Etaine battit des paupières, d'abord surprise de trouver le sol de pierre sous sa joue, puis, en un quart de seconde, tout lui revint. Le sortilège de stupéfixion parti, arrachant des cris de surprise autour d'elle.

-T'es malade ou quoi de tirer comme ça sans prévenir ? s'exclama une voix familière.

La Fourchelang tourna son regard vers le haut, rencontrant les visages d'Anne, Emma, Swan, Zane, Scott et du professeur Flitwick. Le fan de quidditch, qui venait de parler, affichait un légèrement irrité. Sans doute l'avait-elle raté avec le sortilège de stupéfixion.

-Etaine ? demanda la voix inquiète de Saernel.

La légilimente baissa les yeux sur lui et acquiesça légèrement, bien qu'il sache sans nul doute qu'il n'en était rien.

-Miss Knightley, allez-vous bien ? demanda Flitwick de sa voix flûtée.

Il avait un énorme hématome sur le front qu'il s'était sans doute fait en tombant lorsque Rogue l'avait stupéfixié.

-Aussi bien que possible compte tenu des circonstances, rétorqua la légilimente d'un ton glacial en jetant un coup d'œil autour d'elle en se redressant, faisant s'écarter les autres.

Un jour pâle était visible par une fenêtre et tous affichaient l'air de ceux qui venaient de passer une nuit blanche.

-Les mangemorts se sont-ils échappés ? demanda la Fourchelang, sachant qu'utiliser la légilimentie pour savoir ce qui était arrivé était inutile.

La bataille était finie, c'était évident et utiliser son don n'aurait fait que le dévoiler sans pour autant lui apporter d'avantage.

-Comment êtes-vous au courant ? s'étonna le professeur de sortilèges.

-J'étais dans la pièce quand vous êtes entré, professeur, répondit Etaine en se redressant, Saernel installé dans ses mains en coupe.

-Je ne vous ai pas vu…

Le choc à sa tête semblait avoir affecté Flitwick même s'il tentait vaillamment de le cacher. L'enseignant était plus vif d'habitude.

-J'étais sous sortilège de désillusion, expliqua Etaine en balayant l'argument d'un geste pendant que la vipère si hissait sur ses épaules. Dumbledore interdit régulièrement la poursuite de mon apprentissage, ce dont nous n'avons jamais tenu compte. Je me désillusionne quand quelqu'un approche. Saernel se charge de faire le guet. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? redemanda-t-elle en se tournant vers ses condisciples.

-Ils se sont échappés, répondit Emma. Et Dumbledore est, Dumbledore est…

-Mort, acheva pour elle Scott. Rogue l'a tué.

-Pas très étonnant, marmonna la légilimente. Comment m'avez-vous retrouvé ?

Dumbledore, mort ? Rogue ? Cette dernière partie n'avait rien d'étonnant à ses yeux, mais la mort du vieillard, si elle l'avait désiré, était une catastrophe. Lui seul protégeait Poudlard de son influence. Voldemort ne tarderait pas à s'emparer du château maintenant qu'il n'était plus qu'un cadavre.

-Saernel est venu nous chercher, expliqua Swan qui paraissait se demander s'il fallait se jeter à son cou ou pas, vu le regard sombre d'Etaine, interrompant ses réflexions.

-Ce qu'il m'a jeté devant le visage était assez faible ; juste de quoi m'étourdir pendant quelques heures. Ensuite, je suis retourné à la salle commune où j'ai trouvé Swan, Emma, Anne, Zane et Scott. Ils ont prévus Flitwick et je les ai menés jusqu'ici. Je ne sais pas ce qu'il y a sur cette cape mais elle est difficile à repérer pour des humains. Heureusement qu'il y a l'odeur.

Quelle cape ? s'interrogea la légilimente. Quand à Rogue, elle ne se posait pas de question sur lui : il s'était enfui avec les mangemorts, elle le savait. L'homme était un Serpentard après tout.

-Etaine, ça va ? redemanda Emma.

-Le sortilège de stupéfixion ne laisse pas de séquelle, l'informa la Fourchelang en esquivant la question.

Ses yeux tombèrent sur la potion éruptive qui glougloutait, désormais jaune vif, signe qu'elle pouvait exploser d'une minute à l'autre.


Vêtue de noire, une foule de personnes s'amoncelaient devant le lac. Il y avait les élèves de Poudlard mais aussi des personnalités éminentes venues de tout le monde magique. Même Dolores Ombrage avait été dépêché sur place et se tenait à côté du ministre de la magie Scrimgeour. Etaine en aurait ri. Ombrage et Dumbledore avaient passé sa quatrième année à se tendre des pièges l'un l'autre et aucun autre terme qu'ennemis ou antagonistes ne pouvait être attribué à leur relation. Le crapaud n'était ici que par raison politique. Mais elle n'avait pas le cœur à rire.

Installée dans les derniers rangs, la légilimente gardait le silence, entourée des Serdaigle de son année, eux aussi silencieux. Tous semblaient choqués et Emma pleura même quand on amena la dépouille de Dumbledore à la tombe blanche qui serait sa dernière demeure. Les yeux de la Fourchelang, cependant, restèrent secs. Elle avait déjà pleuré, elle ne savait trop de rage, de tristesse ou de honte. Mais ce n'était pas sur le vieux fou ; il ne méritait pas même l'une de ses larmes. C'était sur Rogue.

Rogue, qui l'avait sorti de l'orphelinat pour la mener au monde magique qui était le sien, envers et contre tout. Rogue, qui l'avait pris en apprentissage quand il avait vu son talent pour les potions. Rogue, qui l'avait accueilli chaque été dans sa maison quand elle n'avait nulle part où aller. Rogue, qui lui avait enseigné l'occulmencie pour la protéger. Rogue, qui l'avait couverte lors de quelques-unes de ses frasques. Rogue, qui avait pris sa défense lorsque les autres doutaient d'elle. Rogue, qui l'avait encouragé dans sa recherche du Savoir. Rogue, qui lui avait transmis son art et quelques-unes de ses inventions. Rogue, avec qui elle avait passé des après-midi entières à parler de poésie ou parfois même à plaisanter avec l'austère Maître des potions, la terreur des cachots qui ne souriait jamais autrement que sarcastiquement, dont on n'avait jamais entendu le rire et qui avait une étincelle d'amusement dans les yeux quand elle faisait une bêtise. Rogue qui avait été comme un père de substitution pour elle pendant toutes ses années où elle n'avait aucune famille, qui avait pris soin d'elle quand elle n'espérait rien de personne. Rogue, qui lui avait montré bien plus de lui qu'à n'importe qui d'autre. Rogue, qui s'avérait n'être qu'un traître.

Qu'avait-elle vraiment su de l'espion mangemort, au fond ? Son goût pour la poésie, la magie noire et les potions ? Que savait-elle des moteurs qui l'animaient ? Sans doute, comme beaucoup de ceux qui revêtaient une cape noire et un masque d'argent pour masquer leurs identités, ne désirait-il que le pouvoir. Toutes ces années qu'il avait passé à tromper un des légilimens les plus accomplis qui soit et elle avait cru voir clair dans son jeu. Comment avait-elle pu ne pas voir qui il était en réalité ? Comment avait-elle pu ne pas voir que loin de lui dissimuler son visage parmi une collection de masques, elle n'avait jamais vu que ceux-ci.

Elle savait pourquoi. Rogue avait su gagner sa confiance. Cette chose si dangereuse à donner et si précieuse à acquérir. Ne savait-elle pas, pourtant, que faire confiance à un autre que soi-même était une hérésie ? Elle connaissait cela, pourtant. Cela ne l'avait pas empêché de croire qu'elle avait besoin de lui. Elle avait laissé l'espion mangemort devenir important pour elle, lui avait donné accès à certains de ses secrets, avait baissé sa vigilance en sa compagnie, sachant pertinemment qu'il était dangereux mais croyant sottement qu'il ne lui ferait rien. Quelle folie cela avait-il été…

Car le Maître des potions faisait bien parti de ses ombres dans la nuit qui tuaient, torturaient, avant de repartir aussi soudainement qu'ils étaient venus, ne laissant que chaos et dévastation derrière eux. Elle connaissait pourtant l'empreinte dans sa chair qui avait fait de lui un esclave. Mais un esclave volontaire, pleinement conscient de ce qu'impliquait son choix. Comme tous les autres, il avait dû participer à ces massacres. Pourtant, elle avait fermé les yeux, se persuadant, exactement comme le vieux fou l'avait fait, de ses remords, de sa volonté de se racheter. Rogue ne pouvait que sortir gagnant de la lutte. Il avait finement fait son nid au cœur même de la base ennemi pour frapper brusquement et se retirer avec une vitesse fulgurante.

Tout aurait dû l'alerter. La marque sur son bras, le cynisme de ses paroles et même ses propres souvenirs. N'avait-elle pas appris, tôt dans sa vie, que les adultes étaient des fourbes qui ne tenaient jamais leurs promesses ? Trop tôt, trop vite. Elle avait cru s'être échappée du cauchemar de l'orphelinat et ne se rendait compte qu'à présent qu'elle ne l'avait jamais véritablement quitté. La malédiction s'accrochait à ses pas, comme elle l'avait toujours fait. Elle avait cru trouver un père, elle découvrait un assassin. Elle s'était découvert une famille qui n'avait finalement rien eu de si merveilleux. Qu'avait donc de si spécial le genre humain pour être capable de tant de merveilles et de cruautés en même temps ? Dans un endroit où le Paradis côtoyait l'Enfer, lequel des deux valait-il mieux choisir de suivre. Une religieuse avait posé cette question à la petite Suzanne, quand elle avait huit ans. L'enfant, dans sa candeur avait répondu « on ne peut pas choisir : l'Enfer, on y est déjà ici et le Paradis, il est parti ». Rien ne restait désormais de la naïveté de cet enfant qui avait cru des mois durant voir quelqu'un passer le porche de Saint Raphaël et Damien pour la tirer de cet enfer. Lorsqu'enfin le « sauveur » s'était présenté, il n'avait rien eu d'un prince charmant. Mais l'enfant qui y croyait était mort et Etaine avait accueilli la nouvelle avec une joie sauvage qui n'avait surement été qu'un écho de ce qu'aurait éprouvé Suzanne. Mais Suzanne n'était plus là ; elle n'avait pas été assez forte pour résister à tout ce qui avait donné naissance à Etaine. Pourtant, une partie d'elle était restée, quelque part. Infime, mais tout de même présente.

Suzanne avait des rêves à revendre, elle était innocente et courageuse, prête à se battre pour ses idéaux et à mordre la vie à pleine dent en riant.

Etaine n'avait jamais connu une joie qui ne soit sans voile. Elle calculait ses coups comme un joueur d'échec professionnel et jouait avec les gens comme avec des pions. Elle voyait l'amusement des autres, elle riait, parfois, mais son rire n'était pas celui d'un enfant. Il était froid, glacial, et sans amusement. C'était le rire de quelqu'un qui ne savait pas ce que voulait dire ce mot. Etaine était née dans la violence et était à ce titre aussi impitoyable que les pires seigneurs sombres. La mort lui importait peu, du moment qu'elle ne soit pas contre ses intérêts.

Comment deux créatures aussi contraires avaient-elles pu se retrouver dans le même corps ? La Fourchelang le savait. Les hommes. Cette humanité qu'on vantait mais qui n'avait rien d'honorable. Ce monde, pourri jusqu'à ce qu'il ne tienne plus debout qu'en apparence. Cet univers, une illusion pour se donner de l'espoir. Toutes ces choses avaient brisés Suzanne. Etaine par contre avait tenu le choc, encaissant coup après coup, attendant de riposter. La haine et la patience, c'étaient ses armes. Suzanne, si courageuse d'ordinaire, lui avait laissé la place. Le quotidien avait usé Etaine là où Suzanne avait abandonné. Les chocs graves, Suzanne savait les gérer et elle le faisait admirablement. Mais la réalité et sa platitude lui étaient insupportables. C'étaient des survivantes, autant l'une que l'autre. La Fourchelang aurait pu être l'une ou l'autre, mais les deux avaient le même acharnement à survivre, envers et contre tout. L'une avait engendré l'autre pour se protéger et ne savait désormais plus se débarrasser de cette étrangère qui occupait son corps.

Rogue l'avait-il compris ? Peut-être pas… Il avait pourtant réussi à gagner les deux à sa cause. Les deux lui avaient fait confiance. Il avait trompé les deux identiquement. Tout comme il avait condamné les deux à mort.

Qu'y avait-il d'anormal à voir une potion dans la classe d'un potioniste ? Rien. Et pour la majorité des personnes, la potion éruptive était une totale inconnue. Nul n'avait su reconnaître cette bombe à retardement pour ce qu'elle était. Par ce moyen, par le fait qu'il ne l'ait même pas achevé directement, il lui faisait savoir le peu de valeur qu'elle avait à ses yeux. Il se moquait de son existence : elle n'était rien. Elle le savait désormais, Rogue avait menti. Voldemort ne lui avait jamais prêté la moindre attention, ne l'avait même jamais envisagé autrement que comme une gêne. Mais une gêne secondaire qu'il ne valait même pas la peine d'éliminer tant elle était insignifiante.

Les mains de la légilimente se contractèrent sur ses genoux, blanchissant aux jointures. On aurait dit celles d'un mort tant elles étaient pâles.

-Ce n'est pas ce que tu crois, siffla doucement Saernel. Il ne nous voulait pas de mal.

-Il se moquait de nous, rétorqua Etaine, la blessure transparente dans son ton.

-Il a dit qu'il ne te voulait pas de mal.

-Il a menti. Quand n'a-t-il pas menti ?

-Qu'il ne voulait pas nous imposer un choix.

-Nous ferons nos propres choix, Saernel, juste toi et moi. Nous serons toujours ensemble. Que les autres aillent en Enfer.

Ses paroles étaient ce que la vipère avait pu tirer de plus positif d'elle ses derniers jours. Pourtant, elles l'alarmèrent plus que tout autre chose. Saernel ? Elle n'omettait jamais d'écorcher son nom et lui de le lui rappeler. Ce vieux jeu datait de leur rencontre où elle avait mal compris son prénom. C'était quelque chose de stable, intemporel. Quelque chose qui n'était pas destiné à changer.

-Ne renonce pas, Etaine, ne renonce pas, la supplia-t-il si bas qu'elle l'entendit à peine.

Une espèce de sourire apparut sur le visage de la Fourchelang.

-Si je renonce, c'est que tous les autres brûleront autour de moi dans les flammes de mon enfer personnel. Je ne partirais pas sans emporter le monde avec moi. Personne après nous. Personne pour ignorer notre nom. Personne pour nous traiter d'enfant sans pouvoir.

Saernel ne répliqua pas. Il savait les pensées de sa compagne. Cela faisait si longtemps qu'il la connaissait… Presque dix ans. Plus que ne pouvait espérer vivre une vipère à l'état naturel. Auprès d'un Fourchelang et soutenu par la magie de celui-ci, un serpent pouvait vivre aussi longtemps que celui-ci perdurait. Etaine ne le savait pas et Saernel ne lui en avait jamais parlé bien qu'il l'ait appris il y a longtemps des serpents du parc. La légilimente avait déjà trop de poids sur ses épaules à son avis, il ne voulait pas que sa vie entre également dans l'équation. Les préoccupations d'une humaine de son âge auraient dû être à un compagnon et des œufs et non à la vengeance et à la mort. Comment pouvait-elle vivre ainsi ? Il sentait les vagues de haine qui émanaient d'elle. S'y mêlaient de la colère, de la tristesse et de la honte. Ces trois sentiments venaient alimenter le premier. Il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou pas. Tant que cette haine serait suffisamment vive, elle maintiendrait Etaine en vie ne serait-ce que par sa soif de vengeance. Mais devait-il vraiment l'encourager dans cette voie ? Rogue n'était pas celui qu'elle croyait, il lui avait paru sincère. Pourtant, la potion éruptive contredisait tout ce qu'il avait senti. Etait-il simplement possible que le Maître des potions l'ait oublié ?

Inconsciente des réflexions du serpent sur ses épaules, Etaine observa l'enterrement de Dumbledore sans que la moindre émotion ne transparaisse. La journée était radieuse, les fantômes scintillaient légèrement à la lumière du soleil et un chœur d'êtres de l'eau s'était même joint à la fête un moment. C'était trop beau pour le vieux manipulateur.

Il y eu un discours d'un très vieux sorcier qui présenta Dumbledore comme un vieil homme solennel qui n'avait à cœur que le bonheur du monde. Ce n'aurait pas pu être plus éloigné de la réalité aux yeux de la légilimente. Puis le corps disparu dans une envolée de flammes qui laissèrent derrière elles un dôme de marbre blanc emprisonnant le corps de l'ancien directeur de Poudlard pour l'éternité. Les chaises grincèrent quand la foule se leva, les élèves rejoignant le château pour aller chercher leurs bagages avant le départ du Poudard Express. Etaine suivit le mouvement, absente, identique aux jours précédents. Ni Emma, ni Swan n'avaient compris qu'elle s'isole. Seul Zane avait semblé voir ce dont elle avait besoin. Ses bagages étaient déjà prêts et rapetissés pour tenir dans sa poche. Ses pas la menèrent vers les toilettes des filles du deuxième étage. La Fourchelang s'arrêta devant l'entrée de la Chambre des Secrets. Devait-elle parler à Salazar ? Elle n'en avait aucune envie. Elle avait bien trop honte de son aveuglement pour cela. Comment avait-elle pu ne pas voir…

Etaine fit volte-face avant de s'éloigner d'un pas vif, arpentant les couloirs du château d'une longue foulée souple qui faisait tourbillonner ses robes de cours autour d'elle. L'effet était assez impressionnant, ce qui avait été le but recherché quand elle avait mis au point cette allure, sans savoir qu'elle n'avait fait que copier son grand-oncle. A l'orphelinat, elle avait appris à se déplacer rapidement, souplement et sans bruit. Elle n'avait que modifié sa posture quand elle était arrivée à Poudlard, là où elle n'avait plus à craindre les coups.

Saernel enroulé autour de ses épaules, sa main trainant sur le mur de pierre, la légilimente avançait sans savoir où la menait ses pas. Elle s'en moquait. Du moins jusqu'à ce qu'elle croise trois Poufsouffle de son année.

-Et bien Knightley, s'exclama le premier, pas très intelligent, Rogue t'as laissé tomber ?

Ce refrain, elle soupçonnait qu'il avait été répété à de multiples reprises. Mais les Poufsouffle de son année lui en avaient toujours voulu plus que les autres et c'étaient les seuls qui avaient eu l'opportunité et l'idiotie de le lui dire en face. Sa baguette se retrouva instantanément dans sa main droite et le Poufsouffle s'abattit au sol comme une marionnette dont on venait de couper les fils. Les deux autres eurent un geste de recul avant de rejoindre leur camarade à terre. Elle avait hésité. Seul un ultime réflexe au dernier moment avait changé ses sortilèges de la Mort en stupéfixion. Et cette connaissance ne lui fit absolument aucun effet. Le fait qu'elle aurait pu tuer ces trois crétins la laissait de marbre. Sans un regard pour les évanouis, la légilimente alla s'accouder au bord de la fenêtre, regardant le lac noir. Reverrait-elle seulement Poudlard ? Cette question la hantait comme le paysage changeait sous l'effet de la vitesse du train. Le voyage de retour s'était fait dans un silence gêné, chaque personne absorbée dans ses propres pensées. Etaine sentait sur elle le regard de ses camarades quand ils quittèrent le compartiment sans qu'elle-même ne bouge. La Fourchelang ne sembla s'animer que lorsque le soir eu drapé d'ombres le quai de la gare. Alors, seulement, elle se leva et s'avança sur le quai sombre.

Et maintenant, songea-t-elle en s'arrêtant devant la barrière magique qui séparer ce monde de celui moldu, où aller ?

Félicitations à ceux qui se sont accrochés et ont continués à lire malgré mes publications anarchiques. La sixième année arrive dans à peu près une semaine.