Disclaimer : Comme d'habitude, rien ne m'appartient ! SAUF : Sam Beckett, Lou Vidal et Rose Fitzwilliam, qui m'appartiennent totalement ;)

Paring : Harry/Draco (principalement)

Rated : MA (Lemon)

Rappel : Cette fanfiction contient des OC (personnages originaux), fait mention de violence physique et morale, eeeet joue un chouïa avec le déroulement de l'oeuvre canon. Ainsi, pour le bon déroulement de cette histoire : Severus Snape, Albus Dumbledore, Sirius Black et Remus Lupin ne sont pas morts ; Cho Chang et Katie Bell sont de la génération d'Harry ; Tout événement sinistre s'est terminé en sixième année ; J'ai pris une certaine liberté avec la composition des équipes de Quidditch.

Nombre de chapitres : 1 prologue, 34 chapitres et 1 épilogue.

Toujours un grand merci à celles et ceux qui m'ajoutent en favoris/follow ! :)

Enjoy !

. . .


- Avant la tempète -

- Lundi 28 octobre -

Tout le monde s'était levé tôt, mais c'était parce que cette première journée de vacances s'ouvrait avec une sortie au village de Pré-Au-Lard. Harry s'était levé, et il aurait pu y aller, mais il ne le sentait pas vraiment. Il n'était pas… motivé. Ron avait essayé de le faire venir, mais rien à faire. Et si c'était pour plomber l'ambiance, il préférait rester à l'école. Alors il était là, sur les marches de la cours de Poudlard, à regarder son meilleur ami s'éloigner avec Dean, Seamus, Neville et Luna. Pendant que lui restait là. Il soupira.

-Ça va ? T'as l'air tendu.

C'était Beckett, qui n'avait apparemment toujours pas l'autorisation de ses parents pour sortir du château mais qui aimait sans doute se faire du mal en venant voir les autres partir sans elle, parce que c'était la deuxième fois que ça se produisait. On aurait pu penser la même chose de Harry, mais ça ne lui effleura pas l'esprit.

Malfoy partait pour la journée, aussi. Avec Vidal, et avec Blaise. Dans sa tête, son prénom sonna comme la plus mal-agencée des mélodies. Ça transpirait la prétention, la… la prétention. Il avait refusé que Ron ne se prive de cette sortie, comme il lui avait proposé en voyant qu'il restait. Ça avait peut-être été une mauvaise idée.

-Je vais bien, dit-il en haussant vaguement les épaules.

Et il retourna vers l'intérieur. Mais Sam n'était pas dupe. Non seulement ça, mais elle avait aussi passé un marché avec Ronald : il lui ramenait un petit paquet de patacitrouilles et elle suivait Harry comme son ombre toute la journée. Alors elle tourna le dos aux élèves en partance et, elle aussi, retourna vers l'intérieur.

Plus bas, sur le chemin, Draco se faisait violence pour ne pas se retourner vers le château. Même « juste pour voir ». La main dans celle de Blaise, il se força à continuer de regarder droit devant lui. Au moins jusqu'à ce qu'il soit sûr qu'ils étaient hors du champ de vision d'Harry. Lou eut un petit rire compatissant.

-Calme-toi Draco, on dirait que tu vas exploser !

Aaargh¸ ce n'était pas sa faute ! Il était surexcité, il n'arrivait même plus à penser correctement. Leur ami grimaça, comme s'il se sentait coupable de ne pas pouvoir mieux se contenir. C'était juste que… il n'avait plus ressenti une telle confiance en lui depuis… au moins une éternité. Savoir que Harry l'aimait bien ? Plus que bien ? Il se sentait pire qu'un gosse à trois jours de son anniversaire. Blaise lui lâcha la main pour passer son bras autour de ses épaules, comme il le faisait parfois.

-Elle a raison, ressaisis-toi ! Ce serait bête que tu décèdes avant qu'il ne cède.

-Et j'imagine que la rime était voulue… Sourit-il, sournois.

Blaise lui adressa un petit clin d'œil. Evidemment, il était un poète né.

.

Dean et Seamus s'embrassaient en public pour la première fois, et ça faisait tout drôle. Ils s'étaient déjà embrassés devant leurs copains, puis dans leur salle commune. La Grande Salle, et le parc de l'école – et encore, pas souvent. Mais en public, avec des vrais gens, qui n'avaient rien à voir avec eux ou avec Poudlard.

-Boouuh, les amoureux !

Ils pouffèrent, se retinrent de rire trop fort pour ne pas attirer l'attention de tout Les Trois Balais sur eux. C'était Ron, qui revenait avec Neville, Luna, et cinq chopes de bièraubeurre. Ils s'étaient occupés d'aller au comptoir pendant que les garçons réservaient une table pour le petit groupe.

-On a commandé, et puis on s'est dit qu'on pouvait en profiter pour prendre quelques rafraîchissements en attendant, s'éleva la voix claire de Luna lorsqu'ils s'assirent.

Et Dean et Seamus furent d'accord pour dire que ça avait été une très bonne idée. Les cinq amis s'étaient arrêtés dans l'établissement pour prendre un déjeuner. L'après-midi ce serait surement magasin d'équipement de Quidditch pour voir les nouveautés et un petit tour du côté de Derviche et Bang histoire de fouiner un peu dans les rayons. Aussi, peut-être, rendre une petite visite aux frères de Ron – qui n'étaient pas venus le voir une seule fois depuis le début de l'année ! – et puis bien sûr Ron avait promis à Sam d'aller piocher du côté de chez Honeydukes.

Ron, d'ailleurs, avait un peu l'esprit ailleurs. Et ses amis auraient pu le remarquer, s'ils n'avaient pas été autant amoureux. Dean et Seamus, mais aussi Neville et Luna, qui joignirent leurs mains sous la table de bois.

Mais il n'avait pas à s'en faire, parce que Sam montait la garde, et que Sam lui rapporterait tout ce qu'elle pourrait. Et qu'est-ce qui aurait bien pu lui échapper ?

.

- Mardi 29 octobre -

Harry avait les yeux fermés et le cœur battant. Il savait où il était, même s'il n'aurait pas su le décrire. Clair, lumineux, même à travers ses paupières closes. Il sentit s'esquisser sur ses lèvres un petit sourire… est-ce qu'il allait oser ? Il s'approcha, doucement, pour ne rien brusquer.

-Tu fais quoi, exactement ?

Il y avait de la moquerie dans la voix et Harry ouvrit subitement les yeux. Draco avait relevé un sourcil sceptique, il y avait un sourire sur son visage. Harry s'en sentit confus. N'était-ce pas… évident ? N'était-ce pas ce qu'ils voulaient ? Il déglutit, soudain bien moins sûr de lui.

-Je… j'allais t'embrasser ?

Et Draco rit, très fort.

-T'entends ça, Blaise ? Appela-t-il. Harry Potter veut m'embrasser !

Il y eut très vite un autre rire, résonnant, lointain, puis se rapprochant indubitablement. Zabini avait l'air de n'avoir jamais rien entendu d'aussi drôle de sa vie. Harry sentit toute chaleur quitter son visage, blanchissant, il se sentit pétrifié.

-M-mais… je croyais…

-Tu « croyais » ? Oh par Merlin Potter écoute-toi parler !

Harry ne s'était jamais senti plus seul. Son cœur battait fort, toujours, mais de peur surtout. Il eut du mal à déglutir. Sa poitrine se contracta, il eut peine à respirer. « Oooh… », Draco eut l'air faussement affecté par sa réaction. Il s'approcha, souriant, attrapa sans semonce l'espace entre les jambes d'Harry, et parla à son oreille :

-Grandis, mon pote.

Harry se réveilla en sursaut, terrifié. Il se redressa entre ses draps, tremblants presque, touchant le matelas et regardant autour de lui pour être certain d'être dans son lit. Puis il souffla, de soulagement, et se laissa retomber entre les couvertures. On tapa quelques coups contre l'un des montants en bois de son baldaquin.

-Réveillé, Harry ?

C'était Ron, il ferma les yeux un instant, avant d'approuver d'un vague « ouais ». Puis il envoya valdinguer ses draps et ouvrit les rideaux de son lit pour sortir de son espace personnel. Il avait une boule dans l'estomac, il n'en dit rien à son meilleur ami. Ni à personne d'autre.

Les autres ne devaient pas être levés depuis longtemps – d'ailleurs Dean avait l'air d'avoir les yeux ouverts que depuis quelques secondes – et ils prirent leur temps pour descendre en salle commune, puis vers la Grande Salle. C'était bien vide, comme endroit, pendant les vacances. A la table des Gryffondor il y avait peut-être le tiers des élèves, et tous ceux qui restaient devaient être là. Ils en profitèrent pour s'étaler, sans gêne.

-Quelqu'un veut parier sur les résultats du match d'hier avant que le journal arrive ? Lança Seamus en se servant un café.

-Personne ne veut parier contre toi Seamus, tu gagnes trop, répondit Ron avant de bailler à s'en décrocher la mâchoire.

Harry eut un petit sourire sarcastique. C'était pas faux. Il voulut lever les yeux vers les fenêtres, voir si le courrier arrivait, mais son regard fut attiré par le nombre réduit d'élèves assis à la table de Serpentard. Et parmi eux, Malfoy et Zabini. Evidemment. Parce qu'en ce moment sa vie était trop simple sans qu'on lui rappelle toutes les cinq secondes à quel point il était paumé. Il eut une petite grimaça agacée quand il vit Draco parler à l'oreille de son ami.

Il leur aurait bien réarrangé le portrait, à tous les deux.

Mais le courrier arriva, et il leva les yeux vers les oiseaux en entrance. Ses yeux se plissèrent un peu quand il crut reconnaître l'un d'eux. Mais il n'eut pas besoin de se concentrer trop longtemps parce que la chouette piqua bien vite directement sur lui, en même temps que celle qui venait apporter la gazette à Seamus et une troisième qui déposa une lettre à Ron.

-C'est ma mère, railla-t-il avant même d'ouvrir l'enveloppe.

Seamus paya le hibou du journal et Harry prit avec enthousiasme la lettre qui lui était adressée – parce que cet oiseau, c'était celui de Sirius. Il prit un morceau de bacon dans son assiette et le jeta à la boule de plume.

-Tiens, merci mon grand.

La chouette repartit et il déchiqueta presque l'enveloppe. Et alors que Ron passait le bonjour de sa mère à tout le monde autour de la table, il lut les lignes de son parrain. Plus il lisait, plus il souriait. Après la nuit pourrie qu'il venait de passer, c'était la seule chose qui aurait pu lui remonter le moral.

-Qu'est-ce que ça dit ? Finit par demander Dean, à qui le changement d'humeur d'Harry n'avait pas échappé.

-Sirius a eu des nouvelles du Ministère, dit Harry en relevant la tête vers ses amis. Je pourrai officiellement vivre chez lui dès les prochaines vacances !

.

-Il s'impatiente pas trop ?

Blaise et Lou étaient assis dans la salle commune de Serpentard, près de la cheminée. Lou sur le fauteuil avec un bon bouquin, Blaise sur le canapé avec un exemplaire de la Gazette du Sorcier. Le garçon releva les yeux vers son amie.

-Tu parles de Draco ? Demanda-t-il – et elle leva un peu les yeux au ciel.

-Bien sûr, qui d'autre ?

Il eut un petit sourire amusé. Elle faisait style comme ça, mais il commençait à la connaître. Au début, quand il l'avait vue parler avec Beckett et Fitzwilliam, il avait pensé qu'elle jouait un rôle avec eux. Mais en fait, ce n'était pas ça du tout. C'était plus une histoire… de se sentir bien avec quelqu'un, ou pas. Etre plus ou moins à l'aise, en sécurité. Et ce qui le faisait sourire, c'était qu'elle se comportait de plus en plus avec eux comme elle le faisait avec les préfètes. Et s'il avait bien compris, c'était plutôt bon signe.

-Non, ça va, répondit-il en rebaissait les yeux vers son journal. Je crois qu'il savait depuis le début qu'il faudrait plus qu'une journée à Potter pour se rendre à l'évidence.

Ce soir ça faisait deux jours qu'ils avaient lancé « l'opération jalousie », et pour le moment Harry gardait toujours ses réactions pour lui. Mais Ron leur disait et leur répétait : il faudrait être un peu patients. Lou hocha la tête.

-Tant mieux.

Il ne leur aurait plus manqué que Draco perde confiance. Non, il fallait qu'il continue comme ça, il était sur la bonne voie. Si Potter était – comme ils le pensaient – en pleine remise en question, il fallait au moins que Draco sache exactement ce qu'il faisait. Ils ne pouvaient pas être dans le doute tous les deux, ça ne marcherait jamais.

-Qu'est-ce qui est tant mieux ?

Draco arriva, cheveux humides ramenés en arrière, pantalon propre, chemise propre. Il s'installa dans le canapé et posa ses pieds sur la table basse. Blaise eut un petit rictus, fit un signe de tête vers son journal.

-Ils ont arrêtés un type en plein trafique de chats noirs, une histoire de culte.

Draco haussa un sourcil, se retourna vers Lou. Lou qui ne regarda pas vers Blaise, mais qui l'aurait bien fusillé du regard si elle avait pu. Elle eut un petit sourire forcé et prononça, placidement :

-J'adore les chats.

Draco eut un petit sourire amusé et Blaise replia sa Gazette, se levant à son tour :

-Bon, je vais prendre la salle de bain ! Fit-il. On va manger après ?

-Ouaip.

Lou ne dit rien, se contenta de lever les yeux au ciel. Blaise ne perdait rien pour attendre. Et puis il avait intérêt à se manier, parce que mine de rien il se faisait faim.

.

- Mercredi 30 octobre -

Après le déjeuner, Harry, Ron, Dean et Seamus étaient allés chercher des balais dans le local à balais de l'école et avaient emprunté un souaffle pour se faire un petit deux contre deux sur le terrain de Quidditch. Harry et Dean contre Seamus et Ron, et au premier qui pouvait pour garder les anneaux. Paraît que le sport, c'était bon pour la digestion.

Avec un petit rictus, Harry vola jusqu'à la hauteur de Seamus et le heurta un peu au côté. Seamus eut l'air faussement outré, éloigna le souaffle de son ami en allongeant le bras de l'autre côté. Et puis il sentit qu'on lui soustrayait la balle et, surpris, se retourna à sa droite où Dean, avec un clin d'œil, lui prit le souaffle avant de faire un magnifique virage à cent-quatre-vingt degrés.

-Ron ! Cria Seamus alors. Les buts !

Ron avait vu. Il fit vite demi-tour lui aussi, et essaya de prendre Dean de vitesse. Ça serait juste, mais il pouvait le faire. Il se baissa un peu plus sur son balai pour augmenter l'allure. Il allait rattraper son ami, il lui aurait fallu encore quelques mètres… mais Dean tira de là où il se trouvait, fort. Pas assez fort pour que la balle passe dans l'anneau le plus haut, mais il pouvait décidément entrer dans le second.

Et pourtant, la balle fut stoppée. Pas par Ron, pas par Seamus, mais par Blaise Zabini. Ron haussa un sourcil surpris, eut un petit rictus amusé – qu'il cacha bien vite. Harry arrivait, très vite Seamus fut là aussi. Potter fronça les sourcils.

-Qu'est-ce que vous faites là ? Cracha-t-il presque.

Parce qu'il n'y avait pas que Zabini, il y avait aussi Malfoy, et Vidal. Sur leurs balais comme s'ils possédaient le terrain, ils avaient ce petit sourire qui fit serrer les dents à Harry.

-Ça vous dérange, si on s'incruste… ? Lança Zabini, sournoisement.

Harry allait répondre quelque chose, quelque chose de cinglant, n'importe quoi, mais Ron fut plus rapide :

-Pourquoi, vous voulez à ce point vous faire anéantir ?

Seamus et Dean eurent chacun un petit ricanement approbateur. Lou haussa un sourcil en direction de Finnigan, il répondit avec un petit sourire qu'elle jugea insubordonné. Oui, il avait peur d'elle. Mais sur un terrain de Quidditch, ça changeait la donne. Draco embraya, presque immédiatement :

-Ça, c'est vous qui le dîtes.

-Amenez-vous, répondit Harry du tac au tac, les dents presque serrées. Vous verrez bien.

Lou eut un petit rire amusé, qu'elle n'eut même pas besoin de feindre. Ron vola jusqu'aux but, rictus aux lèvres.

-Qu'est-ce que vous dîtes de ça ? Fit-il. Gryffondor contre Serpentard, je garde les buts et j'essaierai… d'être impartial…

Le ton indiquait clairement le contraire. Harry était remonté à bloc, les Vert et Argent se mêlèrent aux autres, et Blaise lança – fort – le souaffle dans les airs.

.

Ron avait été tellement partial que Gryffondor l'avait remporté 240 à 50. Les Serpentard savaient à quoi s'attendre et Vidal avait même compté les points qu'aurait dû avoir Gryffondor si Ron avait vraiment essayé d'arrêter leurs tirs – elle était parvenu à un résultat de 40 contre 50 en faveur de Serpentard et ses deux amis avaient topé à ça. Ce qui échappait à Ron, c'était pourquoi est-ce que Harry avait l'air tellement en colère.

Leurs amis s'étaient un peu éparpillés dans le château, il n'y avait qu'eux en salle commune. Ron s'était mis sur un fauteuil, Harry n'avait même pas pu se résoudre à s'asseoir – depuis qu'ils étaient revenus, il bouillonnait.

-J'arrive pas à le croire ! Sans déconner, ça me tue !

Ron essayait de calmer le jeu, mais ce n'était pas facile. Il n'avait pas pensé qu'une partie de Quidditch avec Malfoy et les autres le mettrait dans un état pareil. Au contraire, ça aurait même été une façon pour lui de se défouler un peu contre de véritables adversaires, et pas seulement contre ses amis. Alors où est-ce que ça avait mal tourné ? Ron baissa un peu son magazine de sport sur ses genoux.

-Tu ne veux pas t'asseoir ? Demanda-t-il doucement.

Mais Harry n'écoutait pas vraiment. Il était dans sa bulle, dans son monde, à se monter la tête tout seul autour de Ron-ne-savait-quoi. Son ami se laissa tomber dans un fauteuil proche, tendu. Il prit un journal oublié là depuis une semaine au moins mais le rejeta sur la table basse aussitôt.

-Ils pensent qu'ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent, où ils veulent !

Il était agité, Ron savait qu'il ne resterait pas assis longtemps. Il soupira, un peu :

-Harry, c'était qu'un match…

Mais Harry dirigea soudain son attention sur lui, les sourcils froncés, l'expression confuse, comme s'il ne voyait pas ce que ça avait avoir avec quoi que ce soit. Il demanda presque instantanément, à la limite de l'agressif :

-Hein, quel match ?

Et ils se regardèrent, bêtement, de longues secondes. Harry avait toujours l'expression confuse, Ron avait l'air étonné. Alors comme ça… ce n'était pas le match ? Est-ce que c'était juste… l'opération jalousie qui marchait un peu trop bien ? Est-ce que c'était juste d'avoir vu Malfoy et Zabini être complices sur le terrain ? Ron haussa un sourcil, lentement. Le visage de Harry se décrispa, comme s'il comprenait en même temps que son ami le quiproquo qu'ils venaient de partager. Il comprit aussi ce que ça voulait dire, pour lui, et fut agacé par l'état dans lequel Malfoy arrivait à le mettre.

-Oh et puis merde tiens, je vais me coucher.

Et il se leva et tourna les talons pour aller jusqu'au dortoir. Ron fronça les sourcils, « Si tôt ? », mais il n'eut pas de réponse. Seulement la porte de leur chambre, qui se referma derrière son meilleur ami.

.

- Jeudi 31 octobre -

C'était Halloween. Pas que ça ait eu une importance phénoménale, puisque le bal avait déjà eu lieu, que Ron n'avait prévu de confectionner aucune potion qui aurait dû être cuisinée ce jour-là précisément et avait sa soirée libre de tout culte païen. Sans compter qu'il n'avait pas un béguin inavoué pour un garçon de Serpentard et que pour couronner le tout il n'avait jamais, évidemment, perdu de personnes chères à son cœur à cette dite date il y avait de ça exactement seize années.

Un peu inquiet il se retourna vers Seamus, qui traversait le dortoir pour aller prendre une douche.

-Eh, fit-il, il dort toujours ?

Il avait chuchoté, pour ne pas réveiller Harry au cas où il avait vu juste. Son ami acquiesça, avec un petit sourire contrit. Ron venait de revenir de la Grande Salle, où il était allé prendre son petit déjeuner avec Neville et Ginny. Il avait d'abord voulu attendre qu'Harry se lève, mais ça n'était jamais arrivé. Il ne l'avait pas revu depuis sa colère de la veille et il espérait vraiment qu'ils n'avaient pas envenimé les choses avec ce match improvisé… Il fit demi-tour, sortit des dortoirs. Il devait en parler à quelqu'un.

C'était comme ça, il avait des doutes. Il pensa qu'il aurait bien aimé en parler à Blaise, mais il devait être en salle commune. Ensuite il pensa qu'il y aurait probablement ses amis aussi, et que ce n'était sans doute pas une bonne idée. Ensuite il se rappela que ses amis étaient de ceux avec qui il complotaient régulièrement, alors c'était bon. Puis il se dit qu'il y aurait sans doute du monde dans leur salle commune, et qu'il ne serait sans doute pas le bienvenu. Ensuite seulement il se souvint que c'était les vacances et que donc il n'y aurait, en fait, probablement personne.

Le temps qu'il se dise tout ça, il était devant le mur où était camouflée l'entrée de leur salle, et il se rappela qu'il n'avait pas de mot de passe.

-Eh, fit-il en toquant contre la pierre, faut que je parle à quelqu'un.

Il ne put pas l'entendre, mais le son se répercuta à l'intérieur, comme si le mur prévenait les élèves qu'ils avaient un visiteur. Il n'y avait que trois groupes de peu d'élèves, l'un d'entre eux étaient Blaise et Lou. Ils s'entre-regardèrent, un instant.

-C'est pas moi qu'irait voir, fit Lou de but en blanc.

Alors Blaise leva les yeux au ciel, posa sa revue et se leva pour aller ouvrir. Quelle surprise, de se retrouver face à face avec Ronald Weasley. Il fronça les sourcils.

-Y'a un problème avec Potter ?

-Je sais pas trop.

Alors Blaise le laissa rentrer, ignorant les regards défiants des quelques autres élèves posés dans la salle commune. S'ils n'étaient pas contents la prochaine fois ils iraient ouvrir la porte. Ron s'assit sur le canapé, mais pas au fond, juste sur le bord, comme pour ne pas prendre trop de place.

-Il ne s'est pas levé ce matin. Je veux dire, il n'est pas encore midi et tout mais… je sais pas, c'est cette date, je le sens pas trop.

Tout le monde savait ce que le 31 octobre signifiait pour le Grand Harry Potter, et ça incluait Blaise et Lou. Ils eurent une petite moue embêtée. Ils auraient pu y penser plus tôt. Pas qu'ils auraient pu y faire quoi que ce fut, cela dit, mais ils auraient pu… peut-être… Non, en fait ils n'auraient littéralement rien pu faire.

-Tu veux qu'on le laisse tranquille quelques jours ? Hasarda Blaise.

Mais Ron nia d'un mouvement de tête. Plus vite ils auraient réussi leur coup, plus vite Harry serait susceptible de se sentir mieux. Simplement… il avait voulu le leur dire. Finalement, il se laissa doucement tomber dans le fond du canapé. Ça l'affectait plus qu'il n'aurait cru. Il avait tendance à l'oublier, mais quand ça touchait Harry ça le laissait rarement indifférent. Blaise connaissait ça, aussi, avec Draco.

-Je sens que ça tourne au mon-meilleur-ami-est-amoureux-de-ton-meilleur-ami-et-c'est-très-dur-pour-tout-le-monde, alors je vais vous laisser ! Lança soudainement Lou en se levant, légère. Je vais prendre une douche.

Elle partit vers le dortoir des filles de septième année et Blaise la regarda un instant s'éloigner. Il se fit la réflexion que Draco ne devrait plus tarder à redescendre de sa douche à lui, et que ça lui ferait peut-être bizarre un instant que Lou Vidal se soit transformée en Ron Weasley en son absence. Ron, qui esquissa un petit sourire.

-T'es amoureux.

Blaise se retourna vivement vers lui, comme s'il avait dit la plus grande des aberrations. Confus, un sourcil froncé, l'autre haussé, il réagit au quart de tour :

-Quoi ?

-Vidal, fit Ron sans se départir de son sourire. T'en es amoureux…

Blaise fronça carrément les sourcils, plissant les yeux.

-N'importe quoi.

Mais Ron n'était pas dupe, et il ne put s'empêcher de rire au ton extrêmement défensif de son ami. On aurait dit qu'il venait de l'accuser d'avoir triché au poker. Mais il fallait tout de même se souvenir que Ron et Blaise avaient passé un peu de temps ensemble il y avait de ça quelques temps, et que Ron était tout de même vachement bien placé pour savoir de quoi il parlait.

-Arrête, s'amusa-t-il, ça crève les yeux.

Alors Blaise se cacha le visage dans ses mains, embarrassé un instant, et se laissa fondre dans son fauteuil :

-N'importe quoi…

Argument contre lequel Ron ne put que rire de nouveau.

.

Harry s'était levé tard, avait mangé en décalé. Pas à la Grande Salle mais directement en cuisine, sur les coups de quinze heures. Puis il était allé voir Hagrid, pour se changer les idées, et résultat c'était lui qui avait dû le réconforter : le Ministère avait été mis au courant que Rubeus gardait un Jaguar à Plumes dans l'enceinte de l'école, et le priait d'apporter Minette à un centre de gardiennage professionnel aussi vite que possible. A l'heure qu'il était son professeur et l'animal devaient survoler l'Angleterre en direction de la Manche, à destination de l'Allemagne.

Il n'avait même pas remarqué que c'était Halloween avant de voir les décorations du château pour l'occasion. Maintenant non seulement il ne pouvait pas se sortir Malfoy de la tête, mais en plus il s'en voulait de ne pas avoir pensé à ses parents une seule fois ces derniers jours. Et puis il n'avait pas vraiment parlé à Ron aujourd'hui. Il s'en voulait pour ça, aussi. Soufflant lourdement, il s'assit sur une des chaises de cours et pencha la tête en arrière. Au-dessus de lui, l'immense plafond vitré de la classe d'Astronomie. Il aurait sans doute pu voir des centaines d'étoiles… s'il n'y avait pas eu de gros nuages d'orage juste devant.

Il y eut un bruit provenant de la porte et il tiqua, se redressa et se retourna. Ça n'avait pas été un bruit au hasard, on avait carrément frappé au battant déjà ouvert en grand. Sa respiration s'arrêta un instant, puis repartit en faisant battre son cœur un iota trop rapidement. Ça aurait pu être de l'agacement, et c'en était sans doute, mais c'était aussi une bonne dose d'appréhension. Merveilleux, il ne lui avait manqué plus que ça.

-T'étais pas au dîner, lui dit Draco doucement. Je me suis dit que tu devais être dans le coin.

Alors Harry serra les mâchoires. Joyeux Halloween.

A suivre...


Je ne sais pas pourquoi... mais je sens que vous ne m'aimez pas spécialement là-tout-de-suite-maintenant... Dans le bon sens du terme, j'espère ! o-o

Bien sûr, vos avis sont plus que jamais les bienvenus !

A mercredi prochain (18/05/16) pour le chapitre 29. :)

Chip.