Je dirais même plus Zuutt : vive les Poufsouffles ^^ Pour la forme d'animagus de Crystall, pour le moment c'est juste pour satisfaire votre curiosité, mais je pourrais bien le reprendre à l'occasion.

Crystall ne renoncera pas avec sa sœur, ne t'inquiète pas ! Elle est juste triste d'être la seule à faire des efforts et elle ne sait pas non plus comment se comporter vis-à-vis d'elle. Crystall se sent responsable de la mort de leur famille et par conséquent de la situation dans laquelle Aileen se trouve. Alors elle a du mal à lui imposer en plus sa présence. Qui voudrait que le meurtrier de sa famille s'incruste dans sa vie, hein ? Voilà en gros ce qu'il se passe dans la petite tête de Poufsouffle de Crystall.

Merci Niris ! J'espère que la suite continuera à te plaire ^^

Te revoilà Elarim, je vais finir par m'habituer à ta présence dans mes reviews ! Oui, tu as la pression maintenant (je sais où tu habites, méfie-toi) XD

Pour Remus, je ne suis pas certaine qu'il ait fait grand chose entre sa sortie de Poudlard et son poste d'enseignant là bas. Il est décrit comme miteux et malade dans les bouquins. S'il avait été prof, je pense qu'il aurait quand même au minimum pu s'acheter de nouveaux vêtements, quitte à vivre dans le monde moldu. En général les profs sont bien habillés X) Perso, je pense que puisqu'il est fiché comme étant un loup – garou le Ministère de la Magie c'est débrouillé pour qu'il n'ait jamais de vrai emploi. Il le dit (je ne sais plus à quel moment) « quand les gens apprennent mon infortune, ils se détournent de moi ».

Je ne savais pas que ça s'appelait un mohawk, tu m'as appris un nouveau mot, mais c'est tout à fait comme ça que j'imaginais la coiffure de Dante ! C'est bien, tout le monde commence à se demander ce qu'il se passe avec lui *sourire satisfait*

Alors pour le double alphabet, y'a une raison toute bête. Je me suis rendue compte dans ma fic que j'utilisais les runes un coup comme un symbole associé à une action ou une chose et l'autre coup comme un alphabet classique. Alors j'ai décidé que les runes auraient deux alphabets distincts. Mais très bonne comparaison avec le japonais. Je la ressortirais à l'occasion si j'ai besoin de donner une réponse intelligente à cette question XD

Et pour la rune sur la gamine, en fait je commence à placer des éléments pour une autre histoire qui sera publiée dans pas si longtemps que ça. Le pourquoi de cette rune sera donc expliqué dans une autre fic. Mais va encore falloir attendre un peu.

Oui, prior incantato permet seulement de voir le sort le plus récent lancé par la baguette. Et après avec un destructum, tu peux détruire la trace laissée. Ce sort n'a aucun intérêt en vrai à moins d'attraper le coupable la main dans le sac. Quant à la raison pour laquelle il n'y a pas eu plus de morts à Poudlard : Harry Potter est une saga pour les enfants. La magie doit faire rêver, pas amener des montagnes de morts. Et aussi que les bagarres dans les couloirs ne sont pas faite pour assassiner les autres. Sans compter que l'Avada doit demander une puissance magique trop grande pour que des enfants puissent le jeter... Voilà ma théorie, après elle est discutable comme tout.

Pour le corbeau, il faut chercher spécifiquement « symbolisme corbeau » pour trouver (presque) toutes les informations sur Wiki.

Bonne lecture :)


La Concurrence Mangemort

Mercredi 9 Janvier 1980 : chez moi

C'est pas vrai ça ! Andreas a de nouveau débarqué à l'improviste. J'étais au beau milieu d'une potion quand ça a sonné. Je suis allée regarder par le judas en grommelant contre ces empêcheurs de potionner en rond. On dirait que c'est la nouvelle mode. Quand j'ai vu de qui il s'agissait, je ne lui ai pas ouvert. Je suis plutôt allée me pencher à la fenêtre pour demander :

- Qu'est ce que tu veux ? Je n'ai pas le temps là !

Il s'est tourné vers moi. M'a regardée une seconde. Puis a transplané. Je me suis dit qu'il devait avoir compris. Jusqu'à ce que deux mains se posent sur le bord de la fenêtre où je me trouvais. J'ai sursauté et ça lui a suffi pour se hisser dans le salon par la fenêtre. Ce connard s'est servi du transplanage pour atteindre la fenêtre ce qu'il n'aurait pas pu faire depuis le sol. Je n'aurais jamais pensé qu'on pouvait utiliser le transplanage de cette manière...

Il y a bien des sorts qui sont posés sur les fenêtres sorcières pour éviter que les insectes n'entrent quand on les ouvre. Mais face à Andreas, qui est bien plus gros qu'un insecte, ça n'a pas servi à grand-chose.

Je me suis précipitamment écartée, me souvenant encore de la dernière fois. Il a dégainé une de ses cimeterres et me l'a lancée. Je l'ai rattrapée, et cette fois, j'ai décidé de la garder en main. La dernière fois, il avait profité que je la lâche pour la récupérer et m'attaquer avec deux lames ! J'ai retenu la leçon.

Par contre, je m'en suis pas mieux tirée, malheureusement. Il n'a pas été plus conciliant. J'ai bien essayé de trouver une prise sur l'épée, et de bloquer ses coups. Mais j'avais du mal à positionner mes mains. Avec une seule sur la poignée je n'arrivais pas à soutenir ses coups, mais j'avais du mal à faire tenir les deux dessus...

Il est beaucoup plus puissant que moi. Résultat: il a fini par m'arracher l'épée des mains. Et il a posé la pointe de son arme sur ma gorge. J'ai tenté de reculer, mais j'étais acculée dans un coin du salon. Le cœur battant, j'ai relevé le menton quand il a remonté son arme le long de ma gorge. On est resté immobiles quelques secondes. Ses yeux étaient vides de toute chose. J'avais l'impression qu'il aurait pu m'égorger là de sang froid et sans rien ressentir après.

- Tu es encorrrrre morrte Crrrystall, m'a t –il dit. La guerrrre ne s'arrrête pas parrrrce que tu n'as pas le temps ! Et tu me fais perrrdrrre le mien.

- Pardon ? Qui vient ici pour m'attaquer ?

- Tu n'as rien apprrrris depuis la derrrnièrrrre fois !

- Tu vas baisser ton arme oui ? me suis – je énervée.

Lentement, il s'est exécuté. Il l'a rengainée, et est allé récupérer l'autre. Puis, il a fait mine de s'en aller.

- Oh attends ! Tu ne vas pas t'en tirer comme ça cette fois ! ai – je dit. Tu viens, tu charcutes le mobilier et tu te barres en me laissant tout ranger ? Tu te prends pour qui ?

Il m'a souri, puis s'est mis à courir. Je l'ai regardé faire, stupidement. Puis, il a sauté par la fenêtre la tête la première, comme un plongeur à la piscine. Quand je me suis précipitée pour regarder, il avait disparu. Il a sans doute transplané en plein saut. Et il a quand même réussi à se barrer sans rien ranger ! J'en ai pour des heures !

Samedi 12 Janvier 1980 : Citadelle

Je continue toujours mes recherches. Zilphya était déjà dans la bibliothèque, assise sur le balcon, quand je suis arrivée. Toutes les fenêtres de la pièce étaient grandes ouvertes. Il y faisait un froid de canard. Je suis certaine qu'elle l'a fait exprès pour que je me les gèle. Il ne fait déjà pas chaud à la Citadelle le reste du temps, alors là…

- Tu ne regardes pas assez sa façon de bouger, m'a t –elle dit alors que j'entreprenais de fermer les fenêtres.

- Quoi ?

- Andreas Negresco. Tu ne fais pas suffisamment attention à sa façon de bouger quand il t'attaque. Avec un peu d'entraînement, on peut deviner le coup porté rien qu'à la façon dont le corps se place. Il faut stabiliser son corps d'une certaine façon pour pouvoir porter tel coup sans être déséquilibré.

- Parce que tu es aussi spécialiste en épée ? ai – je ironisé.

- Ma Famille était prudente, a t –elle répondu avant d'ajouter en me voyant lever les yeux au ciel : et tu n'as encore rien vu. J'étais considérée comme extrêmement douée de mon vivant.

- Y a t – il une chose que tu n'aies pas su faire quand tu étais vivante ? ai – je demandé.

Elle doit être morte aux alentours de 19 ou 20 ans, mais elle donne l'impression d'avoir réussi en si peu de temps à faire et apprendre plus que certains dans une seule vie.

- Oui. Je n'ai jamais su protéger les miens.

L'annonce a jeté un froid. Oui, effectivement, présenté comme ça… A quoi ça sert de savoir faire des milliers de choses si ça ne vous permet par de protéger ce à quoi vous tenez ? A rien.

*Chez moi*

J'ai trouvé un tout nouveau pan de la bibliothèque des Gryphem cet après midi. Enfin, pas nouveau au premier sens du terme. Il a toujours été là ce rayon. Mais dissimulé derrière une bête illusion qui changeait les titres. L'illusion faisait de ces livres des livres de cuisines. Qui irait chercher sur ces étagères ? Ben, moi. Je ne savais pas quoi faire à manger de soir, alors j'ai voulu en prendre un. Et ça a cassé l'illusion.

Je me suis trouvée face à des rangées de grimoires épais. Des dizaines et des dizaines, tous avec la même couverture de cuir noir et tous avec la tranche gravée d'un chiffre romain doré.

Le 1 était tout en haut, le 105ème tout en bas à droite. Et il y avait un espace vide pour un numéro 106. Je me suis demandée s'il avait été retiré ou s'il n'y en avait pas du tout. Je me suis accroupie et j'ai pris le numéro 105. Il était aussi lourd qu'une pierre. Aucun des sorts que j'ai pu essayer dessus n'a marché. Mais après une petite demi-heure d'effort, j'ai réussi à le faire tomber à plat sur le sol.

Dessus, il y avait juste 4 Mots. Gryphem. Honneur. Loyauté. Courage. Le tout en runique. Et en dessous les deux têtes de griffons surmontant un œil, blason des Gryphem. J'ai haussé haut les sourcils, curieuse quant à ce que ça pouvait être. Ça avait l'air très… solennel je dirais.

J'ai soulevé la couverture, et elle a semblé résister avant de finalement s'ouvrir. La première page était blanche. Mais elle a commencé à se remplir d'écriture quand j'ai posé mes yeux dessus.

Toi, étrangère, qui t'aventure dans les sombres secrets des Gryphem, prends garde à ne pas t'y égarer. Toi, étrangère, qui a l'audace de prétendre lire ces lignes crains le courroux des Gryphem. Tu connaîtras le même sort funeste que les milliers avant toi.

- Toi, étrangère, qui viens briser la quiétude des morts et réveiller le passé, viens rejoindre les fantômes silencieux et garder les Secrets en leur compagnie. Toi étrangère qui prétends chercher la vérité, sache qu'elle te détruira quand elle te sera révélée. Crains nous ! Nous sommes l'Histoire ! Nous sommes le Destin ! Nous façonnons le monde ! Nous sommes les Gryphem !

J'ai presque décollé du sol quand quelqu'un s'est mis à réciter les mots dans mon dos, d'une voix basse et menaçante. Je me suis tournée pour voir Zilphya, flottant un mètre au dessus du sol. Et elle semblait presque vivante… Ses longs cheveux flottaient autours d'elle comme une cape menaçante, et j'avais l'impression que sa robe avait repris des couleurs : le rouge du velours, et le doré des broderies. Et que ses yeux étincelaient au milieu d'un visage aux traits soudainement tranchants et effrayants. Sa voix semblait émaner de partout à la fois, comme si la Citadelle entière lui répondait. Un violent courant magique a balayé le sol. Et tout c'est arrêté aussi rapidement que ça avait commencé. Zilphya est redevenue aussi immatérielle que d'ordinaire, on voyait de nouveau le mur à travers elle. Ses cheveux sont retombés dans son dos et elle est redescendue au sol. Je l'ai fixée, les yeux exorbités et elle m'a lancée un sourire carnassier :

- Ma famille a toujours eu le sens du spectacle. Et tu t'effrayes si facilement…

Et là, j'ai compris qu'elle était (encore) en train de se payer ma tête.

- Tu es complètement malade ! ai – je rétorqué.

- C'était tellement facile, en même temps. Si tu veux pouvoir le déplacer facilement, il va falloir que tu lui donnes du sang.

- Du sang ?

- Ta parenté Gryphem est tellement diluée que les Grimoires ont du mal à la sentir. Ça marchera mieux avec du sang. Les sorts sont vieux.

Je l'ai fixée, histoire d'essayer de deviner si elle était encore en train de plaisanter. Puis, j'ai sortie ma baguette et j'ai entaillé mon doigt avant de le presser contre la couverture. Quand j'ai rouvert le livre, le premier texte avait disparu, et un autre apparaissait.

Toi, jeune Gryphem intrépide, ne serait –il pas plus sage de reposer le Livre ? Réservé aux Dirigeantes, il n'est pas fait pour le commun d'entre nous. Si toutefois tu persistes, saches que tu apprendras des choses qui dépasseront ton entendement et pourraient nuire à la confiance que tu places en la Famille. Toute chose n'est pas bonne à apprendre.

C'était bien moins intimidant que le premier message. Et après, j'ai pu déplacer le livre, qui pesait quand même son poids. Je l'ai ouvert, et j'ai vu une date tout en haut. 3 mars 1822. J'ai feuilleté rapidement le livre et la dernière date indiquée était 1899. Plusieurs écritures se succédaient dedans. J'ai fini par comprendre que ces grimoires étaient des sortes de journaux tenus par des générations successives de Gryphem. Et vu le nombre, les premiers doivent remonter très très loin !

- Où est le 106ème ? ai – je demandé à Zilphya. Celui – ci s'arrête à 1899. Où est celui qui va jusqu'à ta mort ?

- Tu n'as pas besoin de celui là. Il est ailleurs.

- Pourquoi ?

Elle m'a regardée un moment, puis s'est laissée tomber et a traversé le sol pour s'en aller. Sans me répondre, bien entendu.

J'ai commencé à lire les premières pages. Puis j'ai réalisé que j'allais en avoir pour des années si je voulais tout lire. Ça n'est pas pour ça que je viens à la Citadelle. Alors je vais d'abord commencer par rechercher les informations dont j'ai besoin sur les loups – garous. Elles doivent être là dedans. Ce sont des genres de livre d'histoire après tout. Il doit y avoir quelque chose. Après je viendrais sans doute les lire en détail. Les Gryphem sont vraiment trop intrigants.

Dimanche 13 Janvier 1980 : chez moi

Aujourd'hui, James a débarqué dans la matinée, un sac sous le bras. J'ai trouvé ça louche qu'il vienne faire ses devoirs avec Sirius. Jusqu'au moment où les deux ont tourné leur regard vers moi, une moue suppliante sur le visage :

- Crys' ?

J'avais déjà senti l'arnaque à ce moment là :

- Quoi ? ai – je demandé en plissant les yeux méfiante.

- Tu veux pas nous aider ? On a une dissert' sur les poisons et les contre poisons à rendre.

- Si vous pensez que je vais faire votre devoir à votre place, vous vous mettez le doigt dans l'œil jusqu'à l'omoplate.

- On ne t'a pas demandée de le faire à notre place, juste de nous filer un coup de main. Les potions sont ton domaine, autant qu'on puisse en profiter !

Je les ai fusillés du regard. Puis, j'ai eu une illumination. Je leur ai demandé de patienter deux minutes et je suis allée dans mon labo pour en tirer deux trois bouquins. Et je les ai posé sur la table entre eux. Ils les ont regardé, ont échangé un coup d'œil avant de se tourner vers moi, un air d'incompréhension peint sur le visage.

- Vous vouliez de l'aide, en voici. Ces bouquins traitent tous des poisons et contre-poisons. Je suis certaine que vous arriverez à vous en tirer seuls. Après tout, vous avez toujours été les élèves les plus brillants de l'école, non ? Pas besoin d'une Poufsouffle pour y arriver.

Et je les ai plantés là, sachant que j'allais être tranquille plusieurs heures. A quoi ils s'attendaient, hein ?

Lundi 14 Janvier 1980 : chez les Levis

Ils étaient partis en vacance jusque là. Ils reviennent tout juste du Brésil où, aussi surprenant que ça a pu me sembler, Elisabeth a de la famille. Ils sont allés fêter la nouvelle année là bas. Du coup, ils sont bronzés comme si on était en plein été.

- On ne part pas très souvent là bas, m'a dit Elisabeth en me servant un café. A vrai dire, on ne doit pas y être parti depuis au moins 5 ans… Mais il fallait bien qu'on leur présente Jonathan et qu'on leur parle de… De Gregory.

Le silence c'est installé, brisé par Jonathan qui a déboulé en criant juste au bon moment et sur ses deux jambes encore mal assurées, suivit de Richard qui veillait à ce qu'il ne tombe pas. Il se levait tout juste de sa sieste et il avait l'air en pleine forme. Il s'est presque jeté sur moi, tendant les mains. Il avait l'air content de me voir.

- Alors, comment tu vas ? lui ai – je demandé en le soulevant pour l'asseoir sur mes genoux. Tu as aimé le Brésil ?

- Il a fait de bêtises avec ses cousines oui, m'a appris Richard.

- Tu as déjà du succès avec les filles ? me suis – je étonnée.

- Il a surtout fait de la magie en fait.

- Oh… Ça a posé problème ?

- Non, c'est nous qui les gardions à ce moment là.

- Jonathan, ai – je appelé pour capter l'attention du concerné. Tu sais qu'il ne faut pas faire de la magie comme ça. Les gens ne doivent pas le voir.

Il m'a lancé un grand sourire, et je ne suis pas certaine qu'il comprenne de quoi je parle en fait. A partir de quel âge un enfant comprend t – il ? En tout cas, il sait déjà suffisamment ce qu'il fait pour utiliser volontairement sa magie. Ce petit gars va sans doute faire parler de lui à Poudlard. Sa magie est particulièrement puissante.

Jeudi 17 janvier 1980 : chez les Londubat

Réunion de l'Ordre. Lily et Alice se sont isolées dans un coin, un grand sourire aux lèvres. Sans doute parce qu'elles parlent de leur grossesses. Maugrey tourne en rond comme un loup en cage. Dumby met du temps à arriver aujourd'hui.

*A la maison*

La principale nouvelle de la soirée, c'est que les détraqueurs semblent se faire de plus en plus nombreux. Maugrey nous a dit qu'ils ont déjà recensé 23 attaques vérifiées ou probables depuis le 1er janvier. Ça fait plus d'une par jour. Si seulement on pouvait les tuer au lieu de juste les faire fuir !

Je viens d'avoir une pensée atroce. Les détraqueurs. Aucune barrière magique ne peut les arrêter. Je ne les crains pas. La plupart des membres de l'Ordre non plus. Mais Kathie ? Et Marlène ? Savent –elles faire un patronus ? Je ne me rappelle plus si Kathie avait réussi en cours. Si Voldemort décide de s'en prendre à l'orphelinat tous ses serviteurs seront arrêtés, Mangemorts comme inféri… Mais pas les détraqueurs !

Il faut que j'aille les voir demain.

Vendredi 18 janvier 1980 : orphelinat

Je n'étais pas encore passée depuis Noël. Le fait que j'ai donné des cadeaux à tout le monde m'était déjà sorti de la tête. Les enfants ne se doutent de rien, mais Kathie et Marlène le savent. Elles ont commencé par me remercier quand je les ai prise à part.

- C'était rien, ai – je dit. Je suis venue pour quelque chose de plus urgent. Les attaques de Détraqueurs se font de plus en plus nombreuses. Est ce que l'une de vous arrive à produire un patronus corporel ? Un simple écran de fumée ne suffira pas à protéger tout le monde…

- Personne n'a tenté de nous faire du mal jusqu'à présent, Crystall, a tenté de me rassurer Kathie. Je ne vois pas pourquoi ça changerait.

- Il suffit que Voldemort…

- Pas ce nom !

- Tu – Sais – Qui, ai – je repris avec agacement, se lève du mauvais pied un jour et il décidera qu'il vous a laissé assez de marge. Les enfants qui viennent ici sont pour la plupart les enfants de ses victimes qu'on a réussi à sauver in extremis ! Et même ! Qui nous dit qu'il a le total contrôle sur les détraqueurs !? Ils pourraient bien un jour débarquer. Alors cesse de digresser et réponds moi : arrivez vous oui ou non à produire un patronus corporel ?

Elles m'ont regardée, l'air un poil choquées, avant de secouer la tête. Kathie m'a précisé:

- J'ai cru une fois voir un bout de quelque chose, mais je n'ai pas continué à m'entraîner…

- Alors entraînez vous. Pour la sécurité des enfants. Et si jamais ça ne suffit pas tourne cette bague à ton doigt en m'appelant. La mienne réagira.

Je lui ai tendu l'anneau que j'ai fait ensorceler par Sirius. Les sorts protéiformes, c'est pas trop mon truc. J'ai repris l'idée à Luc. Elle est bonne. En tout cas, je me sens plus rassurée maintenant.

- Et ça n'est pas valable qu'en cas d'attaque de détraqueurs. Si jamais les Mangemorts débarquent, appelez moi aussi. Mais n'en abusez pas.

- Bien sûr que non, a souri Kathie en mettant la bague. Merci. Les enfants ont de la chance de t'avoir.

- Je fais que mon boulot, ai – je grommelé.

- Non. Ton boulot, c'est Maître des Potions.

- Non. Mon boulot c'est de garder les gens en vie et d'envoyer Voldemort bouffer les pissenlits par la racine.

Sur ce, j'allais partir quand Maxime m'a rattrapée. Il avait en main le bloc de dessin que je lui ai offert pour Noël (vu qu'il passe son temps à dessiner) et il débordait déjà de dizaines de dessins.

- Crystall, m'a t –il dit. Merci pour le cadeau. Moi, je sais que le Père Noël n'existe pas. Et je sais que c'est toi.

- Tu es content ? ai – je demandé.

- Oui. Tiens, tu peux choisir un dessin.

Il m'a fourré son bloc à dessin dans la main. Je ne m'étais jamais réellement penchée sur ce qu'il dessinait. Et il faut concéder qu'il est doué. Je ne sais pas si je serais capable de faire aussi bien, c'est dire. Il faut croire qu'il a un don ou que je suis particulièrement nulle. J'ai reconnu l'orphelinat sur certaines pages, puis Kathie et Marlène, les enfants, un chat aussi. Et je me suis figée sur une série de dessin. Les autres étaient pleins de couleurs. Celui là était noir. Un grand homme avec une cape noire et un masque. Un demi masque sur un visage aux traits cruels. Un mangemort. Et pas n'importe lequel. Vadim Kniasev.

- Maxime, pourquoi as – tu dessiné ça ?

Il a regardé le dessin que je lui ai montré et son sourire c'est soudainement évanoui. Je l'ai serré contre moi et il est resté silencieux.

- Il faut que je sache, lui ai – je dit plus doucement.

- Je le vois. Quand je dors. Il est toujours là quand je dors. Je rêve qu'il vient me chercher pour me tuer. Il me fait peur.

Je l'ai serré plus fort contre moi. Visiblement les psychomages qui se sont chargés d'effacer sa mémoire n'ont pas fait leur boulot aussi complètement que je l'avais d'abord pensé. Tout ce temps, j'avais sous mes yeux une autres victime de ce mangemort. Si je m'étais un peu plus intéressée à ce que les enfants font vraiment, je l'aurais su plus tôt. Je m'en veux. Je me suis accroupie, et j'ai posé les dessins par terre pour prendre son visage entre mes mains.

- Écoute moi bien Maxime. Tu es en sécurité ici. Personne ne viendra t'emmener et personne ne te fera du mal. Je ne le permettrais pas. D'accord ?

- Oui…

- Très bien. Je prends ces dessins avec moi. Merci.

J'ai maintenant plusieurs portrait assez ressemblant de ce mangemort. Je me demande encore ce que je vais pouvoir en faire.

Samedi 19 Janvier 1980 : gradin du stade de Quidditch

Aujourd'hui, c'est le jour du match de Quidditch pour lequel j'avais acheté quatre places. Nous sommes bien placés, à peu près à mi hauteur, au milieu du stade. Heureusement qu'on est pas plus haut. Je me sens déjà assez mal comme ça... Le match ne va pas commencer tout de suite, mais Sirius et James tenaient absolument à être en avance, histoire d'être sûrs d'être bien placés. Sachant que les places sont numérotées, c'était inutile, mais va leur expliquer ça Journal.

Heureusement, nous avons suffisamment réprimé leur impatience pour qu'ils ne nous entraînent pas ici dès les premières heures du matin. Il y avait déjà du monde dans les gradins quand nous sommes arrivés. Je suis contente qu'ils aient lancé des sorts pour qui fasse tiède et non glacial dans le stade !

*Stade de Quidditch*

Je viens de découvrir que Lily est aussi fan de Quidditch. Je pensais qu'elle partagerait mon ennuie, mais elle est en train de hurler comme un putois avec les autres. Je l'imaginais pas du tout fan inconditionnelle de Quidditch.

Dimanche 20 Janvier 1980 : chez moi

Il y a eu un attentat, hier, pendant le match. On était tranquillement en train de regarder le match. Et il y a eu des explosions qui n'avaient rien à voir avec les sorts envoyés par les supporters pour encourager leur équipe. Ça n'a semblé interpeller personne sauf moi. Forcément, je n'étais pas prise dans le match. Le Quidditch n'est pas ma passion et j'étais assez mal à l'aise à cause du vide. J'ai senti les gradins trembler sous mes pieds.

- Ça a bougé ! me suis – je exclamée. Sirius. Les gradins bougent !

- Qu'est ce que tu racontes ? Les stades sont ensorcelés pour résister !

Et il a à nouveau tourné son attention vers le stade. Et moi, je continuais à regarder mes pieds. Faut savoir que les gradins d'un stade de Quidditch montent à la verticale comme un immeuble et pas du tout comme les gradins chez les moldus. Comme le match se déroule en l'air, généralement les gradins s'élèvent bien plus haut que 30 mètres et sont naturellement un peu penché vers le vide comme pour former une coupole. Sachant que j'ai un problème avec la hauteur, c'était déjà un exploit pour moi d'y monter (rien à voir avec les gradins de Poudlard). Mais là, j'étais certaine que ça bougeait sous mes pieds. Et ça ne venait pas de tous les gens qui sautaient dessus. Alors, forcément, ça ne m'a pas aidée à me calmer.

- James, ai – je dit. Les gradins bougent !

Il m'a fait signe de me taire. Comme si c'était moi qui faisait le plus de bruit ici ! Excédée que personne ne m'écoute, j'ai abandonné le match. J'ai transplané jusqu'à l'extérieur. Il y avait deux ou trois gardes, mais quand j'ai agité mon ticket, ils m'ont laissée passer. Ils devaient penser que je cherchais les toilettes ou quelque chose comme ça. J'en ai profité pour me faufiler sous les gradins. L'armature de fer et de bois qui est cachée est impressionnante vraiment.

J'ai parcouru les premiers mètres sans rien remarquer qui semblait anormal dans la structure. Et finalement, j'ai vu un truc. Certaines des poutres étaient marquées par une croix. Ça m'a fait lever un sourcil. J'ai continué et je suis tombée sur quelqu'un en train de fixer quelque chose à l'une des poutres. J'ai sorti ma baguette, lentement.

La Mangemort a dû sentir qu'elle n'était plus seule. Elle s'est retournée vers moi. Elle n'avait ni cape, ni masque, mais je n'ai pas douté un instant de ce qu'elle était.

- Bonsoir, lui ai – je dit.

Et j'ai lancé le premier sort. Elle l'a esquivé avant de répliquer. C'est pas évident de se battre dans un lieu où chaque pas risque de vous faire rentrer dans un bout de bois. J'ai fait de mon mieux. Mais elle semblait plus entraînée que moi à ce petit jeu. J'étais en train de pester : je n'avais pas encore réussi à la toucher une seule fois, quand elle a fait un truc étrange. Elle a levé sa main gauche, qui tenait vraisemblablement une montre. Comme ça, en plein milieu du combat. Et elle a ricané avant de tourner le dos et d'envoyer un sort. Il m'a nettement manqué. J'ai baissé le regard vers l'endroit qu'il avait touché. Et j'ai vu que j'avais le nez sur la charge explosive qu'elle avait posé plus tôt.

Là, j'ai paniqué. J'ai juste eu le temps de lancer mon charme du bouclier. Et ça m'a éclaté à la figure. J'ai été projetée avec une violence inouïe et j'ai heurté violemment l'un des poteaux principaux. Ça a fait mal. Très mal. Mais le bouclier m'avait protégée de la flamme et de la chaleur. J'ai glissé au sol, et je suis restée là quelques secondes, le temps de me remettre de ma douleur. Mais il fallait que je me relève. Un nuage blanchâtre de mauvaise augure commençait à se répandre.

La poutre était en feu, et brisée. La structure vacillait au dessus, mais ça tenait toujours bon. Comment les gens debout là haut pouvaient –ils ne pas se rendre compte de quoi que ce soit ?

Ça a été plus pénible de me lever que je ne l'avais d'abord pensé. Mais je n'avais rien de grave. Et je me suis engagée à la poursuite de la femme. Pas question de laisser le stade s'écrouler ! Il y avait des centaines de personnes au dessus de nous !

J'ai entendu d'autres explosions et j'ai commencé à courir autant que je le pouvais puisqu'il fallait que je slalome entre les poutres. J'ai vu trois personnes plus loin et j'ai brandi ma baguette pour leur lancer un sort. Ils se sont tous retournés vers moi.

Et il y a eu un grand craquement. On a tous levé les yeux et il y a eu des hurlements. Quand j'ai à nouveau baissé le regard, ils avaient disparu. La tribune a commencé à s'effondrer sur moi. J'ai transplané jusqu'en dehors du stade, loin.

Et j'ai regardé les tribunes tomber, les hurlements étaient couverts par le bruit de la structure en train de s'effondrer. J'ai sauvé ma peau. Je n'ai même pas pensé à transplaner là dedans pour leur dire de se barrer. Et j'ai regardé les choses se passer, bien à l'abri sur la petite colline voisine. J'ai l'impression d'avoir trahi tous ces gens pour ne pas les avoir avertis.

Quand finalement, le tout a eu l'air de s'être stabilisé, j'ai retransplané vers le stade. J'ai cherché une issue pour entrer, mais il n'y avait rien. Alors j'ai une nouvelle fois transplané pour me trouver au dessus de la structure. Je ne savais pas où j'aurais pu tomber si j'avais transplané directement dans le stade. Et là, vu d'en haut, c'était atroce. Tout s'était effondré vers l'intérieur. Des gens gémissaient, hurlaient, criaient, pleuraient.

C'était impossible que je transplane là dedans sans risque d'atterrir sur un truc instable.

- Sirius ! James ! Lily ! ai – je hurlé en commençant à descendre tant bien que mal.

Je voyais des mains dépasser de sous les décombres ça et là. Des membres brisés, des visages ensanglantés. Mais rien ne m'a arrêtée. J'ai continué à crier, en descendant dans les débris. Et je ne recevais aucun échos. J'étais en train de devenir folle. Et s'ils étaient morts tous les trois ? Je ne me le serais jamais pardonné.

- Sirius ! ai – je à nouveau crié.

Et là. C'était faible. Mais j'ai entendu un aboiement. Je me suis laissée tomber sur les planches instables et je l'ai à nouveau appelé, croyant avoir halluciné. Mais non, nouveaux aboiements. J'ai dégainé ma baguette. J'aurais bien aimé pouvoir tout balayer d'un coup, mais j'allais devoir être méthodique si je ne voulais pas que ça s'effondre encore plus.

Il m'a fallu tellement de temps pour arriver à dégager un passage que j'ai cru devenir folle. Puis, j'ai aperçu le bout d'un museau. J'ai tiré encore une planche et il a pu se hisser hors de là. Il a immédiatement pris forme humaine et s'est exclamé sans me laisser le temps d'être soulagée de le voir entier :

- Il faut qu'on se dépêche de tout déblayer ! James, Lily et d'autres sont coincé en dessous. J'étais plus petit sous ma forme de chien alors j'ai pu me glisser hors de là. Mais ils sont en dessous ! James retient les gradins sous sa forme de cerf, mais ça ne suffira pas bien longtemps !

- Ou sont –ils ?

- Droit en dessous

- Ce n'est pas aussi simple, regarde.

J'ai pointé ce qu'il y avait au dessus de nous. J'avais réussi à dégager une ouverture, et je me tenais avec lui dans le trou que je venais de déblayer. Mais des tas de débris menaçaient de nous ensevelir à nouveau.

A deux, nous sommes allés beaucoup plus vite. Et des équipes de secours ont commencé à arriver. Quelqu'un devait avoir eu la présence d'esprit d'appeler à l'aide. Je n'y avais pas songé une seule seconde. J'étais trop paniquée à l'idée que Sirius, Lily et James soient morts.

- Crystall ! Sirius !

- Lily ! ai – je crié quand on a enfin été capable de l'entendre. On arrive ! Il faut encore tenir un peu !

- Dépêchez vous ! James ne tiendra plus très longtemps.

On est finalement arrivé jusqu'à la structure que soutenait James grâce à ses bois. Et là, on était dans la merde. Deux énormes pans de la tribunes s'étaient fracassés et reposaient l'un contre l'autre, menaçant d'aplatir comme une crêpe tout ceux qui se trouvaient en dessous. Ils se soutenaient mutuellement, mais James debout au milieu était sans doute ce qui avait empêché le tout de s'écrouler complètement. Il dégageait un espace minuscule pour quelques rescapés. Dès qu'il partirait, les deux pans allaient s'effondrer et provoquer une réaction en chaîne sur une bonne partie du stade.

Sirius et moi, on s'est entre regardé. Il n'avait pas compris l'ampleur de la chose quand il était là-dessous.

- Combien vous êtes ? ai – je demandé.

- 9, m'a appris Lily.

- Il va falloir sortir un à un. Et vite.

Et c'est ce qu'il s'est passé. Les gens sont sortis un à un et sont allés se réfugier plus haut, peut –être même hors du stade. Je m'inquiétais de ne pas voir Lily ressortir. Mais finalement, elle est venue. En dernier bien entendu. Elle s'est tournée vers l'endroit d'où elle sortait. Et elle a pâli. D'un coup, comme ça. Elle venait de voir ce qu'il se passait.

- Non, a t –elle soufflé.

- Sirius, tu l'emmènes ? ai – je demandé. Hors du stade.

- Non ! a t –elle crié.

- Et toi ? m'a demandé Sirius en attrapant Lily par la taille quand elle à fait mine de vouloir à nouveau rejoindre James.

- Je vais faire ce que je peux.

- Non ! a crié Lily quand Sirius l'a tirée en arrière en se débattant. James !

- Tu as intérêt à revenir vivante Crystall, m'a dit Sirius. Sinon je te tue.

J'ai acquiescé : mourir n'était pas dans mes plans. Lily a donné du fil a retordre à Sirius pour la sortir de là. Il a fini par la porter pour l'éloigner et il va sans doute en garder des bleus. Je n'y serais jamais arrivée, moi…

Je me suis glissée dans l'ouverture par laquelle les gens étaient sortis et je me suis placée face à James qui n'avait pas bougé, piégé. Il soutenait le tout avec ses bois d'un côté son dos de l'autre.

- Dès que tu vas cesser de soutenir ça, tout va s'écrouler, ai – je annoncé. Ainsi qu'une bonne moitié du stade.

Il m'a lancé un regard calme. C'est difficile de lire des émotions sur un visage de cerf. Mais il n'avait pas l'air d'avoir peur, ou d'être sur le point de céder à la panique. Moi, par contre…

- Est-ce que tu peux encore tenir un moment ? Cligne des yeux une fois pour oui, deux fois pour non.

Il a cligné une fois.

- Je reviens vite, lui ai – je promis. Ne lâche pas d'ici là.

Je me suis hissée hors de ce tombeau puis hors du trou de débris qu'on avait dégagé et j'ai dit qu'il fallait évacuer. On ne m'a pas écoutée au début et j'ai dû insister, leur désignant les deux pans de gradins tout au fond qui ne tenaient encore que par miracle. Quand je suis finalement redescendue, le calme plat s'était fait. On entendait plus que des planches grincer ça et là.

- Je vais nous faire transplaner, ai – je annoncé à James. Mais je ne suis pas sûre d'arriver à emmener avec moi quelque chose d'aussi gros qu'un cerf… Pas en entier. L'un de nous risque d'être désartibulé. Tu es prêt à tenter le coup quand même ?

Il a cligné des yeux une fois. Je me suis approchée et j'ai passé mes bras autours de son encolure, serrant aussi fort que je le pouvais. Et j'ai transplané.

Je nous ai fait atterrir là où j'avais déjà transplané quand le stade a menacé de s'écrouler sur moi. On est arrivé entier, mais j'avais mis tellement de force dans mon transplanage pour être sûre d'éviter au maximum la désartibulation que j'avais emmené une partie des débris avec moi. Ils nous sont retombés dessus, et on s'est écroulé sur le sol.

- Merde, ai – je grogné en repoussant tant bien que mal ce qui m'était tombé dessus. Ça va James ?

- Ouais, a t –il dit.

Ça m'a aussi appris qu'il avait déjà quitté sa forme d'animagus. Il a réussi à se dégager avant moi et je lui ai tendu les bras pour qu'il me tire de là-dessous. Au final, je n'ai eu que quelques bleus. James par contre était un peu plus touché. Il saignait au niveau du crâne, là où les bois du cerf doivent se trouver quand il est sous forme d'animagus. Mais rien que je n'ai pas pu réparer.

Ensuite, on est revenu vers le stade, cherchant les cheveux roux de Lily. C'était le moyen le plus sûr de les trouver rapidement au milieu de la masse de capes et de vestes noires et blanches.

- Lily ! a crié James quand on les a enfin repéré.

Il s'est précipité vers elle. Et j'ai fait pareil pour aller me jeter dans les bras de Sirius.

- On a entendu un grand bruit. On croyait que tout c'était écroulé sur vous. On ne vous a pas vu sortir !

- J'ai transplané avec James un peu plus loin.

- Que c'est –il passé ? a t –il continué. Tu n'étais plus avec nous…

- J'ai essayé de vous prévenir, mais vous n'avez pas écouté, ai – je reproché. La tribune bougeait. Alors je suis allée voir. Il y avait du monde qui sabotait la structure du stade. J'en ai vu juste trois, mais ils devaient être plus nombreux que ça… Je suis arrivée trop tard.

- Des mangemorts ? m'a demandée Lily qui écoutait.

- Je ne sais pas : ils n'avaient pas de masques ni de capes… Mais je ne vois pas qui aurait pu faire ça autrement.

Mardi 22 Janvier 1980 : chez moi

Deuxième réunion de l'Ordre de l'année. Elle n'était pas programmée au début, mais Maugrey a apparemment des choses importantes à nous dire. On l'attend encore, d'ailleurs. Quand Andreas est arrivé, je lui ai prudemment ouvert.

- Tu ne vas m'attaquer ? ai – je demandé en entrebâillant la porte.

- Ce n'est pas le moment, a t –il dit avant d'expliquer : tu t'y attends.

Sympa. Il va donc à nouveau débarquer et sans doute au moment où je m'y attendrais le moins. C'est bon à savoir.

Dragon s'est approprié une chaise à table. Quand Dedalus a essayé de s'y asseoir, il a eu chaud aux fesses. Littéralement. Ce chat est un monstre.

*Chez moi*

On est dans la merde. Je comprends pas comment on a réussi à en arriver là. Maugrey a finalement débarqué, tout à l'heure. Il s'est assis à table et a grogné d'agacement quand je lui ai proposé un verre d'eau. Il avait l'air sur le point de mordre quelqu'un comme un bulldog dont on aurait piqué l'os. Pas question de lui servir un café ou un thé ou un whisky.

- Alors ? ai – je demandé après une minute.

Tout le monde s'était contenté de le regarder, sans oser l'interroger. Il a tourné vers moi un regard à faire fuir un troupeau de dragon. Et je me suis contentée de répondre :

- Tu nous convoques en urgence et tu fais durer le mystère. Ça ne te ressemble pas.

Les gens m'ont regardée, l'air de se dire que j'étais folle. C'est bien connu : quand Maugrey sort ses crocs, tu la fermes et tu ne bouges pas. Surtout, tu ne bouges pas.

- Gamine, on a un problème, m'a t –il dit.

- Ce serrrait bien qu'on sache lequel, a calmement répondu Andreas. Sinon, on ne pourrrra pas le rrrésoudrrre.

- On a fait notre enquête, sur l'attentat du Stade. Gamine, tu as dit qu'ils posaient des choses sur les poutres.

- Ouais. Et elle l'a déclenché devant moi avec sa baguette.

- On a retrouvé l'une des charge qui n'avait pas explosé : c'est de la technologie moldue.

- Quoi ? me suis – je exclamée en cœur avec une bonne moitié des autres.

- Les charges sont préparées à partir de ça. Dis moi de quoi il s'agit

Il a sorti de sa poche un petit paquet soigneusement emballé et l'a fait rouler jusqu'à moi. Curieuse, et méfiante, j'ai défait le tissus autours. Dans un petit récipient remplit d'eau reposait tout au fond une poudre blanche. Je l'ai un peu secoué pour la faire tournoyer.

- Oh ! ai – je dit en réalisant.

- Fait voir ? m'a demandé Lily avant de lâcher la même exclamation surprise en comprenant de quoi il s'agissait.

- C'était de l'artisanat moldu, m'a dit Maugrey. Il n'y avait pas de magie dans la conception.

- Et qu'est ce que c'est que ce truc ? a demandé James.

- Du phosphore blanc, ai – je dit. Comment peux – tu ne pas le savoir ? C'est l'un des 5 ingrédients proscrit en potion.

- Pourquoi ? m'a demandé Remus.

- Parce que ça s'enflamme au contact de l'air et avec une flamme dans une potion, ça produit une explosion monstrueuse. J'imagine qu'il n'y avait pas que ça dans la charge ? ai – je dit en me tournant vers Maugrey.

- Non. Le phosphore entourait ça.

Il m'a lancé un nouveau récipient. Pas d'eau dans celui – ci, mais un petit amas noirâtre.

- La mèche allait directement au cœur de ce truc, a grogné Maugrey. Nos experts n'ont pas réussi à déterminer de quoi il s'agissait. J'ai sauvé ça pour toi. Alors dis moi de quoi il s'agit. Tu as jusqu'à demain.

- C'est une blague ? ai – je grogné. Je suis Maître des Potions, pas spécialiste en explosif.

- Sois pas naïve : les Maîtres des Potions étaient aussi artificiers durant les grandes guerres sorcières. Vous êtes des spécialistes des explosifs.

- Vous n'avez pas un Maître des Potions chez les Aurors ?

- Si mais il a pas compris ce que c'est.

- Et tu penses que moi j'en suis capable alors que je suis diplômée depuis moins d'un an ? me suis – je étonnée.

- Toi, tu t'arrêtes pas à ce qu'il se passe dans les bouquins.

J'ai dû faire un gros effort pour ne pas pâlir. Il sous entendait peut –être simplement que je suis plus chercheuse que véritablement Maître des Potions dans le sens traditionnel du terme. Mais le connaissant, il pourrait très bien signifier par là qu'il sait que je travaille au Culot, sur des potions qui ne sont pas retrouvées dans les livres. Et soulignons quand même que le Culot est totalement illégal.

- Je vais voir ce que je peux faire, mais je ne promets rien, ai – je finalement dit.

- Je veux des résultats Gamine. La réunion est terminée !

- Quoi ? Minute ! a protesté Marlène. Tu nous balances comme ça que des gens ont fait exploser un stade de Quidditch avec de l'artisanat moldu et tu t'en vas ? Il est clair que ce ne sont pas les Mangemorts qui ont fait ça ! Alors quoi ? Qui ?

- On sait pas, a finalement avoué Maugrey comme si ça lui arrachait la bouche. Y'a pas eu de revendications. En fait, on pense que l'écroulement complet du stade était accidentel.

- Accidentel ? ai – je répété incrédule. Comment peut –on faire écrouler accidentellement tout un stade de Quidditch alors qu'on pose sciemment des charges explosives tout autour ?

- Il y a eu beaucoup de blessés, mais les seuls morts étaient dans les loges, a t –il expliqué. Et vu l'état des corps, d'autres charges avaient été posées dans les loges même.

J'ai pâli, et en même temps été intérieurement soulagée. J'avais voulu réserver une loge, mais elles étaient déjà toutes prises, d'où le fait qu'on ai été dans la foule.

- Ce sont seulement les plus riches qui peuvent se payer des loges, est intervenu Gideon.

- Tous les morts étaient des Sangs – Pures, n'est – ce pas ? a complété Fabian.

- Ouais. Pas des Sangs – Purs comme les Malefoy ou les Entwhistle, mais de petites familles. Les Strang, les …

- Strang ? ai – je relevé. Il y avait un Newton dans les victimes ?

- Une de tes connaissances gamine ? m'a interrogée Maugrey.

- Si on veut… Il est mort ?

- On a eu du mal à identifier son corps.

Je ne sais pas vraiment ce que j'ai ressenti en apprenant ça. Un certain vide, oui. De la tristesse aussi. Est-ce que ça m'a affectée ? Bien sûr que oui. Mais certainement pas de la même manière que lorsque Greg ou ma famille sont morts. Je vais me rendre à son enterrement, mais ça n'affectera pas ma vie. Mon ex – fiancé est mort. C'est quand même étrange. Si je l'avais épousé, j'aurais peut -être été dans cette loge et je compterais peut –être parmi les victimes…

- Pour résumer, on a sur les bras un groupe de sorcier qui s'en prend cette fois aux Sangs – Pures ?

- Ils doivent répondre aux attaques des mangemorts sur les Nés – moldus, a supposé James. Et répondre de manière au moins aussi violente.

- Ça n'est pas une solution, a déclaré Franck. Ils agissent tous les deux de la même manière. La seule chose qui change, c'est la cible. On ne peut pas laisser faire ça.

- On a déjà assez de mal avec les mangemorts, ai – je dit. On ne peut pas en plus s'opposer à eux ! Jouer sur deux fronts, c'est perdre.

- Si on rrrregarrrde les choses d'une autrrre façon, ce grrroupe peut êtrrrre une aubaine : allions nous à eux pour arrrêter les mangemorrrts qui sont la menace prrrincipale. On se rrrretourrrnera contrrre eux aprrrès.

- Ça t'arrive souvent de te retourner contre tes alliés ? a grogné Sirius.

- C'est une strrratégie qui en vaut une autrrre, a répondu Andreas en haussant les épaules. Rrrien ne dit qu'ils n'aurrraient pas les mêmes prrrojets à notrrre sujet.

- Mais si on les attaque avant de leur laisser une chance, on ne saura jamais s'ils l'auraient fait ou pas !

- Ça s'appelle le prrrincipe de prrrécaution : en guerrrre, on ne peut pas attendrrre que l'ennemi prrrenne de l'avance.

- Qu'en pense Albus ? les a interrompu Alice, sentant que ça allait partir en cacahuète.

- Albus et moi devons en parler demain. On vous tient au courant. En attendant : vigilance constante ! Gamine, n'oublie pas !

Il est parti si vite qu'on a pas eu le temps de le retenir une deuxième fois. Il m'a laissée le phosphore et ce que je dois analyser. J'ai soigneusement récupéré le tout. Demain, je vais avoir du boulot. Il va falloir que je prenne mes précautions pour ne pas faire exploser la maison. J'ai déjà échappé à l'explosion une fois, je préférerais éviter de tenter ma chance une deuxième fois.

Mercredi 23 Janvier 1980 : labo

Je vais commencer à analyser ce que Maugrey m'a donné. La maison est vide : Doo est dehors et j'ai poussé Dragon dans le jardin pour qu'ils ne soient pas dedans si jamais tout explose et qu'il y a un incendie. J'ai lancé une multitude de sorts et gravé des runes dans les murs de la cave. Je me suis aussi appliquée quelques sorts élémentaires et je me suis pratiquement recouverte du "gel" que j'utilise pour mes cheveux. C'est ignifuge, alors ça va me permettre d'éviter de finir brûlée vive au cas où. Sauf les mains : je ne pouvais pas en mettre dessus sinon j'aurai été incapable de travailler.

J'ai averti Sirius que j'allais sceller la porte du labo et que quiconque viendra me déranger aura notre mort sur la conscience. Déjà en temps normal c'est dangereux de débarquer dans un labo sans prévenir. Là, c'était carrément suicidaire.

J'ai aussi affiché une note à l'intention de Maugrey sur la porte l'informant que j'en ai rien à foutre de son impatience et que je lui enverrais les résultats dès que j'aurais fini. Pas la peine, donc, d'essayer de me joindre de quelque façon que ce soit. Ça risque juste de tout faire foirer.

Espérons que tout se passera bien et que je serais encore là demain pour noter le tout dans tes pages, Journal.


A suivre...