Hello LoicLaCarpe ! Merci pour la review et surtout merci pour ton aide ! Quand j'ai constaté que ça avait marché, je crois que j'aurais pu t'embrasser X) Mais comme c'est difficile par ordinateur interposé, je me contenterais de te dire merci !
Merci Maxine3482 :)
Salut mimi70 ! Effectivement, je pense que si Crystall et Sirius avaient élevé Mary ensemble ils se seraient plus d'une fois pris la tête. Ils n'ont pas du tout la même vision de ce que veut dire « élever un enfant ».
C'est sûr que Dumbledore est dans de beaux draps, là. Mais Mary est loin d'être aussi vindicative que Crystall... Une chance pour lui XD
Merci Rose-Eliade !
Je peux de nouveaux publier depuis chez moi ! Du coup la publication continue suivant le rythme habituel : une fois par semaine le samedi.
Bonne lecture !
Le Bal des Sang-Purs
Le grand jour était enfin arrivé ! Mary se réveilla enthousiaste et sentit son excitation monter petit à petit au fil des heures. Elle tenait à peine en place quand il fut temps pour elle de se préparer. Oh, elle n'était pas genre à passer des heures à la salle de bain pour se pomponner–pas encore du moins – non, le problème était autre : ses cheveux.
Sa tignasse rebelle pleine de boucles et d'épis partant dans tous les sens. Il était clair qu'elle pourrait faire concurrence à Hermione Granger si elle ne passait pas tant de temps à essayer de la discipliner. Il fallut près d'une heure d'un effort combiné entre elle, sa mère et un elfe de maison pour réussir à transformer cette masse rousse en une cascade fluide. Mais elle ne se faisait pas d'illusion : cela ne durerait sans doute pas bien longtemps. C'est pour cela qu'ils finirent fermement nattés. Ça permettrait de limiter les dégâts quand ses cheveux décideraient de reprendre leur inclinaison naturelle.
- Tu pourras te débrouiller seule pour la suite ? lui demanda sa mère en observant le résultat de leur travail avec un air satisfait.
- Je pense que réussirais à enfiler seule une robe, oui.
- Bien. Je vais me préparer alors.
- Tu ne vas pas mettre une robe noire, hein ?
- Je pensais remettre ce que je portais au mariage d'Aileen.
Mary grimaça sans chercher à le cacher quand elle se remémora ladite robe. D'un bleu foncé presque noire avec de longues manche et un col montant, la plus jeune aurait plutôt vu cette robe sur des nonnes enfermées dans un couvent.
- Ça ne te va pas ? s'amusa la Maître des Potions.
- Tu n'aurais pas quelque chose d'un peu plus… festif ? On va célébrer Noël et nous allons être totalement disparate !
Les deux sorcières avaient cherché la robe de la plus jeune sur le Chemin de Traverse au cours de la semaine. D'un profond bleu indigo, elle avait des reflets moirés qui laissaient penser qu'elle était fait de soie alors que ce n'était pas du tout le cas. Mary avait fondu sur cette robe dès qu'elle l'avait vue et n'en avait plus démordu avant de l'avoir en sa possession.
- D'accord, je vais mettre autre chose, céda sa mère sous son regard insistant.
Satisfaite, la Serdaigle alla décrocher sa robe du cintre pour l'enfiler avec mille et une précautions. Elle avait même les gants assortis que toute dame se devait de porter. La vendeuse de la boutique avait sans doute deviné pour quelle occasion elle était venue acheter une robe et lui avait proposé un prix pour avoir les gants. Bien entendu, sa mère avait râlé que c'était du vol et non un "prix d'ami" avant d'allonger les gallions. Quand Mary voulait quelque chose, elle l'obtenait ! Ainsi, elle serait parfaite pour son entrée dans le monde de la noblesse sorcière.
- Je voudrais pouvoir venir avec toi, siffla Ladon anxieusement.
- Où veux – tu que je te mette ? répondit –elle. Je n'ai pas de poche pour toi.
- Autour de ton cou !
- Tu n'es pas très assorti à ma robe, plaisanta t –elle.
- Ça ne me fait pas rire ! Je serais beaucoup plus tranquille qui je pouvais t'accompagner !
- Que veux – tu qu'il m'arrive ? Maman sera là et je ne vois pas bien qui pourrait me faire du mal si elle est dans le coin.
Le serpent siffla de mécontentement. Il n'aimait pas du tout quand il ne pouvait pas être là pour la protéger !
Vingt heures sonnèrent à l'horloge du salon et Mary descendit en trépignant dans le salon. Elles allaient être en retard ! Finalement, après ce qui lui sembla être des heures sa mère arriva et elle put apprécier l'effort notable qu'elle avait fait pour sa tenue. La robe était sobre, mais d'un beau violet soutenu au corsage piqueté de minuscules pierres. Elle ne portait aucun bijou hormis la chevalière la désignant comme la matriarche de sa famille mais cette simplicité lui allait bien mieux que si elle avait abordé des parures et un maquillage sophistiqués.
- Tu es belle, déclara Mary.
- Fais attention : avec ton air étonné je pourrais me vexer.
- Je veux dire, ça change de d'habitude !
- Oui, oui, essaye de te rattraper jeune fille, sourit la plus âgée. Allons-y.
Elles se dirigèrent vers la cheminée et y jetèrent une poignée de poudre de cheminette. Les flammes devinrent immédiatement vertes et perdirent leur chaleur.
- Tiens ta robe pour que le bas ne frotte pas dans les cendres, lui indiqua sa mère tandis qu'elle prenait place dans l'âtre en essayant d'éviter au mieux le morceau de bois calcinés.
- Manoir Parkinson, Carlisle !
Un tourbillon de fumée plus loin, Mary avait sous les yeux non plus le salon du Phare mais une pièce d'une teinte pèche très douce dépourvue du moindre meuble. Il n'y avait là que deux cheminées. S'empressant de sortir de l'âtre, elle attendit patiemment l'arrivée de sa mère. Le murmure des invités se faisait entendre à travers la porte grande ouverte et la Potter se sentit soudainement beaucoup plus intimidée que quelques minutes plus tôt. La présence de sa mère la rasséréna et après un sort destiné à les débarrasser des traces laissées par la cheminette, elles se dirigèrent vers la sortie de la pièce de transport.
Elles débouchèrent sur ce qui ressemblait à une antichambre où arrivaient toutes les personnes quel que soit leur moyen de transport. Mary vit quelqu'un transplaner dans la pièce en face de celle dont elle était sortie et sur sa gauche se trouvait la double porte menant à l'extérieur où des carrosses ouvragés, oui des carosses, déposaient leurs riches propriétaires.
- Pourquoi ne pas simplement transplaner ? demanda t –elle à sa mère en désignant lesdits attelages.
- Mais parce que ça fait tellement mieux d'arriver en carrosse ! s'exclama la sorcière avec une ironie non dissimulée. Viens par ici.
Mary tourna le dos aux personnes arrivant depuis l'extérieur et remarqua une dernière porte devant laquelle se massait tous le monde. Elle se joignit avec sa mère à la file d'invité, essayant de reconnaître des visage, mais sans succès.
Quand se fut leur tour de passer la porte, elles tombèrent sur la famille Parkinson qui attendait pour saluer chacun de leurs invités. Lord Parkinson était un grand homme avec une barbe noire taillée élégamment mais qui ne cachait pas sa mâchoire proéminente qui faisait un peu penser à un bouledogue et dont sa fille avait malheureusement hérité l'empêchant d'avoir le visage délicat que quelqu'un de son rang aurait dû aborder. Suivait sa femme dont les cheveux étaient savamment entrelacés sur sa tête mais qui donnaient plus l'impression qu'on y avait placé une choucroute qu'autre chose. Arrivait finalement Pansy droite comme un i et immobile sur des talons haut qui devaient la faire souffrir le martyre. Quand elle aperçu Mary un étincelle traversa son regard brun et un sourire naquit sur ses lèvres.
- Suis moi et sois polie, chuchota soudainement la mère de Mary ramenant l'attention de la rousse sur elle.
Puis, un sourire se plaqua sur les lèvres de l'adulte et elle s'avança vers Lord Parkinson. Il attrapa doucement la main qu'elle lui tendit et tandis qu'il la portait à ses lèvres la sorcière fit une révérence si fluide qu'elle devait avoir été travaillée des milliers de fois. Mary ne put empêcher ses yeux de s'ouvrir en grand en voyant ça. Qui aurait pu penser que la Maître des Potions un peu brusque qu'était sa mère pouvait exécuter un mouvement aussi harmonieux ?
- Lady Entwhistle, il me semble que cela fait une éternité que vous n'avez plus participé à notre Bal, lui dit le père de Pansy. Si ma mémoire est bonne, il s'agit même là de la première fois que vous vous joignez à notre belle et grande Famille depuis l'accession à votre titre.
- Votre mémoire ne vous joue pas des tours Lord Parkinson. Je n'ai plus participé au Bal depuis mes dix ans.
- De longues années d'absence, cela va sans dire. A qui devons-nous le plaisir de votre changement d'attitude ? Je serais ravi de l'en remercier personnellement.
- Vous êtes plein de sollicitude my Lord. Permettez-moi alors de vous présenter celle qui m'a rappelée à mes devoirs. Voici ma pupille Lady Mary Potter.
Merlin qui c'était étrange de voir sa mère se comporter ainsi ! Elle ne semblait même plus être elle-même en fait ! Intimidée, l'interpellée s'approcha et imitant tant bien que mal ce qu'elle avait précédemment vu elle tendit une main en tentant une révérence qu'elle savait être loupée. Elle crut même entendre quelques rires étouffés derrière elle et ça la mise en colère. De quel droit se moquaient –ils ? Elle n'avait pas des années d'entraînement ! Pourquoi sa mère n'avait –elle pas mis ce genre de chose dans son programme d'étude ?
- Enchantée de vous rencontrer, Lord Parkinson, dit –elle néanmoins.
- Le plaisir est partagé Lady Potter. Beaucoup de nos invités seront ravis de faire enfin votre connaissance après que votre tutrice vous ait gardé pour elle tant d'années.
La phrase semblait anodine, mais Mary y décela un soupçon de… pas de menace. Mais presque. Intriguée, elle jeta un dernier regard au patriarche de la famille Parkinson avant de reporter son attention sur sa mère qui saluait à présent Lady Parkinson. Elles s'inclinèrent toutes les deux comme de parfaits reflets l'une de l'autre dans un miroir et échangèrent deux mots. Puis, quand sa mère arriva devant Pansy, elle se contenta d'un geste de la têt tandis que la plus jeune s'inclinait puisqu'elle n'était qu'une Héritière et faisait face à une Lady en titre. D'ailleurs Pansy s'inclina également devant Mary qui choisit de lui rendre la politesse :
- Tu as vu, lui dit –elle. Je suis venue.
- Je n'aurais pas autorisé un refus, répondit la concernée avec un petit sourire sournois.
Comment ça elle "n'aurait pas autorisé" ? Mary s'éloigna et se fit immédiatement interpeller par sa mère :
- Tu n'aurais pas dû faire la révérence devant la petite Parkinson : tu n'es pas son égale.
- J'en ai le droit si je veux l'honorer, non ?
- Si, mais dans ta position tu ne peux pas te permettre ce genre de chose surtout que tu ne sais pas fait une révérence correcte.
- C'est de ta faute tu ne crois pas ?
- Je n'avais pas l'intention de t'introduire au monde de la noblesse avant ta majorité. Et tu aurais aussi pu prendre les devants et m'en parler avant qu'on vienne ici. N'oublie pas : tu es une Lady et quoi qu'en pensent les autres tu es donc l'égale, en terme de rang, de n'importe quel adulte portant le même titre.
- Même toi ?
- Même moi. Mais tu restes ma pupille et je détiens tous tes droits jusqu'à ce que tu sois majeure. Alors même si tu as un titre, tu n'as que ça. Prends en grand soin.
Le hall d'entrée des Parkinson n'était pas du tout comme celui des Malefoy. Aussi étonnant que ce soit, il était bien plus vaste et surtout aucun portrait de leurs ancêtres n'était accroché au mur. Le sol était un damier beige et blanc et menaient jusque trois grandes portes placées respectivement en face et de chaque côté de l'entrée où arrivaient les invités. Un lustre en cristal rutilant pendait au plafond et était parsemé de centaines de bougies
- Maman ?
- Oui ?
- Tes parents t'ont –ils appelé Crystall à cause du cristal ?
- Tu penses que c'est le moment de te poser ce genre de question ?
- C'est la première fois que je vois du vrai cristal alors ça m'est venue.
- Je devais être "aussi belle est rutilante que le cristal", lui apprit l'adulte avant de poursuivre : Maintenant, concentre toi.
Elles suivirent la musique et entrèrent par la grande porte à double battant du milieu. Mary découvrit qu'en réalité il n'y avait pas trois pièces mais une seule et immense salle de balle aux murs tapissés de fresques dorées et s'achevant par une coupole en verre par laquel la lune quasi pleine éclaboussait la salle de sa lumière en plein milieu d'une immense piste de danse.
- Comment la lune peut –elle éclairer comme ça ? demanda Mary en observant le phénomène.
Avec toute les lumières présentes dans la salle il était bien étrange que la lueur de la lune puisse ainsi la bercer de sa clarté argentée.
- La magie, Mary. Le verre de la coupole doit être ensorcelé pour démultiplier la puissance de la lune.
- Je ne savais pas que certains manoirs avaient ce genre de chose.
- Oh, ne te fais pas d'illusion : cette salle doit sortir de plusieurs mois de travaux. Cela m'étonnerait beaucoup que la coupole ait été là auparavant.
- Vraiment ?
- Oui. Organiser le Bal est un honneur qui revient à tour de rôle à toutes les familles des Trente Sacrés… C'est-à-dire une fois tous les trente ans théoriquement.
- Certaines familles se sont éteintes et d'autre ne participent pas comme toi, devina Mary.
- Oui. Je dirais qu'il ne reste que dix-huit familles qui suivent encore la tradition.
- C'est triste.
Mary balaya la foule du regard et repéra un peu plus loin Drago Malefoy dans un coin avec d'autres Serpentards et de l'autre côté Neville Londubat accompagné d'une vieille dame avec une expression pincée. La rousse allait se diriger vers le premier groupe mais sa mère alla à l'opposé en lui faisait signe de la suivre.
- Lady Londubat, il est bon de vous voir ici, déclara la matriarche Entwhistle en guise de salutation.
- Lady Entwhistle, ne pouvons nous pas laisser tomber nos manières entre nous ?
- Comment allez-vous Augusta ?
- Bien, merci. Voici donc Mary Potter n'est ce pas ? J'ai entendu parler de vous par mon petit-fils. Vous connaissez Neville, je suppose ?
Les deux plus jeunes se regardèrent un instant. Neville portait une élégante robe de sorcier mais au lieu de faire son effet, celle-ci semblait le rendre encore plus… pataud. C'était à se demander comment un vêtement pouvait faire cet effet. En tout cas, il était visible que s'il avait pu disparaître il l'aurait fait et qu'il se forçait à se tenir droit pour ne pas faire honte à sa grand-mère.
- Bien sûr, répondit Mary avec un sourire.
- Crystall, les avez-vous vu ? demanda ensuite la vieille sorcière en reportant son attention sur la mère d'adoption de la Serdaigle.
- Mary, et si tu allais saluer tes amis ? suggéra la concernée. Rappelle toi ce que je t'ai dis et essaye de rester dans mon champ de vision.
La concernée fronça les sourcils. Maintenant que sa mère voulait la congédier elle aurait souhaité rester. A qui faisait référence le "les" de la question posée par Lady Londubat ? Elle tenta de s'attarder un peu plus longtemps mais dut se rendre à l'évidence : sa tutrice avait décidé qu'elle n'avait pas à entendre la suite de la conversation et ne comptait pas la poursuivre tant qu'elle serait dans les parages.
La Potter s'en alla donc, fendant la foule pour aller rejoindre les Serpentards amassés un peu plus loin. Il y avait naturellement Drago, mais également Millicent Bullstrod, et Daphnée et Astoria Greengrass. Non loin se trouvait également Blaise Zabini qui souriait aux côtés de ce qui était sans doute la plus belle femme de la soirée. Vu sa peau noire il n'était pas bien difficile de deviner son lien de parenté avec Blaise et en détaillant le visage de la femme Mary jugea qu'il y avait une chance raisonnable qu'il s'agisse de sa mère même si elle paraissait extraordinairement jeune pour avoir déjà un enfant de treize ans.
- Je ne pensais pas que tu viendrais réellement ce soir, lui dit Daphnée en agitant une main d'un air désinvolte. Je suis impressionnée que tu ais pu convaincre Lady Entwhistle.
- Quel genre de réputation a ma mère au juste ? ne put s'empêcher de demander la Serdaigle.
Elle n'était pas stupide et avait retenu que sa mère n'avait plus participé à aucun événement mondain depuis qu'elle avait onze ans. Et pourtant, malgré vingt-deux ans d'absence elle semblait connaître tout le monde et tout le monde semblait la connaître également. Il était tout de même étrange qu'une sorcière vivant si reculée de la société soit si populaire non ?
Mary observa avec intérêt les Serpentards échanger des regards comme pour se demander ce qu'ils pouvaient dire et ce qu'ils devaient taire. c'était tellement frustrant ! A croire que tout le monde en savait plus long qu'elle sur le passé de sa propre mère.
- Lady Entwhistle est la personne la plus riche et la plus puissante d'Angleterre en théorie, finit par lâcher Millicent Bullstrod.
Ce n'était pas la première fois que Mary entendait ça, mais sa famille vivait si ordinairement qu'elle avait tendance à oublier cet état de fait.
- Elle a la main basse sur la fortune, les titres et les pouvoirs de sa famille, de la tienne et des Black, poursuivit la jeune fille. Et beaucoup attendent toujours de voir ce qu'elle va faire de tout ça même si jusqu'à présent elle n'en a pas profité.
- Des Black ? répéta Mary.
Ça, en revanche, c'était étonnant. Pourquoi les Black ?
- Ma mère a voulu récupérer les pouvoirs de sa famille, elle est née Black, expliqua Drago. Mais on lui a fait savoir qu'elle n'en avait aucun droit. Je ne sais pas par quel moyen ta mère a réussi ce tour de force mais cela n'a pas beaucoup plus à la mienne.
La rousse pouvait très bien l'imaginer. Elle savait toutefois que Millicent avait détourné la conversation de sa vraie question mais avant qu'elle n'ait pu remettre le sujet sur le tapis Blaise Zabini se joignit a eux et anéantit tous les espoirs de Mary d'en savoir plus sur sa mère. Comme d'habitude en somme.
La Potter ne savait plus ou donner de la tête. Elle passa un certain temps à écouter les Héritiers des diverses familles parler des personnes qu'ils voyaient et en appris beaucoup plus qu'elle ne l'aurait pensé. Intérieurement, elle se dit que leurs parents n'étaient pas bien prudents de discuter de ce genre de choses sans prendre la précaution de vérifier qu'on ne les écoutait pas. Elle nota aussi qu'il n'y avait pas que des sorciers anglais. Une dame habillée d'une robe bouffante et accompagnée de minuscules oiseaux qui gazouillaient joyeusement autours d'elle venait de France. La Duchesse de Nivelonne s'était déplacée spécialement pour l'occasion et était apparentée aux Parkinson.
La rousse rejoignit brièvement sa mère pour une explication approfondir du titre de "Duchesse" qui n'existait pas dans la noblesse anglaise.
- Comme tu le sais, en Angleterre, nous classons nos Familles avec trois critères : la noblesse, l'ancienneté et la pureté. Ainsi tu appartiens à la Très Ancienne et Très Noble Maison des Potter et moi je suis la Lady régnante de la Très Ancienne, Très Noble et Très Pure Maison des Entwhistle.
- Je ne savais pas qu'on utilisait aussi la Pureté comme critère.
- Il est un peu tombé en désuétude, surtout depuis que Voldemort à disparu car on associait les familles définies comme "très pures" à ses partisans. Mais tu peux être certaine que la plupart des personnes ici présentes utilisent encore ce qualificatif. C'est sur ce critère de pureté qu'est basée la liste des Trente Sacrés de la sorciété anglaise. Je t'en ai déjà parlé, n'est ce pas ?
- Oui… Et pour la Duchesse ?
- La sorciété française est toujours une monarchie malgré que les moldus soient gouvernés par une république. Ils ont donc conservés les titres de noblesse associés. Du plus bas au plus haut, on retrouve Baron, Comte, Duc et Prince, sachant que ce dernier titre est réservé aux membres de la famille royale. A côté de cela, tu trouves aussi des chevaliers, des vicomtes, des marquis et toute sorte de titres intermédiaires.
- Donc la Duchesse de Nivelonne est plutôt haut placée.
- C'est exact.
Satisfait de ces informations, la Serdaigle quitta à nouveau sa mère qui était en grande conversation avec Lady Abbott et se dirigea vers le buffet qui s'avéra être exquis. Les banquets de Poudlard pouvaient aller se rhabiller. Mary ne revit sa mère qu'un peu plus tard dans la soirée quand celle-ci se retrouva sur la piste de danse au bras de… Lucius Malefoy ?
- Tu viens danser ?
Mary sursauta : elle était tellement focalisée sur le spectacle irréaliste de sa mère dansant avec Lucius Malefoy qu'elle n'avait pas entendu le fils de celui-ci se rapprocher et lui tendre une main pour la mener à son tour sur la piste de danse.
Sauf qu'il y avait un petit problème. Oh, juste un petit détail de rien du tout : elle ne savait pas danser. Ce n'était pas l'un des enseignements auquel elle avait eu le droit et la Serdaigle se fit une fois de plus la réflexion qu'elle n'était peut –être pas aussi prête qu'elle le pensait à se rendre à un événement tel que ce Bal.
- Avec un bon cavalier, comme moi, personne ne constatera que tu n'y connais rien, lui glissa Drago qui avait sans doute immédiatement deviné ce qu'elle pensait. Et je tiens à te signaler que j'ai dû abandonner Pansy pour venir te demander une danse : il serait bien mal avisé de ta part de refuser.
- Mais rien ne t'empêche d'y aller avec Pansy !
- Si : mon père. En invitant ta tutrice au lieu de ma mère il m'a plus ou moins ordonné d'abandonner Pansy pour toi.
Décidément, elle ne comprenait rien à certains codes de la noblesse ! Maugréant dans sa tête, parce que ça n'aurait pas été poli de le faire pour de vrai, elle attrapa la main tendue de Drago. Qui avait à la fois raison et tord : il connaissait son affaire en danse mais Mary était une horrible cavalière. Elle avait le plus grand mal à le laisser diriger et ça se solda par beaucoup trop de pieds écrasés et la honte de sa vie. Plus jamais elle ne se lancerait dans ce genre de chose sans en avoir les bases! Elle se tînt d'ailleurs loin de la piste le reste de la soirée.
Ce qui l'amena à rencontrer les personnes qui n'étaient pas là pour paraître et échanger des potins médisants sur les invités. C'étaient ceux qui profitaient que l'événement réunisse à peu près tous les Sang-Purs de Grande-Bretagne pour parler de politique, d'alliance et de chose beaucoup moins sympathiques.
- Ne serait – ce pas la fille Potter ? grinça un homme filiforme mais de haut stature enveloppé dans une costume sombre. Pourquoi ne viens – tu pas nous saluer comme il se doit ?
Il la regarda de ses yeux sombres profondément enfoncés dans leurs orbites et elle se sentit soudainement très mal à l'aise. Quelque chose lui disait que ça ne lui apporterait rien de bon de lui obéir, mais maintenant qu'elle l'avait regardé et qu'il savait qu'elle l'avait entendu, elle ne pouvait pas continuer sa route comme si de rien était.
L'homme qui l'avait interpellé était accompagné de deux autres dont l'un au traits dur avec un sourire mauvais et l'autre aux cheveux grisonnants mais dont la barbe abordait encore une couloir d'un noir aussi sombre que ses yeux.
En s'approchant, Mary avisa alors deux autres personnes. Théodore Nott était debout contre le mur, derrière le fauteuil de celui qui devait vraisemblablement être son père et juste à côté d'un petit siège où une fillette aussi blonde qu'il était brun était assise. Il avait l'air d'une garde vigilant et peut –être était –ce le cas. La fillette ressemblait à une poupée de porcelaine et avait l'air aussi figée que l'une d'elle. Mais ses yeux noirs dévisagèrent avidement Mary même si aucune expression ne filtra sur son visage. Elle ne devait pas avoir plus de huit ans. Théodore, lui, paraissait encore plus sinistre que d'ordinaire.
- Lord Nott, je suis ravie de faire votre connaissance, dit –elle en reportant son attention sur le concerné. Je n'ai en revanche pas l'honneur de connaître ces autres messieurs.
- Je te présente Lord Yaxley et Lord Travers.
- Sans vouloir vous offenser, Lord Nott, je suis Lady Potter et j'apprécierais que vous n'usiez pas d'une telle familiarité quand vous vous adressez à moi, lui dit Mary.
Qu'un adulte la tutoie ne l'aurait pas dérangée d'ordinaire. Mais ces trois là la mettaient suffisamment mal à l'aise pour qu'elle essaye de poser une distance raisonnable et décide de se réfugier derrière son titre.
- Tu ne seras Lady que lorsque tu seras mariée, lui répondit le père de Théodore avec un regard mauvais. Aucune femme ne devrait avoir le droit de diriger une Famille.
Cette remarque là réussi à vexer et à éveiller la colère de la féministe qui sommeillait en elle. Beaucoup de Sang-Pur avaient ce genre d'idée stupide en tête et elle ne voyait aucune raison valable qui expliquerait qu'un homme soit plus apte aux postes à responsabilité qu'une femme.
- Malheureusement, Lord Nott, je crains que vous n'ayez pas l'autorité pour statuer là-dessus, finit –elle par dire.
Pas question de le laisser avoir le dernier mot sur le sujet. Sa remarque alluma une lueur mauvaise dans le regard du concerné et cela sembla inciter les deux autres Lords à intervenir.
- Ne te laisse pas abuser par l'enfant Potter. Elle ne vivra pas assez vieille pour revendiquer les pouvoirs associés à son titre.
Yaxley n'avait pas parlé bien fort, mais juste assez pour être certain que Mary l'entende. Son sang se glaça et en regardant mieux ces trois hommes, elle comprit qu'elle avait devant elle des adeptes des idées de Voldemort. Peut –être même des Mangemorts ayant échappé à la justice : sa mère lui avait dit que beaucoup d'entre eux avaient usé de leur argent pour éviter Azkaban. Dans quelle situation s'était –elle encore fourrée ? Elle aurait bien aimé que Ladon soit là, sa présence aurait réussi à la rassurer. Et pourquoi n'avait –elle pas écouté sa mère en restant toujours dans son champ de vision ? Parce qu'il était clair qu'elle ne recevrait aucun secours de sa part vu le coin reculé de la salle où elle se trouvait.
Que devait –elle faire ? Tourner les talons et s'enfuir au risque de se prendre un sort dans le dos et de passer pour une fillette terrifiée, ce qu'elle était en ce moment même, ou répliquer ?
- Comptez vous m'assassiner de vos propres mains Lord Yaxley ou allez-vous attendre que Voldemort revienne faire le sale boulot ?
Le nom du mage noir provoqua une réaction des plus violentes chez les cinq personnes présentes puisque Théodore et la petite fille blonde crispèrent le visage de terreur et perdirent encore un peu plus leurs couleurs.
- Sale Sang-Mêlée comment oses – tu… commença Travers avant de se taire brutalement.
Il regardait quelques chose derrière Mary et cela informa la fillette une seconde avant qu'une main ne se pose sur son épaule que quelqu'un d'autre entrait en scène. La ferme douceur avec laquelle on serra son épaule et le parfum lui indiquèrent que sa mère l'avait rejointe et elle en soupira discrètement de soulagement.
- Tu disais Travers ? demanda tranquillement la Maître des Potions.
C'était stupéfiant. L'arrivée de sa mère semblait avoir fait changer la menace de camp. Les trois hommes ne bougeaient plus, regardant avec animosité la nouvelle venue. Le silence s'éternisa et la sorcière reprit :
- C'est aussi ce que je me disais. Et toi Nott ? As – tu encore une remarque subliminale à lancer sur la place des femmes ou peut –on y aller ?
Visiblement, la mère de Mary avait été là depuis plus longtemps que celle-ci ne le pensait. Et c'était rassurant.
- Un jour, tu feras moins la maligne Entwhistle.
- Ça m'étonnerait : je n'ai besoin de personne pour assurer mes arrières contrairement à vous. Mais si jamais tu trouves en toi assez de courage pour me provoquer ouvertement en duel, sois certain que j'acceptais le défi avec un plaisir sans borne. Mary, nous y allons. Maintenant.
La prise de la main sur son épaule se raffermit et Mary pivota quand elle se fit tirer sur le côté. Elle ne voulait pas leur tourner le dos, surtout en voyant le regard haineux du père de Théodore, mais n'eut pas le choix. Sa mère la tira avec elle jusqu'à ce qu'elles aient rejoint le hall.
- Tu comprends maintenant pourquoi je ne voulais pas que tu t'éloignes trop de moi ? demanda sa mère.
- Ce sont des partisans de…
- Oui, la coupa l'adulte avant qu'elle ne prononce le nom de Voldemort. Un certain nombre des personnes présentes ce soir approuvaient ses idées et les approuvent toujours même si ce n'est plus aussi ouvertement maintenant qu'ils n'ont plus personne pour les couvrir.
Mary fronça le nez. Des gens incapables d'assumer leurs idées sans un soutient étaient méprisables. Il fallait se battre pour ce qu'on pensait et ce peu importe le prix.
- Nous allons rentrer, dit la Maître des Potions. C'est bien assez pour un premier Bal. Et j'espère que tu auras compris que tu n'es pas encore tout à fait prête pour ce genre de chose.
La rousse se retînt de lui lancer "dis plutôt que tu as tout fait pour que je n'y sois pas prête !". Elle préféra répondre :
- Dis plutôt que tu ne veux plus rester.
- Parce que toi, tu en as envie ?
Pour être tout à fait honnête non. Passé l'émerveillement du début elle devait bien avouer que ça n'avait pas du tout été comme elle se l'était imaginée. Elle s'était souvent sentie mal à l'aise, même ou plutôt surtout, en compagnie de son groupe d'ami qui paraissait si différent de ce dont elle avait l'habitude. Les deux sorcières prirent donc poliment congé de leurs hôtes qui les invitèrent à revenir les voir quand bon le leur semblerait. Mary savait que ce serait "jamais" pour sa mère.
Elle était épuisée quand elle retrouva le Phare qui était inhabituellement silencieux à cause de l'absence de Cameron. Elle dit à Ladon qu'elle lui raconterait tout le lendemain avant de se laisser tomber sur son lit pour s'endormir comme une masse.
Les quelques jours entre le Bal et nouvel an furent tranquilles. Mary passa son temps à bouquiner près du feu, agacer les chats et prépara quelques potions sous l'attention vigilante de sa mère qui conclut qu'elle était d'un niveau excellent, ce qui était étonnant étant donné la qualité de l'enseignement qu'elle recevait à Poudlard.
Le seul élément notable fut l'arrivée imprévue d'Emeli. Un matin, elle se trouvait simplement à table quand Mary descendit en pyjama prendre son petit-déjeuner. Elle avait le visage défait et semblait angoissée.
- Que c'est –il passé ? s'inquiéta immédiatement la rousse après avoir serré son amie contre elle.
- Ma tante ne va vraiment pas bien, lui révéla la blonde à mi-voix. Elle est à Sainte Mangouste et quand les Guérisseurs se sont rendus compte que je restais seule à la maison ils ont voulu m'envoyer en foyer d'accueil. Mais ta mère a eu le gentillesse d'accepter de m'héberger d'ici à la rentrée.
La Potter se dit qu'elle avait eu raison de s'inquiéter au sujet de l'absence de courrier de la part de son amie et fit se son mieux pour éloigner un peu l'inquiétude qui semblait continuellement flotter au dessus d'elle. Ce n'était pas très facile.
- Elle a une maladie qui fait peu à peu disparaître sa magie, lui confia Emeli un soir alors qu'elles étaient déjà couchées.
Emeli avait émis le désir de ne pas dormir seule et Mary avait demandé à sa mère d'ajouter temporairement un deuxième lit dans sa chambre où il y avait largement assez de place.
- Ça existe ça ?
- C'est extrêmement rare. Je crois qu'un seul autre cas est recensé dans le monde actuellement.
- Et qu'est ce que ça lui fait ?
- Personne ne peut vivre sans magie surtout pas les sorciers. Plus sa magie s'affaiblit, plus elle s'affaiblit. Elle est encore assez jeune mais elle ne va pas tarder à en mourir.
- Il n'y a vraiment aucun moyen de la soigner ?
- Non. Il y a un traitement qui retarde l'avancée de la maladie, mais bientôt elle ne pourra plus l'utiliser.
- Pourquoi ?
- Ce traitement, c'est… De remplir artificiellement ses réserves de magie, je dirais. Mais la magie qu'on lui donne doit venir d'un membre de la famille, c'est-à-dire moi.
- Où est le problème alors ?
- Le problème, c'est qu'une ponction de magie ne peut se faire que chez les enfants où elle est encore modulable. A treize ans, je suis presque à la limite. Ma tante supporte de moins en moins ma magie. D'ici un an, peut –être deux si j'ai de la chance, ce sera terminé.
Mary resta un instant silencieuse. Elle savait que la tante d'Emeli n'était pas très en forme, cela se voyait à son physique. Mais pas que c'était grave à ce point là ! Toute cette histoire lui rappelait le désagréable souvenir de la mort de son père. C'était encore récent pour elle et elle comprenait parfaitement la détresse que pouvait ressentir son amie.
- Je ne savais pas que la magie changeait avec le temps, finit –elle par dire à défaut d'autre chose.
- Elle mûrit avec toi et se transforme suivant la façon dont tu la pratiques. Tu la modèles tout au long de ta vie. Il est normal qu'à un moment elle ne puisse plus convenir à quelqu'un d'autre que toi.
La mère de Mary accompagna tous les jours Emeli pour qu'elle aille voir sa tante et que les Guérisseurs puissent constater qu'elle était entre de bonnes mains.
Le réveillon ne fut donc pas le plus joyeux que le Phare ait connu que ce soit à cause de la situation d'Emeli ou de tout ce qu'il s'était passé durant cette année 1993. Mary savait que tout le monde espérait que 1994 serait moins terrible. La seule note festive fut la venue de son tonton Remus. Il paraissait un peu fatigué ce qui était compréhensible : la pleine lune venait juste de passer. Mais cela faisait plaisir de le voir là.
Puis, il fallut faire les bagages. La rentrée se faisait le 3 janvier et l'excitation gagna peu à peu la maison. Cameron, surtout, était heureux de repartir sans que ça n'étonne qui que ce soit. La nuit précédant le voyage de retour à Poudlard, Mary pensa à tout ce qu'elle avait prévu pour cette seconde moitié d'année.
Réussir à discipliner Edgard pour pouvoir voler dessus. Revoir son parrain et savoir comment elle pourrait commencer son entraînement d'animagus. Rechercher discrètement Peter Pettigrow. Apprendre à danser –son échec lui restait toujours en travers de la gorge. Savoir se défendre contre les Détraqueurs : son tonton lui avait promis de lui donner des cours. Organiser de nouveaux entraînement de Quidditch et surtout des matches. Un programme bien remplit en définitive.
A suivre...
