Hey les gens !
Un nouveau chapitre apparaît. Un peu plus court que d'habitude mais c'est vraiment un chapitre de transition. Les prochains seront plus longs promis !
Sur ce point de blabla : je vous souhaite une bonne lecture.
CHAPITRE 28 : HOT LITTLE HANDS
Le soleil s'empourprait derrière les montagnes d'Okinawa. Un vent mélodieux aux relents d'erhu froissait le feuillage émeraude des immenses forêts humidifiées par les récentes pluies.
Le corps empreint de poussière, de sang et de sueur, ce fut à l'abri d'un grand érable que les survivants reptiliens et leur rescapée humaine décidèrent de se reposer. Non loin d'un ruisseau au murmure apaisant et enrobé de crissements d'insectes nocturnes, les quatre guerriers songèrent qu'il s'agissait là de l'endroit idéal : assez éloigné de leurs ennemis avec juste ce qu'il faut de bruit pour leur rappeler avec nostalgie leur New-York.
Car oui, quand on est une tortue ninja qui a vécu dans une aussi grande ville toute sa vie, vivre dans le silence total peut être angoissant : entre le vrombissement du métro, de la circulation et les rumeurs lointaines de la vie qui s'écoulait dans la Ville qui ne dort jamais, les quatre guerriers n'avaient jamais vraiment eu de répit, si ce n'est dans leur dojo agrémenté de bonsaï et aux murs décorés de motifs qui leur rappelaient étrangement l'endroit où ils se trouvaient actuellement.
Après la colère inexplicable qu'avait réveillé en eux le gaz toxique, toute leur énergie était retombée d'un coup comme si elle avait sauté d'une falaise. Ainsi, épuisés, Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo ne purent retenir un soupir de soulagement, de même que Kessie et Leatherhead lorsqu'ils s'agenouillèrent sur la mousse tendre, humide et délicieusement odorante. Trop fatigués pour marcher jusqu'à la ville, ils élurent tout naturellement cet endroit comme leur berceau pour la nuit.
Tout naturellement, un petit campement de fortune s'était monté. Assise sur un rocher rongé par le lychen, les cheveux lâchés en désordre sur ses épaules poussiéreuses et réchauffée par une couverture en laine que Raphael lui avait donné, elle regardait d'un air évaporé le campement qui se construisait sous ses yeux.
Raphael et Leonardo revenaient du bois voisin où ils avaient ramassé des fagots de branches pour faire un feu tandis que Donatello (qui décidément avait de tout prévu dans l'attirail sur sa carapace) érigeait des tentes et plantait des sardines métalliques dans le sol à l'aide d'un maillet (spectacle que Kessie se surprit à regarder étrangement longtemps). Sa curiosité redoubla lorsqu'elle aperçut Michelangelo et Leatherhead, adossés contre le tronc de l'érable. Le jeune mutant au masque orange qui était bien plus petit que son interlocuteur était cependant bien moins calme : en effet, tenant entre ses six doigts une tablette piquée à son frère Donnie sur laquelle défilait le premier épisode de Lost, Mikey souriait de fébrilité à Leatherhead alors qu'il expliquait joyeusement, en vrai moulin à parole :
- ...Et là en fait tu vois, leur avion s'est crashé. Nous aussi on est venus en avion jusqu'ici, mais heureusement qu'on s'est pas écrasés sur une île déserte sinon on aurait été mal barrés ! Surtout qu'eux ils sont sur une île vraiment chelou, mais bon je vais pas tout te raconter, déjà que j'ai pas capté la fin... Bref, lui tu vois c'est Jack Shepard ! Ouais non c'est pas le Shepard dans Grey's Anatomy hein. Tu connais Grey's Anatomy ? Raph se fout de moi en disant que c'est une série pour filles mais c'est super cool, en vrai ! Et c'est pas non plus le Shepard dans Mass Effect. T'as pas l'air d'avoir joué beaucoup aux jeux vidéos dans ta vie, j'me trompe ? T'inquiète, quand on sera au repaire, j'te montrerai ! Ah ! Regarde ! La jolie brunette canon c'est Kate ! Elle est super cool aussi, elle me fait un peu penser à Kessie d'ailleurs dans le côté « j'suis une fille forte et indépendante et je laisse personne me dire ce que je dois - »…...AIEUH ! RAPH ! CA FAIT MAL, LES BRANCHES D'ARBRES SUR LA TETE ! C'EST PAS COOL BRO !
- ...ça t'arrive jamais de la mettre en veilleuse ? grommela Raphael en jetant plus loin la fine branche qu'il avait cassé sur le crâne d'oeuf de son benjamin de frère.
Kessie secoua doucement la tête à cette scène, mordant sa lèvre inférieure pour dissimuler son rire intérieur.
Tout cela lui avait tant manqué…
Plus tard, lorsque les tentes furent montées et qu'un feu flamboyant et réconfortant fut planifié en plein milieu du campement, le petit groupe mangea à sa faim, réchauffant une pizza que Donatello avait réussi à conserver au frais et à partager avec tout le monde. Tenant entre ses doigts abîmés la croûte enduite de sauce tomate et de fromage dont l'odeur emmêlée constituait une véritable revivance lorsque l'on n'a plus rien à manger depuis des jours comme ce qu'elle a pu vivre dans sa cellule, Kessie sentit dans l'air un sentiment étrange : celui de l'apaisement. Le calme après la tempête. Assise à côté de Donnie, toujours enveloppée dans sa couverture en laine rouge, Kessie dévisagea tour à tour les visages des mutants à travers les flocons ocres et rougeâtres qui flottaient dans l'air et s'évanouissaient un peu plus haut après avoir tournoyé depuis le foyer. Tous semblaient figés et luisaient à la lueur des flammes comme de la cire de bougie, comme crispés, n'arrivant pas à croire ce qui leur arrivait : ils étaient là, à l'autre bout du monde de leur vie natale...et ils avaient réussi à réchapper de la mort leur coéquipière. De plus, ils s'étaient fait apparemment un nouvel allié, lequel était assis maladroitement en tailleur et mangeait tranquillement sa part de pizza.
Après quelques minutes de silence seulement brisées par le crépitement du feu auréolé de bleu et de vert, Leonardo se racla la gorge, tâchant de le briser en prenant la parole :
- Leatherhead...je sais que tu viens tout juste de quitter le repaire de Krang...mais on est obligés de te poser des questions quant à son plan…
Leonardo ne sut si c'était à cause de la lueur des flammes mais il crut à ce moment voir les yeux de Leatherhead devenir littéralement translucides tandis que la recourbure de ses mâchoire s'entrebailla, laissant ainsi apercevoir le tranchant de ses molaires.
- ...C'est pour cela que vous m'avez demandé de venir avec vous ? Pour me soutirer des informations ? maugréa l'alligator.
- Mais non ! protesta aussitôt Michelangelo en posant rapidement une main sur son épaule, faisant cliqueter ses bracelets entre eux par ce geste. T'es quand même mieux avec nous que dans cet endroit sinistre non ? Et puis, ces gars ont un plan diabolique ! Apparemment ils veulent nous muter ou un truc dans le genre pas vrai Donnie ?
- Oui, répondit Donnie d'une voix sombre, le regard encore rougi mais néanmoins reposé bien que brillant d'inquiétude. Krang veut transformer tous les humains de cette planète en mutants apparemment.. afin de pouvoir permettre aux mutants de coloniser la terre et d'être débarrassés de la race humaine…
- C'est bien ça ? Demanda Leonardo en plissant les yeux.
Un grognement fit gonfler les écailles sur son dos, mais plus par bestialité que par agacement, tandis que Leatherhead acquiesçait lentement.
- Oui... Il a mené tant d'expériences horribles…Tous ces new-yorkais… tous ces gens qu'il a enlevé, des femmes, des hommes, des enfants… il leur a fait subir t-tant d'atrocités…
C'était un étrange spectacle pour les quatre mutants ainsi que Kessie de voir cette immense bête dotée d'une peau cuirassée et d'une musculature à toute épreuve ainsi trembler rien qu'à l'évocation de ces souvenirs.
- Est-ce que tu sais où sont ces gens ? demanda Michelangelo en frottant tendrement sa main potelée sur l'épaule de leur nouvel ami, les yeux plissés par la tristesse.
- …A New-York…Dans le technodrome…
Clignant des yeux, les quatre mutants se dévisagèrent les uns les autres, surpris.
- Le techno-quoi ? bougonna Raphael en fronçant les yeux à l'ombre de son masque rouge sang.
- Le technodrome. C'est le vaisseau de cette pourriture de Krang. Une immense machine de guerre qu'il a construite sous terre et qui émergera de la ville une fois que Krang aura tout le mutagène qu'il veut.
- Attends…je croyais que les opérations avaient eu lieu ici ? demanda Leonardo.
- En réalité, elles avaient lieu à deux endroits différents. Les humains étaient enlevés à New-York et torturés à New-York…mais ici, Krang disposait dans le repaire des Foot d'un large éventail scientifique qui lui a permis de surbooster sa production de mutagène. Apparemment, c'est son mutagène qui va être la clé de tout… des cargaisons de mutagène devaient ensuite être envoyées d'Okinawa à New-York pour alimenter le technodrome et lancer le projet Renaissance…
Ecarquillant les yeux, Leonardo, croyant comprendre de quoi il en retournait, murmura :
- …donc…ces cargaisons de mutagène…le projet Renaissance, c'est…
- la mutation de tous les habitants de New-York. Puis du continent américain. Puis de la planète.
C'était Donatello qui avait parlé ainsi, le visage si sombre que même le feu devant lui n'arrivait à l'éclairer.
Le cœur battant soudain à vive allure, Leonardo jeta un œil instinctif vers le ciel étoilé puis le rabaissa vers Leatherhead.
- …Quand étaient sensées partir ces cargaisons de mutagène Leatherhead ?
Leatherhead n'eut pas le temps de répondre qu'un bruit assourdissant leur vrombit au-dessus de la tête ainsi que dans leur crâne, tant qu'ils furent obligés d'appuyer leurs mains sur leurs oreilles.
Les dents crissées par la douleur insupportable que réveilla en elle ce bruit monstre, Kessie se força néanmoins à relever les yeux, de même que les mutants autour d'elle.
Le petit groupe vit distinctement un énorme avion voler à ras-du-sol, à peine une vingtaine de mètres au-dessus de leur tête, provoquant des bourrasques dans la végétation autour d'eux, faisant valser et frémir les feuilles. Quand l'avion s'évanouit dans une marée de nuages ténébreux, les quatre guerriers se redressèrent instinctivement tandis que Leatherhead marmonna la réponse que personne ne voulait entendre.
- …aujourd'hui.
Désemparés, les tortues ninja sentir leur sang se glacer dans leurs veines.
Cet avion partait direction New-York…pour le détruire.
- Donnie, renseigne-toi sur le prochain avion qui part pour New-York. On doit rentrer le plus vite possible, lâcha Leonardo d'une voix grave et sombre, ses yeux bleus scindant l'avion qui disparaissait au plus loin, serrant amèrement ses poings égratignés.
Un froid d'acrylique s'était emparé des deux heures du matin dans lesquelles s'était endormi le petit groupe. Ou du moins, certains d'entre eux.
Donatello s'était proposé pour monter la garde. Ainsi, il observait les cendres tourbillonner dans le crépitement argenté des braises qui s'étaient également endormies au centre du cercle d'endormis que formaient leur bande d'étrange aliens.
« Alien »… Oui, c'était bien ce qu'ils étaient et Donatello en avait eu la conviction après leur entretien avec l'abominable Krang. S'il venait bien d'une autre planète et était à l'origine de leur création, alors eux-mêmes venaient d'ailleurs… Oui, même si ce simple mot lui donnait un goût acre au fond de la bouche, ils étaient bien des aliens ou en tout cas s'y rapprochaient dangereusement. Peu importe combien ils pouvaient essayer, ils ne pourraient jamais s'intégrer. Condamnés à jamais à la solitude et à la tristesse de leur existence marginale.
« En quoi sommes-nous bien différents de lui ? Avec notre peau verte et nos allures étranges, nous avons tous d'extraterrestres aux yeux des humains… » songeait Donatello avec la certitude grandissante à ces pensées que la planète Terre n'était effectivement pas et ne serait jamais un endroit où ils pourraient être heureux.
Des larmes scintillantes firent briller ses yeux ambrés autant que les étoiles qu'il admirait mélancoliquement, se posant un sempiternel flot de pensées sur la raison de leur existence absurde… Si Krang était bien à l'origine de leur existence, en quoi avait-elle un sens.. ? S'ils étaient le produit d'un être aussi mauvais cherchant à anéantir toute forme de vie non mutante, comment pouvaient-ils prétendre aux yeux de qui que ce soit vouloir le bien de l'humanité ?
Alors qu'une fois encore les questions assaillaient son cerveau tourmenté par ses questionnements sans fin, un ronflement le tira de ses réflections, si bruyant qu'il fut surpris qu'il ne vienne pas de Raphael.
Il venait de Kessie, allongée sur ses genoux, qui dormait paisiblement, sa joue éraflée écrasée contre son genou osseux.
Cette simple vision eut le don d'apporter un petit sourire au coin des lèvres de Donatello.
- ...ça va frangin ?
Manquant de sursauter au son bas de cette voix grave, Donatello se retourna vivement vers son frère dont les ombres nocturnes dessinaient la musculature et mettaient en relief son regard bleu si perçant. Comme d'habitude, ses pensées l'avaient tant accaparé qu'il n'avait pas vu son frère arriver vers lui.
- Oui et toi ? murmura Donatello dans un faible sourire.
Bien qu'acquiesçant dans un silencieux mouvement d'épaules indiquant silencieusement qu'il n'arrivait pas à dormir, Donatello vit clairement une ombre passer dans les yeux de son frère.
- ...dis-moi...tu te rappelles de ce que tu m'as dit dans la cellule.. ? dit Leonardo en s'asseyant silencieusement aux côtés de son frère, reposant ses coudes blessés sur ses genoux à la peau épaisse, ridée et abîmée.
S'interrogeant intérieurement sur la raison de cette question étrange, le mutant au masque violet plissa confusément les yeux derrière le verre de ses lunettes trop grandes pour lui.
- Non...à vrai dire je me rappelle pas grand-chose, bredouilla confusément Donatello. Même s'ils se sont dissipés, les effets du gaz ont sûrement du affecter mon…
- Tu m'as dit « j'aime Kessie et je t'emmerde ».
Sans se soucier de l'interrompre, Leonardo le regarda dans les yeux, gardant un visage aussi impassible que celui d'une statue. Ce dernier fut tenté d'esquisser un rictus en voyant l'air décomposé et dévasté de son frère qui ressemblait à celui d'un enfant à qui l'on aurait volé son doudou pour lui donner une baffe avec.
- ...j-j'ai dit ça, moi ? balbutia Donatello en rivant son regard vers le sol, mal à l'aise.
Leonardo ne répondit que par une approbation qui ne nécessitait pas de mot.
Les lèvres serrées, il se contenta d'observer son frère qui, très mal à l'aise, n'osait désormais plus le regarder et fixait les braises face à lui comme s'il s'agissait de la chose la plus intéressante du monde, confirmant là ses pires craintes quant à ce sujet si sensible.
Aussi, Leonardo fronça les sourcils, le regard si insistant que Donnie pouvait presque sentir la froideur de ses yeux sur sa peau écailleuse, murmurant avec une gravité sans précédent :
- Donnie...c'est une humaine…
- Je sais, répondit Donatello en baissant les yeux, trop honteux pour les relever.
- Et tu es un mutant…
- Je sais.
- Tu sais très bien ce que Splinter nous a dit à propos de…
- Je sais ! s'écria Donatello en se prenant la tête entre les mains, les dents serrées et les yeux plissés.
Après un silence lourd comme un sac de pierres, Leonardo dévisagea gravement son frère.
- Je sais que c'est contre-nature...je sais très bien ce que tu dois penser de moi. Que je dois te dégoûter...m-mais c'est comme ça Léo…
- ...tu ne me dégoûtes pas Donnie. C'est juste...je m'inquiète pour toi.
Abaissant les yeux, un soupir profond et chargé de tristesse échappa les lèvres de Leonardo qui perdit son regard dans les âcres du feu.
- Splinter nous avait prévenu que ce genre de choses pouvait arriver...cette attirance… Mais il nous a bien défendu de nourrir quelque espoir à ce sujet, tu es au courant aussi bien que moi. Notre rôle de ninja est aussi d'abolir tout espoir d'avoir une quelconque relation avec qui que ce soit.
Agacé par cette insensibilité apparente que son grand frère a pris l'habitude de simuler et conscient que cette attitude de donneur de leçons n'est qu'encore une autre carapace qu'il porte, Donatello ne put s'empêcher de lui faire remarquer avec une amertume qui contrastait avec la douceur de sa voix trahissant une profonde tristesse :
- ...Ah bon ? Parce que tu y arrives, toi ? A faire comme de rien ? Tu n'aimerais pas vivre ça, toi… ?
Les yeux de Leonardo dévisagèrent Donnie, ronds comme deux billes. Il ne s'attendait clairement pas à ce que son frère le prenne ainsi à part.
- Moi.. ?
Leonardo secoua la tête et baissa les yeux en soupirant tristement.
- Je n'en sais rien Donnie... Je suppose que oui...ça doit être un sentiment merveilleux...de pouvoir être...enfin...et que quelqu'un puisse...
Sentant sa voix légèrement trembloter, il réfugia son nez entre ses mains pour étouffer un grognement de frustration sous l'oeil attristé de Donatello.
- Je veux dire...Est-ce qu'elle t'aime Donnie.. ? dit ensuite l'aîné en se tournant vers son frère d'un mouvement doux et bienveillant mais extrêmement sérieux et concerné. Je veux dire...elle te l'a verbalisé ?
Après un coup d'oeil tendre vers sa guerrière qui se reposait, Donatello esquissa un faible sourire avant de se retourner vers son frère en acquiesçant.
- Oui… Et plus que ça...elle me l'a prouvé plusieurs fois…
Leonardo fixa longuement son frère avant de se redresser.
- Ecoute... Je sais que tu es raisonnable et...j'ai beau être le leader, je ne peux pas contrôler ta vie ni t'ordonner de faire quoi que ce soit qui te rendrait malheureux...Mais si je peux te donner un conseil, ne fais rien que tu risques de regretter...Tu risques de te détester pour ça...
Les mots de son frère crispèrent légèrement Donnie qui ne décrocha pas son regard ambré du sien, comme s'il prenait le temps d'assimiler la tenue de ces mots... Ce qu'ils signifiaient superficiellement...intrinsèquement...algébriquement...sémantiquement...
" Tu risques de te détester pour ça... "
Donatello sentit une vague de tristesse incommensurable lui remonter depuis l'intérieur des tripes jusqu'à enserrer sa gorge alors qu'il regardait profondément l'humaine endormie avec tant de confiance sur ses genoux. Son regard fit un aller-retour instinctif entre son visage si paisible malgré les nombreuses blessures qui le parsemaient et ses doigts qui osaient la caresser inconsciemment... ces trois doigts verts recouverts d'une peau écailleuse et rugueuse. Cette difformité qui prouvait bien que lui et elle n'étaient pas du même monde.
Le coeur serré, Donatello passa ses mains sous la tête de Kessie et se releva en la laissant doucement retomber sur les couvertures qui jonchaient le sol, se dirigeant vers son sac de couchage éloigné du feu sous l'oeil affligé et mélancolique de Leonardo.
Et voilà ! Mine de rien on se rapproche de la fin...plus que quatre chapitres...
En espérant que le chapitre vous a plu et que la suite vous plaira, je vous dis à la prochaine !
