DISCLAIMER : Le monde merveilleux d'Harry Potter appartient à J. K. Rowling. Seule l'histoire est à moi !


Un Noël particulier

Le train pour Londres allait bientôt partir et la plupart des élèves, peu rassurés par la présence des Dementors, avaient décidé de quitter l'école. Harry faisait partie des rares qui avaient décidé d'y rester. Malheureusement, les Weasley restaient également et autant les jumeaux ne le dérangeaient toujours pas, la présence de Ron et de Ginny l'agaçait au plus haut point.

Comme le professeur McGonagall l'avait déclaré, il avait été puni pour s'en être pris au roux, malgré le fait que ce soit clairement de la magie accidentelle. Quand Neville et Draco l'avaient appris, ils avaient été furieux et le brun avait dû les calmer et les convaincre de ne pas en parler à leur famille. Les deux garçons lui avaient assuré que la punition était contraire à la magie. La loi interdisait qu'on punisse un Sorcier mineur quand il faisait de la magie accidentelle. Là, si Harry l'avait voulu, il aurait pu mettre à genoux Albus Dumbledore. Même si l'idée était tentante, le brun ne voulait pas attirer l'attention sur lui, autrement que par Sirius Black. Ça avait été dur mais ils avaient fini par abandonner.

Neville et Draco avaient voulu l'inviter chez eux pour le solstice mais Harry avait refusé. Il ne voulait pas les déranger pour une fête qu'il considérait comme familiale. En plus, il tenait à être présent à l'école pour cette fête. Sirius n'avait pas encore été retrouvé et il allait faire un magnifique cadeau à son filleul. Depuis son accident lors du match, Harry n'avait pas pu remonter sur un balai, le sien ayant été emporté par le vent après sa chute et réduit en morceaux après une rencontre houleuse avec le Saule Cogneur. Oh, ça l'arrangeait de ne plus voler à cause de sa fatigue mais ça lui manquait vraiment d'être dans les airs. Et l'Éclair de Feu avait toujours été l'un de ses balais préférés. A la plus grande surprise de ses amis, Hermione était également restée, ses parents devant assister à une conférence pendant les vacances et la jeune fille n'était pas contre passer Noël loin de ses parents. Neville l'avait appris trop tard et se désolait de ne pouvoir convier ses amis au solstice d'hiver.

-Monsieur Potter ?

Hermione et Harry, alors en train de se rendre dans la bibliothèque, se retournèrent.

-Professeur Lupin, sourit Hermione.

-Bonjour, mademoiselle Granger, sourit Remus.

-Professeur, salua Harry.

-Pourrais-je vous parler en privé ? demanda Remus

-Je préfère rester avec Hermione, déclara Harry.

-Pas de problème, fit Remus. Si vous voulez bien me suivre dans mon bureau …

Les deux élèves se rendirent donc dans le bureau du professeur de Défense et s'installèrent sur son invitation.

-Monsieur Potter, fit Remus. J'ai bien vu que les Dementors avaient un effet néfaste sur vous et je voudrais vous proposer une solution.

-Que voulez-vous dire ? demanda Hermione

-Il existe une méthode pour lutter contre ces créatures, développa Remus. Un sort assez difficile à maîtriser mais très efficace.

-Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry

-Il s'agit du sort du Patronus, déclara Remus. C'est un sort de niveau assez élevé et je suis certain que vous pouvez parvenir à le lancer.

Pendant qu'Hermione le bombardait de questions sur le sort, Harry réfléchit. Certes, le Patronus serait un plus, surtout que si c'était Remus qui le lui apprenait, Dumbledore ne mettrait pas son nez dans ces cours. Mais comme l'avaient souligné Salazar et Snape, il était bien trop faible pour commencer l'apprentissage. Dans sa première vie, il allait commencer les cours dans un peu près deux semaines, juste après la rentrée. Il fallait qu'il demande à Snape si les potions dont il le gavait avec la complicité de Neville – qui avait vérifié le traitement par le biais du Médicomage de sa famille, au cas où – seraient suffisantes pour qu'il suive ces nouveaux cours.

-Pourquoi me le proposer que maintenant, professeur ? demanda soudainement Harry. Cela fait quand même deux mois que j'ai été attaqué par les Dementors.

Le brun vit nettement le loup garou se figer.

-Il me semble que vous avez refusé de me parler quand je vous l'ai demandé, fit Remus.

-Votre dernière demande date d'il y a trois semaines, rétorqua Harry. Alors ?

-Il y avait beaucoup de choses que je devais régler avant de vous proposer ces cours, fit Remus. Notamment l'autorisation du professeur Dumbledore car il n'est pas facile à convaincre.

Harry laissa passer ce point.

-Si j'accepte, quand les cours commenceront ? demanda Harry

-Disons la première semaine de la rentrée, proposa Remus. Je vous confirmerai le jour exact à la rentrée.

-Très bien, fit Harry.

Et il eut un éclair de génie.

-Est-ce que mes amis pourraient avoir également ces cours ? demanda Harry

-Vos amis ? s'étonna Remus

-Oui, mes amis, appuya Harry. Comme Hermione, ici présente.

Le brun décida de ne pas tenir compte du glapissement de joie de son amie.

-Je devrais voir avec le directeur mais ça ne devrait pas poser de problème, fit Remus. Je vous préviendrai dès que j'aurais plus d'éléments.

-Merci professeur, fit Harry. Maintenant, si vous le permettez, nous devons terminer nos devoirs.

-Bien sûr, sourit Remus. Je ne voudrais pas entraver votre travail. Je vous souhaite une bonne journée.

-Merci, à vous aussi, fit Harry.

Les deux adolescents filèrent rapidement. Mais devant l'état d'excitation de la brune, Harry renonça à ce qu'ils aillent à la bibliothèque et ils s'enfermèrent dans une salle.

-Tu te rends compte, Harry ? piailla Hermione. Le Patronus ! C'est un sort vraiment puissant ! Merci Harry !

-Pas de quoi, sourit Harry. De toute façon, si j'en ai besoin, vous aurez le temps de le lancer, non ?

-Ce n'est pas faux, concéda Hermione. Tu penses que le professeur Dumbledore acceptera que nous l'apprenions aussi ?

-Je ne vois pas pourquoi il refuserait, haussa des épaules Harry. Ça peut servir aux élèves si les Dementors recommencent à envahir le terrain de Quiddicht, par exemple.

-C'est sûr, sourit Hermione. Oh, j'ai hâte de le dire à Neville !

La laissant babiller sur les nouveaux cours qu'elle allait avoir, le brun se souvint d'un autre point.

-Hermione, comment tu vas faire avec tous les cours que tu suis ? demanda Harry

-Comment ça ? sursauta Hermione

-Tu as pris toutes les options disponibles, rappela Harry. J'ai eu l'occasion de voir ton emploi du temps. C'est physiquement impossible de tous les suivre, vu qu'il y en a qui ont lieu en même temps. Comment tu fais d'ailleurs ?

-Harry … protesta Hermione.

-Ne me prends pas pour un imbécile, sourit Harry. Tu as un moyen magique pour y arriver. Même épuisé, je ne suis pas le seul à voir que tu n'as pas beaucoup dormi non plus.

Hermione rougit.

-Je ne trahirai pas ton secret, si c'est ça qui t'inquiète, rassura Harry.

La jeune fille s'assit.

-Juste avant le banquet de début d'année, le professeur McGonagall m'a convoqué dans son bureau, soupira Hermione. Elle m'a expliqué que mon cas n'était pas courant mais c'était déjà arrivé que des élèves demandent à suivre plus d'options que les deux conseillées. Chaque cas est examiné et pour les plus studieux d'entre eux, l'école peut faire la demande d'un Retourneur de Temps.

-Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry

-Selon le nombre de tours qu'il fait, je peux revenir en arrière d'autant d'heures, expliqua Hermione. Je dois l'utiliser uniquement pour les cours.

-Ce n'est pas dangereux ? demanda Harry

-Sûrement, haussa des épaules Hermione. Mais je ne veux rien louper.

-Fais attention, prévint Harry. Même si ça se voit moins que moi, tu es épuisée. Tu dois faire un choix, Hermione, et ça ne doit pas être ta santé.

-Je ferais attention, promit Hermione.

Ayant un petit creux, Harry décida de se rendre dans les cuisines et Hermione accepta de l'accompagner.

§§§§§

Le solstice arriva et les rares élèves étaient totalement surexcités. Les hurlements de Ron, malheureusement, réveillèrent Harry qui s'était endormi tard en lisant l'un des livres de Joshua. Il était tenté de l'envoyer bouler mais il savait également que s'il ne se levait pas maintenant, il allait se faire harceler. Traînant des pieds – et c'était rare de sa part – il prit une tenue Moldue – il avait bien vu que ça dérangeait Ron et Ginny et ne se gênait pas pour en porter le plus souvent possible – et se rendit dans la salle d'eau pour une toilette rapide.

Une fois pleinement réveillé, il prit soin de ranger toutes ses affaires dans sa malle magique, ne voulant plus que le roux puisse lui voler à nouveau des affaires. Neville et lui n'avaient pas compris comment il avait pu lui prendre son journal mais le brun avait trouvé une solution possible en la personne de Ginny. Elle était une fille donc avait le droit de se rendre dans les dortoirs des garçons – règle stupide, il devait en convenir – et elle n'était pas concernée par les runes de Neville. Donc il était très facile pour elle de faire son marché dans les affaires du brun. Harry était tenté d'inclure la rousse dans les runes mais il préférait en parler calmement avec son ami pour voir s'il ne se faisait pas des idées.

Harry descendit finalement dans la salle commune et reçut dans ses bras Hermione.

-Joyeux Noël Harry, sourit Hermione.

-Joyeux Noël à toi aussi Hermione, répondit Harry. Où sont les autres ? Je ne vois que les Weasley.

La brune soupira.

-Ron a chassé tous les autres, avoua Hermione. Il n'a pas vu que j'étais déjà dans la salle commune quand il a rassemblé les autres et les a littéralement jetés dehors avec leurs cadeaux abîmés pour la plupart.

Harry ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Chassez le naturel, il revient au galop, visiblement.

-Et pas ses frères ? railla Harry

-Il n'a pas essayé, s'étonna Hermione.

Le brun savait parfaitement pourquoi. Si le plus jeune des roux avait essayé, ça aurait été lui qui aurait été jeté hors de la salle commune. Il valait mieux s'abstenir.

-Viens, allons les rejoindre, sourit Harry.

Les deux amis se tinrent par la main et Harry nota clairement la jalousie qui s'afficha sur le visage de Ginny en les voyant arriver. Il n'en tint pas compte, surtout pour lui montrer qu'il était loin de lui être acquis et qu'elle allait devoir ramer pour s'approcher de lui, si tenté qu'il la laisse faire. Il se jeta dans les bras des jumeaux pour leur souhaiter un joyeux solstice, comme à Percy puis ce fut la distribution des cadeaux.

Bien entendu, la présence de l'Éclair de Feu surpassa tous les autres cadeaux et le brun le mit soigneusement de côté pour ne pas l'abîmer, l'air de pure convoitise de Ron lui promettant des aventures rocambolesques avec cet objet.

A sa plus grande surprise – et visiblement à celle des aînés Weasley aussi – Harry reçut un pull tricoté par Molly en guise de cadeau. Malgré la pression de Ginny et de Ron, il refusa de le porter immédiatement. Il avait l'intention de le purger de tous les sorts et de toutes les potions que le vêtement pouvait contenir avant qu'il ne touche sa peau. Ce n'était pas qu'il n'avait pas confiance en Molly – en fait, c'était tout à fait ça – mais mieux valait trop de précautions que pas assez.

Plus tard dans la journée, Harry avait réussi à coincer les jumeaux sans que les sangsues ne les voient.

-Pourquoi vous avez été étonnés quand j'ai reçu le pull de votre mère ? demanda sans ambages Harry

-Parce qu'elle n'en fait que pour Ginny et Ron, fit Georges.

Harry haussa un sourcil intrigué. Dans sa première vie, tous les enfants Weasley en recevaient un à chaque Noël.

-C'est l'une des cousines de notre père qui tricote pour chaque solstice un pull pour chacun d'entre nous, expliqua Fred. Elle ne pouvait pas avoir d'enfants mais elle s'occupait de nous quand notre mère ne le pouvait pas et ça arrangeait papa quand il travaillait. On l'adore.

-Quand Ron et Ginny sont nés, notre mère avait refusé qu'ils portent les pulls qu'elle avait tricoté et elle s'est mise en tête de faire tous les vêtements de ces deux crétins, poursuivit Georges.

-Et pour ne pas que ses chouchous ne se sentent exclus, elle tricote tous leurs pulls de solstice avec des matières nobles, renifla Fred. Et elle les fait les plus voyants possibles.

-Si elle en vient à en faire un pour toi, c'est qu'elle pense encore que tu es le meilleur ami de Ron, souffla Georges.

Les dires des jumeaux renforcèrent la décision du brun d'examiner le vêtement avant de le porter.

-OK, fit lentement Harry. Merci de me l'avoir dit.

-Pas de quoi, frangin, sourit Fred. Bon, on va te laisser, on a des lettres de remerciements à envoyer.

-Pas de problèmes, sourit Harry en les laissant partir.

Jetant un coup d'œil sur la Carte des Maraudeurs, Harry décida de faire un tour dans la Chambre des Secrets.

§§§§§

-Bonsoir professeur, salua Harry alors que Minerva entrait dans la salle commune de Gryffindor.

Hermione, Fred et Georges, à ses côtés pour une partie d'échecs à quatre, se redressèrent, surpris de voir leur directrice de maison pendant les vacances.

-Monsieur Potter, se racla la gorge Minerva. Il a été porté à mon attention que vous aviez reçu un cadeau … particulier pour le solstice.

-J'ai eu un Éclair de Feu, confirma Harry.

-Pourrais-je le voir, je vous prie ? demanda Minerva

-Bien sûr, fit Harry.

Il grimpa quatre à quatre les escaliers et ramena l'objet en question. Pendant ce temps, tous les élèves s'étaient rendus dans la salle commune pour voir ce qui allait se passer. Minerva prit le balai que son élève lui tendait et l'examina rapidement.

-Est-ce que vous savez de qui il provient ? demanda Minerva

-Non, secoua la tête Harry. Il n'y avait aucune carte ni de lettre.

-Avez-vous une idée de qui ça peut venir ? demanda Minerva

-Non, répondit Harry.

-Je suis au regret de vous le confisquer, annonça Minerva. Vous n'ignorez pas la situation dans laquelle vous vous trouvez donc vous savez que nous devons vous garder en sécurité du mieux que nous pouvons. Avec le professeur Flitwick, nous allons l'examiner minutieusement et si nous ne trouvons rien qui mette votre vie en danger, nous vous le rendrons. Vous comprenez, monsieur Potter ?

-Oui, professeur, soupira Harry.

-Merci, mademoiselle Granger, de m'avoir prévenue, fit Minerva.

Mais les marmonnements d'Hermione furent perdus dans les protestations de Fred, de Georges et plus étonnement de Ron, qui ne comprenaient pas comment on pouvait imaginer qu'on puisse trafiquer un balai de cette qualité. Harry s'approcha d'Hermione qui n'osait pas le regarder. Il la tira dans sa chambre et isola son lit pour qu'ils puissent discuter tranquillement.

-Hermione ? fit doucement Harry

-Je suis désolée, souffla Hermione, au bord des larmes. Quand j'ai vu ce balai et que tu ne savais pas de qui il venait, j'ai eu peur …

-Tu aurais dû m'en parler avant, gronda Harry.

Il comprenait la démarche de la jeune fille mais la seule chose qu'il lui reprochait, c'était qu'elle avait prévenu les professeurs dans son dos. Dans sa première vie, il ne savait pas qu'on pouvait ensorceler un balai haut de gamme – il avait complètement oublié ce qui s'était passé lors de son premier match de Quiddicht – mais aujourd'hui, si Hermione lui avait fait part de ses soupçons, il serait allé lui-même apporter son Éclair de Feu au professeur McGonagall.

-Je sais, sanglota Hermione. Quand je t'ai vu apporter le balai au professeur McGonagall, je me suis dit que si j'avais été à ta place, je n'aurais pas aimé que je te fasse ça. Je m'excuse Harry.

-Ce n'est pas grave, soupira Harry. Les jumeaux vont t'en vouloir un peu de priver l'équipe d'un si bon atout mais ne te fais pas de souci.

-Et Ron ? grinça Hermione. Il hurlait plus fort que ses frères, à croire que c'est son balai qu'on a confisqué.

-Je m'en occuperai, gronda doucement Harry en prenant Hermione dans ses bras pour la consoler.

Ce fut dans cette position que Ron et Ginny les découvrirent, apparemment à leur recherche. Harry, les yeux à demi fermés, avait bien noté l'éclair de jalousie qu'ils avaient eu en les voyant mais il ne comptait pas se séparer de sa sœur de cœur pour leur faire plaisir.

§§§§§

-Bonne année, Severus, sourit Narcissa.

-A toi aussi, Narcissa, répondit Severus.

Le maître de Potions avait été invité pour le nouvel an au manoir Malfoy. Comme Lucius s'était absenté, cette année, le réveillon s'était fait en petit comité, entre Narcissa, Severus et Draco.

-Je ne comprends pas pourquoi il ne t'a pas emmené au Ministère, fit Severus.

-Tu sais qu'il est l'un des conseillers du ministre, souffla Narcissa. Pour autant, les fouilles qu'il y a eu l'an dernier n'ont pas été à son avantage. En ce moment, il y a un regain d'activité contre les Sang Pur, notamment ceux d'accord avec la politique de Tu Sais Qui. Avoir un Malfoy et une Black aurait été trop pour cette soirée.

Severus ne comprenait pas cette logique et laissa couler. Il s'était toujours assez bien entendu avec Lucius mais depuis qu'il avait pris la Marque, il ne comprenait plus son ami, comme Narcissa ne comprenait plus son mari. Il leur arrivait d'en discuter longuement devant une tasse de thé. En voyant leur proximité, certaines mauvaises langues disaient que la lady trompait allègrement son mari aux yeux de tous mais ça passait au-dessus du lord car il savait que son ami avait ses préférences pour son propre sexe.

-Severus, que se passe-t-il à l'école ? demanda Narcissa. Draco m'a l'air … renfermé.

-Disons que certaines personnes pensent que c'est le bon moment pour attaquer, déclara Severus.

-Qui ? demanda Narcissa

-Parkinson, avoua Severus.

-Je ne crois pas, non, renifla Narcissa qui commença une liste de tout ce qui n'allait pas avec la jeune fille.

Severus avait appris tout au long de sa carrière d'enseignant que les jeunes filles Sang Pur ou de haute lignée Sorcière commençaient à se trouver un époux aux alentours de leur quatrième année. Les mariages arrangés dès le plus jeune âge restaient assez rares mais se faisaient généralement peu après l'obtention des ASPIC. Les mariages Malfoy attiraient toutes les convoitises car la famille était l'une des plus riches du pays et était en bonne position au niveau européen mais aussi, faisaient en sorte tout en gardant le sang le plus pur possible qu'il n'y ait aucun risque de consanguinité. Les paris étaient ouverts depuis la naissance de Draco, encore plus quand on voyait que l'adolescent allait devenir un magnifique jeune homme. Les Parkinson étaient sur le coup depuis que leur fille avait cinq ans et avaient toujours fait en sorte que leur enfant côtoie le plus possible l'héritier Malfoy. Malheureusement, elle attirait l'attention de la pire façon possible.

-… servi à quelque chose au moins, elle nous a prévenus que Draco avait été blessé gravement en début d'année, poursuivit Narcissa.

Cela acheva de faire revenir Severus.

-Que veux-tu dire ? sursauta Severus

-Peu après la rentrée, Parkinson a signalé à Lucius que sa fille lui avait raconté l'incident en cours de Soins aux Créatures Magiques, fit Narcissa.

-J'avais dit à Lucius que ce n'était qu'une égratignure, se rappela Severus. Qu'est-ce que cette peste a dit ?

-Qu'il y avait du sang partout, renifla Narcissa. Ça a suffi pour que Lucius demande l'exécution de cet Hippogriffe.

-Il a préféré croire un lèche-botte plutôt que moi ? souffla Severus

Ce qui expliquait tout le raffut que l'aîné des Malfoy avait fait pour que la créature soit exécutée séance tenante. Et que le plus jeune faisait une chasse assidue parmi les élèves pour savoir qui se permettait d'influer sur sa vie sans son autorisation.

-Je ne sais pas ce qui s'est passé dans la tête de Lucius, soupira Narcissa. Je n'ai même pas eu le fin mot de l'histoire, j'étais trop inquiète à propos des Dementors.

-Draco m'a juste dit qu'il s'était trouvé au mauvais endroit, révéla Severus. Un élève derrière lui a insulté l'Hippogriffe qu'il caressait et il a juste eu le temps de se reculer avant de se faire ouvrir en deux. Il en avait été quitte avec une plaie superficielle. Plus de peur que de mal, en fait.

-Il a été excessif, comprit Narcissa. Il m'a l'air de plus en plus nerveux depuis l'an dernier. Non, depuis l'entrée de Draco à Hogwarts …

-Il y a peut-être une explication, souffla en se tenant le bras.

Narcissa n'eut pas besoin de plus d'explications.

-Je croyais qu'Il était mort, fit Narcissa en baissant la voix.

-Dumbledore est certain que non, fit Severus. Et la Marque se fait de plus en plus précise.

-Elle te fait mal ? s'inquiéta Narcissa

-Non, assura Severus. Disons qu'elle se fait plus présente.

-Je suis inquiète, souffla Narcissa. Je comprends ce qu'Il cherche à faire mais tant des nôtres sont morts, parfois même de Sa main même. Je ne compte pas ceux qui ont préféré partir pour ne pas à avoir à choisir, de peur de se faire tuer.

Severus serra les dents. Voldemort disparu et Dumbledore occupé à reconstruire le monde Sorcier, la plupart de ceux qui avaient été séduits par l'idéologie de Voldemort avaient fait le bilan de cette guerre et malheureusement, elle n'était en faveur d'aucun.

-Qu'allons-nous faire s'Il revient, Severus ? soupira Narcissa

-Survivre, Narcissa, survivre, déclara sombrement Severus.

Alors que la conversation se poursuivait, Draco se retira doucement dans les ombres. Au départ, il était venu pour passer du temps avec sa mère et son parrain mais la discussion l'avait intéressé et il n'avait pas bougé. L'implication de Pansy dans la condamnation de Buck était une information qu'il allait utiliser à bon escient mais le retour probable du Seigneur des Ténèbres ne le réjouissait qu'à moitié. Dans les récits de son père, le Seigneur des Ténèbres était un Sorcier digne de ce nom qui rendrait la gloire aux Sang Pur mais le jeune blond avait toujours été sceptique sur le fait que c'était un gosse de quinze mois qui l'avait vaincu. Et les paroles dudit bambin dix ans plus tard l'avait plongé dans le flou le plus total. Troublé par ce qu'il avait dit, l'été suivant, il avait fouillé la bibliothèque familiale et avait reconnu de nombreuses choses qu'Harry avait pointé. Il avait découvert que la population Sang Pur avait été réduite d'un tiers pendant la guerre contre Grindelwald et d'autant pendant celle contre Voldemort. En écoutant aux portes, Draco savait qui était Death Eater mais il s'était rendu compte qu'ils n'étaient qu'une partie infime des morts de ce conflit.

Et surtout, que la majorité était soit des Sang Pur, soit des Nés Moldus. Mais que des Sorciers.

Des questions plein la tête, le blond alla se coucher.