POV Hermione
Ce soir-là, j'avais pleuré dans les bras d'un Harry inquiet. Il n'avait pas dit un mot et s'était contenté de me prendre dans ses bras. J'avais envie que tout s'arrête, que cette souffrance, si vive, si persécutrice, quitte mon corps.
Le lendemain matin, je ne sentis pas le courage de sortir du dortoir. J'avais mis un sort qui ne laisserait entrer personne exceptés mes meilleurs amis. Et ça avait été ainsi toute la fin de semaine. Harry ou Ron m'avait apporté à manger sans me poser plus de questions. Ils passaient à chaque heure pour vérifier que j'allais bien. Une fois, j'avais cru les entendre se chicaner avec Sirius, mais je n'en étais pas convaincue et ils ne m'en firent pas part.
Ce n'est que le dimanche soir qu'Harry décida que ç'en était assez.
-Hermione! Dis-nous ce qu'il s'est passé. Tu ne pourras pas rester ici toute ta vie de toute façon.
-…
Si c'était possible, ça règlerais bien des problèmes.
-On s'inquiète réellement pour toi… me dit un Ronald désemparé.
Le coeur serré, les larmes qui reprirent de plus belles, j'essayai de donner une réponse qui se voulait la plus claire possible.
-Nous… nous allons partir… comme tu l'as si bien dit la dernière fois Ron… partir… Sirius… mort…
J'éclatai en sanglot, les mots ne sortaient pas, la douleur était trop envahissante.
POV Ron
Je ne l'avais jamais vu ainsi et je m'en voulu d'avoir agi en bel idiot jaloux avec elle. Mais la voir comme ça, dans cet état lamentable, voir Hermione si bas me brisait le coeur. Je savais, qu'au fond, je n'y étais pour rien, mais à cet instant, j'aurais fait n'importe quoi pour lui retirer sa peine. J'aurais fait n'importe quoi pour la faire sourire. Je me sentais impuissant face à elle, face à sa peine.
-Hermione.. Ron et moi discutions justement de cela l'autre soir…
Je jetai un regard noir à Harry, il n'allait pas réellement avoir cette discussion avec elle MAINTENANT? Elle lui fit signe qu'il avait son attention entre deux sanglots. Harry pouvait être crétin quand il le voulait, parce que tout ce qu'il obtiendrait, ce serait une peine supplémentaire. Et moi, je n'avais aucune intention d'assister à ça. Je me devais de retrouver Sirius, même si j'aurais aimé être la réponse à son bonheur, il en était autrement et je sentais que seul lui pourrait l'aider.
Je pris la carte des Maraudeurs et ma baguette, puis je partis à sa recherche sans un mot de plus.
Arrivé à son dortoir, je ne pris pas le temps de réfléchir et j'entrai dans un grand fracas. Je vis Sirius debout devant l'une des fenêtres de la chambre, le regard dans le vide. Il n'avait même pas bougé le petit doigt lorsque je m'étais imposé. Je me dirigeai droit sur ma cible.
Baguette sur son coup, il daigna enfin se tourner vers moi.
-Alors écoutes-moi bien parce que je ne te le dirai pas deux fois. Je ne sais pas pourquoi, mais elle t'a choisi et moi, ça me rend fou de la voir aussi mal par ta faute. Donc tu vas prendre ton courage et tu vas la rejoindre. Tu vas tout faire pour la rendre heureuse le temps que tu le peux. Pas d'allusion à la fin de l'année, pas d'allusion au futur. Tu t'occupes de son bonheur un point c'est tout.
J'étais énervé et j'espérais m'être fait assez convainquant. Il semblait maintenant réfléchir à ce que je lui avais dit puis il prit une profonde respiration.
-Merci..
-Je ne le fais pas pour toi, je t'assure.
Sur ce, je parti sans même attendre sa réponse. J'avais pris la bonne décision, je le savais.
POV Sirius
Les mots de Ronald raisonnaient en moi comme des instructions à suivre. Il ne m'avait pas donné le choix de satisfaire sa demande et pour être honnête, je ne sais pas si j'en serai capable. Beaucoup trop d'éléments m'empêchaient de profiter pleinement de ma relation avec Hermione. À commencer par le fait qu'elle en souffre. Ensuite, mon futur me torture, je ne m'étais pas attarder sur celui-ci jusqu'à la dernière scène de ma petite-amie. Mais plus j'y pensais, moins je me sentais confiant. La peur de me réveiller la journée de mon décès me hantait. Et puis, lorsque je regardais James et Lily, une pointe s'enfonçait un peu plus en moi chaque jour. Je devrai vivre leur perte à eux aussi. Et non seulement les perdre, mais en donnant l'impression au reste du monde que je serai le coupable de leur mort. Cela m'était pratiquement plus pénible que l'idée de mourir un jour. Mais ce qui me faisait le plus peur, ce que je redoutais le plus, c'était cette journée horrible où je me réveillerai sachant que, plus jamais, je reverrai la silhouette d'Hermione à mes côtés. Que jours après jours, je me rapprocherais d'une vie sans elle. Que j'aurais beau l'attendre, ma vie ne dura jamais assez longtemps pour la retrouver. Et ça… je n'arrivais plus à m'y résoudre. Je n'arrivais plus à l'accepter.
Je marchais maintenant, sans but, dans les couloirs de Poudlard. J'avais débattu le reste de la soirée à savoir si j'irais voir Hermione ou non. Mais je n'avais pas trouver la force d'aller la rejoindre. Peut-être était-ce mieux ainsi? Peut-être devrions-nous nous habituer tout de suite à l'absence de l'autre? Peut-être que…
-Qu'est-ce que tu fais là?
Je reconnaissais que trop bien cette voix. Un frisson, mes mains qui s'agitaient, mon coeur qui s'accéléraient… Je levai les yeux. Hermione. Mon amour. J'ai besoin de toi…
-Black! Je t'ai poser une question, dit-elle le ton plus féroce cette-fois.
-J'étais… je suis perdu…
-Qu'est-ce que tu racontes? Tu connais le Château mieux que quiconque ici…
Je m'étais approché d'elle d'un coup. Mes lèvres plaqués contre les siennes, je n'avais pu m'empêché de l'embrasser.
-Non Mione… je suis perdu sans toi.
Son regard plongé dans le mien, je sentis une boule se former en moi, le nez me picoter et mes yeux s'emplirent d'eau.
-Tu m'as tant manqué Sirius.
Elle se blotti tout contre moi et je déposai un baiser sur sa chevelure épaisse. Je la sentais sangloter, la respiration courte. Les mots de Ronald prenait tout son sens maintenant que je l'avais près de moi. J'allais, et je m'en fis la promesse, m'assurer de son bonheur et ce, jusqu'à ce que la vie nous sépare.
-Ma douce, regardes-moi.
Elle s'exécuta. Elle avait le visage joufflue et ses yeux rouges se déposèrent sur moi.
-Profitons. Profitons de chaque instant qui nous permet d'être encore ensemble. Arrêtons de vivre des aurevoirs alors qu'ils peuvent être remis à plus tard. Notre temps est compté et trop précieux pour être gaspillé ainsi.
Elle s'essuya les yeux et de mon pouce, j'évinçai les quelques larmes séchées sur son visage.
-Je t'aime.
J'enregistrai ses mots dans mon esprit, paupières closes. Ils étaient si bons, si doux, si beaux.
-Encore.
-Je t'aime! Je t'aime! Je t'aime!
Elle me sauta au coup en m'embrassant avec passion et tendresse pour finir la nuit dans la Salle sur Demande.
Le lendemain matin, nous avions, comme à notre habitude, mis un cadran tôt pour retourner à nos dortoirs. J'avais déjà hâte au petit-déjeuné pour la revoir. La fin de l'année était dans deux mois pile et je trouverai le moyen de profiter de chaque instant avec Hermione.
La semaine avait passé bien vite et tout comme pour les vacances de Noël, nous avions convenu que nous passerions la semaine de printemps tous ensemble. J'avais toutefois prévu de ne pas quitter ma petite-amie et faire plusieurs activités seul avec elle.
-Dis Mione, qu'est-ce que t'en penses si demain, on se faisait une journée moldue?
Elle pouffa de rire. Qu'est-ce que j'avais dit de drôle?
-Tu ne tiendras pas une journée sans pouvoir utiliser la magie!
-Je vois que tu as une bien mince estime de moi, lui dis-je amusé.
-Non c'est pas ça.. dit-elle dans un rire, je t'imagines mal sans la magie c'est tout!
Et bien, je vais lui montrer qu'elle a tord.
POV Hermione
Le lendemain matin, Sirius emprunta des vêtements moldus à James qui les utilisait pour ses excursions dans le monde de sa Lily. Pendant que j'enfilais un jeans et un chandail manche courte qui révélait tout juste le bas de mon ventre, je vis rentrer mon amoureux avec des habits qui, franchement, lui allaient plus que bien. Je le déshabillai du regard et je vis qu'il en fit de même avec moi.
-Alors?!
-C'est mieux que ce à quoi je m'attendais.
-T'es pas mal aussi, Granger, me dit-il avec un clin d'oeil.
J'aimais cette complicité entre nous. Nous pouvions autant nous amuser avec un rien, autant nous pouvions avoir de longues conversations sur des sujets plus sérieux. Je me rappelai d'un soir où nous avions discuté de ses ambitions pour plus tard. Il m'avait avoué que Voldemort lui donnait des sueurs froides, qu'il le redoutait plus que tout, mais que cette même peur était ce qui le poussait à vouloir devenir auror, à vouloir l'arrêter un jour.
-Tu vois, je me dis que si moi j'ai peur, alors que j'ai de quoi me défendre, et bien il me devait un jour de protéger les plus faibles, les familles, les enfants…
J'avais tout de même senti que quelque chose clochait.
-Qu'y a-t-il Sirius?
-Mais maintenant… je sais que même si je fais de mon mieux… je ne servirai à rien.
Et je l'avais gronder. Bah oui, il n'était pas question qu'il tienne des discours de ce genre. Je lui avais donc parler de ce qu'il avait accompli, de l'Ordre et de ses succès. Nous lui avions parler de son futur sans même lui raconter ce qu'il y aura de bon pour lui et je me devais de le rassurer. Il m'avait fait un maigre sourire et nous avions finit la soirée entrelacés, chacun dans nos pensées.
-Mais au bout du compte.. rien de réellement bon ne m'arrivera sans toi dans mon futur… m'avait-il dit dans un souffle avant de s'endormir, me serrant plus fort contre lui.
Une main posée sur ma joue me ramena à la réalité. Sirius avait un air coquin. Qu'avait-il en tête?
-Mais je crois que ce serait beaucoup mieux si tu n'avais rien sur le dos.
-Alors là Black, il faudra bien te conduire aujourd'hui avant d'espérer autre chose!
Et c'est dans cette ambiance que nous partîmes lui faire découvrir le monde non-sorcier. Et je m'étais amusé comme une petite fille! Le plus souvent, il s'était fait ridicule et il semblait impressionné par leur façon de vivre. Le métro, les voitures, le cinéma et on avait finir par des petites attractions qui étaient de passage dans la ville de Londres. Il avait tenu bon sans la magie et il se surpris même à apprécier le monde moldu.
POV Voldemort
-Severus!
-Oui, maître?
Il fallait que je joue bien mes cartes, qu'il ne devine pas que je savais où se trouvait le gamin. Il ne fallait pas qu'il devine que je l'aim…, que j'étais au courtant qu'il était parti dans le passé et que je ne faisais rien pour le tuer.
-Combien de temps disposerai-je pour un voyage dans le temps?
-…Dans le passé mon maître?
-Oui, oui Severus. Combien de temps?
-… Pour un sorcier normal je dirais… c'est une magie très rare… alors il doit être pusisant…
-J'attends Severus. Combien?
-Un peu moins d'un an je dirais. Huit mois tout au plus et ce, en étant vidé de ses forces lors du retour dans le présent…
-Bien. Laisses-moi seul.
Alors il reviendrait bientôt. Je pourrai le revoir enfin. Enfin… Je devrai être prêt à le haïr. À effacer ce sentiment de faiblesse. Je dois tuer, tout de suite, maintenant.
