10 années plus tard.

Je suis Cobalt alors qu'il prends la direction de la grande place, il a une allure superbe. Sa chemise blanche en soie et son pantalon bleu marine d'homme d'affaires est ma combinaison de tenue préférée sur lui. Les rues ont été reconstruites depuis le bombardement dans notre District, des jolies pavés se trouvent sous leurs pieds, aucun déchet ne traîne. Les maisons ont des façades entretenues et plusieurs ont même des arbustes devant leurs portes. Sur sa route, plusieurs habitants le saluent, après tout depuis qu'il est le Directeur de l'école d'ingénierie de Panem tout le monde le connaît et admire son travail. A partir de rien, Cob a réussis à monter une institution où des enfants de n'importe quelles classes sociales puissent y entrer avec un système de bourse. La majorité de ces élèves viennent du District trois, mais il y en a du District cinq et quelques du douze voulant se spécialiser dans la pharmacologie approfondie. Sur la grande place, plusieurs mains s'activent, estrade, caméras, feux d'artifices. Ils fêtent la Moisson chaque année, en mémoire à chaque tributs envoyés. Il y a un écran géant qui toute la soirée passe les visages de tous les enfants envoyés à la mort, les vainqueurs sont aussi présents. Cobalt se colle contre le mur commémoratif comme il fait chaque matin avant de rendre à son travail, un mur de cinq mètres de hauteur en granite bleue a était battis. Les noms de tous les personnes qui sont tombées lors de la Rébellion y sont inscrites en lettre d'or, ses doigts passent toujours dans les creux que forment mon nom "Lana Bridlight Tupakle" à côté du mien se trouve celui de Wiress. Une fois arrivée à l'école, les étudiants le regardent avec respect mais il reste humble serrant chaleureusement plusieurs mains. Le bâtiment comporte cinq étages, des classes y sont installés ainsi que plusieurs sales de laboratoires ou de mises en pratique. Beetee y donne cours de temps en temps lorsqu'un professeur est mal portant mais la plupart du temps il continue à inventer des technologies qui m'émerveillent. J'aimerais tellement l'aider dans ses recherches, je serre fort les lèvres à chaque fois qu'il est bloqué à un calcul où la réponse me tape dans l'oeil. Mais je suis impuissante, je les regarde vivre avec une envie certaine. Une fois dans son bureau, Cob s'installe sur sa chaise et sort divers dossiers de sa mallette, son regard nostalgique se perds souvent dans le vide. Je reste dans un coin à l'observer pratiquement tous les jours, je ne cesserais jamais d'être émerveiller par chacun de ces mouvements.

Sa porte non fermé à clé s'ouvre sur une petite fille aux traits angélique, ses cheveux bruns volent dans l'air alors qu'elle accoure sur les genoux de son père. Elle glousse alors qu'il la réceptionne dans ses bras :

-Papa, j'ai acheté une nouvelle robe pour ce soir. Dit elle avec un sourire formant des fossettes sur ses joues. Elle aspire la pureté à elle seule, rien n'a souillé son enfance. Si vous lui parlerez des Hunger Games, cela resteras à jamais quelque chose d'abstrait pour elle. Et j'en suis fière, nous nous sommes battus pour cela. Pour que notre descendance ne vive pas dans la crainte et la misère sous la coupe du Capitole.

-Encore ? S'étonne faussement Cob en commençant à la faire sauter sur ses genoux, elle glousse d'un son mélodieux. Elle hoche vivement la tête pour toute réponse.

-Et où est ta mère ? Tu l'as oublié au magasin ? S'enquit-il.

La dite "mère" décide d'ailleurs d'entrer à ce moment même, ses cheveux blonds vénitiens encadrent son doux visage accentué par ses prunelles océan. Elle sourit largement face au tableau qui se joue devant elle.

-Maman aimerait surtout que papa décide de réparer l'ascenseur. Dit-elle d'un ton faussement grognon, pour appuyer ses paroles elle pointe du doigt son ventre rebondi et le caresse tendrement. Je suis obnubilé par ce geste que je n'ai même pas pus espérer faire une fois dans ma vie, ma main se place d'elle même sur mon ventre mais il n'y a rien, je suis transparente, invisible. Elle s'approche de son bureau et je sais qu'ils vont s'embrasser alors je préfère m'éclipser. Cob est marié depuis sept ans à Morie, rencontré dans le District 13. Deux ans plus tard ils ont eu la petite Lana, son prénom étant hommage à ma personne. N'y voyez rien de romantique, avec le temps j'ai pus comprendre les sentiments que Cob me portait et me porte encore. Depuis toujours je crois qu'il aimait la révolte qu'il voyait en moi, cette opportunité de se rebeller. Je vois comment il regarde Morie, ils sont faits l'un pour l'autre et j'en suis comblée. J'ai donné ma vie pour qu'il soit heureux, j'ai atteint mon but alors comment ne pas être heureuse ?

Dans le couloir du troisième étage je croise Pierrus, le cadet de la famille Tupakle, le petit frère de James. Il a mûri avec le temps, il est devenu professeur ici et s'est marié à une femme du District huit. Il ne s'est jamais remis de la mort de son frère Oran, tué lors du bombardement du District, il était déjà trop faible à cause de la pollution et de l'électromagnétisme omniprésente. Heureusement James s'en est remis de sa mort mais pas de la mienne. Je le retrouve d'ailleurs à l'orphelinat qui s'occupe depuis trois ans maintenant, il a toujours son visage tuméfié refusant la chirurgie du Capitole.

Sa douleur me crève le cœur, pas seulement parce qu'il continue à m'aimer mais parce que son désir d'enfant dépasse ce que je m'étais imaginé. Il parraine plusieurs enfants pour payer leurs scolarités et les logements sociaux m'y en place et à chaque fois qu'il parle à un enfant je vois son étincelle dans ses yeux. Je lui ai privée de sa vie et je m'en voudrais à jamais. De temps en temps il grommelle des paroles intelligibles lorsqu'il est seul, les mots que j'arrive à comprendre sont souvent "désolé", "Lana", "Je m'en doutais". Je ne comprends pas de quoi il est désolé mais j'espère que ce n'est pas par rapport à moi. Si Cobalt m'aimait juste pour mon esprit de rébellion, James m'aimait pour des raisons aussi proches que différentes. Il m'aimait moi. Mon sale caractère, ma folie, moi le monstre, toute ma personnalité. Il aimait le tout. Il aurait même sans doute voulus que je n'ai pas un esprit de rebelle. Je suis tellement désolée James.

-James ! L'apostrophe Beetee en rentrant dans son bureau, mon vieil ami n'a pas changé d'un poil. Il a failli tomber dans la drogue, soumis aux seringues comme je l'étais mais il a réussis à en sortir grâce à James. Ils sont devenus très poches, s'entraidant à survivre.

-La maison de retraite c'est plus loin, blague James avec un sourire qui n'atteint même pas ses yeux. Mon cœur se comprime, voilà pourquoi je reste la plupart du temps auprès de Cobalt, il est préférable d'admirer le bonheur que la rébellion à provoqué que le malheur.

-J'y penserais quand je vais devoir te donner mon don mensuel , réplique Beetee. Je souris largement, il m'a volé mon humour, je réclame les droits d'auteurs.

-Trêve de plaisanteries vieillard, que puis-je fais pour toi ?

Beetee pouffe et je me joint à lui.

-Je n'ai pas le droit de venir te voir en toute amitié ?

-Ca me touche Beetee, rit James en posant une main sur son cœur.

On toque à sa porte puis une tête brune apparaît. Jane Patlin, je la reconnais entre mille, à chaque fois que je la croise je revois son regard lors de la moisson. Lorsqu'elle tremblait de peur puis lorsque mon nom a été tiré son soulagement et sa tristesse se lisaient sur son visage.

-Oui Jane ? Quémande James alors qu'elle le regarde avec des yeux fascinés.

-Monsieur le maire veut la confirmation comme quoi vous faîtes un discours ce soir. Explique t'elle en se triturant les mains pour s'occuper, son visage est aussi rouge que son chemisier.

-Comment se fait-il que les gens soient au courant avant moi de ce que je fais ? Soit, je ferais une brève apparition. Merci Jane.

Il n'a même pas poser ses yeux sur elle, il a directement ouvert son agenda alors qu'elle referme la porte silencieusement. J'implore Beetee du regard même si il ne peut pas me voir mais nous restons éternellement connectés :

-C'est une bonne fille cette Jane, dit-il. Je souris, c'est ça Beetee. Ouvre lui les yeux s'il te plait.

-Elle fait du bon boulot, se contente t'il de répondre en rangeant son agenda.

-Tu sais déjà ce que tu vas dire ? S'enquiert Beetee. James hausse juste les épaules décontenancé :

-Deux, trois paroles de politesses surement.

-Ne sois pas stupide, l'événement est retransmis. En plus je vois là une belle occasion de lui dire au revoir.

L'atmosphère s'est changé, même moi je le ressens.

-A qui ? Demande avec innocence James les yeux baissés sur des bouts de papiers. Mon amour, sois fort je t'en prie.

-Ne fais pas l'imbécile avec moi.

Beetee se lève et part sans un mot, je le suis alors que James commence à sangloter derrière son bureau. Je suis tellement désolée mon cœur. Je n'ai même pas le courage de rester à ses côtés.

Beetee salue quelques personnes dans les rues puis se stoppe et lève ses lunettes pour être sûr de bien apercevoir Johanna sur la place, elle lui sourit tristement et le rejoins. Ma Johanna. Elle ne vient pratiquement jamais ici, elle est devenue une ermite dans son District.

-Qu'est-ce que tu fais là ? Demande Beetee alors qu'ils s'enlacent. Leurs rapports ont bien changés.

-Vous avez fait une commande de plusieurs charpentes, je suis montée dans le train tout juste avant qu'il ne parte. Juste une impulsion. Répond elle évasivement.

La vraie raison est surtout que la saison des pluie à commencé chez eux, l'air est beaucoup trop humide pour elle. Elle ne s'est jamais remis de sa torture, je la comprends.

-Et bien maintenant que tu es là tu vas me dire comment va Finnick, cela fait un moment que je n'ai pas rendu visite à Annie.

-Parfaitement bien je crois, comme Annie. Je sais qu'il sèche déjà les cours pour s'enfuir sur sa barque.

Ils s'esclaffent. Je souris, le fils d'Annie ressemble trait pour trait à Finnick.

Lorsque la nuit tombe, des lampions sont allumés sur la place. Les familles s'installent au sol avec des couvertures. En silence tout le monde regarde l'écran qui commence à diffuser les premiers tributs envoyés aux Jeux, en dessous de chaque photo il y a le prénom et le nom mais pour les dix premiers Jeux il n'y a juste qu'un prénom et encore.

Sur l'estrade des spots sont allumés éclairant Beetee,Johanna,Otius, le maire et James. Au loin dans la foule Cobalt est avec sa petite famille, son visage exprime une douleur infinie alors qu'il fixe l'écran sans cligner des yeux.

-Je vous prie d'entendre Mr Tupakle, Fondateur du nouvel orphelinat du District 3.

D'un même homme tout le monde applaudit, je fais de même malgré qu'on ne puisse pas m'entendre.

James prends la place du maire au micro, il a revêtit un costume noir sombre de circonstance.

-Bonsoir, voilà dix ans que nous vivons en paix. Dix ans où nous ne ressentons ni la faim, ni la peur. Nous le devons aux rebelles, à toutes personnes ayant collaborer avec eux. Ils ont fait preuve d'un courage exceptionnelle,nous leurs serons à jamais reconnaissants.

Plusieurs personnes interrompent son discours, applaudissant déjà avant la fin. Il reprends lorsque le silence lui permet :

-Beaucoup sont tombés, nous connaissons tous une mère, un enfant, un frère, une épouse morts pour notre liberté.

Il s'arrête quelques secondes fronçant ces sourcils, ses prunelles luisent avec la lumière. Courage James.

-Ils se sont battus pour qu'on vive, non qu'on survive. Ils se sont battus pour qu'on connaisse le bonheur. Nous devons à notre tour alors ne pas les décevoir et accomplir leurs souhaits. Ne pleurez pas sur votre père mort au combat, il ne voudrais sûrement pas ça. Avançons tous ensemble dans cette inconnue paisible qu'ils nous ont offert.

Il humidifie ses lèvres avant de reprendre la parole alors que je jubile de joie. Ses yeux rencontrent ceux de Cob, je n'y vois aucune méchanceté ou de haine, non il me semble percevoir une nostalgie.

-Merci à eux.

Il retourne s'asseoir au côté de Johanna qui enlève une larme au bord de son œil, Jo est devenu un cœur fragile depuis la fin de la révolte. Tout le monde a repris son attention sur l'écran mais moi j'observe James qui glisse sa main dans celle de Johanna pour la réconforter. Merci.

Au loin, Wiress m'attends me souriant, derrière ma famille est réunie. Papa porte Lili qui gazouille alors que ma maman me salue. A mon avis si je pouvais pleurer je le ferais.

Cob caresse tendrement la tête de sa fille et James continue de serrer fortement la main de Jo. Beetee fixe l'écran avec un large sourire, mon visage y passe suivis de celui de Pronil. Merci pour tout Beetee.

J'avance sans un regard en arrière vers Wiress qui me tends la main, les quitter n'est pas une chose difficile. Je sais que maintenant ils seront heureux.

A jamais.


Dur dur de terminer cette fiction. J'ai envie de supprimer mes derniers chapitres, de tout changer pour que ça ne prenne pas fin mais il le faut.

J'espère que vous êtes satisfait de cet épilogue où je raconte la vie des personnes à qui Lana tenait le plus.

J'aimerais beaucoup avoir vos remarques que cela soit sur ce chapitre ou sur la fiction en générale (toute critique est la bien venue) puisque je pense écrire une nouvelle fiction vaut mieux que je connaisse mes points faibles/forts.


Je tiens à remercier tous les lecteurs qui ont suivis la fiction depuis le début.

Mais particulièrement ceux qui m'ont laissés une trace de leurs passages, ils m'ont donné l'envie de la poursuivre et de faire de mon mieux.

Je pense notamment à : PoissonPen19, Clove15, Jerem, fan-de-manga, Worz, Ginger-Furie, LittleJuju

Nous avons partagé ensemble plus qu'une histoire.

Merci encore.

FleurEncre