Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas etc…
Genre : OOC, UA, aventure, romance, fantastique
Ndla : un grand merci à toutes les personnes qui ont eu la gentillesse de me laisser une review… ainsi qu'à celles qui n'ont pas hésitées à me secouer (par menaces ou par encouragements) pour obtenir cette update… ;p Je ne peux que m'excuser platement face au retard monstrueux qu'a pris la mise à jour de cette fic.
Bonne lecture !
Les Chevaliers Dragons : Livre III
Chapitre XXIX : Faux-semblants
Quatre pouvait sentir son cœur cogner au rythme de la bataille. L'adrénaline qui coulait dans ses veines décuplait sa force et sa rage. Enivré par l'ardeur du combat, il avait étouffé jusqu'à la plus petite parcelle de mansuétude à l'égard de ses adversaires. Au milieu des cliquetis d'épée et des plaintes gutturales, seule comptait la victoire qui, maintenant, paraissait à portée de main.
L'avantage sur les hommes de Treize avait été difficile à prendre car durant l'absence des chevaliers, l'armée de Sanc avait perdu un grand nombre de ses combattants. Cependant, privés du manteau de brume qui les avait longtemps dissimulés, leurs ennemis se voyaient dépossédés de leur effet de surprise. Leurs manœuvres se faisaient à présent au vu de tous et permettaient aux officiers de la garde royale de mener leurs hommes en conséquence. Grâce à leurs compétences tactiques bien supérieures à celles des mercenaires ainsi qu'à la présence des Hauts Seigneurs à leurs côtés, l'armée de Sanc avait su tirer profit de la situation et, peu à peu, avait fini par prendre l'avantage de la bataille. Tout n'était pas gagné, loin de là. Mais cette petite étincelle d'espoir avait fini par embraser le cœur des soldats et leur avait octroyé un second souffle.
Le jeune souverain abattit trois adversaires à sa portée avant de rapidement passer son regard sur la scène qui se jouait devant lui. A son instar, Wufei et Heero semblaient vouloir éliminer à eux seuls la majorité de leurs ennemis. Rapides et efficaces, ils faisaient tomber au sol quiconque se dressait devant eux, ne laissant aucune chance aux hommes de Treize. Encore une fois, Quatre fut impressionné par les auras qui se dégageaient de ses compagnons. Incandescentes, elles paraissaient brûler comme des étoiles à l'apogée de leur vie. C'était fascinant de voir à quel point la fusion entre les chevaliers et les dragons pouvait engendrer comme énergie mais aussi terrifiant quand on savait que cette puissance finirait par les consumer.
Un cri détourna momentanément son attention. A quelques mètres de sa position, Rashid venait d'être sévèrement touché. Il ne fallut que quelques instants à Quatre pour réagir et se frayer un chemin jusqu'au chef des Maganacs afin de lui prêter main forte. Avec une précision quasi-chirurgicale, il abattit l'un après l'autre ses assaillants permettant ainsi à son oncle d'échapper à une mort certaine.
« Merci. », dit l'homme du désert lorsque Quatre se retourna vers lui.
« Il vous faut des soins. »
Le jeune roi allait utiliser ses pouvoirs lorsque son oncle posa sa main sur la sienne.
« Garde ton énergie. Tu en auras besoin. »
« Mais… mon oncle… »
« Ne discute pas ! »
Le chef des Maganacs observa les alentours s'assurant qu'ils ne couraient aucun risque. Puis il reporta son attention sur son neveu.
« Trop de choses dépendent de toi à présent. Et bien que j'apprécie ta sollicitude à mon égard, tes forces ne doivent plus servir qu'à un seul but. »
Quatre voulut rétorquer mais face au regard que lui renvoyait son parent, il sut que toute discussion serait vaine.
« Vous allez perdre tout votre sang. » tenta-t-il tout de même.
« Je ne suis pas le seul à être blessé. », dit-il en désignant les soldats qui se battaient à corps perdu. « Tu ne pourras pas soigner tout le monde. Ca n'est plus ton rôle à présent. Il te faut l'accepter. »
Dans un geste presque paternel, Rashid posa une main sur l'épaule de son neveu et la serra avec insistance. Puis, son bras retomba le long de son corps et sur un signe de tête, l'homme du désert repartit au combat.
Quatre le laissa s'éloigner sans intervenir mais plus la distance se faisait grande entre eux, plus un étrange sentiment vint étreindre l'esprit du jeune roi. Il avait l'impression de voir pour la dernière fois la silhouette massive et rassurante de son oncle. Cependant, il étouffa très vite cette sensation car, à l'heure actuelle, il ne pouvait plus se permettre de s'apitoyer sur son sort. Le chef des Maganacs avait eu raison de lui rappeler son devoir d'élu.
Sans plus attendre, le jeune souverain utilisa ses pouvoirs pour faire apparaître une grande paire d'ailes sombres. Ces dernières se déployèrent dans son dos presque sans un bruit. Avec une facilité qui trahissait son expérience, le chevalier de Sandrock s'envola afin de s'éloigner du cœur de la bataille.
Pendant quelques instants, il scruta les alentours afin de localiser l'endroit idéal pour rallier les autres chevaliers-dragons. Ses yeux survolèrent le flanc de vallée avant de s'arrêter sur un promontoire de pierre qui se détachait de la masse rocheuse. Persuadé d'avoir trouvé le point de ralliement idéal, Quatre s'y dirigea aussitôt.
Tout le long de son vol, il put observer l'étendue du combat qui se jouait à terre. Comme il en avait eue l'intime conviction, ses troupes commençaient à prendre le dessus sur les hommes de Treize. Bien qu'encore très nombreux, ces derniers étaient en train de se faire lentement encercler par les soldats royaux.
Cependant, malgré l'indéniable avantage qui paraissait se dessiner à l'horizon, Quatre savait, par expérience, que tout n'était pas joué. Un retournement de situation était toujours possible et leurs ennemis avaient déjà montré par le passé qu'ils n'étaient pas avares de surprises.
Lorsque ses pieds touchèrent le sol rocailleux du promontoire, le jeune souverain ne fut pas étonné d'y trouver Trowa.
« Tu as pu mettre Catherine à l'abris. »
« Je l'ai confiée à l'une de nos arrière-garde. », répondit le représentant d'Heavyarms en le scrutant avec attention.
Mal à l'aise face à cet examen en règle, le roi de Sanc détourna le regard.
« Tu as peur ? » constata son ami avec justesse.
La tension était facilement perceptible chez Quatre car tout son corps était tendu comme un arc prêt à décocher.
« Pour être honnête avec toi je suis terrifié. »
« C'est pour cette raison que tu n'as toujours pas fusionné avec Sandrock ? »
Le jeune roi acquiesça.
« Je suis le dernier Trowa… Dès que ma conscience aura été scellée avec celle du dragon, aucun retour en arrière ne sera possible. »
« Je pense qu'il est déjà trop tard. », répondit le représentant d'Heavyarms en embrassant du regard le combat qui se menait à leurs pieds. « Nous ne pouvons qu'aller de l'avant quoi qu'il advienne. »
Quatre ne répondit pas.
Son ami avait tout dit.
Ou presque.
« Tu n'es pas seul. »
Le souverain tourna un visage intrigué vers son compagnon d'armes.
« Quelque soit la finalité de cette guerre, tu ne seras jamais seul. », expliqua le seigneur de l'Est avec une telle intensité dans le regard que cela le fit frissonner. « Je serai toujours là à tes côtés, que ce soit dans cette vie… ou dans la prochaine. »
« Je ne mérite pas une telle abnégation. », répondit Quatre avec sincérité.
« Tu mérites bien plus que ça. » rétorqua Trowa sans l'ombre d'un doute sur son visage. « Mais peut-être aurons-nous le loisir de débattre de ce sujet après avoir mis fin à ce conflit ? »
L'espoir qui transparaissait de ces paroles ne trouvèrent pas d'écho dans le cœur du jeune roi. Toutefois à ce stade de leur combat, il n'eut pas la force de contredire son ami. Il finit par acquiescer en silence avant de reporter son attention sur la plaine. Après un dernier regard sur ses troupes, l'aristocrate ferma ses yeux et commença à baisser une à une les barrières de son esprit.
Son appel silencieux ne mit pas longtemps à trouver une réponse. A chaque battement de son cœur, Quatre pouvait sentir l'âme du dragon refaire surface. D'abord aussi discrète qu'une ombre dans la nuit, la présence de Sandrock se fit de plus en plus insistante jusqu'à devenir oppressante.
Face à cette âme si forte et si puissante, la peur du chevalier ne fit que croître. Son esprit était terrorisé.
Quatre tenta de se raisonner mais tous ses efforts se révélèrent vains. Son inconscient semblait rejeter avec une violence inouïe toute idée de fusion.
Il était sur le point de renoncer lorsqu'une voix dans son esprit se fit entendre.
« De quoi as-tu donc si peur ? », demanda la voix caverneuse de Sandrock.
« De la mort. », répondit l'esprit de Quatre avec franchise.
« De quoi as-tu donc si peur ? », persista le dragon comme s'il n'avait pas entendu la réponse de son élu.
Ce dernier parut hésiter. Il ne comprenait pas la raison de cette insistance. Cependant, il connaissait suffisamment Sandrock pour savoir que cette question n'était pas posée en vain.
Le jeune roi tenta donc de faire face aux nombreuses angoisses qui l'avaient envahies depuis l'annonce de ce combat. Avec patience et courage, il les décortiqua les unes après les autres, mettant de côté l'appréhension instinctive qu'il ressentait afin de trouver le point commun à toutes ses peurs.
Nul doute que cette tâche fut l'une des plus difficiles de sa vie mais contre toute attente, Quatre finit par y arriver.
« De quoi as-tu donc si peur ? », répéta Sandrock avec patience.
« D'échouer. » comprit immédiatement l'élu.
Un grondement de satisfaction se répercuta dans tout son être.
« Dans ce cas, laisse-moi t'aider à vaincre celui qui ne peut être vaincu. »
Sans s'en rendre réellement compte, Quatre fit un mouvement affirmatif de la tête.
Face à cet assentiment, l'essence du dragon se mit doucement à l'envelopper. Mais au lieu de ressentir cet acte comme une menace, cette fois-ci l'esprit du jeune roi l'accepta comme une présence forte et rassurante, une présence qui lui permettrait d'atteindre le but qu'il s'était fixé.
Peu à peu, leurs deux âmes se mêlèrent pour enfin ne faire plus qu'une et lorsque l'élu de Sandrock ouvrit les yeux, son aura avait totalement changé. De sa fusion avec le dragon était née une nouvelle entité. Mi-homme, mi-dieu, Quatre avait maintenant accès à tout le savoir du dragon.
« Il est temps. », murmura le jeune souverain avec une voix sereine.
Etrangement, Trowa ne fut pas le seul à percevoir ses paroles car d'un mouvement presque synchrone, Heero et Wufei prirent leur envol afin de les rejoindre.
« Comment te sens-tu ? », demanda le représentant d'Heavyarms.
« Déterminé. », répondit posément son ami.
« Tu vas pouvoir prononcer l'incantation ? »
Pour toute réponse, le chevalier des Terres du Centre accrocha son regard au sien. Ses iris turquoises, séparées de part en part par une fine pupille noire, ne laissaient place à aucun doute possible quant à l'étendue de ses capacités.
Rassuré, Trowa reporta son attention sur les deux silhouettes qui volaient à leur rencontre.
« Nous pouvons rejoindre Duo. », dit le jeune roi en devançant la question du chevalier du Nord lorsque ce dernier posa le pied sur le belvédère.
« Où se trouve-t-il ? », demanda l'élu de Nataku.
« Là où tout a commencé. »
Une expression d'intense mépris se dessina sur le visage de Treize lorsque son épée s'enfonça dans le bras de son adversaire. De toute évidence, cette confrontation avec le représentant de Shinigami ne semblait pas combler les attentes du Comte, car il ne faisait aucun doute pour lui que plus le temps passait plus les forces de Duo paraissaient s'amoindrir.
« C'est tout ce que vous êtes capable de faire. », cracha l'aristocrate en observant le chevalier compresser sa blessure à l'aide de sa main libre. Mais cette vaine tentative, ne porta guère ses fruits. Le sang continuait à ruisseler le long du bras de l'élu pour terminer sa course sur la lame froide de son épée.
« Vous êtes décevant. », poursuivit le Comte en tournant autour de son ennemi. « Votre légende est surfaite. Vous n'êtes pas un dieu, vous n'êtes même pas un homme digne de ce nom. »
La mâchoire de Duo se crispa sous l'insulte mais il ne prit toutefois pas la peine de rétorquer.
« Me débarrasser de vous sera encore plus aisé que je me l'étais imaginé. », dit-il sur le ton de la confidence.
Puis, un sourire mauvais apparut sur ses traits.
Oter la vie au chevalier était décidément trop facile et Treize préféra de loin se distraire encore un peu aux dépends du jeune élu.
« Votre amie… comment s'appelait-elle déjà ? … ah oui… Hide… fut bien plus difficile à combattre que vous. »
Le seigneur du Sud resserra sa main sur le pommeau de son épée. Il pouvait parfaitement sentir le liquide poisseux de son sang filtrer entre sa paume et son arme.
« Il m'a fallu du temps pour réussir à infiltrer son esprit et la mener jusqu'à moi. Au début, elle a tenté de résister, avec beaucoup d'entêtement je dois l'avouer. Mais le plaisir que j'ai eu à la briser comme on brise une poupée de porcelaine fut réellement jouissif. »
Treize scrutait avec un soin tout particulier le visage de Duo. Malgré le masque de parfaite indifférence que le chevalier s'était construit, il était facile de percevoir toute l'intensité de son animosité dans son regard. Si les yeux pouvaient tuer, nul doute que le Comte serait mort foudroyé sur le champ.
Treize prit un plaisir tout particulier à choisir chacun de ses mots.
« J'aurais pourtant adoré l'entendre me supplier de la laisser en vie. Sa mort fut malheureusement beaucoup trop rapide à mon goût… Mais ce ne fut pas le cas de votre famille il me semble. », susurra-t-il presque avec douceur. « Mourir brûlé vif doit être atroce… Sentir la fumée envahir peu à peu vos poumons jusqu'à vous donner l'impression d'avoir la gorge en feu, percevoir la chaleur des flammes se rapprocher lentement mais inexorablement de votre peau, subir les premières morsures du brasier, croiser le regard paniqué des siens, avoir la certitude que tout est fini… Voilà une mort nettement plus… distrayante ! »
Avant même que Treize ne comprenne, il se retrouva nez à nez avec le chevalier du Sud, son épée contrant fermement celle de son adversaire. Leurs visages étaient si proches à présent que le Comte pouvait parfaitement sentir le souffle saccadé de Duo sur sa peau, tandis que son regard, écarquillé par la fureur, le fixait avec démence.
Si l'élu n'avait pas émis un cri quasi animal en se jetant sur lui, nul doute qu'il l'aurait pourfendu de part en part car il avait bougé si vite que seul l'instinct de Treize avait réussi à percevoir le danger.
« Vous aurais-je froissé ? », demanda le Comte avec une candeur parfaitement feinte. Cependant, l'expression de pure rage, qui transparaissait des traits du chevalier, répondait à cette question mieux que mille mots.
L'aura de Duo paraissait avoir retrouvé une intensité toute nouvelle, ce qui ravi Treize au plus au point et ce fut avec force et détermination que l'élu de Shinigami réitéra ses attaques.
Avec talent, le Comte para les coups les uns après les autres. Toutefois, la force déployée par son adversaire finit par l'obliger à reculer. Il ne parut pas se rendre compte que ce geste de repli le menait lentement mais sûrement vers le mur irisé créé par le bouclier du chevalier. Ce ne fut que lorsque son dos toucha le dôme et qu'une violente brûlure s'en suivit, que le Comte constata son erreur.
Loin de se laisser démonter, Treize fit immédiatement un mouvement sur le côté afin d'échapper à ce piège s'apparentant à une toile d'araignée.
« Vous avez peur que je ne tente de m'enfuir. », dit-il avec amusement en constatant que le dôme était toujours présent.
« Oubliez cette idée. », cracha Duo.
« Elle ne m'a même pas traversé l'esprit. », rétorqua Treize avec une expression de suffisance à peine dissimulée. « Il aurait fallu pour cela que je me sente en danger. »
Seul un sifflement de colère répondit à cette dernière phrase. Puis, les offensives continuèrent à pleuvoir à la grande satisfaction du Comte.
Peut-être aurait-il finalement droit à un combat digne de son nom ?
Au début, ses espérances ne furent pas vaines. Mû par une haine sans nom, l'élu de Shinigami redoubla d'efforts et d'ingéniosité. Sa célérité s'accrut à un point encore jamais inégalée, ce qui valut à Treize quelques belles et douloureuses balafres. Mais l'énergie consumée par Duo était considérable et peu à peu la fatigue ainsi que les nombreuses blessures essuyées depuis le début du combat commencèrent à se faire ressentir.
C'est en tout cas ce qu'en déduisit le Comte lorsqu'il perçut une nouvelle fois l'aura de son adversaire s'amoindrir. Prompt à croire en sa victoire et surtout convaincu que son immortalité le mettait hors d'atteinte, il ne montra plus aucune forme de méfiance envers l'homme qui se tenait face à lui.
Même si à travers les âges, l'élu de Shinigami avait été considéré comme le plus puissant des cinq chevaliers, cette époque était à présent révolue. Face à la si flagrante différence de puissance entre Duo et lui, il fut évident pour Treize que les chevaliers-dragons ne représentaient plus une menace. Une fois débarrassé du seigneur du Sud, il n'aurait aucune difficulté à abattre l'un après l'autre chacun des quatre élus.
« Je pense qu'il est temps de mettre un terme à notre petit tête à tête, chevalier. », dit-il en observant Duo avec suffisance.
Ce dernier lui faisait face à quelques mètres à peine. Ses cheveux ruisselaient autour de son visage et ne laissaient entrevoir que deux iris pourpres et bestiales. Légèrement tassé sur lui-même, son corps était meurtri à de multiples endroits et certaines entailles, plus profondes que d'autres, continuaient à suinter d'un liquide vermillon. La respiration du jeune élu demeurait courte et rapide comme si l'air autour de lui s'était raréfié. Il paraissait si épuisé qu'il était surprenant de le voir encore tenir debout.
« Vous allez pouvoir retrouver votre famille. », dit le Comte en s'avança d'un pas décidé dans sa direction. Son épée se leva dans les airs, prête à s'abattre une dernière fois sur Duo. « Quoique je doute que vous eussiez ce bonheur. Vu la nature du dragon qui vous habite à mon humble avis, seul l'Enfer voudra bien de votre âme. »
« Je crains que vous confondiez nos deux situations. », rétorqua le chevalier en observant son adversaire se rapprocher de sa position.
« Nous ne le saurons jamais chevalier car mes nouvelles capacités me mettent à l'abris de ce genre de… possibilités. Je ne peux pas mourir, je vous le rappelle. »
Trop concentré dans sa conversation avec l'élu de Shinigami et surtout trop sûr de lui, Treize ne vit pas quatre silhouettes s'approcher de leur position.
Ce détail n'échappa toutefois pas au chevalier. Bien au contraire. Suivant à la lettre le plan qu'il s'était fixé, Duo continua à l'occuper jusqu'à ce que ses compagnons d'armes vinrent silencieusement se positionner au pied de son bouclier.
Lorsque son regard croisa celui de Heero, il sut que le moment était venu.
Dès cet instant, le corps de Duo sembla retrouver une toute nouvelle vitalité. La silhouette du chevalier se redressa, forte et fière, tandis que son aura, si vacillante quelques instants plus tôt, se mit à brûler tel un soleil. Toute fatigue déserta immédiatement les traits du jeune élu pour ne laisser apparaître qu'une expression dure et froide.
Tout d'abord surpris par ce retournement de situation, Treize ne mit pas longtemps à réagir.
Comprenant qu'il s'était fait berné, que l'apparente faiblesse du jeune seigneur n'était qu'un leurre, le Comte tenta d'effectuer sans attendre un geste de repli afin de mettre plus de distance entre son adversaire et lui.
Ce mouvement, bien que fondé, fut toutefois parfaitement inutile car Duo ne lui donna pas l'occasion de l'achever.
Aussi rapide et gracieux qu'un serpent, il franchit l'espace restant sans même laisser l'occasion à l'esprit de son adversaire de trouver une échappatoire. Le Comte ne put que lever son arme afin de se protéger de l'assaut qui ne tarderait pas à venir.
Mais ce fut en vain.
D'un geste aussi rapide que puissant, l'élu de Shinigami déjoua la défense de Treize avant de lui planter son épée en plein cœur, sans autre forme de procès.
Torse contre torse, les deux hommes restèrent quelques instants immobiles, Duo jouissant de son geste et le Comte écarquillant les yeux sous la surprise et la douleur.
Puis, l'élu pencha légèrement son visage afin de porter ses lèvres à quelques centimètres seulement de l'oreille de son adversaire.
« Vous ne pouvez peut-être pas mourir cher Comte », dit Duo d'une voix mi-mielleuse mi-cynique. « Mais vous pouvez souffrir. »
Puis d'un mouvement sec, il tourna son arme afin de faire le plus de dégâts possibles.
Face à ce geste, les cris de Treize se répercutèrent dans la vallée.
A suivre…
