NOTE : • Chewre fait un boulot de titans :o

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POUR LE CHAPITRE : • T

• POV DEREK

• Angst


- CHAPITRE VINGT-HUIT – COMPLICATIONS -

VANIC X ZELLA DAY – Hypnotic

Il n'était pas du genre à s'embrouiller facilement, ni du genre à perdre le fil des événements dès les premiers imprévus. Mais même ainsi, il avait été pris de court. Rien ne l'avait préparé à cette soirée, tout simplement parce qu'elle avait commencée comme toutes les autres. Il était rentré du travail éreinté, après une vidéoconférence avec des investisseurs étrangers, vidéoconférence qui s'était soldée par un nouveau contrat. Il était donc de bonne humeur, et même quand il n'avait pas trouvé Sarah et Stiles dans le salon, il ne s'était pas inquiété. Il les avait trouvés tous les deux endormis dans son lit et, après avoir déposé Sarah dans le sien, il avait mis en route son disque préféré pour la réveiller en douceur. Puis il avait rejoint son amant pour le sortir de son sommeil, et cela avait pris une tournure plutôt agréable. Voire même TRÈS agréable.

Et Stiles l'avait embrassé. Il l'avait embrassé comme si sa vie en dépendait, comme si le monde en dépendait, le plongeant dans un océan d'émotion, dans un tumulte grandiose et surpuissant.

Mais on avait sonné à la porte, et tout s'était effondré. Stiles avait bondi hors du lit comme s'il était fait de braise, l'air perdu et terrorisé. Et quand on avait sonné encore une fois, il avait disparu, comme ça, aussi rapidement qu'un courant d'air, ne laissant pas à Derek le temps de réagir. Lorsqu'il le fit enfin, ce ne fut que trop tard : Stiles avait déjà quitté l'appartement.

Derek déglutit et se frotta les yeux en respirant fortement, cherchant un peu d'air afin de calmer ses ardeurs, son esprit, son cœur. À calmer tout son corps, en somme.

Mais il n'était pas fou, Stiles l'avait embrassé. Ce qui ne voulait dire qu'une chose pour lui : Il voulait plus. Bon eh bien, il n'avait plus qu'à-

Hey, attendez une minute... Quoi ?

Il se redressa dans son lit.

Oh mon... il l'avait embra... Stiles voulait plus. Oh mon Dieu, il voulait plus !

Et l'abruti qu'il était l'avait laissé filer, sans rien dire ?

- Merde !

Comme Stiles quelques minutes plus tôt, il sauta sur ses pieds et se rhabilla tout en grognant contre lui-même pour être un tel idiot : Il n'avait pas fait mine de vouloir réagir et le plus jeune avait pris la fuite... Et à présent il comprenait sa réaction, putain. Stiles devait l'avoir mauvaise, prenant sûrement son manque de réaction pour un rejet… ou un regret, qu'en savait-il exactement ? En tout cas, Derek ne pouvait pas lui en vouloir... Enfin, si, un peu quand même. Le jeune homme aurait au moins pu lui laisser le temps de reprendre ses esprits. Mais il ne l'avait pas fait, et désormais il fallait que Derek arrange ça, au plus vite. Parce que... Eh bien, maintenant que Stiles semblait enclin à lui accorder ce qu'il voulait - et il le voulait lui, dans sa vie, et pas seulement en tant que simple baby-sitter - il n'allait pas laisser passer cette chance.

Il se précipita donc dans le salon pour récupérer son téléphone portable sur le comptoir de la cuisine, afin de l'appeler. Mais alors qu'il glissait le téléphone à son oreille après avoir lancé l'appel, la sonnette retentit une nouvelle fois.

Trois choix s'offraient à lui.

Cela pouvait être la personne envers laquelle il avait en ce moment même des envies de meurtre. Puisque, après tout, c'était à cause de celui ou celle qui avait sonné un peu plus tôt et qui les avait brutalement sortis de leur transe en mettant fin à leur moment, c'était à cause de cette personne que Stiles s'était brutalement écrasé sur terre et était parti

Ou bien, c'était Stiles qui revenait, pour lui donner une nouvelle chance... ou bien, il avait oublié quelque chose, mais c'était peu probable.

Ou enfin, c'était une tierce personne, et à ce moment-là, son appartement commençait vraiment à devenir beaucoup trop fréquenté à son goût.

Le téléphone collé à son oreille, il grogna en allant ouvrir la porte.

Et finalement, c'était à ça qu'il était le moins préparé.

- Bonjour, chéri. Tu as changé les serrures à ce que je vois.

Là, devant lui, souriant de cet air enjôleur qui l'avait fait craquer des années plus tôt, Kate le regardait et semblait apprécier la vue. Puis, comme si c'était tout à fait normal qu'elle soit là, elle lui fit un clin d'œil et le bouscula pour rentrer.

- Comment vas-tu ? Lui demanda-t-elle de l'intérieur.

Derek reprit pied avec la réalité et claqua la porte.

- Qu'est-ce que tu fais là ?! S'exclama-t-il en se précipitant dans le salon.

La belle blonde, celle-là même qu'il avait d'abord aimée brièvement, puis supportée le reste du temps, analysait la pièce d'un œil critique, et la moue qu'elle arborait prouvait qu'elle n'appréciait pas du tout. Et bien, dommage, elle n'habitait plus ici !

- Je t'ai posé une question, Kate. Ragea-t-il en lui attrapant le bras afin de la tourner vers lui.

- Aïe ! Doudou, tu me fais mal ! Déclara-t-elle en se dégageant de sa poigne.

Derek grinça des dents en serrant les poings.

- Premièrement, j'ai toujours détesté ce surnom. Deuxièmement, tu as perdu le droit de me donner des petits noms depuis un bon moment déjà. Et enfin, je t'ai posé une question ! Déclara-t-il froidement.

Il la fixait, tandis qu'une partie de lui se demandait s'il n'était pas en train de cauchemarder. Elle, haussa simplement un sourcil parfaitement dessiné et s'approcha de lui pour tenter d'enlacer ses épaules. Son odeur le prit à la gorge. Même après toutes ses années, elle portait toujours le même parfum : quelque chose de trop sucré, aux effluves de citron, de citron vert peut-être, qui lui donnait presque la nausée.

- Tu m'as manqué, tu sais. Minauda-t-elle.

Il la repoussa, effaré par son comportement désinvolte.

- Mais qu'est-ce que tu crois faire là, exactement ?!

- Quoi ? Je ne peux pas dire proprement bonjour à mon mari ? Questionna-t-elle en penchant la tête sur le côté, cherchant à l'attendrir.

Derek n'en croyait pas ses yeux, ni ses oreilles. Un rire nerveux le secoua alors qu'il se frottait le visage pour se remettre les idées en place.

- Non, je suis en train de rêver, c'est pas possible... grinça-t-il des dents.

Un nouveau rire.

- Oh mais bien sûr, je sais : C'est une blague de merde pour le premier avril, c'est ça ? Putain, tu m'as presque eu. Presque. Maintenant, tu peux te casser, parce que ça ne me fait pas rire.

Il se détourna d'elle, en allant dans la cuisine se servir un verre d'eau dans l'espoir vain de se sortir de ce cauchemar. Sauf que ce n'en était pas un, au sens premier du terme. Et c'était bien ça, le problème.

- Ce que tu peux être grognon. Soupira-t-elle. Tu fais l'étonné, mais je t'avais dit que j'étais une personne qui a besoin de respirer de temps à autre, de prendre du recul.

Derek se retourna, trop soufflé pour répondre.

- Et puis, de toute façon, je t'avais laissé un mot. Soupira-t-elle comme si quelques phrases allaient tout excuser.

- En effet. Reconnut Derek. Tu m'as laissé un mot.

Il se rapprocha d'elle, menaçant.

- "Il n'y a plus de sel, je reviens.", fin de la citation.

- Eh bien oui, c'est un mot comme un aut-

- DEUX ANS, KATE ! J'espère au moins que tu es allée le chercher à pied directement au fin fond des abysses, ton putain de sel !

Kate le fixa quelques instants avant de sourire, amusée.

- Ooowh, mais c'est que je t'ai manqué. Crut-elle constater.

- Ne te donne pas tant de crédit. Cracha-t-il, se demandant ce qu'il avait bien pu lui trouver à l'époque. Je réitère ma question : qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'as plus d'argent ? Tu viens quémander une rallonge ?

- Derek ! L'argent ne m'intéresse pas, malgré ce que tu peux croire ! Déclara-t-elle, outrée.

- Oui, bien sûr. Rit-il amèrement. C'est pour ça que le lendemain de ton départ, je réalisai que tu avais vidé notre compte.

Elle soupira et leva les yeux au ciel, déclarant qu'il n'avait pas besoin d'en faire tout un plat.

- Tu te moques de moi, c'est pas vrai... soupira-t-il, abattu. C'est pas possible...

- Oh, tout de suite les grands mots. Avoue que tu es content que je sois rentrée. Sourit-elle.

- ... Rentrée ? Oula, mais qu'est-ce que tu crois ? Si les serrures ont été changées, c'est pour une bonne raison ! Tu ne rentres pas, c'est hors de question ! Deux ans, et tu crois que tu peux revenir comme ça, comme une fleur ?!

- ... Tu vas me mettre à la porte ? Demanda-t-elle.

Si au départ elle avait semblé confiante, sa voix trahissait un doute certain.

- Te mettre à la porte, non. T'empêcher de venir t'installer ici sans y être conviée, totalement !

- C'est aussi mon appartement, Derek !

- J'ai encore trois mois de crédit à payer, et tu as deux ans à rattraper ! Rembourse-moi ce que tu m'as volé, et on reparle !

- Tu ne m'empêcheras pas de revenir m'installer ici, Derek. Mon nom est toujours sur le bail.

- Ce n'est pas une raison. Tu n'avais pas le droit de te casser sans prévenir, et tu as encore moins le droit de revenir et de foutre la merde !

- C'est impossible de discuter avec toi. Soupira-t-elle en se détournant. Où est Sarah ?

Derek se mit devant elle pour l'empêcher d'avancer et la pointa du doigt, la mâchoire serrée à en faire gémir l'émail de ses dents.

- Tu ne t'approches pas de ma fille.

Kate cligna des yeux et haussa un sourcil, amusée.

- Ta fille ? Il y a méprise, je crois. Tu voulais dire... notre fille, Derek. Je suis toujours sa mère. Serais-tu véritablement du genre à la garder pour toi tout seul ? Ce serait une réaction bien égoïste de ta part, et on sait tous les deux que l'égoïsme ne te réussit pas, n'est-ce pas ?

Le jeune père fit un pas en arrière, comme si elle lui avait donné une gifle.

- Je ne te pensais pas capable d'une telle bassesse. Cracha-t-il, dégoûté par son comportement.

- Comme quoi, tu ne me connais pas parfaitement. Susurra-t-elle en lui faisant un clin d'œil.

Puis elle le contourna de nouveau et prit la direction du couloir et, par extension, de la chambre de Sarah. Il la rattrapa une nouvelle fois.

- Je suis très sérieux. Déclara-t-il en détachant chaque mot, histoire que cela s'imprime correctement. Tu ne t'approcheras pas de Sarah. Tu fais demi-tour, tout de suite, et tu ne reviens plus.

Elle cligna des yeux, cette fois-ci véritablement surprise. Il fallait dire que Derek ne lui avait que très rarement tenu tête de la sorte.

- Pardon ?

- Tu m'as très bien compris.

- Je suis sa mère, Derek. Clama-t-elle de nouveau, comme si cela lui donnait tous les droits.

- Eh bien, tu auras mis presque cinq ans à te réveiller, dis-donc ! Toutes mes félicitations, tu veux une médaille, peut-être ? Je ne sais pas ce qui s'est passé ce jour-là, et je crois qu'au fond je ne veux rien savoir, parce que je pourrais faire quelque chose de regrettable. Mais quoi que tu aies fait, elle commence seulement à s'en remettre. Alors je refuse que tu viennes tout gâcher ou aggraver les choses ! Cracha-t-il en la repoussant. Alors tu t'en vas, maintenant, avant qu'elle ne te voie.

Derek était très sérieux. Il n'avait jamais été aussi sûr de toute sa vie et voulait bien lui faire comprendre. Il la fixait, bien campé sur ses pieds, prêt à en découdre. Il ne la laisserait pas faire. Elle, le fixait toujours, à la fois surprise et décontenancée de le voir ainsi. Puis soudainement, comme si elle réalisait l'importance de ses paroles, son front se barra d'une ride soucieuse et elle se mordit la lèvre.

- Que lui arrive-t-il ?

- Ça ne te regarde pas.

- Je suis sa mère, bien sûr que ça me reg—

- Ça ne te regarde PLUS ! Cria-t-il, exaspéré qu'elle lui sorte toujours la même phrase fausse depuis qu'elle était devant lui. Tu n'as de mère que ces quatre lettres sur un bout de papier à la mairie ! Tu n'as jamais eu l'instinct maternel, tu n'as toujours vu en elle qu'un moyen de me garder près de toi. Sauf que je restais près d'elle, et non de toi. Et surtout, surtout, tu as perdu tous tes soi-disant 'droits' sur elle, quand tu l'as laissée en pleurs chez la voisine, sans même te soucier un instant de ce qui adviendrait d'elle après ton départ ! Alors, non. Je refuse que tu me serves cette excuse bidon.

Il était tellement confiant. Il ne laisserait pas Kate jouer avec eux comme elle semblait vouloir le faire. Elle le regarda, et son visage se plissa de colère avant qu'elle ne se détende et lui offre un sourire faux.

- Très bien, on se verra au tribunal alors. Déclara-t-elle doucement.

Derek sentit son cœur accélérer et l'angoisse lui tordre le ventre.

- Pardon ?

- Eh bien oui, le divorce.

S'il avait pu, il aurait pleuré de soulagement.

- Et pour information, je demanderai la garde exclusive de Sarah.

Et là, il aurait pu pleurer de frustration.

- Q...quoi ?

Elle ne fit que lui sourire, de nouveau. Et pour la deuxième fois de sa vie, Derek eut l'envie viscérale de frapper une femme.

- Tu te fous de moi ? Tu disparais pendant deux ans, et quand tu reviens, c'est pour tenter de me prendre ma fille ?

- Non, non. Je suis SÛRE de récupérer ma fille. Note la nuance.

Il la fixa, incapable d'assimiler les informations qui lui parvenaient.

- Aucune chance. Réussit-t-il enfin à déclarer.

- Tu veux tenter la tienne ? Ça ne me dérange pas plus que ça que de t'humilier devant un tribunal, tu sais.

Il fronça les sourcils et serra les poings.

- Est-ce que tu cherches à m'intimider ?

- Oui. Et devine quoi ? Ça semble fonctionner.

Elle sourit de nouveau avant de claquer sa langue contre son palais et tapota son menton de son index dans une position presque parodique d'intense réflexion.

- Maintenant, imagine : dans le meilleur des cas, pour toi bien entendu, je perds le procès. Tu as donc la garde de notre petite Sarah... mais j'aurais toujours la possibilité de contester la garde exclusive, et ainsi, je pourrais la voir un week-end sur deux, et il en est de même pour les vacances scolaires, cela va de soi. De plus - ajouta-t-elle en riant, comme si elle racontait l'anecdote du siècle - l'affaire aura traîné, et traîné, et traîné en longueur... Tu sais comment est le système judiciaire de nos jours. Ta vie aura été exposée à tout le monde, afin qu'ils puissent juger de ta non nocivité pour Sarah. Donc, dans un sens, j'aurais tout de même gagné.

Elle rejeta ses cheveux en arrière et croisa ses bras sur son torse, continuant son monologue fantaisiste, mais néanmoins cauchemardesque.

- Quant au pire des cas pour toi, j'ai la garde exclusive de Sarah et... Eh bien, j'irai refaire ma vie dans un autre état... Pourquoi pas un autre pays d'ailleurs, les possibilités sont infinies – et j'oublierai malencontreusement de te laisser une adresse. C'est bête ça, hein ?

- Il n'y aucun moyen, aucun moyen tu m'entends !, que tu obtiennes quoi que ce soit ! Deux ans, Kate. DEUX ANS !

- Tu veux parier ? Parce qu'il est très simple que Gérard réussisse à arranger quelques petites choses pour moi.

- Ton père ne pourra pas interférer s'il y a une affaire, il y aurait conflit d'intérêt !

- Lui, non. Mais ce serait tellement simple d'avoir un bon juge bien conservateur comme tu les aimes tant. Et que pensera-t-il être le mieux pour une petite fille, entre sa mère responsable, fille d'un juge respectable, et son père tombant dans une débauche discutable avec le baby-sitter de cette dite petite fille ? Au fait, il est majeur au moins ? Parce que sinon, ça ne ferait que me faciliter encore plus la tâche et ce ne serait vraiment pas marrant. Soupira-t-elle.

- Tu n'as pas intérêt à le mêler à ça ! Intervint-il, bouillonnant intérieurement de ses propos, de ses sous-entendus et surtout, de ses menaces.

- Je vais me gêner.

- Kate, je t'interdis de-

- Là, tout de suite Derek, tu n'es pas en position de négocier. Déclara-t-elle sèchement.

Derek déglutit en serrant les poings. Il avait un putain de Karma de merde, non ?

Il la regarda prendre son téléphone et tapoter quelque chose en gloussant, avant de relever la tête vers lui et lui offrir un dernier clin d'œil.

- Mon avocat te contactera. Déclara-t-elle en se détournant.

Sa voix avait des relents de condamnation.

Non...

Non.

Elle ne pouvait pas faire ça, si ? Ça ne pouvait pas se terminer comme ça, c'était impossible ! Toute cette situation était surréaliste ! Elle n'avait pas le droit de faire ça, n'est-ce pas ?

Sauf que, plus il y réfléchissait, plus il réalisait que, malheureusement, il y avait de grandes chances qu'elle ait raison. Après tout ce qu'elle lui avait fait jusqu'alors, il commençait à se dire qu'elle en était bien capable. Et lui se retrouvait ici, au pied du mur, tandis qu'elle se dirigeait vers la sortie d'une démarche chaloupée, comme en terrain conquis. Et malheureusement pour lui, elle était en terrain conquis.

- Qu'est-ce que tu veux ?

Elle se stoppa et se tourna doucement vers lui pour lui sourire, amusée.

- Ce n'est pas parce que tu me poses encore la question que je vais enfin te répondre, tu sais.

- ... Non, je... qu'est-ce que tu veux... pour éviter tout ça. Soupira-t-il.

Il se sentit s'affaisser. Il aurait voulu pouvoir lui tenir tête, définitivement, rester campé sur ses positions... mais il ne pouvait pas. Se battre, oui, bien sûr. Mais à quel prix ? Elle avait raison en disant que l'égoïsme ne lui réussissait pas. C'était parce qu'il avait été égoïste que ses parents étaient morts et il s'était juré de ne plus jamais être comme ça. Elle le mettait au pied du mur, ne lui laissant que peu de choix : Être égoïste, se battre, risquer de perdre et entraîner tout le monde dans sa chute, aussi bien Sarah que Stiles ; ou abdiquer et être en première position pour tenter de limiter le plus possible la casse.

A la réflexion, elle ne lui laissait aucun choix.

Elle haussa un sourcil en le voyant abandonner le combat.

- Eh bien, tu pourrais commencer par aller chercher ma valise dans la voiture. Minauda-t-elle.

Puis elle se détourna de son chemin pour se laisser tomber dans le canapé avec un soupir d'aise, attrapant un livre qui traînait par là pour commencer à le feuilleter. Il la regarda faire avant de s'avancer, se posant devant elle pour la fusiller du regard.

- Si tu es là, c'est parce que tu ne me laisse pas le choix. Je ne vais pas céder à tous tes caprices, alors ta valise, tu iras la chercher. Seule.

Kate semblait ne pas l'écouter alors il se pencha pour lui arracher le livre des mains, la faisant sursauter. Elle le fusilla du regard, exaspérée par son comportement, ce qui était un comble dans cette situation. Elle leva les yeux au ciel, puis se redressa en époussetant son pantalon.

- Très bien.

- Je n'ai pas fini ! L'arrêta-t-il.

Elle soupira théâtralement et tournoya sur elle-même pour poser ses mains sur les hanches et le regarder comme s'il n'était qu'une poussière sur son chemin. Son agacement augmenta d'un cran.

- Tu te crois peut-être toute permise, mais crois-moi, tu ne t'en tiras pas comme ça. Deux choses : Tout d'abord, tu ne touches pas Sarah. Ensu-

- Derek, pitié. Soupira-t-elle en riant à moitié. On vient tout juste d'avoir cette conversation.

- Je parle dans le sens le plus littérale du terme. Aucun contact physique...

Elle haussa un sourcil, pendant qu'il fermait les yeux en se frottant les tempes pour se calmer. Tout allait trop vite, bien trop vite. Il était totalement subjugué par les événements. Dans un sens, il avait toujours l'espoir vain de se réveiller à un moment, la nuque raide de s'être endormi à son bureau, ou encore dans son lit, épuisé après un moment avec Stiles. Mais il était bien éveillé. Sa femme disparue depuis exactement 593 jours était bel et bien devant lui et il venait de se plier à son ignoble chantage affectif. Sarah allait débarquer d'un moment à l'autre, et il voulait éviter le désastre.

Alors il inspira un bon coup, prit son courage à deux mains et lui expliqua pourquoi il ne voulait pas qu'elle touche Sarah. De toute façon, même si il n'avait pas été contre, c'était à éviter. Il ne voulait pas que Sarah refasse une crise. Elle n'en avait pas fait depuis deux semaines, quand Victoria lui avait caressé les cheveux pour lui dire bonjour. Cela avait été une crise légère, comportant tétanie et début d'hyperventilation, mais Stiles l'avait très rapidement calmée. C'est ainsi qu'ils avaient réalisé qu'elle ne supportait pour le moment que le contact de son père et, dans une moindre mesure, celui de Stiles. Et Derek ne voulait aucunement savoir si elle supportait aussi le contact de sa mère.

- Notre fille est devenue hystérique ?

Il soupira pour se calmer.

- A qui la faute ? Demanda-t-il, acerbe.

- Ah, parce que tu crois que c'est de ma faute, peut-être ?! S'offusqua-t-elle.

- La première fois qu'elle s'est retrouvée dans cet état, je venais à peine de rentrer et, après avoir trouvé l'appartement vide, je l'ai juste prise dans mes bras pour la sortir de chez Madame Finnigan où, d'après elle, elle n'a pas arrêté de pleurer depuis que tu l'y avais laissée ! Presque toutes les nuits, pendant un an, elle s'est réveillée, en pleurs, terrifiée et j'étais incapable de la consoler ! Dois-je te dire à nouveau depuis combien de temps tu es sortie de nos vies ? Non. Donc, tu ne la touches pas.

- ... D'accord. Et le deuxième point ? Soupira-t-elle.

Il la jaugea un instant.

- Tu dors sur le canapé.

- Tu veux qu'on fasse chambre à part ? Demanda-t-elle en riant.

- Oh que oui. Rétorqua-t-il, on ne peut plus sérieux.

- Pendant tout le temps où je vais rester ?

Derek inspira de nouveau.

- Parce que tu comptes rester longtemps ?

- Tout dépendra de toi, doudou.

Il grinça des dents.

- Si cela ne dépendait véritablement que de moi, tu serais déjà repartie. Donc je te le demande : combien de temps ?

- Je ne sais pas, on verra bien.

- Très bien. Le canapé.

Elle leva les yeux au ciel puis soupira son accord, disparaissant récupérer ses affaires.

Derek resta dans le salon, cherchant à calmer son cœur, à mettre un peu d'ordre dans son esprit, mais il était émotionnellement trop instable pour parvenir à un résultat concluant. Il avait au moins remporté cette petite bataille. Mais au vu de l'épée de Damoclès figée au-dessus de sa tête, il n'arrivait pas à en être pleinement heureux.

Tout allait devenir très compliqué.

.*.

Derek se laissa lourdement tomber à son bureau. Trois heures que Kate était revenue ici, trois heures qu'elle lui avait posé son ultimatum. Trois heures qu'elle s'était réinstallée dans l'appartement comme si c'était toujours son lieu de vie, et trois heures que Derek regrettait amèrement de ne pas avoir saisi l'opportunité de changer de vie cinq mois après le départ de Kate, quand Laura lui avait proposé de déménager avec Sarah, à New York. Il aurait dû le faire ! ... Mais il ne l'avait pas fait.

Il se frotta les yeux. Il avait verrouillé la porte de son bureau qui conduisait au salon, mais laissée celle menant aux chambres ouverte, prévenant Sarah qu'elle pouvait venir le voir quand elle voulait, même sans cauchemar, même sans aucune raison. Mais elle n'avait pas réagi et il n'allait pas se mentir, ça l'inquiétait. Pour le coup, il savait qu'il n'avait pas fait le bon choix, mais dans ce genre de cas... Eh bien, il n'y avait pas de bon choix. Parce que les menaces que Kate avaient proférées, cette histoire de procès et de garde exclusive, elle en était tout à fait capable, et avec un père juge, elle ne connaissait que trop bien les ficelles. Il risquait gros. Et il était complètement bloqué.

Il soupira en croisant les bras sur son bureau, calant sa tête dans le creux de son coude, puis laissa passer les minutes. Il ne réfléchissait pas à proprement parler, il ne faisait que laisser son esprit assimiler ces nouvelles informations. Il n'avait d'autre choix que de laisser les choses se dérouler ainsi. Après une bonne demi-heure à se perdre dans les méandres de ses pensées, il se redressa enfin, attrapant son téléphone pour jouer quelques instants avec. Puis il appela Peter pour lui dire qu'il était souffrant et qu'il ne viendrait sûrement pas le lendemain. Peter ne le crut pas, supposant que Derek voulait juste passer un week-end avec sa fille. Son neveu le laissa croire ce qu'il voulait. Après tout, il ne voulait pas trop attirer l'attention sur lui en ce moment.

Il avait envie de vomir. Son cœur battait n'importe comment, une fois rapidement, la fois d'après lentement, et son ventre se contractait, parcouru de spasmes violents et peu agréables. Il composa un nouveau numéro et laissa reposer l'appareil devant lui, en haut-parleur. La tonalité lui vrillait les oreilles.

Il raccrocha.

Il fixa son téléphone sans véritablement le voir, focalisant son attention sur les bruits que Kate faisait dans le salon en se déplaçant. Il se foutait de ce qu'elle pouvait bien faire, mais il ne voulait pas qu'elle empiète sur son espace, il ne voulait pas qu'elle vienne dans le couloir, ni dans sa chambre, ni quoi que ce soit. Il était déjà bien gentil de lui laisser le canapé. Si cela ne tenait qu'à lui, il la ferait dormir dans la baignoire.

Il recomposa le numéro.

La tonalité, encore, et au moment où la messagerie allait de nouveau se mettre en route, on décrocha.

- « Allô ? »

Derek soupira alors qu'il sentait la tension le quitter en entendant la voix de Stiles, déformée par la distance, sortir des haut-parleurs du petit appareil.

- Hey. Marmonna-t-il. Je te dérange peut-être ?

Un petit temps.

- « Non, Der'. Ne t'en fais pas. »

Mais l'intonation dans la voix du jeune homme trahissait son mensonge. Le jeune père soupira mais ne releva pas. Tandis que Moon s'approchait pour se frotter à ses jambes, il se pencha pour lui grattouiller la tête, puis retira le haut-parleur et porta le téléphone à son oreille pour se laisser aller dans son fauteuil.

- Il paraît que... que tu l'as croisée dans l'ascenseur. Soupira-t-il en se grattant le menton.

- « Oh... Oui. Je... je ne l'avais pas reconnue. »

La voix de Stiles était détachée et le cœur de Derek se serra.

- « ..C-Comment tu vas ? » Lui demanda-t-il après une petite hésitation.

- Je... je ne sais pas quoi faire. Lui confia-t-il.

- « Elle t'a dit pourquoi elle était partie ? »

- Je ne veux pas le savoir.

- « Et elle t'a dit pourquoi elle était de retour ? »

- Ça, par contre, j'aimerais le savoir. Grogna-t-il.

Un autre temps de silence.

- « Et Sarah ? Comment a-t-elle réagi ? »

Derek soupira et essuya de la paume de sa main une larme traîtresse qui roulait sur sa joue. Il avait gardé les yeux ouverts trop longtemps, c'est tout.

- J'ai interdit à Kate de la toucher, de l'approcher, et j'ai pris un peu de temps pour dire à Sarah ce qui se passait. Comme quoi elle était revenue et... et aimerait la voir.

Il renifla discrètement.

- « Et alors ? »

- Et alors rien.

- « Oh. Et... C'est... une bonne chose, non ? »

- Quand je dis rien, c'est vraiment rien. Elle m'a écouté, et plus rien. Elle a gardé son panda dans ses bras et s'est mise à fixer le vide. Elle a à peine mangé, lui a à peine jeté un coup d'œil...

- « ... Je suis désolé, Der'. »

- C'est juste que... j'ai l'impression de retrouver la Sarah d'autrefois. C'est affreux à dire, mais je crois que j'aurais préféré qu'elle réagisse. Et violemment, d'ailleurs. Qui sait, ça aurait pu la faire flipper et la faire repartir. Soupira-t-il enfin.

- « Qu'est-ce que... qu'est-ce que tu comptes faire ? »

- Comment ça ?

- « Par rapport à elle... Tu sais. Est-ce que tu vas la laisser revenir... comme ça ? »

- ... Je n'ai pas vraiment le choix...

Un silence, lourd, pesant s'installa entre eux.

- « Mouais, tu as raison. » Déclara enfin Stiles avant de soupirer. « Bon. Je... je vais te laisser. Je viendrais demain à- »

- Stiles. Le coupa-t-il. Pour ce qui s'est passé tout à l'heure...

- « ... Oublie ça Derek. »

- Non mais-

- « Je suis sérieux, tu as des choses plus importantes à gérer pour le moment. »

- Stiles, je...

Il soupira.

- Très bien. Chuchota-t-il.

Il se racla la gorge.

- J'ai pris ma journée, demain.

- « Ok. On se voit Lundi alors. »

- Stiles...

- « Bonne nuit Derek. »

Et il raccrocha. Le jeune père resta quelques instants sans bouger, le téléphone collé à son oreille, avant qu'il ne ferme les yeux, retenant... Eh bien, retenant à peu près tout. Puis, lentement, il posa son téléphone sur son bureau et éteignit la lumière. Il resta ainsi dans le noir à fixer le vide, comme Sarah l'avait fait quelques heures plus tôt.

Rectification.

Tout était déjà très compliqué, et ça n'allait pas s'arranger avec le temps.


Réponses aux reviews

Anaxhope : Je saiiiiis \o

ce chapitre réponds-t-il à tres questions existencielles ?

Oui ! j'ai déjà écrit la fin, et il y a aura - normalement - 40 chapitres, avec deux chapitres bonus, exactement. Et oui, il y aura cde la guimauve.

Misew : C'est une fin -pas- cool !

Rho, un p'tit cliff de temps en temps, ça fait pas de mal.

Marion : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH! Si ! Si ! :D

J'espère que ce chapitre répond à tes questions.

Lila : Eh oui, il y était presque... ou pas. J'espère que ce chapitre t'a plus...

lucie33 : Je sais je sais.

Bien sur que Stiles et Derek sont compliqués. Pluis compliqués qu'ueux, ça n'exsiste pas ! Eh siii, Kaaate... Que dis-tu du chapitre ?

cleem : Kate ? Parce que ! *sort*

Ce chapitre te conviens-t-il ?

Lucie : Oui, je sais, je suis horrible. #SorryNotSorry \o/ Noooon, ne pleure pas voyons. C'est un happy-end, je le rapelle.

La Panda : Je sais que je suis cruelle. Je souis machiavélique. Elle fait là que... Eh bien, elle est là parce que j'avais besoin d'elle. La suite te conviens-t-elle ?

Alumette : Chiiii. Parce queeeee !

Francesca : Je sais que je suis cruelle \o


Xoxo, 'Win.