Bonjour tout le monde !

Je suis désolée pour le retard de post sur cette fiction, mais je tenais à tenter d'avoir de nouveau de l'avance pour mes histoires, sachant que la semaine du 7 décembre je serais absente pour cinq jours en raison du concert des 100 Monkeys à Strasbourg. Me mobilisant du 5 au 9 décembre pour ce petit (gros) évènement dans ma vie, je n'aurais pas de temps pour écrire, donc je souhaitais récupérer un peu d'avance.

Ceci explique donc mon retard. Mais j'ai écrit le chapitre 30, qui sera donc moins long à arriver (probablement le 5 décembre, avant que je ne prenne le train!). Ensuite, on reprendra un rythme normal.

Je vous remercie toutes infiniment de votre patience, de vos messages. Vous êtes supers, continuez comme ça ;)

Je ne vous fais pas plus mariner, prenez soin de vous!

Un merci à Garance, pour son remplacement.

Bonne lecture, bisous !

Tiffany.

-o-o-o-

Chapitre 29 : Le baiser caché

Point de vue de Bella.

Edward tournait en rond dans son loft, son portable collé à l'oreille, la lettre dans la main gauche. Je sais que lui demander de ne pas partir était un acte d'un égoïsme sans nom, mais le frisson qui m'était descendu dans la colonne vertébrale à l'ouverture de cette enveloppe blanche sans nom sans timbre trouvée dans ma boîte à lettres m'avait fait vraiment peur !

Ca veut dire que la personne qui a fait ça connaît mon domicile, me connaît certainement un petit peu. Et avec ma Lola, c'est impossible pour moi de ne pas avoir peur de "ça". Qui dit que je serais en sécurité chez moi, même barricadée ?

Edward raccrochait.

- C'était la police...

- Qu'est-ce qu'ils t'ont dit ?

- Qu'ils ne pouvaient pas faire grand-chose, si ce n'est envoyer quelqu'un venir surveiller les alentours mais ils m'ont fait comprendre que ça ne serait pas une surveillance permanente...

Mes tripes se nouaient.

- J'ai peur...

Il s'asseyait sur le sofa à mes côtés et me prenait les mains, rassurant.

- Moi aussi...

- Est-ce que tu réalises que cette personne sait où Lola et moi on vit ?

Il acquiesçait.

- C'est bien ça qui me préoccupe le plus...

- Qu'est-ce qu'on va faire ?

- Je vais... Ecoute, je vais appeler Kate, et faire reporter la reprise de la tournée... J'peux pas partir et vous laisser là sans en savoir plus et sans avoir de matière à vous protéger toutes les deux...

- Et pour la maison ?

- Vous allez venir ici... Ca sera toujours ça ! On le dira à personne, et on verra si ça s'apprend...

Je me demandais si ma Lola allait comprendre pourquoi ce déménagement soudain !

- Et quand je repartirais... Tu pourras p'tètre aller chez ta mère, Angela ou... Ou au pire Jacob doit bientôt sortir de l'hôpital et je serai bien plus tranquille s'il se trouve avec vous deux...

- Je vais essayer d'en parler avec Charlie, voir ce que je peux faire pour que la police se bouge...

- Bonne idée ! En tout cas pour ce soir, vous venez là... On ira chercher Lola tous les deux, je vais alerter mon frère et Emmett aussi...

- Ne dérange pas toute ta famille pour ça... Si ça se trouve c'est simplement une nana dérangée ou...

- Faut se méfier de tout le monde, Bella ! Surtout d'une nana dérangée...

Il attrapa son portable et composa le numéro de sa manager. Il ne donna aucun détail, simplement qu'il reportait les dix premières dates de sa reprise, soit presque vingt jours.

- Non, j'ai une autre idée, Bella !

- Laquelle ?

- Je vais venir chez toi... Comme ça, si j'aperçois quelqu'un ou... Et ça évitera à Lola d'être trop bouleversée...

J'opinais.

- On va éviter de céder à la panique...

- C'est quand même effrayant, concédais-je.

Et ça l'est foutrement ! Il revint près de moi et m'attirait contre lui.

- Je sais...

- On va faire le nécessaire et je pense que je vais faire un communiqué pour demander à cette personne d'arrêter ses idioties parce que je n'hésiterais pas à la traîner en justice...

Je me serrais contre lui.

- Tu crois que ça sera suffisant ?

- Ca peut peut-être l'effrayer... On peut toujours essayer...

Il m'entourait de ses bras protecteurs.

- Serre-moi fort... J'ai peur...

Son emprise se fit plus insistante sur moi.

Alors maintenant, qu'est-ce qui va se passer ?

Il embrassa mon front, puis mes lèvres doucement.

- Il faut continuer de vivre normalement, pour ta fille. C'est primordial !

- Je ne veux pas qu'elle soit approchée d'une façon ou d'une autre. Jacob n'a pas toujours raison, mais quand il dit qu'il ne veut pas la voir exposée, je peux le comprendre...

Edward fronçait les sourcils et opinait, dégageant une mèche de cheveux derrière mon oreille.

- Je vais faire le nécessaire... En attendant, on reste ensemble...

De toute façon, j'ai trop besoin d'Edward !

Du coup, c'est à deux que nous sommes allés chercher Lola chez Charlotte. En ouvrant la porte sur Edward, l'aide de ma fille écarquilla les yeux tant et si bien que je crus qu'ils allaient sortir de leurs orbites, mais non. Je tentais de souffler et d'inspirer convenablement, pour oublier ce début de journée désastreux.

- Euh... bonjour...

- Bonjour Charlotte... Ca a été ?

Edward souriait, paisible, presque amusé. Elle opina.

- Euh oui... tr... très bien !

J'entrais et saluais les deux parents présents. Un petit garçon tenait dans ses mains un crayon cassé en deux, sous les yeux désolés de sa maman. Je souriais, compatissante.

Lola avait eu une grande période où elle m'avait déchirée du papier peint dans TOUTES les pièces de la maison.

Je me souvenais de cette impuissance, de cette rage contenue. Alors je comprends.

Ma Lola fit son apparition, arrivant par le couloir. Elle s'approcha d'Edward et se planta devant lui, les doigts bouchant ses oreilles.

- Est-ce que tu as un chat ?

- Un chat ?

- Est-ce que tu as un chat ?

- Euh... Non...

- Ah... Est-ce que tu as un fils ?

- Non plus...

Tiens... Encore une nouveauté !

- Ah...

Elle croisa alors les yeux de mon compagnon et rougit, avant de disparaître comme une fusée. Charlotte, qui semblait avoir repris ses esprits mais ne cachait pas un regard un peu trop insistant sur Edward, détourna la tête vers le couloir.

- Elle vous pose souvent des questions ?

- Oui... C'était quoi la dernière fois ?

- Elle voulait savoir si j'étais bricoleur...

- Oui voilà, c'est ça !

- Je pense qu'elle questionne votre compagnon en fonction de ce qui l'intéresse... Aujourd'hui, elle m'a beaucoup demandé comment je m'occupais entre autre de mon chat...

Quelque part, ça "peut" être une explication. Ca peut... ou pas !

- Je vais la récupérer, on va rentrer...

Je suivis Charlotte dans les couloirs jusqu'à la chambre personnelle de cette dame. Ma Lola était sur le lit, allongée en étoiles de mer et elle parlait à voix basse.

- Allez mon coeur, on va rentrer à la maison...

- Est-ce que le chanteur il va venir encore ?

- Oui... Tu le sais qu'il vient à la maison, Edward...

- Et le papa qui fait la guerre, il va venir aussi ?

Je restais désarmée, interdite.

"Le papa qui fait la guerre"...

- Ton papa doit encore soigner ses bobos, mais il sera bientôt de retour avec nous...

- Pourquoi ?

- Il aura besoin d'être avec nous, pour guérir plus vite.

Je savais que ce n'était qu'une image, que Lola ne comprendrait certainement pas.

- On est pas docteur, et l'autre c'est mon chanteur alors on peut pas le guérir...

Oh seigneur... J'aurais aimé, ne serait-ce qu'une fois, être dans la tête de ma fille.

- C'est... nous serons une sorte de soutien pour ton papa. Parfois, être avec les gens qu'on aime, ça aide beaucoup pour guérir...

- Oui !

- Allez, tu viens ?

- Est-ce que le chanteur, il vient ?

- Oui Lola, je te l'ai déjà dit... Et il s'appelle Edward !

- Est-ce que c'est le chanteur, Edward ?

- Oui !

Je l'attrapais dans mes bras et nous reconduisais dans le salon. Edward était en train de faire une petite dédicace à la maman présente, sous le regard effaré de son mari. Mon compagnon se retournait et me souriait.

- On y va ?

- Oui... C'est bon...

- Bonne journée, et merci pour tout... Vous me ferez parvenir la facture en fin de semaine, comme d'habitude ?

- Comme d'habitude Miss Swan... On se voit lundi, Lola ?

Ma fille cachait son visage dans mon cou et j'acquiesçais pour elle.

- Et n'hésitez pas à repasser monsieur Cullen...

Edward souriait et fit un petit clin d'oeil. Je crus que la maman dans le salon allait faire une syncope. Son époux levait les yeux au ciel.

- Allez viens, Don Juan !

Edward eut un petit rire et nous grimpions dans la voiture après que j'ai attaché ma Lola dans son siège.

- J'adore faire ça aux gonzesses !

- Son mari était au bord de la demande de divorce je te signale !

- Je trouve ça drôle !

- Bourreau sans coeur !

- Non maman, c'est un chanteur, pas un bourreau sans coeur !

Je la regardais dans le rétro et nous ramenais à la maison, sans trop m'étendre. Il m'arrivait souvent de ne pas rentrer la voiture dans mon garage, mais ce soir, probablement avec cette lettre, je décidais de la rentrer.

Je vérifiais que ma maison était bien sécurisée, et tirais les rideaux. Lola se faufilait jusqu'à sa chambre.

- Lola ? Tire les rideaux dans ta chambre !

Edward passait derrière moi, sa main traînant sur mes reins.

- T'es pas toute seule ce soir...

- Je sais... C'est idiot mais ça me rassure quand même...

Il souriait faiblement et embrassait mon front. Son portable sonna.

- C'est mon frère...

- Vas-y...

- Merci...

Il me fit un clin d'oeil et s'éloigna dans ma chambre. Je sortais une salade du frigo et sursautais lorsque deux coups se firent entendre sur la porte-fenêtre. Angela entrait.

- Désolée, je t'ai fait peur...

- Oh Angela !

Je la serrais dans mes bras.

- C'est bon de te voir...

- Ca va pas, toi ?

Je soupirais, et extirpais l'enveloppe de mon sac.

- Regarde...

Ses yeux s'écarquillaient.

- Bien sûr, on ne sait pas qui a fait ça !

- Edward est au courant ?

- Oui... Il est là d'ailleurs, il est au téléphone avec son frère...

- Tu porteras plainte ?

- Je pense que je vais finir par le faire oui... Au moins une main courante. Je vais appeler Charlie pour savoir quelle est ma meilleure option...

- Tu as bien fait !

- La priorité est de protéger Lola !

Elle posa son sac sur le comptoir.

- En tout cas, si t'as besoin que je la garde, y aura pas de problème...

- Merci...

Je la serrais dans mes bras à nouveau. Ca fait du bien.

- D'ailleurs elle est où c'te choupette ? LOLAA !

Elle partit dans le couloir pour rejoindre sa chambre. J'entendis Edward la croiser.

- Salut Angela !

- Oh ! Bonjour Sexy Edward !

Il eut un petit rire et revint dans la cuisine.

- J'adore ta pote !

- J'me trompe où t'as toujours aimé les flatteries ?

- J'aime plaire !

- Je vois ça... Je vais dire à Angela de rester dîner... Ca fait longtemps...

- Avec plaisir ! Ca me fera l'occasion de mieux la connaître...

Evidemment, elle accepta de rester dîner, et elle et Edward s'entendirent très bien. Ca me réconfortait que ma meilleure amie et marraine de ma fille soit en accord avec mes choix sentimentaux.

Peu avant le dessert, j'accompagnais Lola se coucher.

- Pas le chanteur maman, le disque il chante mieux !

- D'accord...

Comme d'habitude, je procédais à notre petit rituel. Je m'allongeais dans le lit de ma fille, écoutant la première piste de l'album d'Edward. Mais Lola ne cessait de bouger, et de se gratter.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Elle me désignait sa culotte sous son bas de pyjama. Je la soulevais légèrement.

- Qu'est-ce qu'elle a, ta culotte ? Ca te gratte ?

Elle opinait. Ses fesses étaient effectivement un peu rougies, mais surtout parce qu'elle se grattait.

- Tu veux qu'on l'enlève ?

Elle opinait et je l'aidais à la retirer.

- Tu peux dormir simplement avec ton pyjama sur toi si tu veux...

Elle acquiesçait et se levait.

- Où tu vas ?

Elle éteignait son poste, et le rallumait. Rituel du soir, bis répétita.

Je retrouvais Edward et Angela qui buvaient tranquillement une petite coupe de vin.

- Désolée... Culotte récalcitrante !

Je m'asseyais face à Angela, aux côtés d'Edward.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Sa culotte la grattait, on a fini par l'enlever...

- On dort très bien sans culotte, Ben ne s'en est jamais plaint en tout cas !

Edward éclatait de rire et je souriais, secouant la tête. Cette Angela... Nous passâmes au dessert et bien vite, trop vite, mon amie dût partir.

- En tout cas Bella, si tu as besoin pour Lola, tu m'appelles...

- Promis ! C'est bon de savoir que je peux compter sur toi...

Je la serrais dans mes bras et elle répondit à mon étreinte, avant de se tourner vers Edward.

- Oh Ed allez ! On peut bien se faire la bise maintenant !

Ils s'embrassèrent rapidement.

- Et tu m'enverras des places VIP pour ton prochain concert dans les parages ?

- J'ai promis ! souriait-il.

- Angela ! T'es gonflée !

- Bah quoi ?

Elle me fit un clin d'oeil et disparut dans le noir pour repartir chez elle à bord de sa voiture.

Je fermais bien tous les volets et les fenêtres, verrouillant même les serrures de mes portes fenêtres. L'angoisse me reprenait, subitement.

Je tentais d'en faire abstraction en débarrassant la table.

- Alors, comment tu l'as trouvé ?

- J'adore ta pote ! Elle est super drôle !

- Je suis contente que le courant passe...

- Elle t'adore en tout cas !

Je souriais et Edward posait les assiettes sur le plan de travail de la cuisine.

- Et si on faisait la vaisselle seulement demain ?

Huumm... Frissons...

- Qu'as-tu à proposer en échange ?

Il s'approchait, l'air félin et clairement cochon et entourait ma taille de ses bras.

- Une petite exploration approfondie de la sensation des draps sur deux corps nus par exemple...

- Intéressant ma chère star adorée !

Il souriait et déposait doucement ses lèvres contre les miennes.

- Entre du sexe et faire la vaisselle, tu préfères quoi ?

- Hum... laisse-moi réfléchir parce que ce n'est pas une décision qu'on doit prendre à la légère... Allez, va pour le sexe ! Mais c'est à contrecoeur !

Ses sourcils se fronçaient et j'éclatais de rire. Il m'attrapait et me claquait la fesse.

- Non mais j'vais te montrer moi ! A contrecoeur, mon cul oui !

Il m'entraîna à la chambre et referma la porte derrière moi avant de me plaquer contre. Avec force, il posa sa bouche contre la mienne et nos langues se livrèrent une bataille acharnée pendant que nos mains courraient sur le corps de l'autre, embrasant, caressant. Je sentais son bas ventre durci contre moi et je gémissais lorsqu'il fit parcourir ses lèvres sur mon cou, léchant et suçotant chaque parcelle de peau qu'il croisait. Mes doigts remontaient dans ses cheveux, les cramponnant avec force tandis que ses mains s'activaient à me retirer mon haut et à déboutonner mon jeans. Il glissa sa paume dans mon pantalon et ses doigts effleurèrent alors ma féminité, me faisant presque miauler. Je me cambrais contre la porte, aux aguets des sensations incroyables qu'il me procurait.

Je l'aidais à me dévêtir, et entrepris ensuite de le mettre à nu, dévoilant son corps musclé mais pas trop, et son bas-ventre tout aussi en forme. Ma main chaude entoura son sexe qui ne demandait que ça. Je le plaquais à mon tour contre la porte et couvris son torse de baisers langoureux, titillant toutes les zones érogènes que je rencontrais sur mon passage. Je glissais jusqu'à me retrouver à genoux devant lui, et devant sa virilité que j'embrassais du bout des lèvres.

- Oh seigneur...

Ses doigts dans mes cheveux, je me laissais guider, bien décidée à lui offrir un petit plaisir. Je léchais, aspirais et caressais, les yeux clos, concentrée sur mes sensations et sur les palpitations dans mon bas ventre. Je ne pus retenir une envie primaire de me toucher moi-même devant lui et il gronda. J'ouvris les yeux pour le voir le regard noirci, et il me fit me relever prestement. Il me souleva dans ses bras et j'entourais sa taille de mes jambes, le laissant me pénétrer vivement, contre le mur de ma chambre.

Ohh putain oui !

Je m'agrippais à lui, et il haletait.

- Définitivement mieux... que la... la vaisselle...

Il allait et venait, s'occupant de ma poitrine tandis que je me laissais aller dans ses bras. Il finit par nous ramener sur le lit et me bascula sur le matelas moelleux. J'inversais nos positions, me retrouvant sur lui, et entrelaçais nos doigts.

Un éclair passa alors dans ses yeux, et j'y vis énormément de tendresse. Plus que je n'en avais jamais vu dans le regard d'un homme. Mon coeur fondit alors, mais pas d'une façon imagée. Il fondit purement et simplement, de façon irréversible. Il ne me semblait pas y avoir d'autre avenir qu'avec lui, ici ou ailleurs, lui et moi et ma Lola. Nous trois ensemble. Et lui et moi comme ça, tous les soirs que Dieu nous accordait.

Je m'abaissais sur sa virilité et imposais un rythme plus lent, un rythme les yeux dans les yeux. J'appuyais mon front contre le sien et nos souffles se mélangèrent naturellement, ses mains sur mes hanches. Sa bouche frôlait la mienne.

- Je t'aime, Edward...

- Moi aussi... T'as pas idée à quel point...

L'acte se consuma alors dans une tendresse contrastant avec la puissance du début, et je me resserrais sur lui en me mordant la lèvre pour ne pas crier, alors qu'il vint dans un cri étouffé, jouissant au fond de mon ventre.

Après plusieurs minutes à récupérer, je me redressais pour enfiler une petite nuisette guère plus habillée mais plus décente pour ma fille. J'attrapais le boxer d'Edward.

- Enfile ça, tu veux ? Y a une petite de quatre ans dans cette maison je te rappelle...

Il grogna et se releva, amorphe, avant de se diriger vers ma salle de bains pour se nettoyer un peu. Lorsqu'il revint, il me rejoignit sous la couette.

- Y a encore la musique dans la chambre de ta p'tite, c'est normal ?

- Attends j'vais voir...
Effectivement la musique tournait encore, chose peu normale. Lola était endormie profondément. Je bidouillais la chaîne pour l'arrêter et me tournais pour embrasser ma petite puce. Je remarquais qu'elle était découverte jusqu'aux genoux, et que son bas de pyjama découvrait ses fesses.

Qu'est-ce qu'elle a avec ses fesses aujourd'hui ?

Je remontais en prenant garde de ne pas la réveiller son pantalon et la recouvrais avec sa couette. Puis, je quittais la chambre pour rejoindre Edward.

- Elle dormait ?

- Oui, les fesses à l'air...

Je me glissais dans son étreinte.

- Ca m'arrive des fois de dormir les fesses à l'air aussi !

Je tapotais son torse.

- Edward !

- Bah quoi ? T'aimes ça j'crois en plus, non ?

- Ne t'y méprends pas, j'adore tes fesses, mais on parlait de celles de ma fille !

Il souriait et m'attirait à lui pour m'embrasser doucement. Je m'allongeais sur son torse.

- Au fait, comment va ton frère ?

- Ca a l'air d'aller... Il roucoule avec Alice et il s'investit enfin dans les préparatifs du mariage, donc ça le fait...

Je traçais du bout des doigts des petits cercles sur sa peau.

- Je suis contente qu'il ait compris que toi et Alice, c'est bien fini...

Il me resserra contre lui.

- Oui... Jazz ne mérite pas de souffrir après tout ce qu'il a traversé... Je pense qu'il aurait dû nous dire ce qu'il ressentait, au lieu de tenter de mourir...

On peut faire des folies, par amour.

- Il est encore là...

- Maintenant, j'espère qu'il nous dira toujours ce qu'il ressent... Il doit être honnête et ne plus se cacher, de quoi que ce soit !

- Ca ne devait pas être vivable pour Alice de le voir si tourmenté et ne rien savoir... Je pense que dans un couple, on peut tout se dire...

J'ignorais si c'était une idée de mon propre fait, ou si c'était réel mais je crus sentir Edward se crisper. Je me redressais légèrement.

- Est-ce que ça va ?

Il me fixait, et sa main se posa sur ma joue, son pouce balayant ma peau avec tendresse.

- Je crois que c'est le bon moment...

Mes entrailles se nouaient.

- Pour ?

Non... qu'est-ce qu'il va me dire ? Il ne veut plus de moi, c'est ça ?

- Edward, tu...

Il se redressait et s'appuyait contre la tête de mon lit.

- Je n'ai pas été tout à fait honnête non plus... Ca doit être un truc de famille...

Je me redressais également, frissonnante.

- Ecoute... Il faut que je te dise... Mais jure-moi de m'écouter jusqu'au bout...

- Juré...
Mais je déglutissais déjà, imaginant ma vie sans lui. L'imaginant ramasser ses affaires et partir.

- Kate m'a... embrassé... A deux reprises... Au début de notre relation, et la veille de noël...

Et voilà.

Je fermais les yeux, tentant de souffler. Mon coeur battait trop vite, trop fort. Ma gorge se nouait, et je détestais déjà cette peine qui allait m'écraser.

Elle a embrassé Edward. Deux fois.

Sa main frôla mon bras, que je retirais.

- Bella... Je t'en prie, écoute-moi jusqu'au bout.
Je ne rouvrais pas les yeux. Après tout, qu'avais-je espéré ? Edward est trop bien pour moi, Kate est de son milieu...

- Kate m'a embrassée... Elle est amoureuse de moi et elle a tenté son coup...

Une larme roula bien malgré moi mais je l'essuyais prestement avant de rouvrir les yeux, l'évitant toutefois.

- Edward, je...

Il bougeait, se mettant à genoux devant moi.

- Jasper m'a conseillé de t'en parler...

- Pourquoi tu n'as rien dit a... avant que ton frère te le conseille ?

- Parce que pour moi, c'était sans importance... Je n'aime pas Kate, et je ne l'aimerais jamais. Les seuls baisers qui auront de l'importance, ce sont les tiens... je ne voulais pas que... que ça te blesse ou...

- Et ben c'est raté... soufflais-je.

- Bella... Je reconnais que oui, que c'était mal vu mais... bon sang Bella, je t'aime ! Je sais que tu m'aimes, que tu as confiance en moi comme j'ai confiance en toi... Je me fiche de ses baisers, et je ne les lui ais pas rendu parce que merde... Elle n'a rien à voir avec toi...

Je tentais de retenir les traîtresses, alors qu'il attrapait ma main.

- Elle n'aura jamais rien à voir avec toi... Mais je me devais de te le dire... je ne pouvais plus te le cacher... Tu donnes tout, à tout le monde et je te cachais ça... Ce n'était définitivement pas humain... ni tolérable...

- Le problème n'est pas que ce n'est pas humain... C'est que tu m'annonces ça après m'avoir fait l'amour et me dire que tu m'aimes...

- Mais je t'aime... Je ne vais pas te dire le contraire, parce que je t'aime...

Je croisais enfin son regard, et vis ses prunelles vertes briller, inquiètes. Mes doigts jouaient contre les siens, nerveusement. Il a au moins été honnête. J'aurais peut-être préféré ne jamais le savoir, ou le savoir immédiatement. Mais il est honnête.

- Ne me cache plus jamais ça... Ni ça, ni rien d'autre...

Il m'attira alors à lui, ses mains encadrant mon visage avec tendresse. Ses lèvres frôlèrent les miennes, et il m'embrassa à pleine bouche avant de m'attirer contre lui. Je me laissais fondre contre son torse. Il est honnête. Je ne peux pas le lui retirer.

- Il n'y a que toi, et j'ai été très explicite avec Kate à ce sujet...

Je ne répondis rien, me contentant d'écouter battre son coeur qui tambourinait très fort dans son corps.

- Tu me pardonnes ?

- Disons simplement que je comprends...

- D'accord...

Je le sentais déçu, mais il me semblait me falloir encore quelques temps avant "d'oublier" que Kate, cet être qui semblait me détester, avait une réelle raison de le faire...

Il nous rallongea dans le matelas et remonta la couette sur nos deux corps. Blottie contre lui, j'essayais d'occulter cette nouvelle, qui ne faisait qu'en rajouter une de plus à tout ce bazar actuel. Mais je l'aime. La couverture nous recouvrant jusqu'à la tête pratiquement, je sentais l'étreinte chaude d'Edward. Il se tourna sur son flanc droit face à moi, et posa sa main sur ma joue.

- Je t'aime, Bella... murmura-t-il comme un secret. Tu as plus d'importance pour moi que le reste, depuis qu'on est ensemble... Je me sens bien là, juste avec toi et ta fille dans cette maison... C'est la première fois depuis... depuis Alice, que je me sens à ma place... Ca a été une longue cicatrice, mais pour la première fois, tout va bien. Parfois, c'est dur de croire que tu es avec moi, que tu m'apportes tout ce qu'il me manquait... Je ne suis pas assez stupide pour te perdre...

Ses mots, dans la noirceur de la nuit, entourèrent mon coeur d'un voile de douceur. Je me resserrais contre lui, mes bras autour de son cou, cherchant à ne faire qu'un avec lui. Il me serra fort, très fort contre lui.

J'aurais sincèrement voulu rester comme ça toute ma vie...