Dear Guest,
It's, I don't know, the fourth or fifth time I recieve your reviews asking me to translate my fanfiction in English. While I am very pleased that you want to read my works so badly, I am also very aware that I lack a lot of vocabulary to translate them properly. It's not a definitive answer, and I may be tempted to write one or two of my one-shot in English someday. Not now, though, because I have my internship and my thesis taking a lot of my time. If you leave me your e-mail address (with spaces, because otherwise, ffnet will suppress it), I promise I'll let you know when I do. Although, to be honest, I'm not sure if it won't be quicker if you learn french XD
Chapitre 29 : Le lendemain
Le lendemain matin, à ma grande surprise, Kratos m'attendait. J'étais prête à parier qu'il m'aurait évitée, même en prenant en compte ses affirmations répétées que sa... révélation ne changerait rien entre nous. Je me suis assise à la petite table où un copieux déjeuner m'attendait, et Noïshe s'installa contre ma chaise – dans l'espoir sans doute de me charmer pour que je lui en cède une partie.
« Il y a quelque chose que j'ai oublié de te dire hier, commença Kratos plutôt brusquement. »
Je me suis raidie, mais il a refusé d'en tenir compte, faisant simplement glisser un papier dans ma direction. Je m'en suis saisie et j'ai commencé à lire. Au fur et à mesure que je déchiffrais l'écriture nerveuse de Kratos, je sentais mes yeux s'écarquiller. À la fin, j'ai posé la feuille à côté de moi.
« Tu es sûr de tes informations ? »
Kratos a hoché la tête.
« Le problème sera plutôt de réunir tous les éléments dont nous avons besoin, a-t-il ajouté. Il serait bon aussi de chercher aussi un nain dès à présent. Même si nous ne pouvons pas forger l'anneau tout de suite, il pourra au moins fabriquer un serti-clef pour ton exsphère. »
J'ai hoché la tête, caressant machinalement la petite bille ronde sur ma main droite. Depuis que j'avais commencé à aider la résistance, elle me faisait moins mal. J'étais incapable de savoir si c'était parce que j'avais d'autres préoccupations ou si c'était une évolution normale. Kratos avait raison, cependant : il valait mieux que je l'enlève le plus tôt possible... Soudain, j'ai réalisé un second détail :
« Les autres prisonniers vont aussi en avoir besoin, non ? »
J'ai senti que j'avais mis Kratos mal à l'aise, mais il a acquiescé d'un signe de tête. Je me suis maudite à l'idée que ce détail m'ait échappé si longtemps. Il fallait que j'en parle avec Rhiannon le plus vite possible...
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Anna s'excusa très rapidement pour aller prévenir Rhiannon de la nécessité de prendre contact avec un nain. Kratos la laissa partir, hésitant entre soulagement et désappointement. Soulagement parce que depuis la veille, il craignait toujours un peu ses échanges avec Anna. Qu'elle sache ses sentiments le laissait mal à l'aise, il se sentait vulnérable – quand bien même il savait, rationnellement, que cela ne changeait rien entre eux – et, au vu de leurs nombreux accrochages passés, il craignait de la voir se mettre sur la défensive pour n'importe quel prétexte. Soulagement aussi – surtout – de voir que la jeune femme n'avait pas l'intention de mentionner sa tirade de la veille. Mais il était aussi déçu, il devait bien l'admettre, de voir que le réseau faisait toujours partie de ses priorités.
Il se renfonça dans sa chaise. Et maintenant qu'il avait trouvé ce qu'il cherchait à Asgard, qu'allait-il faire ? Il doutait fortement qu'Anna accepte de partir, quelle qu'en soit la raison. Il le comprenait, d'ailleurs.
Noïshe, qui s'était installé à ses pieds, releva brusquement la tête, puis l'inclina vers Kratos, d'un air presque de reproche. Ce dernier soupira.
Il n'y avait qu'une seule réponse à cette question malgré tout.
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J'avais trouvé Rhiannon en train de travailler sur notre projet. J'ai hésité, me souvenant des révélations de Colin, incapable de me souvenir comment je me comportais habituellement avec elle, mais j'ai rapidement éliminé ces questions.
« Il y a quelque chose à laquelle nous n'avons pas pensé, ai-je annoncé tout de go. »
Notre chef a écrasé machinalement sa cigarette et m'a fait signe de continuer :
« Les exsphères. Ce sont des parasites qui se nourrissent du mana d'une personne et qui finissent par les tuer. Ce n'est... pas tellement visible, ni très rapide. Sauf si un déséquilibre se produit, et là, la personne qui la porte peut se transformer en monstre. C'est assez rare, mais...
-Mais il y a un moyen de contrôler cela, non ? Les Désians les utilisent aussi, et je les vois mal...
-Oui. Cela s'appelle un serti-clef. D'après ce qu'a dit Kratos, cela permet d'harmoniser la manière dont circule le mana... Mais seul un nain peut travailler le métal et y graver les runes qui permettent de l'activer. »
Rhiannon croisa les bras.
« C'est assez gênant, en effet. D'autant plus qu'il faudrait intervenir lorsque les prisonniers seront encore rassemblés... »
J'ai hoché la tête : je n'avais pas de réponse à cette question.
Le soir venu, lorsque la majorité de notre groupe s'est trouvée réunie, Rhiannon en a parlé. Il y a eu un long silence.
« Nous pouvons attendre d'entendre parler d'un nain, a proposé quelqu'un.
-Kratos a affirmé que la plupart avaient rejoint le Cruxis ou avaient coupé tout contact avec la surface, ai-je répondu d'une petite voix.
-On peut toujours garder une oreille ouverte, a protesté quelqu'un. Plein de marchands viennent à Asgard, l'un d'entre eux saura peut-être... »
Rhiannon a hoché la tête :
« Certes. Mais le temps joue contre nous. Que faisons-nous si nous n'avons aucune information ? Nous repoussons notre action jusqu'à d'hypothétiques nouvelles, au risque que tout soit découvert ? Au risque de voir la ferme changer encore plus depuis ce qu'Anna nous a décrit ? »
Il y a eu un léger moment de flottement dans la foule. Les gens hésitaient, parce Rhiannon avait raison. Pendant quelques secondes, j'ai admiré cette femme, capable d'affronter toutes les alternatives et de les présenter au public sans leur laisser le choix de biaiser et d'éviter le problème. Et je l'ai détestée d'autant plus de ne pas m'en laisser la possibilité.
« Nous ne pouvons pas faire ça, n'est-ce pas ?, a-t-elle conclu devant le silence. »
J'ai laissé mon regard se promener sur les autres plutôt que de répondre ce qu'il fallait, parce que je ne pouvais pas. À quelques pas de mot, le visage de Colin, sombre et orageux, m'a interpellé. Il avait rentré la tête dans les épaules, comme pour se protéger d'un coup pourtant, c'est lui qui a osé prononcer tout haut :
« Il va falloir une date butoir. »
J'ai fermé les yeux.
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Anna était revenue avec la nuit. Elle était restée immobile, dans l'entrée, jusqu'à ce que Noïshe aille saisir délicatement sa main dans sa gueule et la fasse avancer. Elle se laissa tomber sur le canapé.
Kratos n'avait pas osé dire un mot il attendit qu'elle se mette à parler, mais le silence les enveloppait.
« Que s'est-il passé ? »
Elle haussa les épaules, dans un geste faussement négligent.
« Rien. Simplement – tu t'en doutes – il ne connaissent pas de nain. Et cela veut dire que... Que nous allons libérer les prisonniers, mais qu'ils... qu'ils vont quand même... »
Kratos posa une main qu'il espérait réconfortante sur son épaule pendant que Noïshe posait sa tête sur ses genoux.
« Anna..., commença-t-il sans trop savoir ce qu'il pouvait lui dire. Nous n'avons pas de piste pour un nain non plus – nous n'en avons jamais vraiment eue. Mais regrettes-tu pour autant d'être libre ? »
Elle secoua la tête mais n'osait pas le regarder.
« J'aurais juste tellement aimé qu'ils... que je puisse les sauver. Totalement. Et Rhiannon a beau dire que nous attendrons jusqu'au milieu de l'été, on sait tous que... »
Il serra les mâchoires. Il ne pouvait pas lui répondre que c'était aussi ce qu'il souhaitait pour elle, mais c'était les seuls mots qui lui venaient à l'esprit. Il se contenta de rester à côté d'elle.
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J'ai fini par m'endormir et je me sentais un peu mieux le matin suivant. C'était un jour chômé, une fête de la ville ou quelque chose du genre. Je me suis levée et, Kratos n'étant pas là, je suis sortie. J'ai marché un peu au hasard des rues, quand une voix m'a hélé. Je me suis retourné et ai vu Colin qui me faisait signe. Lui aussi semblait avoir mal dormi.
Quand je lui ai posé la question, il a simplement haussé les épaules :
« Ce n'est pas facile à accepter. Mais Rhiannon a raison... On ne peut pas laisser passer l'été. »
J'ai hoché la tête, mais je savais bien que cela nous travaillait encore. Un silence gêné nous a enveloppé, et puis Colin a brusquement changé de sujet :
« Je ne t'ai pas demandé : comment cela s'est passé, avec Kratos ? Je suis désolé si je me suis immiscé dans quelque chose qui ne me regardais pas, mais... »
J'ai secoué la tête. Je ne savais pas trop quoi dire s'il y avait même quelque chose à raconter. J'ai fini par résumer :
« On a parlé. Tu avais raison. »
Il a levé le sourcil.
« Et toi ? La dernière fois qu'on en a parlé, tu n'étais pas vraiment... consciente de ça. »
J'ai froncé les sourcils :
« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Il sait que je ne peux pas – que je ne suis pas prête. »
Colin a penché la tête sur le côté – c'est vrai, il ne savait rien.
« À cause de la ferme ?, a-t-il tenté. »
J'ai hésité.
« C'est juste – j'ai bien d'autres choses à penser, à régler, tu sais ? Comment est-ce que je vais vivre, qu'est-ce que je vais faire de mon futur... Je ne peux pas vivre comme tout le monde, tu vois ? Avoir un travail, une maison, me marier... Je sais que je ne peux pas. Mais je ne sais pas ce que je veux, tu vois ? »
J'ai hésité, mais Colin me regardait sans rien dire, et j'ai su qu'il cherchait simplement à me comprendre. C'est pour cela peut-être que j'ai osé continuer mes explications :
« À la ferme, je n'avais pas de futur, tu vois. Avant, j'allais hériter de la boutique de mes parents, me marier avec un homme, certainement Yvan, avoir des enfants qui hériteraient du commerce à leur tour. Peut-être que nous aurions tenté de l'agrandir... Mais c'est tout. Et à la ferme... Le futur cesse d'être une possibilité. Il n'y a que le présent, parce que sinon, tu te laisses mourir de désespoir. Et maintenant... Je ne sais pas comment faire. »
Colin a hésité. Nous avions continué de marcher ensemble, et puis nous nous étions perché sur un muret. Il croisait et décroisait ses doigts pensivement.
« C'est si important pour toi ?, a-t-il finalement demandé. De savoir précisément ce que tu seras dans cinq, dix ans ?
-Ça ne l'est pas pour toi ?
-Hé bien... Pas vraiment. Une fois que je finis mon apprentissage avec O'Brien, je sais que je vais faire mon compagnonnage ailleurs. Je me suis toujours dit que je verrais bien où est-ce que je me plairais à ce moment-là. Ou alors je continuerais d'être sur la route. »
J'ai secoué la tête :
« Mais tu sais quand même que tu seras menuisier, non ? »
C'était un demi-mensonge : je savais très bien ce que j'allais faire dans les prochaines années. Me battre contre le Cruxis. Mais après ?
Colin a rit :
« Oui, sans doute. Tu sais qu'avant de travailler pour O'Brien, j'allais hériter de la petite auberge à l'entrée de la ville ? C'est mon oncle qui en est le gérant, et il n'a pas d'enfants. J'y ai travaillé trois ans, et puis j'ai compris que jamais je ne ferai ça. Et peut-être que ce sera la même chose avec le bois. Qui peut prédire le futur ? Je verrai à ce moment-là... »
Je l'ai regardé avec surprise, et il a continué :
« Ce que je veux dire – c'est que ce n'est peut-être pas si important ? Je sais que la ferme a... a été terrible, pour toi, et je sais que tu vas vivre avec cela toute ta vie, mais... »
Je n'ai pas su quoi répondre. J'ai secoué la tête et j'ai changé de sujet. Même Colin ne pouvait pas comprendre, pas vraiment.
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Kratos retrouva Anna à l'heure du déjeuner. Il était retourné aux archives afin de vérifier ses informations sur les minéraux – plus pour s'occuper et éviter la présence de la jeune femme que par véritable besoin – mais il avait fini ce travail plus tôt qu'il ne l'avait espéré.
La jeune femme était encore songeuse. Il hésita quelques secondes, puis finit par proposer :
« Tu sais – nous allons aussi avoir besoin de l'aide d'un nain. Si le groupe reste en contact avec une partie des évadés, nous pourrons aussi faire passer l'information. »
Anna le regarda avec surprise. Elle prit le temps de réfléchir, avant de répondre :
« Est-ce que ce n'est pas dangereux ? Les Désians seront sur le qui-vive, non ? Si nous gardons des informations sur les prisonniers et que l'un d'entre nous se fait capturer... »
Il soupira. Il était parvenu aux mêmes conclusions de lui-même, mais il avait espéré qu'elle ne le réaliserait pas.
« J'en parlerai à Rhiannon, reprit soudain Anna. De toute façon, il faudra trouver un moyen de rester en contact – peut-être qu'ils auront des nouvelles avant nous... »
Kratos la regarda avec surprise :
« Tu comptes repartir ?, demanda-t-il sans pouvoir s'en empêcher. Je veux dire – je pensais qu'avec le groupe... »
Anna le regarda quelques secondes.
« Bien sûr, finit-elle par répondre d'une voix assurée. Je veux mettre fin au Cruxis. C'est simplement... je ne peux pas ignorer ce qu'ils font ici. Je ne peux pas laisser quelqu'un résister alors que je peux leur apporter mon aide. Mais oui, j'allais continuer avec toi. »
Il hocha la tête, le moment trop solennel pour qu'il ose rajouter quelque chose. Anna finit par le briser en piochant dans son assiette. Il suivit son exemple, soulagé au delà des mots de ce qu'elle venait de lui affirmer.
A/N : Oui je sais. Pour ma défense, Anna n'a aucune envie de tomber amoureuse XD
Merci à Alienor et Marina pour leurs reviews et à Tetelle toujours fidèle au poste de relectrice.
