Boooonjour la galerie.

Non, vous ne rêvez pas. Nous sommes de retour après ces (beaucoup trop) longs mois d'absence !

Bon, on pourrait bien sûr se répandre en excuses pour ce retard. Mais finalement on n'est pas vraiment excusables... Cela étant, nous vous remercions des marques d'affection que vous nous avez porté au fil de ces mois. Tout d'abord par vos reviews adorables pour la majorité, ensuite par vos messages inquiets, et puis finalement, soyons un peu maso, par quelques reviews assez incisives réclamant l'épilogue, et vite. C'est une marque d'intérêt, après tout !

Si nous n'avons pas d'excuses, en revanche, nous avons des raisons d'avoir autant tardé. L'envie de vous fournir un épilogue de la mort qui tue, avec du sexe, des disputes et de l'humour, bref, un condensé des chapitres précédents, et l'inspiration n'était pas forcément au rendez-vous.

Puis il y a eu les épreuves à la fac. Et les épreuves de la vie, aussi, sur lesquelles nous ne nous attarderons pas, mais qui ne mettent pas toujours dans une humeur propice à une histoire d'amour et de passion.

Mais nous revoilà. Avec un épilogue que nous avons décidé de couper en deux parties parce qu'il se révèle être assez long. Ne vous inquiétez pas, vous n'aurez pas à attendre plusieurs mois l'autre partie, à moins que nos deux ordinateurs ne plantent, et que nous perdions la partie 2 de cet épilogue (parce que oui, elle est écrite, elle doit juste subir notre correction. C'est ça d'être perfectionniste, même si on ne l'est pas toujours assez toutes les deux).

Allez, j'arrête de vous casser les pieds avec ces élucubrations. Mush et moi vous embrassons bien fort. Un gros poutou, y a pas mieux pour se faire pardonner, non ? N'hésitez pas à le rappeler aux amoureux, en cours de chapitre...

Bonne lecture!


EDWARD POV


Sept mois plus tard, Green River…

A moitié endormi, je regardais Demetri, Baloo, Jess, Vic et Tanya se couler à tour de rôle dans la piscine. Et le moins que l'on pouvait dire, c'était qu'elles étaient dans une très sale posture, prenant la tasse toutes les 5 secondes en moyenne.

Une clochette tintinnabula à côté de moi, arrachant un grognement à Demetri qui, après avoir jeté un coup d'œil vers les transats pour sans doute voir s'il ne rêvait pas et couler Victoria, sortit du bassin en lançant un regard noir à Lily qui était en mode Pygmalion Girl, comme l'avait dit Tanya. Des dizaines de croquis de vêtements pour bébé de toutes les couleurs étaient étalés autour d'elle.

Cela faisait six jours que Jane avait fait sa première fausse alerte et que la muse de Lily était en effervescence.

Six jours qu'on était tous plus ou moins à fleur de peau et qu'on se demandait si Cleo allait naître à terme ou pas.

Six jours que Jacob ne dormait pratiquement plus.

Six jours que Demetri était devenu le serviteur personnel de Lily après avoir parié avec elle qu'elle ne serait pas capable de terminer la ligne de vêtements qu'elle avait entamé pour Cleo au printemps dernier avant sa naissance.

Six jours qu'elle dessinait à table, dans la voiture, dans les magasins et prenait même des bains avec ses calepins à dessin.

« Quoi encore ? » Grogna-t-il pour la onzième fois en une heure.

Elle donna les derniers coups de crayon à l'esquisse de la robe qu'elle dessinait, arracha la feuille, la contempla quelques secondes et la lui tendit avec gravité :

« Va montrer ça à Rose, s'il te plaît et rapporte-moi exactement ce qu'elle en pense. Je n'ai plus de jus de papaye dans ma carafe, si tu pouvais la remplir en même temps… Mets-y quatre glaçons, il fait tellement chaud en ce moment… Je veux bien une coupe de glace, aussi. Framboise, vanille, pistache, chocolat si Jane ne l'a pas fini, sinon nougat, coulis de caramel – n'en mets pas des tonnes comme hier – noix de pécan et chantilly. »

Il lui arracha la feuille des mains en serrant des mâchoires et elle le regarda tranquillement par dessus ses lunettes de soleil en sirotant le fond de son verre de jus de papaye.

« C'est tout ? » Ironisa-t-il.

Elle posa un index sur son menton, faisant mine de réfléchir.

« Va dire à Jasper qu'il est le plus beau mec sur terre, que je l'aime et que je serais pas contre un bain de minuit ce soir.

_ Eh ! On a réservé la piscine avec Rose, ce soir ! Lui dit Baloo en coulant d'une main Jess alors que Vic et Tanya s'appuyaient de tout leur poids sur ses épaules sans le faire bouger d'un pouce.

_ Eh bien, c'est pas grave. Vous reporterez. Lui dit-elle en haussant des épaules.

_ Ca fait quinze jours que vous êtes là ! Nous, on est arrivés hier. On aimerait bien en profiter un peu.

_ Si t'es pas content, t'avais qu'à écouter Rose et retourner en Italie cet été. »

Il marmonna en se renfrognant et passa les deux filles par dessus ses épaules pour les couler à leur tour, comme s'il écartait des moucherons nuisibles qui lui tournaient autour.

Depuis qu'ils étaient rentrés de leur week-end de quatre jours en amoureux à Venise, ma sœur ne parlait plus que de ça : la beauté de la langue, la beauté des monuments, la beauté du pays, la nourriture excellente, la gentillesse des gens… Tout ça renforcé par le petit grain de sel de Vic et Jess qui y étaient allées l'été précédent, et les soupirs envieux de Jasper.

« Tout le monde a eu la piscine pour lui tout seul et nous, on aurait pas le droit, c'est ça ?

_ Non, j'ai pas dit ça. J'ai juste dit que je la voulais ce soir. Ca se trouve, demain je ne la voudrai pas donc vous pourrez y aller. Lui répondit-elle en prenant une nouvelle feuille vierge.

_ On ne peut même plus profiter de ce qui nous appartient tranquillement. Grogna-t-il.

_ C'est pas à elle, c'est à ses parents… Sur ce, si tu pouvais retourner à tes activités… J'ai un ensemble d'automne à dessiner, moi ! »

Elle prit le mp4 à ses côtés, mit les écouteurs dans ses oreilles et planta devant son transat son écriteau « Prière de ne pas déranger à part : 1/ pour me mettre de la crème solaire dans le dos, 2/ si vous êtes Jasper, 3/ si vous êtes Rose, 4/ si vous êtes Demetri et que je vous ai sonné, 5/ s'il y a une alerte kiwi ».

« Bella ! Bella, viens avec nous dans la piscine on n'est qu'à deux doigts de faire tomber ton frère ! » Cria Vic en regardant vers la maison.

Je tournai la tête dans cette direction et la vis arriver, couverte de crème solaire, vêtue d'un bikini violet et d'un paréo rose que lui avait offert Jane avant notre départ, lunettes de soleil sur le nez, ses cheveux relevés rapidement sur sa nuque, un livre à la main. Elle fit comme si elle n'avait pas entendu et vint s'asseoir sur le transat libre à côté de moi, en ouvrant son livre en face de ses yeux, de telle sorte à ce que les filles de la piscine ne la voient pas.

La veille, elle avait essayé de leur prêter main forte et avait pris un énorme coup de soleil dans le dos. Ce qui, en plus de nos nuits quasiment blanches, l'avait rendue plus qu'irritable.

« Bella ! » Gémit Tanya.

Elle contracta les mâchoires en resserrant les poings sur le livre, se renfrognant encore un peu plus.

« Edward ! Convaincs-la ! Me dit-elle d'un ton suppliant.

_ Ne me mêle pas à ça. Marmonnai-je en me laissant tomber sur mon transat.

_ Hier, on a réussi deux fois grâce à elle ! »

Oui, mais la veille, Bella leur avait révélé qu'il était très chatouilleux sur une certaine partie de ses côtes.

« Hier, vous avez triché. » Lui dit Baloo en appuyant d'une main sur sa tête pour l'enfoncer sous l'eau.

Je regardai un instant les jambes blanches de Bella, mes yeux remontant doucement le long de son ventre jusqu'à son profil, où un léger sourire taquin était dessiné.

La veille, à cause de son coup de soleil, je n'avais pas eu le droit de la toucher. Pas plus que le matin. Et j'avais l'impression qu'elle prenait un malin plaisir à se balader devant moi en petite tenue depuis.

« T'as oublié de l'écran total sur ton nez. Lui dis-je sur un ton léger en continuant à la déshabiller du regard.

_ T'as peur de même plus pouvoir m'embrasser, c'est ça ? Me demanda-t-elle en tournant une page de son livre, avec un sourire appuyé.

_ Bientôt tu vas me demander de dormir avec Demetri parce que je te touche durant mon sommeil et que ça te fait mal. » Marmonnai-je.

Vic et Jess sortirent du bassin et sautèrent en même temps sur Baloo afin de pouvoir enfin le couler après une bonne centaine de tentatives… et prirent une nouvelle fois la tasse sous son rire goguenard.

« Si tu m'avais mieux passé de la crème dans le dos hier, on n'en serait pas là. Dit-elle avec un sourire moqueur.

_ Et c'est la peine de me contraindre à l'abstinence ? Tout le monde s'envoie en l'air dans cette maison à part moi. Et les célibataires. »

Elle se coucha précautionneusement dans la même position que moi après avoir posé son livre à côté d'elle et reprit, toujours ce foutu sourire aux lèvres :

« C'est que t'as pas été très convainquant hier.

_ Dans la douche ça a été « ah non, pas maintenant, ça fait mal », sur la terrasse dans la soirée ça a été « putain, ça brûle ». Je suis pas suicidaire. J'ai pas envie de m'en prendre une parce que je te fais faire un mouvement trop brusque. Marmonnai-je en la regardant.

_ Avoue que ce qui te fait chier c'est que quand j'aurai guéri de mes brûlures, j'aurai mes règles… Presque deux semaines sans sexe. »

Je lui jetai un regard lourd et morose.

Pourquoi avait-il fallu que je tombe amoureux d'une emmerdeuse pareille ?

« Ta bouche ne sera pas « hors service ». Fis-je sur un ton léger.

_ C'est ça. » Dit-elle en faisant la moue. « Tu parlais donc de dormir avec Demetri ?

_ T'oserais pas… »

Elle me lança un regard lourd de sens, un rictus aux lèvres.

Je plissai mes yeux et allai me placer au dessus d'elle et ses pupilles se dilatèrent instantanément. Je lui enlevai doucement ses lunettes et me perdis dans son regard noisette durant quelques secondes. Je penchai mon visage vers le sien et appuyai doucement mes lèvres sur les siennes.

« T'oserais pas… » Soufflai-je à nouveau en m'appuyant un peu contre elle.

Elle passa sa main dans mes cheveux et frôla ma bouche de la sienne, son autre main descendant avec légèreté sur mon torse.

« Tu serais prêt à parier quoi ? Simple curiosité… Dit-elle sur le même ton.

_ T'es incapable de te passer de moi. Fis-je, limite goguenard.

_ A long terme, non, c'est vrai. Mais pour une nuit… » Enchaîna-t-elle en embrassant mon cou tout en faisant glisser ses ongles le long de ma colonne vertébrale, me cambrant un peu plus vers elle.

J'embrassai avec un peu plus d'insistance ses lèvres et glissai une main entre nous pour ouvrir son paréo, le corps commençant à se consumer.

« Il y a des chambres pour ça. » Marmonna la voix de Jane à côté de nous.

Je relevai d'un coup la tête pour la voir, de grandes cernes sous les yeux, un paréo vert attaché autour de sa poitrine qui avait triplé de volume ces derniers mois. Elle passa à côté de nous et alla s'asseoir avec précaution sur mon transat vide, une main sous son ventre rond, grimaçant un peu.

« Kiwi ? Demanda Tanya depuis la piscine.

_ On est en alerte ? » Fit Lily en enlevant précipitamment ses écouteurs pour regarder Jane avec anxiété. « Sortez de là ! Appelez Rose ! Appelez Carlisle ! Appelez…

_ Le président ! » L'imitai-je, moqueur.

Elle enleva ses lunettes et me fusilla du regard avant de concentrer toute son attention sur Jane, appréhendant le moment fatal pour lequel toutes les filles se préparaient plus ou moins consciemment depuis des semaines.

« Hey ! Vous croyez vraiment que si on était en alerte kiwi, je serais sortie prendre un peu le soleil ? J'en ai juste marre d'être enfermée dans la chambre. Alors on se détend, on fait le petit chien comme on a appris à le faire et on arrête de me couver comme si j'étais à l'agonie. » Répliqua ma meilleure amie.

Elle regarda avec envie le bassin et soupira en s'appuyant contre le dossier du transat tandis que Lily ne la quittait pas pour autant des yeux.

« La piscine est réservée ce soir ? Demanda Jane avec détachement.

_ Oui ! Dirent Lily et Baloo d'une même voix.

_ Là, tu rêves, Alice. » Dit-il de la piscine.

Elle le toisa en plissant des yeux ; elle avait horreur qu'on l'appelle par son prénom et il le savait parfaitement.

« Vous rêvez tous les deux. Répliqua Jane d'un ton léger.

_ Eh ! Vous l'avez eue avant hier avec Jacob ! S'insurgea Lily.

_ Et vous l'avez toute la journée. Et puis on ne discute pas, je suis enceinte, donc j'ai la priorité.

_ J'ai pas eu de vacances depuis Février. Contra Baloo.

_ Je bosse toute la journée ! Dit Lily.

_ On s'éclipse ? » Murmurai-je à Bella en me levant.

Elle acquiesça en m'imitant.

« Je dis peut-être une connerie mais… si on faisait une soirée commune piscine ? Fit Tanya.

_ Non ! Dirent-ils ensemble.

_ Vous pouvez pas vous la fermer ? Y en a qui essaient de dormir dans cette maison ! Cria Jacob de l'étage.

_ Et voilà ! Vous l'avez réveillé ! Vous savez combien d'heures il a dormi ces trois derniers jours cumulés ? S'emporta Jane.

_ Qu'est-ce qui se passe dehors ? Qui me la met dans un état pareil ? Demanda Rose lorsqu'on pénétrait dans la maison.

_ Lily et ton mec. Ils veulent tous les deux la priorité sur la piscine ce soir. Lui dis-je.

_ On a fait un planning exprès pour pas avoir de dispute, ce matin ! Ce soir, c'est Emmett et moi. » Soupira-t-elle en sortant.

Nous pénétrâmes dans ce qui était devenu depuis quelques jours le Temple du Sommeil et j'emmenai Bella à la bibliothèque où se trouvait mon piano. Je retins avec beaucoup de peine un soupir d'exaspération en voyant toutes les fringues de Jess et Vic étalées un peu partout dans la pièce depuis qu'elles avaient investi les lieux la veille parce que Demetri ronflait trop et qu'elles n'arrivaient pas à dormir quand l'occasion rare se présentait.

Je pris le plus doucement possible Bella par la taille et l'assis en face de moi sur le piano. Je caressai délicatement ses cuisses en me plaçant entre elles alors qu'elle plaçait ses bras autour de ma nuque, un sourcil haussé.

« T'as déjà vu Pretty Woman je suppose ? Lui demandai-je en remontant mes caresses sur ses hanches.

_ Tu peux pas avoir autant d'expérience que Richard Gere. Me répondit-elle avec un sourire narquois.

_ T'as pas autant de charme que Julia Roberts. Soufflai-je en glissant mes mains sur ses côtes.

_ C'est marrant, mes coups de soleil recommencent à me brûler. Me dit-elle en faisant la moue.

_ Y a pas que ça qui va commencer à brûler. » Enchaînai-je en la rapprochant un peu plus de moi avant de l'embrasser.

Elle grimaça puis sourit contre ma bouche me laissant approfondir doucement le baiser, et se coula contre moi en se laissant retomber à terre, ses mains parcourant mes hanches jusqu'à mes reins.

« Frustrée ? Soufflai-je contre ses lèvres, la voix rauque et un peu altérée.

_ On peut arrêter si tu ne te sens pas prêt. Dit-elle, les yeux chatoyants, un sourire moqueur aux lèvres en passant ses mains dans mon bermuda et mon boxer pour griffer mes fesses.

_ On peut arrêter si tu as l'intention de me planter. Répondis-je en me frottant un peu contre elle.

_ Je t'ai connu plus prompt à prendre ce qui t'appartenait, Edward. » Fit-elle en embrassant mon cou.

Je glissai une main dans ses cheveux pour l'embrasser et pris de l'autre son sein gauche que je malaxai. Elle grogna contre mes lèvres en glissant sa langue dans ma bouche, ses mains me plaquant fortement contre elle. Je défis son paréo et laissai tomber à terre le haut de son maillot. Elle colla sa poitrine contre mon torse et guida une de mes mains jusqu'à sa culotte. Je souris contre ses lèvres et détachai un instant ma bouche de la sienne en glissant mes doigts sous le tissu. Elle haleta et abaissa mon bermuda et mon boxer dans le même mouvement brusque. Puis elle écrasa ses lèvres sur les miennes en prenant en main mon érection.

Je grognai, l'embrassant avec désir. Cette fille me rendait dingue.

Puis je la soulevai et lui fis l'amour.

Lentement.

Entre soupirs et grimaces.

Jusqu'au moment de volupté.

L'instant où elle me fascinait totalement.

La façon dont ses yeux se fermaient, la façon dont sa tête se renversait, la façon dont elle se cambrait, la façon dont elle gémissait, la façon dont elle m'aimait…

Sa tête retomba au creux de mon cou où elle haletait alors que j'essayai tant bien que mal de remettre mes pieds sur terre, heureux.

C'était vraiment ce qui prédominait en moi lorsque j'étais avec elle : le bonheur. Le sentiment un peu grotesque que rien de mal ne pourrait nous arriver. Que j'avais trouvé ma moitié…

Elle embrassa mon cou, remonta doucement ses lèvres jusqu'à mon oreille gauche et je fermai les yeux pour savourer encore plus la caresse tout en la collant encore plus, si c'était possible, contre moi. Un grognement de douleur lui échappa mais elle n'en cessa pas moins de m'embrasser.

« Prête pour un deuxième round ? » Lui murmurai-je d'une voix rauque, l'envie s'éveillant à nouveau dans mon bas ventre.

Elle sourit contre mon cou et commença lentement à me masturber.

Je me détachai légèrement d'elle afin de pouvoir l'embrasser, mes mains parcourant paresseusement ses cuisses.

Sa langue pénétra dans ma bouche et ses ongles griffèrent légèrement mon omoplate.

J'allais me présenter à son entrée quand soudain, la porte de la bibliothèque s'ouvrit à la volée sur Jess et Vic, crevant instantanément notre nuage de volupté et mouchant d'un coup la flamme qui recommençait à nous consumer.

« J'en ai ma claque de prendre la tasse ! Il faudrait que nous organisions une réunion avec Tanya, et qu'on essaie d'enrôler Lily et Bella par la même occasion. Je pense qu'il est inutile d'en toucher un mot à Rose, elle serait capable de se mettre de son côté. Ce mec ne va pas se prendre encore longtemps pour un clone de Poséidon, dieu des mers et des piscines. Nous sommes des naïades amazones ! Nous allons nous battre ! Nous…

_ Allons voir les fesses nues et musclées d' Apollon qui va pas tarder à se transformer en Zeus, dieu du tonnerre, à moins que ça ne soit Aphrodite qui pète un câble avant… La coupa Vic, quelque peu médusée.

_ Oh… Mon… Dieu… Fit Jess, figée comme une statue.

_ J'avais toujours rêvé de voir si ses fesses étaient aussi belles qu'elles en avaient l'air quand je le matais discrètement. Oh, avant qu'il ne soit avec Bella, ça va de soi… Et … Ça y est... Mon rêve s'est réalisé… Dit Vic.

_ Est-ce que vous… Commença Jess avec lenteur.

_ Jouez au Scrabble ? Oui. Ironisai-je en remontant brusquement mon bermuda alors que Bella me poussait sans douceur pour descendre du piano.

_ Oh… Mon… Dieu… » Répéta-t-elle.

Bella les poussa à leur tour pour sortir de la pièce, sans un mot et visiblement, très énervée.

Je les fusillai du regard alors qu'elles semblaient toujours aussi médusées, trop en colère pour ressentir la moindre gêne. Ce fut néanmoins Jess qui réagit la première en me lançant, scandalisée :

« C'est notre chambre !

_ C'est une bibliothèque ! Et vous en avez fait un dépotoir ! Vous avez intérêt à ranger tout ça avant que Rose ne fasse son inspection de toutes les chambres. Vous savez à quel point elle est pointilleuse sur la question du rangement ! Répliquai-je.

_ On a dû déménager en urgence hier soir. Se défendit-elle.

_ Tu sais pas ce que c'est que de dormir avec Demetri. Renchérit Vic en frissonnant.

_ C'est pire que la 5e avenue au pire moment de la journée ! Dit Jess.

_ Pire qu'un concert de hard metal puissance maximale.

_ Pire qu'une symphonie de moteurs de mille Boeing !

_ Pire que la colère la plus noire de Jane.

_ Pire que…

_ C'est bon, j'ai compris ! » Les coupai-je, agacé. « C'est une raison de foutre le bordel ? »

Elles se lancèrent un petit coup d'œil de biais, l'air coupable. On aurait dit deux gamines prises en flagrant délit.

« On va ranger. Me promit Vic sur un ton décidé.

_ Ouais, de suite. Renchérit Jess.

_ Désolée. » Firent-elles d'une même voix.

Je leur jetai un nouveau regard noir pour la forme et sortis à mon tour de la pièce, bien décidé à retrouver Bella.

Dans le salon, je croisai Demetri, le visage fermé, qui se dirigeait vers la porte coulissante, chargé d'un plateau où se trouvait une énorme coupe de glace et un grand pichet de jus de goyave. Dans l'escalier, je vis Jasper qui descendait rapidement.

« Si tu cherches Bella, elle m'a dit de te faire passer ce message : même pas en rêve. » Me dit-il sans s'arrêter.

Je me figeai dans ma montée et maudis mentalement les deux écervelées.

Il y avait des moments comme ça où l'Homme était envahi d'une fureur noire sans qu'il sache vraiment contre qui la diriger. Généralement, ça en faisait des psychopathes ou des tueurs en série.

Et je me vis soudain très clairement en Edward l'Eventreur, alors que j'étouffais un juron.

oOo

« Je peux finir ton assiette ? » Me demanda Jane en faisant les yeux doux aux frites que j'avais à peine touchées.

Je ne pris même pas la peine de répondre et lui passai sans un mot mon assiette, mes yeux fixés sur Bella qui avait décidé de migrer à l'autre bout de la table, entre Lily et Rosalie.

« Ça faisait longtemps que ça ne vous était pas arrivé. Fit Jane voyant très bien pourquoi je ne me mêlais à aucune conversation.

_ Oh mais ça, fais nous confiance ! On y arrivera ! Et tu arrêteras de te prendre pour le dieu des piscines ! Disait Vic à Baloo en prenant des grillades au centre de la table.

_ Quand il pleuvra des grenouilles. Ricana celui-ci.

_ On va toutes se mobiliser et tu verras… Répliqua Jess, agacée par son ton goguenard.

_ Toutes, sauf moi. » Marmonna Jane en posant machinalement une main sur son ventre. « Alors ?… Qu'est-ce qui s'est passé ? J'ai vaguement entendu parler d'une histoire de fesses dénudées… Et du piano aussi… Et d'un rangement fait en urgence… Tu sais que Rose va faire son inspection demain matin ? Tout a intérêt à être nickel… Elle a dit qu'elle était prête à virer avec pertes et fracas celui ou celle qui… Oh ! Tu m'écoutes ? »

Je me détournai une nouvelle fois de Bella, une boule amèrement gonflée dans ma gorge.

Si avant, j'avais été prêt à tout pour qu'on se frite de quelque manière que ce soit, c'était plus le cas depuis qu'on formait officiellement un 'nous'. Et à présent, je paniquais presque dès que le ton montait.

« On a fait l'amour dans la bibliothèque. Marmonnai-je.

_ Sur ton sublime piano ? » Ironisa-t-elle.

Je lui lançai un regard noir.

« Des fois t'en parles comme si c'était ton enfant. Contre-attaqua-t-elle.

_ C'est l'un des meilleurs pianos qui existent au monde. Grognai-je.

_ Et tu y fais ce que tu aimes le plus au monde avec celle que tu aimes le plus au monde dessus... C'est logique. Et qu'est-ce qui s'est passé ?

_ … Elles sont entrées au moment où… Marmonnai-je une nouvelle fois.

_ Elle allait avoir son orgasme ? Me coupa-t-elle, presque effarée.

_ On allait recommencer.

_ Numéro deux dans mon top trois des situations délicates et frustrantes en pareille occasion… Alec nous a surpris avant notre départ aussi… Je savais bien qu'un jour ou l'autre, j'allais regretter de lui avoir donné un double des clefs de mon appartement. »

Je lui lançai un regard sceptique sans répliquer.

« Sur le plan de travail. Envie irrépressible. C'est dingue comme mes hormones sont en effervescence. J'ai faim tout le temps… Dans tous les sens du terme. Si je m'écoutais là, je monterais et…

_ On aurait droit à ce qu'on entend toutes les nuits depuis qu'on est arrivé. Franchement Girly Blondie, t'es pas le genre à être discrète. On sait que ton mec est canon et que par conséquent, c'est un dieu au pieu. Pas besoin d'en faire profiter toute la maisonnée. »

Tanya me redressa d'une pression sur l'épaule et s'assit sur mes genoux, de façon à être face à ma meilleure amie, tournant le dos au reste de la table, en piochant des frites dans mon assiette que Jane vidait avec avidité.

« Y a un problème avec Bella, je veux avoir ta version des faits. Me dit-elle.

_ Qui est au courant ? Lui demanda Jane en fronçant légèrement les sourcils.

_ Sexy Baby, Lily, Rose, donc sans aussi Super Mâle, Demetri, Jess et Vic, évidemment…

_ Ouais, tout le monde quoi. M'agaçai-je.

_ Non. Le Dieu Sauvage est dans le coma depuis presque deux heures, il ronfle comme un bienheureux et Alec est parti au pays des lucioles juste avant le dîner. Et si tu veux mon avis, il était temps. Lui aussi a tendance à être ami avec les nuits blanches en ce moment et il est très... » Fit Tanya.

Jane me regarda de biais comme si elle avait fumé quelque chose et tira 'discrètement' l'assiette vers elle.

« Ils dorment tous les deux quoi. Bref, là n'est pas le sujet. Qu'est-ce qui s'est vraiment passé avec Bella ? T'as pas assuré ? T'as eu une panne ? Ça arrive, tu sais. Même à 20 ans. Je suis sûre qu'on pourrait trouver des témoignages sur le Net…

_ Ça va très bien de ce côté-là, merci. C'est juste que… Elle s'est vexée ou je ne sais quoi. » Marmonnai-je en la regardant retirer vers elle mon assiette.

Jane lui tapa la main et reprit possession de son du.

« C'est le quotidien des couples. Ça va passer. Tu sais parfaitement que vous avez l'un comme l'autre un caractère de merde. Me dit-elle avec patience.

_ Je savais bien que mon futur filleul allait t'apporter les ondes bénéfiques de son père. Tu deviens sage et raisonnée. Sourit Tanya.

_ C'est une fille, ils l'ont dit à l'échographie. Et c'est pas parce que Alec sera le parrain que tu peux l'appeler « ta filleule ». Grogna Jane en lui lançant un regard noir.

_ Techniquement, si. Et de toute façon, vous ne savez pas. Je les ai vues avec Alec, vu la position dans laquelle il est, vous ne le pouvez pas. Moi, je dis qu'on attend un petit Léo. Super Mâle est d'accord avec moi. Dem' aussi. Les filles voudraient une fille donc forcément, vade retro satanas d'idée… Vous pourrez nous faire la fille après. Ou des jumeaux ! Un garçon et une fille, c'est tellement plus classe. Oh oui ! On pourrait faire ça ! Genre l'an prochain ou dans deux ans. Trois maxi, faut pas trop de différence d'âge pour qu'ils restent quand même unis. S'excita-t-elle.

_ Entre qui il ne faut pas trop de différence d'âge ? »

Je me retournai vers Lily qui venait de s'incruster dans la conversation, son carnet à dessin et un crayon à papier dans les mains.

« Elle est en train de dire que Cleo s'appelle Léo et elle programme les prochains. Grogna Jane en enfournant les dernières frites de mon assiette.

_ Ah non ! Tu vas pas nous faire ça ! Et puis c'est une fille, on a tous vu l'échographie. Aucune trace de petit oiseau typiquement mâle ! Et j'ai pas bossé pendant des semaines pour rien ! J'ai rien prévu pour un garçon, moi ! S'exclama Lily.

_ Dans la position qu'il est, il peut le cacher. Ça s'est déjà vu. Et j'ai déjà discuté avec le Dieu Sauvage et il m'a dit que dans sa famille, l'aîné était un garçon depuis cinq générations au moins. Donc… Cleo va s'appeler Léo ! Fit Tanya.

_ Raison de plus pour que ça change. » Répliquèrent Jane et Lily d'une même voix.

Tanya se contenta d'hausser les épaules.

« On verra ça. Dit-elle en se penchant sur sa gauche pour attraper le saladier de frites.

_ Eh ! On n'en est qu'à notre deuxième tournée ! S'écria Demetri du bout de la table.

_ On a besoin de reprendre des forces ! Renchérit Baloo.

_ Depuis quand ils sont devenus super potes ces deux-là ? Nous demanda Jane en fronçant les sourcils.

_ Depuis qu'ils sont devenus couleurs professionnels. Ca créé des liens, visiblement. Ils sont en parfait osmose. Je serais Rose, je m'inquièterais. Lui répondit Tanya.

_ Repassez le saladier ! Râla Demetri.

_ Je mange pour deux ! Allez refaire une fournée ! Lui répondit Jane sur un ton sans réplique.

_ Tu veux que je le sonne pour qu'il aille le faire ? Je peux aller chercher ma clochette si tu veux. Fit Lily en montrant d'un coup de menton le bout de la table.

_ Inutile. Qu'est-ce que tu fais là ? Je t'ai dit que je ne voulais voir aucun de tes modèles avant la naissance de Cleo. » Lui demanda Jane.

Celle-ci haussa les épaules et piocha quelques frites dans le saladier.

« C'est pas toi que je suis venue voir. On voudrait savoir ce qui se passe avec Rose. Entre Edward et Bella. Alors je suis partie en éclaireuse parce qu'elle n'a pas décroché un mot depuis le début du repas, même quand Emmett a demandé des nouvelles de leur mère. Rose m'a dit que c'était super rare voire que ça n'arrivait jamais qu'il aborde le sujet. Elle pense que c'était pour la faire réagir… Dit-elle.

_ Je suis venue aux nouvelles aussi. Fit Tanya avec un grand sourire, ravie d'être sur la même longueur d'onde que sa sœur.

_ Et elle n'a rien répondu ? Demanda Jane à Lily.

_ Nada. » Répliqua-t-elle en secouant la tête.

Je sentis tout à coup trois paires d'yeux se braqués sur moi et me renfrognai en détournant mon regard.

« Pour une fois, j'ai rien fait. Marmonnai-je.

_ Si on leur laissait la piscine ? Proposa Tanya.

_ Non ! S'exclamèrent ensemble Jane et Lily.

_ Je veux me baigner, ce soir. Dit Jane.

_ Le Dieu Sauvage est HS, ma chérie. Répliqua Tanya en soupirant.

_ Ça sera Jasper et moi, dans ce cas ! Fit Lily.

_ On a un cas de force majeure, là. On pourrait préparer un truc en douce… Bougies et tout le tralala. Fit Tanya sur le ton du complot.

_ Eh ! C'est super romantique ! S'exclama Lily avec un grand sourire.

_ Jane, Rose et toi, vous vous occupez de la pomponner, et avec les filles on s'occupe de la piscine et de l'ambiance.

_ Y a juste un problème. Fit Jane en fronçant les sourcils.

_ Lequel ? » Demanda Lily.

Ma meilleure amie pointa le bout de la table où Baloo éclatait de rire en donnant une grande claque dans le dos de Demetri.

« Et Dieu créa la Wii et la salle de jeux du sous-sol. On va les y enfermer, je suis sûre qu'ils vont y passer la nuit. » Fit Tanya.

Je soupirai, pas très convaincu, en regardant une nouvelle fois vers Bella qui jouait avec sa fourchette, le visage fermé alors que Rose essayait de lui arracher deux mots.

« Elle voudra pas. Marmonnai-je.

_ N'importe quelle fille sensée accepterait une soirée au bord de la piscine sous les étoiles avec son amoureux. » M'assura Lily.

J'eus un léger sourire amer et croisai soudain un quart de seconde son regard avant qu'elle ne se détourne à nouveau.

Peut-être… Mais Bella était loin d'être une fille comme les autres…


BELLA POV


Sans que je comprenne ce qui se passait, je fus happée par plusieurs paires de mains et me retrouvai enfermée face à un miroir et à des tonnes de produits.

Je ne vis même pas tout de suite combien elles étaient.

Alice me déshabilla sans cérémonie avant de me coller dans un bain odorant – et ce fut bien la seule partie agréable de l'après-midi.

J'ignorais qu'il existait tant de soins possibles pour les cheveux. Tant de crèmes pour le corps. Tant de sortes de maquillage différentes, que les filles testèrent toutes entre deux démaquillages pour déterminer ce qui serait le mieux.

J'essayai bien de protester, de les repousser ; mais elles n'en avaient absolument rien à cirer, continuant à agir comme si je n'étais qu'une poupée sans âme, discutant entre elles comme si je n'étais pas là.

Tanya me passa dans une robe soi-disant sublime, mais on en était à plus de quatre heures et demi de véritable torture et le soir approchait ; j'étais. Dans une humeur. Assassine.

Une fois qu'elles eurent toutes fini, elles contemplèrent leur « œuvre » avec émotion, ravies ; et moi, je pus enfin péter un câble.

« MAIS QU'EST-CE QUI VOUS PASSE PAR LA TÊTE ? »

Elles se figèrent toutes, et Alice soupira, agacée. Elle, je la détestais, clairement.

« Va au bord de la piscine, ok ? »

Je la fusillai d'un regard noir mais, bien trop heureuse qu'elles me foutent enfin la paix, j'obéis.

Je descendis donc à la piscine, et pus y reconnaître Edward de dos.

Comme toujours, cette émotion désormais familière mais toujours prenante que je ressentais quand je le voyais me prit, et je me calmai un peu, me retenant de me jeter dans ses bras pour inspirer son odeur jusqu'à l'asphyxie ; mais je restais plutôt énervée par l'après-midi que j'avais passé, et ce fut dans un grognement que je pris la parole :

« Je peux savoir ce qui m'a valu d'être prise en otage par les autres dingues ? Cette fois c'est trop, demain, tu me ramènes au bus le plus proche, s'il te plait. »

Edward se retourna et me regarda avec un air mi-blessé, mi-agacé.

Je me rendis alors compte de comment avait été arrangé le tour de la piscine ; une petite table avait été dressée pour deux, avec une jolie nappe blanche et un bouquet de fleurs dessus ; une chaîne hifi attendait dans un coin très certainement qu'on la démarre, et des bougies disposées un peu partout autour illuminaient la scène.

Vraiment adorable.

Mon cœur fit un soubresaut, et je me sentis prête à oublier l'après-midi de merde que je venais de passer ; mais avant que je ne puisse me détendre, Edward se renfrogna.

« Je peux savoir pourquoi tu t'emballes comme ça pour une connerie pareille ? »

Son ton eut le don de me hérisser le poil, et je croisai les bras sur ma poitrine.

Adorable, hein ? Mais pas très longtemps !

« Une séance de torture d'une après-midi complète, une connerie ? M'énervai-je.

_ T'exagères pas un peu ? Répondit-il sur le même ton.

_ Non, c'est vrai que je suis connue pour adorer ce genre de trucs ! » m'agaçai-je.

Il était malade ou quoi ? Il savait que la simple idée de ne passer ne serait-ce qu'une heure dans une salle de bains me filait la nausée, alors cinq ! Cinq heures, avec Alice, Tanya, et toute la clique !

« Si tu faisais plus d'efforts, peut-être te laisseraient-elles tranquille. » Lâcha-t-il sèchement.

Je me figeai, et me renfermai instantanément, blessée.

Edward devait pourtant savoir que je détestais qu'on m'attaque sur ça.

J'étais une fille naturelle, merde, et c'était déjà assez dur pour moi de ne pas avoir la beauté parfaite de sa sœur, de Jane ou même d'Alice pour mériter celle d'Edward, je ne supportais pas qu'on me fasse ce genre de remarques.

Surtout venant de lui.

Lui, qui n'était pas censée m'aimer telle que j'étais ? Sans fard, parce que les fards, ça ne faisait pas partie de ma personnalité ?

Mais non, visiblement, il fallait que je fasse plus d'efforts...

« Ok. » Répliquai-je soudainement plus froidement. « Puisque l'apparence compte tellement parmi vous...

_ Ça fait plusieurs heures que tu me regardes plus, que tu me parles plus, et tu me fais tout un speech sur une « séance de torture » ! Avoue que c'est assez déplacé ! S'énerva-t-il de plus belle.

_ Ben ça te dérange peut-être pas de te faire mater en plein ébat, mais moi, ce manque d'intimité me rend dingue, désolée !

_ Et c'est moi le responsable évidemment ! Je leur ai demandé de rentrer à ce moment-là ! Tu m'as pas vu les appeler ? Ironisa-t-il.

_ Non, je ne t'en tiens pas pour responsable, mais ça me met de mauvaise humeur ! Après, si tu estimes que pour me calmer y a rien de mieux que me faire esthétiquement 'arranger', je crois qu'on s'est à peu près tout dit !

_ C'est à Tanya, Lily et Jane qu'il faut faire des réclamations. Et je te le conseille pas. Elles se sont disputées à cause de Cleo/Leo.

_ Oui ben justement, j'en ai ma claque de leurs engueulades permanentes. Tu sais que je déteste être en groupe, et que je supporte ces « vacances » à Green River entre les disputes pour savoir qui va baiser dans la piscine, les enfantillages d'Alice et l'exubérance stridente de Victoria et Jessica uniquement POUR TOI, alors désolée si pendant quelques heures je sature ! Et maintenant, une après-midi dans la salle de bains ? Je regrette, mais tu me connaitrais un minimum, tu saurais que là j'ai dépassé toutes mes limites !

_ Et tu sais que j'aime pas que tu prennes la mouche pour rien ! Que tu m'accuses d'un truc que j'ai pas fait ! Mais non ! T'en prends pas compte ? Pour quoi faire, sérieux ?

_ Je te le répète, je ne t'en tiens pas pour responsable !

_ Mais c'est après moi que tu cries ! C'est tellement plus facile de se défouler sur quelqu'un d'autre ! Lança-t-il, plus aigre.

_ Oui, parce que vois-tu cette fois tu as réussi à m'énerver. Mais t'as raison, ce serait dommage de gâcher l'œuvre de tes amies, profitons que pour une fois je sois assez bien arrangée pour baiser, histoire qu'au moins une fois t'aies l'impression de sortir avec quelqu'un qui te mérite ! » répliquai-je, sarcastique mais profondément blessée.

Il éclata d'un rire jaune.

« C'est ce que tu penses ? Alors que j'ai failli perdre mon meilleur ami à cause de toi ? »

J'eus un mouvement de recul, accusant le coup.

À cause de toi. Pas pour toi, mais à cause.

Je détournai le regard, ravalant mes larmes.

Est-ce qu'il ramènerait toujours tout à Alec ? Est-ce qu'il passerait sa vie à me rappeler combien il avait souffert qu'Alec lui en veuille ? Pensait-il vraiment que j'avais besoin de ce rappel ?

Est-ce qu'il oubliait si facilement combien moi j'avais souffert de son attitude passée, avec sa pouffiasse de bar, ses insultes et sa rupture pour 'retrouver Alec' ?

« Il y a encore quelques minutes, je ne le pensais pas, non. Mais maintenant, je me permets d'avoir un doute. Répondis-je froidement, essayant de contenir ma douleur.

_ Grandiose.

_ Ouais... En effet. Je suppose que je dois m'excuser pour les désagréments que je t'ai causés ? » Continuai-je, amère.

Il se détourna, les yeux dans le vague, apparemment blessé lui aussi.

« Sans doute oui... »

Ma mâchoire se serra, alors qu'il m'écoutait à peine. De mieux en mieux.

« Très bien. Désolée que tu aies failli perdre Alec à cause de moi, désolée que tu aies été le seul à en souffrir, désolée de ne pas supporter ta vie au milieu d'un groupe de personnes, et désolée que ça m'énerve de t'entendre me dire que 'si je faisais plus d'efforts...'.

Je me détournai, amère.

« C'est dingue comme tu le penses. J'ai jamais vu quelqu'un d'aussi sincère.

_ Je crois qu'on s'est mal compris. Je le pense vraiment, à l'exception de mon deuxième 'désolée'. En revanche, je regrette que tu ne voies que ta propre douleur. Sincèrement.

_ Ben oui. Je suis égoïste. Tu savais pas ?

_ J'apprécie ton égoïsme, au même titre que ta jalousie et ta possessivité, mais ça Edward, c'est de l'égocentrisme, et il y a une demi-heure, je ne te croyais pas capable d'en faire preuve. » Lui répondis-je, franchement déçue.

Il y eut un grand silence, et je me sentis me glacer au fur et à mesure.

« Je crois qu'on s'est tout dit. » Lâcha Edward

Je déglutis, amère, laissant un nouveau silence planer.

« En effet, si tu pensais tout ça, je ne tiens pas à en entendre plus. Tu peux bien me maudire si le cœur t'en dit. Au fait, jolie déco. Ça m'aurait fait plaisir de la partager avec toi si j'avais eu le droit de rester moi-même pour ça. »

Je me détournai, une douleur incroyable me vrillant le cœur, pour aller dans la chambre que je partageais avec Edward. Peut-être ferait-il sa tête de con – comme moi – et préfèrerait dormir sur le canapé que m'y rejoindre ; mais quoiqu'il en soit, connaissant les autres, ils n'allaient pas nous lâcher jusqu'à savoir tout ce qui s'était passé – si les filles ne s'étaient pas fait un plaisir de nous observer à la piscine, et ça, j'en doutais.

Mais là, je n'aurais pas le dixième de la force qu'il me faudrait pour supporter leurs attentions.

Je sortis ma valise, et commençai à y ranger toutes mes affaires.

Quelqu'un frappa avec hésitation, et je tournai la tête alors que la porte s'ouvrait.

« Pas maintenant, Tanya. S'il te plait. » Fis-je, épuisée.

Elle hocha la tête, pour une fois ne cherchant pas à s'opposer à ce que je lui demandais, mais je supposais que je devais avoir l'air assez fatiguée, déçue et triste pour qu'elle ne vienne pas se frotter à moi.

Ou alors qu'elle allait juste chercher quelqu'un d'autre.

Une deuxième fois la porte s'ouvrit, et cette fois, ce fut Jane qui entra comme une furie dans la chambre.

« Bon, Bella, ça...

_ Non, Jane, non, STOP ! » M'énervai-je à nouveau, les larmes aux yeux cette fois. « Tu sais que je t'aime, hein ? Tu sais que je t'adore. Mais là, c'est vraiment, vraiment trop. J'en ai plus que ras-le-cul de vos combines, c'est clair ? Tu sais que je hais tous ces trucs de filles, tu sais que je hais d'être sans arrêt collée à un groupe de personnes, et par-dessus tout, tu sais que je hais qu'on se mêle de ma vie ! Alors foutez-moi la paix, parce que là je ne vous supporte plus, toutes autant que vous êtes ! »

Jane écarquilla les yeux, et devint rouge alors que la colère commençait à monter en elle. Je le savais, elle détestait qu'on la coupe, surtout pour critiquer ses idées. Mais à ce niveau, je m'en foutais. Je venais de m'engueuler avec l'homme que j'aimais, je pouvais bien recommencer avec notre meilleure amie commune.

« Mais vous allez arrêter d'être cons tous les deux ?

_ Et pourquoi, hein ? Y a des choses que je ne tolère pas, il ne veut pas lâcher le morceau, ça l'amuse de me balancer des remarques toutes plus sympa les unes que les autres et on devrait juste se calmer et faire comme si rien ne s'était passé ?

_ Tu sais très bien qu'il ne sait pas parler !

_ C'est une raison pour ne pas juste se taire avant de blesser les gens ?

_ Je croyais que tu l'aimais tel qu'il est !

_ Et c'est le cas. Mais ça ne m'empêche pas de souffrir quand je l'entends ressasser qu'il a failli perdre son meilleur ami, que je pourrais faire des efforts, et puis que finalement c'est de ma faute, je n'ai qu'à pas avoir si mauvais caractère. Alors oui, je l'aime tel qu'il est, mais c'est pas pour autant que je vais accepter ça. Finalement, c'est à lui de savoir si il m'aime comme je suis.

_ Vous êtes franchement cons.

_ Tu radotes.

_ Et toi tu fuis, c'est tout ? T'as une idée de dans quel état tu vas le laisser ?

_ Ah non, mais soyons claires hein ! C'est pas lui que je fuis, et scoop, on serait seuls dans cette baraque je serais juste partie me calmer dans un coin jusqu'à ce qu'on se réconcilie sur l'oreiller ! Ah, mais, attends... On serait seuls dans cette baraque, rien de tout ça ne serait arrivé. Tu piges maintenant ? C'est vous que je fuis. Vous, qui venez vous mêler en permanence de notre vie, vous qui jugez qu'il faut me faire passer cinq heures dans une putain de salle de bains pour être présentable pour lui ! C'est à cause de VOTRE présence que je repars chez moi ! »

Elle se raidit, et me fusilla du regard alors que je continuais mes valises.

« C'est comme ça que tu nous remercies ?

_ Que je vous remercie ? Mais... De quoi, au juste ? De toujours vouloir venir interférer dans notre couple ? De juger que je ne suis pas assez belle pour passer une soirée avec Edward sans cinq heures de préparation préalables ?

_ Oh, allez, tu sais que ce n'est pas qu'une question de te rendre plus belle ou pas ! Un rendez-vous en amoureux, ça se prépare, c'est ce que font toutes les filles !

_ Non, pas moi, je regrette. Et je peux t'en citer au moins deux qui sont pareilles.

_ Qui ? Ta sauvage de la Push ?

_ Leah, oui, et Angela aussi.

_ C'est pas des références !

_ Belle mentalité, Jane...

_ On voulait juste que la soirée soit parfaite !

_ Et entre nous, elle l'aurait été sans votre intervention. »

Je vis clairement que je l'avais blessée, et j'en éprouvai bien sûr de la culpabilité, mais je me retins à temps de m'excuser.

Je m'excusais toujours, et finalement, c'était peut-être pour ça que je me faisais sans arrêt avoir. Si je ne voulais plus de toutes leurs manigances, il valait mieux que je le dise une fois pour toutes, et qu'elles comprennent que j'avais dépassé mon point de rupture.

Si elles étaient de vraies amies, elles comprendraient.

Je saisis Jane par le bras, et la fis sortir de la chambre d'Edward. Je claquai la porte devant elle et fermai à clef, peu désireuse de me faire encore déranger.

Puis j'entendis les filles se concerter pour passer la nuit devant ma porte s'il le fallait, mais que je ne sortirais pas d'ici.

D'accord...

Mes yeux se posèrent sur mon sac d'escalade – je le prenais toujours avec moi, l'escalade était ma deuxième passion après Edward –, puis sur ma valise à moitié faite.

Je soupirai, et saisis mon sac d'escalade avant de me pencher par la fenêtre d'Edward.

Personne en dessous. Descendre en rappel le long de ce mur allait être d'une facilité déconcertante pour peu que je trouve un bon point d'attache... La tête de lit, par exemple. Le lit était massif, et mon simple poids ne le ferait pas bouger. J'avais déjà testé le jour où j'avais voulu le déplacer pour passer l'aspirateur... A se demander s'il n'avait pas été fixé au sol.

J'y accrochai une corde, grognant de sacrifier la plus longue que j'avais ; bon, elle n'était pas perdue, mais je ne pourrais pas la récupérer sans repasser dans la chambre.

Je retirai la robe de Tanya, et passai un pantalon de toile noire, une chemise et un pull, avant d'attraper une couverture en polaire et de la rouler pour la faire entrer dans mon sac. Je vérifiai que j'avais ma lampe torche, que mon portable était chargé, et je passai mon sac avant d'enjamber prudemment le rebord de la fenêtre.

Il me fallut peu de temps pour descendre, le plus silencieusement possible ; je me sentis enfin un peu apaisée.

Il n'y avait que l'escalade pour me calmer en toute situation.

Et une bonne partie de jambes en l'air avec Edward, aussi.

Oui, mais là, Edward ne doit pas être très partant pour. Il doit plutôt être en train de se convaincre qu'il a raison, que j'ai tort, et que je ne suis qu'une putain d'ingrate.

Je m'enfonçai dans la forêt qui avoisinait la maison d'Edward, y voyant encore assez clair – pour une demi-heure, une heure, tout au plus – pour ne pas allumer ma lampe torche.

Je m'arrêtai sur une hauteur, captant tout juste assez pour envoyer un message à Emmett, lui disant simplement que je partais camper.

Je savais que lui et Jake comprendraient. C'est ce que je faisais déjà quand nous étions plus jeunes, et que je m'engueulais avec eux. Au début, ils étaient sans arrêt inquiets, puis ils s'étaient fait une raison, et me laissaient faire tant que j'avais un nécessaire ; eau et barres de céréales, portable chargé, lampe torche, couverture... Je rentrais toujours le lendemain en début d'après-midi.

Puis je m'enfonçai dans les bois.

oOo

Le lendemain, je m'arrangeai pour repartir de manière à rentrer avant une heure de l'après-midi, le cœur gros et les traits tirés ; je m'étais lavée le visage minutieusement dans un cours d'eau, n'osant pas imaginer que la tête que je devais avoir avec le maquillage ayant coulé.

Edward m'attendait, assis contre un arbre ; je me figeai, mon cœur menaçant de s'arrêter.

Je savais que notre confrontation allait être dure, mais je n'étais pas encore prête. Je serais bien restée plus longtemps dans les bois ; mais je ne voulais pas non plus inquiéter les autres, et je savais que Jake et Emmett ne seraient pas inquiets pour peu que je rentre avant 14 heures.

J'inspirai, et lançai un salut hésitant.

« T'as fini ta crise ? » Répliqua Edward.

Je me renfermai, amère.

« Gagnons du temps, j'ai tous les torts, t'as plus rien à faire avec moi, et t'es le seul qui souffre. Crachai-je.

_ Tu tiens si peu à moi ? »

J'eus un faux rire, dégoûtée.

« C'est justement parce que je t'aime que je pète un câble. Mais pourquoi tu me croirais, hein ? Je suis toujours la salope ingrate et immature dans ton histoire.

_ Est-ce que j'ai dit ça ?

_ C'est ce que tu me fais ressentir, répondis-je, fatiguée.

_ Eh bien tu te fais des films. Que tu me fasses la gueule pour une connerie deux minutes ok, mais pas trois ans.

_ Je ne te fais pas la gueule, Edward. Mais entre les manigances des autres et tes réflexions, j'ai juste besoin de faire le point.

_ Désolé de ne pas être un loup solitaire, ou un ours dans sa tanière. »

Son ton n'avait rien de méchant, et je souris amèrement.

« Tu n'as pas à l'être, moi, je t'accepte comme tel. Mais il y a des choses qui font mal, et les autres vont trop loin.

_ Elles veulent pas d'embrouilles. C'est suffisamment stressant à cause du bébé. Inutile d'en rajouter avec des conneries. Tu peux aller la voir, on a passé une nouvelle nuit blanche à cause de votre dispute. »

Les larmes me brûlèrent à nouveau les yeux, et je fis mon possible pour les réfréner. L'amertume emplissait ma bouche, descendait dans ma gorge, brûlait mon estomac.

« Ouais, c'est bien ça, je suis la méchante de l'histoire. Je vais aller la voir. »

Je lui tournai le dos, lasse. Il n'y aurait donc rien à faire. Des jours comme celui-là, je me rendais compte que je ne pouvais pas faire partie de leur groupe. J'étais trop différente, et du coup, dès qu'il y avait un clash, je n'avais personne pour me défendre.

Sauf Emmett et Jake, peut-être. Je croisai leur regard en rentrant dans la maison, et je sus que eux, avaient passé la nuit à essayer de calmer les autres et de leur expliquer que j'avais besoin de m'isoler.

Je montai directement à la chambre de Jacob et Jane, où je savais que je trouverais cette dernière.

Elle me lança à peine un regard, les traits tirés.

Je soupirai.

« Ok, Jane. Je ne vais pas m'excuser, cette fois. Tu t'es inquiétée, et j'en suis désolée. Je ne voulais pas mettre l'état de ton bébé en péril.

_ Tu vas être la marraine de ce bébé, ça compte pas pour toi ? Siffla-t-elle.

_ Bien sûr que si. Tout comme notre amitié.

_ On dirait pas !

_ Ouais, c'est précisément ce que je me suis dit, hier. Je me suis dit qu'on ne dirait pas que je suis votre amie. Qu'on ne dirait pas que vous m'appréciez en tant que telle. Et qu'on ne dirait pas que vous en aviez quoi que ce soit à foutre que je n'étais pas bien.

_ Que tu n'étais pas bien ? Mais justement, on essayait de tout arranger, nous, au moins, en te préparant cette soirée avec Edward !

_ Mais vous me connaissez depuis le temps, non ? Vous savez bien ce que je supporte et ne supporte pas !

_ Et alors ? C'est une raison pour tous nous inquiéter en te barrant une nuit complète ?

_ Vous n'aviez qu'à écouter Emmett et Jake, ils savent très bien que j'en avais besoin !

_ T'as pensé à nous, quand même ?

_ Sans arrêt, depuis le début de l'été. Depuis plus longtemps que ça, même. Et j'ai voulu penser à moi quelques heures, c'est un crime ? J'aurais également pu disparaître sans laisser de message, ou encore revenir plus tard, et ça crois-moi, j'aurais bien voulu ! Mais non, même là, j'ai pensé à vous ! Donc j'en ai marre de toujours passer pour l'égoïste, ça suffit, merde ! »

Elle sursauta, et l'espace d'une seconde je vis une infime culpabilité traverser ses yeux.

Je soufflai, fatiguée.

« Merci. » Fis-je simplement, sachant qu'elle avait compris.

Elle ne répondit rien, et je sortis de sa chambre.

Je redescendis dans le salon, où tout le monde attendait dans un silence religieux... Sauf Edward, bien entendu. Je pus remarquer que tous les mecs au grand complet - une fois de plus, excepté mon petit ami – m'envoyaient un regard de soutien, ce qui me fit chaud au cœur.

« Bien. Je ne m'excuserai pas d'avoir pété un câble, perce que pour une fois je ne laisserai personne m'en faire sentir coupable. Je n'étais pas bien, vous n'en avez pas tenu compte, et ça m'a fait assez mal pour que j'aie le droit de vouloir m'isoler. »

Je voulus les planter là pour aller rejoindre Edward, dégoûtée qu'on se fasse en permanence la guerre, et prête à essayer de calmer le jeu si seulement il voulait juste comprendre que ces vacances là, c'était peut-être le pied pour lui, mais que moi, j'avais besoin de m'isoler. Mais Rosalie se réveilla, et me rattrapa avant que je ne passe la porte d'entrée.

« Bella... Attends. Je pense que tu devrais laisser Edward se calmer tout seul... Tu sais comment il est, quand il boude. »

Je la regardai un instant, et baissai la tête, découragée.

« Tu as raison... »

oOo

Toute l'après-midi passa sans que je ne revis Edward ; et ça me faisait mal au cœur, mais paradoxalement, cette fois, ce furent les filles qui s'appliquèrent à me remonter le moral, chacune à leur façon, et en essayant de rester discrètes.

À nouveau, je me sentis coupable d'avoir pensé qu'elles ne se comportaient pas en vraies amies ; finalement, peut-être s'étaient-elles juste laissé emporter par leurs hormones et leur folie, mais quand elles se calmaient, elles devenaient adorables.

Cela étant, Edward me manquait.

Évidemment.

Énormément.

Il n'y avait que pour lui que j'avais accepté ces vacances, et voilà qu'il n'était même pas là.

Il continuait vraiment à faire la gueule, et le soir venu, je me demandai si je ne devais pas aller dormir sur un canapé...

Puis j'eus peur qu'il le prenne encore plus mal et n'envenime les choses. Il y avait déjà assez à faire avec nos mauvais caractères, je n'allais pas enfoncer le couteau dans la plaie.

Si il ne voulait pas dormir avec moi, il n'aurait qu'à aller ailleurs, je serais fixée...

Je fus assez vite fixée.

Quand j'entrai dans la chambre, après m'être douchée et changée, j'aperçus la silhouette d'Edward tourné vers la vitre. Je ne dis rien, décidant que puisqu'il avait voulu bouder, il n'avait qu'à prévenir quand il en aurait terminé.

Ce fut lui qui prit la parole, plus rapidement que je ne l'aurais espéré.

« Cette maison représente beaucoup pour moi. » Fit-il d'un ton froid.

Je n'eus pas besoin de réfléchir à ses paroles.

« Je le sais. Répondis-je simplement.

_ Non, je ne pense pas. »

Je serrai les dents, ayant à nouveau l'impression qu'il me crachait qu'au final, je ne le connaissais pas.

« Cette maison a été réaménagée avec amour par tes parents, et j'ose espérer le fait que cette chambre aie vu nos premiers ébats et notre dernière réconciliation y est pour quelque chose, mais t'as raison, je me trompe sûrement. » Fis-je plus froidement.

Je descendis ma valise de sur le lit pour la planter dans un coin ; je sentis Edward se retourner vers moi, mais ne le regardai pas.

« C'est exactement ça. La plupart des grandes étapes de notre relation ont eu lieu ici. Tu comprends donc bien que j'aimerais que tout s'y passe pour le mieux. »

J'inspirai profondément, amère, mais cherchant à me contenir.

« Facile. Suffit que j'oublie tout ce que tu m'as dit hier, et que tu oublies que j'ai bien failli péter un câble. »

Edward ne répondit pas tout de suite, et j'arrangeai nerveusement l'oreiller sur le lit.

« On a encore beaucoup de choses à apprendre l'un sur l'autre. » dit-il enfin.

Je retins de justesse un reniflement dédaigneux, lançai un regard blessé à mon compagnon, et me couchai sous le drap, les jambes tremblantes.

« Des crises on en aura d'autres ! Et si on ne peut pas faire face à celle-là, c'est pas la peine d'aller plus loin ! » Reprit-il.

Je me redressai sur le lit, raide.

Eh bien il n'avait qu'à arrêter de se prendre pour le martyr de service, si il voulait qu'on surmonte chacune de nos crises !

« Je ne demande que ça, d'arranger les choses, et c'est pas en effaçant ce qui s'est passé hier que ça marchera !

_ Et tu veux quoi ? Que je me plie ? » Lança-t-il, sarcastique.

C'est ça. Même pour me réconforter, tu ne ferais jamais ça.

« Non, ce serait contre ta nature ! Qu'importe ce que tu pourrais y gagner, jamais tu ne reconnaitrais que j'ai fait des efforts pour venir en vacances ici, au milieu de tout le monde, et que j'aie pu souffrir de tes remarques ! Après tout, je devrais juste me contenter de ce que tu m'offres, et croire que tu me connais aussi bien que je te connais, raillai-je.

_ Aussi bien que je te connais ? Releva-t-il.

_ Visiblement, j'ai bien répondu en ce qui concerne ce que cette maison représente pour toi. Serais-tu capable d'en faire autant et de me dire ce que le maison de mon père représente pour moi ?

_ Comment je pourrais faire, j'y suis jamais allé ! S'énerva-t-il.

_ Ben oui, Forks n'est pas vraiment une destination que tu apprécierais pour tes vacances ! Mais même sans ça, tu aurais pu calculer que c'est l'endroit qui symbolise ma rupture d'avec Alec, puisque c'est là que j'ai fui, mais également l'endroit où je me suis rendu compte que j'avais des sentiments pour toi, puisque c'est de là-bas que je t'ai demandé de sortir avec moi. Et ça, à moins que tu ne l'aies oublié, tu le sais.

_ Elle a des symboles très positifs en effet. » se moqua-t-il.

Je pâlis, atteinte par son ton moqueur.

« Je vois. La fin de mon couple avec Alec et le début de mes sentiments pour toi, c'est pas des pas importants de notre couple, à tes yeux. »

Je me recouchai en lui tournant le dos, soudain plus silencieuse ; mes muscles se contractaient, alors que j'essayais de ne pas pleurer.

Je l'aimais vraiment, mais des fois, j'en avais par-dessus la tête de ses réflexions, de sa manie de me répéter que j'avais failli détruire sa si forte amitié avec Alec, et de ne pas considérer comme importants pour notre couple les moments qui ne concernaient que mes propres sentiments. En fait, de ne pas considérer comme importants mes propres sentiments tout court. Parce que les vacances en groupe à Green River, c'était lui qui avait tout prévu sans me demander ce que j'en pensais – sauf une fois qu'il avait tout organisé, alors que je me retrouvais au pied du mur. Le fait que j'avais besoin d'un minimum de calme et de solitude, il s'en était franchement foutu. Et ce que je ressentais à chaque fois qu'il me balançait une pique dont je savais qu'il ne s'excuserait jamais, là encore, ça ne lui importait... Pas du tout.

Je l'aimais vraiment, mais même si je savais que c'était quasiment impossible pour lui de reconnaître qu'il avait de quelconques torts, je n'allais pas juste oublier ce qu'il m'avait dit et tout pardonner. Je faisais des efforts en passant les vacances ici, avec son groupe, selon ses désirs, lui aussi il pouvait bien en faire quelques uns.

« Tu mélanges tout. Dit-il.

_ C'est vrai que ça n'a rien à voir avec notre couple, répliquai-je, un peu acide.

_ Je dis pas que ça n'a rien à voir. J'essaie juste d'apaiser les choses et tu veux même pas voir mes efforts, fit-il, blessé et une pointe de déception et d'énervement dans la voix.

Déception qui me fit mal et naitre une pointe de regret en moi, mais est-ce qu'il fallait que je me taise et qu'on cesse d'en parler ? Qu'on s'arrête jusqu'à la prochaine dispute ?

Je me redressai dans le lit, la colère montant en moi, encore, toujours.

« Oui, apaiser les choses... En effaçant tout ? En faisant juste comme si rien n'avait eu lieu ? Quoi, tu veux que je hausse les épaules avec un 'ok, c'est cool, on s'en fout alors' ?

_ Nan, je veux juste que tu comprennes que je suis pas parfait, que discuter c'est pas ce que je sais faire de mieux, et que j'en ai marre qu'on se prenne la tête pour des conneries. Je t'aime. Je suis raide dingue de toi. J'aurais pensé que ça suffirait. »

Je me retins de souffler de soulagement, et plaçai ma tête entre mes genoux. Enfin un amorçage de discussion plus calme...

Je me redressai pour planter mon regard dans celui de mon copain.

« Et moi, je veux juste que tu comprennes qu'aussi forts que soient mes sentiments pour toi, je peux pas mener ta vie à plein temps, et je ne peux pas supporter tes réflexions sans qu'elles me fassent mal. Je veux même pas d'excuses. Juste que tu comprennes.

_ Pourquoi t'as accepté de venir sans broncher dans ce cas ?

_ Pour toi ! Juste pour toi. J'ai même pas voulu y réfléchir, parce que tu y tenais, et... Je ne voulais pas gâcher ton plaisir. C'est ma façon d'aimer. Mais là, j'étouffe.

_ Tu savais très bien que t'allais étouffer. Et tu sais aussi qu'on est ici pour que Jane soit au calme. Elle aurait jamais dû le dire à Alec, elle savait pertinemment que Tanya le saurait et les autres aussi. Pour une fois c'est pas Rose qui vend la mèche à Lily... J't'en aurais pas voulu de me dire non. »

J't'en aurais pas voulu de me dire non.

Ben voyons. Alors ça, j'aurais bien aimé le voir, mais je ravalai le commentaire âcre qui me vint sur la langue. On en revenait au fait qu'apparemment le superbe petit groupe d'amis n'était pas foutu de se séparer quelques semaines...

Je gardai le silence quelques secondes avant de reprendre.

« Bien. C'est de ma faute. Pardonne-moi d'avoir cru que pour Jane, être au calme revenait à se dire se taper tout le groupe et leurs lubies. Tu sais quoi ? Me mets jamais enceinte parce qu'aucun d'entre vous n'appréciera la façon dont je gèrerai ma grossesse. Lâchai-je, un peu sèche.

_ Etre au calme pour elle, c'est un endroit tranquille avec les amis les plus proches. Tout le monde sait que t'es du genre ours solitaire dans sa tanière. Suffit de voir ton frère pour remarquer que c'est génétique.

_ Bref, je suis le problème dans l'affaire. J'ai compris la leçon. Suffit que je m'adapte si je veux faire partie du groupe. Répondis-je, amère.

_ Tu me gonfles. » Lâcha-t-il soudainement.

Je me figeai, le transperçant du regard, immobile.

Puis je lui fis un faux sourire, épuisée.

« Je te présente mes excuses les plus humbles. Effaçons tout. Je suis tellement désolée de tout gâcher... »

Edward soupira d'agacement, me lança un regard lourd, et finit par tourner les talons et sortir, claquant la porte derrière lui.

Je restai figée dans la chambre, ne ressentant d'abord rien ; puis l'amertume m'envahit, et je résistai à l'envie de tout casser.

Je finis par me lever, et sortis pour chercher Edward ; je n'avais pas envie d'en rester là, j'aurais tellement voulu... Qu'on se réconcilie juste. Peu importe nos divergences et son incapacité à reconnaître ses torts, peu importe mon asociabilité qui l'irritait. J'aurais juste voulu qu'on fasse se qu'on faisait de mieux. Réconcilier nos corps avant de nous réconcilier implicitement par le regard.

J'essayai d'écouter les bruits dans la maison pour savoir où il se trouvait, et n'eus pas à chercher longtemps ; la chambre de sa sœur.

Cela eut le don de m'agacer ; et voilà que, n'arrivant pas à me raisonner tout seul, il allait se réfugier chez les autres.

Pour le coup, j'abandonnai l'idée d'aller le retrouver pour initier une réconciliation au lit, et je bifurquai, attrapai mon plaid de la veille, et allai m'enrouler dedans sur le vieux rocking-chair qui trônait dans la véranda.

Il ne fallut pas cinq minutes avant qu'Alice ne rapplique, et immédiatement la colère m'envahit.

« Bon. Je suis là pour vous aider à renouer le contact, les amoureux, parce que ça va bien un temps vos disputes mais...

_ Je t'arrête là. T'es venue pour quoi ? Me dire d'aller parler avec Edward ? C'est déjà fait, merci. La coupai-je.

_ Et je sais que ça n'a pas marché. C'est pas grave. Lily est là pour faire la navette jusqu'à parfaite réconciliation, qui ne nécessitera non plus ma présence, mais vos deux corps et un lit. Ou pas forcément de lit, mais...

_ Alice ! » La coupai-je, presque essoufflée alors que c'était elle qui venait de débiter son tas de conneries d'une traite. « On n'est plus en primaire, putain ! C'est gentil d'avoir voulu aider, mais tu peux arrêter de suite, et bonne nuit. »

Je la vis devenir rouge de colère et immédiatement l'agacement m'envahit.

Puis, avant même que j'aie pu lui dire qu'elle allait se fatiguer pour rien, elle explosa.

Je n'écoutai qu'à moitié ce qu'elle me cria, et encore, si j'entendis la moitié des phrases, ce fut uniquement parce qu'elle hurlait à s'en déchirer les cordes vocales.

Je devais bien reconnaître que cette fille m'épatait parfois.

Enfin, Alice dut reprendre son souffle, et j'en profitai pour lui répondre avec calme.

« Si mon copain n'est pas foutu de chercher une solution sans faire intervenir quelqu'un d'autre, il peut retourner se coucher tranquillement, je ne le rejoindrai pas. »

Alice ouvrit la bouche à nouveau, toujours en rage.

« Et si tu tiens vraiment à faire la navette, tu sais quoi ? T'as qu'à lui passer ce message. »

Visiblement à moitié satisfaite d'avoir un message à transmettre, elle repartit vers l'étage, et je la regardai disparaître, désabusée.

Et ça la satisfaisait vraiment, de se mêler des affaires des autres de cette manière ? Je ne comprenais vraiment pas ce genre de choses.

Il ne se passa pas une minute avant que Rose ne redescende, et je soupirai.

Je l'arrêtai d'un geste avant qu'elle ne me dise quoi que ce soit, et rentrai attraper une feuille et un stylo.

Je commençai à écrire ce qui me passai par la tête... A savoir les paroles de la chanson qui, pour moi, définissait le mieux la relation que j'entretenais avec Edward.

Hot n' cold.

You change your mind
Like a girl changes clothes
Yeah you, PMS
Like a bitch, I would know

And you always think
Always speak correctively
I should know
That you're no good for me

'Cause you're hot then you're cold
You're yes then you're no
You're in and you're out
You're up and you're down
You're wrong when it's right

It's black and it's white
We fight, we break up
We kiss, we make up
You, you don't really want to stay, no
You, but you don't really want to go

You're hot then you're cold
You're yes then you're no
You're in and you're out
You're up and you're down

We used to be just like twins
So in sync, the same energy
Now's a dead battery
Used to laugh 'bout nothing
Now your plain boring

I should know that
You're not gonna change

'Cause you're hot then you're cold
You're yes then you're no
You're in and you're out
You're up and you're down
You're wrong when it's right

It's black and it's white
We fight, we break up
We kiss, we make up
You, you don't really want to stay, no
You, but you don't really want to go

You're hot then you're cold
You're yes then you're no
You're in and you're out
You're up and you're down

Someone call the doctor
Got a case of a love bi-polar
Stuck on a roller coaster
Can't get off this ride

You change your mind
Like a girl changes clothes

'Cause you're hot then you're cold
You're yes then you're no
You're in and you're out
You're up and you're down
You're wrong when it's right

It's black and it's white
We fight, we break up
We kiss, we make up
You, you don't really want to stay, no
You, but you don't really want to go

You're hot then you're cold
You're yes then you're no
You're in and you're out
You're up and you're down

Je relevai le stylo, réfléchis quelques secondes, et ajoutai une ligne avant de plier la feuille pour la tendre à Rose.

T'es p't'être pas gay tous comptes faits. Mais je préfère quand même dormir toute seule. Bonne nuit !

C'était plutôt faux. J'aurais préféré dormir avec Edward.

Mais cette lointaine soirée où j'avais allumé Edward dans sa cuisine pour vérifier mon hypothèse concernant son homosexualité défilait en boucle dans ma tête, et je ne pus m'empêcher, par ces quelques mots, d'y faire un clin d'œil.

J'espérais qu'Edward saisirait la référence.

J'espérais que comme quelques heures après cette démonstration, il descendrait me retrouver, me plaquerait contre un mur, et me prouverait par les gestes qu'il tenait à moi, quoi qu'il advienne.

Oui, j'espérais tellement qu'il allait saisir cette perche.

Je demandai simplement à Rose de porter ce papier à son frère, et attendis qu'elle disparaisse pour descendre dans le sous-sol rejoindre mon frère et Demetri qui faisaient une partie du Wii.

Ils ne firent aucune réflexion à me voir m'installer entre eux, emmitouflée dans mon plaid, et me créèrent un Mii pour jouer avec eux.

Il leur fallut une minute pour m'arracher un sourire.

Pas plus de quatre pour me faire rire.

Et dix minutes plus tard, j'étais plongée dans une folle partie de kart, et j'oubliai momentanément pourquoi j'étais mélancolique quelques minutes plus tôt.

oOo

L'esprit encore embrumé, je grognai, et commençai à m'étirer ; je voulus rouler sur le lit, mais le vide m'accueillit, et avant que j'aie compris quoi que ce soit, je me retrouvai par terre.

Je poussai un juron, me relevant ; et je remarquai que j'étais dans le sous-sol, et que j'avais passé la nuit sur le canapé.

La soirée de la veille me revint, et je grimaçai ; encore une nuit de froid avec Edward. Génial. On allait pouvoir baiser pendant des heures pour compenser ça, quand on serait réconciliés ; si tant était qu'on se réconcilie un jour.

Mais je n'avais pas envie d'en douter.

Je remontai à la maison avec les autres, soupirant.

Première étape, la douche.

Je pris mon temps pour me savonner, l'eau chaude dénouant mes muscles ; quand je sortis de la cabine de douche, j'attrapai mes vêtements et les reniflai, mais fis la moue.

Restant enroulée dans ma serviette, je sortis de la salle de bains ; et mon estomac se rappela rapidement à moi, aussi je déviai vers la cuisine.

Je croisai Jane, Victoria, puis Edward en passant.

Sans m'émouvoir, je saluai chacun d'entre eux de la même manière, un peu neutre.

Essayez de garder votre dignité après une nuit sur le canapé, et alors que vous ne portez en tout et pour tout qu'une serviette mouillée !

Edward ne répondit pas tout de suite, puis me marmonna un vague salut avant de se barrer et de rejoindre les autres dehors.

J'évitai de m'attarder sur le sentiment désagréable qui m'envahit et me tordit les boyaux.

Loupé pour la placage contre le mur en bonne et due forme.

Je grignotai rapidement, ayant soudain moins d'appétit ; puis je montai m'habiller d'un short en jean et d'un débardeur blanc, attrapant mes tennis de toile au passage.

Je redescendis et rejoignis les autres, restant sur la terrasse alors qu'ils traînaient tous plus ou moins autour de la piscine.

« Je vais faire un tour, y en a qui veulent venir ? … Non ? » Continuai-je, ignorant le silence ambiant.

Les filles jetèrent toutes un regard lourd à Edward, mais il les ignora superbement, et considéra le carrelage de la piscine avec attention. « Ok. » Ajoutai-je.

Je fis demi-tour et repartis de l'autre côté pour aller rejoindre le chemin dans la forêt.

Puisque j'étais un ours solitaire notoire, je pouvais bien assumer et faire ce que j'aimais le plus... Avant de connaître Edward. Aller en solitaire me paumer dans la nature.

Puisque personne n'avait manifesté l'envie de me rejoindre, je décidai carrément de partir pour une session d'escalade. Je bifurquai vers la chambre d'Edward pour récupérer mes affaires ; et dix minutes plus tard, j'étais sur le chemin de la petite falaise sur laquelle j'avais commencé à grimper, le jour où les parents d'Edward avaient organisé une chasse au trésor durant laquelle j'avais été sa partenaire.

Comme d'habitude, l'ascension, l'effort physique, la concentration et la sensation dans mes muscles me permirent d'oublier tout le reste ; je respirai profondément, m'imprégnant de l'odeur de la forêt et de la poussière sur ces pierres dont j'étais si proche.

Puis j'arrivai en haut.

Puis je m'assis.

Puis les souvenirs et l'amertume me revinrent.

Et une heure plus tard, je soupirai en songeant que je ferais mieux de redescendre.

Et alors que j'étais à deux mètres du sol, mon œil capta une silhouette à proximité ; je tressaillis, et fis un faux mouvement avec la corde, manquant de me rétamer.

Je réussis à me rattraper avec toute la grâce dont j'étais naturellement dotée – c'est-à-dire, comme un sac de patates – et me tournai vers la silhouette.

Mes yeux s'écarquillèrent quand je reconnus mon supposé petit ami.

Ses lèvres tremblèrent légèrement, et il ne réussit pas à retenir un petit rictus ; aussitôt, je me renfrognai, un peu vexée.

Puis il s'assit, et, d'un geste de la main, m'incita à en faire autant ; alors je m'exécutai.

« On avait un jeu, avec Rose. » Commença-t-il. « Tu montres le côté gauche, tu dis un truc positif. Droit, négatif. Commence. »

Je m'agaçai un peu ; génial, un jeu. Bon, si ça lui faisait plaisir...

Je montrai le côté droit, autant crever l'abcès.

Son rictus s'agrandit.

« Tu as un caractère de merde. Lâcha-t-il avant de montrer la gauche.

_ Tu dois être sacrément patient pour me supporter, alors. » Raillai-je.

Je montrai la gauche à mon tour.

« Tu m'as manqué cette nuit. S'amusa-t-il légèrement avant de me remontrer le côté gauche.

_ Je t'aime, tu le sais, et ça te rend confiant. Fis-je en désignant la droite.

_ Tu n'es pas assez franche et ça pourrait finir par nous nuire. Répondit-il en désignant la droite.

_ T'es incapable de reconnaître tes torts quand tu fais du mal aux autres, peu importe que tu risques de les perdre. »

Je désignai la gauche, alors qu'il secouait la tête, comme s'il méditait mes paroles.

« Je crois que tu peux être la femme de ma vie, fit-il en tendant le bras vers la droite, de mauvaise grâce.

_ Et t'es incapable de chercher à régler seul nos problèmes quand ça dure. Il faut toujours que les autres interviennent, à se demander si c'est que tu n'as pas coupé le cordon, ou si c'est que tu cherches leur approbation. Lançai-je en tendant le bras vers la droite.

_ T'es incapable de me comprendre par moments, alors je ressens le besoin de me confier à d'autres. »

J'eus un reniflement dédaigneux, et secouai la tête, agacée. Il tendit son bras vers la gauche.

« Tu baises très bien. » Lâchai-je en tendant le bras vers la gauche.

Il se retint visiblement de sourire.

« Tu aimes très bien. »

Son bras ne se tendant pas, je haussai un sourcil.

« Fin du jeu, Eddie ? Tu crois que ça va régler nos problèmes ?

_ T'es loin d'avoir vidé ton sac et moi aussi. Tu es fatiguée ? Tu n'aimes pas ? Rose adorait. On pouvait dire à l'autre des choses horribles en lui prouvant qu'on l'aimait malgré tout, envers et contre tout.

_ C'est pas un jeu qui va nous aider, Edward, c'est de parler franchement de ce qui s'est passé ces derniers jours ! »

Il me lança un regard un peu froid.

« Et qu'est-ce qu'on fait à ton avis ?

_ On se dit des généralités. Je sais que j'ai mauvais caractère, et tu sais que tu baises bien. On n'avance pas, là.

_ Je t'ai jamais dit de dire des généralités. C'est toi qui choisis ce que tu dis. » Fit-il, renfermé.

Il tendit le bras vers la droite avec un regard de défi, et je lui cédai, une fois de plus.

« Il faudrait toujours faire selon tes désirs.

_ Non, selon les tiens. Je préfère anticiper sur la thérapie de couple, fit-il en me remontrant la droite.

_ Oui, ça a dû m'échapper qu'on est à Forks et pas parmi ton groupe d'amis. » Raillai-je. « Tu ne t'excuserais jamais de rien, de toutes manières. Fis-je en montrant la droite.

_ Tu ne m'as jamais proposé d'y aller et de me montrer où tu as grandi. J'ai jamais vu tes vrais amis. Alors remets-toi en question peut-être le ferais-je après aussi ! Lança-t-il froidement, se braquant peu à peu, avant de me remontrer la droite.

_ Toi tu n'as jamais montré le désir d'y aller ! T'avais déjà fait des plans pour les vacances qu'on n'avait même pas eu le temps d'en parler ! Fis-je en jetant mon bras vers la droite.

_ C'est à toi de me proposer et pas à moi de m'imposer. Je croyais que les filles présentaient à leurs proches quand le mec comptait. Je dois me méfier de tes paroles ? »

Je secouai la tête, dégoûtée. Est-ce qu'il avait conscience de ce qu'il faisait ? Sans doute, à en juger par son regard de défi. Mais jusqu'où était-il prêt à aller, comme ça ?

Il tendit le bras vers la droite.

« Il faudrait que t'en laisses le temps, crachai-je.

_ J'hallucine ! C'est de ma faute si tu m'as pas proposé d'aller au fin fond du pays ! Tu te rends compte des énormités que tu dis, là ? S'énerva-t-il.

_ Mais on n'a même pas eu le temps d'en parler, Edward ! T'as parlé de River Green avant même que je sois sûre d'avoir validé mes exams, donc avant de pouvoir prendre un billet pour Forks !

_ Je te parle pas de cet été mais d'avant ! On est en août ! Ça fait plus d'un mois que tu as validé tes exams, te trouve pas d'excuses parce que pour le coup t'en as pas !

_ Et ça fait presque deux mois qu'on a parlé de venir là ! Alors ça va bien, hein !

_ T'as pas dit non à ce que je sache !

_ Oui, en effet, pour te faire plaisir. Parce que comme tu l'as dit t'es pas un ours dans sa tanière, et si j't'avais dit 'ben non, je préfère qu'on aille s'enterrer à Forks, tant pis pour l'accouchement de Jane', je doute que ça t'aurait plu !

_ Ne fais pas la femme soumise, ça te va pas du tout ! J'aurais coupé la poire en deux. C'est dans ces moments-là que je me rends compte que tu me connais moins bien que tu ne le penses.

_ Ah oui ? Ben moi c'est dans des moments comme l'autre soir, où tu me sors que je pourrais faire des efforts alors que j'en ai fait jusqu'à mon point de rupture, que je me rends compte que finalement, t'es peut-être pas si amoureux de moi que ça ! »

Immédiatement après avoir prononcé ces paroles, je me figeai.

Je baissai les yeux, un peu honteuse. Mes paroles avaient dépassé ma pensée, et je savais que ça allait blesser Edward... Mais merde, pourquoi il serait le seul à avoir le droit de faire du mal à l'autre, après tout ?

Edward s'était figé aussi.

« Je crois qu'on s'est tout dit. » Fit-il d'une voix froide.

Et, sans grande surprise, il se leva et se barra.

Je me redressai et courus à sa suite.

« Edward, attends ! Je regrette d'avoir remis en doute tes sentiments, mais tu crois que ça m'a fait quoi quand tu m'as balancé que je pourrais faire des efforts, hein ? La vérité, c'est que de nous deux, c'est toi qui serais le plus susceptible de me laisser tomber pour une autre, c'est pas comme si tu l'avais jamais fait. Alors excuse-moi mais là, j'ai juste l'impression que c'est quelqu'un d'autre que moi que tu veux dans ma vie.

_ Tu vas me parler encore longtemps de Cassie ? » Fit-il en continuant de marcher, ralentissant à peine. « Pourtant d'après Jane ça avance bien avec ton ancien prétendant.

_ Oh, pardon, j'oubliais que ta connasse de l'autre bar a un prénom ! Je t'en parlerais pas si tu ne me donnais pas l'impression que je devrais être plus comme elle, vois-tu ! »

Il eut un rire nerveux.

« Ben oui. Teins-toi en rousse et mets des lentilles de couleur.

_ Non, je parle pas de ça. Je parle du fait que je « pourrais faire des efforts », et que je devrais même apprécier que tes amies m'enferment cinq heures dans une salle de bain pour me rendre présentable ! Et enfin, comme elle, je ne devrais pas broncher quand on se fait surprendre pendant l'amour ! »

Ma voix se brisa, blessée, et je m'arrêtai net. Il se retourna vers moi, sarcastique.

« C'est moi qui ai tout pris ! Tu t'es même pas expliquée avec elles ! Pourquoi faire ? Eddie est là ! »

Il repartit, mais je haussai la voix.

« Si, je l'ai fait, mais c'est pas elles qui m'ont dit de faire des efforts. »

Il secoua la tête, et continua sa route.

« C'est ça, fuis ! » Lui criai-je alors qu'il disparaissait. « C'est tellement plus facile que d'admettre que tes paroles blessent les gens !

_ Ben je te fais plaisir pour une fois ! Je te laisse tranquille ! Fit-il sur le même ton.

_ C'est pas ça que je voulais, vois-tu. Mais peu importe, t'en as jamais rien eu à foutre. »

Il se retourna, et me fit un sourire cynique.

« Touché. » Fit-il simplement avant de repartir, disparaissant complètement.

Je le rattrapai en courant, et me calai à son rythme, fermée.

« Tu me raccompagnes au moins au bus le plus proche ou il faut que je demande à mon frère ? »

Il ne me lança pas un regard.

« Pas la peine. C'est moi qui pars. Fit-il.

_ Non. Après tout, c'est moi le mouton noir du groupe.

_ Tu fais comme tu veux. Mais je m'en vais.

_ Arrête. C'est tes amis. Ne leur fais pas de mal à eux.

_ Je m'en moque. Je suis égoïste, non ?

_ Et on t'aime tous malgré ça. Mais c'est pas parce que tu ne veux plus de moi que tu dois couper les ponts avec eux. »

Il ne répondit rien, et je ralentis.

« Et je suppose que c'est trop te demander de m'embrasser une dernière fois avant de me larguer ? Lâchai-je.

_ Tu me le demanderas quand je voudrai vraiment te larguer. »

Je stoppai net.

« Pourquoi tu t'en vas si c'est pas ce que tu veux ? Pourquoi tu me montres pas que tu m'apprécies telle que je suis, tant pis si je fais 'jamais' d'efforts ? Pourquoi tu ne m'as pas juste rejointe dans ton lit hier, pour me dire par les gestes ce que t'auras jamais les couilles de me dire en face. »

Il s'arrêta quelques pas plus loin, et mit du temps à se retourner.

« Me dis pas que tu peux te passer de mots. » Fit-il d'une voix sourde.

Je reculai d'un pas.

« Pour toi, j'ai pu me passer de ma fierté. Je sais que tu t'excuseras jamais verbalement de m'avoir blessée, alors en bonne droguée j'accepterais n'importe quoi si ça pouvait tout arranger, eus-je l'honnêteté de répondre, amère.

_ Tu fais encore la soumise. Fit-il remarquer, la méchanceté en moins.

_ Je suis trop conne, je sais. Mais faut bien que je le sois pour être dingue d'un salopard dans ton genre. » Le défiai-je.

Il esquissa un sourire, et son regard se radoucit un peu.

« Dingue comment ?

_ Dingue au point que même quand tu m'insultes, tout ce que je crains c'est que t'ailles retrouver ta salope ! Dingue au point que j'en viens à me détester d'être aussi dépendante de toi ! Dingue au point que s'il fallait que je m'éclate la tête à nouveau en tombant d'une paroi, juste pour que tu restes, je le ferais. C'est ça que tu veux ? »

Je fis demi-tour, direction les falaises histoire d'appuyer mes dires, mais sa voix me stoppa.

« Pourquoi crains-tu quelqu'un pour qui je n'ai jamais rien ressenti ?

_ Parce que t'as couché avec elle au lieu de sortir avec moi, et que pour le coup je ne te considèrerai jamais comme acquis. Répondis-je en me retournant vers lui.

_ C'est stupide.

_ Et pourtant tu l'as choisie elle à une époque.

_ Ta jalousie n'a aucun sens. Nous n'étions pas ensemble et je pensais que nous le serions jamais. Tu es aussi mauvaise que Jane sur ce point et elle aurait eu beaucoup plus de soucis à se faire que toi si Jacob avait eu tendance à regarder ailleurs, car il est beaucoup plus son type que moi.

_ Tu préfèrerais que je sois indifférente ?

_ Oui. Ça prouverait ta confiance en toi et moi.

_ J'ai aucune confiance en moi quand tu me fais sentir pas assez bien pour toi.

_ Tu te fais inutilement du mal. Je ne suis pas parfait. »

Je sentais son corps se tendre, comme s'il voulait s'approcher – mais il ne le faisait pas. Pourquoi le ferait-il, hein ?

« Je m'en fous de ça. Je veux juste que tu m'aimes telle que je suis.

_ C'est le cas. Mais on ne peut pas tout aimer chez une personne. Et ne me dis pas le contraire, tu ferais preuve de mauvaise foi.

_ Ben je regrette mais moi j'aime aussi tes défauts. Seulement, je ne veux plus en souffrir.

_ Y a forcément des trucs que tu m'aimes pas chez moi.

_ Oui. Ta salope de comptoir. »

Edward se renferma.

« Pourquoi t'emmerdes pas ton pote avec elle ?

_ Parce que je ne veux même pas penser au fait que je risque de la recroiser un jour.

_ Ça sera pas à mon bras mais à celui de ton pote. Jane a suffisamment les boules pour vous deux. Elle a même voulu avoir son numéro pour le mettre en garde.

_ Ça n'empêche qu'elle me rappelle de bien trop mauvais souvenirs. Et encore, si tu ne m'avais pas virée pour Alec, après... Alors tu m'excuses, hein, mais quand tu commences à me parler de faire des efforts, ça me blesse et je me méfie.

_ Pourquoi tu me demandes pas d'en faire autant dans ce cas ?

_ De faire des efforts ? Tu refuses l'idée même de reconnaître tes torts, alors t'es pas prêt d'en faire ! »

Il se renferma à nouveau.

« Et voilà, c'est reparti. Tu demandes même pas. Tu condamnes sans appel.

_ Oh, excuse-moi, désolée ! Est-ce qu'à l'avenir tu voudrais bien essayer d'être un peu plus attentif quand je vais mal, et éviter d'enfoncer le clou en me rappelant à quel point tu mérites mieux ? S'il te plait !

_ Te lance pas dans le cinéma c'est un conseil.

_ Et toi, évite tout métier nécessitant de l'humilité et de l'empathie.

_ C'est pas ce que je veux faire, ouf. »

Il tourna les talons, et la colère gronda en moi.

« Par contre, hésite pas pour les métiers où il s'agit de fuir !

_ J'y manquerai pas. Hésite pas pour les trucs où tu dois tout casser même quand c'est sur le point d'être réparé. Tu feras un malheur. Lança-t-il sans se retourner.

_ Ça fait un moment que je t'envoie des signaux pour qu'on essaie de tout recoller. Je veux bien avoir des défauts, mais j'estime ne pas être responsable, sur ce coup. »

Il s'arrêta et se retourna.

« Quand je fais un pas vers toi, tu te recules. Que veux-tu que je fasse à la fin ? Que je m'excuse ? Parfait ! Pardonne-moi d'être aussi con et d'avoir plus de caractère qu'Alec ! »

Je secouai la tête.

« Quoi que je dise j'ai toujours tort en fait.

_ Oui. Sainte Bella martyre du méchant Edward Cullen.

_ Non. Pauvre conne qui se laisserait pisser dessus par le roi Cullen si ça pouvait changer quelque chose. Alors, qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour éviter la rupture, hein ? Dis-le moi !

_ Accepte que notre couple n'est pas parfait et qu'il faut du temps pour suturer certaines plaies.

_ Je l'accepte, mais je ne peux justement pas suturer ces plaies quand tu me balances des gentillesses, Edward !

_ Tu me blesses aussi si tu veux aller par là.

_ Quoi, quand je te dis que t'es tellement parfait à mes yeux, que j'ai l'impression que tu vas me tourner le dos du jour au lendemain ?

_ Je t'ai dit que tu te faisais du mal inutilement à penser à ça.

_ Facile, quand on a été jetée plusieurs fois et qu'on entend encore des remarques désobligeantes. Je regrette d'en revenir toujours à ça, mais c'est le fond du problème. »

Il garda le silence un instant, puis soupira, las.

« Que veux-tu que je te dise ?

_ Je sais pas. Que tu ne le pensais pas. Que j'ai mal entendu et que t'as jamais dit ça. Que tu le pensais, mais que finalement si je faisais des efforts tu m'aimerais moins parce que ce ne serait pas moi. Ce que tu veux, tant que c'est la vérité. »

Il garda le silence un moment, pendant lequel il regarda autour, avant de me fixer à nouveau.

« Je t'aime. Je peux rien dire de mieux. »

Je hochai la tête, amère, et détournai le regard en ravalant la bile qui montait en moi.

Il ne regrette pas.

Tu t'attendais à quoi, franchement ?

« Moi aussi. » Fis-je enfin, « Mais je ne fais que me répéter. »

Il y eut un nouveau silence – un de plus – puis Edward se redressa.

« J'ai besoin d'être seul. Cette conversation n'est pas finie, je veux trouver une solution pour qu'elle le soit. »

Il tourna les talons, me plantant dans les bois, et je décidai de ne pas le suivre.

Selon ses désirs...

J'allai m'adosser contre un arbre en soupirant.

Les choses allaient bientôt s'arranger. Je le savais, maintenant. J'avais enfin pu lui faire comprendre ce qui me gênait, il m'avait écoutée, et il m'avait rassurée à mi-mots sur le fait qu'il ne comptait pas me larguer, et on avait même réussi à se dire des mots d'amour sans se les cracher à la figure.

Il avait désormais juste besoin de temps... Si ça pouvait suffire à faire en sorte qu'il comprenne mon malaise et change de comportement, je pouvais bien lui laisser ça.

Et ce fut ce que je fis.

Je restai dans les bois jusqu'à la nuit, espérant son retour.

Puis je finis par revenir à la villa, désabusée, et une tension infernale m'y accueillit.


Ahaha, vous nous retrouvez bien avec ce sadisme, heiiiiin ? Alors, à votre avis, qu'est-ce qui a mis la villa sous tension ?

1/ Jane accouche

2/ Edward, ce con, s'est barré

3/ C'est Alice qui a disparu... Nan, ça, ça ferait du bien plus qu'autre chose. Je, Effexor, prends la responsabilité de cette remarque, car il n'y a que moi qui la trouve chiante au point de vouloir la buter dans cette fic.

4/ Obi Wan Kenobi.

A bientôt pour la suite ;D