Note de l'auteur : Bonjour à tous ! On a partagé les états d'âmes de Gryffondors sur les derniers chapitres, il était temps de passer à autre chose au risque de frôler l'overdose ! Aujourd'hui, ce sera donc le cas de Pansy qui nous intéressera... Un petit chapitre, léger et qui devrait passer comme une lettre à la poste !

Je vous remercie à nouveau, lecteurs, reviewer, ainsi que ceux qui fav cette histoire ! N'hésitez pas à me donner votre opinion !

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Bonne lecture et à très vite !

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MAJ: Le retard de publication de ce chapitre n'est pas de mon fait... La page de publi FFNET a un souci, au niveau de leurs serveurs...


Chapitre 29 – Pansy

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- « Par Salazar ! Pansy ! On pensait que tu ne viendrais plus !

- Vous m'avez prévenue à la dernière minute ! Je n'avais personne pour garder Ash'... » se plaignit-elle en s'installant sur une des chaises en fer forgé du patio de la Dépendance Zabini, « … heureusement que Potter a bien voulu le garder !

- A ta place, je m'inquiéterais, Pans', que Potter accepte toujours de te dépanner » susurra Draco, l'air grave tandis qu'elle levait un sourcil. « Soit il a un sérieux penchant pour les enfants et je ne donne pas cher des fesses de ton fils, soit... »

Il laissa sa phrase en suspend alors qu'elle écarquillait les yeux bêtement, Blaise prenant le relais, goguenard.

- « Surveille tes arrières, Pans' !

- « Doux Merlin ce que vous êtes stupides ! » lança-t-elle blasée. « Ce n'est pas parce que vous êtes des idiots imbus d'eux-mêmes incapables d'altruisme que tout le monde est comme vous ! Potter est un Gryffondor dans l'âme, c'est un héros et il est gentil, vous... »

Elle s'interrompit et observa ses deux amis pouffer d'un rire moqueur. Ils étaient vraiment bêtes, quand ils s'y mettaient ses deux-là.

- « Tu as entendu ça, Draco ! Potter est gentil ! C'est un héros ! Et il est beau avec ses grands yeux verts !

- Ténébreux, ses yeux, Blaise ! Ténébreux !

- Oui ! Et puis, tu as vu ses poils aux pattes ! Ils sont si doux !

- Et chatoyants ! Et tu

- Non mais vous allez vous arrêtez, oui ? Je n'ai jamais dit ça !

- Mais tu en meurs d'envie !

- N'importe quoi !

- Allez, avoue, Pans' ! Il te fait frémir !

- Si vous continuez avec vos inepties, je prends mes clics et mes clacs et je m'en vais sur le champ !

- Pour mieux rejoindre Potter ! » S'exclama Blaise « Avoue-le ! Il te manque déjà ! »

Elle souffla une insulte avant de se lever. Ils n'étaient pas drôles ! Elle n'avait aucune envie de perdre son temps avec eux si c'était pour les entendre se moquer d'elle.

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Oui, elle appréciait l'Elu. Ce n'était pas sa faute. Il était gentil. Un vrai gentil. Il avait de la conversation et il était drôle. La plupart du temps, il ne s'en rendait même pas compte. Il était juste tellement spontané qu'il la faisait rire avec ses gaucheries et ses maladresses.

Il ne savait pas se tenir, mangeait plus souvent avec ses doigts qu'avec des couverts, mettait ses coudes sur la table et portait quasiment toujours des chaussettes dépareillées. Il ne savait pas se tenir mais il était drôle parce qu'il était rafraîchissant.

Peut-être qu'effectivement, elle le voyait trop souvent. Peut-être qu'elle parlait trop de lui. Et peut-être que parfois, elle imaginait des scénarios à l'eau de rose dont ils tenaient tout deux le rôle-titre mais ils n'avaient pas le droit de se moquer d'elle pour autant.

Sa vie était déjà assez compliquée sans qu'ils ne se permettent de ridiculiser les rares choses qu'elle appréciait !

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- « Oh, allez Pans' ! Te vexe pas ! Reste ! » Lui souffla Draco en agrippant ses épaules alors qu'elle attrapait déjà sa veste sur le dossier de sa chaise, prête à les laisser en plan.

- « Je reste si vous arrêtez de jouer aux imbéciles.

- Oui madame, bien madame » affirma Blaise, mimant un salut solennel en levant un chapeau imaginaire.

Elle se réinstalla élégamment, croisant ses longues jambes, et se servit une limonade au gingembre en secouant la tête. Elle et Potter. C'était ridicule.

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Un silence apaisé s'installa, chacun laissant ses pensées divaguer, profitant agréablement d'une légère brise. Le mois d'avril s'achevait et le soleil recommençait doucement à réchauffer la terre.

Blaise et Draco avaient décidé, à la nouvelle année, d'imposer à la brune de se joindre à certaines de leurs rencontres mensuelles. Les deux garçons se voyaient souvent et toujours avec plaisir mais, ils s'étaient rendus compte, ce jour où ils s'étaient retrouvés quasiment toute la soirée avec Pansy dans une cuisine, oubliant la fête qui battait son plein à côté, que cette fille leur manquait.

Plus jeune, à Poudlard, ils avaient été proches d'elle. Aussi proches que les conventions qu'ils devaient préserver le leur permettaient. A eux trois, ils s'étaient souvent confiés, la plupart du temps à demi-mots.

Ils s'étaient soutenus, quand ils le pouvaient mais, avec tout ce qu'il s'était passé avec la guerre et surtout après celle-ci, leur relation avait changé. Pansy s'était éloignée d'eux, sans même le vouloir.

Elle avait d'autres préoccupations qu'entretenir des amitiés naissantes. Elle avait eu une vie à remettre sur les rails et elle s'était un peu isolée. Bien sûr, ils se rencontraient régulièrement mais principalement entre deux portes. Ils ne prenaient plus le temps de s'asseoir, discuter et savoir vraiment ce qu'il se passait dans la vie des uns et des autres.

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Au nouvel an dernier, ils s'étaient tous retrouvés dans cette cuisine et s'étaient mis à parler, sans limite. Ils avaient retrouvé leur mode de communication bien à eux et y avaient passé des lustres, comme aux plus belles heures de leur adolescence.

Cette cuisine avait fait office de Salle Commune aux Serpentards et, d'ailleurs, tous ceux qui, ignorant ce qu'il s'y passait ce soir-là, avaient posé le pied dans cette pièce, en étaient aussitôt ressortis, ayant subitement l'impression de les gêner.

Quand Pansy les avait quittés, ils avaient pris leur décision. Ils étaient trois gosses paumés et déchus et il était essentiel qu'ils aient leur moment privilégiés, bien à eux, sans culpabilité, sans bon sentiment, sans frein.

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- « Vous vous souvenez » commença Blaise « quand on se vantait de la pureté du sang de nos fréquentations ? »

Pansy ricana.

- « On était tellement sûrs de valoir mieux qu'eux... Et maintenant, regardez-nous ! Je vois Loufoca pour le plaisir. Non mais sérieusement ! Pour le plaisir ! Et toi, Draco, tu es quasiment marié avec Granger ! Granger, bonté divine !

- N'exagère pas, Pans' ! Ça ne fait même pas un an qu'on habite ensemble !

- Oh ! S'il te plait ! Vous ne vous êtes toujours pas entretués, non ? Alors, c'est tout comme ! » Balaya-t-elle d'un geste de la main alors qu'il se renfrognait. « Et toi, si je ne te connaissais pas mieux, je penserais que l'autre Gryffondor est ton meilleur ami ! »

Elle ignora le regard que se lançaient ses vis-à-vis et continua un ton plus bas.

- « Sérieusement, les garçons ? Qu'est-ce qu'on est devenus ? C'est tellement bizarre de se dire qu'il n'y a même pas cinq ans, on essayait coûte que coûte de préserver cette image de pureté absolue et que maintenant... Enfin...

- Maintenant, tu es une catin !

- Et toi tu es un impie qui souille son sang !

- Et moi je suis une tapette »

La remarque de Blaise, à peine chuchotée, fut accueillie dans un silence de plomb. Draco posa doucement sa main sur son bras, sans lâcher Pansy du regard, cette dernière essuyant fébrilement du plat de sa main la limonade qui venait de rejoindre sa jupe.

Avant que Blaise ne parle, elle riait presque, de l'ironie de leur situation, son verre à la main mais, quand il était intervenu, elle avait stoppé son geste si brusquement que le liquide sucré avait éclaboussé ses genoux.

Le frottement qu'elle exerçait sur le tissu ressemblait davantage à un automatisme qu'à une réelle tentative d'en éliminer les dégâts. Elle n'avait lâché les yeux de Blaise que pour suivre le geste de Draco, ce discret mouvement de soutien indéfectible, comme toujours.

Le métis, lui aussi, gardait ses yeux rivés sur cette main aux longs doigts fins élégamment posée sur son bras.

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Blaise n'avait pas prévu de la mettre dans la confidence. Pas déjà. Il se disait que trop de personnes étaient déjà au courant mais, dans l'instant, il lui avait paru tellement injuste de lui cacher ce pan de sa vie.

Elle méritait de savoir, non ? Il n'y avait plus vraiment de risques qu'elle en parle à Théo vu le mépris qu'il lui inspirait désormais et elle savait garder des secrets. Elle aussi connaissait les foudres de la presse. Elle saurait se taire, même si elle pouvait être outrée par son... vice [1].

Elle était aussi dégénérée que lui ou Draco, non, dans un sens ? Et elle était censée être son amie. Elle avait le droit de savoir et de choisir, en tout conscience, si elle voulait ou non le garder dans sa vie malgré sa... perversité [1].

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- « Tu... tu quoi, Blaise ?

- Ne m'oblige pas à répéter » déclara-t-il tendu « tu as très bien entendu.

- Draco ? » Tenta-t-elle, incertaine.

- « Ce n'est pas avec moi, si c'est ce que tu insinues » la rassura-il d'un sourire en coin.

- « Je crois que je ne comprends pas » souffla Pansy.

Blaise leva les yeux au ciel. Pourquoi était-il toujours aussi compliqué de faire comprendre aux autres ce qu'il était en train de vivre ? C'était agaçant, à la fin !

- « Tu avais raison, Pansy. Je suis encore plus proche de Seams que de Draco.

- Ah... » constata-t-elle d'un ton morne, avant d'écarquiller les yeux « Ooooh !

- Oui, Oh ! » Répondit le métis un peu trop sèchement.

- « Tu veux dire que...

- Oui. » La coupa-t-il cette fois, anticipant sa question.

- Oh... Ah, bon. D'accord. Mais...

- Tu veux des détails ? » Demanda-t-il sans se départir de son ton guindé.

- « Hum... Et bien... Si ça ne te dérange pas... Enfin, je veux dire... Je...

- Regarde-là, la petite coquine » intervint Draco d'une voix mutine « elle veut des détails scabreux, je parie !

Pansy leva les yeux au ciel et l'expression de Blaise se calqua sur la sienne dans un mimétisme parfait. Le blond avait au moins le mérite de dédramatiser la situation.

Ils gardèrent le silence un moment, le métis se demandant par où commencer et Draco changea tranquillement de position, allongeant ses jambes devant lui en croisant ses bras derrière sa tête. Autant s'installer confortablement.

Durant l'heure qui suivit, Blaise s'appliqua à raconter la naissance et l'évolution de son histoire avec Seamus, récit entrecoupé de remarques narquoises du blond.

Blaise ne se montra pas affecté de la propension de son meilleur ami à tourner les aspects les plus romantiques de sa relation en dérision et garda tout du long son sérieux. De toute façon, le blond ne valait pas mieux avec Hermione et le métis avait tout autant d'armes que Draco pour ridiculiser ses élans mièvres.

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Pansy, elle, resta accrochée à ses lèvres, s'exclamant souvent de surprise, ricanant bêtement quelquefois de la gravité que prenait Blaise, restant parfois circonspecte. Elle l'avait toujours pris pour un homme à femme.

Elle n'aurait jamais parié un Gallion sur la probabilité qu'il tombe un jour amoureux d'un homme. En toute honnêteté, elle n'aurait même jamais parié une Mornille sur le simple fait qu'il puisse simplement tomber amoureux !

- « Quand ta mère saura ça, Blaise ! Je ne donne pas cher de ta peau !

- C'est bien pour ça que je me garde de le crier sur tous les toits, Pans'. Quand je vois comment réagissent vos parents à vos rebellions... je n'ai pas vraiment envie de me faire émasculer sur la place publique » répondit Blaise, parcouru d'un violent frisson.

- « Et je vois mal la grande Lady Zabini réagir autrement en apprenant que tu te tapes un mec, qui plus est au sang vicié... » Conclut dogmatiquement Draco.

Ils gardèrent à nouveau le silence. Leurs confidences avaient un côté absolument rassurant malgré tout. Ils n'avaient pas toujours eu cette impression de confiance totale les uns envers les autres. Seuls les coups durs qu'ils avaient successivement endurés les avaient réellement rapprochés.

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- « Bien... maintenant, que j'ai mis carte sur table, Pansy, tu vas arrêter de nous faire croire qu'il n'y a rien avec Potter. Tu as beau nous prendre pour des imbéciles, nous ne sommes pas aveugles ! »

Elle éclata de rire. Blaise ne perdait jamais le nord et, ce qu'il voulait, il l'obtenait. Il parvenait toujours à ses fins. Toujours. Elle refusa de lui rendre la tâche aussi facile et préféra s'indigner.

- « Je n'arrive pas à croire que tu en ais parlé à Harry avant moi !

- Ça n'aurait tenu qu'à moi, il n'aurait rien su ! C'est Granger qui ne sait pas tenir sa langue !

- A qui le dis-tu » renchérit Draco, goguenard.

Blaise et Pansy levèrent à nouveau les yeux au ciel avec un sourire. C'était exactement ce qu'ils recherchaient avec ces rencontres mensuelles. L'impression de n'avoir jamais quitté Poudlard, râlant, se houspillant, et Draco les provoquant quand il se sentait un peu trop exclu de la conversation.

- « Qu'est-ce que vous voulez savoir, de toute façon ? Il n'y a rien avec lui. C'est juste une sorte... d'ami, je suppose.

- Oui, un ami que tu ne refuserais pas de rejoindre dans son lit ! »

- Blaise ! » S'exclama-t-elle choquée. « Je ne suis pas comme ça ! Je ne suis pas comme vous, je vous ferais remarquer ! Je n'ai jamais connu que Théo et... et le père d'Ashley. Et encore ! Avec Théo, il ne s'est jamais rien passé de... de... enfin, vous voyez...

- Ok, ok ! Ne t'énerve pas Pans' » intervint doucement Draco « Reconnais quand même que Potter te plaît !

- Je ne le trouve pas complètement repoussant si c'est ce que vous voulez dire » annonça-t-elle posément.

- « Il y du progrès, tu as vu, Blaise.

- Oui, je note. Donc, il te plaît !

- Non. Ce n'est pas parce que je ne le trouve pas repoussant qu'il me plaît !

- Mais tu l'aimes bien...

- Oui, bien sûr. Il est sympa. Il est drôle et prévenant.

- Et...

- Il est adorable, c'est vrai mais...

- Mais...

- Mais rien. C'est tout ! » Leur opposa-t-elle, regrettant d'en avoir déjà trop dit.

- « Oh, allez, Pans', soit sérieuse deux minutes ! Tu ne peux pas trouver un type adorable, drôle, prévenant et complètement canon et

- Je n'ai jamais dit qu'il était canon !

- C'était sous-entendu ! Tu ne peux pas nier qu'il te plaît !

- Et alors » s'énerva-t-elle « même s'il me plaisait, ce qui n'est pas le cas, il sort d'une relation longue et tortueuse. Je n'ai vraiment pas besoin de ça. Je suis très bien avec Ashley, on a notre vie tous les deux et on avance bien, maintenant. Je n'ai vraiment pas besoin de compliquer tout ça avec un homme et encore moins si cet homme c'est Potter !

- Il lui plaît ! » Affirmèrent doucement ses comparses alors qu'elle continuait, n'ayant même pas entendu leur intervention.

- « Non mais sérieusement, vous imaginez le bazar que ce serait ? Mes parents en feraient une syncope, j'aurais toute la famille de Belettes sur le dos, Granger avalerait ses scones de travers et même toi, Draco, tu m'en voudrais d'avoir tué ta Miss-Je-Sais-Tout par imprudence. Et si Draco m'en veux, c'est toi, Blaise, qui t'en prendra à moi parce que vous êtes comme la louche et le chaudron, tous les deux ! Inséparables !

- Je suis la louche ! » Affirma Draco en levant l'index bien haut alors que Blaise riait, ne sachant pas trop comment comprendre la métaphore. Il reprit

- « Tu ne dramatises pas du tout, Pans'...

- Non... et vous me ferez le plaisir de ne plus jamais insinuer ce genre de chose. Je ne veux même pas y penser ! Potter est une sorte d'ami, juste une sorte d'ami, et c'est très bien comme ça.

- Comme tu veux, Pans », capitulèrent-ils, résignés. « Comme tu veux. »

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Un silence se réinstalla. Pansy, croisa les mains sur son ventre et ne put s'empêcher de voir une petite peau au coin de son pouce qu'elle s'évertua à triturer. Elle avait bien mieux à faire que suivre les garçons dans leurs élucubrations sur...

- « Bien, puisque le sujet Potter nous mène dans une impasse, tu vas enfin nous dire qui est le père d'Ash' ? »...

Salazar Tout Puissant ! Elle n'était pas sortie de l'auberge !

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Verdict ? Cette incursion dans le côté obscur de la force ? Enfin... chez les Serpentards, quoi...


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son... vice / sa... perversité [1] : Je préfère préciser, au cas où ce ne serait pas entendu, que les qualificatifs de « vice » et de « perversité » que Blaise attribue à son homosexualité est un point de vue fictif d'un personnage fictif. Ce n'est pas une transcription ni de la réalité, ni de mon opinion en tant qu'individu.