Hey hey !
Comment allez-vous ? Voici le nouveau chapitre, avec des souvenirs d'Avalon ! Enjoy ! ^^
Bonne lecture !
Chapitre 29 : La souveraine d'Avalon
Vivianne ouvrit les yeux, figée de stupeur. L'écho de la supplique d'Hermione résonnait dans tout son être, le désespoir de son ancienne chef des armées était comme un goût amer au fond de sa gorge.
Sans hésiter, elle transplana pour apparaître dans le vaste hall d'un manoir ancien. Son regard se durcit en voyant sa fille en proie à un démon qu'elle pensait vaincu depuis des millénaires.
- Abalam... murmura-t-elle alors que les enfants du Prince des enfers se précipitaient vers elle, écrasant sans ménagement le corps inanimé de la Source.
Vivianne trancha l'air de la lame de son sabre et tous les démons furent violemment projetés des mètres en arrière. Le temps d'un clignement d'oeil, elle se trouva derrière Abalam et, enserrant son cou de sa main, lui broya la trachée avant de l'envoyer d'un geste sec dans les débris de l'escalier. N'étant plus soutenue, Rose s'affaissa, ses jambes incapables de la porter. Vivianne la rattrapa et la serra contre elle.
- M'man... appela la Sage, vaguement consciente.
- Tout ira bien ma chérie, je suis là... chuchota Vivianne en caressant les cheveux du Maître des Chimères. Je vais vous sortir de là.
Elle essuya du pouce le sang qui ruisselait des griffures sur la joue de Rose, tendrement, maternellement, et l'aida à se redresser. La Dame du Lac la hissa sur son dos et elle sentit les bras de sa fille l'étreindre.
- Accroche-toi... murmura-t-elle avant de s'approcher en deux enjambées d'Hermione.
La brune avait les yeux à moitié ouvert, immobiles, fixant le plafond sans le voir. La Dame du Lac plaça sa paume au-dessus de la poitrine de la brune et un petit éclair s'échappa de ses doigts pour venir frapper la Source en plein thorax. Vivianne fronça les sourcils, perplexe. Elle avait mis plus de puissance dans son sort que le mince filet de magie qui s'était écoulé de sa main.
- La maison... elle absorbe la magie... balbutia Rose, la gorge nouée.
- Et bien, je vais lui en donner jusqu'à plus soif, dit durement Vivianne en se baissant pour prendre Hermione dans ses bras.
La Dame du Lac avança en direction de la sortie, un halo doré l'entourant progressivement pour devenir de plus en plus brillant à chaque pas. Les démons cherchaient à l'atteindre mais se désintégraient au contact du pouvoir de la Première Conseillère que rien ne détournait de son chemin.
Arrivée devant la porte close, elle laissa son pouvoir embraser l'air. Les murs du manoir se mirent à trembler avant de s'effondrer. Vivianne leva la tête et un rictus se dessina sur ses lèvres alors que le plafond s'effondrait, les débris tombant à grande vitesse sur elle.
- NON ! hurla Minerva alors que le manoir s'écroulait sur lui-même.
Elle voulut se précipiter mais Pansy lui attrapa le poignet avant de la tirer en arrière.
- N'y va pas ! cria la médicomage pour couvrir le bruit de l'effondrement.
- ROSE ! HERMIONE ! s'époumona l'animagus, tentant de se dégager de la poigne ferme de la Haute.
- Si le manoir s'est écroulé, c'est que Granger mère et fille, entreprise de démolition, ont fait leur boulot, fit la médicomage d'une voix ferme. Elles sont vivantes, j'en suis sûre.
Des planches de bois volèrent pour atterrir à quelques pas d'elle et Minerva se sentit revivre en voyant une silhouette émerger des décombres, portant une personne dans ses bras. Mais elle déchanta vite en découvrant une chevelure blonde. Parkinson eut un hoquet de frayeur et se cacha derrière l'Ecossaise.
- Vivianne... souffla l'animagus.
- Ouais... on est dans la merde... glapit la Haute. Bon, vu qu'on va mourir, je dois t'avouer quelque chose. Je sais ce qui est arrivé à Hermione sur Avalon.
Elle se hissa sur la pointe des pieds, s'appuyant sur l'épaule de l'animagus, et lui chuchota à l'oreille ce qu'elle avait lu dans l'esprit d'Hermione, deux nuits plus tôt. Le visage de Minerva perdit toutes ses couleurs, devenant aussi pâle que la peau des démons qui avaient tenté de les tuer dans le manoir.
- Elle va me le payer... siffla l'Ecossaise en serrant les poings, la haine la submergeant comme une lame de fond.
Vivianne s'arrêta à quelques mètres d'elles et laissa tomber sans ménagement le corps d'Hermione sur le sol. Puis, elle récupéra Rose toujours accrochée dans son dos et l'allongea avec précaution sur l'herbe.
- Ca va, ma chérie ? demanda doucement la Dame du Lac en guérissant les petites contusions apparentes.
La Sage voulut répondre, mais ses yeux roulèrent dans leur orbite avant que ses paupières se ferment. Vivianne passa sa main sur le front du Maître des Chimères et soupira, soulagée. La jeune femme n'était qu'évanouie.
La blonde se rendit aux côtés de son ancienne chef des armées. Cette dernière se réveillait lentement et la première chose qu'elle vit était le regard froid et déterminé de sa Némésis.
- Merci d'être venue... chuchota Hermione.
- Tu étais plus résistante quand tu étais mon bras-droit, sourit enfin Vivianne.
- Oui... Plutôt pathétique, n'est-ce pas ? grimaça la Source.
- L'horcruxe que j'ai détruit, c'est ce qui a provoqué ton arrêt cardiaque ? demanda sérieusement la Dame du Lac en s'accroupissant près de la brune.
- Tu en es un, tout comme moi. Je le sens, fit Hermione en tentant de se relever.
La blonde posa sa main sur l'épaule de la sorcière et la plaqua au sol.
- Effectivement, j'en suis venue à cette conclusion, murmura Vivianne. Il va falloir que je trouve un moyen d'extraire cette saleté de mon corps.
Elle se releva rapidement, entraînant Hermione avec elle. Elle la tenait par la gorge et les pieds de la brune ne touchaient pas le sol.
- Ton âme a été corrompue par l'Origine de toutes magies, siffla la blonde.
- Tout comme toi, ma reine, déglutit la brune, ses mains crispées sur les avant-bras de la Dame du Lac.
- Je ne me mêlerai plus de ta quête, j'aimerais que Rose n'ait pas à payer de sa vie ton incapacité à la protéger. Mais c'est la dernière fois que je te sauve. La prochaine fois, je te laisserai crever...
Elle envoya la brune plusieurs mètres plus loin et cette dernière atterrit brutalement, une supplique s'échappant de ses lèvres.
- Evidemment, voilà le duo terrible, se moqua Vivianne en dévisageant Pansy et Minerva. Enfin, je me suis assez amusée pour ce soir. A bientôt, mesdames.
Sur ces mots, elle transplana, laissant Parkinson et McGonagall qui se précipitèrent vers les blessées.
- Va voir ta moitié, je m'occupe de ta fille, ordonna-t-elle à l'animagus.
L'Ecossaise s'agenouilla pour prendre la brune dans ses bras.
- Tu m'étouffes, murmura la Gryffondor tout en se laissant aller dans la chaleur de l'étreinte
- J'ai eu tellement peur de vous avoir perdu quand j'ai vu la maison s'écrouler, répondit-elle en la serrant un cran plus fort avant de se détacher un peu, passant une main douce sur le visage de la sorcière pour essuyer la poussière et les traces du combat.
- On va bien, répondit Hermione en toussant.
- Mais que faisait la Dame du Lac dans le coin ? C'était un de ses pièges ? demanda-t-elle.
- Non, je l'ai appelée à la rescousse quand je n'ai plus été en mesure de protéger Rose.
Minerva lui adressa un regard interrogateur.
- Avant les manipulations de la Source, j'étais le chef des armées de Vivianne... et Rose était sa fille, à elle et à Morgane, expliqua la brune.
- Merde alors, fit la voix de Pansy en écho. Tu parles d'une histoire de famille à la con...
- Surtout que tu étais la marraine de Rose et que tu as bien failli tuer Morgane. Un conseil, ne croise pas la route de Vivianne, je crois qu'elle t'en veut... ironisa Hermione avant d'être secouée par une quinte de toux.
"Nous avons un vieux contentieux à régler, toutes les deux."
Les paroles que Morgane avait prononcées lors de la bataille à Poudlard, douze ans plus tôt, prenaient tout leur sens. Pansy frissonna et étouffa un juron.
- J'aurais aimé être mise au parfum un peu plus tôt... grommela-t-elle. Bon, Mini Granger va bien. Elle est juste évanouie. Le stress, l'émotion, que sais-je ? Demain matin il n'y paraîtra plus. Je l'emmène sous la tente. Min', tu te charges de coucher notre Origine de toutes conneries ? Je viendrais la voir après.
- Tout va bien, Vivianne m'a soignée, marmonna Hermione. Quelle honte... devoir faire appel à son ennemi juré...
- Je ne vois pas de honte à demander de l'aide... au contraire, répondit doucement l'animagus.
Hermione baissa la tête, visualisant très bien le genre de situations auxquelles Minerva devait pouvoir penser.
- La différence, c'est que cela ne me gênait pas qu'elle risque sa vie, je n'avais rien à y perdre.
L'Ecossaise hocha la tête, plus ou moins convaincue de la justesse du raisonnement, et reprit son étreinte. La brune se raidit légèrement cette fois-ci entre les bras qui l'enserraient, bien plus consciente de la proximité. McGonagall serra les dents, se remémorant les confidences de Pansy.
- Je la tuerai, marmonna-t-elle.
- Sans vouloir te vexer, tu n'y arriveras pas, répondit sombrement Hermione. Sur ce, je vais aller me reposer afin d'être en forme pour le troisième tour de garde.
Elle tenta de se lever mais l'Ecossaise l'en empêcha.
- Je vais t'amener à ton lit et tu n'y bougeras pas avant demain matin, ordonna-t-elle. Et, pour être sûre que tu n'en feras pas qu'à ta tête, je dormirai avec toi.
- Minerva, ce n'est pas très prudent, nous sommes dans la forêt des Trolls.
- A mon avis, nous ne risquons plus rien ce soir.
La Directrice de Poudlard aida la Source à se lever et l'accompagna jusqu'à la tente. Avant de pénétrer dans l'abri, les deux femmes entendirent des jurons provenir de celle de Pansy. La lumière faisait se refléter des ombres sur la toile et Hermione afficha un léger sourire.
- Notre fille commence à tomber amoureuse... murmura-t-elle.
- RECOMMENCE CA ET JE TE PLANTE UNE FLECHE EN PLEIN COEUR ! s'exclama la Sage.
- Encore faudrait-il que tu le trouves, Rosie chérie... minauda Pansy.
- Facile, il est certainement entre tes cuisses, traînée !
- Calme-toi, ma toute belle, et laisse-moi écouter ce petit coeur qui ne bat que pour moi...
- Amoureuse ? Vraiment ? grimaça McGonagall en écartant un pan de la tente pour accompagner la brune jusqu'à son sac de couchage.
- Oui... soupira la Source, tandis que la dispute continuait à côté. Enfin, ça en prend le chemin.
Hermione était au comptoir d'un petit bar miteux près de la caserne de la capitale. A ses côtés, Ginny enquillait son troisième whisky pur feu et ses joues devenaient aussi rouge que ses cheveux.
- A nos six mois de contrat ! lança-t-elle gaiement avant de boire son verre cul sec. Et à la victoire contre cette merde d'Abalam !
- Ouais ! fit la brune d'une voix pâteuse en vidant sa chope de bière.
Les deux militaires dégrafèrent le col de leur tenue, la chaleur devenant étouffante. Elles commandèrent la tournée suivante et trinquèrent avec bonne humeur.
- A la Dame du Lac, notre souveraine ! crièrent-elles.
La même phrase fut reprise par tous les poivrots présents et les chopes s'entrechoquaient dans une ambiance bon enfant.
- Tu veux un potin de première ? Vivianne aurait demandé à Minerva de trouver un sort pour tous nous ramener sur Terre, chuchota Ginny. Il paraît que Morgane souhaite retrouver le sol de nos ancêtres.
- Minerva ? Trouver un sort ? Et bien, on est pas prêt d'y retourner, se moqua Hermione. Mais bon, si c'est vrai, la Source va pas être joice de se voir faire un doigt d'honneur par les sorciers.
- Tu crois en la Source ? demanda la rousse, étonnée. Je te voyais pas portée sur la religion.
- Je crois plus en la Source qu'en l'intelligence de Minerva.
Elles éclatèrent de rire et trinquèrent à nouveau. La porte de la taverne s'ouvrit et les deux sorcières virent leur jovialité s'envoler. Minerva et Pansy s'avancèrent vers elles, regardant avec soin où elles marchaient et prenant garde de ne rien toucher.
- Les officiers au bistro, c'est le déshonneur, siffla Pansy, visiblement furieuse d'avoir dû pénétrer dans ce bouge.
Minerva lui fit signe de se taire et afficha un faux air sympathique.
- Hermione, très chère, commença la Ministre.
- Ca pue, coupa Hermione.
- Pour sûr, elle va te demander un service... ajouta Ginny.
- Je reviens de Perguérie ce jour et nous rencontrons des difficultés avec la fille de l'Administrateur décédé. Elle souhaite prendre son poste mais a affiché des ambitions belliqueuses. Aussi, il serait utile que vous vous rendiez sur place avec un régiment pour nous débarrasser du problème.
- Qui c'est qui d'mande ? demanda la générale en levant la main pour avoir un nouveau verre.
- Pardon ? s'enquit Minerva.
- C'est Vivianne qui demande ? articula difficilement Hermione.
- Non, pas vraiment... vous savez, elle me délègue la politique intérieure et...
- Et rien. Ca, c'est pas de la politique, c'est de la baston. Et pour la baston, c'est notre souveraine adorée qui me dit qui buter. Alors maintenant, tu prends ta radasse et...
- ... tu te casses, conclut Ginny en levant son verre.
Un hurlement déchirant se fit entendre à l'extérieur et les sorcières se raidirent. Hermione tira maladroitement son épée et faillit être emportée par le mouvement et le poids de l'arme.
- Rangez ça, n'allez pas vous blesser, gronda sèchement Minerva.
Pansy claquait des doigts en désignant la fenêtre.
- Ma chérie, regarde un peu sur les remparts... dit-elle d'une voix inquiète.
Un homme en pagne était debout sur la haute muraille et il tenait un soldat contre lui, le menaçant d'un poignard.
- L'Origine de toutes magies sait tout de vos projets, peuple de magie. Et moi, son instrument, j'amène la fin de votre monde ! Je suis l'Armageddon ! D'ici une décennie, vous aurez tous péri ! Repentez-vous, reniez la Dame du Lac et vous serez épargnés !
- Je vais buter ce comique, grogna Hermione. Ginny ?
- Je te suis... J'espère juste qu'il y aura pas un coup de vent qui déplacera le pagne, sinon j'vais me mettre à rire.
Les deux militaires sortirent en trébuchant, s'accrochant les pieds dans les tabourets abandonnés par les habitués du bouge. Minerva regardait la scène d'un air navré, tandis que Pansy pouffait.
- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle là-dedans, la tança la conseillère. Elles sont sensées être la fierté de notre armée !
- Et vu comment elles sont imbibées, elles vont sans doute anéantir les forces de l'Origine d'un souffle ! ne put s'empêcher de s'esclaffer la médicomage.
Minerva lui tapa l'arrière de la tête tandis qu'elles franchissaient à leur tour la porte de la taverne. Elles avisèrent les deux gradées avachies sur un pas de porte, le menton appuyé sur le pommeau de leur arme.
- Je peux savoir ce que vous faites ? éructa la stratège.
- Chut ! On réfléchit, répondit Hermione d'une voix pâteuse. Pour une fois, vous allez pas me chier dans les bottes !
Minerva pinça l'arrête de son nez entre son pouce et son index, essayant de garder son calme.
- L'affaire est simple. Vous allez jusqu'aux remparts et vous affrontez ce ... je ne sais pas quoi. Bref, vous faites comme d'habitude, vous nous débarrassez des indigents.
- Ah ha, fit Ginny en perdant son assise, vous voyez qu'on est tout de même utile !
- Ceci dit, ma trrrrrrès chère Minerva, commença la générale en se levant solennellement, j'aimerais beaucoup voir vos talents de sorcière dont vous vous vantez si souvent auprès de notre souveraine. Et pour une fois que le pécore vient à vous, je vous en prie, conclut-elle avec emphase.
- A chacun sa tâche, comme vous vous plaisez à le dire si souvent.
- Dommage, murmura Ginny en se levant à son tour, vous auriez pu nous fermer le caquet une bonne fois pour toute, mais là on va continuer à douter de vos compétences. Et surtout, ajouta-t-elle dans un murmure en se penchant vers sa supérieure, on aurait eu une chance de s'en débarrasser.
Le souffle chaud de la rouquine dans le cou d'Hermione déclencha chez cette dernière une vague de chaleur qui la dégrisa instantanément.
- Mais pourquoi faut-il toujours qu'il y en ait une qui trouve comment m'allumer sans prendre les moyens de m'éteindre, maugréa-t-elle en assurant sa prise sur son épée. Hey ! Le trou du cul ! Descends de là que je t'en fasse un deuxième ! tonna la brune.
Ah-Punch la dévisagea et trancha la gorge du soldat. Le sang arrosa les deux militaires qui beuglèrent leur mécontentement.
Minerva envoya un sort vers le sorcier qui ne fit qu'interposer le corps pour absorber la magie avant de le laisser tomber aux pieds des remparts.
- C'est dit, gargouilla Ginny, elle n'a aucune créativité ! Et c'est elle la stratège ? Pfffff, qu'on me laisse rire !
Hermione acquiesça, tout en commençant à grimper sur le mur d'enceinte. Pendant ce temps, Ah Puch faisait une arabesque de sa baguette d'os et le soldat se remit debout avant de poursuivre la brune.
- Et merde, soupira la rouquine, un nécro. Je hais les nécro, c't'une magie qui pue en plus. Générale ! Le mort derrière vous ! hurla-t-elle,
La brune s'arrêta un instant, interloquée, avant d'afficher un rictus mauvais.
- Enfin un peu de travail pour mon Excalibur, ricana-t-elle en commençant à faire des moulinets de son arme.
Le tranchant de la lame tailla la tête à l'aller et le cou au retour, ne laissant aucune chance au mort-vivant de faire une seconde apparition.
- C'est tout ce que tu es capable de faire ? Je suis la chef des armées de la Dame du Lac, et je vais te faire subir le même sort qu'à ton pantin ! cria-t-elle à l'envoyé de la Source en se remettant à courir dans sa direction.
- Tu ferais bien de préparer la sépulture de ta reine, Générale, sourit Ah Puch avant de disparaitre dans un craquement sonore.
Des cris de terreur s'élevèrent du centre de la ville et la brune sentit son cœur rater un battement.
- Ginny ! Mets les deux gourdasses à l'abri et rejoins-moi au château ! cria-t-elle en remettant sa lame dans son fourreau avant de poursuivre sa course sur les remparts.
Elle voulut regagner les rues de la cité mais c'était jour de marché et les badauds remplissaient les artères de la ville.
- Putain, j'vais crever... haleta-t-elle, son coeur battant à tout rompre dans sa poitrine.
Elle avisa en contrebas un groupe de morts-vivants qui avançaient lentement en direction d'un étal de fruits et la militaire agita rapidement la main. L'instant d'après, les zombis se trouvèrent emprisonnés dans une glace épaisse.
- Prenons un raccourci, souffla-t-elle, les joues rouges, des mèches de cheveux collés à son visage. Putain, pourquoi je ne sais pas disparaître comme l'autre couillon, j'serai déjà rendue !
D'un claquement de doigts, elle fit exploser la vitre d'une maison et sauta des remparts dans l'encadrement de la fenêtre pour atterrir dans un roulé boulé sur le plancher de la chambre à coucher d'une demoiselle qui sortait de son bain.
- Je ne fais que passer ! lança-t-elle alors que la jeune femme lâchait sa serviette de stupéfaction. Mais un mot de votre part, et je vous rends visite ce soir, ma belle.
La générale traversa l'étage pour pulvériser deux nouvelles fenêtres et gagner ainsi la demeure suivante. Elle continua à casser les fenêtres des habitants d'Avalon pour ensuite grimper sur le toit d'une haute demeure. Elle n'était plus qu'à quelques mètres du château et avait pleine vue sur la suite de la reine. Des ombres inquiétantes se reflétaient dans la vitre et la mâchoire d'Hermione se contracta.
Elle lança un trait de lumière rouge qui pulvérisa la fenêtre et toucha une des créatures qui explosa sur le coup. Puis, elle fléchit légèrement les jambes avant de s'élancer sur les tuiles pour sauter dans le vide. Elle tendit les mains et ses doigts entrèrent en contact avec la rambarde du balcon de la souveraine. Son corps suivit le mouvement amorcé pour percuter la pierre et elle grimaça, le souffle court. Elle secoua la tête pour reprendre ses esprits et tira sur ses bras pour se hisser. Elle arriva à ses fins et enjamba la balustrade pour pénétrer d'autorité dans les appartements de la Dame du Lac. Cette dernière protégeait sa fille contre des dizaines de morts-vivants.
- La plaisanterie a assez duré ! gronda Hermione en tirant son épée de son fourreau. Ma reine, cachez les yeux de la princesse, ça va être crade.
Effectivement, quelques minutes plus tard, les tapis de la vaste pièce étaient recouverts de chair en décomposition. Hermione s'appuya sur la garde de son épée et s'essuya le front.
- Ma reine, je sais que vous êtes une souveraine, que vous négociez la paix, les traités et tout ça... mais je vais vous apprendre à manier l'épée. Parce que votre fabuleuse puissance, faut vous en servir pour botter des culs ! Je ne serais pas toujours là au bon moment.
- A qui croyez-vous parler, espèce de soudard de bas étage ! C'est la reine ! Pas la tenancière du bordel d'où on vous a extraite ! La Dame du Lac possède la puissance de la Source ! s'insurgea Minerva en pénétrant dans la pièce, une dague à la main, les cheveux en bataille.
Hermione leva son épée et lança un regard noir à la Ministre.
- Ma reine, cachez les yeux de la princesse, ça va être crade, dit-elle à nouveau.
Vivianne eut un soupir et tendit sa main pour la poser sur celle d'Hermione.
- Mesdames, calmez-vous, ordonna-t-elle de sa voix douce. Hermione a raison, je dois m'entraîner. Cependant, Minerva a soulevé un point important. Ton langage n'est pas souvent châtié, ajouta-t-elle avec un sourire.
La militaire se renfrogna.
- Pas ma faute si je vis dans le corps de garde, faut bien que le général soit avec ses troupes si on veut qu'elles donnent tout ce qu'elles ont dans le ventre, bougonna-t-elle en rengainant son épée. Jesuisdésolée, lâcha-t-elle du bout des lèvres en coulant un regard noir vers la conseillère.
La Dame du Lac tapota l'épaule de la brune.
- Alors Générale, que me conseilles-tu ?
- Je vais mettre à votre disposition le meilleur de mes instructeurs ma Reine, répondit Hermione en s'inclinant.
- Nous allons donc souvent nous voir, répliqua Viviane l'air de rien.
- Seigneur, grommela Minerva depuis la porte en levant les yeux au ciel.
- Hein ? Qu'est-ce que... Moi ? Non ! Oui...? lança la brune en passant du blanc au rouge tandis que le son de sa voix s'éteignait.
- Cela me semble le seul choix possible, il me faut la meilleure mais aussi celle qui peut m'opposer une résistance. C'est donc dit. Tu verras avec Minerva pour établir le planning de l'entrainement.
- Ma Reine, répondit la chef des armées en s'inclinant à nouveau avant de tourner les talons pour sortir.
- Jouvencelle, souffla sarcastiquement la stratège sur son passage.
Hermione serra les dents et le poing sur la poignée de son arme et parvint à ne pas répliquer.
Le soleil naissant chatouillait les paupières de Pansy à travers la toile de la tente. La médicomage maudit l'astre du jour de la réveiller avant midi avant d'entendre une respiration à ses côtés. Instantanément, un sourire naquit sur ses lèvres. Les yeux toujours clos, elle visualisait la jeune femme qui dormait à ses côtés. Belle et élancée, assurément musclée, brune aux yeux verts malicieux. Son sourire grandit. Elle ouvrit les yeux et son regard tomba sur le profil de la jeune Sage encore assoupie.
- Le meilleur des deux mondes, murmura doucement Parkinson, dessinant du regard les traits de ce visage abandonné dans le sommeil. Aujourd'hui, je vais te conquérir, ma belle fleur, et demain tu seras mienne.
Lentement, Pansy défit son duvet avant de sortir de la tente. L'aube était naissante et un léger vent rafraichissait l'air. Elle avisa Minerva assise auprès du feu moribond et se rapprocha.
- Comment va ? l'interrogea-t-elle en allumant une cigarette.
- Etrangement bien, si ce n'est qu'Hermione a bougé toute la nuit entre deux cauchemars... bailla l'animagus. Et toi ?
- Une vision enchanteresse dès le réveil, rien de mieux pour me mettre en joie ! Sur ce, aujourd'hui, repos pour tout le monde, prescription du docteur. T'arriveras à t'occuper avec ton ex-future-ex pendant que je batifole avec Rose ?
- Mettons-nous bien d'accord, Pansy. Si tu joues avec ma fille, je te tue. Et tu me connais, je ne plaisante pas. Donc, commence par te demander si tes intentions sont ... honnêtes à défaut d'être pures.
La Haute prit un air outré, la main sur le coeur, et dévisagea l'Ecossaise.
- Mes intentions envers Rose sont aussi honnêtes que celles que tu avais envers Bibine quand tu as commencé à sortir ave elle, susurra-t-elle.
- Pansy, je ne joue pas et j'apprécierais que tu sois sérieuse, pour une fois. Je ne sais pas si Hermione me laissera l'approcher un jour, à cause de Viviane, à cause d'Aliénor... et à cause de moi. Je ne souhaite pas le même fiasco pour Rose, et tu as déjà assez souffert par le passé. Promets-moi.
- Ecoute, je suis une grande fille, Rose aussi, donc laisse-nous gérer. Préoccupe-toi plutôt de reconquérir la brune qui fait battre ton coeur avant que Vivianne la dézingue.
Minerva soupira.
- Si tel est le défi, je te souhaite plus de réussite que moi, répliqua-t-elle en se levant. J'ai récupéré la carte d'Hermione, je vais faire un tour, je crois avoir repéré un endroit plus sympathique que cette clairière. Je serai de retour dans une heure je pense, prépare le petit-déjeuner en attendant.
- Surtout si on veut manger quelque chose, grimaça la médicomage, le dernier test culinaire raté de notre vénérable Source aux deux mains gauches m'a convaincue que j'étais un chef étoilé !
- Merci de te foutre de moi, Pansy. Tu as gagné la corvée de vaisselle, fit la voix d'Hermione dans son dos.
La brune s'étira, les yeux encore lourds de sommeil, avant de se frotter la joue sur laquelle se trouvait une marque d'oreiller.
- Je peux t'accompagner ? demanda-t-elle à Minerva. Une promenade me fera le plus grand bien.
- Si tu te sens assez en forme, avec plaisir. De toute façon, je voulais juste aller voir à quoi ressemblait ce coin-ci, fit l'animagus en pointant la carte, vu que notre bon docteur nous prescrit une journée de repos.
- On ramène des baies pour le p'tit-dej si on en trouve, lança la brune en s'attachant les cheveux, histoire d'y mettre un semblant d'ordre.
Quand elles revinrent, une demi-heure plus tard, après avoir échangé des banalités pendant le trajet, elles trouvèrent Rose et Pansy, face à face. La Sage avait le visage rouge, les poings serrés, prêts à frapper. Parkinson avait les bras croisés sous sa poitrine, un sourire goguenard étirant ses lèvres.
- J'aime cette ambiance... chuchota Hermione.
- Qu'est-ce que Pansy a encore fait ? soupira Minerva.
- Que ce soit bien clair, rugit la Sage en enfonçant son index entre les côtes de la Haute. Jamais je ne serai ton cobaye pour ce genre d'expérience !
Elle martelait chaque mot d'une pression du doigt, ce qui ne faisait qu'agrandir le rictus de la médicomage.
- Rosie chérie, c'est un test médical, rien d'autre ! Dis-toi que c'est pour que la médecine gynécologique progresse ! Pense que toutes les femmes qui souffrent de sécheresse vaginale pourraient bénéficier de ça. Tiens, même ta mère t'en serait reconnaissante !
- HEY ! siffla Hermione.
- On se calme, fit posément Minerva. On prend le petit-déjeuner et ensuite on passe le reste de la journée au bord d'une petite rivière à un quart d'heure à pied. Ca vous va ?
- Si j'ai le droit d'y noyer la traînée, ce sera parfait...
La suite la semaine prochaine !
Gros bisous,
Sygui et Link9
