Je suis en retard...mea culpa. La terminale, c'est vraiment infernal et donc je n'ai pas trop le temps d'écrire...
Il reste un chapitre et l'épilogue et ensuite...fini *confettis*!
Merci à Vorondil pour ta review (je te réponds là puisque je ne sais pas si tu as un compte)! Wouah, un homme sur ce site^^ Je suis contente de savoir que mon histoire plaît.

Araniel avait une impression étrange, et pas des plus agréables. Celle de se retrouver en équilibre au bord d'un gouffre, un gouffre immense et terrifiant, guettant le moindre faux pas de sa part pour l'engloutir. Et le fait que des milliers de regards soient fixés sur elle, ou plutôt sur son dos, n'arrangeait rien.
Le soleil tapait sur sa nuque, reflété de partout par les dallages et les murs immaculés. Elle bouillait littéralement dans sa lourde armure d'apparat.
Araniel fit de son mieux pour ne pas dandiner sur ses genoux ployés. Le sol de pierre était horriblement inconfortable. Elle serra les dents, n'osant relever la tête pour supplier Gandalf du regard.
Ce n'était pas, définitivement pas, le moment de montrer un quelconque signe de faiblesse. Pas alors que la quasi-totalité de la population de Minas Tirith s'était déplacée pour assister à son couronnement. Elle entendait la rumeur qui montait de la foule, elle entendait et ne pouvait l'occulter malgré tout ses efforts. Le pire étant peut-être de ne pas discerner ce qui se disait. Les commentaires, dont elle était, à n'en pas douter, la cible.

J'aurais préféré être sourde.

Elle se demandait si ils avaient vraiment réalisé qui elle était.
Une ranger sortie de nulle part, avec du sang sur les mains, des cicatrices et un physique assez quelconque.
Et femme, par dessus le marché.
Les gens au fond ne devait voir qu'une vague silhouette agenouillée. De dos, et avec l'armure, la différence ne devait pas se voir.

Du coin de l'oeil, elle vit Gandalf prendre la couronne des mains de Gimli.
Elle ferma les yeux. Le poids soudain sur sa tête la fit vaciller. Cette couronne était lourde. Et pas seulement physiquement. Ce qu'elle impliquait l'était aussi. Le contact du métal froid sur son frond trempé de sueur était étrangement apaisant.
- Voici venir les jours de la Reine, proclama Gandalf.

Voilà. C'est officiel.

Elle leva les yeux vers le vieux mage. Il lui sourit, lui renvoyant un regard encourageant. Elle grimaça un sourire crispé.
- Qu'ils soient prospères, dit-il plus doucement.

Plus moyen de reculer, pas vrai?

Araniel prit une grande inspiration. Elle se releva le plus dignement possible malgré les protestations de ses genoux. À cette instant, elle n'avait plus qu'une envie, prendre ses jambes à son cou. Ou de s'évanouir, mais apparemment, ce genre de chose ne se faisait pas sur commande. Elle tenta de réguler le tremblement nerveux de ses mains et fit face à la foule.
Elle n'avait que deux phrases à dire. Deux phrases toutes simples qu'elle avait répétées et répétées en boucle avant de trouver la bonne intonation, le bon débit. Elle se mordit légèrement la lèvre inférieure.
- Je ne peux pas, avait-elle dit à Gandalf avant la cérémonie. Je ne sais pas faire la Reine.
- On ne vous demande pas de faire la Reine, Araniel. Juste d'être vous même.

Le soleil l'éblouissait, l'empêchant de bien distinguer les visages. À contre-jour, au milieu de la foule, elle voyait la silhouette de l'Arbre Blanc à présent refleuri. Elle leva les mains.
- Ce jour n'appartient pas seulement à une personne mais à tous. Rebâtissons ce monde ensemble, et partageons-le en ces jours de paix.
Pendant un instant qui lui parut démesurément long, le silence. Puis un tonnerre d'applaudissement ressemblant au fracas d'un champ de bataille.
Quelque chose se mit à tomber du ciel. Un instant, elle crut à de la neige, mais il s'agissait de pétales blancs et veloutés.

Araniel ne se décrispa pas pour autant. Le protocole exigeait qu'elle chante. Le Serment d'Elendil, un vieil air en Quenya, chanté depuis le jour où, venu de Numenor, son ancêtre avait posé le pied sur les rivages de la Terre du Milieu.
La chanson, en soi, elle la connaissait par coeur. Là n'était pas le problème.
Oh, bien sûr, il lui arrivait de chanter. Le Lai de Beren et Lùthien, notamment. Mais en général, elle était seule dans la nature dans ces moments-là, et n'avait rien d'autre à faire. Elle chantait pour elle-même et pas pour une foule de plusieurs milliers de personnes.
Et puis elle se rappela d'Amon Hen, et qu'elle avait chanté pour lui ce jour là.

Anìron.

Une chanson d'amour. La préférée d'Arwen.
Elle plissa les yeux. Boromir était là, elle le savait, quelque part dans la foule.

C'est pour lui que tu chantes. Pas pour toi-même ou pour ces gens.

Elle pouvait presque le voir sourire d'un air moqueur.
Araniel prit une grande inspiration. Sa voix s'éleva dans les airs, s'affermissant au fur et mesure.
- Et Eärello Endorenna utúlien. Sinome maruvan ar Hildinyar tenn' Ambar-metta. (Par delà le Grand Océan de la Terre du Milieu, je suis venue. En cette place je m'établirais, moi et mes descendants, jusqu'à la fin des temps.)

Araniel ferma les yeux. Les rouvrit. Elle descendit lentement les quelques marches de l'esplanade. À la rencontre de ces gens qu'elle était désormais autorisée à nommer ses sujets.
De chaque côté, une muraille humaine, de sourires à contre jour et d'acclamations indistinctes.

J'ai l'impression d'être la seule à ne pas sourire.

Tous s'inclinaient sur son passage. Ça ressemblait à une mauvaise plaisanterie.
Elle rendit son sourire à Eowyn, debout aux côtés de Faramir, si jolie, l'or de sa chevelure étincelant sous le soleil...
L'amour avait tendance à faire rayonner les gens, elle l'avait remarqué. De fait, lorsque Faramir se trouvait dans les parages, Eowyn s'illuminait littéralement. Leurs fiançailles avaient été assez rapidement prononcées, bien qu'Eowyn, si brave dans la bataille, perde tout ses moyens lorsqu'il s'agissait de sentiments. Elle avait intercepté Araniel au détour d'un couloir, complètement paniquée.
- Araniel, il faut absolument que vous m'aidiez!
La jeune Rohirrim semblait l'avoir élue confidente officielle. Non pas qu'elle s'en plaigne. Après tout, Arwen avait rempli ce rôle auprès d'elle dans sa jeunesse, et à présent c'était son tour.
- Que puis-je faire pour vous?
- Je...savez-vous garder un secret?
- Bien sûr.
- Alors voilà, je...enfin...je suis...je suis fiancée.
Araniel avait dû feindre la stupeur la plus complète. Pas question de lui avouer qu'elle l'avait surprise dans les jardins en train d'embrasser langoureusement son pas-encore-fiancé.
- Non! Et qui est-ce?
Eowyn avait rougi adorablement et baissé les yeux.
- Il...il s'appelle Faramir.
- Le frère de Boromir? avait-elle demandé, l'air de rien.
- L'avez-vous déjà rencontré?
- Son frère me l'a présenté.
Elle avait fait une pause.
- C'est un jeune homme adorable.
- Oh, oui, avait murmuré Eowyn, lointaine. Il l'est.
- Je suis très heureuse pour vous, Eowyn.
La jeune femme lui avait prit les mains, les avait serrées convulsivement.
- Comment ça marche?
La question l'avait prise complètement au dépourvu.
- Comment marche...quoi?
- L'amour.
Araniel avait failli éclater de rire devant l'air éperdu de la petite.
- Mais il n'y a pas de mode d'emploi, Eowyn. C'est quelque chose qui se construit à deux.
- Mais vous et Boromir...
Araniel avait prit Eowyn aux épaules, l'avait regardée dans les yeux.
- Je n'ai pas choisi Boromir, vous savez. Il s'est imposé à moi petit à petit.
Non, elle ne l'avait pas choisi. Mais elle l'avait accepté.
C'était beaucoup.

Eowyn inclina sa tête blonde, ses longues boucles se balançant doucement, imitée par son fiancé. Au soleil, la ressemblance de celui-ci avec son frère aîné était frappante. Elle songeait sérieusement à lui donner des terres.
Faramir, prince d'Ithilien. Cela sonnait bien.
Une image passa devant les yeux d'Araniel.
Une jeune femme blonde vénitien aux yeux gris et tristes. C'était il y a tellement longtemps...
Mais Finduilas était morte, à présent, morte du manque d'affection, de chagrin et d'ennui. Morte de ne jamais avoir revu les eaux cristallines baignant la cité de Dol Amroth.

Au moins, ce ne sera pas le destin d'Eowyn.

En face de la jeune femme se tenait son frère, véritablement royal dans son armure d'apparat.

Il sera un bon roi.

Eomer était unanimement apprécié dans les Marches du Rohan et même au delà. Le gamin exhubérant se révèlait un fin diplomate. Néanmoins, elle ne s'habituait pas à ce qu'il s'incline lui aussi. Cela semblait...surréel.
Et Legolas, Legolas n'arrangeait rien, droit comme un piquet de tente dans ses vêtements de soie elfique brodés d'argent, son physique parfait auréolé de la lumière du soleil. Avec des cheveux noirs, il aurait pu ressembler à Elladan.

En fin de compte, tous les Elfes se ressemblent.
Trop parfaits.

En d'autres temps, elle aurait été nostalgique. Mais depuis, il y avait quelqu'un d'autre.
Legolas plaça sa main sur l'épaule d'Araniel en souriant, et Araniel imita son geste.

Au moins, son insupportable père n'est pas là.

Thranduil ne se serait pas dérangé pour si peu et ce n'était pas, absolument pas une grosse perte.
Elle se demanda soudain, jetant un regard en coin à Gimli, comment il réagirait en apprenant l'amitié nouée par son fils avec le Nain. Sans doute, si elle donnait foi aux rumeurs, à grandes lampées de vin de Dorwinion.
- Hannon le (merci), murmura-t-elle.
Le sourire de l'Elfe se fit vaguement malicieux et il s'effaça sur le côté.
Araniel eut envie de pleurer.
Derrière lui se tenait Lord Elrond. Sur son austère visage s'étalait le sourire le plus franc qu'elle lui eut jamais vu. Le coeur d'Araniel se gonfla de gratitude.

Ada.

Aux côtés du seigneur de Rivendell, flottant haute et majestueuse dans la brise, la grande bannière blanche brodée de l'Arbre Blanc.
L'homme qui la tenait fermement était celui qu'elle cherchait des yeux depuis le début, fier et droit dans ses plates de métal, ses yeux verts prenant des reflets d'acier au soleil.

Mon chevalier en armure brillante.

Il n'était pas parfait comme Elladan ou Legolas. Il avait des cicatrices, des défauts, des faiblesses. Il n'était pas immortel, il n'avait pas de dons particuliers.
Il n'était qu'un homme.

Et c'est pour cela que je l'aime.

Boromir inclina respectueusement la tête.
- Ma Reine, murmura-t-il.
Araniel lui releva le menton. Elle lui arrivait à peine à l'épaule mais elle était juste au bon niveau pour ça.
Tant mieux.
Elle lui agrippa la nuque, l'attira vers elle et l'embrassa.

Elle se fichait que tout le monde puisse les voir.
Elle se fichait qu'on jase.
Elle se fichait de savoir qu'elle confirmait ce que tout le monde savait plus ou moins déjà.
Elle se fichait de cette entorse flagrante au protocole.
Elle se fichait de se comporter tout sauf royalement.
Elle se fichait de tout.
De tout, sauf de l'homme qui la soulevait dans ses bras puissants et la faisait tournoyer dans les airs malgré le poids de l'armure, et de la force du baiser qu'ils échangeaient, comme un défi ouvert lancé au monde. Lorsqu'ils étaient ensemble, ils n'existaient plus qu'eux.
Elle entendit vaguement la foule applaudir, quelqu'un, dont la voix ressemblait bizarrement à celle d'Eomer, lâcher une plaisanterie grivoise, des gens rires.
À travers ses paupières mi-closes, elle vit les yeux d'Elrond humides de larmes. Larmes de joie, certainement, puisqu'il souriait.
Boromir rompit le baiser, à bout de souffle, appuyant son front contre celui d'Araniel.
- Ça va être une longue journée, murmura-t-il.

Ouais. Très longue.

Elle n'avait plus qu'une seule envie, retourner se coucher.
Araniel lui prit le bras pour remonter l'allée.

Au pieds de l'Arbre Blanc, quatre petites silhouettes, trop petites pour être des Nains, mais pas assez pour être des enfants, l'attendaient agenouillés.
- Mes amis, dit-elle. Vous n'avez pas à vous incliner.
Araniel ne savait pas d'où venait la certitude. Elle savait juste qu'elle devait le faire. Ravalant sa fierté, elle mit lentement un genoux en terre.
Boromir accompagna le premier son mouvement, serrant brièvement son bras en signe d'approbation.
Un grand vacarme de métal, de bruissement de tissus, de raclements contre les dalles derrière elle lui apprit que la foule entière l'avait imitée.
À présent, elle se sentait véritablement reine.

Amusant, les têtes qu'ils font.

Les quatre Semi-Hommes semblaient en effet complètement perdus, affreusement mal à l'aise. Pippin se dandinait d'un pied sur l'autre, horriblement gêné, Merry virait à l'écarlate, et Sam avait les yeux rivés au sol. Seul Frodo contemplait la foule. Mais si sa bouche souriait, ses yeux, eux, étaient tristes.
Éteints. La lumière en avait disparu, et Araniel savait qu'elle ne reviendrait pas. L'Anneau ne laissait jamais vraiment partir ses victimes. Et même si c'était triste, elle ne pouvait rien y faire.

Elle mit fin à leur calvaire en se relevant. Son armure trop lourd cliqueta alors qu'elle s'appuyait le plus discrètement possible sur Boromir.
Elle voulait que cela cesse. Elle voulait rentrer à l'intérieur du palais, s'y calfeutrer et n'en plus jamais ressortir.
Malheureusement, ce n'était qu'une vue de l'esprit.
Il lui fallait encore subir le repas, les félicitations d'usage, le protocole, et toutes autres perspectives fort séduisantes, avant d'avoir le moindre moyen d'intimité.
Au moins, elle n'affronterait pas l'épreuve seule. En tant qu'Intendant du Gondor et désormais presque-consort royal, Boromir devrait aussi en passer par là.
Elle lui tenait la main lorsqu'elle rentra dans le palais. Et lorsqu'elle s'assit sur le trône du Gondor, ce trône tout simple de granit froid, il se tenait debout derrière elle, comme une sentinelle.

Et elle dût bien se rendre à l'évidence qu'il avait raison.
La journée fut très longue.
La seule personne à laquelle elle avait véritablement envie de parler était son Ada, et l'intercepter sans faire attendre le reste des courtisans était une gageure. Elle réussit néanmoins à l'entraîner pour une promenade dans les jardins.
- Je suis heureux pour toi, Estel, lui dit-il d'emblée. C'est un homme noble et sage malgré sa jeunesse.
Elle faillit rappeler à Elrond qu'à quarante ans, Boromir n'était plus exactement un jeune homme, plutôt un homme fait et mûr, mais elle se retint.
Pour Elrond, tout le monde était jeune. Même elle. Surtout elle.
- Sais-tu ce que signifie Araniel? demanda-t-il de but en blanc.

Oui, je sais.

Elle hocha la tête.
- Fille de Roi. Princesse. Tous les termes que vous voudrez.
Elrond sourit.
- Tu as grandi, Estel. À présent, la princesse doit devenir Reine.
- Je ne peut pas rester Araniel. Dommage, je l'aimais bien, conclut-elle d'un ton sarcastique.
- Tu es Elessarì, Pierre Elfique de la Maison d'Elendil. Tu l'as toujours été.
- Si vous le dites, soupira-t-elle en haussant les épaules.
Elrond s'assit sur un banc de pierre.
- Il y a certaines choses que tu dois savoir.
Elle sut d'instinct qu'elle n'allait pas aimer.
- Araniel, commença-t-il, lorsque tu étais enfant, tu me demandait toujours pourquoi ta Nana ne t'aimais pas.
Elle fronça les sourcils.
- Je ne m'en rappelles pas.
- Gilraen s'est toujours montré distante et exprimait peu ses sentiments, mais je peux te l'assurer, elle t'aimait.
Peut-être aurait-elle dû ressentir quelque chose, mais ça lui semblait...distant.
Oublié.
Araniel regarda fixement le sol.
- Elle ne me l'a jamais dit.
Non.
La seule conversation qu'elle se rappelait avoir tenu avec sa mère se limitait à "Tiens-toi droite! Lèves la tête!" ou encore "Va te laver, tu ressembles à une souillon!"
- J'avais l'impression que quoi que je fasse, ça ne serait jamais assez pour elle, dit-elle lentement. Elle ne me souriait jamais. Une fois, je lui ai apporté des fleurs et savez-vous ce qu'elle a dit?
Elle eut un grand geste théâtral.
- Une Dame ne se souille pas à cueillir de la mauvaise herbe!
Elle frissonna au souvenir.
- J'avais six ans, Ada.
Elrond lui jeta un regard plein de pitié.
- Elle ne comprenais pas pourquoi tu ne venais jamais vers elle, pourquoi c'était moi que tu venais voir quand tu t'étais blessée, pourquoi c'était à moi que tu venais parler. Tu étais une énigme pour elle, et elle s'en voulait terriblement parce qu'elle pensait que c'était de sa faute. Et je crois qu'elle m'en voulait aussi.
- Elle voulait une dame qu'elle aurait pu modeler à sa fantaisie, quelqu'un...qui lui aurait ressemblé.
- Tu lui ressemble. D'une certaine façon.
- Je ne vois pas en quoi, marmonna-t-elle.
Elrond rit.
- Elle était aussi bornée que toi sur certaines choses.
Araniel se mordit les lèvres.
- Je suis reine. Est-ce que je suis finalement devenu ce qu'elle voulait que je sois?
Elrond se leva, fit les cent pas dans l'allée.
- Gilraen s'en voulait que tu aie à porter ce fardeau. Il ne t'était pas destiné.
- Que voulez-vous dire?

L'Elfe inspira profondément. Un pli soucieux lui barra le front, et pour la première fois Araniel remarqua les marques de l'âges sur sa figure, si inhabituelles pour un Elfe.
- Il y avait un autre enfant avant toi, un fils, qui n'a pas vécu.
Araniel eut soudain froid. Elle frissonna malgré le soleil qui la faisait littéralement cuire dans son armure.
- J'avais un frère, murmura-t-elle.
Elle se demanda si il se serait comporté avec elle comme Boromir avec Faramir.

Ce n'est pas juste.

- La fièvre l'emporta alors qu'il n'avait que quelques semaines. Il se nommait Aragorn.
- Est-ce qu'il...me ressemblait?
Elrond soupira.
- Ta mère s'est toujours demandé si son petit garçon ne s'était pas réincarné dans le mauvais corps. Elle le voyait en toi, et c'est pour cela qu'elle ne savait comment réagir avec toi. Elle ne voulait pas perdre un autre enfant après la mort de ton père, et le fait que la tâche qui aurait été celle de ton frère te revienne lui pesait terriblement.
- J'ai vécu toute ma vie avec le fantôme d'un frère que je n'ai même pas connu, dit-elle d'une voix tremblante. Ce n'est pas juste.
- Non, admit tristement l'Elfe. Ce n'est pas juste.
- Araniel?

Elle se retourna. Boromir se tenait sous l'arche de pierre, l'air vaguement inquiet.
- Ah, Boromir, le héla Elrond. Puis-je avoir un mot, je vous prie?
Il se détendit visiblement et hocha la tête.
- Bien sûr. Araniel, mon oncle Imrahil aimerait te parler.
Elle se leva, salua Elrond de la tête et se dirigea vers la grande salle.
Son fiancé la retint par le bras alors qu'elle passait près de lui.
- Araniel, murmura-t-il, tout va bien?
Elle sourit et l'embrassa sur la joue.
- Ne t'inquiètes pas.

Imrahil de Dol Amroth était un vieil homme charmant et tonique, rappelant un peu feu le roi Theoden dans son attitude. Quand à sa fille, Lothiriel, c'était tout bonnement le portrait craché de Finduilas, avec ses yeux gris vert et ses cheveux blonds vénitiens. Mais les yeux de Finduilas avaient été tristes et ceux de Lothiriel brillaient de joie. La jeune femme semblait apprécier le roi du Rohan, et Eomer ne semblait pas du tout s'en plaindre.
Araniel se promit de surveiller cela de près.

Néanmoins tous les courtisans n'étaient pas aussi intéressants, et la pensée qu'elle devrait désormais les supporter toute sa vie lui était aussi désagréable qu'un furoncle placé à un endroit particulièrement sensible.
Aussi fut-elle plus que soulagée lorsque le signal de la dispersion fut donné et qu'elle put regagner ses appartements.
Elle dégrafa la lourde cape de velours et l'abandonna sur le sol avant d'arracher ses bottes et de les balancer à travers la pièce.
Le claquement du panneau de bois lui apprit que Boromir venait d'entrer dans la pièce.
- Ces maudits lèches-bottes auront ma peau, gémit-il en se versant un verre de vin. Je viens de subir Dame Tanda pendant une demie-heure!
- La petite grosse avec une perruque? s'enquit-elle avec un ricanement.
- En personne, marmonna le Gondorien en sirotant son verre. Et c'est inhumain de ta part de m'avoir laisser affronter cette épreuve seul.

Araniel s'escrima un moment sans succès sur les rivets de sa cuirasse. Trop serrés, il refusaient de tourner et de la libérer. Et l'armure commençait vraiment à l'oppresser.
- Boromir, tu pourrais m'aider à retirer cette saloperie? s'énerva-t-elle.
Le gondorien posa son verre, fronça les sourcils, sortit sa dague qu'il glissa entre les plates et fit sauter les rivets.
Araniel bondit littéralement hors de la cuirasse qui s'effondra au sol dans un grand fracas de métal. Elle fit passer rapidement la cotte de maille par dessus sa tête et poussa un soupir de soulagement.
- Il était temps. J'ai cru que ça ne finirait jamais.
Ses épaules la lançaient terriblement et elle grimaça de douleur. Boromir haussa un sourcil en la voyant s'étirer précautionneusement, mâchoires serrées.
- Courbatures? demanda-t-il.
- À ton avis? grinça-t-elle.
Le moindre mouvement envoyait des flèches de douleur dans ses omoplates.
- Retire ta chemise, ordonna Boromir, et allonges-toi sur le ventre.
Araniel hésita un peu avant d'obtempérer. Elle fit lentement passer sa tunique par dessus sa tête et s'étendit sur le matelas, savourant la sensation des draps frais contre son ventre. Le lit craqua, indiquant que le gondorien venait de s'y assoir.
Araniel ferma les yeux de contentement.
Les pouces de Boromir lui massaient doucement les omoplates, et la douleur s'estompait peu à peu comme si elle n'avait jamais existé.
Bientôt ce ne fut plus médical et précautionneux, mais lent et sensuel. Elle ne put retenir un gémissement sourd.
Boromir planta un baiser au milieu de son dos, juste sur une cicatrice, avant de descendre doucement, sa barbe frottant sur sa peau.
- Hache, murmura-t-elle. Un Gobelin isolé dans les Monts Brumeux.
Il lui mordit doucement le bas du dos et elle se cambra légèrement.
Boromir caressa du bout de la langue une fine ligne irrégulière sur sa hanche.
- Un Orc, du temps où je servais Thengel. Son épée était plus longue que la mienne.
Le gondorien effleura du doigt un cercle de petites cicatrices dures sur son bras.
- Et ça?
Elle frissonna instinctivement au souvenir.
- Gollum.
Son fiancé grimaça de dégoût.
- Tu as de la chance que ça ne se soit pas infecté.
Araniel se redressa, suivant du doigt la ligne de la mâchoire du gondorien.
Elle rit. Avec lui, tout semblait si...simple.
- J'ai beaucoup de chance, en effet.

Et la meilleure chance que j'aie, c'est de l'avoir, lui.

Elle riait encore alors qu'il la faisait basculer en arrière sur le lit et qu'il la faisait sienne à nouveau, comme si c'était la première fois.
- Je t'aime, murmurait-il comme une litanie à son oreille avant même que les dernières brumes de plaisir se soient dissipées.

Je sais.

L'auteur: Et maintenant...les réponses aux questions!
Araniel: Erù, donnez-moi la force.
Boromir: Je sens venir un truc abominable, là...
L'auteur: Première question, celle de...*roulement de tambour*...Toutouille!
Boromir: C'est qui?
Araniel: Tu sais, une des personnes qui laissent des reviews. L'auteur dit qu'on doit être gentils avec elles.
Boromir: Pourquoi?
Araniel: Ça a quelque chose à voir avec l'équilibre mental de l'auteur.
Boromir: J'en ai rien à foutre, moi.
L'auteur: *tousse*
Toutouille: Araniel, entre Boromir et Elladan c'est qui le meilleur coup?
Boromir: Qu'est-ce que je disais?
Araniel: ...
L'auteur: Alors, alors, alors?
Araniel: ...
Boromir: Mais réponds, enfin!
Araniel: Faudrait faire un plan à trois pour comparer.
Boromir: ...
Araniel: Désolée.
Boromir: Je suis pas contre le principe.
L'auteur: Un threesome? *bave*
Boromir: Si cette folle pose encore une seule question, je lui fait la peau.
L'auteur: Ça va, il n'y a que deux questions aujourd'hui.
Boromir: *grogne*
L'auteur: Donc question suivante, celle de...Julindy!
Julindy: Araniel, sachant que tu vivras beaucoup plus longtemps que Boromir, comment vois-tu ta vie après sa mort? Veux-tu quand même des enfants? Penses-tu te remarier ou te remettre en couple, ou rester célibataire? Rester reine ou abdiquer?
Boromir: Elle m'enterre déjà, celle-là.
L'auteur: *tousse* syndrome Sean Bean *tousse*
Araniel: Ben en fait...c'est le prochain chapitre ça.
Boromir: Je vais MOURIR dans le prochain chapitre?
L'auteur: Spoileeeeeer!
Boromir: Je vais MOURIR dans le prochain chapitre?
Araniel: Mais non.
L'auteur: Il reste DEUX chapitres dans cette histoire, Boromir.
Boromir: Je hais l'auteur.
Araniel: Moi aussi. Tu as vu tout ce qu'elle m'a fait subir en vingt-neuf chapitres?
L'auteur: Et vous savez combien j'ai souffert pour finir cette fic? Pour vous faire vivre à travers mes mots? Pour faire face au manque d'inspiration et de temps? Combien d'heures de mon précieux sommeil j'ai sacrifié?
Boromir: ...
Araniel: ...
L'auteur: J'aurais du laisser mourir Boromir dans le chapitre huit, tiens. Et caser Araniel avec Leggy.
Boromir: Quoi?
Araniel: Avec Legolas? Non mais ça va pas?
L'auteur: Bandes d'ingrats. Vous avez de la chance que je ne sois pas G.R.R. Martin.
Boromir: C'est qui?
Araniel: Sais pas.

Vous aussi, posez une question par PM ou review!