Harry suivit le Mage Noir, essayant de ne pas montrer l'angoisse qu'il ressentait. Il traversait de nombreux couloirs et il avait l'impression que Voldemort faisait des détours pour qu'il ne mémorise pas le chemin. Ce qui était parfaitement réussi, Harry aurait été incapable de retrouver la direction de sa chambre. Au bout de cinq minutes, ils s'arrêtèrent devant une double porte. Le Lord, siffla discrètement un mot de passe aux deux serpents qui maintenaient les deux portes closes. Malheureusement pour lui, il ne parvint pas à entendre «le code» que Voldemort utilisa. D'un signe de tête, il lui ordonna de le suivre à l'intérieur. Harry le fit aussitôt et sursauta lorsqu'il entendit les deux portes se refermer. Il se sentait pris au piège, à nouveau. Il se trouvait dans une sorte de salon, deux canapés et un fauteuil vert se trouvaient au centre de la pièce. Les murs, quant à eux, étaient couverts de livres du sol au plafond. La pièce était plutôt lumineuse, due à la présence de trois fenêtres. Et deux portes donnaient accès à d'autres pièces. Malgré sa curiosité naturelle, Harry ne posa aucune question et se contenta de s'asseoir lorsque Voldemort le lui demanda.
- Avant que tu ne me poses la question, tu te trouves dans mes appartements. Tu y resteras jusqu'à ce que ta formation soit terminée et que tu me sois pleinement fidèle. Donc la longueur de ton séjour ici ne dépend que de toi. Je ne te lâcherai pas de la semaine, le seul moment où tu seras seul, ce sera pour dormir. Tu ne dois pas oublier que tu me dois le respect, tout oubli sera sévèrement puni. Tu dois t'adresser à moi par un «Maître» et je ne tolérerai pas d'oubli de ta part. J'espère que c'est clair ?
- Oui.
Le Mage Noir esquissa un sourire avant de lancer un doloris sur Harry, qui tomba de son siège en hurlant de douleur.
- Je réitère ma question et cette fois je veux une réponse complète.
Harry se redressa, péniblement et s'adressa au Lord, les yeux fixés sur le sol.
- Oui, Maître.
Satisfait de sa réponse, le «Maître» ordonna au jeune sorcier de le suivre. Ils se dirigèrent vers la porte du fond, Harry suivant difficilement, en raison de la douleur toujours présente.
Ron venait de prendre une bonne douche, ce qui lui avait fait le plus grand bien. Il s'habilla rapidement et retourna s'asseoir devant le bureau. Malgré la fatigue qu'il ressentait et le merveilleux lit qui était à sa portée, il fut obligé de porter son attention au livre devant lui. La couverture noire du bouquin, ne lui inspirait pas confiance et c'est à contre-cœur qu'il consentit à l'ouvrir. Au bout d'une demi-heure, il n'avait toujours pas fini de lire la première page. Il luttait pour garder les yeux ouverts, finalement il renonça au livre et se dirigea vers son lit. Il s'endormit presque aussitôt.
Deux heures après, Rogue entra dans la chambre. Il posa son regard sur le jeune homme endormi et un rictus méprisant apparu sur son visage. D'un coup de baguette, Ron se retrouva projeté à terre. Il se leva rapidement, en jetant un regard noir à son ancien professeur.
- Il me semble que vous deviez lire un livre, Weasley, et non faire une sieste. Malgré votre faible intelligence, je pensais que vous auriez compris une simple consigne. Mais il semblerait que je me sois trompé, donc je vais vous ré-expliquer. Ce livre qui se trouve sur ce bureau, vous devez le lire, puis vous noterez sur un parchemin, ce que vous avez appris de ce livre. Est-ce clair maintenant ?
- Mais c'était déjà clair avant. J'étais fatigué et j'ai dormi. Maintenant je vais pouvoir lire votre fichu bouquin.
- Je vous conseille de me parler sur un autre ton, Weasley ! Je ne suis pas un de vos stupides camarades. Je repasserais dans quelques heures et j'espère pour vous que vous aurez avancé.
Il tourna aussitôt les talons et sortit en claquant la porte, laissant Ron à sa contemplation du livre qu'il allait devoir lire.
De son côté Hermione attendait avec impatience que le cours de Bellatrix se termine mais malheureusement pour elle, la sorcière ne semblait pas pressée. En ce moment même, elle lui faisait la démonstration du sortilège « Doloris », tout en lui expliquant à quel point il fallait vouloir la souffrance de l'autre. Les hurlements de douleur de ces moldus, brisaient le cœur d'Hermione. Elle ne comprenait pas comment on pouvait vouloir faire souffrir deux personnes innocentes, qui ignoraient l'existence même de la magie avant de se retrouver là. Elle fut brutalement sortie de ses pensées par Bellatrix, qui lui ordonna de se lever et de venir près d'elle.
- J'ai changé d'avis, tu vas finir ce cours par de la pratique. Tu n'es pas prête à faire souffrir ces moldus, bien, alors tu vas abréger leurs souffrances. Je suis sûre que tu connais la formule alors tue-les.
Hermione fixa Bellatrix totalement affolée, comment pouvait-elle lui demander de tuer ? Puis elle fixa les deux moldus qui étaient à terre. Leurs visages étaient crispés par la douleur. Mais leurs yeux semblaient vides de toute émotion. Alors d'une main tremblante, elle leva sa baguette sur le premier et d'une voix blanche prononça les deux mots fatals : «Avada Kedavra. » Une lumière verte vint percuter le moldu, puis elle leva sa baguette en direction du deuxième et prononça les mêmes mots. Elle baissa sa main, toujours tremblante et fixa les deux hommes morts qui se trouvaient devant elle. Elle les avait tués, elle n'en revenait toujours pas. Elle avait ôté deux vies, elle, Hermione Granger, la meilleure élève de Poudlard, était désormais une meurtrière. Même si au fond, elle les avait surtout libérés d'une longue torture et d'une douleur horrible. Elle s'en voulait terriblement.
Dans les appartements du Lord, Harry venait de suivre Voldemort dans une autre pièce qui s'avérait être une chambre. Un lit en baldaquin se situait au milieu de la pièce, un bureau était collé au mur juste à côté d'une fenêtre où l'on pouvait s'apercevoir que la nuit était en train de tomber. De l'autre côté de la pièce, on pouvait trouver une armoire située juste à côté d'une autre porte qui se révéla être celle de la salle de bain. Dans celle-ci, une simple douche, un lavabo et des toilettes.
- Le dîner sera prêt dans une demi-heure, comme tu auras l'honneur de manger en ma compagnie, je te veux impeccable. Tu trouveras des affaires dans l'armoire, ne sois pas en retard.
Le Seigneur des Ténèbres quitta la chambre, laissant Harry seul. Aussitôt il se dirigea vers l'armoire pour prendre une tenue propre. Il devait avouer que les habits qu'il portait, étaient sales, en plus d'être trop grands. Il prit des sous-vêtements, un jean noir et une chemise de la même couleur. Puis il se dirigea vers la salle de bain. La douche lui fit le plus grand bien et sentir le savon au lieu de la transpiration était bien plus agréable. Il était heureux d'avoir des vêtements à sa taille sauf la couleur laissait à désirer. N'ayant pas de montre, il décida de ne pas attendre plus longtemps et sortit de sa chambre. Le Mage Noir était là, relevant les yeux sur lui dès son entrée dans la pièce.
- Vingt-cinq minutes, c'est bien, tu as compris qu'il ne fallait pas me faire attendre. Assieds-toi, le dîner sera servi dans cinq minutes.
Harry devait avouer que manger du caviar, en tête à tête avec le plus grand Mage Noir d'Angleterre était une expérience assez étrange. Et même si dans un autre contexte la situation aurait prêté à rire, actuellement ce n'était pas son cas. Voir son pire ennemi, l'homme qui a gâché votre vie, déguster avec plaisir son dîner donnait à Harry, l'envie de s'enfuir à toutes jambes. Il se sentait mal à l'aise, il préférait de loin, les duels avec lui. Au moins il savait à quoi s'en tenir, il devait sauver sa peau et celle de ses amis. Alors que là, il se sentait faible, totalement à sa merci. Comment pouvait-il réaliser la prophétie en dînant avec celui qu'il devait tuer ou qui devait le tuer ?
Harry passa le reste du dîner dans ses pensées, jusqu'à ce que le Mage Noir lui ordonne d'aller dans sa chambre pour dormir et en lui promettant un réveil aux aurores. Dès qu'il fut dans sa chambre, il se jeta sur son lit, ne prenant même pas la peine de se changer. Il s'endormit rapidement en ignorant que cette nuit, il recevrait une étrange visite.
