Je suis en retard d'un jour….C'est une première non. Sincèrement navrée. Mais bon l'heure à laquelle je suis rentrée hier soir ne me permettez pas de poster u_u.

Je ne vous retiens pas plus. Les reviews et le chapitre toujours corrigé par Titou Douh !

Aussidagility : Et encore plus de réponse dans celui qui arrive J J'espère que tu aimeras !

Maud : Merci beaucoup ça me touche vraiment !

Leniewolf : Ravie de voir que je ne m'éloigne pas de l'original. Et en effet, on reste dans un cercle vicieux pour Harry mais ça m'aurait fait mal de changer sa nature ! J'espère que tu aimeras la suite ! Koeur koeur !

Chochocolat : C'est le dernier, je le promets ! Après ça on attaque les vrais problèmes haha ! C'est un éternellement recommencement ! Sauver ou être sauvé ! Merci pour le compliment j'espère que tu aimeras celui-ci ! Koeur sur toi !

Ewi : Haha en effet je crois qu'il est bien vivant ! Oh hum. Je ne sais pas qui a parlé d'amour mais c'est mignon de voir que Dim et Harry ben ça vous plaît. Huhu j'espère que tu aimeras la suite ! Koeur sur toi !

DE TOI A MOI

« He will admit to everything

Or he'll say he's just not the same

And you'll begin to wonder why you came. »

How to save a life. The Fray

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.

- Harry… Trésor, réveille-toi.

Je marmonnai avant d'ouvrir les yeux pour me rendre compte que je m'étais affalé sur mon lit en tenant la main de Dimitri. Je la retirai et constatai que ma peau était moite de transpiration. Je la frottai sur mon pantalon avant de lever les yeux vers ma mère.

- Je me suis endormi ?

- Ce n'est pas grave, mon ange. Je dois soigner ton ami et je vais le réveiller pour qu'il mange. Tu devrais aller prendre une douche et changer de vêtement.

Je descendis de la chaise sans protester.

- Je pourrai dormir ici, ce soir ?

Ma mère, qui avait commencé à pousser la couverture du corps de mon ami, se tourna vers moi et m'offrit un pâle sourire.

- Tu ne vas pas beaucoup dormir...

- Ce n'est pas grave. J'ai tout le reste des vacances pour dormir.

- Comme tu voudras.

Mes affaires sous le bras, je sortis et jetai un coup d'œil au salon. Il n'y avait personne, pas même Charles, et je me rendis compte que ce n'était que le début de soirée. Une fois dans la douche, je commençai à me dire que papa était parti depuis longtemps... Et la panique s'insinua en moi, bien trop rapidement.

Je sortis de la salle de bain en trombe.

- Maman ! Maman !

Ma mère n'avait pas bougé mais mes mots moururent sur mes lèvres quand je vis ce qu'il se passait.

Dimitri était secoué de tremblements et ma mère s'employait à enfoncer une seringue dans son bras. Même si les sorciers avaient des potions efficaces, certaines méthodes non-mages étaient plus radicales.

- Maman…

- Deux minutes, Harry.

J'avançai vers elle et une fois le contenu de la seringue versé dans le corps de Dimitri, ce dernier se calma et je vis toute l'étendue des dégâts sur son corps.

- J'avais tout soigné hier mais les marques sont réapparues… Harry, tu ne devrais pas voir ça.

- Je reste, dis-je fermement.

Ma mère poussa un soupir mais décala la chaise.

- Aide-moi, alors.

Je la rejoignis.

- On va le redresser et je vais préparer de la soupe avec une potion revigorante.

- Tu ne le soignes pas ?

- Je le fais. Il faut qu'il mange. Je ne peux pas le bourrer de potions si son estomac est vide. Je ne connais rien de ses antécédents médicaux, en plus de ça.

- Je pensais qu'un coup de baguette suffisait, bougonnai-je.

- Si seulement… Voilà, cale ton oreiller ici. Je reviens.

Je la regardai sortir puis reportai mon attention sur Dimitri. Je le vis battre des paupières, faire une grimace étrange et enfin ouvrir complètement les yeux. Il fixa le plafond, puis tourna légèrement la tête dans ma direction et son visage pris un air ahuri.

- Salut, la belle au bois dormant.

- Qu'est ce que… Harry ?

- Le seul et l'unique.

J'essayai de faire un peu d'humour mais Dimitri n'était pas du tout réceptif. Je fronçai les sourcils.

- Dimitri…. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Je…. Je ne rêve pas ?

Il jeta des regards dans toute la pièce avant de revenir sur moi.

- Vous êtes venus, toi et Natasha ?

- Oui. Nous sommes venus parce qu'on n'avait aucune nouvelle ! Pourquoi tu n'es pas venu ici ? Ou au travail de ma maman ! Tu savais qu'elle était médicomage !

Mon ton était colérique mais c'était le seul moyen que j'avais trouvé pour faire taire la peur. Dimitri s'écrasa dans l'oreiller.

- J'ai eu peur…

- De quoi !? On t'aurait amené à la maison directement !

Ce fut au tour de mon ami d'être furieux.

- Ne soit pas stupide, Potter ! Et s'il vous avait attaqués !? Je ne voulais pas qu'il fasse quelque chose contre vous !

- Mais tu as dit que ton père n'était pas violent !

Dimitri écarquilla les yeux.

- Non ! Non, il ne l'est pas, mais il a dit des choses affreuses ! Il a dit que Durmstrang était une école de mauvaise graine et de sang impur. Quand je lui ai dit qui était ton père, il m'a enfermé dans ma chambre et m'a interdit d'en sortir. Je n'ai pas pu envoyer de hibou, je l'ai fait en sortant après ma punition et il s'est mis dans une rage folle ! Il n'arrêtait pas de dire que je salissais mon rang et mon sang. Que je faisais ami-ami avec des moins que rien qui s'intéressaient à un sport inutile ! Il voulait qu'on parte ! Qu'on déménage ! Il allait me retirer de Durmstrang alors… Alors j'ai paniqué.

- Dim'…

- Je lui ai dit que je voulais plus être avec lui et que j'allais retrouver ma mère ! Et il est devenu fou. Et j'avais tellement peur…

Cette fois-ci, je voyais nettement les larmes couler de ses yeux. J'avais envie qu'il se taise et qu'on en parle plus mais il continua. C'était peut-être nécessaire mais ça me faisait mal.

- J'ai profité d'un moment il était parti et je me suis enfui. Comme je n'avais pas de balai, j'ai marché pendant une journée entière. Ensuite, j'ai jeté un sort de confusion sur un conducteur d'engin étrange et je lui ai dit la ville tu habitais. Et c'était loin. Et plus je le jetais, moins mon sort devenait efficace. Je n'avais pas d'argent alors j'ai trouvé le terrain vague. En journée, il y avait beaucoup de bruit. Puis les douleurs ont commencé à apparaître. C'était d'abord la faim et la soif mais comme si je n'avais rien mangé pendant des années ou rien bu... Mais j'ai résisté, j'ai… J'ai….

Il se mit à sangloter et je me jetai sur lui pour le prendre dans mes bras.

- C'est bon ! Ça va aller !

- J'ai mal, Harry, pleura-t-il, ça me fait mal, tout mon corps.

Je le serrai contre moi en essayant de dire les mêmes mots que me disait maman quand j'étais malade. Mais ce n'était pas un simple rhume. Dimitri s'accrocha à moi et je le berçai.

- On va trouver une solution…

Au moment où je finissais ma phrase, ma mère entra et Dimitri s'écarta de moi. Il essuya son visage humide et je me poussai sur le coté.

- Bonsoir Dimitri. Je suis Lily, la maman d'Harry.

Dimitri regarda ma mère avec de grands yeux et la bouche légèrement ouverte.

- Bon… B…

- Ne te force pas, trésor, redresse-toi un peu et bois ça. Fais attention, c'est chaud.

Elle lui tendit un bol et il le prit des deux mains. Une fois son nez au dessus des effluves, nous entendîmes son ventre faire un bruit affreux.

- Pardon.

Ma mère lui sourit.

- Pas de quoi. Bois et ça ira un peu mieux. Harry, tu devrais manger aussi.

- Je n'ai pas faim.

- Je ne plaisante pas. Je t'ai fait des sandwichs, ils sont dans le salon. Vas en manger quelques uns, je dois parler à ton ami.

- Mais…

- Pas de mais, jeune homme !

Je levai les yeux au ciel en laissant ma mère et Dimitri seuls. Dans la cuisine, il y avait effectivement des sandwiches soigneusement préparés. Mon estomac, que j'avais cru noué, décida alors de faire entendre sa voix et je m'emparai des mets rapidement.

Tout en mangeant, je me rappelais que je n'avais pas tenu Louve et Nolan au courant. Je me rendis alors dans la chambre de mes parents pour y trouver le miroir sur le lit.

- Louve ?

Un visage apparut immédiatement : celui, paniqué, de ma sœur de cœur.

- Oh, Harry ! Enfin, je me suis fais un sang d'encre ! Tu sais que ton père a discuté avec Sirius ce matin ? J'ai essayé d'écouté ce qu'il disait. Apparemment, vous allez repousser votre venue.

- Je ne savais pas. Nous n'avons pas beaucoup parlé avec papa et maman.

Louve fronça les sourcils, je voyais bien qu'elle était triste et fâchée en même temps.

- Je suis désolé, Lou'. Mais on a trouvé Dimitri et il ne va pas bien du tout. C'est pire que ce que je croyais. Papa et maman le savent et ils vont l'aider. Je crois que c'est pour ça qu'ils restent.

- Que s'est-il passé ? Nolan ne cesse de me poser des questions.

- Je ne sais pas quoi te dire. Je ne sais pas encore ce qu'on va faire. Dès que j'en sais plus, je vous dis tout, promis !

- Harry… Tu te mets toujours dans des histoires pas possibles.

Je lui adressai un petit sourire.

- J'y peux rien.

- C'est ça !

- Je te laisse, Louve, je vais voir comment il va.

Louve me fit un signe de la main. Je laissai le miroir et retournai dans le salon en mangeant mon dernier sandwich avant de retourner dans ma chambre.

Dimitri était debout au milieu de la pièce. Il portait un bas de pyjama m'appartenant et ma mère passait une pommade dans son dos. Il grimaçait et sifflait entre ses dents dès qu'elle posait ses doigts sur sa peau.

- C'est bientôt terminé.

Je m'installai sur le lit pour voir qu'il y avait de serviettes tachées de sang. Je me mordis l'intérieur de la bouche pour ne pas m'énerver.

- Papa n'est toujours pas rentré.

- Non, en effet, répondit ma mère sans lever les yeux de son travail.

Dimitri, lui, s'attarda sur moi.

- est-il ?

- Il est…

Ma mère se redressa et essuya ses mains dans une serviette.

- Tu peux t'allonger de nouveau, Dimitri.

Mon ami ne se fit pas prier et retourna vers mon lit, je me poussai pour le laisser se glisser sous la couverture.

- Tu n'as pas répondu à ma question.

Je me tournai vers lui pour le regarder dans les yeux. Il tenait malgré la douleur.

- Tu te souviens quand tu m'as dit que tu venais de deux grandes familles ?

- Oui.

- Tu connaissais le nom de la famille de ta mère ?

Dimitri écarquilla les yeux. Il se redressa dans le lit puis fit une chose à laquelle je ne m'attendais pas : il rigola. Ma mère s'approcha de lui. Il riait toujours quand elle passa une main dans ses cheveux.

- C'est drôle, dit-il entre deux hoquets, je ne me souviens même pas l'avoir une seule fois demandé.

Il releva des yeux humides vers moi.

- Je ne me souviens pas… Des nom et prénom de ma mère.

- Ce n'est pas possible ! Tu as dit que tu te souvenais qu'elle avait essayé de…

- Je sais ! Je sais, mais… Et si ça n'était pas vrai ? Comment tu expliques que je ne me souvienne pas du propre nom de ma mère ?

Je me tournai vers la mienne.

- Maman ?

Ma mère secoua doucement la tête.

- Il peut y avoir plein de raisons. L'oubli du à un choc émotionnel, le fait que tu n'aies jamais demandé ou que ton père n'ait jamais trouvé nécessaire de t'en parler, ou…

- Ou quoi ?!

- Ou alors tu as subi l'effet d'un sort d'oubli ou de confusion.

- Son… Son père aurait pu faire ça ?

Je regardais le torse de Dimitri couvert de coupures. Bien sûr que son père pouvait faire ça ! Dimitri se rallongea sans dire un mot de plus.

Nous étions tous plongés dans le silence quand un grand fracas se fit entendre. Ma mère se dirigea rapidement vers la porte, sa baguette déjà sortie. Je me précipitai sur la mienne et me mit devant le lit.

- Harry, souffla Dimitri.

- Ne bougez pas.

Ma mère ouvrit la porte et disparut dans le couloir. Puis j'entendis un « James ».

- C'est mon père, dis-je heureux.

Je me précipitai dans le salon pour tomber sur une vision d'horreur. Mon père avait une partie de ses vêtements déchirée et il saignait à la tempe.

- Papa ?!

- Salut, fiston.

Je me jetai sur lui.

- Que s'est-il passé ?! Pourquoi tu es blessé ?

- Longue histoire. Ton ami est encore ici ?

- Oui !

- Bien… Asseyez-vous. Lily, tu me soigneras après. Il faut que vous m'écoutiez.

Ma mère me prit la main et je m'assis à coté d'elle.

- James…

- Je suis allé au domicile… Si on peut appeler ça un Domicile. La propriété des Romanov est un château, Lily. L'agent qui était avec moi ne s'était pas muni d'un mandat. Mais il n'en voyait pas la peine vu que c'était censé être une visite de courtoisie.

- Je suppose que ça ne s'est pas passé comme ça.

- Papa ! le pressai-je.

- Nous sommes arrivés trop tard.

- Comment ça ?

- Alexandreï Romanov était le seul résident et il venait de se faire attaquer. Puis nous avons aussi essuyé une attaque. Je pense que l'agresseur venait juste de commettre son… Meurtre.

J'ouvris la bouche, choqué.

- Il faut que j'appelle Natasha !

- Ne t'en fais pas, Harry, des agents ont déjà été envoyés chez elle.

- Et nous ?!

- Nous allons aussi être protégés. Comme tu as envoyé des lettres avec notre adresse, il est fort probable qu'on soit visés.

- Je suis désolé !

- Harry ! Ce n'est pas de ta faute. Tu as très bien fait. Cet endroit est plus que protégé, ta mère et moi y avons personnellement veillé. Personne ne peut entrer ici, à présent.

- Donc on doit rester enfermés ici ?

- Pour Dimitri, c'est le mieux. Quelqu'un est venu chez les Romanov sûrement pour chercher la même information que nous et je pense savoir qui. Et peut-être qu'il a eu cette info. Je crois que ton ami est vraiment en danger.

- Et ce n'est pas le seul danger qu'il encoure, ajouta ma mère. Ses blessures ne se soigneront pas avec mes méthodes, James… Il me faut les poupées absolument. Cette magie a au moins le défaut de ne pas contrôler l'esprit mais il fait subir au corps de lourdes souffrances. S'il ne veut pas le tuer, il s'y prend très mal !

J'ouvris la bouche en grand. On parlait de tuer Dimitri, de meurtre. Ce n'était pas possible.

Je restai avec ma mère le temps qu'elle soigne mon père. Ce dernier expliqua brièvement qu'il avait du transplaner à l'intérieur de l'appartement. Il avait donc ouvert les protections et devrait les refermer une fois soigné. Je ne comprenais pas pourquoi mes parents tenaient à ce que ça soit si protégé mais je ne fis aucun commentaire. A présent, j'étais bien content qu'on possède ce genre de magie. Quand je fus sûr que papa était hors de danger, je revins dans ma chambre. Je me rendis près du lit de Dimitri et allumai la lampe de chevet avant de revenir éteindre la principale. Il ne m'avait pas quitté du regard, je ramenai donc ma chaise de bureau vers le lit.

- Comment tu vas ?

- était ton père ?

- Il était chez ton grand-père.

- Mon grand-père ? J'ai un grand-père ?

- Je crois. Dim', je suis allé voir ton registre de naissance. Ta mère, elle s'appelle Olga Romanov.

Dimitri plissa les yeux.

- Tu te moques de moi ?

- Pas du tout. Écoute, mon père s'est fait attaquer en allant au château des Romanov. Ça n'a peut-être aucun lien mais je suis persuadé que si, et mon père aussi. Donc on va rester là, le temps que les hommes de la fédération fassent leur travail.

- Je… Reste ici ?

Je fis « oui » de la tête avant de croiser mes bras sur le matelas et de me pencher vers lui.

- Je suis désolé, dit doucement Dimitri.

- De quoi ?

- De gâcher tes vacances.

- Mes vacances ne sont pas gâchées, maintenant que je sais que tu es en sécurité. Tu ferais mieux de dormir.

- Ce n'est pas dormir qui va me guérir.

Je relevai la tête pour voir le regard mauvais de Dimitri mais j'étais incapable de lui répondre sur le même ton.

- Non, en effet.

Il y eut un lourd silence. Dimitri se tourna dos à moi en grognant. Quelques secondes plus tard, il sanglotait.

- Ma mère… S'appelle Olga…

Je grimpai sur le lit et m'allongeai à coté de lui. Il se tourna de nouveau vers moi.

- Oui, murmurai-je. Dors, maintenant.

J'aurais voulu faire comme ma mère, passer ma main dans ses cheveux pour le rassurer, mais je me disais que ça serait mal pris par mon camarade. A la place, je restai allongé près de lui, attendant qu'il ferme les yeux et s'endorme, ce qu'il ne tarda pas à faire. De l'autre coté de la porte, j'entendais mes parents discuter. Bercé par la respiration de Dimitri, je finis par fermer les yeux à mon tour. Je sentis à peine Lord s'enrouler près de moi.

OooooooooooooooOooooooooooooooO

24 juillet 1992

Les grognements et râles de douleur de Dimitri furent la cause de mon réveil. Je me redressai pour voir qu'il transpirait à grosses gouttes et que du rouge s'étalait sur la couette. Je me levai alors, bien décidé à appeler ma mère. Je constatai par la même occasion qu'il faisait nuit noire dehors.

Puis un « POP » sonore retentit dans ma chambre. Je clignais bêtement des yeux face à la créature qui venait d'apparaître au milieu de la pièce. Immédiatement, je pris ma baguette qui se trouvait sur la chaise et la pointa vers l'elfe de maison inconnu. Lord se redressa et siffla rageusement.

- Tchachki est là pour le jeune maître ! Tchachki va réaliser le dernier souhait du maître. Tchachki va réunir sa famille ! C'est ce que le maître voulait !

L'elfe avait de gros yeux globuleux et des oreilles longues et pendantes qui traînaient au sol. Son petit corps maigre était enroulé dans des pièces de draps grossièrement raccommodées.

- Qu'est ce que…

Mais avant que je ne dise quoi que ce soit, elle courut dans ma direction et sauta sur le lit. Lord tendit le cou, la gueule grande ouverte mais l'elfe claqua des doigts et envoya mon serpent au sol.

- LORD !

- Tchachki ramène le jeune maître.

- Quoi !? Non !

Elle attrapa le bras de Dimitri et je fis rapidement la même chose. Avant que je ne comprenne ce qu'il se passe, le décor avait changé.

La première chose que j'entendis fut le cri de douleur de Dimitri. La deuxième : un autre cri.

Je me redressai pour comprendre que l'endroit nous nous trouvions était un salon mourrait un feu dans une cheminée. Il y avait des photos et au milieu, sur la table, trônaient des jouets d'enfant.

Dimitri, qui s'était accroché à moi, s'écroula au sol et l'elfe poussa un petit cri paniqué.

- Jeune maître ?!

- Ne le touche pas ! hurlai-je.

L'elfe sursauta. Je tentai tant bien que mal de redresser mon ami.

- J'ai mal, Harry ! J'ai maaall !

Je le crus parce que mes mains étaient couvertes de sang. Puis la lumière éclaira le couloir et enfin la pièce ou nous étions.

- Lève-toi ! Dim' ! Il faut qu'on sorte !

- … Peux pas…

J'attrapai alors le bras maigre de l'elfe.

- Ramène-nous chez moi ! Maintenant !

Les yeux de l'elfe se remplirent de larmes.

- Tchachki a fait ce qu'on lui demandait. Tchachki a ramené le jeune maître à sa famille.

La colère et la peur s'emparèrent de moi. Je levai Dimitri contre moi de toutes mes force et avisai les sorties qui se présentaient devant nous. Mais c'était trop tard : un homme apparut. Un homme que je ne connaissais pas.

Un homme qui n'était pas le père de Dimitri. Ses yeux se posèrent d'abord sur moi, puis sur Dimitri et enfin sur l'elfe. Et à son regard de dégoût, je compris. Je compris ce qu'il était.

Un non-mage.

- Qu'est-ce que…

De nouveau, un cri retentit de là l'homme venait, suivi d'un hurlement de la part de Dimitri.

- Har… Ha… Iih…

- Sors-nous d'ici ! Elfe, maintenant !

- Qui êtes vous !? Qu'est ce que c'est que ça ?!

Je ne pouvais pas lui répondre parce que Dimitri me serrait le bras tellement fort.

- Hans… Hans.

L'homme se tourna.

- Olga !

Mes yeux s'écarquillèrent. Une femme venait d'apparaître. Ses cheveux noirs et lisses tombaient sur son visage mais ce nom... Ça ne pouvait pas être une coïncidence.

Elle leva la tête et son visage humide de sueur se mua en stupeur.

- Non, souffla-t-elle avant de porter ses mains à sa gorge.

- FAIS LE SORTIR !

- Mais… bredouilla l'elfe.

La femme tomba au sol et Dimitri se mit à trembler dans mes bras. De la bave sortait de sa bouche et je ne pouvais que regarder le spectacle avec horreur.

Je vis alors quelque chose de bizarre autour de son cou. Comme si une corde invisible s'y enroulait. Je me tournai vers la femme qui venait elle aussi de tomber par terre.

- Sor…, tenta-t-elle de dire.

Tout devint subitement clair. Le lien, les poupées.

Sans attendre, je serrai fortement Dimitri contre moi et me concentrai le plus possible.

- Allez, allez, murmurai-je.

Je fermai les yeux visualisant un endroit. Un seul en particulier. Quand je fus sûr que Dimitri allait mourir dans mes bras, je sentis le crochet du transplanage agripper mes tripes. Je crus un instant que j'allais vomir quand tout bougea autour de moi... Mais ce ne fut rien comparé à la douleur que je ressentis une fois le paysage de nouveau visible.

Mon cri se percuta dans le vide du terrain vague. Je lâchai Dimitri pour attraper ma jambe qui faisait un angle étrange.

- Non, non, non…. Oh par Yaga, Merlin et Morgane !

Des larmes se mirent à couler sur mes joues et je les essuyai rageusement. Je me traînai avec difficulté vers Dimitri qui était allongé au sol. Je le vis essayer de se redresser.

Il n'avait plus l'air d'étouffer. Mais il saignait beaucoup trop.

- Dimitri ?

Il se mit sur ses genoux et se tourna vers moi.

- Harry ! Harry, ta jambe !

- Ouai… C'est moche. Mais tu ne t'es pas vu !

Il tenta de sourire mais échoua proprement.

- Qu'est ce que tu as fait ?

- J'ai essayé de transplaner. Je crois qu'on est là tu te cachais.

- Pourquoi pas chez toi ? Oublie ma question…

Dimitri essaya de me relever. Il passa mon bras autour de ses épaules et le sien contre mon dos.

- Sortons d'ici, dit-il.

Je fis oui de la tête.

- Je n'aurais pas cru..., fit une voix sortant de nulle part.

Dimitri cessa de bouger. A travers les ombres des machines de construction se détacha une silhouette.

- Je n'aurais pas cru que ce stupide Alexandreï ferait une telle erreur. Mais peut-être était-ce là les regrets d'un vieux fou d'avoir abandonné sa traîtresse de fille.

- Père, murmura Dimitri.

L'homme avait un visage fou. Ses cheveux noirs partaient dans tous les sens et ses vêtements faisaient négligé, comme s'il n'était pas rentré chez lui depuis des jours. C'était peut-être le cas.

- Mais je ne ferais pas cette erreur. Je ne te chasserai pas de la maison aussi cruellement, Dimitri. Tu as été un mauvais garçon mais je peux encore te pardonner. Tu es mon fils, la chair de ma chair et je ne te laisserai pas filer. De plus… Tu as besoin de moi pour guérir.

Il tata le chandail qu'il portait pour en sortir une poupée aux mèches noires dont le corps de chiffon était découpé un peu partout, laissant sortir le coton qui la rembourrait.

- Vous, sifflai-je. Comment osez-vous !

- Père…

- Tu aurais du rentrer à la maison, mais tu t'es entêté ! Stupide petit ingrat ! Lorsque j'en aurais fini avec toi, tu marcheras enfin droit.

- Ne l'approchez pas ! criai-je.

- Ôte-toi de mon chemin. Tu n'es que de la vermine et tu salis mon fils !

- C'est vous la vermine ! Vous ne le ramènerez pas !

Au moment ou je resserrai ma poigne autour du corps de Dimitri, son père partit dans un rire tonitruant avant de sortir sa baguette. Je pointai vivement la mienne dans sa direction mais son sort fut jeté plus vite.

- EXPLUSO !

Je me sentis projeté au sol et la douleur de ma jambe cingla dans tout mon corps. Je me mordis méchamment la langue en retombant au sol et le goût du sang emplit immédiatement ma bouche.

- NON ! Non, Père ! Ne lui faites pas de mal !

Je me redressai pour voir mon ami claudiquer dans la direction de son père.

- Dim'…

- Tu te moques de moi !? Tu as perdu le droit de donner ton avis ! Je vais m'occuper de ce sale sang impur et tu n'entendras plus parler de lui !

- Non ! Non, je vais vous suivre ! Je vais vous suivre et je ne poserai plus de question, plus jamais mais je vous en supplie ! Ne le tuez pas !

Un sourire sadique étira les lèvres d'Igor Aristov. Il attrapa le bras de son fils qui gémit de douleur. De mon coté, j'essayai de me relever.

- Oh, je ne vais pas le tuer. Je vais m'assurer qu'il ne te coure plus après. Je vais effacer de sa mémoire toute trace de toi. Tu n'existeras plus pour lui et j'en ferai de même pour toi. Ce que j'aurais du faire dès le début, en y réfléchissant bien, de la même façon que j'ai supprimé ta mère. Mais ne t'inquiète pas, Dimitri, je réglerai cela aussi.

- Quoi ? souffla Dimitri.

Je vis ses lèvres trembler et son visage se décomposer. Puis il commença à s'agiter.

- Ne faites pas ça ! Ne faites pas ça, pitié ! Ne lui effacez pas la mémoire ! Père !

Mais Igor n'écoutait pas son fils qui s'agitait contre lui. Griffant sa main, tentant de donner des coups de pieds. A la place, il pointa sa baguette sur moi. La mienne s'étant échappé de ma main, je ne pouvais plus me soustraire au sort.

Alors je fermai les yeux.

Oublier. Je ne voulais pas oublier. Je ne voulais pas laisser Dimitri seul. Je ne voulais pas qu'il m'oublie.

- OBLI…

- Sadi…

La brûlure qui suivit le sort que je venais de prononcer me tétanisa. Je sentis toute ma main droite prendre feu et j'étais presque sûr qu'en me réveillant, elle ne serait plus là. Mais ça n'avait pas d'importance parce qu'au loin, je pouvais entendre les cris de rage d'Igor...

Avant de sombrer dans l'inconscience.

OooooooooooooooooooooooooooOoooooooooooooooooooooooooooO

27 juillet 1992

Quelque chose serrait ma main avec force. Tellement fort que c'en était douloureux. Je grognai et tentai de me dégager mais la poigne se resserra.

Ma bouche était pâteuse mais malgré tout, je réussis à prononcer un seul mot.

- Mal…

- ça !? fit une voix paniquée.

- Ma main, murmurai-je.

- Oh… OH !

Soudain, ma main fut de nouveau libre. Et j'osai enfin ouvrir les yeux. Au dessus de mon visage se présenta celui, baigné de larmes, de Natasha.

- Tu es réveillé ! Tu es réveillé ! Oh, Harry !

Et elle se jeta sur moi. A ce moment là, je me rendis compte que je n'étais pas à l'endroit je devais être. J'étais dans un lit, dans une pièce aux murs blancs. Avec Natasha. Je me redressai rapidement malgré le poids de mon amie affalée sur moi.

- Natasha ! Dimitri !?

- Je suis là, fit une autre voix.

Natasha se détacha de moi et je pus voir que dans le lit voisin au mien se trouvait Dimitri. Il ne reflétait aucune expression mais je voyais à la lumière du jour ses joues creuses et ses cernes.

- Tu… Qu'est ce que… Tu vas bien ?

Il était assis sur son lit et je pouvais voir des cartes de jeux éparpillées un peu partout.

- Mieux que toi.

Et il m'adressa un sourire suffisant.

- Oh, la ferme vous deux ! Regardez-vous, aucun de vous ne peut se vanter de s'en être sorti comme des chefs ! Tu peux remercier ta mère, Harry, et Louve !

- Louve ? Je ne comprends pas… Que s'est-il passé ? Ton père…

- … Est en prison.

J'écarquillai les yeux. Mais avant que je ne puisse poser d'autres questions, la porte de la chambre s'ouvrit sur ma mère.

- Merlin soit béni ! Tu es réveillé.

- Maman…

Elle se précipita sur moi, baguette en main, et j'eus droit à un check-up complet. Puis a une litanie de remontrances. Et enfin un câlin et des baisers qui durèrent un temps fou mais je ne m'en plaignis pas.

Mon père et mon frère vinrent aussi et j'étais presque sûr qu'ils n'allaient jamais repartir ni jamais me lâcher, sans que je comprenne ce qui s'était passé. Personne ne me dit rien et quand je posai la question, on ne me répondit pas, prétextant que je devais me reposer.

Pas une seule fois Dimitri n'avait pipé mot

A la fin de la journée, ma mère revint pour me dire que je devais encore passer la nuit ici. Elle m'embrassa et fit de même pour mon ami qui se laissa faire.

Puis il se détourna de moi.

OoooooooooOooooooooO

Je n'arrivai pas à fermer l'œil de la nuit. Je ressassai tout ce qui s'était passé et le fait que Dimitri ne m'adresse pas la parole me mettait en rogne. Furieux, je me redressai complètement et me levai de mon lit.

Si je restai ici, j'allai étouffer.

- est-ce que tu vas ?

Je me figeai. Dimitri n'avait pas bougé mais sa voix s'était élevée, très claire.

- Tu ne dors pas.

- Toi non plus.

- Et tu m'adresses la parole.

Dimitri ne répondit rien. Alors je décidai de sortir pour de bon.

- Reste !

- Pardon ?

J'entendis le frottement des draps et me tournai alors. Mon ami était descendu de son lit et il se tenait debout devant moi. J'allumai alors la lumière pour tomber sur son visage déformé par la colère.

- Tu es fâché contre moi ?

- Non…

Je me renfrognai.

- Alors quoi ?! Qu'est ce que tu as ? Pourquoi personne ne veut me dire ce qu'il s'est passé !

- Tu as faillis mourir ! cria Dimitri.

J'ouvris la bouche, estomaqué.

- Pas du tout…

Dimitri fit un pas brusque en ma direction.

- Si ! Tu as faillis mourir en lançant ton sort, Harry ! Toutes les fois tu l'utilisais, tu n'as jamais dit ce que ça te faisait !

Je ne comprenais pas un traître mot.

- Tu parles du sort « sadi » ?

- Oui, je parle de celui-là ! Il t'a brûlé et oh, bon sang !

Je savais que le sort brûlait mais ça n'était jamais terrible, juste désagréable.

-Tu as jeté ce sort sur une baguette… Est-ce que tu sais quel genre de pouvoir il faut pour la détruire !? La baguette de mon père a disparu entres ses doigts et toi… Ton bras a pris feu ! S'il n'y avait pas eu le bracelet…

Dimitri secoua la tête et frotta ses yeux avec son avant bras.

- Si tu n'avais pas eu ton bracelet, c'est toi tout entier qui aurais brûlé ! Tu as failli mourir pour moi…

- Mais je ne suis pas mort !

- Tu es resté inconscient pendant deux jours, sanglota Dimitri. Ton père a tellement frappé le mien, il y avait tellement de sang et toi… Toi tu ne te réveillais pas et c'était à cause de moi.

- Qu'est ce que tu racontes !? Ce n'était pas de ta faute !

- Il allait juste effacer ta mémoire… Tu pouvais sûrement le laisser faire.

Cette fois-ci, le rouge me monta aux joues.

- Ne sois pas stupide, Dimitri ! Je n'allais pas te laisser disparaître ! Je n'allais pas le laisser m'effacer la mémoire ! Je n'ai aucune envie de t'oublier ! Si tu crois que je ne suis pas capable de me battre et de donner ma vie…

- Mais écoute toi parler ! Tu ne peux pas faire ça ! Tu serais mort, par ma faute ! Qu'auraient pensé tes parents de moi ! Et Natasha ! Je n'étais pas en danger !

Dimitri pleurait franchement.

- Tu n'étais pas en danger… Tu étais à deux doigts de mourir et… C'était ta mère dans la maison.

- Je sais, gémit Dimitri.

- Cet homme était dangereux et j'aurais tout fait pour te libérer ! C'est ce que font les amis ! Ce n'est pas de ta faute si je me suis retrouvé blessé, ce n'est pas de ta faute ! Tu n'es absolument pas responsable ! Ce n'est pas de ta faute !

Ce n'est pas de ta faute !

Son cri s'était répercuté avec tellement de force dans sa tête qu'Harry avait été sorti des pensées du livre d'un coup sec.

Ce n'était pas de sa faute. Ce n'était pas la faute de Dimitri.

Ce n'était pas non plus la sienne. Pour Sirius, pour ses parents, pour tout ceux qu'il avait perdus. Pour tout ceux qu'il avait retrouvés.

Ce n'était pas lui le coupable.

- Harry ?

Harry tourna la tête brusquement. Dimitri s'était levé mais avait cessé de bouger et son visage était livide.

- Tu pleures, dit-il.

- Quoi ? souffla Harry.

Il porta sa main à sa joue et constata qu'effectivement, il pleurait.

- Tu n'as jamais pleuré…

Dimitri s'approcha de nouveau et Harry s'assit au bord du lit. Il essuya rapidement ses yeux puis fixa son ami.

- Je suis désolé.

Le brun fronça les sourcils d'incompréhension.

- Désolé ? De quoi ?

- Je suis désolé que par ma faute, tu te sois cru responsable de ce qui pouvait m'arriver. Je suis désolé que mon envie de t'aider t'ait mis dans une position où tu pouvais juste t'en vouloir. Je suis désolé de ne pas avoir compris ça. Je suis désolé de ne pas t'avoir compris.

Dimitri secoua la tête.

- Tu m'as dit la même chose. Tu me l'as déjà dit l'année dernière. Tu m'as dit que tu étais désolé, et je t'ai dit que ce n'était pas grave. Parce que tu avais raison, au final. Quand tu t'es réveillé sans te souvenir de qui j'étais, je me suis rendu compte que tu avais raison. Je n'aurais pas supporté ta mort mais je n'aurais pas supporté que tu m'oublies.

Harry se leva pour arriver à hauteur de Dimitri.

- Que s'est-il passé ?

- Tu veux que je te le raconte ?

- Je le veux oui, et… J'aimerais que tu m'écoutes moi, après.

Dimitri avait l'air de vraiment débattre intérieurement. Puis il prit une grande inspiration.

- Mon père… Mon père voulait un nom. Une descendance qui ne ferait pas tâche. Alors il est allé se présenter à la seule famille qu'il pensait digne de lui.

- Les Romanov.

- Exact. Seulement, c'était une famille sur le déclin. Littéralement. Et la seule héritière était ma mère. Seulement… Seulement c'était une cracmol. Elle était née sans magie. Je suppose que mon grand-père a vu cette union comme une aubaine. Il n'était plus en capacité d'enfanter, alors il a caché la vérité à mon père. C'est cet elfe, tu l'as vu. C'est lui qui faisait de la magie à la place de ma mère pour faire illusion.

- Comment… Comment ton père n'a pu rien voir ?

- Je ne sais pas. Toujours est-il que je suis né et que par chance, je pouvais faire de la magie, c'est arrivé à mes trois ans. Mais mon grand-père a voulu me récupérer. Il avait enfin un héritier digne de lui. Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'au même moment ma mère était enceinte de nouveau.

- Mais ton père a refusé.

- Bien sûr qu'il a refusé ! Alors mon grand-père lui a avoué que ma mère n'était pas une sorcière. Et à partir de là, tout s'est effondré. Ma mère ne m'a pas tout raconté mais je devine l'enfer qu'elle a vécu. Jusqu'à ce que mon père n'en puisse plus et qu'il commette l'irréparable : il a tenté d'étrangler ma mère.

- Quoi ? Alors… Le souvenir…

- J'ai assisté à la scène, Harry, je l'ai vu étrangler ma mère. Elle a essayé de s'enfuir. Elle voulait partir avec moi. Mais mon père lui a dit que si elle tentait quoi que ce soit, il la tuerait. Alors elle s'est enfuie, seule. Et…Je n'ai pas eu le temps de lui en vouloir…

- Ton père t'a effacé la mémoire. Mais tu ne peux pas en vouloir à ta mère ! Elle pensait sûrement protéger son enfant.

Dimitri sourit.

- Bien sur. C'est évident. Elle pensait aussi venir me récupérer. Mais mon père a fabriqué quelque chose. Quelque chose qui nous empêcherait, ma mère et moi, de nous approcher. Quelque chose qui nous tuerait si on se retrouvait ensemble. Et c'est ce qui a failli arriver. Si tu n'avais pas été là après que l'elfe nous ait emmenés chez elle, on serait mort tous les deux. Parce que le mari de ma mère n'était pas un sorcier. Il n'aurait jamais pu prévenir qui que ce soit.

- Comment est-ce qu'on nous a retrouvés ?

- C'est Louve, en se servant du badge que tu as pris chez moi. Mon père était fou de rage de voir sa baguette partir en fumée. Il a voulu te frapper mais ton bras s'est mis à brûler. Alors tes parents sont arrivés, avec deux membres du Ministère. Ton bras… Harry, c'était horrible.

Harry le crut.

- Tu t'es mis à prendre feu et je ne savais plus quoi faire ! J'avais beau lancer « aguamenti » sur ton bras avec ta baguette, ça ne marchait pas ! Ton sort est un sort de magie noire et jusqu'à présent, tu l'as utilisé de façon mineure mais là… Si ta mère n'était pas arrivée à temps, si tu n'avais pas eu ce bracelet, Harry…Tu serais mort devant moi. Et je n'aurais rien pu faire.

Harry secoua la tête, dépité.

- Toute cette histoire, c'est ta mère qui te l'a racontée ?

- Oui.

- Que s'est-il passé ensuite ? Où était ta mère durant tout ce temps ?

- Elle s'est retirée du monde magique. Elle a accouché dans un hôpital non-mage en Ukraine. Ma sœur… Ma sœur n'a pas de pouvoirs non plus. Elle a fini par épouser un non-mage sans jamais rien lui dire de sa vie d'avant.

- Mais elle a du lui dire !

Dimitri fit un pauvre sourire.

- Quand je me suis enfui, mon père a pensé que je m'étais réfugié chez mon grand-père. Durant le procès, j'ai découvert que mon grand-père n'a jamais avoué où était ma mère, même s'il savait où elle vivait. Il n'a jamais vendu la mèche sous la torture que lui a infligée mon père. Avant de mourir, il voulait sûrement bien faire en nous réunissant, moi et ma mère, et en confiant cette tâche à son elfe. Au final, mon père a été accusé de meurtre. Ma mère, étant la dernière héritière des Romanov, a réussi à faire pression sur la délégation pour que l'histoire ne s'ébruite pas. Je ne suis pas un Romanov. J'ai gardé le nom de mon père pour que ça ne paraisse pas étrange. Mais je le déteste. Je déteste ce qu'il m'a fait, je déteste ce qu'il a fait à ma mère. Je le déteste pour m'avoir privé d'une vie qui aurait pu être meilleure. Je déteste ce qu'il a fait de moi.

Harry ne fit aucun commentaire. Mais la douleur de Dimitri, il la comprenait en partie. Il ne l'avait jamais avoué à voix haute. Jamais dit à personne... Mais quand les nuits étaient trop dures chez les Dursley, Harry avait maudit sa mère. Il avait maudit sa famille et ce qu'elle avait fait de lui. Et cette colère s'était mêlée à l'immense tristesse d'être seul et rejeté.

- Elle a tout de suite voulu me récupérer. Elle le pouvait mais je ne la connaissais pas. Je ne savais pas comment lui parler, comment agir avec elle. Je ne savais pas ce que je devais faire ni comment me comporter. Et toi… Tu as voulu rester. Tu as fait des pieds et des mains pour rester en Russie. Je ne l'ai su que plus tard, Natasha m'en a parlé parce que tu ne l'as jamais fait. Elle m'a dit que tu avais essayé de convaincre tes parents de m'adopter, de venir vivre avec toi. Je suppose que c'était durant cette conversation qui a eu lieu avant ton départ en Angleterre. Tu la liras. Je n'ai jamais su ce que ton père t'as dit mais l'année dernière, tu m'as avoué t'être pris le pire des savons de toute ta vie.

Dimitri rigola doucement.

- Tu es parti finalement. Et j'ai passé le pire mois d'août et le plus merveilleux en même temps. J'avais une chambre, j'avais une sœur. Mais tout n'était pas rose. Ma venue n'a pas amené la joie et le soleil.

- Le mari de ta mère ?

- Exact. Il n'a jamais compris ce qui s'était passé. Alors quand ma mère lui a demandé s'il préférait oublier cette histoire… Il a dit oui. En dépit du fait qu'il avait élevé Héléna, en dépit de son amour pour ma mère. Il a préférait choisir d'oublier tout un pan de sa vie. Et c'était parce que je revenais dans la vie de ma mère.

Harry serra les lèvres, furieux.

- Et bien c'est un idiot ! S'emporta le brun, C'est qu'il ne devait pas suffisamment aimer ta mère ! Ou qu'il ne la méritait pas !

- Tu vois, tu recommences. Ça aussi, tu me l'as dit. Oui, c'était un idiot. Un idiot à qui on avait menti durant des années. Tu imagines connaître une personne... La femme de ta vie. Tu as prévu de mourir à ses cotés et d'élever son enfant même s'il n'est pas de toi et du jour au lendemain, tu apprends autre chose. Tu apprends que cette femme avait déjà un fils, qui est un sorcier, que son ancien mari est un homme dangereux. Et tu dois vivre avec ça, tu dois l'accepter. Ma mère a passé des mois et des mois à se plier en quatre pour moi. Et je me sentais tellement coupable... J'étais responsable de son malheur et elle continuait à me sourire à me faire découvrir de nouvelles choses. À ignorer les questions de ma sœur quand elle demandait où était son père. Alors… J'ai essayé de faire des efforts à mon tour. J'ai essayé de remplacer ce père, d'être ce qu'il fallait être pour ma sœur et… Je me suis senti utile, Harry. Ils nous a fallu du temps pour en parler. Mais on l'a fait et ma mère me disait que si c'était à refaire, elle ne changerait pas d'avis. Que toutes les années qu'elle avait vécues sans moi avait été une véritable torture. Je me sentais aimé et important ! Et tout ça, c'était grâce à toi et Natasha !

Dimitri leva enfin la tête, durant tout son monologue il avait gardé les yeux fixés sur le sol. Mais quand son regard croisa celui d'Harry, il sursauta presque.

Son ami le regardait avec une telle détermination et quelque chose d'autre… De la peine aussi.

- Harry ?

- Je vais chercher Natasha.

- Pourquoi ?

- Parce que si je ne le fais pas… Les choses n'iront pas mieux pour moi. Si je ne le fais pas, je vais juste avoir l'impression d'être un traître.

Harry se dirigea vers la porte de la chambre et l'ouvrit sans attendre, laissant Dimitri dans l'incompréhension la plus totale.

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A suivre

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Voilà, voilà ! C'est tout pour aujourd'hui ! Encore désolée pour le retard mais c'est aussi comme ça que ce cloture le passé d'Harry. Si vous avez des choses à partager, laissez une review. A lundi prochain les agneaux !