroi et ferme les yeux.

Faut-il informer les Spectres de cette hypothèse?

Ce qu'il faudrait savoir avant tout, c'est s'ils sont bel et bien innocents du massacre de nos Chevaliers.

Le fleuriste rouvre les paupières. D'un air absent, il fixe le plafond comme si ce dernier détenait la vérité.

Il faut que j'en parle à Minos. En tant que Juge, il doit être au fait des déplacements de ses armées. Si je me rappelle bien des enseignements de Maître Lugonis, hiérarchiquement, il y a Hadès au sommet, puis Pandore qui est le Général en Chef des Armées. Viennent ensuite les Trois Juges qui commandent aux Spectres, mais le Griffon, le Wyvern et le Garuda dépendent eux-mêmes des ordres de leurs deux Supérieurs hiérarchiques. Je crois ne pas me tromper en affirmant que chaque Spectre des cent huit étoiles démoniaques est rangé sous les ordres d'un des trois Juges en particulier.

Albafica enfonce la tête sous l'eau. Ses cheveux ondulent doucement.

Il pourra me renseigner, oui… Demain, j'irai le trouver et je l'interrogerai. Si nous avons un ennemi commun, les Spectres sont en droit de le savoir et peut-être… peut-être pourrions-nous envisager une paix temporaire, le temps que l'ennemi soit vaincu. Cette Guerre commence à s'éterniser, nous sommes nombreux à nous lasser. Autrefois, nous n'attendions qu'une seule chose : qu'Athéna ou le Grand Pope nous envoient sillonner villes et pays, enquêter à la recherche de tout Cosmos étranger ou d'évènements incongrus pouvant trahir la présence de Spectres. Mais même ces affectations se font aujourd'hui de plus en plus rares, comme si nos Supérieurs étaient eux-mêmes pris de fatigue par cet affrontement qui n'en finit pas. Notre ardeur nous fait depuis longtemps défaut.

Ne ressentant pas le besoin de sortir la tête à la surface pour respirer, il reste sans bouger. D'un coup d'œil, il passe en revue l'état de son torse sans s'attarder sur les traces le marquant comme la propriété de Minos.

Albafica ignore s'il est heureux à l'idée de revoir prochainement le Griffon ou si cette perspective, au contraire, le terrifie.


Et voilààààà ! Contents, les enfants ? Au fait, j'ai une nouvelle pour vous, j'ai ouvert un site internet consacré à Albafica, mes fics yaoi et pas mal de trucs sur ce petit couple. Je veux faire quelque chose d'assez varié. Le site a été mis en place vendredi matin, pour l'instant il n'a pas grand chose à vous présenter, mais je rajouterai petit à petit toutes mes fics, ainsi que des vidéos, j'essaierai aussi de mettre le Drama d'Albafica avec une traduction française correcte et aussi je mettrai des dessins, des dessins et des dessins !