Coucou

Je sais que certains commencent à s'impatienter, mais l'écriture prend du temps, et la rentrée scolaire prend du temps également !

Donc le nouveau chapitre est là, j'espère que le prochain sera là dans quinze jours, mais ce n'est pas toujours facile.

Correctrice : luna904

Chapitre 29 : Le début des cours

Lorsque Drago entra assez brutalement dans l'appartement de Severus et de son père, la bouche déjà ouverte pour leur dire qu'il ne savait pas où était Harry, il resta muet sur le pas de la porte du salon.

Non, il ne voulait pas savoir pourquoi son père arborait ce sourire béat.

Non, il n'avait même pas envie de taquiner Harry sur son air dérouté, ou sur sa position pour le moins compromettante sur Severus, alors que la main de ce dernier disparaissait dans les vêtements de son nouveau camarade de classe.

Non, il refusait tout net d'imaginer dans quel état ces trois là auraient pu se trouver s'il était entré quelques minutes plus tôt dans la pièce.

Merlin, il s'était fait mettre dehors d'un lit douillet par son propre compagnon qui l'avait pressé de rejoindre Harry pour s'assurer que ce dernier n'allait pas faire de bêtises, tout ça pour le retrouver … enfin dans CETTE position.

Il déclara alors sèchement :

- J'attends Harry à côté puisqu'il faut bien continuer cette comédie !

Il claqua la porte brutalement derrière lui pour commencer à faire les cent pas dans le bureau. Sans surprise, il fallut moins d'une minute à son père pour le rejoindre et l'admonester vertement :

- Je ne te permets pas de me parler sur ce ton, Drago ! Combien de fois va-t-il falloir que je te le répète ?

- Tu m'excuseras, rétorqua Drago sarcastique, mais je ne m'attendais pas à vous trouver dans cet état après la colère d'Harry ! Et la porte n'était même pas fermée en plus !

- Et alors ? Ce genre de détail t'a gêné pour flirter avec Remus à la Tanière ? Siffla Lucius en retour. Mais là n'est pas le problème ! Tu sais très bien qu'il est hors de question que tu me parles de la sorte où que ce soit !

Sous le regard dur de son père, Drago ne put que hocher brièvement la tête, mais il pinça les lèvres pour se taire. Et il ne put retenir une moue moqueuse lorsqu'Harry franchit à son tour la porte, les pommettes particulièrement rouges.

- Après toi, dit-il en désignant la porte qui donnait sur le couloir.

Harry fut pris d'un doute tout à coup, et il se tourna vers Lucius en demandant :

- Il ne va pas me coller aux basques toute la journée, hein ?

- Et que veux-tu qu'il fasse d'autre ? Répliqua Lucius. Tu est désormais officiellement son compagnon, et il n'est pas censé connaître le château …

- Mais quelle plaie ! Gronda Harry.

Après une seconde, il reprit vivement en pointant Lucius du doigt :

- Et tu vas arrêter de prendre mes paroles dans le mauvais sens, vu ? La plaie, c'est que ton fils doive me coller toute la journée, pas toi ! C'est votre fichu plan à la noix qui est une épine dans mon pied actuellement ! Déjà ce maudit choixpeau l'a fourré chez nous, on se demande comment, alors en plus si je dois le supporter du matin au soir !

- Et bien, vous finirez par apprendre à vous connaître, ironisa Severus qui avait suivi la conversation de loin.

- Comme si j'en avais envie, grommela Harry. Ceci dit, votre plan 'génial' aura le mérite de l'obliger à faire ami-ami avec Ron et Hermione, on n'aura pas tout perdu !

- Je veux bien travailler avec eux, protesta Drago, mais c'est tout !

- Ah mais non, c'est pas tout ! Contra Harry. Comme tu es censé être un gentil petit veela tout disposé à faire plaisir à son compagnon, tu vas jouer cette fameuse comédie jusqu'au bout, donc apprendre à connaître mes amis, les apprécier pour que tout soit plausible ! Et puis après, comme tu commenceras à les apprécier, tu les inviteras ici pour qu'on soit plus au calme, et ça sera au votre tour, continua-t-il en jetant un œil vers Lucius et Severus, de faire la même chose.

Harry avait un grand sourire ironique en terminant sa phrase. Il ne savait pas d'où il avait été inspiré, mais finalement, ce plan qu'il trouvait fumeux au départ, allait lui servir. Il allait imposer la présence de Ron et Hermione à Lucius et Severus. Non, pas vraiment comme rempart contre les avances des deux hommes, mais parce qu'il voulait que les quatre commencent à s'entendre un minimum, puissent se retrouver dans la même pièce en ayant une conversation normale, ce qu'ils avaient eu bien du mal à faire à la Tanière. Son sourire s'accentua encore lorsqu'il vit que Lucius et Severus le regardaient, bouche bée, et que le regard de Drago allait, incrédule, de son père vers lui. Il décida d'enfoncer le clou en ouvrant la porte du couloir en disant bien fort :

- Tu viens, Jack. Je veux absolument que tu fasses connaissance avec mes meilleurs amis !

Et il remercia tous les mages de la terre en constatant que certains plus jeunes élèves de Gryffondor étaient déjà dans le couloir, en route pour leur petit déjeuner et qu'ils l'avaient entendu.

Drago était à deux doigts de lui crier d'aller se faire voir lorsqu'il avisa les voix de ces mêmes élèves. Il serra les poings en jetant un regard noir à son père qui l'avait mis dans ce pétrin, et répondit du plus calmement qu'il put :

- J'arrive.

Severus, lui, une fois que Drago eut soigneusement fermé la porte, dit d'une voix sans timbre :

- Je rêve ou on vient de se faire avoir tous les trois dans les grandes largeurs ?

Lucius n'arriva pas à répondre pendant quelques secondes. Non, apparemment il ne délirait pas, Harry venait purement et simplement de leur imposer Ron et Hermione dans leur appartement à plus ou moins brève échéance. Il finit par dire à Severus :

- J'en viendrai presque à me demander ce qu'il fait dans cette maison-là en fait … Pourquoi tu ne l'as pas eu à Serpentard avant ? Merlin, tu crois l'avoir coincé dans un coin, certes, il se met en colère, mais j'ai l'impression que cette colère mets tout son cerveau en mouvement pour sortir de ce qu'il considère comme un mauvais pas …

- C'est bien ce que je pensais tout à l'heure, répondit Severus en retour. J'en viendrai presque à plaindre Voldemort : jamais il n'en viendra à bout … Il a une telle façon de toujours vouloir s'en sortir, une telle obstination à s'engouffrer dans la moindre brèche possible comme ça, sans réfléchir, juste au feeling … En revanche, je ne sais pas si nous, on va survivre aux chauds et froids … En l'espace de cinq minutes, tu l'as bouillant dans ta main et parfaitement en rogne contre toi …

- On va s'adapter, répondit Lucius avec plus d'assurance qu'il n'en ressentait. C'est juste une question de quelques semaines, quelques mois tout au plus …

- Ou quelques années …

- Ne sois pas défaitiste, il ne peut pas être comme ça tous les jours de l'année. Il est juste un peu stressé actuellement, une fois qu'on sera uni, il se calmera …

Severus fit un moue dubitative et commenta à mi-voix :

- Ca, je le croirai quand j'y serai …

- Il ne devrait plus résister longtemps maintenant, affirma Lucius d'un ton sûr. Encore quelques câlins comme ça et il sera mûr pour venir s'unir à moi.

- Encore une fois, grommela Severus, non pas que l'idée soit déplaisante, au contraire, mais je te rappelle que si nous avons eu cet agréable interlude, c'est parce que tu nous as noyés dans ton attraction vélane.

- Mais comme je compte bien le refaire, affirma Lucius avec un léger sourire, notre lit aura bientôt juste la taille qu'il nous faut pour nous trois.

- Je croyais que tu ne voulais pas utiliser l'attraction vélane pour que l'union soit plus puissante ? Rappela Severus.

- Mais je ne le ferai pas à ce moment là. Par contre, des petites touches pour entretenir un peu son désir … Ca ne serait pas la première fois que je le ferai, commenta-t-il avec un regard significatif vers Severus, avec suffisamment de subtilité pour que mon jeune compagnon ne s'en aperçoive pas et mette tout sur le compte de ses propres hormones …

Severus resta un moment interdit avant de dire lentement :

- Voilà donc comment tu m'as fait céder en à peine un mois …

- Tu ne vas pas m'en vouloir plus de vingt ans après, non ? Demanda Lucius assez mutin.

- Il te reste surtout à prier pour qu'il ne s'en aperçoive pas …

- Mais pour ça, je peux compter sur toi ?

Severus préféra ne pas répondre, et il se dirigea vers la Grande Salle pour y remplir son devoir de directeur de Gryffondor, suivi par un Lucius particulièrement satisfait.


Tout le long du trajet vers la Grande Salle, Harry n'avait pu s'empêcher de décrire tout Poudlard à Drago, entrant ainsi parfaitement dans le jeu voulu par Lucius. Bien sûr, ce que le veela n'avait pas prévu, c'est qu'Harry prendrait un malin plaisir à faire un descriptif à Drago qui incluait tous les épisodes humiliants pour ce dernier. Et il ne pouvait s'empêcher de rire sous cape en voyant les regards furieux de ce dernier qui ne pouvait que hocher la tête pour rester dans son rôle. Le contraste était à hurler de rire pour Harry, et il arriva finalement de fort bonne humeur pour s'attabler à côté de Neville et Ron. Drago, lui, s'affala plutôt sur le banc, déjà fatigué par cette journée qui ne faisait que commencer. La seule bonne nouvelle de ce début de journée fut qu'il put sans remord prendre un immense bol de chocolat chaud pour son petit déjeuner : jamais il n'avait pu le faire à Poudlard, le standing Malefoy exigeant qu'il ne boive que du thé, mais là, tout lui était permis puisque personne ne devait faire le rapprochement entre Jack Donson et l'héritier Malefoy. Il parvint aussi à discuter aimablement avec Neville et à justifier son apparent abattement par la taille du château et la peur de s'y perdre sans son compagnon.

Lorsque le temps de la distribution des emplois du temps fut venu, il fut secrètement amusé de constater que Severus était bien obligé d'écouter avec attention apparente toutes les explications d'Hermione. Néanmoins, ce fut bien leur directeur qui distribua les emplois du temps aux sixièmes et septièmes années. En jetant un rapide œil dessus, il ne fut par surpris de constater qu'ils auraient Potions dès le premier jour, fut absolument ravi d'avoir trois heures de DCFM qui lui permettraient d'être un peu près de Remus, et un peu angoissé devant les deux heures de métamorphose sous la houlette de son père par lesquels ils commençaient. Ce serait sa journée la plus chargée, car il n'avait que les sortilèges et les nouveaux cours de Duel comme autres matières. C'est la raison pour laquelle il fut stupéfait de découvrir que son emploi du temps comportait également de l'arithmancie, matière qu'il avait abandonnée l'année précédente pour avoir plus de temps à consacrer à sa 'tâche' pour Voldemort. Il savait bien que son père avait tempêté lorsqu'il l'avait appris, d'autant qu'il avait eu un Optimal à sa Buse et clairement, son père avait réussi à le réinscrire dans ce cours, soi-disant totalement indispensable pour veiller ultérieurement sur la fortune Malefoy !

- Il y a un souci avec ton emploi du temps ? S'enquit Neville en voyant son air rageur.

- Le souci c'est mon paternel et sa fichue idée de me faire continuer l'arithmancie, pesta Drago.

- Tu aurais dû arrêter après les Buses alors …

- J'ai essayé, contra-t-il sombrement, mais il n'y a rien à faire, il ne veut rien entendre !

Hermione, elle, s'interrogea intérieurement : comment Drago allait-il suivre puisqu'il n'avait pas suivi les cours l'année précédente ? Elle avait été étonnée et soulagée de ne pas le retrouver dans cette classe-là car il semblait avoir vraiment des facilités. Elle admira ensuite son sens du contrôle lorsqu'il s'enquit auprès d'Harry pour savoir s'il avait également cette matière alors qu'il connaissait pertinemment la réponse. Elle ne savait pas bien combien de temps il pourrait tenir sans se trahir, mais pour l'instant, elle ne pouvait qu'applaudir à leur performance. Personne ne pouvait se douter que les deux Malefoy étaient au château ainsi que Rogue, les personnalités qu'ils laissaient apparaître n'avaient rien à voir avec ce qui était connu d'eux. Même Severus arrivait à faire un humour froid qu'il tempérait par un très léger sourire qui le mettait à mille lieux de ce que les élèves avaient connu pendant tant d'années !

Les emplois du temps venaient juste d'être distribués lorsque la nuée de hiboux habituels en ce premier jour de classe fit son apparition dans la Grande Salle. Harry plaisantait tranquillement avec Seamus qui s'était assis non loin d'eux, quand plusieurs cris se firent entendre et il entendit Hermione étouffer un hoquet, la Gazette du Sorcier ouverte devant elle. Aussitôt, il fit venir dans façon à lui le journal et croisa son regard inquiet avant de baisser ses yeux sur le gros titre :

Le Poudlard Express échappe au pire !

Un attentat manqué contre les élèves de Poudlard !

La photo juste en-dessous montrait les restes d'un viaduc éventré. Harry jeta d'abord un rapide coup d'œil aux extraits mis en valeur par le journal :

L'explosion a eu lieu trois minutes après le passage du train.

Le Poudlard Express aurait pu être précipité dans le ravin, trois cent mètres plus bas.

Harry Potter était très certainement visé.

L'œuvre des mangemorts ?

Un bilan moins grave que l'attaque de Gringotts !

Il s'apprêtait à commencer l'article complet, lorsque le professeur McGonagall se fit entendre par dessus les cris et les exclamations des élèves avec un puissant Sonorus :

- Silence ! Veuillez vous taire !

L'ensemble des élèves sursauta, mais le silence retomba en deux secondes dans la Grande Salle, tous les regards tournés vers leur directrice :

- Pour ceux qui n'ont pas encore pu lire la Gazette, sachez que la cause de tout ce remue-ménage ce matin est à attribuer au gros titre de ce journal. L'un des viaducs du train s'est effondré à une centaine de kilomètres d'ici après le passage du Poudlard Express. Bien entendu, les journalistes s'empressent de dire qu'il s'agit d'une attaque contre les trains et les élèves de Poudlard par les mangemorts, mais rien n'est moins sûr. D'autant que le pont s'est écroulé quelques minutes après le passage du train et qu'il devait faire l'objet de réparation dès le mois prochain. Je vous prierai donc de garder votre calme, et de vous concentrer sur vos études plutôt que sur les journaux à sensation. Maintenant, je vous rappelle que vos cours commencent dans une dizaine de minutes pour la plupart d'entre vous.

Le discours de leur directrice sembla calmer les esprits les plus échauffés, mais les conversations reprirent néanmoins alors que les élèves se dirigeaient vers leurs salles de classe respectives.


De son côté, Lucius avait décidé d'aborder toutes ses classes de la même façon : il allait leur clouer le bec concernant ses talents en métamorphose pour leur faire oublier que Minerva était sans conteste un bon professeur. De part Severus, il savait que la première impression était déterminante, il n'allait donc pas se priver ! Il avait donc préparé son « matériel » pour les cinquièmes années : un iguane, un furet, un escargot et un hibou l'attendaient sagement. Dès que les élèves furent entrés et installés, il pointa successivement sa baguette sur les quatre animaux. Sans un mot, l'escargot puis le furet disparurent, l'iguane se transforma en magnifique coupe de crystal, et le hibou en jumelles grand luxe. Avec un léger sourire aux lèvres, il observa la mine incrédule des élèves qui avaient pourtant eu quatre années d'instruction en métamorphose, et il finit par dire d'un ton léger :

- Voilà le genre d'exercice que vous aurez peut-être à réaliser à la fin de cette année, pour votre BUSE. Vous serez bien entendu parfaitement autorisés à prononcer les sorts à voix haute. Maintenant, qui peut me dire quels sorts j'ai employé ?

Alors que les élèves le regardaient tous d'un air désemparé, il décida de les piquer légèrement dans leur fierté, sans méchanceté, mais avec un petit sourire taquin :

- Vous ne me ferez pas croire que vous n'avez aucune idée de ce que je viens de réaliser ? Je vous demande juste d'être un peu imaginatif par rapport à ce que je viens de faire, pas forcément de me nommer les sorts …

Il utilisait la même méthode d'enseignement qu'avec Drago plus jeune : il voulait qu'il réfléchissent en classe, et non pas qu'ils grattent des réponses toutes faites sur leurs parchemins, autant que possible. Bien sûr, il s'aperçut vite que de gérer trente gamins qui se prenaient à son jeu, surtout qu'il n'hésitait pas à distribuer un point par-ci ou par-là, était moins facile que de dialoguer avec Drago, mais il assit tranquillement son autorité et sa compétence par un biais bien différent que l'intimidation. Il grimaça juste intérieurement en ramassant les devoirs demandés au cours de l'été par Minerva : Merlin, quatre parchemins par élèves, ça commençait mal pour lui …


Severus, de son côté, trouvait que d'enseigner le duel aux premières et deuxièmes années, c'était vraiment simple à côté des potions. Les premières années ne connaissaient aucun sort, donc il leur annonça donc qu'ils n'allaient faire que du travail physique. Certes, certains grommelèrent dans leur barbe inexistante à cet âge, mais plutôt que de les réprimander vertement comme il n'aurait pas hésité à le faire dans ses cachots, il n'hésita pas à poser ouvertement sa baguette sur son bureau, se positionna le plus loin possible d'elle, sélectionna les trois garçons qui semblaient les plus costauds et dit simplement :

- Vous trois, allez-y, ma baguette est sur le bureau, vous devez m'empêcher d'y parvenir … Sinon, je vous teinte les cheveux en rose pour le reste du cours … Vous pouvez vous accrocher autant que vous voulez à moi, mais les coups de poing et de pied sont interdits.

Sa petite menace ayant fait son effet, il vit les trois garçons se rapprocher de lui tandis qu'il commençait à avancer tranquillement vers son bureau. Il avait tout de même fait deux pas que les trois garçons se décidèrent soudain à tenter de lui barrer le passage. L'un deux fit un salto arrière sans comprendre comment dès qu'il agrippa la manche de Severus et atterrit brutalement sur le sol garni de tatamis. Il se contenta de sourire en constatant que les deux autres agrippaient chacun l'un de ses bras. Il referma ses mains sur leurs propres bras, les fit tomber sur les fesses tous les deux en plaçant soigneusement ses propres pieds pour ne pas les blesser et courut simplement en petites foulées en remorquant ses deux élèves derrière lui pour atteindre son bureau. Là, il les lâcha simplement pour s'emparer de sa baguette qu'il pointa directement vers eux. En voyant leurs mines décomposées, il s'autorisa un léger rire et dit :

- Pour cette fois, vous garderez votre couleur naturelle, mais je ne veux plus entendre un seul grognement concernant l'entraînement physique. Actuellement vous ne savez rien, donc votre seule arme si vous devez vous retrouver au milieu d'un combat, ce sont vos jambes pour vous enfuir. Et à quoi vous serviront-elles si vous êtes essoufflés en moins d'une minute ? Tant que les professeurs Lupin et Flitwick ne vous auront pas enseigné quelques sortilèges, nous ne travaillerons que sur le côté physique. Ensuite, je mettrai en place quelques jeux intéressants …

- Des jeux ? Dit timidement un élève.

- Parfaitement, des jeux. Mais je ne vous en dirai pas plus pour l'instant, je vous laisse imaginer. En attendant, le château est assez vaste, nous allons l'explorer ensemble en courant. C'est parti !

Et il joua donc pendant trois-quart d'heure avec les nerfs et les jambes de ces premières années, s'arrêtant toutes les trois minutes pour demander officiellement son chemin aux portraits, et jouant sur leur peur d'être totalement perdus dans le château pour les remettre en marche. Il n'était malgré tout pas un tortionnaire, et il avait métamorphosé toutes les chaussures en baskets et le bas des uniformes en confortables jogging moldus pour la plus grande horreur des sangs-purs présents.

Il s'amusa ouvertement des mines inquiètes des deuxièmes années qui virent leurs jeunes camarades sortir du cours rouges et échevelés. Et il leur réserva sans hésiter le même traitement. Merlin merci, il avait entretenu son propre physique à la Tanière pendant ces deux derniers mois et il avait avalé une bonne potion d'énergie pour pallier à sa nuit blanche !


Pour Remus, le premier cours avec les quatrièmes années Poufsouffle- Serdaigle se déroula sans heurt. Les contre-maléfices étaient son domaine de prédilection et il pouvait faire son cours les yeux fermés ou presque. L'arrivée des septièmes années lui fit esquisser un sourire : il ne manqua pas de saluer chacun des élèves qu'il reconnaissait pour leur avoir enseigné quelques années plus tôt. Mais ce qui était le plus hilarant de son point de vue, était de voir Drago obligé de discuter avec le sourire avec Hermione, le tout sous les regards particulièrement moqueurs d'Harry et de Ron. Il attendit que ses étudiants se placent et se taisent, ce qui fut rapide, avant de commencer :

- Bien, pour commencer, si jamais certains d'entre vous ne se le rappelle pas, je vous informe dès à présent que je serai absent à peu près trois jours par mois, au moment de la pleine lune, pour ce que l'un de mes anciens amis appelait un léger problème de fourrure.

Lorsqu'il vit Harry sourire légèrement, il sut que le jeune homme savait à qui il faisait allusion. Et il continua sans hésiter :

- Pour me remplacer ces jours-là, vous pourrez compter sur les professeurs Prince et Donson. Ceci étant posé, vous êtes dans votre dernière année à Poudlard et, sauf pour ceux qui choisiront de faire l'école des aurors, dans votre toute dernière année d'apprentissage à la défense contre les forces du mal. Vous avez balayé beaucoup de sujet jusqu'à vos Buses, et fait un gros efforts concernant les informulés l'année dernière. Il nous reste cette année à voir, outre quelques sorts et contre-maléfices particulièrement ardus, l'art sombre de la magie noire. Le professeur Dumbledore a toujours préféré que cet partie sombre de la magie soit étudiée le plus tard possible, par des étudiants matures, capables d'en absorber les concepts sans pour autant y céder.

Sans trop de surprise, il vit le bras d'Hermione se lever lentement et lui donna la parole :

- Vous voulez dire, professeur, que nous allons pratiquer de la magie noire pour les Aspics ?

- Certainement pas, rétorqua fermement Remus. En revanche, vous apprendrez à la reconnaître lorsqu'elle sortira de ma baguette et vous apprendrez à vous en protéger avec les contre-sorts appropriés. Et avant que ne me posiez la question, Miss Granger, oui, j'avais déjà enseigné cette partie là lorsque je suis venu occuper ce poste voilà quatre ans. La seule nouveauté cette année concerne vos cours de duel, ce qui fait le parfait lien avec mon cours. Vous devez savoir que j'informerai le professeur Prince de votre évolution cette année, des maléfices et contre-sorts que vous apprendrez, de sorte qu'il puisse à son tour les utiliser dans son cours. Le programme d'Aspic est dense, mais il n'est pas insurmontable comme certains pourraient le penser. Mais, bien entendu, compte-tenu de sa nature, j'attends de chacun de vous la plus grande attention et la plus grande application dans son travail. Maintenant, passons directement à la première leçon : les protections magiques. Quelqu'un peut-il me citer le nom de quelques protections magiques ?

Sans plus de surprise, il vit la main d'Hermione se lever, mais aussi celle de Drago, d'Harry, et plus étonnamment, celle de Ron. Concernant ce dernier, les cours de la Tanière semblaient vouloir porter leurs fruits …


A midi, alors qu'il se dirigeait vers la Grande Salle pour y prendre un déjeuner bien mérité, Lucius fut intercepté par le professeur McGonagall qui lui intima de venir le rejoindre immédiatement dans son bureau. Il discuta sans contrainte avec elle de ses premières impressions sur les élèves, mais se garda de tout commentaire relatif au niveau même des enfants. Il ne voulait pas rentrer à nouveau dans le fameux cycle de flatterie qu'il avait si souvent utilisé au ministère : moins son attitude ressemblerait à celle qu'il avait un an auparavant, moins les chances qu'il soit démasqué seraient élevées.

A leur arrivée dans le bureau directorial, il constata que Severus et Remus étaient également présent, ainsi que les professeurs Chourave, Slughorn et Flitwick. Le professeur McGonagall s'assit immédiatement dans son fauteuil et attaque tout de suite :

- Mes chers collègues, je vous ai fait venir pour discuter avec vous de la sécurité des étudiants en général, de l'un d'eux en particulier. J'avais toujours mis un point d'honneur à traiter M. Potter de la même façon que tous les autres étudiants, malheureusement, il va peut-être me falloir revoir cette attitude.

- Cette fois, Minerva, je ne serai pas le porteur de cette nouvelle, dit froidement Remus. Vous lui annoncerez en personne !

- Il n'a pas bien pris son lien avec un veela, s'étonna le professeur Flitwick.

- C'est surtout l'éviction de son dortoir qu'il n'a pas bien pris. Refaites-lui encore un coup fumeux dans ce genre là, Minerva, et je vous jure qu'il va laisser tomber Poudlard, avec tout ce que cela aura de préjudiciable pour lui et le monde magique …

- Il doit pourtant terminer sa formation, murmura le professeur Chourave d'un air concerné. Et puis, Poudlard est le lieux le plus sûr de Grande Bretagne. Il faut absolument qu'il reste là …

- D'autant plus que l'attentat du Poudlard Express le visait particulièrement, ajouta le professeur McGonagall gravement.

Ils restèrent tous un moment saisi, se repassant sa phrase en boucle dans leur tête, jusqu'à ce que Severus se reprenne le premier :

- Vous aviez dit qu'il s'agissait d'un accident ?

- Qu'est-ce que vous vouliez que je leur dise d'autre ? Contra le professeur McGonagall. Le viaduc s'est écroulé à l'aide d'explosifs moldus à l'heure exacte de passage habituelle du train. La seule chose qui a évité un drame absolu c'est que le Poudlard Express avait trois minutes d'avance, ainsi que je l'avais demandé au conducteur.

- Vous aviez demandé ? Pointa Remus.

- Oui, Remus, je l'avais demandé. Un pressentiment, un don exceptionnel de divination pendant deux secondes, ou ce que vous voulez m'avait fait faire cette recommandation.

- Vous avez également dit que cet attentat visait particulièrement le jeune Harry ? intervint le professeur Slughorn d'un air préoccupé. Mais qu'a donc t'il fait pour être poursuivi ainsi ?

- Oh, la revendication qui est arrivée au Ministère à l'heure de l'explosion ne laissait aucun doute sur ce sujet … Et M. Potter a le don de se retrouver en travers du chemin de Vous-Savez-Qui, et surtout de contrer ce dernier, cela me semble une raison suffisante ! Tout ceci pour vous convaincre que nous devons absolument tout mettre en œuvre cette année pour la sécurité de tous. Les idées du Ministère ne me plaisent pas : ils veulent interdire toute sortie à Pré-au-Lard, le Tournoi de Quidditch, les cours de Soins aux Créatures magiques, et c'est tout juste s'ils ne me demandent pas de barricader la porte d'entrée du château !

- Mais enfin, ça va être une révolution parmi les élèves si on les prive de tout ça ! Sans compter ceux qui préparent les Buses et les Aspics de Soin des créatures magiques, s'indigna le professeur Flitwick. Ils ont déjà ces nouveaux cours de duel pour leur rappeler sans cesse, car il ne faut pas non plus les prendre pour des imbéciles, qu'on les prépare à survivre en temps de guerre, sans en rajouter plus !

- C'est bien pour cela que je vous ai réunis : pour vous faire part de ces idées de Ministère, et recueillir vos propres idées pour conserver aux élèves leurs distractions tout en assurant leur sécurité. Je vais vous laisser deux jours y réfléchir et en discuter entre vous et avec moi, puis nous ferons le point pour faire des contre-propositions pour le Ministère. Maintenant, je ne vous retiens pas, à l'exception de vous, Remus.

Lucius et Severus se regardèrent, mais ils ne pouvaient pas, sous peine de paraître suspects, demander la raison pour laquelle la directrice retenait Remus en particulier.

Les pensées de Lucius tourbillonnaient : interdire à Harry toute sortie extérieure, toute activité en dehors du château était extrêmement tentant. Cela aurait pour avantage de garantir sa sécurité. Seulement, compte-tenu de sa réaction de la veille concernant son simple déménagement de dortoir, il ne faisait aucun doute qu'il allait leur exploser à la figure si on le privait de tout ça ! Dès que les trois autres professeurs furent un peu éloignés, comme en écho à ses pensées, Severus murmura

- On ne peut pas le priver de tout ça, sinon, soit il explose, soit il quitte purement et simplement le château. Et dans son état d'esprit actuel, je ne suis pas sûr qu'il nous informe de sa destination …

- On pourrait toujours mettre une trace sur lui, émit Lucius avant de se rectifier lui-même, mais s'il s'en aperçoit je suis mort, et pas au sens figuré !

- La trace n'est pas une mauvaise idée, rétorqua lentement Severus, mais effectivement, il faut le prévenir, qu'il en soit conscient. Je ne sais pas trop ce qu'il va nous demander en contrepartie, mais c'est un coup à tenter …

- C'est le monde à l'envers, grommela Lucius, d'habitude, c'est moi qui demande la contrepartie !

- Oui, mais c'est en retombant dans nos habitudes, et en oubliant qu'on voulait le surprendre qu'il nous a explosé à la figure, rétorqua sèchement Severus. Il faut tenter de le convaincre que c'est non seulement pour sa sécurité, mais également pour celle des autres, et être franc sur ce qui s'est passé hier.

- Tu veux le culpabiliser, énonça Lucius.

- Non ! Enfin, si oui, peut-être un peu ! Mais enfin, je n'y peux rien si ce gamin a le pire mage noir du siècle aux fesses, moi ! Lui ne pense visiblement qu'à tenter de l'anéantir, au mépris même de sa vie, je pense que c'est à nous de nous préoccuper un peu plus de sa vie. Quitte à utiliser Ron et Hermione à cet effet !

- En leur disant la vérité ?

- Au maximum.

- Jamais je n'ai agit comme ça, grommela Lucius.

- Moi non plus, mais notre fonctionnement habituel peut nous porter préjudice avec lui. Tu n'as pas vu l'état du bureau d'Albus la nuit du Ministère, Lucius, moi, si. Dévasté est le mot le plus approprié, tout ça juste parce qu'Albus ne lui avait pas tout dit … Tu es beaucoup plus fragile qu'un simple bureau. En plus il peut te faire bien plus de mal avec de simples paroles qu'avec sa baguette ou même sa magie brute !

- Et tout ça ne résout pas le problème de savoir ce qu'il cherche, pesta Lucius.

- Pour ça, je te jure que je vais retourner le château sous prétexte de le connaître mais je vais trouver où Dumbledore a demandé à Minerva d'accrocher son tableau ! Enfin, c'est fou ça, c'est le seul directeur à ne pas être accroché dans le bureau directorial !

Lorsqu'ils arrivèrent dans la Grande Salle pour y manger, leur regard se porta aussitôt vers la table des Gryffondor pour y repérer Harry et Drago. Ce dernier semblait détendu, mais l'œil avisé de Lucius remarqua la légère crispation de son sourire, très certainement dû au babillage incessant de Seamus et de Ron. Harry, lui, était nettement plus sombre en parcourant la Gazette.

Il avait la conviction que l'attentat avait manqué de peu le Poudlard Express, quoiqu'en dise le professeur McGonagall. Etait-ce le train qui était en avance ou les mangemorts avaient-il manqué leur coup ? Impossible pour lui de répondre à cette question, mais la coïncidence était un peu trop grosse. Pourtant, personne ne savait qu'il était dans le Poudlard Express, alors quoi ? Voldemort était-il si désespéré de le tuer qu'il y allait à l'aveuglette, risquant par là même la vie d'enfants de mangemorts ? Mais d'un autre côté, si c'était Voldemort qui avait commandité cette attaque, comment cela se faisait-il qu'il n'ait pas ressenti sa rage devant ce nouvel échec ? Il fut tiré de ses pensées sombres par Drago qui lui dit gentiment :

- Harry ? Nous avons le cours de mon père dans dix minutes …

Si Harry resta deux secondes sans voix, c'est qu'il avait un peu de mal à se faire au fait d'entendre un Drago lui parler gentiment. Et qu'il avait tout de même tendance à oublier royalement le plan de Lucius. En bref, il était toujours à deux doigt de le rembarrer, ou de se moquer de lui, et il ne pouvait que bénir le sort astucieux de Severus qui transformait tous ses « Drago » malencontreux en « Jack ».

- Ah, oui … Métamorphose, finit-il par lâcher. D'accord, s'il faut y aller …

Ils sortirent de la salle accompagnés de Ron et Hermione qui riaient sous cape en observant leur manège. Très sincèrement, le jour où les autres élèves apprendraient, il y aurait des syncopes ! D'un œil extérieur, Hermione pouvait reconnaître que Drago jouait parfaitement son rôle et Harry … ma foi jouait le sien également à la perfection sauf qu'il ne le faisait pas du tout exprès ! Maintenant, il lui tardait, à elle, de voir Lucius en professeur pour une classe entière …

Lucius, lui, attendait de pieds ferme cette classe de septième année où toutes les maisons étaient mélangées. Il savait qu'il allait devoir se méfier de lui-même pour ne pas laisser transparaître ses sentiments pour Harry, mais d'un autre côté, il pourrait également se permettre une complicité de bon aloi avec Drago. Pour obtenir un silence complet dans la classe alors que les gryffondors et les serpentards se murmuraient des menaces, il prit tranquillement la petite souris qui était devant lui, d'un coup de baguette la métamorphosa en petite cloche d'argent avec de petites ailes blanches qui vint tinter aux oreilles de tous les bavards. Le fait qu'il avait sciemment posé sa baguette pendant que la cloche faisait le tour de la classe n'échappa pas à certains, pour son plus grand plaisir. Une fois le silence fait, il dit tranquillement :

- Je suis ravi de constater que ma petite clochette vous a fait taire, mais je dois vous signaler qu'elle vous tintera de plus en plus fort aux oreilles si vous n'êtes pas capables de vous taire en entrant dans ma classe. Nous avons un programme extrêmement chargé pour les Aspics qui implique beaucoup d'attention de votre part. Comme vous le savez, ou au moins vous le devriez, nous allons voir beaucoup de métamorphose animée, ainsi que sur les sortilèges d'apparition. Qui peut me dire ce qu'est la métamorphose animée ?

Il soupira intérieurement en constatant que seule Hermione levait bien haut sa main, et jeta un œil courroucé à Drago qui connaissait tout de même de nom cet art là !

- Miss …

- Granger, répondit promptement Hermione. La métamorphose avancée est l'art de transformer des objets ou des êtres vivants en objets dotés d'une capacité propre de déplacement et également parfois d'un objectif à réaliser. Par exemple votre clochette devait être enchantée pour tinter aux oreilles de chaque bavard de la salle. Une fois le sort effectué, le lanceur n'a plus à se soucier de l'objet.

- C'est une définition assez brute, mais très juste, Miss Granger. Ceci dit, je tiens à vous faire remarquer que l'accomplissement d'un objectif complexe ne vous sera pas demandé pour votre Aspic, nous serons déjà très heureux si vos métamorphoses sont parfaites en terme d'objet produit, doté d'une capacité de déplacement et capable d'atteindre un objectif simpliste. Avant de commencer à animer vos métamorphoses, je veux cependant voir vos capacités de transformation. Vous allez donc prendre chacun une souris et la transformer en l'objet de votre choix. Il va sans dire que vous n'êtes plus des gamins et que personne ne va laisser échapper sa souris car je ne pense pas que vous apprécierez le genre de représailles dont je suis capable face à de tels enfantillages.

Lucius avait donné sa mise en garde avec le sourire mais il eut la satisfaction de constater que la majorité des élèves le regardait maintenant avec un légère lueur d'appréhension dans le regard. Bon, bien sûr Drago le fixait assez crânement, mais c'était le genre d'attitude qu'il pouvait laisser passer tant qu'il n'ouvrait pas la bouche.

Au bout de deux heures de cours, il vit sortir sa classe avec beaucoup de plaisir : certes, leurs métamorphoses s'étaient révélées assez simple, mais tout le monde avait pu produire des objets assez complexes. Et il avait pris beaucoup de plaisir à se rapprocher légèrement d'Harry sous prétexte de surveiller sa métamorphose et ainsi relâcher très légèrement son attraction. Il n'était même pas sûr que son jeune compagnon en ait eu conscience, mais lui savait que sa magie agirait en conséquence sur le jeune homme. Bon, maintenant, à son grand désespoir, il lui restait les trois paquets de parchemins donnés par Minerva à chacune de ses classes à corriger. Merlin, il en aurait bien pour la soirée ! Enfin … peut-être pas s'il respectait quelques règles basiques : au bout de cinq fautes d'orthographe, il arrêtait sa lecture, au troisième contresens également, enfin bref, les règles indispensables de la survie d'une copie devaient être respectées ! C'était ce qu'il avait inculqué à Drago et qui avait parfaitement marché, il ne voyait vraiment pas pourquoi il s'en priverait désormais !