Hello tout le monde!
J'espère que vous allez bien!
Voici le chapitre 28. Il ne reste plus que deux chapitres avant la fin du tome 3! On progresse!
D'ailleurs, on bat un nouveau raccord avec un chapitre de près de 6000 mots. Ouf, il m'aura prit du temps à traduire. ça équivaut à 12 pages word!
Sur ce, je vous laisse à votre lecture et n'hésitez pas à me laisser des commentaires! ^^ ça me motive vraiment!
Bisou et à la prochaine fois.
Disclaimer: Bleach = Tite Kubo et Erisia = CeredwenFlame
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Chapitre 28 - Dîner à Ugendo
Ce jeudi-là, Erisia passa la majorité de sa journée comme à l'accoutumée lorsqu'elle était en vacances. Elle visita certains de ses amis du Seireitei, déjeuna avec Byakuya et Renji et les choses se déroulèrent comme d'habitude. Cependant, lorsque l'heure commença à tourner, Erisia retourna au manoir afin de se rendre plus présentable. Elle ne connaissait pas vraiment le capitaine Ukitake mais, ayant appris qu'il était noble et sachant qu'il était capitaine, elle pensait que même si un shihakusho serait acceptable, ce ne serait pas suffisant.
Elle prit un bain et Yuriko l'aida à enfiler l'un de ses kimonos. Il y en avait un qu'elle avait été tentée de sortir mais elle avait une occasion très spéciale en tête pour lui et se résigna à attendre encore avant de le porter, même si un tel évènement ne se produirait peut-être jamais. Elle sortit donc l'autre kimono qu'elle n'avait porté qu'en une seule occasion auparavant, lorsqu'elle s'était rendue à l'entrevue avec le lieutenant Sasakibe avant qu'on ne lui permettre d'entrer à l'Académie.
Le tissu était de la de soie noire avec de fines broderies d'ardent dansant sur les bords et, de-ci de-là, des petits points d'argent qui donnaient l'impression qu'Erisia était vêtue d'un morceau de ciel nocturne. Elle coiffa ses cheveux et en retint une partie d'entre eux à l'aide du magnifique peigne que Rukia lui avait offert au Noël dernier. Elle avait pensé à utiliser le kanzashi offert par Yoruichi mais le peigne semblait mieux correspondre à l'occasion.
Elle appliqua un très léger maquillage afin de compléter l'image créée par le kimono. Cela aurait laissé une impression de non achevé autrement. Et elle enfila en dernier des geta ornés de soie noire avant de se diriger vers la sixième division, sachant que Byakuya avait été retardé par des rapports de dernière minute.
Ses longs cheveux étaient d'ordinaire arrangés en une tresse ou une simple queue de cheval. Alors avoir pour une fois les cheveux lâchés de cette manière lui donnait un air très différent. Et puis, ce style allait bien mieux avec le kimono. Mais elle ne s'était pas attendue à ce que Renji soit encore dans le bureau. "Whao, Eri-chan." Fut tout ce que son grand frère de coeur arriva à dire lorsqu'elle entra. Ses joues rosirent aussitôt.
"Je pensais que ce serait plus convenable de m'habiller de manière un peu plus formelle. Est-ce que je me suis trompée?" Demanda-t-elle d'une petite voix.
"Le capitaine Ukitake appréciera votre attention aux détails, Erisia-san." Répondit diplomatiquement Byakuya. Elle aurait pu y aller en shihakusho et Ukitake n'aurait pas fait une seule réflexion à ce sujet mais qu'elle ait prit le soin de se vêtir d'un kimono l'impressionnerait certainement. Il se souvenait du kimono mais pas du fait qu'elle était aussi saisissante avec. Peut-être était-ce dû à la longueur de ses cheveux et de la façon dont ils contrastaient avec le tissu.
"Ou peut-être, tu te permets de reconnaître plus ouvertement ce que tu ressens." Remarqua Senbonzakura.
Il ne mordrait pas à l'appât tendu par son zanpakuto. Mais elle était vraiment charmante dans ce kimono. Elle avait un air presque éthéré. Il se força à quitter cette direction de pensées avant que cela n'aille trop loin. "Nous devrions nous mettre en route. La distance jusqu'à Ugendo n'est pas négligeable." Annonça Byakuya en se levant de son siège.
Ils avaient terminé leur travail peu de temps avant son arrivée et bien que Renji ait reçu la permission de se retirer, il était resté un peu plus longtemps, probablement pour encourager Erisia étant donné qu'elle avait eu l'air assez nerveuse plus tôt dans la journée. Erisia hocha la tête à l'annonce de Byakuya et Renji la stoppa avant qu'elle ne sorte. "Tu es très jolie Eri-chan. Amuse toi bien, d'accord?" Lui dit-il en souriant avant de partir pour rentrer chez lui.
La marche était agréable, la température étant chaude sans devenir insupportable. Ils passèrent par de nombreux endroits qu'Erisia connaissait bien et elle pouvait donc mémoriser le chemin. Ils rencontrèrent même Yumichika Ayasegawa.
"Oh, Eri-chan. Ton kimono est magnifique." Commenta-t-il.
"Merci."
"C'est en quel honneur?" L'interrogea-t-il, curieux.
"J'ai été invitée à Ugendo pour le dîner."
"Hé bé, c'est quelque chose!"
"Elle a été d'une grande aide au capitaine Ukitake lors d'une de ses attaques." Expliqua Byakuya.
"Je suis fier de toi Eri-chan. Tu deviens un excellent shinigami." La complimenta-t-elle. Ce qui la fit rougir aussitôt. Elle baissa le regard, une mèche de cheveux tombant en face de son visage alors qu'elle évitait ses yeux.
Yumi se plaça rapidement devant elle et lui releva la tête. "Tu n'as pas à rougir comme ça, Eri-chan. Tu es une très belle jeune femme avec un esprit aussi magnifique que ton visage. Va, amuse-toi et essaye de ne pas rougir ou te cacher autant. Tu n'as vraiment aucune raison d'agir ainsi. Tout ce que tu as accompli, tu l'as vraiment mérité. Tâche de ne pas l'oublier." L'encouragea-t-il avec un sourire alors qu'il remettait en place la mèche rebelle. Il reprit bientôt son propre chemin et Byakuya et Eri se remirent à marcher.
"Il a raison, Erisia. Vous n'avez pas à vous cacher. Vous avez travaillé dur et avez mérité les amis et le pouvoir que vous avez gagné." Commenta Byakuya.
"Tu as oublié de dire qu'elle était ravissante." Remarqua Senbonzakura. Byakuya se contenta d'ignorer, une fois de plus, son zanpakuto.
"Je ne suis pas encore habituée aux compliments et à une telle attention. Ça a toujours été quelque chose d'inhabituel pour moi auparavant." Expliqua-t-elle d'une petite voix. Il était parfois facile d'oublier les abus qu'elle avait enduré dans son enfance et qui l'avait poussé à devenir un 'pot de fleur'.
Ils parvinrent enfin aux portes d'Ugendo. "Je vais prendre congé à présent. Vous n'avez qu'à suivre l'allée jusqu'à la maison principale."
"Vous ne venez pas avec moi?"
"Non, Erisia. C'est une invitation en votre honneur pour vous remercier de votre aide. Je connais bien le capitaine Ukitake et s'il me voit à sa porte, il m'invitera à dîner avec vous deux. Je préférerais que vous profitiez de l'invitation telle qu'elle avait été prévue à son origine. Ma conscience ne me permettrait pas une telle intrusion. Vous l'avez mérité et c'est à vous d'en profiter." Expliqua-t-il.
Une part d'elle voulait l'inviter à se joindre à eux mais ce n'était pas à elle de proposer une telle chose. Elle ne put que hocher la tête et accepter son raisonnement. "Lorsque vous serez prête à partir, demandez à Ukitake de m'envoyer un papillon des enfers et je reviendrais pour vous escorter jusqu'à la maison." Répondit-il simplement avant de s'incliner légèrement et de partir.
Erisia passa les portes et se dirigea vers la maison principale. De ce qu'elle pouvait en voir, Ugendo était ravissant. Les jardins, le large étang de carpes Koi… C'était assez semblable au manoir Kuchiki mais bien plus amicale. Bien qu'elle soit tout-à-fait confortable au manoir à présent, il y avait une atmosphère austère là-bas qui manquait à Ugendo.
Ukitake savait qu'Erisia arriverait à 7h. Il l'attendait donc dehors tout en élaguant quelques uns des rosiers. Il avait toujours aimé ces fleurs. Les serviteurs auraient pu s'en charger eux-même mais il se sentait en forme et il voulait pouvoir accueillir Erisia dès son arrivée. Il avait remarqué à quel point elle se protégeait et son écrasante timidité. Il espérait qu'en l'accueillant directement, elle se sentirait plus à l'aise.
Il avait senti le reiatsu de Byakuya et s'était demandé un moment pourquoi il s'éloignait de celui d'Erisia au lieu de remonter l'allée avec elle. Mais connaissant Byakuya, il pouvait deviner que le jeune noble ne voulait pas jouer l'intru lors d'un moment organisé pour Erisia. C'était attentionné de sa part et il était heureux de constater que Byakuya pouvait toujours avoir ce genre d'attention malgré son enfermement vis-à-vis du monde extérieur. Avec un peu de chance, si ses amis n'avaient pas imaginé des choses, l'enfermement de Byakuya ne s'éterniserait pas indéfinitivement.
Il se tourna vers Erisia lorsqu'il sentit son reiatsu approcher. "Bonsoir Nakayama-san. J'espère que vous avez trouvé facilement?" Demanda-t-il d'une voix amicale et chaleureuse.
"Oui, Byakuya m'a escorté jusqu'aux portes de la propriété. S'il vous plaît, appelez moi Erisia." Répondit-elle doucement. Sa nature chaleureuse l'aidait beaucoup à se détendre après toute l'anxiété qu'elle avait pu ressentir.
"Je me disais bien que j'avais senti son reiatsu. Venez, entrez donc Erisia-san." L'invita-t-il tout en lui ouvrant la porte. Il remarqua son kimono et cela le fit sourire. Cela en disait beaucoup sur la personnalité de la jeune femme en face de lui. Il était au courant de sa situation et qu'une femme moderne puisse encore détenir un certain sens des traditions et du respect de l'ancien monde était bizarrement assez rafraichissant.
"C'est un ravissant kimono." Commenta-t-il tout en la guidant jusqu'à la salle à manger.
"Merci, Monsieur. Je pensais que ce serait plus approprié." Expliqua-t-elle.
"J'apprécie beaucoup l'attention, même si ce n'était pas nécessaire. Je vous ai invité ici pour vous remercier et, s'il vous plaît, il n'y a pas besoin d'autant de formalité, vous êtes mon invitée." Dit-il en souriant tout en attendant qu'elle s'assoit avant d'en faire de même.
"Merci, Ukitake-san." Se reprit-elle avec le sourire en testant une appellation un peu moins formelle, ce qui fit sourire à nouveau Jushiro.
"Il n'y a pas de quoi, Erisia-san. Je sais que cela doit être compliqué pour vous à cause de mon rang de capitaine. Cependant, je ne vous ai pas invité ici en tant que capitaine mais pour vous remercier pour l'autre jour. Peu de gens interviennent dans ces cas-là pour m'aider, mis à part le capitaine Unohana et certains des membres de sa division qui sont habitué à ma maladie. Beaucoup se retrouvent paralysés, incertains sur la conduite à tenir. Votre instinct est remarquable. Même si vous pensez que ce n'est pas grand chose, je vous assure que vous avez été d'une grande aide." Commença-t-il à expliquer.
"Lorsque la toux commence de cette manière, cela promet toujours une attaque épuisante et très douloureuse. Elles ne sont heureusement pas toutes comme celle-là et je peux me remettre rapidement de certaines d'entre elles, et sans aide. Cette attaque là est arrivée sans prévenir et très violemment. Malgré votre statut d'étudiante, vous avez réagi instinctivement en m'offrant votre support et en envoyant du kido de guérison à la zone affectée. Même si vous n'êtes pas une guérisseuse comme Unohana, votre entraînement à permit à votre kido d'effacer une bonne partie de la douleur que je ressentais. Ce qui m'a permis de reprendre mon souffle, vous avez pu en retour me faire asseoir et le capitaine Unohana est arrivée peu après. Vous avez réussi à me faire gagner du temps jusqu'à ce que l'équipe de secours puisse me soigner. Je ne sais pas si vous pourrez comprendre à quel point je suis reconnaissant pour votre aide." Expliqua Ukitake calmement et avec franchise.
Erisia resta immobile un moment, comprenant un peu mieux à quel point elle l'avait aidé. Elle n'avait jamais pensé pouvoir être d'un tel secours. Elle avait voulu faire de son mieux mais n'était pas sûr que cela l'aiderait en quoi que ce soit. D'entendre que son action avait été plus que précieuse pour lui la surprenait. Alors que Ukitake observait les émotions en train de danser dans son reiatsu, il commença enfin à comprendre pourquoi Byakuya l'avait approché afin de lui demander d'accueillir Erisia au sein de la 13ème division.
Elle avait du talent, quelque chose qu'il avait pu expérimenté personnellement mais elle semblait incapable de le reconnaître. Il n'était pas certain de la raison de son manque de confiance en elle mais cela lui donnait envie de l'aider. Il commença à rédiger mentalement une invitation dans la 13ème division pour elle. Il serait bientôt temps.
"Je n'en avais pas la moindre idée…" Répondit-elle finalement.
"Peu de personnes s'en rendent compte. Ce n'est pas toujours facile de faire comprendre ce dont j'ai besoin lorsqu'une attaque me prend. Mais vous avez m'avez aidé et je vous en suis très reconnaissant."
"Je suis heureuse d'avoir pu vous apporter un secours, Ukitake-san. Lorsque je vous ai vu tomber en avant, tout ce qui m'est passé par la tête, c'est que quelque chose n'allait pas et qu'il fallait que je réagisse de la meilleure façon possible. Je ne savais pas vraiment ce qu'il se passait mais si mes pauvres capacités pouvaient vous aider ne serait-ce qu'un peu, il fallait que j'essaye. Le capitaine Unohana m'a dit que même quelqu'un avec une connaissance très basique du kido de guérison pouvait faire la différence entre la vie ou la mort sur le champ de bataille. Même si je ne deviendrai jamais un guérisseur comme elle, j'essaye de conserver tout ce que j'ai appris et je suis simplement heureuse lorsque je peux aider."
Il sourit. "Je ne qualifierais pas vos talents de pauvres, Erisia-san. Vous avez bien plus de capacités que vous ne le réalisez. Votre kido n'était pas aussi concentré et efficace que celui du capitaine Unohana mais vous avez accompli votre objectif."
Elle baissa la tête et rougit sous le coup du compliment. Elle avait toujours du mal à s'y faire. Elle avait passé la plus grande partie de sa vie dans le monde réel ignorée ou en essayant très dur de rester invisible. Sa mère l'avait toujours encouragé et complimenté mais elle était sa mère. Son père avait été très violent et il était plus sûr de passer inaperçu plutôt que d'essayer d'attirer son attention. Cette habitude s'était enracinée dans sa manière de vivre. Elle avait eu de bons résultats à l'école, tout en restant soigneusement dans le décor. Elle avait toujours essayé d'éviter l'attention des autres et ne supportait plus maintenant quand leurs regards se posaient sur elle. Cette réalité ne changerait qu'avec le temps et la répétition. "Merci, Ukitake-san." Se contenta-t-elle de répondre.
Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été à proximité de quelqu'un d'aussi innocent malgré son expérience du monde. Il ne la connaissait pas assez bien pour s'enquérir de ce qui la rendait aussi timide mais cela ne le dérangeait pas plus que ça. Au contraire, ça ne faisait que renforcer l'idée qu'elle avait besoin de conseils et d'un peu de temps pour embrasser son potentiel. Le dîner fut servi et Erisia s'étonna de trouver certains de ses plats favoris au menu. Ukitake s'était poliment renseigné sur ses goûts au seul homme qui serait capable de le renseigner.
"Servez-vous, je vous prie." L'invita-t-il avec le sourire.
Erisia hocha la tête et commença à sélectionner certains mets. "C'est délicieux." Affirma-t-elle après avoir gouté quelques bouchées.
"Je suis heureux que cela vous plaise. Alors, Erisia-san, comment se passent les cours à l'Académie pour vous?"
"Oh, plutôt bien. Mes amis et moi sommes en tête de classement pour les exercices en équipe. Mon professeur de kido m'a même demandé d'être son assistante pour l'année prochaine. J'ai reçu de bonnes notes dans toutes les matières que j'étudie." Expliqua-t-elle.
"Excellent. Comment vos amis et vous avez réussi à prendre la tête?"
"Je suppose que c'est parce que nous travaillons très bien ensemble. Même avant d'être placé dans la même équipe, nous nous entraînions ensemble, nous testant et nous encourageant mutuellement. Lorsque notre équipe a été formé, la moitié du travail était déjà accomplie." Dit-elle en riant un peu.
"C'est une chance que vos amis et vous ayez pu travailler ensemble. Vous avez dû l'entendre auparavant mais l'on dit que les amitiés forgées à l'Académie durent très longtemps."
"Oui, il me semble que le capitaine Unohana m'avait dit une chose similaire. Elle a mentionné que le capitaine Kyoraku et vous-même étiez ses amis à l'Académie."
"Ah, en effet. C'est l'une de nos plus vieilles amies." Confirma Ukitake avec le sourire.
"Je ne sais pas toujours de comment me comporter avec le capitaine Kyoraku." Admit Erisia.
"Et pourquoi donc, Erisia-san?" S'enquit Ukitake.
"Les quelques fois où je l'ai rencontré… ses manières… je ne sais juste pas comment réagir. Je ne suis pas habituée à une telle… attention. Le capitaine Unohana m'a assuré qu'il essayait simplement de me faire sourire et d'accepter qu'il m'escorte lorsqu'il me le propose mais il a une personnalité très...extravagante. Et je n'ai jamais pu être confortable avec de telles personnes." Expliqua Erisia.
Ukitake enregistra l'information. Il était bien au fait de la nature charmeuse de Shunsui et de son manque de sérieux. En vérité, Shunsui cherchait simplement à donner le sourire aux femmes qu'il rencontrait et les faire se sentir spéciale. Il devrait expliquer à son ami que cela gênait énormément Erisia et qu'il devrait diminuer un peu les effets. "Il n'a que de bonnes intentions, Erisia-san. Il veut simplement vous faire sourire. Puis-je vous demander pourquoi de telles personnalités vous dérangent?" Il avait deviné qu'elle ne parlait pas seulement de reiatsu puissant ou de forts caractères mais plutôt des personnes très extraverties et originales, car elle était à l'aise avec Byakuya et Renji, deux shinigamis très puissants. Renji avait dû remarquer sa gêne et s'était adapté. Shunsui n'avait pas dû comprendre qu'elle était réellement inconfortable mais la jugeait peut-être timide comme Nanao.
"Je n'ai pas un passé très plaisant en ce qui concerne les hommes. Ça a … commencé avec mon père. C'était … un homme qui a instillé en moi le besoin de passer inaperçue. Même lorsqu'il est mort, je demeurais cachée dans le décor. Je n'ai pas l'habitude que l'on me prête attention. Cela signifiait pour moi des expériences très négatives." Expliqua-t-elle en choisissant ses mots avec soin. Ukitake fur surpris de sa franchise.
"Vous avez été maltraitée." Vérifia-t-il précautionneusement.
"Mon père n'était pas un joyeux ivrogne." Donna-t-elle pour toute réponse. Ukitake voyait rouge en entendant qu'un homme pouvait se conduire d'une telle manière, surtout vis-à-vis de quelqu'un dont il devait être le protecteur. Il devait impérativement avertir Kyoraku et lui faire comprendre qu'il devait être plus prudent lors des ses rencontres avec la jeune femme.
"Je suis profondément désolé que vous ayez dû enduré de telles choses. C'est une preuve supplémentaire de votre force de caractère. Vous avez dépassé ce malheureux départ et êtes devenu une excellente personne, de ce que j'ai pu observé personnelement. Vous cherchez à aider les autres, vous n'hésitez pas à pousser vos amis à se surpasser et quelque soit la personne, vous essayez toujours d'être devriez être fière de la femme que vous êtes devenue." Commenta Ukitake. Elle rougit à nouveau et il ne put s'empêcher de sourire. Elle bénéficierait sûrement de quelques conseils amicaux.
Apprendre ce qu'elle avait enduré étant jeune expliquait son incapacité à voir les talents qu'elle possédait. Elle s'était rendue volontairement aveugle car elle avait appris que chercher à attirer l'attention se terminait généralement de façon non plaisante. Cette réaction avait été endoctrinée en elle pendant si longtemps que quelques années ne suffiraient pas à la faire disparaître. Cela prendrait des réactions positives continuelles jusqu'à ce qu'elle arrive à réaliser tout ce qu'il y avait de bien en elle par ses propres yeux.
"Avez-vous déjà réfléchi aux divisions dans lesquelles vous voudriez travailler?" S'enquit-il.
"Un peu. Je n'ai pas rencontré tous les capitaines mais j'ai essayé de me renseigner sur les possibilités dans chacune des divisions. Je ne sais pas ce que recherche la première division mais je pense que quelqu'un avec plus de talents et d'expérience leur conviendrait mieux. Je ne suis pas faite pour la division d'espionnage même si mon zanpakuto est une panthère d'ombre, je ne prends aucun plaisir aux secrets et aux mensonges. Je n'ai pas vraiment interagi avec le lieutenant Kira, alors je ne sais pas grand chose sur la 3ème division. Bien que je respecte le capitaine Unohana et que je cherche à garder un certain niveau de compétence dans le kido de guérison, je ne désire pas devenir une guérisseuse. Je suis amie avec le lieutenant Hinamori et je pourrai sans doute me plaire dans sa division mais je n'en suis pas certaine. Je ne crois pas que je serais capable de travailler quotidiennement avec Byakuya-san et Renji. Etant donné que Renji m'a adopté comme petite soeur, ça pourrait compliquer la situation, je pense." Erisia eut un petit rire.
Ukitake se doutait que ce n'était pas le seul élément pouvant potentiellement compliquer la situation si jamais elle travaillait à la 6ème division mais il garda le silence et l'encouragea à continuer. "Je ne connais pas vraiment la 7ème division, alors je ne pourrai pas me prononcer à son sujet. Quand à la 8ème, je suis sûre que le capitaine Kyoraku n'a que de bonnes intentions mais je ne serais pas capable d'interagir avec lui quotidiennement. Surtout que j'ai appris qu'il aime boire. Je suis certaine qu'il ne ressemble en rien à mon père mais je ne supporte pas l'alcool et ceux qui s'enivrent et il vaudrait mieux que je n'aille pas là-bas. Je ne sais rien sur la 9ème division, sinon qu'ils sont en charge du journal. Je suis une artiste mais pas une écrivaine. Cela ne me dérangerait pas de contribuer au journal mais je ne peux pas dire si jamais je m'intégrerais bien à la division." Elle fit une nouvelle pause.
"Et quels arts pratiquez-vous, Erisia-san?" L'interrogea Ukitake.
"Je pains surtout. Enfin, dessin ou peinture. J'ai commencé toute petite. J'ai créé quelques tableaux pour certains de mes amis. Momo a mis le sien derrière son bureau, tout comme le capitaine Hitsugaya et le capitaine Unohana." Expliqua-t-elle.
"Vous êtes la créatrice de ces magnifiques toiles? Vous avez beaucoup de talent."
Elle rougit. "Merci Monsieur. J'essaye toujours de faire de mon mieux, d'autant plus lorsqu'il s'agit de cadeaux."
"Votre attention envers chaque détail transparaît dans vos travaux. Je sais de source sûre que le capitaine Unohana apprécie énormément la toile que vous lui avez offerte."
"Je voulais la remercier d'avoir permis à Hanataro de m'enseigner le kido de guérison. Et à chaque fois que je viens livrer quelque chose, elle m'accueille avec une tasse de thé et une discussion. Cela me rappelle certains moments avec ma mère." Admit-elle. "Elle a la même nature maternelle. Quelque chose qui m'a manqué depuis sa mort."
C'était rafraîchissant d'être en compagnie de quelqu'un d'aussi ouvert et honnête sur leurs pensées et leurs sentiments. Bien qu'elle ne le connaisse pas vraiment, elle parlait en toute franchise et ne cachait pas les informations que d'autres préféreraient taire. Il commençait à réellement apprécié la jeune femme, au-delà de sa reconnaissance pour son aide lors de son attaque.
"Je suis sûr qu'elle apprécie tout autant votre compagnie. Être guérisseur peut être un travail ingrat bien souvent. Je crois qu'elle profite probablement de ces occasions d'être tout simplement une femme même si cela ne dure que le moment d'une tasse de thé et d'une conversation. C'est un répit durant ses journées surchargées."
"Alors je suis encore plus heureuse de pouvoir partager ces moments avec elle." Répondit Erisia en souriant. Elle commençait à bien aimer le capitaine Ukitake et se détendait peu à peu en sa présence.
"Que pensez-vous des autres divisions?" Demanda Ukitake, retournant à leur sujet de conversation initial.
"Ah, oui. J'ai eu la chance de pouvoir en parler avec le capitaine Hitsugaya et je pense que cela me plairait bien de travailler dans sa division. Mais je sais qu'ils ont la responsabilité des missions dans le monde réelle et je ne pense pas être prête à aider comme il faut pour ce genre de chose, étant donné la situation. Je me débrouille bien dans mes classes, mais je pense avoir besoin d'encore un peu de temps pour m'habituer à tout cela. La plupart des étudiants à l'Académie ont connu ce monde toute leur vie. Je n'y ai vécu que quelques années et je rencontre encore quelques difficultés par moment pour m'adapter même si je n'en laisse rien paraître." Admit-elle. Une raison de plus pour l'inviter à la 13ème.
"Je ne suis certainement pas faite pour la 11ème. Même si je souhaite devenir une bonne combattante afin de pouvoir protéger les autres, je n'ai pas cet esprit guerrier, même si je me suis liée d'amitié avec le lieutenant Kusajishi et le 5ème siège Ayasegawa. Je ne veux rien avoir à faire avec la 12ème. Ce capitaine est dérangeant. Veuillez me pardonner de ma franchise…"
"Il n'y a pas à vous excuser Erisia-san. Je comprends tout-à-fait votre ressenti. Le capitaine Kurotsuchi est un homme très difficile à comprendre." Répondit-il diplomatiquement. Il n'était pas non plus un de ses fans.
"Je ne connais pas bien votre division non plus, Monsieur. Je sais que la soeur de Byakuya-san, Rukia, en fait partie. Mais je crains de ne pas en savoir beaucoup plus et je ne peux pas dire si jamais je m'adapterais bien là-bas."
"J'apprécie votre honnêteté, Erisia-san. La 13ème a pour rôle principal de patrouiller dans le Seireitei, bien que Rukia-san fasse de nombreux aller-retours dans le monde des vivants afin de continuer son travail avec le shinigami remplaçant, Ichigo Kurosaki. Alors que les autres divisions sont plus concentrées sur la protection du monde au-delà du nôtre, nous nous chargeons de garder la maison." Expliqua-t-il. Même si ce n'était pas toute l'étendue de leurs responsabilités, c'était suffisant pour savoir de manière générale ce dont ils s'occupaient.
"Rukia-san a toujours parlé en termes élogieux de sa division et de son capitaine lorsque cela venait dans la conversation." Réfléchit-elle à voix haute. Elle médita un instant l'information qu'elle venait de recevoir et bien qu'elle ne s'autorisa pas un commentaire, elle n'aurait pas considéré cela convenable, une part d'elle espérait avoir la bonne fortune de commencer son chemin de shinigami dans la 13ème division. Il semblait qu'elle apprendrait ici tout ce dont elle pourrait avoir besoin pour devenir digne de joindre la 10ème.
Ukitake était très perspicace et bien qu'elle ne dise rien, il devina la direction que prenait ses pensées. Toutefois, il préféra changer de sujet. "Et comment vous êtes vous fait à la vie dans la propriété des Kuchiki quand vous n'êtes pas à l'Académie?" La questionna-t-il.
"C'était très difficile au départ. Me retrouver à la Soul Society a été un véritable choc culturel pour moi. Je ne me suis toujours pas habituée à l'idée de serviteurs mais j'aime vivre là-bas. Partager des repas et des conversations avec Byakuya-san est toujours un moment appréciable. Et c'est un endroit magnifique. Chaque soir ou presque, on peut me trouver dans les jardins, au milieu des cerisiers du japon en train de dessiner ou de méditer."
"Où viviez-vous dans le monde des vivants?"
"Je possédais un appartement près de mon université. J'en ai confié une clé à Uruhara-san afin que les shinigamis devant rester une certaine période là-bas puissent en profiter au besoin."
"C'est très généreux."
"Je ne l'utilise pas et ce serait du gâchis que de l'abandonner ainsi alors que d'autres peuvent l'utiliser."
"En effet, Erisia-san." Répondit-il avec un sourire. Il pouvait imaginer à quel point elle avait dû être déroutée par la transition entre son petit appartement moderne et la gigantesque propriété des Kuchiki. Mais cela le rassurait qu'elle considère l'endroit comme sa maison à présent et qu'elle apprécie les moments avec Byakuya. Il avait aperçu la très légère rougeur sur ses joues lorsqu'elle avait mentionné l'austère capitaine de la 6ème. Ce qui lui faisait soupçonné que la jeune femme pouvait bien avoir un béguin.
Il souhaitait par moment que Byakuya puisse retourner à sa nature plus jeune et emportée. Il savait pourquoi le garçon passionné avait été laissé en arrière mais qu'il ait pu devenir si froid et sévère l'inquiétait, surtout pour lui qui l'avait vu grandir. L'homme qu'il était devenu était à l'opposé du jeune garçon du passé au point où il se demandait s'ils n'étaient pas deux entités séparées. Mais il savait aussi quelles blessures profondes la vie avait infigé au jeune homme. C'était parfois douloureux de l'observer se renfermer ainsi en lui-même. Et rassurant de constater qu'il y avait quelqu'un pour lui même s'il ne le réalisait pas.
Ils continuèrent leur conversation tout au long du dîner. Erisian appréciait de plus en plus Ukitake. Sa nature chaleureuse et amicale la calmait et facilitait énormément le contact. Lui aussi respectait de plus en plus la jeune femme en face de lui. Elle avait beaucoup souffert mais cela ne l'avait pas brisée pour autant. Elle avait encore besoin de temps pour guérir ses blessures mais une fois qu'elle pourrait se permettre d'être elle-même, ce serait magnifique.
"Byakuya-san aimerait que vous lui envoyez un papillon des enfers avant mon départ afin qu'il puisse m'escorter jusqu'à la maison." Annonça Erisia après s'être rappelée des instructions qu'elle avait reçu.
Tiens donc, mais c'était très intéressant cela. Erisia ne s'en rendait sûrement pas compte mais c'était remarquable que le capitaine veuille en être informé personnellement afin de l'escorter lui-même. Cela aurait été très simple d'envoyer un des gardes du clan pour la raccompagner ou de permettre à l'un des gardes d'Ukitake de s'en charger. Mais il voulait s'en occuper lui-même? Un signe évident pour la bonne personne.
"J'espère que vous avez passé un bon moment." S'assura Ukitake avec un sourire tout en invoquant un papillon des enfers pour transmettre le message.
"Tout-à-fait. Et j'ai beaucoup apprécié notre conversation, Ukitake-san."
"Moi de même. Venez, rendons-nous au jardin en attendant l'arrivée de votre escorte." Proposa-t-il tout en se levant et en lui offrant une main pour l'aider. Elle sourit et accepta au lieu de devenir embarassée, ce qui le ravit. Elle avait été de plus en plus à l'aise tout au long du dîner. Elle le suivit à l'extérieur où ils s'assirent sur un banc et reprirent leur conversation, tout en dégustant un bon thé.
Lorsque Byakuya arriva, Ukitake était en train de montrer à Erisia, la section de son jardin réservée aux roses. Il en avait même cueilli quelques fleurs d'une variété mauve pâle afin de les lui offrir, après avoir soigneusement enlever toutes les épines. "Merci, Ukitake-san." Le remercia-t-elle en inspirant leur doux parfum.
"Ah, Kuchiki-san, avez-vous passé une bonne soirée?"
"En effet, Monsieur." Répondit-il en le saluant.
"Peut-être pourrez-vous vous joindre à nous lors d'un prochain dîner." Suggéra Ukitake.
"Si tel est votre souhait, je ne refuserai pas votre invitation."
"Parfait. Rentrez bien." Ukitake rentra à l'intérieur. Il avait besoin de se reposer afin d'éviter une autre attaque.
"Le dîner s'est bien passé?" Demanda Byakuya.
"Oui, c'était très plaisant. Le capitaine Ukitake est un homme très aimable. J'ai eu une conversation agréable avec lui." Répondit-elle en souriant. A la lumière de la lune naissante dans le jardin d'Ugendo, Erisia était particulièrement ravissante, surtout avec son sourire. Byakuya fit la chose courtoise et lui proposa son bras qu'elle accepta et ils entamèrent le chemin du retour.
Erisia était étonnée qu'il lui ait offert son bras mais elle n'allait pas manquer une telle occasion. C'était très agréable de marcher ainsi même si son geste était probablement dû à la manière dont elle était vêtue et que c'était la chose convenable à faire. "Le capitaine Ukitake a-t-il apprécié le kimono?"
"Oui."
"Il est très joli." Répondit diplomatiquement Byakuya.
"Tu veux dire qu'elle est très jolie avec ce kimono." Le corrigea Senbonzakura.
"Merci." Répondit-elle doucement.
Ils rentrèrent à la maison en silence après cela et se séparèrent une fois arrivés. Il s'arrêta cependant pour la regarder alors qu'elle rejoignait sa chambre. Une part de lui aurait voulu ajouter quelque chose mais ce n'était pas le bon moment et les mots moururent sur ses lèvres avant qu'ils ne puissent être prononcés.
