Hello tout le monde!

J'avais promis (je crois?), chapitre à l'heure le voici!

C'est le dernier "vrai" chapitre de cette fiction, le der des der étant l'épilogue.

J'espère qu'il y aura encore des gens pour le lire haha, et celui-ci aussi d'ailleurs!

C'est bientôt fini... DANS UNE SEMAINE HAAAA. J'arrive pas vraiment à m'en rendre compte haha

C'est l'émotion pour moi chaque semaine! (C'est vrai j'vous jure!)

Enfin, bref, je vous laisse à cet avant dernier chapitre!

Je croise les doigts pour qu'il vous plaise!

Bisous bisous!

Pauline.


Chapitre 29 : Mémoire

"Bonjour à tous. Certains d'entre vous me connaissent peut être déjà. Pour les autres, autant me présenter maintenant.

Je m'appelle Remus Lupin. Pendant dix-sept, j'ai été membre de la résistance. De l'Ordre du Phénix. J'ai vu toute l'horreur que Voldemort a amené. Toute la souffrance que son règne monstrueux a engendré.

Nous avons du faire beaucoup de sacrifices. Trop. En mémoire à ceux qui ont perdu la vie, à nos amis, à nos familles, à tous les valeureux inconnus du monde, j'aimerais leur dédier ce jour. Qu'il vénère leur mémoire à tout jamais. Sans oublier tout ceux qui sont encore là.

Un jour, quelqu'un m'a dit que la liberté ne s'obtenait qu'après avoir posé deux mains dans les cendres."

Remus Lupin s'arrêta de parler pour observer la foule qui lui faisait face.

"Nous sommes libres."


Un champ de bataille. Du sang. Une lumière verte.

Harry se réveilla en sursaut, en sueur. Sa vision mit un certain temps à s'adapter à son environnement. Où était-il? Son ventre et sa jambe le tiraient mais il n'avait pas mal. C'était une sensation plutôt bizarre d'ailleurs.

Il voyait toujours aussi flou. Oh. Ses lunettes. Il crut deviner la présence d'une table de nuit à côté de lui et il tâtonna sa surface pour les attraper. Son esprit se clarifia au moment même où il posa les montures sur son nez.

Ginny.

Sa gorge se serra tout à coup et il regretta de s'être réveillé. Il serra le drap qui recouvrait ses jambes, et, le cœur mort, observa l'endroit où il se trouvait.

La salle était grande, munie d'un plafond haut et construit de pierres blanches, sculptées avec soin. De longs rideaux en lin tombaient devant des fenêtres immenses. La douce lumière du soleil filtrait doucement au travers, reposante, éclairant des lits sur lesquels étaient allongés des gens. Harry en reconnut quelques uns.

Il reconnut finalement l'endroit. L'infirmerie. Quelqu'un avait changé la déco… Ce n'était pas pour lui déplaire, loin de là.

Le survivant finit son inspection et son regard tomba sur le dernier lit de la rangée qui lui faisait face, en diagonale du sien. Luna le fixait avec ses grandes orbes bleues. Elle avait attendu patiemment qu'il la remarque. Un sourire triste et rassuré ornait son visage et elle lâcha la main de la personne adossée dans le lit, tout en lui murmurant quelques mots.

Hermione!

Elle semblait si heureuse…! Le soulagement étreint la poitrine du jeune homme. Elle avait survécu… Comment, il n'en savait rien, mais il était persuadé que Poppy était derrière tout ça. Il ne put s'empêcher de sourire. Des yeux, il suivit Luna s'approcher de lui.

"Harry!"

Elle le serra dans ses bras avec la délicatesse qu'il lui connaissait et Harry lui rendit son étreinte. Il s'éloigna d'elle et la détailla du regard. Des cernes mourraient sur ses joues, faisant d'autant plus ressortir le bleu de ses yeux. Un hématome plutôt vilain tuméfiait sa pommette et sa tempe était barrée d'un pansement. Mis à part la fatigue qu'on pouvait lire en elle, elle semblait aller bien.

"On a eu tellement peur…

-Qu'est-ce qu'il s'est passé?

- Tu as perdu connaissance après que Voldemort soit mort. Tu as perdu beaucoup de sang, Harry. Heureusement que Neville t'a amené à Pomfresh!"

Par réflexe, Harry posa la main sur sa hanche.

"Et.. Pour la fin de la bataille?

- La disparition de Voldemort a un peu décimé les troupes de mangemorts… Mais surtout, les résistants d'Oxford, tu sais ce que ton père avait appelé, sont venus nous aider. Mieux vaut tard que jamais, n'est-ce pas? Enfin, grâce à eux, on a pu reprendre le dessus!"

Harry sourit doucement, attendant patiemment la suite.

"La rumeur de ce qu'il s'est passé à Poudlard s'est propagée dans le monde entier. Il a… Explosé je dirais! En notre faveur, s'empressa-t-elle de rajouter. Je pense que les gens avaient trop peur de Voldemort pour réagir, ce qui est logique évidemment. Il y a des rébellions qui éclatent un peu partout. On récupère des terres peu à peu… On reprend la main!"

Harry ressentit un élan de fierté battre dans sa poitrine. Il avait œuvré pour ça. Mais… Ginny ne le verrait jamais. Luna parut sentir la détresse d'Harry car elle posa une main sur la sienne.

Le jeune homme se força à sourire et s'éclaircit la voix.

"Ça fait combien de temps que je suis là?

-Une semaine.

-Oh bon sang.

-Tu comprends notre inquiétude… Et mon soulagement."

Harry hocha la tête. Du coin de l'œil, il avait observé Hermione, soucieux.

"Comment va-t-elle?"

Luna tourna le regard vers la jeune fille avant de reporter son attention sur Harry. Elle semblait un peu avoir perdu de sa gaieté.

"C'est compliqué…

-Comment ça?

Le dos bien droit, Hermione regardait par la fenêtre, un sourire mystérieux flottant sur ses lèvres. Un grand pansement ornait sa joue droite et Harry remarqua le bandage à son épaule qui dépassait de sous sa blouse. Elle semblait profiter du rayon de soleil qui caressait sa peau, les mains posées sur ses cuisses recouvertes d'un drap blanc. Elle semblait… Différente.

"Elle… Elle ne se souvient de rien.

-Quoi?"

Luna hocha gravement la tête. Cela expliquait tout… La naïveté qui peignait ses traits, cette douce joie qui émanait d'elle, la paix qu'on y lisait.

"On a failli la perdre. Le venin du Basilic a presque eu raison d'elle. Si Albus Dumbledore ne l'avait pas aidée, elle serait morte.

-Il était à côté de là où nous étions. Comment a-t-il fait? Je veux dire, le venin était censé être mortel…

-C'est le cas. Quand je dis que Dumbledore l'a sauvée, c'est un peu faux. Il a appelé Fumseck, son phénix. Tu sais, leurs larmes peuvent tout soigner alors… Il a sauvé beaucoup de gens. Il aurait pu s'occuper de toi aussi mais il a certainement jugé que son devoir était plus utile ailleurs.

-Il a eu raison, le Basilic a du faire des ravages.. Pas que lui en fait.

-Oui."

Silence.

"Elle ne se souvient vraiment de rien?"

Luna secoua la tête.

"Rien. Même pas de son nom. Poppy a parlé de choc émotionnel, que ça lui reviendrait surement petit à petit, mais je n'en suis pas si sûre. On dirait que son esprit à tout remis à zéro. Comme si elle avait voulu tout oublier pour se protéger.

-Elle n'aurait jamais voulu ça.

-Oh surement. Je pense que c'est inconscient."

Harry détailla Luna du regard une nouvelle fois. Il se maudit intérieurement.

"Je ne t'ai pas demandé comment toi tu allais.

-Oh! Ça va. J'ai eu plus de chance que vous autres!

-Ce n'est pas vrai."

Il repensa à ce qui était arrivé à Xenophilius. Sa famille n'avait pas été épargnée comme elle le clamait.

"Je suis content que tu ailles bien."

Elle lui sourit.

"Moi aussi."

Il sentait le soulagement dans chacun de ses mots.

"Et Ron?"

Luna se mordit la lèvre.

"Je ne sais pas trop. Avec tout ce qu'il s'est passé, Gi… -elle s'arrêta brusquement avant de continuer- Il est avec sa famille. Je crois. En tout cas il n'est pas venu voir Hermione."

La mention de Ginny rappela son douloureux souvenir à Harry.

"Sérieusement?

-Oui. Je crois qu'il a peur de lui rappeler ses souvenirs."

Il comprenait terriblement le point de vue de son meilleur ami. Seulement… Il irait lui parler dès qu'il pourrait sortir. Le reste de la journée, Luna lui expliqua les détails de la situation du monde et lui donna des nouvelles de tout l'Ordre. Remus et Tonks allaient bien, bien qu'amochés. Minerva aussi, mais elle était plutôt touchée au cœur. Elle était passée voir Hermione dans la journée et elles avaient bavardé longuement toutes les deux. Harry n'osait même pas imaginer ce que pouvait ressentir Mcgonagall quant à l'état de la jeune fille. Il apprit aussi la mort de Rogue et fut submergé par la tristesse. Fred avait aussi failli mourir mais George l'avait sauvé. Bill lui, allait subir les mêmes traitements que Remus. Entre lycanthropes, ils se soutenaient désormais.

Pendant la journée, Harry reçut aussi les visites de Sirius et James. Il était ravi de les voir à nouveau réunis et surtout, de les savoir à ses côtés.

Luna partit en début de soirée, justifiant cela du fait qu'elle devait retrouver son père.

Après une journée remplie de vie, Harry se retrouva soudain très seul. Il rejeta le drap de ses jambes et posa les pieds sur le sol. Le contact froid des carreaux le fit frissonner.

Retenant une grimace douloureuse, il se mit debout, hésitant, pour finir par se diriger d'un pas vacillant vers le lit d'Hermione. La jeune fille tourna la tête vers lui et sourit, sur ses gardes.

"Bonsoir?

-Je peux m'asseoir?

- Bien sur."

Elle le suivit des yeux, curieuse.

"Je ne veux surtout pas paraître impolie mais… Est-ce que je vous… connais?"

Les lèvres d'Harry s'étirèrent doucement.

"Oui. Je m'appelle Harry. Harry Potter.

-Hermione Granger. Enfin.. Je crois. C'est ce que tout le monde dit alors ça doit être sans doute vrai!"

Le jeune homme rit de bon cœur.

"Effectivement, c'est le cas."

Hermione rougit avant de se détendre.

"Ravie de te rencontrer, Harry."


"Sacré bout d'homme ton fils."

James Potter, assis sur un des bancs du parc de Poudlard, éclata de rire.

"Ça c'est sur!"

Il tapa dans le dos de Sirius, toujours en riant.

"Où est Remus? demanda Patmol.

-Parti au ministère. Je crois qu'il va y passer pas mal de temps dorénavant. Ils sont en train d'en monter un nouveau, un provisoire en attendant.

-Ça veut dire qu'on a récupéré Londres?"

James replaça ses lunettes sur son nez avant de passer une main bandée dans ses cheveux en bataille.

"Pratiquement. Il reste encore quelques cellules ennemis mais..

-Ils n'ont nulle part où se cacher hein?

-Non. C'était la résistance qui connaissait tous les recoins secrets de la ville. Alors penses-tu, c'est pour ça que tout s'est passé si vite!

-Bon sang. Je n'arrive pas à croire que toute cette merde soit terminée.

-Moi non plus. Ça fait quoi, dix-sept ans? Dix-huit?

-Quelque chose comme ça."

James soupira brusquement. Sirius lut dans son regard ce qu'il voulait dire silencieusement. Il posa la main sur l'épaule de son ami et lâcha:

"Je sais ce que tu te dis. Sans tout ça, Lily serait encore en vie. Mais…

-Mais elle a participé à le sauver, ce tout ça."

James étendit les bras, désignant l'école de magie presque reconstruite maintenant grâce à la magie.

L'école représentait tout ce pour quoi il s'était battu. La liberté, le savoir, les nouvelles générations, l'égalité et l'entraide… Sans oublier ce que représentait les quatre Maisons. Ils en avaient rapidement parlé avec Minerva. Pas question de retirer Serpentard. Après tout, quel intérêt il y aurait? La bannir, ça aurait été jouer le même jeu que leurs ennemis. James soupira gaiement. Il avait changé.

"Cependant, c'est vrai. J'aurais aimé qu'elle voit ça.

-Je sais, James. Je sais. Et… Ton fils va avoir besoin de ton soutien. Ginny…

-Je serais là. Malheureusement, je sais ce qu'il ressent plus que quiconque. Perdre l'amour, c'est… Il n'y a pas de mot pour ça.

-Ça passera.

-Oui. Mais il ne l'oubliera jamais.

-Personne ne l'oubliera. Ni aucun des autres d'ailleurs.

-Tu penses à Rogue hein?"

Sirius ne répondit pas. Son silence voulait tout dire.

"J'arrête pas de me répéter que ça aurait pu se passer différemment, continua James.

-Moi aussi."

Il s'arrêta de parler avant de rajouter.

"On a été cons.

-Oui."

Puis Sirius éclata de rire.

"Tu l'aurais cru toi? Nous qui regrettons nos actions et Rogue?

-Haha, non jamais.

-Il était détestable. Mais c'était un grand homme."

Sirius hocha la tête vivement.

"Personne ne les oubliera, répéta-t-il. Ton fils va devenir célèbre, si ce n'est pas déjà le cas! ajouta-t-il après un court silence. Survivre à un duel contre Voldemort… Fallait le faire!

-Ne m'en parle pas, il va prendre la grosse tête.

-Mais non!

-Oh, ça je n'en suis pas si sur hein!"

La tendresse se peint sur les traits de James.

"Il a grandi. Peut être trop vite à mon goût mais je sais qu'il gardera les pieds sur terre."

Sirius observa James d'un œil amusé. Puis il lui tapa dans le dos en riant grassement. Son rire ressemblait à un aboiement.

"Au pire, je le remettrais à sa place!

-Toi? Ne me fais pas rire, tu ne connais pas la modestie.

-Parce que toi oui?"

Gros silence. La pupille emplie d'étincelles, ils finirent par éclater de rire.

"Il a des amis pour ça, finit par dire James en reprenant son souffle.

-Oui. En plus, ils on déjà un surnom les bougres. Le Trio d'Or qu'ils l'appellent."


"Arrête de bouger Fred, tu commences à m'énerver!

-Tais-toi George, tu ne sais pas ce que je ressens!

-Tu te moques de moi? Je suis le mieux placé pour le comprendre.

-Non!

-Comment ça non?

- Non, mot qui récuse un énoncé positif ou refuse l'état des choses en situation discursive. Non.

-Je te rappelle que je suis le premier à avoir perdu une oreille

-La gauche! J'ai perdu la droite moi!

-C'est pareil!

-Absolument pas c'est totalement différent.
-Mais n'importe quoi!"

Les jumeaux croisèrent les bras au même moment sous les yeux de leu famille, totalement dépitée.

"Eh, Fred.

-Mouais?

-T'imagines si ça avait été la même oreille?

-On a raté une chance là.

-Totalement. Qui aurait pu nous distinguer? Là…

-Quelle déception."

George hocha la tête avant de se tourner vers Bill.

"Au fait grand frère, on t'a enfin trouvé un nouveau surnom. Parce que bon, Bill Boquet c'est plus trop d'actualité.

-Oui, rajouta Fred, la main posée sur le pansement fraîchement appliqué par son frère. George je peux?

-Je t'en prie!

-Attention… Bill… Osité!

-On s'est dit que ça correspondrait bien à tes phases de transformation…

-… Rapport que tu te recouvres de poils, tout ça."

Bill regard ses frères les yeux rieurs. Ça lui faisait du bien de retrouver le sourire, après tout. Ce qui n'était apparemment pas le cas de Ron. George le remarqua et sauta sur l'occasion.

"Ben, Ronron, t'as perdu ton rire?

-Voyons George, tu sais qu'il n'a jamais trop ri ce gosse.

-C'est vrai. On devrait fabriquer une pilule ou quoi, exprès pour lui.

-Elle porterait son nom : la Ronchon, ou un truc dans le genre.

-Allons, Ron, souris un peu!

-Vous oubliez Ginny."

Le ton était froid, sanglant, tranchant. Arthur, resté à l'écart pendant tout l'échange, sentit qu'il devait intervenir. La réaction de Ron avait jeté un froid, et pire, ramenée la tristesse à la surface.

Il attrapa son fils par le bras et l'emmena dans le couloir.

"Viens."

Le jeune homme résista à peine une seconde. Il suivit son père, l'air grave.

"Ecoute Ron. Je sais que c'est dur. Ça l'est pour tout le monde."

Si il souhaitait une quelconque réaction de son fils, il n'en fut rien. Alors il continua.

"Tu ne peux pas leur en vouloir, pas parce qu'ils essaient de surmonter tout ça.

-On dirait que ça ne les touche pas.

-Je te croyais plus intelligent, Ron… C'est seulement leur façon à eux de faire leur deuil. Chacun réagit à sa manière. Tu as la tienne mais il faut que tu respectes la leur aussi. Il respecte la tienne.

-Pas tellement.

-Ron.."

Arthur sentit pourtant que ses paroles avaient fait mouche. Son fils ne le regardait toujours pas dans les yeux, se contentant de fixer le bout de ses chaussures mais.. Il se remettait en question.

"Elles me manquent Papa. Toutes les deux…

-Je sais fils."

Il attrapa son cadet dans les bras et cette pensée lui arracha le cœur. C'était Ron le plus jeune de la famille désormais. Et pour la première fois de sa vie, Arthur vit son fils pleurer.


Les mains de Drago tremblaient d'impatience. A ses côtés, Nott partageait le même sentiment, à la différence près qu'il le traduisait en faisant bouger sa jambe à toute vitesse.

Le procès de leur père était terminé depuis une heure. On leur avait laissé le choix : participer, décider eux-mêmes… Ou laisser la main.

Ils avaient choisi de rester. Le procès avait duré finalement peu de temps. La délibération, elle, semblait s'éterniser. Le choix de la sentence.

Drago avait eu envie de tuer son père. De lui faire payer, pour tout ce qu'il avait fait subir à sa mère. A lui-même. Les autres, il devait avouer qu'il s'en moquait pas mal.

Théo et lui avaient fait le choix. Ils avaient beaucoup hésité, mélangeant raison, vengeance, justice… Ils avaient énoncé leur avis et maintenant ils attendaient.

La porte du bureau s'ouvrit et un vieil homme à l'allure bizarre en sortit. Il se planta derrière la table du jugement et énonça haut et fort la sentence choisie.

Azkaban. Ils subiraient les détraqueurs, avant que ceux-ci ne soit supprimés pour de bon. Malefoy ferma les yeux et serra les poings. Les juges les avaient écoutés. Drago avait pensé qu'à la fin du procès, quand le marteau claquerait sur le socle en bois, il se sentirait mieux. Satisfait. Mais il ne ressentit qu'un mélange de frustration, de tristesse et de haine.

Théo et lui sortirent du tribunal, suivant la foule de personnes qui le fuyait aussi. Maintenant, le blond n'avait qu'une envie. Les deux garçons suivirent un grand homme maigre dans un couloir étroit et sombre. Ils s'arrêtèrent derrière une porte rongée par endroit. La porte qui le séparait de sa mère.

Ils avaient tout fait pour la libérer. Ca leur avait pris six jours. Six jours et enfin, enfin elle était libérée. Nott partageait le même sentiment, il en était sure.

Le jeune Malefoy posa la main sur la poignet et ouvrit la porte.

Narcissa Malefoy se tenait assise, le dos bien droit, sur un fauteuil à l'allure vieillotte. Elle avait l'air extrêmement fatiguée mais… Elle était là, en vie. Son regard s'illumina quand elle aperçut son fils et elle se leva aussitôt pour le rejoindre. Drago sourit, d'un sourire tout aussi lumineux et l'attrapa dans ses bras.

Fini la frustration, la peur et le regret. Tout était parti. Sa mère était là et c'était la plus belle personne que ce monde pouvait avoir.


"Eh, vas-y doucement Abelfort!

-Oh tais-toi Nymphadora, je vais à la vitesse que je veux.

-Ne m'appelle pas Nymphadora!

-C'est ton prénom que je sache!

-Oui mais non."

Les lèvres d'Abelfort s'étirèrent en un sourire tendre. Puis un grognement s'échappa de sa gorge quand il se rallongea sur son lit. Fichu hanche.

"Ça y est, te voilà papy! lâcha Tonks, moqueuse.

-Oh toi… Tu seras grand-mère en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, tu verras!"

Tonks arrêta net son mouvement, le drap dont elle voulait recouvrir Abelfort pendant dans ses mains serrées.

"C… Comment tu sais?

-Sais quoi?

-Pour le bébé…"

Cette fois, ce fut Abelfort qui arrêta de se redresser contre le coussin de son lit.

"Tu… Vous… Remus et toi…. Un bébé?!"

Tonks rougit jusqu'aux oreilles. Oh oh. Elle avait fait une belle bourde! Et puis zut. Son visage s'éclaira pour rayonner de bonheur.

"On voulait garder ça secret avec Remus. Tu es le premier à le savoir!

-Eh bien, répondit Abelfort, désorienté. Félicitations je dois dire! J'imagine que tu as déjà choisi le nom?"

La jeune femme hocha la tête.

"Teddy.

-Hum… réfléchit Abelfort en se grattant la barbe, Teddy Lupin. Ça sonne plutôt bien, garçon comme fille!

-N'est-ce pas?"

Abelfort posa la main sur le haut de celle de Tonks et planta son regarda gris dans le sien.

"Je suis vraiment heureux pour vous, chers enfants."

Elle lui rendit son sourire avant de finir de rabattre le drap sur le vieil homme.

"Merci Ab'. Et je compte sur toi pour garder le secret!

-Tu peux compter sur moi gamine."

Le surnom fit écho à celle dont il avait l'habitude de l'appeler comme ça. L'inquiétude se peint sur ses traits, ce qui n'échappa pas à Tonks.

"Des nouvelles d'Hermione?" finit-il par demander.

Le ton de sa voix s'était fait plus grave. Tonks fit une légère pause avant de secouer la tête.

"Toujours la même chose. Ça n'a pas vraiment avancé, mais ça ne fait qu'un peu plus d'une semaine, tu sais…

-C'est terrible.

-Tu crois?"

Il voyait où elle voulait en venir.

"Je ne sais pas. C'est peut être mieux comme ça…."

Le silence se fit entre les deux sorciers, lourd et gênant, avant que Tonks ne le rompe.

"Et Albus alors?

-Il se repose un peu à l'écart de tout ça. Il va certainement suivre une sorte de… thérapie comme le disent les Moldus. Ou un truc comme ça.

-Et après?

-Après, quand j'aurais récupéré de cette fichue bataille, je retournerais certainement à la Tête du Sanglier avec Albus. Je ne vais pas l'abandonner, je lui dois bien ça.

-Directeur de Poudlard, ça ne te dit vraiment rien?

-Oh non! Je laisse le poste à quelqu'un d'autre! Minerva par exemple, elle fera une fantastique directrice. Ou James tiens. Quoique James… Enfin, tout mais pas moi! Il y a eu trop de Dumbledore à la tête de Poudlard pour une éternité au moins!"

Tonks rigola avant de passer une main dans ses cheveux roses.

"Tout ira bien maintenant." dit Tonks.

Abelfort regarda par la fenêtre. Londres de nuit était magnifique. Ses pensées volèrent vers Hermione, puis vers son frère et vers les autres.

"Oui. Tout ira bien."


Minerva gratta la boue qui avait séchée sur le marbre gris. Il avait beaucoup plu ces derniers jours, et le beau temps revenait à peine.
Elle observa la stèle qui se trouvait en face d'elle alors qu'un rayon de lumière venait s'y déposer.

Severus Rogue

1960 - 1998

Héros silencieux

Minera retint à peine un sourire. Ça lui aurait plu… Jamais il ne l'aurait avoué mais il avait toujours jalousé James et Sirius pour ça. Et aujourd'hui, il avait eu sa triste revanche.

La sorcière déposa une petite Daisy bleue qu'elle venait de cueillir et se releva difficilement en prenant appui sur sa canne. Elle la garderait à vie. Du coin de l'œil, elle aperçut la pierre tombale qui se trouvait à sa droite. Elle savait pertinemment à qui elle appartenait. Lily. James avait accepté et même insisté pour qu'il repose à côté d'elle. On avait pu sentir tout ses regrets invisibles.

Minerva tourna la tête, observant les pierres qui se trouvaient quelques mètres plus loin. Elle hésita un instant avant de se diriger vers elles. Elle savait ce qu'elle allait y trouver et chaque pas devenait plus lourd au fur et à mesure qu'elle s'approchait. Elle ne pouvait se résoudre à le voir. Et pourtant…

Elle sentit ses jambes avancer toutes seules, avec lenteur et appréhension. Plus que deux pas. Un.

De profil, elle observait le chemin légèrement boueux qui traversait ce lieu de mémoire. Ce n'est qu'après dix bonnes minutes qu'elle se décida enfin à faire face à la stèle.

Rose Sullivan

1992 - 1998

Tu n'es plus là où tu étais,

mais tu es partout là où je suis.

Elle n'avait pas pleuré pendant l'enterrement. Elle n'avait pas réussi. Ses yeux se posèrent lettre après lettre. Et la réalité frappa.

Ses genoux touchèrent le sol sans aucune résistance, sa canne heurtant la terre dans un bruit sourd. Une main serrant la jupe de sa robe verte émeraude, elle ôta ses lunettes de l'autre.

Et elle pleura.


Trois coups secs résonnèrent contre la porte. Ron sursauta et se leva de sa chaise, soupçonneux. Avec prudence, il ouvrit la porte en bois.

Harry.

Le jeune homme lui fit signe de la main, un sourire timide flottant sur les lèvres. Ron attrapa son meilleur ami dans ses bras dans la seconde.

"Eh, content de te voir aussi mon vieux, fit Harry.

-Comment tu vas?

-Comme un chef a priori!"

Ron lui donna une petite tape sur le bras avec un rire gêné.

Silence.

"Tu survis?" finit par lâcher Harry.

Ron se contenta d'hausser les épaules avant de fixer son attention sur le bout de ses bottes.

"Ça va. Et toi?

-Non."

La réponse avait pour mérite d'être claire et directe.

"Je suppose que ça va aller. C'est ce que tout le monde me dit, continua Harry.

-T'as surement raison vieux."

Il fallait en venir au fait. Aussi, Harry fixa Ron jusqu'à ce que celui-ci lève la tête et croise son regard avant de le fuir à nouveau, pris sur le fait.

"Pourquoi tu n'es pas allé la voir?"

Il savait très bien de qui il parlait. Il le vit à la façon dont ses joues prirent une teinte rosée. Et Harry connaissait déjà la réponse.

"J'y suis allé.

-Arrête de mentir."

Du bout de la botte, Ron heurta un petit gravier qui s'était perdu sur le seuil de l'appartement londonien du Weasley.

"Ouais. Et alors?"

Harry eut envie de le frapper. Mais il se retint et se contenta de serrer les poings.

"Alors elle t'attend.

-Tu me fais rire, elle sait même pas qui je suis.

-Tu n'en sais rien.

-C'est bien mieux comme ça.

-Qu'est-ce que tu en sais?"

Vivement, Ron releva la tête et fixa Harry d'une colère brûlante.

"Elle va souffrir Harry. Si elle se rappelle, elle va souffrir. Toute cette merde, tout ce qu'il s'est passé. Ça va lui revenir. Et si c'est le cas, jamais plus elle ne sera heureuse.

-Tu t'entends parler? Encore une fois, qu'est-ce que tu en sais?"

Une partie de lui criait que Ron avait raison. Sauf qu'il y avait bien plus derrière.

"Rien."

C'était la première chose honnête que disait le rouquin depuis qu'il avait ouvert la porte à son meilleur ami.

"Tu ne peux pas lui enlever tout ça Ron.

-Et pourquoi hein? Elle a déjà trop donné.

-Je sais. Mais je sais aussi que jamais elle ne voudrait les oublier. Rose, Rogue… Ginny. Tous. Nous. Toi."

Ron se mordit la lèvre et Harry sentait la bataille intérieure qui se déroulait dans son esprit. La raison contre le cœur.

"Je peux pas.

-Essaie.

-Qui te dit que je serais celui qui créera le déclic?

-Personne.

-Alors je…

-Essaie, répéta Harry. Va juste la voir. Et si rien ne se passe.. Tu la laisseras."

Harry venait de poser un ultimatum terrible au rouquin. Il savait pourtant que c'était la seule façon de le faire réagir. En voyant le désespoir se peindre sur les traits du Weasley, il se dit qu'il était peut être allé trop loin.

"Ou tu essaieras de la connaitre à nouveau."

L'espoir apparut dans sa pupille, un espoir refoulé avec la force de sa résolution. Harry soupira : il avait bien fait de le ménager. Il avait la certitude que ce qu'il était en train de faire était bien. Que c'était ce qu'il fallait faire justement.

"Tu sais, je donnerais tout pour que Ginny soit là. Toi aussi. Hermione a beau nous avoir tous oublié, elle est toujours ici. Vivante."

Après de longues minutes de silence, Ron ouvrit enfin la bouche.

"Elle est toujours à Poudlard?"

Harry hocha la tête tout en refrénant un soupire de soulagement.

"Tu… Tu m'accompagnes vieux?

-Bien sur."

Harry ne put définitivement pas cacher le sourire qui étira ses lèvres et la joie dans son cœur. Tout ça ne pouvait se terminer comme ça.

"Il y a un train pour Poudlard dans une heure. Si on se dépêche…

-T'avais tout prévu hein?"

Harry sourit, légèrement coupable. Ron attrapa sa veste et tira le jeune Potter hors de chez lui.

"On y va."

Sur le chemin, plusieurs personnes chuchotèrent à leur passage, mettant les deux garçons mal à l'aise, au point de rabattre leur capuche en tissu sur leur crâne. Jamais ils ne s'habitueraient à leur nouvelle célébrité, ils en étaient surs. Aussi, lorsqu'ils s'assirent enfin dans le compartiment du Poudlard Express, ils se sentirent presque aussitôt détendus.

Le trajet se déroula dans un silence presque total, ce qui était plutôt inhabituel pour les deux garçons. Parfois, Harry détachait son regard du paysage qui défilait sous ses yeux et jetait un coup d'œil à Ron, à la même place en face de lui. L'amour qu'il portait à Hermione émanait de lui avec une force folle. Elle lui manquait terriblement, comme Ginny manquait à Harry. Presque. Encore une fois, Harry se convainquit qu'il avait pris la bonne décision en le brusquant ainsi.

"Sacré cicatrice mon pote."

Harry mit un moment à comprendre de quoi Ron parlait. Puis il porta la main à son front et tâta la cicatrice en forme d'éclair qui y avait élu domicile.

Jusqu'à la fin de sa vie, il se rappellerait de la fille qui lui avait sauvé la vie. Et son cœur. Une boule gonfla dans sa gorge, et ce n'est que l'annonce de l'arrivé imminente du train qui le calma. Un peu.

Les deux jeunes hommes posèrent pied au sol, et Harry se tourna alors vers son meilleur ami.

"Prêt?

-Prêt."

Psychologiquement, ce fut le trajet le plus long qu'Harry ait eu à faire. Le Weasley avait voulu avancer à pied plutôt que d'attendre une charrette, mais Harry se doutait bien qu'il repoussait l'échéance. L'appréhension de Ron était palpable, tout comme son angoisse, et plus ils avançaient, plus elle grandissait.

Ils arrivèrent enfin devant la grande porte de Poudlard. Il s'arrêtèrent un instant, observant le château puis le parc qui l'entourait. Depuis, la bataille, Ron n'était pas revenu ici. Il s'était retiré avec sa famille, évitant le monde. Échappant au monde. Il avait tué Voldemort, et il avait disparu.

Harry posa la main sur l'épaule de son meilleur ami.

"Allez. On y va."


La porte qui séparait les garçons d'Hermione semblait peser dix tonnes, mesurer dix mètres de haut et autant de large. Du moins, c'était l'impression qu'elle donnait à Ron. La réalité était particulièrement différente, c'était le cas de le dire.

Derrière cette porte, il y avait Hermione. Était-ce une erreur? Le Weasley s'était fait violence durant les deux dernières semaines. Qu'est-ce qu'il avait voulu la voir…. Et maintenant qu'il se trouvait à à peine quelques mètres d'elle, il avait peur d'une porte.

Harry l'avait certes convaincu de venir, mais il restait une part d'ombre dans son cœur. Il ne voulait pas qu'elle souffre. Sauf qu'il devait avouer qu'Harry avait raison. Il devait se battre entre la culpabilité de l'oublier et celle de lui rendre la mémoire.

Mais qu'est-ce que qui lui faisait dire qu'elle allait la retrouver, juste en le voyant?

C'était horriblement prétentieux de le penser.

Voilà les pensées qui tournaient en boucle dans sa tête depuis la fin de la bataille. Avec le nom de Ginny.

Ron souffla un bon coup. Il pensa à sa petite sœur, et le cœur serré se dit qu'elle aurait agi exactement comme Harry. Sans prendre les mêmes pincettes que lui. Derrière le Weasley, Harry patientait calmement. En façade du moins. Aussi, Ron se décida à enfin pousser la porte de l'infirmerie. Son regard se posa aussitôt sur elle. Elle avait tourné la tête vers l'entrée, le bruit de la poignée ayant certainement attiré son attention.

Elle était magnifique. Il n'avait même pas fait attention à la cicatrice difforme qui barrait sa joue, de sa tempe jusqu'à sa mâchoire.

Ron resta quelques secondes happé par son regard noisette. Il pouvait lire dans ses pensées rien qu'en l'observant. Elle se demandait qui il était, le sourcil légèrement haussé, une étincelle de curiosité dans le regard et un petit sourire espiègle sur le visage. Et surtout…

Elle ne l'avait pas reconnu.

A quoi s'attendait-il? Le cœur serré, hésitant, il se dirigea vers elle. Il lut l'incompréhension, le questionnement et une petite paillette d'inquiétude dans ses yeux, alors qu'elle le suivait du regard tandis qu'il s'approchait d'elle. Un léger mouvement de la pupille et son attention se reporta par-dessus l'épaule du rouquin. Son visage s'éclaira, avec toujours cette pointe de curiosité. Le Weasley se retourna. Harry était lui aussi entré dans la salle et était en train de les rejoindre. Pas de jalousie dans le cœur de Ron, bien au contraire. Il ne savait plus comment réagir face à la jeune fille.

"Hermione! Comment vas-tu?

-Bonjour Harry!"

Sa voix électrisa le rouquin. Elle était… différente sans l'être. Dénuée d'un poids.

"Je vais bien. Je commence un peu à m'ennuyer ici, mes seuls distractions, ce sont des visites. Et ce livre."

Elle désigna du doigt l'Histoire de Poudlard, posée sur la table de chevet adjacente à son lit.

"Tu as toujours aimé ce livre."

C'était sorti tout seul Hermione détailla Ron qui rougit aussitôt. Il sentait qu'elle fouillait dans sa mémoire vide, en vain.

"Hermione, laisse moi te présenter Ron.

-Weasley. Euh… Ron Weasley."

Il lui tendit brusquement sa main moite. La jeune fille hésita un court instant avant de sourire et de la serrer vigoureusement.

"Enchanté, Ron. Je suis…

-Je sais qui tu es."

Il avait encore parlé trop vite.

"Oh…. Tu sais, j'espère que tu ne prendra pas mal le fait que je te reconnaisse pas…

-Ne t'inquiètes pas. Je suis juste heureux de te voir."

La jeune fille sembla déstabilisée par la réponse. Était-ce parce qu'elle avait vu tout l'amour qu'il lui portait?

Le moment devient vite gênant, aussi Harry se hâta de briser le lourd silence.

"Du coup, ta mémoire… Ça avance comment?

-Bof, pas grand-chose… J'ai quelques flashs, des odeurs qui me reviennent, des sensations, mais à part ça… Tout est très abstrait."

Sa frustration était palpable.

"J'ai l'impression que mon esprit est embrumé. A chaque fois, je sens que des souvenirs me reviennent mais ils s'éloignent aussitôt. J'ai l'affreux sentiment que ça ne se finira jamais.

-Je suis certain que si, répondit Harry. Il faut juste que tu sois patiente!

-C'est ce que Poppy dit aussi…"

Elle soupira bruyamment.

"Enfin je suppose que ça ne reviendra pas de si tôt."

Pendant plus d'une heure, les trois jeunes sorciers échangèrent sur les nouvelles du monde, sur la vie elle-même. Enfin, c'était surtout Harry. Hermione redécouvrait un monde qu'elle avait oublié et Ron… Et bien Ron la redécouvrait elle.

Au bout d'un moment, Poppy vint leur annoncer qu'ils devaient partir et la laisser se reposer.

"Bien sur.

-Tu es gentil Harry. Vous pouvez revenir demain vous savez? Je crois même que le dortoir des Gryffondor est disponible pour les visiteurs qui souhaitent rester auprès des patients.

-Nous allons voir ça." répondit Ron, l'air mélancolique.

Il laissa Harry dire au revoir à Hermione, avant de s'avancer vers elle.

"Je… Peut être que je pourrais venir te voir plus souvent? Enfin, si tu es d'accord…"

Un sourire amusé flotta sur les lèvres d'Hermione.

"Ce serait avec plaisir, Ron."

Le jeune homme sourit à son tour. Tendrement, comme il avait eu tant l'habitude de le faire, il vint caresser du pouce la joue marquée d'Hermione. Il sentit la jeune femme se tendre presque imperceptiblement à son contact sans le repousser pour autant. Finalement, Ron détacha son regard d'elle et se retourna pour quitter l'infirmerie. Il n'avait fait que quelques pas quand la voix d'Hermione résonna dans son dos.

"Attends."

Elle était pressante, à peine audible et empreinte de nécessité. Ron fit de nouveau face à Hermione, sous le regard de l'infirmière et de son meilleur ami.

"Je…"

Le jeune homme parcourut la distance qui les séparait en une seconde. Les sourcils froncés, ses yeux étaient embués de minuscules perles de larmes. Elle cherchait à comprendre. A savoir.

"Je me rappelle… Je crois…"

Le cœur battant à tout rompre, Ron s'approcha encore un peu plus d'elle. La bouche entrouverte, la résistante semblait écouter un débat intérieur. Dompter son esprit.

"Je sais qui tu es. Je… Enfin, non. Je ne sais pas. Je crois savoir. J'ai cette sensation, cette impression bizarre que… je te connais depuis toujours."

Elle planta son regard brillant dans le sien.

"Depuis tout ce temps, je sens qu'il me manque quelque chose. Là."

Elle posa la main droit sur son cœur.

"Je… Et quand tu es rentré, que tu t'es avancé vers moi, ça s'est réduit. Le manque. Il n'a pas disparu, mais… Le creux s'est rétréci."

Bien sur. Rose n'était pas là. Elle ne le serait jamais plus. Ron posa la main sur celle de la jeune fille, sans même s'en rendre compte, et Hermione la recouvrit de sa paume, tout aussi inconsciemment.

"Nous avons une histoire, n'est-ce-pas? Nous deux?"

Les larmes aux yeux, Ron hocha la tête.

"Oui, murmura-t-il dans un souffle. Oui."

La main d'Hermione s'arrêta de trembler.

"Reste. Je veux me souvenir."


Sincèrement, si j'ai réussi à vous tirer une petite larme ou même un pincement au cœur, je serais la plus heureuse du monde, non pas parce que je suis sadique (même pas) mais juste parce que cela voudrait dire que j'ai bien fait mon boulot et que j'ai transmis l'émotion que je voulais faire ressortir à travers tout ces mots.

Que dire? La semaine prochaine, dernier chapitre, qui sera très court puisqu'il s'agit de l'épilogue.

Bouhouhou.

J'ai hâte de vous retrouver pour clôturer tout ça comme il se doit!

A la semaine prochaine!

Pauline.

Et n'oubliez pas votre avis compte !