Publié le dimanche 5 août 2018.

Disclaimer : Tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling, je vous fais confiance pour savoir ce qui est inventé et ce qui ne l'est pas ! ;)

Note : Salut tout le monde ! J'espère que vous appréciez le retour des publications (en tant et en heure en plus, je devrais fêter ça... :D). Dans le dernier chapitre, vous avez pu retrouver Valya qui, après avoir eu quelques petits problèmes avec Drago, avait quelques problèmes avec un sympathique Vaerian et pour finir, quelques problèmes avec Sirius. Aujourd'hui, chapitre 28 donc et... je pense qu'on peut dire que les problèmes continuent ! Je précise que c'est un chapitre qui n'était pas prévu à la base, il s'agissait simplement d'un pov Drago qui devait être greffé à un autre chapitre (ce qui explique qu'il soit centré presque uniquement sur Drago et peut-être un peu plus court). Finalement, j'ai trouvé que c'était intéressant de développer un peu plus et cela me permettait de donner des explications sur certains comportements et de préparer le terrain pour la suite. Bref, comme toujours un grand merci à Marion et à Corentin pour leurs conseils et leurs corrections. Merci à tous les lecteurs qui suivent cette histoire et en particulier à ceux qui m'ont laissé des reviews au dernier chapitre.

Le prochain chapitre sera intitulé Quand rien n'a de sens. Il y a des fans de Ron et/ou Hermione par ici ? Si oui, je pense que vous allez être contents, encore un peu de patience... ;)

Pour l'instant, le rythme de publication reste d'un chapitre par mois. Le chapitre 29 sera donc publié le dimanche 2 septembre 2018. (Une précision au passage parce que je pense que ça peut en perturber certains : quand je parle du chapitre 29, il s'agit en réalité du chapitre 29 PLUS le prologue, donc du chapitre 30 pour vous)

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture ! N'hésitez pas à laisser une review pour donner votre avis, ça me motive vraiment et ça me pousse à écrire ! ;)

CHAPITRE.28 : La guerre du Serpent (Young God - Halsey)


Théo était installé à la table des Serpentard, en train de prendre son petit-déjeuner. Il leva les yeux et adressa un sourire incertain à une jeune fille brune, assise à la table des Serdaigle. Lisa Turpin. Sa petite amie. Il n'en revenait toujours pas de pouvoir l'appeler ainsi et il avait presque envie de sauter partout en criant. Lisa était l'une des filles les plus populaires de l'école. Grande, mince avec juste ce qu'il fallait de formes, elle avait la peau mate, des cheveux lisses et brillants d'une incroyable couleur chocolat et de grands yeux vert clair. Elle était ce qu'on appelait communément une bombe et tous les garçons lui tournaient autour. Elle avait d'ailleurs déjà eu plusieurs petits amis et Théo n'aurait jamais pensé qu'elle pouvait s'intéresser à un garçon dans son genre, intello et solitaire. Mais lui, il s'était intéressé à elle. Évidemment. Lisa était jolie, sexy même, et il restait un adolescent comme les autres. Sauf qu'elle était également drôle, gentille, ses excellents résultats scolaires faisaient honneur à sa maison, elle jouait du piano et elle adorait la littérature moldue. Elle avait tout pour plaire, pire encore, elle avait tout pour LUI plaire et c'était ce qui avait définitivement perdu Théo. Lisa passait beaucoup de temps à la bibliothèque comme lui et il l'observait parfois à la dérobée, depuis la quatrième année en fait. C'était seulement lorsqu'il s'était rendu compte qu'il s'arrangeait souvent pour la croiser « par accident » et qu'il connaissait presque toutes ses petites manies par cœur que Théo avait compris qu'il était accro. Il trouvait adorable la façon qu'elle avait de froncer le nez lorsqu'elle était concentrée sur ses devoirs et il était fasciné par les minuscules paillettes dorées qu'on pouvait apercevoir dans ses yeux lorsqu'elle ôtait ses lunettes après avoir fini de travailler. Et puis, vers la fin du mois de novembre, il l'avait aperçue à la bibliothèque en train de lire un gros roman qu'il connaissait bien. Le dernier tome de Game of Thrones. A l'origine, c'était Valya qui lui avait passé les premiers livres, lassée de l'entendre ronchonner un soir où il se plaignait qu'il n'avait plus rien à lire et qu'il s'ennuyait. La jeune Black était largement mieux pourvue que lui en romans moldus car même si Théo n'avait rien contre ceux qui n'avaient pas de pouvoirs magiques, il n'avait quasiment jamais l'occasion de se rendre dans des librairies moldues. Sa mère était certes une Sang-mêlée mais elle côtoyait très peu le monde moldu. Ce qui était nul puisque les Moldus étaient bien plus doués en littérature que les sorciers.

Lorsque Théo avait vu Lisa en pleine lecture, il avait presque eu envie d'éclater de rire. Ils devaient être à peine une dizaine dans tout Poudlard à lire cette saga et il fallait que la fille qui lui plaise en fasse partie ! Et avant d'avoir pu se retenir, il avait ouvert la bouche pour demander :

- Toi aussi tu lis ce bouquin ?

La Serdaigle avait sursauté avant de le fixer avec surprise et il s'était senti comme un parfait imbécile. Mais Lisa avait acquiescé, avant d'entamer la conversation un peu anxieusement. Elle semblait vraiment étonnée que Théodore Nott, l'intello asocial de Serpentard, vienne lui adresser la parole, qui plus est pour lui parler d'un livre moldu. Même si elle n'avait visiblement pas d'aussi gros préjugés que certains, la maison des Vert et Argent était tout de même loin d'avoir bonne réputation. Et Théo, lui, était surtout stupéfait que Lisa connaisse son existence et encore plus son prénom. Ils avaient discuté pendant un moment avant de se quitter le sourire aux lèvres. Ils s'étaient reparlés par la suite, toujours à la bibliothèque. A chaque fois, cela s'était fait très naturellement, sans qu'ils ne le prévoient vraiment. Ils s'étaient vu de plus en plus souvent et ils avaient même fini par s'échanger des livres, appréciant tout simplement la présence l'un de l'autre.

Le dernier jour de cours avant les vacances de Noël alors que Théo s'était penché pour faire la bise à la jeune fille, elle avait pris les devants et tourné la tête pour poser ses lèvres sur les siennes, alors qu'il ne s'y attendait pas le moins du monde. Elle était partie en riant timidement, laissant sur place un Théo rougissant, le regard rêveur. Finalement, ils s'étaient retrouvés le lendemain dans le Poudlard Express et ils avaient passé tout le trajet ensemble. En bafouillant, le Serpentard avait fini par prendre son courage à deux mains et lui demander si elle voulait bien l'accompagner au bal de la Saint-Valentin, ce que Lisa avait accepté avec joie. Plus tard, Valya avait fait une apparition, implorant l'autorisation de s'incruster pour une heure ou deux et Théo en avait profité pour lui présenter Lisa officiellement. Les deux filles s'étaient plutôt bien entendues et ils avaient passé un moment à discuter tous les trois, avant que Valya ne retourne dans son propre compartiment en précisant avec un clin d'œil qu'elle voulait « les laisser entre eux ». Le châtain avait été soulagé que tout se soit bien passé. En effet, il s'était attaché à la jeune Black et ça l'aurait attristé qu'elle ne s'entende pas avec sa petite amie. Pendant les deux semaines de vacances, Théo avait également échangé de nombreuses lettres avec Lisa et il avait trépigné à l'idée de la retrouver à la rentrée.

Il revint à la réalité lorsqu'il vit le sourire que la Serdaigle lui adressait se transformer en une grimace épouvantée. Sa petite amie lui fit un geste de la main pour lui montrer quelque chose dans son dos et Théo poussa un juron sonore.

- Par Salazar, Valya ! Qu'est-ce que tu…

- Si tu me demandes ce que j'ai fait, je te jure que je te transforme en asticot, grogna la jeune Black en se laissant tomber sur le banc à côté de lui.

- Je ne demande pas mais j'en pense pas moins, rétorqua Théo.

L'état de Valya était effrayant. Les blessures qu'elle avait un peu partout étaient tout simplement trop nombreuses pour qu'il puisse les compter. La plupart des élèves présents dans la Grande Salle la fixaient avec ébahissement, tellement elle semblait sur le point de s'écrouler. Ils étaient déjà en train de chuchoter dans son dos, élaborant des hypothèses toutes plus absurdes les unes que les autres. Machinalement, Théo leva une main pour effleurer la balafre qui s'étalait sur la joue droite de la jeune fille.

- Aïeeuuuuh ! râla-t-elle en s'écartant vivement.

- Oh ça va, tu arrives à te balader avec des fractures ouvertes pendant une heure alors…

- Ça reste pas agréable quand même, maugréa la jeune blonde.

Elle paraissait encore plus usée et sur les nerfs qu'à l'habitude, ce qui augmenta d'un cran l'inquiétude du Serpentard. Sa respiration sifflante et ses épaules affaissées indiquaient qu'elle avait sans conteste des côtes cassées. Le chatain se demanda ce qui avait bien pu se passer pour qu'elle finisse dans un état pareil et surtout, pourquoi est-ce qu'elle ne s'était pas encore soignée. Il savait bien qu'elle refusait de mettre les pieds à l'infirmerie mais elle disposait d'un large éventail de moyens pour se guérir toute seule. Y compris un petit stock de potions qu'elle avait volées à Rogue en début d'année…

Sans le moindre signe avant-coureur, Valya se plia en deux en hoquetant de douleur, la main gauche plaquée sur son avant-bras droit. Elle remonta brusquement la manche de son sweat-shirt, déjà tachée de gouttes écarlates, et posa un regard horrifié sur son bras. Les glyphes rougeâtres qui couvraient sa peau flamboyaient, le sang coulant par endroits. La jeune fille les frôla d'une main tremblante, qu'elle retira précipitamment tant son bras était enflammé, en plus d'être déjà meurtri par ce qui ressemblait à de profondes traces de morsures. Fusillant du regard un groupe de Poufsouffle à la table voisine qui s'intéressaient un peu trop à eux, le châtain saisit le bras de Valya pour l'examiner de plus près. Il était probablement l'un des seuls à pouvoir se permettre ce genre de familiarités avec elle mais son manque total de réaction était tout de même plus qu'alarmant. Ses doigts se crispèrent autour du poignet de la Serpentard. Ceux qui avaient aperçu les marques rouges imprimées sur le bras de la jeune blonde les avaient sûrement prises pour un vulgaire tatouage mais Théo n'était pas dupe. Il comprenait ce que ça impliquait.

- Ton ami a besoin de toi… souffla-t-il avec hésitation.

- J'peux rien faire pour lui, murmura Valya, la détresse visible dans ses yeux. Je peux pas l'aider, tu comprends ?!

Il l'avait déjà vue en colère ou triste. Il l'avait déjà vue inquiète. Mais c'était la première fois qu'il pouvait lire cette panique sur son visage. Là, elle était impuissante, elle en avait bien conscience. Et ça la rendait dingue. Puis, aussi vite que cela avait commencé, les scarifications arrêtèrent de saigner. Le Serpentard posa une main réconfortante sur l'épaule de son amie et la secoua légèrement.

- Hé ! Hé, Valya… C'est fini, d'accord ? C'est passé… Il va sûrement bien maintenant, insista-t-il alors qu'elle gardait les yeux rivés sur sa peau encore à vif.

- Qu'est-ce qu'il a bien pu faire cette espèce de crétin… siffla-t-elle entre ses dents après un instant de silence. Si je lui mets la main dessus…

- C'est ça, oui. Et ton copain mystère, tu es sûre qu'il ne s'est pas affolé, lui aussi, quand tu t'es faite exploser la tête par je-ne-sais-quoi, hier ? lâcha Théo avec sarcasme.

- Très drôle, rétorqua sombrement la jeune fille en lui adressant un regard furibond. Elle s'affala un peu plus sur le banc, laissant tomber sa tête sur la table, l'air prête à se taper le front contre le bois. Mais quelle semaine de merde, putain, quelle semaine… gémit-elle finalement.

- On est seulement mardi. Attends de voir le reste de la semaine, ajouta doctement le châtain.

- Que j'attende de voir ce qui peut encore me tomber dessus tu veux dire ? persifla Valya.

Il haussa les épaules.

- Déjà, commence par m'expliquer ce qui t'est arrivé pour être dans un état pareil. Même les Inferi ont meilleure mine, asséna-t-il, impitoyable.

- Charmant, Nott, merci, ronchonna la jeune blonde en grimaçant.

Sans répondre, Théo se tourna pour faire face à l'adolescent aux cheveux d'un blond immaculé qui venait d'entrer dans la Grande Salle et s'apprêtait à s'asseoir à leur table, à quelques places d'eux. Bien sûr, il avait assisté à l'altercation de la veille entre les deux Serpentard. Et pour son propre bien, l'autre avait intérêt à ne pas être le responsable de l'état de la jeune Black. Théo se leva lentement.

- Malefoy, gronda-t-il, est-ce que tu as quelque chose à voir avec ÇA ?!

ooo

Drago serra les poings. Il venait à peine de mettre les pieds dans la Grande Salle et forcément, il fallait que Nott lui tombe dessus. Il ne pensait pas que le châtain pouvait avoir l'air aussi menaçant, ses yeux d'un marron sombre étincelant de fureur derrière ses lunettes. Le blond étira tout de même ses lèvres sur un sourire narquois.

- Content de savoir que tu penses que c'est moi qui m'en sortirais sans une égratignure dans un duel contre Black, ricana-t-il avec hauteur.

- Je ne le pense pas, rétorqua Nott. Je me dis juste que TOI, tu aurais eu l'intelligence d'aller te faire soigner à l'infirmerie !

Furieux, Drago avança vers Nott, qu'il dominait quasiment d'une tête et Black se retourna au même moment pour attraper le châtain par le bras. « Théo… » commença-t-elle alors qu'il crachait un :

- Écoute moi bien, Nott, je…

Il s'interrompit brusquement et eut un mouvement de recul face à l'allure de Black. Ça paraissait encore pire maintenant qu'il la voyait en pleine lumière. Son arcade sourcilière avait à peine cicatrisé et c'était loin d'être la seule trace sur son visage. Un énorme hématome violacé s'étendait de sa pommette gauche jusqu'au bas de sa mâchoire et une large estafilade coupait sa joue de l'autre côté, sans compter les éraflures moins visibles à divers endroits. Il sentit une pointe de regret le traverser. Ce qui arrivait à Black n'était pas son problème et en toute logique, il aurait dû s'en ficher complètement mais c'était plus fort que lui. La veille, s'il s'était rendu compte immédiatement qu'elle était aussi mal en point, il ne l'aurait jamais agressée de cette manière et aurait attendu avant de s'expliquer avec elle. D'autant plus qu'elle était, de toute évidence, également blessée au ventre, au dos, à la jambe… Il posa les yeux sur son bras encore ensanglanté et, sentant son regard, elle baissa sa manche d'un geste vif. La jeune fille le toisa avec une mauvaise humeur manifeste, plantant ses iris bleu gris dans les siens.

- Quoi Malefoy, y'a…

- Ça ne sert à rien de prendre tes grands airs avec moi, Malefoy, coupa abruptement Nott. Tu devrais arrêter de me sous-estimer juste parce que je ne passe pas mon temps à me mettre en avant comme toi. J'observe plus que tu penses et j'en sais plus que j'en dis. Peut-être que je n'aurais pas le dessus dans un duel mais je te jure que tu n'en sortirais pas indemne tout de même ! Alors je te repose la question : est-ce que tu as quelque chose à voir avec son état ?! aboya-t-il en désignant la jeune blonde d'un geste du pouce. Non mais regarde-la, on dirait qu'elle s'est pris une rafale de Diffindo !

- Théo, arrête ça, pesta à nouveau la concernée, c'est ridicule et…

- C'est bon, lâche-moi, Nott ! s'échauffa Drago, sentant l'irritation monter de plus en plus.

La veille, il avait passé une journée épouvantable suivie d'une nuit tout aussi mauvaise. Il était fatigué, tout ce qu'il voulait c'était avoir un moment de tranquillité sans Parkinson, Zabini et encore moins Black ou Nott pour le faire chier. Il prit conscience qu'ils étaient, une fois de plus, le point de mire de toute la Grande Salle et son agacement augmenta encore. Il en avait plus qu'assez de se faire remarquer à cause de Black, plus qu'assez de se faire humilier ou accuser par sa faute. Il en avait plus qu'assez d'avoir la jeune fille et son foutu sourire narquois ou à l'inverse, son rictus aussi glacial que le pôle Nord, sous le nez toute la journée. Heureusement, une nuée de hiboux entra dans la Grande Salle détournant l'attention de leur trio.

- J'y suis pour rien, ok ?! finit-il par assurer à l'adresse du châtain, espérant ainsi pouvoir prendre son petit-déjeuner en paix. Elle était déjà comme ça quand elle est rentrée hier soir ! Et ne commence pas à me mettre sur le dos la moindre des égratignures de Black, je me fiche qu'elle se casse un ongle, qu'elle tombe de son balai ou quoique ce soit d'autre tant que ça ne nous empêche pas d'écraser les Serdaigle au prochain match ! Alors inquiète-toi pour ta chérie si tu veux mais ne viens pas m'emmerder avec ça !

- Tu…

- STOOOOP ! Non mais vous allez arrêter de m'interrompre toutes les dix secondes et de parler de moi comme si j'étais pas là, oui ?! explosa sèchement Black. Je suis à côté de vous au cas où vous n'auriez pas remarqué ! Alors Théo, pour une fois ce n'est effectivement pas de sa faute, je suis juste tombée sur un connard un peu plus coriace que lui. Si tu permets, je t'expliquerais quand on sera seuls plutôt qu'au beau milieu de la Grande Salle où tout le monde nous regarde et nous écoute alors qu'ils devraient plutôt se mêler de leurs affaires…

A ces mots, quelques jeunes Serpentard qui les fixaient avec avidité se levèrent pour s'enfuir presque en courant face à son regard noir. Ils s'empressèrent d'aller s'asseoir plus loin, frissonnant d'effroi.

- En plus, je suis allée à l'infirmerie, je te signale ! Et TOI, enchaîna la jeune blonde en pivotant vers Drago, ne commence pas à jouer au petit caïd et à foutre la merde avec tes insinuations pourries ! Comme si y'avait pas déjà assez de problèmes comme ça…

Elle se leva péniblement sans s'appuyer sur sa jambe gauche, visiblement prête à s'en aller. Elle avait à peine fait deux pas que Potter déboulait devant leur table, complètement affolé, suivi de près par ses deux toutous habituels.

- Valya ! brailla-t-il. Faut que tu vois ça, c'est…

- Oh non, quoi, qu'est-ce qu'il y a encore ?! protesta la jeune blonde.

Pour toute réponse, le Gryffondor étala un journal sur la table devant elle et Nott. Drago en profita pour lui adresser un sourire goguenard et recula d'un pas, les yeux écarquillés, face au regard meurtrier qu'il reçut en réponse. Qu'est-ce qui lui prenait à Potter ? Il n'était pas aussi agressif d'habitude. Pour qu'il réagisse de cette manière, la situation devait vraiment être grave. Il vit Black blêmir tandis que Nott poussait une exclamation étranglée. Mû par un très mauvais pressentiment, le blond se pencha par-dessus l'épaule de la jeune fille, plus petite que lui, pour pouvoir également jeter un œil sur le journal. Il eut l'impression de recevoir un Cognard en pleine tête.

ÉVASION MASSIVE D'AZKABAN

LE MINISTÈRE CRAINT QUE BLACK SOIT LE « POINT DE RALLIEMENT » D'ANCIENS MANGEMORTS

Dix photographies en noir et blanc occupaient la plus grande partie de la une de la Gazette du Sorcier. Antonin Dolohov, Augustus Rookwood… et Bellatrix Lestrange. Il sentit la nausée monter en lui face au sourire plein d'arrogance et de dédain qu'elle leur adressait. « Non… Non, non… », s'horrifia intérieurement Drago. Il avait été prévenu pourtant, contrairement aux autres. Il aurait dû s'y attendre. Black, les mains posées sur la table de chaque côté du journal, secoua lentement la tête de droite à gauche comme si par ce simple geste elle allait pouvoir effacer ce qui s'affichait sous leurs yeux.

- Ça commence… souffla-t-elle en passant la main dans ses cheveux blonds.

Elle se frotta légèrement le front, échangeant un regard avec Potter que Drago ne put interpréter. Le Gryffondor porta deux doigts vers sa cicatrice, l'air encore plus tourmenté qu'auparavant. Puis la jeune fille tourna la tête vers le blond, le dévisageant avec une stupéfaction épouvantée. Drago sentit son estomac se nouer. A cet instant, il lisait en elle comme dans un livre ouvert. Il voyait parfaitement à quoi elle était en train de penser, les mots qu'il lui avait adressés la veille tournoyant dans son esprit : « Tu vas le regretter… ».

- Black…

Il voulait crier, lui dire que ce n'était absolument pas de ça dont il avait voulu parler mais avant qu'il n'ait pu esquisser un geste, elle avait déjà tourné les talons, lui jetant seulement un regard de pur dégoût, mêlé de honte.

- BLACK ! hurla-t-il sous les regards médusés de l'assemblée alors qu'elle sortait de la Grande Salle.

Cette fois, il se fichait bien d'attirer l'attention. Tout ce qui comptait, c'était de la convaincre qu'il n'avait rien à voir avec cette foutue évasion. Sans réfléchir, Drago se précipita à la suite de la jeune blonde, bousculant Potter au passage d'un coup d'épaule rageur. Dès qu'il eut passé la porte, il se mit à courir. Black était blessée, fatiguée, et pour une fois, il put la rattraper sans mal. Il la saisit par le bras, sans douceur mais sans agressivité non plus, la forçant à reculer dans un coin plus à l'écart du couloir.

- Lâche-moi, Malefoy, se rebiffa la jeune fille. Je crois que c'est suffisamment clair, on a plus rien à se dire. Mais c'est vrai que tu m'avais prévenue après tout…

- Arrête ça, Black, c'est n'importe quoi ! s'énerva Drago. Je n'ai rien à voir là-dedans et tu le sais !

- Ah oui, vraiment ?! contra-t-elle, l'air mauvais. Pourtant… « Je suis sûr que ça ne va pas te plaire »… c'est bien ce que tu t'es empressé de m'affirmer, non ?!

- C'est pas ce que j'ai voulu dire ! se défendit le blond. Ça n'avait aucun rapport et tu avais très bien compris de quoi je parlais ! gronda-t-il avec fureur.

Durant une seconde, un air coupable se dessina sur le visage de Black mais il s'effaça bien vite.

- Sauf que tu le savais ! Tu étais au courant, pas vrai ?! Et tu n'as rien dit…

Drago se passa une main nerveuse sur la nuque.

- Oui, admit-t-il. Oui, j'étais au courant, d'accord ?!

- J'en étais sûre, enragea la jeune blonde. T'es vraiment…

Elle tenta de dégager son bras qu'il maintenait toujours et l'adolescent resserra sa prise, se rapprochant même davantage.

- Mais bordel, Black, on n'est pas amis ! s'emporta-t-il. Mon père est un Mangemort comme tu me l'as si gentiment rappelé pas plus tard qu'hier et c'est ma cinglée de tante qui vient de s'échapper d'Azkaban ! Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ?! Que je vienne te voir la bouche en cœur pour te dire « Je ne sais pas quand ni comment mais il va y avoir une évasion massive d'Azakaban dans les jours qui suivent » ? Après ce que tu m'as fait hier ?! Mais tu m'aurais rigolé au nez ! Faut être réaliste, on n'est même pas alliés ou quoique ce soit ! On ne se supporte pas, les rares fois où on s'adresse la parole c'est pour se hurler dessus en se crachant des insultes à la gueule ! On n'est… on n'est juste pas dans le même camp… termina Drago amèrement.

Le silence qui suivit la fin de sa tirade fut carrément assourdissant. Black le fixait, les yeux écarquillés, puis ses épaules s'affaissèrent complètement. Elle baissa misérablement la tête vers le sol.

- Ouais c'est vrai… souffla-t-elle finalement. Désolée.

Le silence devenait insupportable à présent et Drago se crispa un peu plus. Peter avait raison. Il avait le choix mais dans tous les cas, c'était injuste. Il n'avait pas la moindre envie d'être dans le camp du Seigneur des Ténèbres et de ses Mangemorts. Il ne voyait pas comment il pouvait être dans celui de Potter, Weasley et de toute la clique de l'Ordre du Phénix. Il ne prenait même pas en compte Black, c'était encore un cas à part. Sauf que s'il n'était pas avec « le Survivant », il était contre lui. C'était aussi simple que ça. Le jeune homme secoua lentement la tête.

- Ne te mêle pas de ça, Black, supplia-t-il presque. Tu ne peux rien faire de toute façon.

La situation était déjà bien assez compliquée sans qu'elle ne vienne s'ajouter à l'équation. Et pour ses propres plans, il préférait franchement ne pas l'avoir dans les pattes. Elle ne comprenait pas à quel point Bellatrix pouvait être démoniaque. Elle ne savait rien à propos de Peter ou de Julia. Si Black décidait d'intervenir, elle risquait surtout de provoquer un chaos encore plus monumental. Et bien évidemment, elle n'allait en faire qu'à sa tête, songea rageusement Drago alors qu'elle posait sur lui un regard résolu.

- Pour ce qui est de ne pas m'en mêler, je crois bien que c'est trop tard, lâcha-t-elle d'une voix lasse.

Il se rendit compte que ce qu'il avait pris pour de la détermination n'était en fait qu'une sombre résignation. Une nouvelle fois, Black leva la main pour frotter son front, ce qui horripila Drago. Il voyait bien que quelque chose lui échappait. Il avait un million de questions et, pour une fois qu'ils arrivaient à discuter à peu près calmement, il aurait bien aimé avoir des réponses et des vraies. Mais il était sûr que dans quelques secondes, la jeune fille allait encore s'enfuir, refermant la mince faille qu'elle avait brièvement laissé paraître et dans laquelle il avait tenté de s'engouffrer. Elle allait retourner à son indifférence glaciale et lui allait se retrouver tout seul comme un con une fois de plus, sans aucune chance d'obtenir le moindre début d'explication. Il n'eut pas le temps de s'appesantir là-dessus. Du coin de l'œil, Drago vit une forme bouger au fond du couloir. Il sentit une sueur glacée couler le long de sa colonne vertébrale, son instinct lui signalant tout de suite que quelque chose n'était pas normal. Il saisit sa baguette magique mais Black fut plus rapide.

- ATTENTION, baisse-toi ! l'avertit brusquement la jeune blonde en plongeant vers le sol et il suivit le mouvement, entraîné par son bras qu'il tenait toujours.

Un sortilège d'une sinistre couleur violette passa à quelques centimètres au-dessus d'eux, venant s'écraser à l'endroit précis où se trouvait la tête de Drago un instant auparavant. Le Serpentard jeta un regard vers l'extrémité du couloir et se releva furieusement.

- Nom d'un gobelin, Zabini ! gronda-t-il. Mais qu'est-ce que tu fiches ?!

Le métis parut vaguement gêné puis il déclara nonchalamment :

- Désolé, Drago, ça ne t'était pas destiné…

Il était accompagné de Parkinson mais également de Crabbe et Goyle, ce qui n'augurait rien de bon.

- Tu ferais mieux d'apprendre à viser dans ce cas, coupa Black, le ton rauque, et Drago ne put qu'approuver avec une légère grimace.

S'il avait pu éviter de se prendre un maléfice de magie noire en pleine figure, c'était uniquement grâce aux réflexes de la jeune fille. Le sourire railleur de Zabini se figea avant de se faire plus menaçant. Crabbe et Goyle se rapprochèrent pour les entourer, de sorte que Black se retrouvait bloquée entre le mur et les autres Serpentard.

- Tu peux prendre tes grands airs, Black, ça ne sert à rien, cracha Zabini. Bien joué, Drago !

« Quoi ?! », protesta intérieurement le blond, se demandant ce qu'il venait faire dans cette histoire.

- Tu as réussi à la coincer, enchaîna le métis en jubilant.

- Alors, Black, on fait moins la maligne maintenant ? gloussa Parkinson. T'es dans un sale état dis donc…

- Tu es tombée sur plus fort que toi ? renchérit Zabini. Dis-moi qui c'est, je pourrais lui envoyer des fleurs. Il t'a mis une sacrée raclée en tout cas… et on va pouvoir te montrer ce qui arrive à ceux qui se croient au-dessus de nous, acheva-t-il avec un rictus sadique.

Drago pâlit soudainement, priant pour que ces deux crétins se taisent. Il venait de comprendre. Ses « amis » croyaient qu'il avait voulu profiter de la faiblesse momentanée de Black pour l'attirer dans un piège et se venger. Ce n'était pas du tout son intention mais il était bien obligé de reconnaître que c'était parfaitement son style et qu'il n'aurait, en principe, eu aucun scrupule à mettre sur pied un tel coup bas. La jeune blonde devait le penser également puisqu'elle dardait sur lui un regard littéralement assassin et Drago résista à l'envie de déglutir. Elle allait le tuer. Non, pire encore, elle allait le massacrer. Elle allait lyncher Zabini avec son escorte de guignols et ensuite, c'était sur lui que sa colère allait retomber. Parce que le blond n'avait aucun doute : même blessée, il était sûr que Black avait plus d'un tour dans son sac pour s'en sortir. Il secoua frénétiquement la tête derrière Zabini, tentant ainsi de lui signifier qu'il n'y était pour rien mais ce fut loin d'être efficace. Le groupe de Serpentard avança encore, forçant Black à s'appuyer dos contre le mur. Parkinson et Zabini dégainèrent leurs baguettes magiques, le métis pointant la sienne sous la gorge de la jeune blonde. Ils se délectaient de la situation et Drago décida qu'il était temps d'intervenir. Ce n'était pas eux qui vivaient dans les mêmes appartements que Black, ils ne pensaient même pas aux conséquences de leur stupidité. Et lui au moins était suffisamment lucide pour voir qu'ils n'avaient aucune chance contre la jeune fille.

- Range ton jouet, Blaise, ordonna-t-il d'une voix glaciale. Je ne sais pas ce que tu t'imagines, j'avais juste une petite explication avec Black. L'explication est terminée, j'ai mis les choses au clair et maintenant, elle va s'en aller. N'est-ce pas ? insista-t-il en lançant un regard pénétrant à la jeune blonde qui haussa un sourcil décontenancé.

- Oh allez, Drago, sois sympa, laisse-nous nous amuser un peu, geignit Parkinson.

Zabini, lui, le fixa d'un air suspicieux.

- Et quel genre d'explication au juste ?

Drago se retint à grande peine de lui envoyer son poing en pleine figure. Comment osait-il…

- Une information plutôt, répliqua le blond. Vous n'avez pas lu le journal ?

- Non pourquoi ? s'étonna le métis.

Parkinson sortit un exemplaire de la Gazette du Sorcier de son sac et ils se penchèrent dessus pour lire.

- IL les a faits évader, grogna Goyle, ouvrant la bouche pour la première fois.

Il était à peu près aussi grand que Drago mais au moins deux fois plus large. Ses mèches coupées courtes d'un roux sombre presque brun et ses yeux marron clair accentuaient son allure de brute. Avec sa coupe au bol et sa taille plus petite, Crabbe n'était peut-être pas aussi impressionnant mais il était énorme. Plus enrobé que musclé avec des airs de sumo, il était encore plus imposant que Goyle.

- Ils ont pu rejoindre les rangs du Seigneur des Ténèbres ? bredouilla-t-il.

- La ferme, tous les deux ! tança soudainement Zabini. Vous ne vous rendez pas compte de ce que ça signifie… Il exultait littéralement. Notre Maître accroit encore sa puissance ! Bientôt il aura une armée entière à sa disposition et il écrasera Potter comme un insecte. Nous pourrons détruire tous ceux qui tenteront de le soutenir, ils n'auront plus aucune chance !

Black, qui n'avait toujours pas bougé, émit une exclamation méprisante, visiblement dégoutée par cet étalage de fanatisme.

- Donc d'après ton raisonnement, Voldy a besoin d'une armée pour buter un adolescent de quinze ans ? persifla-t-elle. Il n'est vraiment pas doué, votre patron… Mais après tout, c'est vrai que même un bébé il n'a pas réussi à le tuer !

Zabini se jeta à nouveau sur elle, lui enfonçant sa baguette dans les côtes.

- Tais-toi ! siffla-t-il. Je t'interdis de parler du Lord de cette manière ! Et je vais te le faire payer, crois-moi. Mais avant… on va discuter un peu. A nouveau, le métis étira les lèvres sur un sourire inquiétant. Tu vois, mon anniversaire tombe à la fin du mois de février alors j'aurais l'honneur de recevoir la Marque seulement à ce moment. Mais pendant les vacances, j'ai été convié à l'une des petites réunions données par le Seigneur des Ténèbres. Et j'y ai croisé un certain Kieran…

Il sourit encore plus largement, certain de son petit effet. La jeune blonde ouvrit de grands yeux surpris. Puis elle eut une réaction à laquelle Zabini ne s'attendait manifestement pas du tout : elle éclata de rire.

- Attends un peu, hoqueta-t-elle, tu ne pensais quand même pas sérieusement que je n'étais pas au courant pour Kieran ?!

- Je… balbutia Zabini, complètement désarçonné, ce qui renforça encore l'hilarité de Black.

- Enfin, tu m'auras au moins appris un truc… ça y est alors, il l'a fait. Le louveteau a rejoint son maître.

Le métis lâcha un petit son horrifié.

- Quoi, qu'est-ce qu'il y a, Zabini ?! Je t'ai choqué peut-être ?

- Tu te fous de ma gueule, tu… tu ne peux pas dire ça ! C'est du bluff, tu ne le penses pas vraiment, c'est… contredit-il.

- C'est quoi, Zabini ?! Elle ricana un peu plus fort. Je parie que tu t'es pissé dessus quand tu t'es retrouvé face à lui, pas vrai ? Malgré tout ce que j'en pense, je dois reconnaître que Kieran ne ferait qu'une bouchée d'un minable dans ton genre. Et LUI, a eu « l'honneur de recevoir la Marque » largement avant ses seize ans… Il doit être bien mieux considéré par Voldy que toi, le connaissant, persifla-t-elle.

- Est-ce que l'un de vous deux aurait l'amabilité d'expliquer de quoi vous parlez ?! s'irrita Drago. C'est qui ce type au juste ?

Ces derniers temps, il avait l'impression que la liste de ce qui échappait à sa compréhension aurait pu être transformée en livre tellement elle était importante. Et ça lui tapait sur les nerfs. Malheureusement, ce fut le moment que choisit Zabini pour tenter de reprendre contenance en s'en prenant à ce qu'il pensait être une cible plus abordable : Drago.

- C'est vrai que toi, tu n'y étais pas à cette réunion, nargua le métis. Ton père estime peut-être que tu n'es pas encore prêt à rencontrer le Seigneur des Ténèbres… que tu es trop fragile pour ça…

Le blond vit rouge.

- ENDOLORIS !

Zabini s'affaissa en hurlant sous les yeux éberlués de Black et ceux épouvantés de Parkinson, Crabbe et Goyle. Loin de flancher, Drago maintint le sort pendant plusieurs secondes, le regard dur. Jusqu'à ce qu'une main vienne percuter son bras, faisant dévier le trait rouge sombre contre les dalles du sol.

- Non mais ça va pas bien, Malefoy, t'es devenu complètement dingue ! rugit Black. Qu'est-ce qu'il te prend ?!

- Ne te mêle pas de ça, Black, rabroua le jeune homme. Fais ce que je te dis pour une fois, c'est tout ce que je te demande !

- ON EST AU BEAU MILIEU DU COULOIR ! fulmina-t-elle. A Poudlard au cas où tu aurais oublié ! Tu ne peux pas jeter un sortilège Impardonnable ici !

- Mais ailleurs, oui ? releva Drago, moqueur. Quoi, tu vas me faire croire que ça ne te dérange pas que je lance un Doloris sous ton nez ?

- À Zabini, non ! riposta sèchement la jeune blonde. Cette ordure le mérite amplement… sauf que si tu continues, il va ameuter tout le monde avec ses cris ! S'il raconte ça à qui que ce soit…

- Oh mais il ne va rien raconter du tout, assura le Serpentard. Tout le monde va la boucler, toi la première !

Il jeta au passage un regard d'avertissement aux trois autres.

- J'avais pas l'intention d'en parler ! se rebiffa Black.

- Parfait !

Drago se retourna brusquement vers Zabini, laissant un Diffindo s'échapper de sa baguette, suivi d'un maléfice Cuisant particulièrement féroce. Peu concerné par les gémissements de douleur de l'autre adolescent, le blond rangea tranquillement sa baguette dans sa poche avant de l'empoigner par le devant de sa chemise pour le relever. Il le poussa contre le mur, faisant cogner son dos contre la pierre.

- Et toi, tu vas m'écouter ! décréta-t-il. Je t'ai laissé continuer ton petit jeu bien trop longtemps. J'ai été patient jusqu'à maintenant, je pensais que tu voulais simplement te faire bien voir par la maison, prendre de l'importance… mais ça ne sera pas à mes dépends. Jamais.

- C'est de ta faute, parvint à souffler difficilement le métis. Le… le Maître… il se prépare et… tu devrais rassembler les Serpentard ! C'est à toi que cette responsabilité revient ! Mais tu ne fais rien. On dirait que tu t'en fiches alors il faut bien que quelqu'un fasse le boulot à ta place !

- Rassembler les Serpentard ? ricana Black alors que Drago s'apprêtait à répliquer vertement. Tu rêves les yeux ouverts, Zabini, y'a rien à rassembler du tout ! La maison Serpentard est complètement divisée. Tu arriveras à trouver d'autres fous furieux dans ton genre qui attendent avec impatience le moment où ils pourront aller baiser les robes de Voldy, ça je n'en doute pas ! Mais il y en plein d'autres qui ne vous suivront pas, des Serpentard qui préféreraient crever plutôt que de vous rejoindre. Et ils sont plus nombreux que ce que tu crois.

- Black, énonça posément Drago, est-ce que tu pourrais faire un effort, s'il te plaît, et la fermer, par Salazar ?!

La jeune fille le fusilla du regard mais obtempéra sagement et Drago en profita pour revenir à Zabini.

- Tu vois, murmura-t-il, je gère ça très bien, Blaise. Je sais exactement de quelle manière il faut agir pour le bien de la maison. Alors sois gentil, susurra-t-il, arrête de t'en prendre à Black. Tu devrais reconnaître que tu es loin d'être à la hauteur pour te mesurer à elle…

- Parce que toi, tu te crois assez fort pour moi, Malefoy ?! se braqua la jeune blonde.

- Black

- Ça va, ça va ! J'ai rien dis, oublie ! grogna-t-elle en levant les yeux au ciel avant de lui tourner le dos, marmonnant entre ses dents.

- Tu vas faire passer le mot, reprit alors Drago à l'attention de Zabini, presque avec amusement. À partir de maintenant, Black traite avec moi et uniquement avec moi. S'il y a un problème, c'est moi qui le règle, compris ?! En ce qui concerne les autres, fais ce que tu veux. Après tout elle a raison, dans l'état actuel de la maison, on ne peut plus réunir grand chose… La fracture est trop nette à présent. Mais Black a bien plus de poids que toi, bien plus d'emprise sur les Serpentard, alors le seul qui peut prétendre lui tenir tête, c'est moi !

Le métis le contempla avec une expression sidérée et, à la grande satisfaction de Drago, avec un respect tout neuf.

- Tu parles sérieusement ? hésita-t-il. Donc tu es vraiment prêt à te battre ? Tu jures de tout faire pour mener notre clan à la victoire ?

Le blond fronça les sourcils, perdu. Il n'avait jamais parlé de se battre. Et qu'est-ce que c'était que ce délire à propos du clan ? Tentant de réfléchir au déroulement logique des pensées de l'autre Serpentard, Drago finit par pâlir dangereusement. « Oh non… ».

Comme toutes les maisons, Serpentard avait un fonctionnement qui lui était propre. Les Vert et Argent possédaient leurs propres règles, leur politique. Et eux avaient également un chef, un élève influent qui prenaient les décisions importantes et veillait à ce que la maison face bloc devant les autres. Ce n'était pas un statut officiel évidemment mais tous les Serpentard, y compris les plus jeunes, avaient connaissance de cette hiérarchie particulière. Drago était parvenu à obtenir la position de meneur dès sa deuxième année. Il avait ainsi détrôné Terence Higgs, un élève plus âgé, qui lui avait pourtant cédé la place de bonne grâce, renonçant même à son poste d'Attrapeur dans l'équipe de Quidditch. Et jusqu'à maintenant, Drago n'avait jamais eu de problèmes. Il ne savait pas trop de quand datait cette tradition. Le Lord Noir se plaisait à répéter que c'était lui qui l'avait instaurée en devenant le premier leader lors de sa scolarité à Poudlard mais il était possible que d'autres l'aient été avant lui, sans toutefois sans vanter. Bien sûr, il était impensable d'attendre que soixante-dix élèves ou plus partagent exactement le même avis et se laissent commander sans broncher. Si un deuxième élève, opposé aux actions du groupe, était assez charismatique et trouvait un nombre d'alliés suffisant, il pouvait également prétendre au titre de chef et la maison se scindait alors en deux clans rivaux. Lucius lui avait raconté que c'était déjà arrivé du temps où son grand-père, Abraxas Malefoy, était scolarisé. Deux groupes de Sang-Pur, aux idées politiques plus ou moins divergentes, s'étaient formés. Mais l'événement restait rare et ne s'était pas reproduit depuis. Pourtant, même à Serpentard, il y avait des exceptions. Les Sang-Mêlés voire les Nés-Moldus, les fortes têtes, les marginaux… Ils étaient là depuis toujours mais dans toute l'histoire de la maison, eux n'avaient jamais eu personne pour les représenter. Ils avaient le choix entre rentrer dans le rang ou bien raser les murs et se faire oublier, quitte à mentir au sujet de leur ascendance pour ne pas s'attirer d'ennuis. Mais cette année, Valya Black avait atterri à Serpentard. Elle s'était liée d'amitié avec des personnalités disparates, de Théodore Nott à Miles Bletchley, en passant par Graham Pritchard. Elle descendait d'une longue et célèbre lignée de Sang-Pur, elle était puissante et elle n'avait pas la langue dans sa poche. Pour Drago, ça ne faisait aucun doute : Black avaient les capacités pour devenir le leader de la minorité des Serpentard. Dans un sens, elle l'était même déjà. Les élèves l'écoutaient, la suivaient. Mais pour l'instant, personne n'avait encore osé évoquer ouvertement la situation et cette fameuse place de leader qui pouvait éventuellement revenir à Black. Sauf… sauf Drago, qui venait bêtement d'officialiser ce statut, devant Zabini, Parkinson, Crabbe et Goyle…

En décrétant en tant que chef de maison que lui seul pouvait traiter avec Black d'égal à égal, il avait élevé lui-même la jeune blonde au rang de meneuse de l'opposition. Autrement dit, il venait de signer une déclaration de guerre. La guerre fratricide qui allait bientôt déchirer leur maison. Le pire, c'était qu'il avait réussi cet exploit sans même le faire exprès. Ce n'était pas du tout ce qu'il avait en tête à la base. Il souhaitait juste faire en sorte que les foudres de Black ne lui retombent pas sur le dos en cas de problème et le meilleur moyen pour ça, c'était tout simplement d'éviter les problèmes. En faisant de Black sa chasse gardée, il pensait limiter au maximum les contacts entre la jeune fille et le reste des Serpentard. Donc détourner leur attention et empêcher les incidents comme celui que Zabini avait déclenché. À la place, c'était comme s'il les avait propulsés au beau milieu d'une arène, avec la maison au grand complet en guise de spectateurs. Il avait carrément ordonné au métis de faire passer le message, aussi tout le monde allait être à leurs trousses pour voir qui de lui ou de Black allait prendre le dessus. Il voulait plus que tout avoir la paix. Il venait de plonger droit dans le champ de bataille, dans le désastre qu'il avait lui-même créé.

- Drago ? s'impatienta Zabini, avec précaution cependant. Tu as entendu ? À partir de maintenant, tu vas prendre les décisions qui s'imposent, n'est-ce pas ? D'ailleurs, qu'est-ce que tu comptes faire à son sujet ? invectiva-t-il en désignant la jeune blonde d'un signe de tête hargneux. Elle représente un danger ! Le Maître devrait être averti de sa présence. Si personne n'en a encore parlé pour le moment, c'est parce qu'on pensait tous que toi tu t'en chargerais…

- Ok, interrompit Black d'une voix glaciale. À mon tour de parler, maintenant. Je vais essayer d'être explicite, Zabini : si j'apprends que votre psychopathe de patron est seulement au courant de mon existence, je te jure que je ferais bouffer ses couilles au responsable.

- Quoi, tu nous menaces ? se moqua le métis. Tu penses vraiment que c'est ça qui va nous arrêter ?!

Black sourit. Puis elle abattit son poing en plein sur le visage de Zabini. Il se plia en deux, les mains plaquées sur son nez ensanglanté. Mal lui en pris, le genou de la jeune fille frappa alors la partie la plus sensible de son anatomie. Pour la deuxième fois en seulement quelques minutes, il tomba au sol, poussant un râle aigu très peu viril.

- En fait… oui, je pense que oui, ça va vous arrêter, lâcha Black, narquoise.

Drago grimaça, mu par un élan de solidarité masculine. Mais Zabini l'avait bien cherché et il fallait se douter qu'elle n'allait sûrement pas se laisser malmener sans répliquer. Du coin de l'œil, il vit Crabbe et Goyle faire craquer leurs phalanges avec agressivité. Parkinson pointait sa baguette droit sur Black, visiblement prête à cracher le premier sortilège qui lui passerait par la tête.

- Alors ça, je ne vous le conseille pas, avertit la jeune blonde d'un air mauvais, avant que Drago n'ait pu décider s'il valait mieux intervenir ou non.

Une boule de feu aussi grosse qu'un Cognard se forma dans sa main gauche. Le blond fit un bond en arrière d'au moins deux mètres et jura bruyamment tandis que les autres reculaient avec précipitation. Drago comprit instantanément de quoi il retournait. C'était évident. Il n'y avait qu'une seule forme de magie qui permettait de se servir des éléments et surtout, de les invoquer aussi facilement.

- Tu es une Vaerian… bégaya-t-il. Une… une Vaerian, nom d'un loup-garou !

- Demi-Vaerian ! rectifia sèchement Black, toujours concentrée sur Zabini. Ma mère l'était, pas moi ! Je commence à en avoir marre d'expliquer ça à chaque fois d'ailleurs !

Drago avala sa salive avec difficulté. Dans un sens, ça expliquait bien des choses. Ses réflexes un peu plus développés que la moyenne, ses blessures qui guérissaient en un temps record, l'affinité particulière qu'elle semblait avoir avec le feu… Et surtout… la scène de la veille lui revint en mémoire alors qu'il croisait le regard brûlant de la jeune fille. Merlin, il devait une fière chandelle à Potter, réalisa-t-il avec un mélange d'épouvante et d'écœurement. Si c'était bien ce qu'il pensait… il était encore en un seul morceau uniquement grâce aux stupides tendances héroïques du Gryffondor. Le jeune homme leva doucement les mains pour les écarter dans un geste d'apaisement.

- Écoutez, lança-t-il d'un ton prudent, je pense qu'on devrait tous se calmer et…

- Oh mais je suis très calme, t'inquiète ! rétorqua Black avec une agitation palpable.

Les flammes qui dansaient dans sa main augmentèrent dangereusement, atteignant plusieurs centimètres de hauteur. Drago se contenta d'acquiescer, hochant vivement la tête de haut en bas. « C'est ça et moi je m'appelle Merlin », songea-t-il avec ironie. Mais ce n'était sûrement pas le moment de la contrarier, surtout qu'il commençait à comprendre qu'elle pouvait perdre le contrôle avec une facilité déconcertante. Dans l'état d'énervement dans lequel elle se trouvait, elle pouvait tous les faire cramer simplement en bougeant le petit doigt. Pire encore, elle puisait dans ses dernières ressources de magie, ce qui augmentait encore les risques. Black était comme sur le fil, en équilibre, et elle pouvait basculer à tout instant. Elle tentait de faire bonne figure mais Drago voyait qu'elle n'allait pas tarder à craquer. Il le voyait dans l'infime tremblement de son poignet, la crispation de son visage meurtri, dans sa respiration soudainement un peu plus erratique. Elle se pencha vers Zabini qui gisait toujours à terre.

- J'espère qu'on s'est compris, Zabini. Fais comme si je n'étais pas là, encore mieux, comme si je n'existais même pas et tout se passera bien. Et puis Malefoy a raison après tout, s'il y en un seul qui pourrait éventuellement être à la hauteur, c'est lui. Alors… tu vas faire passer le mot. Tout le monde va la boucler, Voldy ne va sûrement pas entendre parler de moi et personne n'aura d'ennuis, termina-t-elle avec son rictus goguenard.

Drago résista à l'envie de se taper la tête contre le mur. Si même elle se mettait à jouer le jeu, ils étaient franchement mal barrés. Et cette comédie avait assez duré.

- Je crois qu'elle a été suffisamment claire, Blaise, et moi aussi. Allez-vous-en d'ici tous les quatre, ordonna-t-il. J'ai une dernière petite chose à régler avec Black. En tant que chefs de maison.

- Mais Drago… tenta de protester Parkinson et le blond perdit patience.

- Dégage, Pansy ! Ce n'était pas une demande !

Effrayée, la brune s'enfuit sans demander son reste. Elle fut aussitôt suivie par Crabbe et Goyle qui soutenaient un Zabini au teint verdâtre et Drago se retrouva à nouveau seul dans le couloir avec Black. Pour la énième fois, la jeune fille darda sur lui un regard meurtrier.

- Je n'y suis pour rien, certifia-t-il, en guise de défense. Je ne savais pas qu'ils allaient faire ça.

- Ben tiens, siffla Black, comme par hasard ! Ça commence à faire beaucoup de trucs où « t'y es pour rien » aujourd'hui, tu ne trouves pas ?!

Elle frotta ses mains sur son jean et repoussa une mèche de cheveux qui lui tombait sur les yeux. Un instant, Drago se laissa aller à contempler l'énorme hématome sur sa mâchoire et les cernes sombres qui masquaient ses taches de rousseur. Ils formaient vraiment un drôle de duo tous les deux. Tellement opposés, ils étaient le jour et la nuit. Lui, trop guindé dans son uniforme impeccable, avec ses cheveux blonds un peu trop longs, plaqués en arrière par du gel. Et elle, un peu trop débraillée avec ses vêtements moldus, son pull exagérément large qui dévoilait ses tatouages, son jean usé et déchiré, ses baskets aux lacets défaits. Ah ça, ils étaient beaux les chefs de maison. Deux gamins pitoyables manifestement aussi paumés l'un que l'autre, pensa cruellement Drago.

- Qui est Kieran ? questionna-t-il finalement.

Dans un sens, il se souciait peu de la réponse, ce n'était pas très important. C'était tout ce qui lui était passé par la tête pour briser le silence lourd qui menaçait de s'installer une fois de plus.

- Un Mangemort ! réagit vivement la jeune blonde. Mangemort et loup-garou pour être précise. Et surtout, un sale petit con arrogant qui se croit mieux que tout le monde.

- Quel rapport avec toi ?

- Si j'avais le choix, aucun ! gronda-t-elle avec mauvaise humeur.

Elle n'ajouta rien de plus et Drago soupira. En général, ils se hurlaient dessus dès qu'ils se retrouvaient face à face. Si maintenant ils en étaient carrément réduits à se regarder en dragons de faïence sans piper mot, ça n'allait pas beaucoup plus les avancer. Il se passa une main lasse sur la nuque.

- Alors ? Qu'est-ce que tu comptes faire ?

Black le fixa d'un air perplexe.

- A propos de quoi ?

- Des Serpentard, explicita le blond. La division de la maison, le rôle de leader…

- Pourquoi est-ce que je serais censée faire quoi que ce soit ? demanda-t-elle en riant à moitié.

C'était bien ce qu'il craignait. Elle ne comprenait absolument pas de quoi il parlait.

- Black, ce qui vient de se passer… à partir de maintenant, tout le monde va te considérer comme le leader des… de tous les Serpentard qui sont contre le Seigneur des Ténèbres, je suppose, exposa-t-il en s'efforçant d'adopter un ton calme.

- Quoi ?!

- Tu as entendu Zabini, non ? répliqua Drago. Et tu as reconnu qu'il n'y avait que moi qui étais assez doué pour t'affronter. On a dit tous les deux de faire passer le mot alors…

- Mais enfin, je pensais que c'était juste une blague tout ça ! s'insurgea la jeune fille. Tu es le meilleur en duel, je suis la meilleure, y'a pas besoin d'être voyant pour le savoir, c'est logique c'est tout ! C'est ridicule, ne me dis pas que c'est sérieux cette histoire de chef ?!

- C'est très sérieux, insista le blond. On est chefs de maison. Tous les deux. C'est de la politique à l'échelle de la maison. On va devoir établir des règles, négocier…

Un instant, Black parut sur le point de le frapper.

- Écoute Malefoy, lâcha-t-elle en se massant le front, je sais que le pouvoir, dominer les autres et tout ça, c'est ton truc. Et je respecte, ok ? Tu es un Serpentard, dans l'absolu il n'y a rien de mal à avoir de l'ambition. Si tu aimes tant que ça la politique comme tu dis, diriger, tant mieux pour toi après tout ! Mais moi ça ne m'intéresse pas ! Je n'ai absolument pas voulu de ça, je n'ai rien demandé… et je me fais déjà suffisamment remarquer comme ça. Je te laisse la place avec plaisir, t'inquiète pas. Je vais dire que je ne veux pas être chef ou je ne sais quoi d'autre et voilà !

Drago la dévisagea fixement, sidéré. Ce n'était pas possible, c'était un sketch. Il chercha vainement une trace de plaisanterie sur son visage. Mais non, elle y croyait vraiment en plus ! Il était tellement atterré qu'il ne songea même pas à essayer de la détromper. D'accord, quand il était arrivé à Poudlard il avait convoité la place de meneur, probablement comme une bonne majorité des Serpentard. Il avait été euphorique lorsqu'on lui avait enfin reconnu ce statut mais avec le temps, c'était surtout devenu un moyen d'avoir la paix plutôt qu'un but en soi. En effet, personne n'osait lui tenir tête et il pouvait faire ce qu'il voulait sans que les autres n'y trouvent à redire. En plus, s'il avait obtenu cette position ce n'était surement pas grâce à son acharnement, il n'avait fait aucun effort particulier pour y arriver. Seulement, il était l'héritier de l'une des plus célèbres familles de SangPpur, il était riche et il y avait un bon paquet d'apprentis Mangemorts qui souhaitaient se mettre dans les bonnes grâces de Lucius, particulièrement bien considéré par le Seigneur des Ténèbres.

- Tu ne peux pas faire ça, asséna-t-il. C'est impossible de renoncer à la place de leader aussi facilement. Tu as montré que tu avais les capacités pour les guider, maintenant ils vont te suivre. Les Serpentard vont s'affronter, se déchirer jusqu'à ce qu'un des deux camps cède. Tu auras beau dire que ça ne t'intéresse pas, ça ne dépend plus uniquement de toi. Tu ne peux rien faire, Black, et moi non plus.

- Pourquoi ?! rugit furieusement la jeune blonde. Après tout, c'est de ta faute tout ça, c'est toi qui as commencé à raconter toutes ces conneries à ce connard de Zabini !

- Je n'ai fait que confirmer ce que les Serpentard pensaient déjà ! se défendit Drago avec colère. Et puis ne me fais pas croire que ça te dérange tant que ça ! Tu vas pouvoir aller annoncer à Potter que tu as réussi à rallier toute une partie des Serpentard qui t'obéiront sans poser de questions et qui vont se rebeller contre les autres !

- Je m'en fous complètement ! J'ai pas demandé à rallier qui que ce soit et encore moins à ce que les gens m'obéissent ! Je ne veux pas de ça, putain !

- Et moi je te dis que je n'y peux rien ! riposta le blond.

- Bien sûr, t'y peux jamais rien ! C'est jamais toi, jamais ta faute… tout le monde sait que Drago Malefoy est un modèle d'innocence ! railla-t-elle.

- Mais par Merlin, on ne pourrait pas essayer d'avoir une discussion normale pour une fois ?! s'emporta Drago. Sans se crier dessus ?! A chaque fois ça finit mal ! Pourquoi est-ce qu'on s'obstine à essayer de se parler hein ?!

Black le contempla de ses yeux bleus gris, instantanément calmée.

- Parce qu'on est stupides, Malefoy, articula-t-elle au bout d'un moment. Tous les deux. C'est toi qui l'as dit : on n'est pas dans le même camp. Alors oui, faut être réalistes… on a juste plus rien à espérer l'un de l'autre, conclut-elle sombrement.

Sans un regard en arrière, elle clopina jusqu'à disparaître à l'angle du couloir et cette fois, l'adolescent ne chercha pas à la retenir. Il s'appuya lourdement contre le mur. Il n'avait aucune idée de comment il allait pouvoir gérer cette foutue situation. Sa position de chef de maison l'obligeait à traiter avec Black. Sauf que cette dernière ne voulait rien savoir, ne voulait pas avoir affaire à lui. Toutes leurs conversations se terminaient systématiquement en catastrophe. Et c'était sa faute à elle ! La jeune blonde était incapable de garder son calme plus de cinq minutes et explosait au moindre mot de travers. Il ne pouvait même pas se contenter de faire comme si elle n'était pas là, puisque c'était elle qui lui sautait à la gorge pratiquement à chaque fois. Ça, c'était quelque chose qu'il aurait adoré comprendre. Black ne cessait de lui hurler de lui foutre la paix mais c'était elle qui avait pété un Doxy quand ils s'étaient rencontrés pour la première fois, pour ensuite l'ignorer en permanence. Et quelque part tout au fond de lui, le blond devait aussi reconnaître que ce manque d'attention l'agaçait profondément. Au moins, pendant les moments qu'ils passaient à s'engueuler, elle lui portait un peu de considération.

Sortant de ses pensées, Drago frotta une main sur son visage dans un geste frustré et baissa les yeux vers le sol. Son regard fut attiré par un objet rectangulaire qui traînait derrière une statue. Machinalement, il se pencha pour le ramasser, découvrant un livre légèrement abîmé et à la couverture cornée. Animagus : Réveillez la bête qui sommeille en vous. Interloqué, l'adolescent le contempla fixement pendant de longues secondes, se demandant d'où est-ce que ce bouquin pouvait bien venir. Il n'en était pas certain mais il avait l'impression qu'il ne se trouvait pas dans le couloir au début de sa discussion avec Black. Est-ce qu'il appartenait à la jeune fille ? Ou bien à Zabini ou Parkinson ? Il voyait mal Crabbe et Goyle se trimballer avec un livre de ce genre, surtout qu'après l'avoir feuilleté rapidement, il avait bien vu que le contenu était plutôt ardu. Blaise et Pansy étaient peut-être des Mangemorts en puissance mais ils étaient loin d'être idiots. D'un autre côté, c'était parfaitement le genre de Black. Cessant de tergiverser, Drago fourra le livre dans son sac de cours. Pour lui aussi ça pouvait être très intéressant après tout…


Mouahaha, j'aime beaucoup trop Valya et Drago dans ce chapitre... x) Qu'est-ce que vous en avez pensé ? :D Ça vous inspire les petites histoires de politique des Serpentard ? (Passage non prévu à la base donc) Comment est-ce que vous pensez que Drago va pouvoir gérer tout ça ? À votre avis, va-t-il se servir du fameux livre sur les Animagus ? Et Kieran a tendance à revenir souvent dans les conversations ces temps-ci, vous ne trouvez pas...? :P

Une petite précision pour ceux qui seraient étonnés de l'apparence que j'ai donnée à Crabbe et Goyle : j'ai choisi de ne pas me servir de l'image qu'ils ont dans les films et je me suis plutôt inspirée d'un fanart de upthehillart sur Deviant Art. Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous conseille vivement d'aller voir ses dessins, en particulier ses portraits des étudiants de Poudlard, c'est une merveille, bien loin des apparences clichées.

Sinon... des hypothèses sur la suite ?! ;)