Hellou mes amours !

Non, je ne vous ai pas oublié. Je rentre juste d'un week-end chargé chez ma grand-mère en Normandie. Le festival Art Sonic, à Briouze, vous connaissez ? Si oui, tant mieux, j'y étais ! Sinon, tant pis pour vous, vous savez pas ce que vous loupez x)

Bref, revenons à nos moutons, et surtout à notre capitaine, dont l'idée vous a au moins autant perturbé que Benjamin :') Donc, je remercie très chaleureusement YukiHeartPirates, Torima Kenro et chessabyssepour vos reviews débordantes d'impatience. Merci encore, vous êtes des amours !

Comme d'hab, le disclaimer et tout ça, One Piece pas à moi, la p'tite qui m'appartient, tout ça tout ça quoi… x) Bonne lecture ! ;)


Expérience inachevée.

Partie 3 : Envol et remerciements

Chapitre 7 : Avidité et complicité.

Les rues sont agitées, les échoppes regorgent de clients, les marchands sont aux anges… Sur cette île printanière, la ville portuaire prospère. Elle jouit d'un fort attrait touristique, et sait marchander habilement avec les quelques pirates qui passent par-là. Son commerce est au beau fixe, et Law se dit en traversant la place principale que c'est une des villes les plus heureuses qu'il ait rarement eu l'honneur de traverser. Il se demande un instant si ce bonheur étonnant ne cacherait pas quelques magouilles sombres de quelques hommes du gouvernement corrompu, mais il délaisse rapidement ses obscures pensées. Il n'est pas là pour faire régner la justice.

Non. Il est là pour une raison bien précise.

Il emprunte une des rues principales, avant de bifurquer dans une petite ruelle, loin de l'agitation de la grande place du marché. Plus il marche et plus le calme se fait autour de lui. Il avance d'un pas régulier, lent, mais déterminé. Il sait exactement où il va. Il n'a pas besoin de réfléchir pour trouver quel chemin prendre, et tous ses sens sont concentrés sur le silence qui prend place dans la rue. Elle est étroite, bordée par deux grands immeubles à la fois vieux et traditionnels, dont le charme attirerait les yeux de plus d'un curieux. Pourtant, Law ne tourne pas la tête, et reste à l'affût. Ce genre de rue est toujours l'idéal pour une embuscade, et il n'est pas sans ignorer les avis de recherches portant sa trogne qui ornent les murs de cette belle cité. Pourtant, il parvient à son but sans encombre, et s'arrête finalement devant une petite boutique. Elle paraît miteuse d'un premier abord. Mais Law l'avait déjà remarqué en passant devant avec ses hommes lors de leur dernière sortie en ville : il est persuadé qu'elle regorge de quelques petits bijoux qui pourraient fortement l'intéresser…

Il contemple un instant l'enseigne, qui affiche fièrement le dicton : « Quand le chat n'est pas là, les rats lisent », et pousse finalement la porte, se faisant ainsi avaler par la petite bâtisse.

Il n'en ressortira qu'une demi-heure plus tard, et rentrera au navire une heure après en être sorti, toujours sous l'œil avisé de Benjamin, qui faisait alors semblant de dormir au salon commun. La fin de la journée ressemble à toutes les autres, l'équipage dîne dans la bonne humeur, et la jeune fille lit quelques lignes à son capitaine avant d'aller se coucher.

Cette nuit-là, la jeune femme peine à trouver le sommeil. Elle repense à ses plantes et à ses animaux. Elle repense à Jules, Tristan, Samuel et Bepo. Elle sent qu'ils connaissent encore des tas et des tas de choses, mais ils ne veulent pas les lui apprendre. Ils disent qu'il ne faut pas aller trop vite, qu'il ne faut pas rester enfermé dans la bibliothèque, qu'il faut aller dehors, qu'il faut peut-être arrêter d'étudier de temps en temps…

La petite poupée n'est pas satisfaite de ces discours. Elle a déjà appris pleins de choses, en sciences, en français, en histoire un petit peu. Jules lui a un peu parlé de la géographie, et cette matière commence à piquer son intérêt. Mais elle sent qu'on la freine. Comme s'il ne fallait pas qu'elle grandisse trop vite.

Ce ne sont que des sensations, et la jeune femme ne parvient pas encore à mettre des mots sur cette gêne qui la ronge parfois, lorsque Jules s'excuse parce qu'il occupé, ou que Tristan lui fait comprendre qu'il ne peut pas lui expliquer l'origine de la maladie maintenant parce qu'il est fatigué. Les questions qu'elle se pose et les phrases qu'elle essaie de former pour exprimer ces sensations restent à l'état d'embryon au fond d'elle-même. Elle veut apprendre, mais ne parvient pas à le dire, à le formuler, à l'exprimer. Alors elle ne dit rien, et essaie, seule, dans la bibliothèque, de résoudre ses problèmes.

Et si elle en parlait à Cat'taine ?

A cette pensée, la jeune fille se relève un peu dans son lit. La chambre est plongée dans le gris de la nuit, et le silence est parfait. Elle regarde la porte qui mène vers la chambre du pirate. Après tout, il lui a bien trouvé un herbier cet après-midi. Il pourrait peut-être l'aider ?

La jeune femme se rallonge dans son lit en soupirant. Non. Il y a quelque chose qui tourne autour de Cat'taine. Comme une aura mystérieuse qui l'attire et l'effraie à la fois. Il sait beaucoup de choses. Sans doute beaucoup plus que tout le reste de son équipage.

Il sait, mais il ne dit rien.

La petite poupée fronce ses fins sourcils en plantant ses yeux dans son plafond. Que sait son capitaine ? Il lui est toujours apparu comme une évidence que Law « sait ». Mais que sait-il exactement ? Inexorablement, elle a la certitude que ce qu'il sait l'intéresse, comme si elle aussi voulait savoir tout ce qu'il ne disait pas. Et cette pensée l'attriste. C'est comme s'il y avait un voile entre lui et elle. Il sait. Mais s'il ne dit rien, c'est qu'il ne veut pas qu'elle aussi le sache. C'est que quelque chose les différencie, les sépare. Mais quoi ?

La jeune femme se retourne dans son lit. Ce n'est pas qu'il soit différent. A la réflexion, c'est plutôt comme s'il était supérieur. C'est peut-être là tout le sens du mot « capitaine »…

Sur ces pensées vaporeuses, la petite poupée trouve enfin les bras de Morphée, et parvient finalement à terminer sa nuit agitée. Pourtant, le lendemain matin, un petit paquet posé sur sa table de chevet va venir ébranler ses dernières réflexions.

Lorsqu'elle s'éveille, elle ressent tout de suite la présence de son capitaine, déjà affairé à son bureau. Elle prend alors son temps pour se réveiller complètement, pour s'étirer, et contempler par le hublot ouvert le magnifique ciel bleu au-dehors. Et lorsqu'elle s'assied dans son lit, elle repère instantanément le paquet rouge et jaune sur sa table de chevet. Elle fronce les sourcils et interroge son capitaine du regard.

- C'est pour toi, déclare-t-il simplement, sans relever les yeux de ses papiers.

Intriguée, la jeune femme étend les bras jusqu'au bout de son petit lit, et se saisit de l'étrange chose. Elle est alors très surprise de son poids, et peine à la ramener jusqu'à elle. Le paquet fait plus de deux fois sa main en hauteur, et un peu moins en largeur. Il est très épais, et effectivement très lourd. Elle lance à nouveau un coup d'œil vers le pirate à son bureau, et se rend alors compte qu'il a cessé son activité et qu'il l'observe attentivement, comme il sait si bien le faire, les coudes posés sur le bureau et le menton appuyé sur ses mains jointes.

Elle connaît ce regard par cœur, et sait pertinemment qu'il ne dira rien d'autre. Alors elle reporte son attention sur l'étrange paquet, qu'elle ouvre délicatement. Elle commence par défaire le nœud doré qui entourait le pavé rouge. Puis, elle déchire les scotchs avec précaution, pour ouvrir le paquet en abimant le moins possible le papier cadeau. Lorsqu'elle comprend enfin ce qu'elle tient dans les mains, ses yeux s'agrandissent, dans un mélange de surprise et de profonde gratitude. Son capitaine vient de lui offrir un dictionnaire tout neuf ou presque, imagé, recensant la quasi-totalité des mots, aussi bien communs que scientifiques, existants à ce jour sur le globe.

Elle regarde son capitaine, la bouche entrouverte, peinant à croire que ce livre soit pour elle.

- Si, c'est bien pour toi, Gamine. Et je vais t'expliquer pourquoi, alors il te faut bien écouter.

A ces mots, la jeune fille ferme sa bouche et perd son air étonné pour revêtir l'expression qu'elle a chaque fois qu'elle se concentre. Elle pose le dictionnaire plus loin et s'assoit en tailleur face au pirate, prête à boire ses paroles. Ce dernier prend le temps de laisser traîner le silence, avant de finalement déclarer.

- Tu t'es éveillée voilà six mois, jour pour jour. En quelque sorte, on peut considérer que cela fait six mois que tu vis.

Il marque une légère pause, hésite à en dire plus, puis finalement poursuit :

- Il est habituellement de coutume d'offrir un présent aux enfants lors de leur anniversaire. C'est-à-dire, lorsqu'ils ont un, deux, trois ans ou plus. Tu n'as que six mois. C'est la moitié d'un an. Mais je te sais impatiente. Et ton avidité me touche et me parle. Dans un sens, j'étais pareil quand j'étais jeune. Je voulais tout le temps apprendre, mais je ne pouvais pas toujours. C'est frustrant, n'est-ce pas ?

A nouveau il laisse couler un silence, avant de conclure :

- Je t'offre donc ce dictionnaire, en espérant qu'il puisse combler le vide que tu redoutes tant lorsque mes hommes ne peuvent se consacrer à ton éducation. Il est à toi. J'espère que tu en feras bon usage.

Comme elle sent qu'il a fini, elle abaisse légèrement la tête, sans le quitter des yeux, et lui simplement et humblement :

- Merci… Cat'taine…

Il sourit et se lève. Il s'étire un instant avant de se diriger vers la porte. Il va pour ouvrir le battant de bois, mais s'arrête avant et se retourne vers la jeune femme.

- Et puis… Si jamais un jour personne ne peut t'enseigner ce que tu souhaites apprendre…

Il cherche ses mots, puis conclut simplement :

- N'hésite pas à venir me solliciter. Je suis aussi là pour ça.

Il lui sourit, mais son sourire a quelque chose d'inhabituel. Aussi étrange que furtif, il s'efface lorsque le capitaine sort dans le couloir, refermant la porte derrière lui. A présent seule dans la pièce, la jeune fille regarde son dictionnaire, encore surprise de ce présent et des quelques confessions que son capitaine vient de lui faire.

Et ce sourire… Il n'était pas comme ceux qu'elle connaît déjà. Ni sournois, ni hautain, il était comme supérieur mais bienveillant. Comme un sourire complice.

Lorsque ce mot lui vient à l'esprit, la jeune femme lève des yeux déterminés sur la porte qui mène vers l'extérieur. C'est exactement ça. Complice. Comme si son capitaine n'avait pas que ce rôle dominant. Comme s'il y avait autre chose qui commençait à germer. La jeune fille sourit. Elle le sent : ça va être une bonne journée.


NdK Et voilààààà ! C'était en fait un cadeau de sixmoisiversaire ! :'D (ndla : ce mot n'existe absolument pas. Il a été *presque* entièrement inventé par R.N. Zuzu.) Brrrrref ! J'espère que vous avez kiffé ce chapitre, (moi oui xD) je m'excuse de la courteur de ce que je vous sers en ce moment, mais si ça vous dérange pas, je pense garder des chapitres de cette taille-là à l'avenir ^^

Sur ce, je vous souhaite la bonne soirée !