Hi! Voici un nouveau chapitre, après une semaine mouvementée (: Les publications risquent maintenant de se faire les mardis, mais comme il ne reste plus énormément de chapitres, ça ne devrait pas gêner la publication, et j'espère que ça ne vous gêne pas non plus :(
Merci encore pour vos reviews, vous aviez donc hâte d'entendre Castiel parler, n'est-ce pas? :p (je vous comprends, cela dit!)
Bonne lecture (:
Balthazar se retourna lentement, les yeux figés dans une expression d'ébahissement, la même expression suivant sur son visage. La bouche à demi close, l'ainé des Novak fit enfin face à son frère, lequel avait la même expression sur ses traits. Des interrogations fusaient dans l'esprit du photographe, menaçant de lui donner une belle migraine. En même temps que Castiel posait des yeux bouleversés vers son frère, ses larmes ne cessèrent pas de tomber. Ce n'était même pas un torrent de larmes de souffrance qui souillait ses joues. Ni même des larmes de joie. En fait, Castiel ignorait totalement pourquoi il pleurait devant tout ce monde. Le regard de toutes ces personnes, tourné sur lui, l'emplissait d'embarras et d'une légère panique d'avoir mal fait les choses.
-Cassie ? put enfin articuler Balthazar après que sa voix se soit éteinte quelques secondes supplémentaires.
-B…a…Bal…, murmura la voix étranglée et torturée de son petit frère.
-Chut, ne dis rien…, déclara son ainé en s'avançant vers lui.
Sans plus attendre, Balthazar attrapa son frère et le prit dans ses bras, comprenant l'état paralysé de l'autre homme. Castiel laissa d'autres larmes lui échapper tandis qu'il serrait son frère de toutes ses forces. Il ne voulait pas le voir partir, que lui resterait-il si Balthazar l'abandonnait ? Samandriel lui serait à jamais inaccessible, de même que leur mère. Anna s'en irait, n'ayant plus aucune raison de rester dans cette ville, et il n'y aurait plus personne pour rester à ses côtés. Il s'en irait loin de Dean, aussi, et personne ne pourrait plus le sauver. Il tomberait dans le noir et l'oubli l'emporterait après l'avoir mille fois torturé. Sauf que Castiel voulait survivre et retrouver la lumière et les couleurs si vives de la vie. Il ne voulait plus abandonner : une possibilité de retrouver une vie à peu près heureuse lui était offerte, il n'allait certainement pas laisser cette chance passer.
Il tenta de parler une nouvelle fois, malgré l'horrible brûlure que sa gorge l'obligeait à ressentir pleinement. Une brûlure bien désagréable sans doute due à son déblocage vocal.
-Non, petit frère, ne dis plus rien…ça te fait mal, tu parleras plus tard, Cassie. Calme-toi, lui demanda son frère d'une voix qui se voulait rassurante.
Toute colère envers Castiel avait totalement disparu, laissant maintenant place à la culpabilité. Il avait fait pleurer son frère cadet, lui qui, au fond, ne voulait que retrouver un semblant de famille. Sa colère avait provoqué le déblocage de la douce voix du plus jeune, mais Balthazar osait à peine penser aux conséquences si, au lieu de parler, Castiel se serait davantage effondré. Le photographe ne se serait peut-être pas remis de cette confrontation. Perdu dans la douleur de sa culpabilité bien avérée, l'ainé ne put que tenter de se faire pardonner pour sa brusquerie sauvage. Lui qui avait l'habitude de se contrôler, il avait fini par se déchainer sur la personne qu'il aimait le plus après sa femme. La personne la plus torturée également.
-Pardon, petit frère. Excuse-moi, Cassie…je n'aurais jamais dû te menacer comme ça. He te demande pardon, se confondit-il en excuses, ne laissant pas le temps à Castiel de parler.
Ce fut une plainte qui stoppa l'ainé des Novak. Il se sentit soudain ridicule devant la situation, mais c'était bien ce qu'il était. D'abord, il hurlait littéralement sur son fragile petit frère, et maintenant, il voulait le consoler. Etrangeté de la vie…et les regards qui divergeaient entre les deux Novak le prouvait. Certains étaient heureux de voir cette 'réconciliation' primaire, et d'autres…lançaient des regards noirs à Balthazar, tel Dean.
-Qu'est-ce qui se passe, au juste ?! grommela le docteur, observateur et ne trouvant toujours pas de raison à toute cette flopée de sentiments.
-Il se passe que le con que vous voyez ici est plus…, commença Dean avant de se faire brusquement interrompre par Lisa et Anna, lesquelles semblèrent s'accorder.
La femme du psychiatre se chargea de le faire taire, pendant que l'autre femme parlait au médecin.
-Castiel est muet depuis trois ans, il vient de parler pour la première fois depuis longtemps. Docteur, emmenez-le, s'il vous plaît, demanda ensuite la tante des frères Novak.
-Oh…oh ! Je vois, mais nous devons aussi débrancher Madame Novak, rappela doucement ledit docteur, ne sachant où donner de la tête.
-Vous la débrancherez plus tard, mon frère a besoin de soins, sa gorge le brûle ! déclara Balthazar, tenant toujours contre lui son petit frère.
-B… , tenta encore celui-ci.
-Non, Cassie, ne te fatigue pas, d'accord ? Tu vas vraiment attraper un truc à force d'essayer de parler ! Les médecins vont te prendre en charge, et tu pourras me hurler dessus quand tu iras mieux, ok ?
-N…
Incapable de dire quelque chose sans sentir sa gorge le torturer, Castiel finit par oublier la méthode oratoire pour s'exprimer, et se contenta de désigner Naomi, inerte et toujours aussi endormie, et pâle. Son frère suivit son regard et comprit ce qu'essayait de lui dire le photographe. Il se devait de prendre une décision.
-Tu veux attendre pour la débrancher ? proposa-t-il comme traduction.
Un hochement de tête positif lui répondit, l'emplissant de douleur. En ce début de réconciliation, après trois ans de colère et de désespoir, de souffrance et d'interrogations, après autant d'épreuves et une promesse d'essayer de retrouver une famille, pouvait-il vraiment dire à Castiel que tout était fini pour leur mère ? Qu'elle ne faisait que souffrir en étant obligée de survivre grâce à des appareils médicaux dont, de son vivant, elle avait toujours eu horreur ? Pouvait-il annoncer à son petit frère que même parler ne servirait à rien, car le destin de leur mère était scellé par une signature sur un papier ?
-Je suis désolé, petit frère, mais…tu sais que c'est fini pour elle, tu le sais. Ne t'accroche pas à elle, Castiel. Il faut la laisser s'en aller.
-En effet ! toussota le médecin, se récoltant divers regards noirs.
-Mr Novak senior, je vous propose quelque chose. Au lieu de faire du mal à votre petit frère si mignon, pourquoi n'attendriez-vous pas qu'il retrouve sa voix, qu'il dise adieu à sa mère comme il l'entend, avant de la tuer ? intervint Lisa, les nerfs brisées devant cette scène familiale.
Les hormones ne l'aidaient pas non plus à se calmer, soupira-t-elle. Se mêler d'une histoire de famille dont elle ne connaissait que les grandes lignes, en plus…quelle étrangeté !
-Elle a raison, Balthazar. Laisse Castiel récupérer, et laisse-le avec Naomi, je pense qu'elle aimerait au moins entendre sa voix, appuya Anna devant des regards approbateurs.
-Très bien, je m'incline ! Mais j'ai signé pour qu'elle soit débranchée aujourd'hui…
-Et changer ce qui a été signé va être dur, déclara encore le médecin qui, décidément, ne voulait pas s'assurer de la sympathie des autres.
-Euh, docteur, vous pourriez vous bouger le cul et aller soigner la gorge de ce mignon photographe, s'il vous plaît ?! grogna la femme enceinte du groupe, vexée et offusquée.
-Madame ! se plaignit le pauvre docteur se faisant rabaisser.
-Castiel est plus important pour le moment, acquiesça l'ainé des Novak, réussissant enfin à calmer la boule de nerfs se trouvant dans ses bras.
Castiel s'était en effet calmé après avoir laissé couler quelques autres larmes et gémissements de douleur lorsqu'il pensait à sa gorge. Devant la douleur du patient, le médecin se fit un devoir de l'emmener pour lui faire des examens. Il l'amena doucement avec lui, demandant tout de même que quelqu'un l'accompagne pour lui expliquer depuis le début l'histoire de l'ancien muet. Anna se proposa la première, ne voulant pas assister à la conversation qui risquerait d'émaner entre Dean et les restants.
Lisa, étrangement, eut l'envie de la suivre pour en savoir plus. Elle embrassa chastement son mari puis suivit la tante du patient, laissant ainsi Dean et Balthazar ensemble. L'ainé ne pipa mot, se contenant de garder son regard rivé sur sa mère plongée dans le coma. Il ne voulut même pas engager une quelconque conversation qui se terminerait sûrement en dispute. Hélas, Dean n'était pas de cet avis.
Sa voix retentit dans la chambre silencieuse, brisant ainsi les bruits inexistants.
-Je rêvais depuis longtemps de l'entendre parler, débuta le psychiatre, un léger sourire aux lèvres.
Balthazar en déduisit rapidement qu'il n'y aurait pas de crise de colère pour le moment, il en fut reconnaissant à l'énergumène qui était arrivé à temps pour dévier la situation.
-Ah oui ? s'intéressa-t-il légèrement.
-Oui. Je n'imaginais pas qu'il puisse avoir une voix aussi…douce, et belle. Elle transpire l'émotion, en fait…c'est normal, vu les circonstances, mais j'ai trouvé sa voix…magnifique, sourcilla le blond, consterné par ses propres dires.
-Vous ne déclarerez peut-être plus votre amour à sa voix quand Cassie chantera devant vous ! Une vraie casserole, je vous jure ! Pire que la nunuche qui chante dans 'Titanic', renifla-t-il de dédain en parlant de cet horrible nanard de film.
-Castiel aime chanter, en plus ?! s'étonna Dean, imaginant étonnamment bien le photographe chanter pendant qu'il réparait ou lavait ses appareils photos.
-Pas qu'il aime chanter, mais…il adorait fredonner dans la douche, avant. Comme son père, d'ailleurs…, soupira l'ainé des Novak, se plongeant dans des souvenirs soudain nostalgiques, des souvenirs où il n'y avait aucun mal, pas de pleurs, mais juste des rires et des sourires.
-Sérieusement, il fredonnait dans la douche ?! J'aimerais bien entendre ça pour voir, songea Dean, avant de se rattraper rapidement. Parce que peu de personnes fredonnent dans la douche !
-Je ne suis pas un expert en la matière, je ne peux donc pas vous renseigner sur le sujet, quoique je ne fais que siffloter dans la douche au lieu de chanter comme Cassie…
Le silence retomba, un silence légèrement moins sombre et dangereux. Ce silence permit aux deux hommes de revoir des souvenirs qui leur donnèrent le sourire. Dean continuait cependant à penser qu'entendre Castiel fredonner un air devait être fabuleux et magnifique. Rien que le petit bout de voix qu'il avait entendu venant de son patient l'avait…ému ? Sur le coup, il ne s'était pas attendu à entendre une voix retentir, mais maintenant le choc passé, le psychiatre n'avait qu'une envie : réécouter cette voix, encore et encore. Peu importe s'il était marié ou pas, il était amoureux de cette voix qu'il devinait toujours calme et posée.
-Vous savez ce que je vais vous dire ? demanda-t-il ensuite, se reprenant et regardant Balthazar.
Le regard du plus âgé était posé sur sa mère qu'il refusait de quitter. Il prit un certain moment avant d'accepter de répondre, conscient que la conversation allait enfin arriver. Cette fois, il ne l'écourterait pas. Tout devait être réglé aujourd'hui même, songea l'ainé des Novak.
-J'en ai une petite idée, en effet, finit par répliquer le frère de Castiel.
-Vous n'allez pas me gueuler dessus pour que je sorte ? préféra s'enquérir Dean.
-Pour ma défense, je tiens à dire que c'était du harcèlement, et que j'étais en droit de vous foutre un bon coup de pied au cul pour vous faire détaler de mon bureau. Vous n'aviez même pas pris de rendez-vous, jeune homme ! se plaignit l'ainé.
-Dîtes donc, où sont passées vos bonnes manières ?! Je croyais que vous étiez poli, moi !
-Allez vous faire voir par Céline Dion ! grommela Balthazar.
-Mais c'est quoi votre problème avec elle, hein ?!
-Rien du tout…, renifla-t-il. Bon, allez-y, Mr Winchester. Dîtes-moi tout ce que vous avez sur le cœur...
-Ce n'est pas vraiment à moi de le faire, mais plutôt à vous.
-Et vous allez donc vous prendre pour mon psy…vous ne ressemblez vraiment pas à ma femme, qui joue le psy pour moi, mais ça peut s'arranger…tout simplement, je suis heureux que mon frère qui chante comme une casserole ait retrouvé sa voix, mais je me sens légèrement honteux de lui avoir hurlé dessus pour le décoincer. Il aurait pu avoir une autre réaction. Il reste fragile, mon petit frère…
-Et c'est que maintenant que vous vous en rendez compte ? sourcilla Dean.
-Pas d'insultes, Mr Winchester ! Je connais Cassie mieux que vous, j'ai même dû lui raconter des histoires le soir ! Bref, je sais comment est mon frère, mais j'avoue difficilement que c'est moi qui as eu tort. J'aurais dû lui montrer que j'étais là, et ne pas le menacer de partir, même s'il a fini par retrouver sa voix. Il va souffrir le martyr, le pauvre…, soupira son frère, la culpabilité revenant à grands pas.
-Vous n'étiez pas le seul responsable, j'imagine, mais…ce qu'il l'a surtout chamboulé, quand moi je me suis occupé de lui, c'était l'adoption de Samandriel, votre accord pour débrancher votre mère, votre haine envers lui…
-Ce n'est pas de la haine, Dean. Je ne peux pas haïr mon frère. J'étais en colère contre lui, en colère de voir qu'il refusait de comprendre que sa famille avait besoin de lui. Mais Cassie a toujours refusé d'écouter, il a même fini par penser que c'était lui, le coupable de tout. Il se croyait maudit ! Pire que les malédictions des Pharaons…oui, je sais, ce n'est pas dans le sujet !
-Ouais…euh…pourquoi vous ne lui avez pas dit, hein ? questionna Dean, quelque peu rassuré de voir que Balthazar n'était pas aussi lâche et idiot qu'il ne l'avait paru à leur première rencontre, mais toujours remonté.
Un instinct de protection envers Castiel, peut-être, mais Dean était en colère que quelqu'un ait fait du mal à son patient. Une colère à l'apparence enfantine, sans doute. Il était lui-même encore un enfant, en vérité. Dans sa tête, quand il ne pensait pas à son métier et à son petit frère, le blond restait un enfant protecteur avec ses amis. Même si celui qui faisait du mal à son ami était le frère de ce même ami…
-La colère, l'envie de croire qu'il disait vrai…c'est à vous de m'analyser, je vous signale ! C'est vous le psy, pas moi…et en attendant, qu'allez-vous faire ?
-Comment ça, ce que je vais faire ? s'interrogea le jeune homme, attentif.
Balthazar détourna le regard de sa mère pour le tourner sur Dean. Un petit sourire apparut sur ses lèvres, tandis que des lueurs malicieuses se mirent à briller dans ses yeux vidés de toute rage.
-Avec mon frère. Vous avez déclaré votre amour à sa voix, avez-vous déjà déclaré votre cœur devant lui ? interrogea Balthazar, l'air innocent.
-Q…quoi ?
-Je sais que vous avez une femme, mais la manière que vous avez de vous préoccuper de mon frère, elle m'a interpellé. Et les paroles de votre très belle campagne aussi…alors, Cassie sait-il que son psy éprouve des sentiments pour lui ?
-Bah…c'était pour ça que j'étais venu, à l'origine. Mais, au moins, nous sommes arrivés à temps pour vous empêcher de tuer votre mère…attendez, une seconde, vous avez dit que ma femme était très belle ?! Ne la regardez pas ! minauda soudain Dean, jaloux.
-Du calme, je ne faisais que…non, en fait, je ne plaisantais pas. J'adore son ventre ! Bref…maintenant qu'il peut parler, même si c'est encore précaire, Cassie va pouvoir converser avec vous, et…vous donner une réponse, aussi ?
-Il m'en a déjà donné une, soupira le blond, las de revenir à ce sujet.
Car si Castiel refusait encore son amour, même s'ils avaient l'occasion de tout se dire de vive voix, la douleur serait terrible. Malgré tout, Dean accepta de se confier, bien décidé à aborder un autre sujet après.
-J'écoute ! l'incita Balthazar, intéressé, les mains dans les poches.
-Il m'a dit que nos sentiments étaient réciproques, mais qu'il ne pouvait pas me laisser prendre la mauvaise route, parce que j'avais déjà Lisa et un enfant à venir…dîtes, votre frère est toujours aussi chiamment raisonnable ?
-Ce mot n'existe pas, déjà ! Et ensuite, Cassie a toujours été le plus raisonnable, même s'il fait toujours des petites erreurs…les miennes sont pires, je crois. Allez lui parler, je vous donne ma bénédiction pour tout ce que vous voulez, tant qu'il ne se met pas à chanter comme Céline Dion, tant que vous détestez 'Titanic', et tant que vous ne prévoyez pas d'adopter des enfants qui s'appelleront Jack et Rose ! débita Balthazar, l'air sérieux et…enfantin à la fois, étrangement.
-Vous êtes très objectif, vous, se moqua l'autre.
-Parfaitement ! Permettez que j'aille me chercher un café ? Merci bien !
-Une seconde, Mr Novak ! Avant de vous en aller, j'aimerais vous poser une question. Accepterez-vous d'écouter Castiel, et de laisser votre mère vivre ?
-Vous appelez ça vivre, vous ? Elle est dans le coma depuis trop longtemps, elle ne voudrait pas continuer à vivre comme ça. Je sais que ça fait beaucoup de peine à Cassie, mais j'ai pas le choix, Mr Winchester. Il vaut mieux qu'elle repose en paix, loin de tous ces tuyaux…et en plus, elle adore le gris, et ici, il n'y a que du blanc ! tenta l'ainé.
-Vous trouvez encore la force de plaisanter alors que vous allez aider votre mère à mourir ? sourcilla encore Dean, ne trouvant pas assez de bonnes raisons pour tuer la femme endormie.
-Je suis nul, je sais. Je vais secouer les médecins pour qu'ils nous laissent encore une semaine, mais je ne changerais pas d'avis. Je suis désolé, pour vous, et surtout pour mes frères. J'aurais aimé qu'elle montre des signes de vie, mais les docteurs sont clairs : elle ne va pas revenir. Je ne supporte pas de la voir ainsi, il faut qu'elle s'en aille. Je sais que Cassie comprendra.
-Peut-être que lui, il comprendra, mais votre autre frère, Samandriel, que dira-t-il quand il saura que vous avez tué sa mère ? Même si vous l'aurez adopté…, songea le psychiatre, décidé à défendre la cause de l'inerte femme.
-Nous ne sommes pas encore à ça, Dean. Sammy saura, jamais je ne lui cacherais, mais…à trois ans, il pense plus à ses doudous qu'autre chose, il saura quand il aura l'âge. Maintenant, allez enquiquiner votre amour au lieu d'envahir mon espace personnel ! Merci bien ! renifla Balthazar avant de fuir, jetant un dernier regard attentionné à sa mère.
Pendant un instant, Dean crut que cet énergumène au langage vulgaire et sincère avait un petit complexe d'Œdipe, mais cette idée disparut, happée par une image bien visible dans son esprit : Castiel. Il devait voir Castiel.
...
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...
Ce ne fut que quelques jours plus tard que Castiel put recevoir des visiteurs et leur parler de vive voix, après avoir dû se soumettre à une palette d'examens fort déplaisants, au final. Alors qu'il regardait des photos enregistrées sur son ordinateur, assis sur son lit, dans la chambre qu'on lui avait permis de partager avec sa mère jusqu'à l'heure fatale, la porte s'ouvrit doucement.
Dean.
Dean Winchester.
Son ami. Son psychiatre. Celui qui aurait pu être son amant. Celui qui l'avait embrassé.
Bref.
-Salut, Castiel ! Je peux entrer, ou je te dérange ? demanda calmement le blond, un air serein sur le visage tandis que son cœur trahissait son expression.
Castiel lui fit un geste qui l'invitait à entrer, puis mit de côté son outil de travail, se redressant sur ses draps pour faire face à l'individu qui comptait énormément pour lui.
-Ahem…alors ? Comment ça va ? Les médecins t'autorisent à parler, ou tu dois encore te reposer ? questionna encore l'objet de son examen visuel azur.
-Je peux…parler, ne vous en faîtes pas, toussota l'autre homme, prenant quelques petites pauses le temps de parler.
Sa gorge le brûlait encore un peu, à force de ne pas avoir été utilisée pendant trop de temps, mais il se sentait déjà moins mal qu'auparavant. Il était maintenant temps de résister aux hurlements de son cœur lui ordonnant d'arrêter de se cacher. Et, accessoirement, il était temps de reprendre une relation saine avec Dean. Ce dernier parut surpris par le vouvoiement, mais cette surprise laissa bientôt place à de l'admiration. Oh, que la voix de Castiel était belle, douce, sonnant comme une multitude de notes mélodieuses aux oreilles du psychiatre.
-Cas', j'aime ta voix, ne put-il retenir, s'attirant un léger rougissement de la part de son patient.
-Merci ! Je ne me souvenais plus de comment elle était, admit Castiel, gardant un petit sourire sur ses lèvres.
-J'en conclus que cette fois, tu vas garder ta voix, n'est-ce pas ?
-Oui, je suis totalement débloqué. Je devrais remercier Bal' pour ça. Et…vous dire merci aussi, hésita le brun.
-Merci pour quoi ? s'enquit en retour l'autre homme, intrigué.
-Vous avez sauvé ma mère, pour le moment. Et…vous m'avez aidé à vivre quand tout était noir. Merci à vous, Dean Winchester, déclara Castiel de toute la sincérité dont son cœur pouvait faire preuve.
Dean eut l'air profondément touché, et ému, par ce que son ami lui disait. Sa voix, si jolie, et ses paroles, si émouvantes. Il ne regrettait absolument pas d'avoir défié la police et les feux rouges pour stopper Castiel, et par la même occasion, Balthazar.
-Si tu veux me remercier, Cas', oublie le vouvoiement, tu veux ? Et…ce n'est pas moi qui t'ais vraiment sauvé. C'est toi qui m'as aidé, révéla aussi Dean, se mordant nerveusement une lèvre.
-Vas pour le tutoiement, alors. C…comment va Lisa ? hésita à nouveau Castiel, sachant que ce sujet n'allait pas amener à ce qu'il voulait.
-Enceinte, gourmande, en manque de sexe, en manque d'affection, elle adore les sauts d'humeur et déteste les courses à travers la ville, et elle te trouve mignon…et elle trouve ton frère aussi mignon, d'ailleurs, se désolé le pauvre mari de la têtue de femme qu'il avait épousé.
-Jaloux ? se permit de plaisanter le brun, tout en gardant son ton confident.
-Moi, jamais ! Presque jamais ! se reprit rapidement Dean. Ecoute, Cas', je crois que tu sais ce que je fais ici, j'aimerais…discuter avec toi, que l'on puisse tout se dire, ok ? Et après, on verra de ce qu'on fait, mais je ne vais pas te laisser partir comme ça, surtout maintenant que je suis accro à ta voix et que j'ai appris que tu fredonnais sous la douche et que tu chantais comme une casserole !
-Dean ! Bal' a dû te mettre au parfum…, tenta de changer le sujet le patient qui avait retrouvé sa voix, se régalant de chaque mot qu'il prononçait.
-Non, Cas', s'il te plaît. Il faut qu'on en parle tant qu'on le peut encore.
-Ce n'est pas plus important que ma mère, Dean, tu le sais. Je dois la sauver…
-Et elle le sera, promis, mais d'abord, il faut que je sache, s'écria encore Dean, décidé.
Castiel ne se braqua pas cette fois. Autant en parler tout de suite, même si sa décision ne changerait pas. Sauf si sa mère pouvait être sauvée, et qu'elle voudrait rester dans cette ville, il la suivrait, mais sinon, le brun ne pouvait pas rester ici. Il devait s'en aller le plus loin possible de Dean, pour se reconstruire, et pour aider son ami marié et futur père !
Pourtant, ses pensées résistantes durent cesser lorsque Dean, comme s'il savait quelle était sa faiblesse, lui murmura ces quelques mots qu'il avait déjà entendu :
-Je t'aime toujours, Cas'…
Que va-t-il se passer?! Castiel va-t-il accepter d'aimer Dean, ou va-t-il partir? Méditez, chers lecteurs et lectrices, méditez bien!
A mardi prochain (:
